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 cent ans de solitude. (monet, terminé)

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MessageSujet: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 1 Nov - 19:35

« Mon fils, aujourd'hui est une belle journée. » Guillaume Senior de la Croix de Ravignan entra vivement dans la petite pièce faiblement éclairée, interrompant son fils aîné dans ses travaux. L'homme ouvrit les volets miteux et se pencha pour observer sa femme au jardin. Guillaume Sr. était un homme sans originalité et sans humour, d'un naturel taciturne et mauvais. Pourtant, il semblait d'excellente humeur. « Ysoir-Barbe Mortelune. » « Pardon ? » Guillaume Jr. (son prénom témoignait de l'esprit vif de son père…) non plus n'était pas un bavard, pourtant il referma le mince carnet dans lequel il posait ses comptes. « C'est le nom de ta future épouse. »

× × ×

« DEBOUUUUUUUUT ! » Quelque chose s'écrasa violemment contre la porte de sa chambre. Plongé dans le noir, Mercedes battit des paupières, encore à moitié plongé dans son rêve. Son cœur continuait de battre trop vite sous le coup de la peur infligé par l'annonce du rêve. Ysoir-Barbe Mortelune… Punaise, il n'allait pas en s'améliorant, Il avisa le minuscule réveil phosphorescent. Quatre heures du matin. « 'Tain Asha, tu fais chier… » Le petit agent roula hors de son lit, frissonnant en quittant la chaleur de ses draps. « Bah quoi, c'est l'heure d'aller travailler... » Sa minuscule colocataire passa une tête échevelée dans l’entrebâillement de la porte, un café à la main. « J't'ai même fait du café, mec ! » « J'aime pas ça. » « C'est normal, t'aimes rien. » La minette adopta une expression outra et sortit de la pièce, claquant la porte dans son dos. Mercedes sourit. Leur relation était… particulière. Ils passaient leur vie à se crêper le chignon tous les deux, d'autres pourraient même se demander comment ils parvenaient à vivre ensemble… Mais sans elle, il n'aurait pas été grand-chose. Quand il avait quitté l'Écosse, il ne connaissait rien à la vie, Mercedes. C'était juste un gars paumé qui avait signé le premier papier venu en priant pour une vie meilleure. Il était malin, il avait accepté sans chercher à en savoir plus, sachant parfaitement qu'il s'agissait de son unique chance de se tirer. Et puis il y avait eu Asha, une vulgaire nana au style bizarre et aux goûts encore plus étranges. Elle était arrivée dans sa vie par hasard, parce qu'ils s'étaient retrouvés dans le même taxis. La Française et l'Écossais perdus, deux oiseaux de passage qui n'avaient aucune idée de ce qu'ils fabriquaient à New-York. La vie et la ville les dépassaient et se raccrocher l'un à l'autre était devenu une évidence. « Mec, on peut pas garder Jacks… La vieille veut pas. »

Assis à son minuscule bureau dans l'openspace de la tour du DLCEM, Mercedes pensait encore à Jacks. Jacks, c'était Jackson, le canard domestique d'Asha, une boule de plumes ridicule qui n'avait jamais vu de mare de sa vie. Généralement, il barbotait dans la vieille baignoire à pieds dorés de la salle de bain. Clairement, Jacks devait rester à la maison. « … ? » « Mmh… ? » « Putain Weathley, réveil ! Big Jim veut te voir. » Mercedes considéra le gars qui s'adressait à lui, un air paumé s'imprimant sur son visage. « Qui ? » « Kaplan. T'as fait sauter un bureau ou ça s'passe comment ? Elle a l'air… effrayante. » « Euh… Ah. » C'était qui, ça, Kaplan ? « Dernier bureau en prenant le couloir de droite après celui de gauche. Oublie pas de prendre à droite en sortant d'ici. » L'homme – qu'il n'avait jamais vu de sa vie, soit dit en passant – le planta là et repartit à son ménage. « Ah. » Mercedes balaya son bureau du regard, s'empara du premier dossier qui passait histoire de ne pas arriver les mains vides. À droite, à gauche, à droite… Adroite, à droite, à gauche ? L'immeuble n'était pas immense, cet adjectif ne collait pas, mais il était… tentaculaire. Première porte, échec. Deuxième porte, deuxième échec. Troisième porte, il oublia de frapper et tomba sur une nana bien habillée. « Euh, je cherche Kaplan, monsieur Kaplan. » Pour le bonjour, on repassera. Il se remémora les paroles de l'autre. « Ah non non, m'dame Kaplan plutôt. » Son regard quitta enfin le tailleur bien ajusté et bien lissé pour tomber enfin sur la visage de la jeune femme. « Euh non. Non non, j'ai dû me tromper de porte, vous… Je... » Il recula, heurta le battant de la porte qui se referma dans un bruit sourd. À croire qu'il avait vu un fantôme…

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Dernière édition par B. Mercedes Weathley le Jeu 24 Nov - 15:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 1 Nov - 21:27

Sa sortie au marché du port avait été intéressante. Son père serait ravie de voir que sa fille aînée avait fini par trouver son fameux sirop pour la toux. C'était toujours à elle de faire les courses dans ce genre. Ysoir-Barbe Mortelune était sa fille bien aimée, sa fille chérie, il ne faisait confiance qu'à elle pour ses traitements. Elle était douce, aimante, son père l'avait toujours considéré comme un ange. Depuis la mort de sa mère, morte durant le terrible hiver qui avait sévit l'année précédente, il n'avait plus qu'elle. Sa sœur cadette avait rejoins les ordres, quand à son frère, il allait de voyage en voyage, priant pour trouver toujours plus de richesses lors de ses expéditions.

« Ma fille, j'ai une nouvelle formidable ! »

A peine fut-elle rentrée que son père déjà se jeta sur elle. Elle ne l'avait pas vu aussi radieux depuis longtemps.

« Tu est la fierté de notre famille, la fierté, tu entends ? Grâce à toi, notre famille va devenir ce que j'ai toujours voulu pour toi ! Guillaume Junior de la Croix de Ravignan . »
« Pardon ? »
« C'est le nom de ton futur époux. »

Et la petite Ysoir Barbe fut aux anges. Elle avait déjà eu l'occasion de croiser cet homme, connu dans la région. Et il lui avait l'air d'un être tout à fait aimable.

* * *

Monet Kaplan s'était levée du mauvais pied. En fureur même. Elle avait passé une nuit particulièrement atroce. Des rêves, elle en faisait tout le temps. Mais des rêves aussi étranges, non. Ce n'était pas le premier dans le style. Elle rêvait d'elle à une époque différente, dans une famille différente, avec une identité différente. Et elle avait remarqué que tout avait commencé depuis qu'elle avait croisé dans les couloirs un des employer de l'étage du dessous. Elle n'y avait pas prêté attention jusqu'à ce matin. Jusqu'à qu'elle se rappelait de son visage. Elle l'avait vu en rêve. Et ça, c'était intolérable. « Putain... » Elle avait appuyé trop fort et son crayon avait dévié de sa trajectoire. Elle attrapa un coton et recommença son trait de crayon sur l’œil droit, se concentrant  un peu plus cette fois ci. Elle enfila une chemise bleue pastel,  son pantalon et sa veste noir et enfila une paire de chaussure à talons. Elle noua ses cheveux dans un chignons qui lui donnait une allure de femme d'affaire et partit de son loft, toujours en rageant intérieurement. Elle prit la peine de s'acheter son café en chemin, pensant se décontracter hélas, le mal était fait. Elle en salua personne dans le hall d'entrée et foncé directement dans son bureau, saluant à peine son cher ami et collègue (c'était bien le seul ici), le seul ici pour qui elle avait un peu d'estime hormis la boss.

Il fallait qu'elle trouve cet homme. Elle les fit une par une, les fiches des employés de l'étage d'en dessous. Et fini par trouver sa perle rare. Monsieur Weathley. Il avait l'air moins... Différent des courtes visions qu'elle avait eu en rêve. On frappa doucement à sa porte et un des secrétaires entra au ralenti. Bon sang ce qu'elle n'aimait pas les gens moues...

« Bonj... »
« Trouvez moi monsieur Weathley. »
« Bien Madame Kaplan... »

Et il repartit aussitôt. Elle se leva, fit les cent pas, regardant à travers la vitre. Elle avait encore les images de son rêve d'hier soir. C'était tellement... Étrange. La porte s'ouvrit et un homme entra. Monsieur Kaplan. Elle serra les dents, il commençait mal celui là.  Elle avança vers lui, faisant claquer ses talons, les bras croisés. C'était lui. Oui, c'était bien lui. Et visiblement chez lui aussi quelque chose n'allait pas puisqu'il semblait plus, nerveux.

« Assez vous monsieur Weathley nous avons beaucoup de choses à nous dire. »

Pour les salutations, on pouvait toujours attendre. Elle lui indiqua la chaise en face de son bureau d'un mouvement de menton.

«  Guillaume Junior de la Croix de Ravignan, ça vous dis quelque chose ? »

ma couleur:
 

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 1 Nov - 22:08

Le jour de la rencontre était venu. Nerveux, Guillaume Jr. de la Croix de Ravignan lissa sa chemise et son jabot. Sa famille était pauvre depuis la génération de son grand-père, depuis que cet individu avait honteusement dilapidé sa fortune en fêtes et banquets sans songer une seule seconde aux dettes qui s'empilaient sur son secrétaire. Bien sûr, un noble se devait de ne pas compter, sa puissance s'exprimaient grâce aux fêtes qu'il offrait à ses sujets… Mais tant d'idiotie dans une seule personne ? Richard de la Croix de Ravignan était un idiot, la honte de la famille. Et malheureusement, le peuple se souvenait davantage des échecs que des réussites. Son nom était entré dans l'Histoire. « Calme-toi fils, tu vas rencontrer ton épouse, pas le Roi de France en personne. » Son père aussi était un individu ingrat, bien loin des valeurs nobiliaires. L'homme passa une main dans les cheveux de son fils. « Tu aurais dû te coiffer mieux que cela, Guillemot. » Jamais Guillaume. C'était son prénom officiel mais Guillaume, c'était le père, pas le fils. La cloche à la porte carillonna. Une servante se précipita pour ouvrir et s'effaça aussi devant Guillaume Sr. et son fils. « Monsieur Mortelune. » L'homme s'inclina légèrement devant le marchand, une expression aimable figée sur son visage. Guillaume nota l'étincelle bizarre qui flottait dans son regard. Monsieur le père était un noble pauvre, mais un noble tout de même. Traiter avec les marchands relevait du déshonneur le plus total. C'était mon mariage, pauvre tâche… Guillaume Junior modela un sourire courtois et s'avança à son tour. « Je vous présente mon fils aîné, Guillaume. Guillaume, voici monsieur Mortelune et sa fille. » « Enchanté monsieur, mademoiselle... » Il s'inclina à son tour, plus profondément que son père. La demoiselle était réellement ravissante, assez pour que le sourire de Guillaume se fasse davantage sincère. Quant à ses yeux… « Permettez-moi de vous complimenter sur vos yeux magnifiques, damoiselle. » « Bien, entrons, messieurs-dames, nous avons une affaire à conclure. » Guillaume Senior agrandit son sourire hypocrite et s'effaça pour laisser entrer les individus.

Le salon des la Croix de Ravignan était grand. Tristement décoré mais vaste. « Maria ! » La servante espagnole se précipita en trébuchant sur ses jupons, se rattrapa maladroitement à la table. Devant tant de maladresse affichée, Guillaume se sentit rougir et chercha le regard de sa future femme, Ysoir. Maria se ressaisit et servit des verres de vin à chacun, se glissant entre les quatre individus avec adresse et leur présentant leur coupe respective. « Guillemot, mademoiselle, monsieur Mortelune… Je tiens à repréciser une ultime fois les termes de notre accord. Ce mariage est arrangé avec soin afin d'accroître les valeurs de nos deux familles par les liens sacrés du mariage. Dieu a voulu notre rencontre, monsieur Mortelune, pour nous aider à progresser et offrir à nos descendants une destinée digne. » T'es vraiment un imbécile, toi… Sous-entendre qu'être marchand est une destinée indigne… à des marchands… Tss... Mortelune ne prit cependant pas la mouche, se contentant d'acquiescer d'un air entendu. Ce discours n'était que purement formel, les vrai accords étaient signés depuis longtemps. « À la santé de cette union ! » Guillaume Senior leva joyeusement son verre, son fils l'imita plus lentement. Mais il souriait paisiblement et un sourire change tout chez quelqu'un. Chez Guillaume, il lui donnait des allures chaleureuses et gentilles, aimantes. Chez lui, c'était particulièrement marquants. Si, à l'instar de son cher père, il pouvait avoir l'air morose et taciturne, voire renfermé, le sourire l'éclairait de l'intérieur.

× × ×

« Je délire. » Ses yeux se remplirent quasi-instantanément de larmes. Il délirait. Non, cette fois-ci, il ne se laisserait pas avoir. Mais avoir par quoi ? Il avait toujours su qu'il devait croire à ce qu'il voyait, que tout était vrai… En l'occurrence, il avait eu parfaitement raison de se faire confiance pendant plus de vingt-cinq ans, même si ses certitudes avaient vacillées, même s'il avait eu envie de hurler au monde, aux autres, qu'ils avaient raison et qu'il n'était qu'un pauvre fou, qu'il pouvait encore être sauvé. Il n'était pas grand-chose mais il avait une certaine confiance en sa vue. Et pourtant là… ça devenait trop. Juste trop. « Guillaume Senior de la Croix de Ravignan, ça vous dis quelque chose ? » C'est mon père. C'est la première chose qui lui vint à l'esprit et pourtant… Il porta la main à son front, la passa dans les cheveux. Son père s'appelait Basile. Basile Levi Weathley. « B. Levi Weathley. » Il avait parlé à voix haute. Mercedes ferma les yeux et s'appuya contre la porte close. Ysoir était là, dans ce bureau, en tailleur, à le fixer avec sévérité en croisant sèchement les bras. Elle était diablement belle mais « J-je... » Il n'avait pas perdu pied depuis… longtemps. Mercedes inspira profondément à deux reprises et rouvrit les yeux. « Non, qui est-ce ? Un Français de toute évidence. »

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 1 Nov - 22:34

Son père avait fait faire la plus belle robe pour cette occasion unique, spéciale. Ysoir-Barbe était la plus belle dans cet habit, disait-il. Elle avait les cheveux tressés, un gros nœuds dans les cheveux, la taille serrés, elle étouffait presque mais c'était essentielle. Elle devait paraître noble. Une femme de chambre avait recouvert son visage de poudre, ses lèvres d'un rouge éclatant qu'elle s'était empressé d’atténué. Discrètement en chemin elle avait retiré la poudre. Elle avait toujours préféré être naturelle. Le maquillage, c'était trop surfait. Enfin ils arrivent chez son futur époux. Elle avait tellement hâte de le voir de près, de le parler, de le connaître. Elle vivait un rêvé éveillé. Celui que toute les petites filles de riches marchands voulait vivre.  Enfin la porte s'ouvrit et elle se présenta humblement tout comme son père le lui avait appris. Elle avait appris toute les règles de la noblesse en deux nuits. Elle était une élève rapide.

« Permettez-moi de vous complimenter sur vos yeux magnifiques, damoiselle. »

Elle se contenta de piquer un far et de porter les mains à ses joues, gênée. Seul son père lui faisait des compliments. C'était bien la première fois qu'un autre homme se permettait de le faire. Ils s'avancèrent dans le salon, toujours muette comme une carpe, timide, elle restait derrière son père, épiant chaque recoin de ce triste endroit. Vivre ici devait être terrible. L'endroit manquait cruellement de gaieté. Ils levèrent leur verre à la santé de cette union et elle osa faire quelques pas en direction du prénommé Guillaume Junior. Elle lui tapota le bras doucement, lui indiquant qu'elle souhaitait entretenir un peu plus avec lui en tête à tête. Une fois écarté de leur parent respectif, elle se présenta plus en profondeur. Elle s'exprima, lui donna sa vision plutôt positive sur le futur mariage, le complimenta, bref, elle se décida à en plus rester muette à et faire connaissance avec le jeune homme. La jeune femme était persuadé d’une chose, que son mariage allait être parfait.

* * *

Cet homme était un abrutit fini. Du moins, c'est ce que pensa aussitôt Monet Kaplan devant les réponses toutes plus illogiques (sauf la dernière) les unes que les autres.

« Vous êtes sourd ? Je vous ai demandé de vous asseoir. »

Elle le fixa avec sévérité et et réprima un brusque envie de le saisir par les épaules et de le traîner elle même jusqu'à sa chaise. Sa réponse ne lui convenait pas. Elle s'y attendait un peu en même temps. Que pensait-elle obtenir comme ça ? C'était la mauvaise méthode. Mais y avait-il seulement une bonne méthode pour expliquer ses rêves étranges et la présence de cet homme dans ces derniers ?

« Je ne vais pas passer par quatre chemins. J'ai croisé un homme vous ressemblant comme deux gouttes d'eaux et portant ce... prénoms démodé et foutrement ridicule. Il prétendait être mon mari hors, je ne suis pas mariée. »

Elle appuya particulièrement sur le dernier mot, fronça les sourcils au passage.  Peut-être que si elle ne faisait pas allusion au fait que tout ceci n'était qu'un rêve, l'homme allait... réagir autrement ? Elle en était sure, c'était lui ; cela ne pouvait être que lui. Il avait cette même voix que dans ses rêveries. Pas la même allure, il avait l'air moins fort, moins sur de lui, mais le reste...

« Alors vous allez faire un effort. Vous allez réfléchir un grand coup Monsieur Weathley sinon je vous promet que vous ne ressortirez pas d'ici indemne. »

Et Monet Kaplan ne mentait jamais. En tout cas, pas quand elle menaçait les gens.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Lun 30 Nov - 22:42

Ils étaient en tête à tête dans le jardin qui entourait la maison, seuls. Les parents des deux familles poursuivaient leurs célébrations avec bonhomie, tout occupés à s'extasier sur ce mariage convenu qui, décidément, ne pouvait que faire du bien à leurs lignées. Leurs descendants seraient d'illustres personnages, à n'en pas douter, et riches et nobles par dessus le marché. Que demander de plus ? Rien, Mortelune et la Croix de Ravignan venaient d'esquisser un pas supplémentaire dans l'échelle sociale. Certes, les Ravignan avaient dû concéder à épouser une simple fille de marchands. Et oui, les Mortelune devaient sacrifier une dot considérable à leur fille pour conclure l'accord… Mais grande peine exigeait bien petit sacrifice. Son sourire toujours vaguement enjôleur sur les lèvres, Guillaume Jr. sauta d'un bond sur la vieille balustrade en pierre usée qui servait de clôture et chercha une position plus confortable. Quoi que quasiment muette, Ysoir se révélait physiquement exquise, ce qui rattrapait presque le déshonneur qu'il éprouvait à épouser une fille de sa condition. La conversation se lança le plus naturellement du monde, l'un et l'autre se dévoilant petit à petit à celui à qui il serait lié jusqu'à la mort.

× × ×

Que ça soit lui l'idiot, oui lui qui la prenait pour une parfaite imbécile, le combat était engagé. Et à ce petit jeu, Mercedes se révélait parfaitement doué pour jouer au petit con. Plus de vingt ans d'exercice, ça lui faisait une sacrée expérience à la longue. Après que sa voix eut recouvré ses accents habituels, fortement marqués par l'Écosse, mais surtout pas une légère impertinence, il retrouva la pleine maîtrise de ses gestes. D'un grand pas, il gagna la chaise… et la repoussa contre le bureau. « Excusez-moi, m'asseoir alors que vous-même demeurez debout me semblerait être une insulte pour votre personne. » À n'en pas douter, il savait parler quand il s'agissait de prendre de haut. « Je ne vais pas passer par quatre chemins. J'ai croisé un homme vous ressemblant comme deux gouttes d'eaux et portant ce... prénom démodé et foutrement ridicule. Il prétendait être mon mari hors, je ne suis pas mariée. » Dehors, il affichait un calme exaspérant. À l'intérieur, c'était la plus violente des tempêtes, et il se demanda un instant si finalement son corps n'allait pas le trahir et s'il n'allait pas tomber dans les pommes. Cette femme, il en rêvait. Depuis des jours. Elle hantait ses nuits, l'empêchant de dormir, l'empêchant de penser. Comme Asha, il aurait aimé rêver de trampolines et autres détails improbables… Mais non : inlassablement, il se retrouvait dans la peau de Guillaume Jr. et inlassablement, il vivait d'insupportables scènes d'un quotidien passé depuis des siècles. Sentant ses mains trembler, il les fourra dans ses poches. En fait, c'était tout entier qu'il tremblait de façon imperceptible. « Et bien puisque vous n'êtes pas mariée, vous pourrez à n'en pas douter lui assurer qu'il s'agit de la vérité… et qu'il peut repartir à l'asile raconter ses salades. » Il jouait à un jeu dangereux, Mercedes, mais l'ironie lui semblait bien plus vivable que simplement admettre la vérité : sa vie n'était qu'une improbable suite d'événements bizarres, et ceux-ci se succéderaient jusqu'à l'enfermer pour de bon en salle d'isolement. Ou alors il délirait complètement et cette scène n'était que pur fantasme. Tout en réfléchissant à toute allure, il l'observait. C'était elle, c'était certain. Elle était loin d'être quasi-muette, et elle n'avait rien d'une demoiselle fragile, mais… le reste concordait. « J'ai rien de plus à vous dire, désolé. » Voilà, ses grands airs étaient repartis on ne savait où, il retrouvait ses inflexions enfantines de gamin mal éduqué. « J'peux repartir bosser, ou… ? » La porte s'ouvrit à cet instant, coupant par bonheur ses paroles malheureuses. « Excusez-moi madame Kaplan, message urgent. Une feuille de mission vient d'arriver, vous devez prendre le premier agent et partir… Enfin, je vous laisse lire. » L'homme se glissa dans le bureau avec la furtivité d'un animal effrayé, tendit un dossier bleu pâle à la jeune femme, s'inclina bizarrement et s'éclipsa aussitôt. « Parfait, vous avez du travail et moi aussi. Bonne journée, madame Kaplan. » L'insolence battait son plein dans ce bureau, mais Mercedes ne rêvait que d'une chose : foncer fumer une cigarette, voire deux ou trois, le temps de remettre de l'ordre dans ses idées et dans ses émotions. Malheureusement, à peine sorti dans le couloir et déjà occupé à fouiller dans ses poches à la recherche de la première clope venue, voire d'un briquet encore fonctionnel, il sentit que rien n'allait être aussi simple...

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Mer 2 Déc - 22:31


Ysoir-Barbe se tenait droite comme un i dans sa chambre. Elle était impeccablement rangée. Et c'était la dernière fois qu'elle y mettait les pieds. Dès demain, elle serait avec l'homme qui partagerait désormais sa vie, son cher époux. Bon sang, elle était marié. Marié. Cela lui faisait tout drôle. Aujourd'hui elle avait terminé de démanger toutes ses affaires (dont celle de sa dot) de chez elle à son nouveau foyer. Elle allait enfin pouvoir se poser concrètement avec son mari. Jamais elle n'aurait cru que ses enfants deviendraient des nobles. C'était un rêve qui devenait réalité. Elle allait vivre une vie parfaite avec un homme tout ce qu'il y avait de plus exquis. Elle referma donc la porte de la chambre qui l'avait vu grandir et alla rejoindre son mari, qui l'attendait en bas, dans la cour.

Elle était devenue plus bavarde après avoir appris à la connaître. Au bout d'un mois il fallait avouer qu'elle avait eu le temps d'apprendre à mieux le connaître. Son mari était l'homme le plus fantastique que l'on pouvait rêver d'avoir. Elle lui attrapa la main et lui fit son plus beau sourire. Voilà une semaine qu'elle hésitait à faire part de la bonne nouvelle à son mari, mais Ysoir-Barbe ne tenait plus en place alors elle céda. Elle passa une main sur son ventre et se pencha vers lui.

« Vous savez... je suis sûre que ça sera un petit garçon très fort que nous aurons. »

* * *

Bon. Il se foutait de sa gueule complètement. Les mots de son tuteur lui revenait en tête à ce moment-là. « Te prend pas la tête avec les cons Monet... » Oui sauf que celui là il était spécial. Il était la clef de quelque chose de spécial. Quelque chose se tramait entre eux. Ils tournaient tous les deux autour du pot et c'était terriblement agaçant. L'envie de le baffer, de le rouer de coup lui traversa bien l'esprit, mais elle n'avait pas envie d'être mise en arrêt pour avoir tabassé un collègue, et en plus, un de ses employés. Déjà que sa réputation faisait parfois peur... non, aujourd'hui elle tâcherait de garder les mains loin de son visage. La porte s'ouvrit, et Monet pivota, jeta un regard noir à la personne osant venir les déranger à ce moment si crucial.

« Excusez-moi madame Kaplan, message urgent. Une feuille de mission vient d'arriver, vous devez prendre le premier agent et partir… Enfin, je vous laisse lire. »
« Le premier agent, ah oui ? »
« Oui heu... »
« On en a pas fini tout les deux. On frappe avant d'entrer. »

L'homme se ratatina et un immense sourire se dessina sur son visage, Monet était fière. Elle aimait faire ça. Faire peur aux gens. Leur faire croire que tout était fini pour eux parce qu'elle le voulait. Parce qu'elle l'avait décidé. Sans qu'elle n'y face attention l'autre avait déjà filé. Oh non, pas si vite. Elle e rattrapa dans le couloir et l'attrapa par l'épaule.

« Vous, avec moi. Je vais vous tester sur le terrain, ça vous fera pas de mal. »

Mon dieu, comme elle se maudissez d'avoir dis ça. La plus belle connerie de toute sa vie. Bon sang mais pourquoi avait-elle dit ça ?

Et cinq minutes plus tard il était en route pour yen petite ville à l'est de Saint-Cloud où des activités visiblement mythologiques avaient été détecté. Comme à chaque fois elle avait pris le strict minimum pour une simple mission de reconnaissance. Quand on les déposa à leur gîte, Monet sentit que la soirée allait mal se passer. Elle qui était habitué à son petit confort, elle allait devoir faire une croix dessus, encore une fois. Elle monta dans leur chambre, à l'étage. Elle nota que sa demande de lit séparé n'avait pas été prise en compte et soupira en claquant la porte.

« Vous prenez le fauteuil ce soir. »

Et comme pour marquer son territoire elle posa sa veste ainsi que son sac sur le lit et s'étira.

« Je prend la salle de bain quelque instant, vous n'avez qu'à... vous n'avez qu'à trouver de quoi nous chauffer tient. »

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Mer 30 Déc - 23:58

« Guillaume, voici ta maison désormais. » Guillaume Jr. de la Croix de Ravignan observa la modeste demeure, plantée sur un coteau en hauteur du village. La maison était proprette, bâtie solidement avec un étage et trois fenêtres sur la façade principale. Une porte en bois rouge légèrement défraîchi et agrémentée d'un heurtoir assez… impressionnant dominait l'ensemble, glissant une touche de noblesse à la bâtisse. Le jeune marié adressa un mince sourire à son père et poussa le panneau de bois, posant pour la première fois le pied dans l'espace qu'il partagerait désormais avec son épouse, Ysoir-Barbe. « Je travaillerai dur, père. » Son mariage n'était que le premier sacrifice pour redresser les La Croix de Ravignan. Leur noblesse sauvée par le mariage, il devait dés à présent oeuvré à ce à quoi son père avait consacré toute son énergie : faire grandir la famille, encore et encore. « Je l'espère fils, tu es là pour ça. » Guillaume Sr. entreprit de redescendre l'abrupte colline sur laquelle la maison était construite.

Guillaume adressa un regard doux à sa femme, lui glissant une mèche de cheveux derrière l'oreille. Depuis qu'ils avaient appris à se connaître, elle s'était faite plus entreprenante et ce n'était pas pour lui déplaire. Aussi belle soit-elle, le premier aperçu qu'il avait eu d'Ysoir l'avait laissé un peu dubitatif. Elle était splendide et élégante, oui, mais bien trop réservée pour se révéler intéressante. Et voilà qu'en un mois de vie commune, elle dévoilait un esprit plus critique et raffiné que ce qu'il avait d'abord cru… à son grand soulagement. « Nous avons besoin de fils pour l'héritage, ma belle Ysoir. Il le faut. » Il lui déposa un modeste baiser sur le front et la quitte pour rejoindre le jardin. En tant que noble, il ne s'adonnait pas aux travaux des champs qui entouraient sa propriété mais il devait tout de même se salir les mains en priant pour que cela ne parvienne aux oreilles de personne. La maison était belle et audacieuse mais elle manquait de moyen et tombait petit à petit en ruine. « L'argent ne nous suffira pas pour tout refaire... » avait-il dit à sa femme, trois semaines après leur installation ici. « Garde le silence, dame, je ne voudrais pas te voir souffrir. » Un doux garçon, Guillaume l'était. Ou du moins le paraissait. Charmeur juste comme il fallait, il cachait une ambition démesurée derrière des mots gentils et des politesses. Un beau sourire, quoi que rare (ce qui lui donnait toute sa valeur sans doute), quelques aimables paroles, et Guillaume se mettait n'importe qui dans la poche.

× × ×

Accélérer pour disparaître au bout du couloir, telle fut sa pensée dés qu'il eut posé un seul pied hors du bureau de Kaplan. S'esquiver discrètement, plonger dans le premier ascenseur qui passerait et rejoindre ses quartiers et les présences rassurantes qui y erraient… excellent plan. En théorie. Une main se posa sur son épaule et il se raidit par automatisme, se retenant à grand peine de chasser la présence d'indésirable. « Vous, avez moi. Je vais vous tester sur le terrain, ça vous fera pas de mal. » « J'avais du travail. » Ne pas répondre, c'est cela qui vous manque Mercedes. Vous cherchez constamment la confrontation, vous provoquez tous ceux qui vous parlent, vous en faites des ennemis. Une chère madame lui avait glissé ces quelques mots en Ecosse, une psychiatre qui n'était pas restée longtemps. (Beaucoup de belles paroles, pas assez d'endurance visiblement.) Cela dit, elle n'avait peut-être pas tout à fait tort, il s'en rendait compte à présent. « Me tester sur le terrain, j'suis pas sûr que ça soit une très bonne idée. » À trembler de peur comme en cet instant, il était certain qu'il ne risquait pas d'être d'une très grande utilité… d'autant qu'il n'avait aucune expérience de l'extérieur, dans tous les sens du terme. Sa main tomba sur un paquet entamé de cigarettes au fond de sa poche, puis pêcha bientôt un briquet. Au moins était-il paré… ?

La voiture les déposa devant un gîte modeste que Mercedes observa d'un œil critique. Il allait faire une réflexion quand il se souvint de l'identité de celle qui l'accompagnait. C'aurait été Isaure ou Marvin qu'il ne se serait pas gpené mais dans l'immédiat, les paroles de la psychiatre lui semblèrent pleines de bon sens. Monet disparut bientôt dans la salle de bain, le plantant au milieu de la chambre. « Nous chauffer ? » Pas de chauffage. Il considéra son briquet d'un air critique, s'alluma une clope avec ardeur et, cigarette au coin du bec, entreprit vaillamment de chercher un quelconque ustensile utile. Ustensile qu'il dénicha en fouillant dans les affaires de Kaplan : un réchaud. S'il n'avait aucune idée de son mode de fonctionnement, il voyait au moins l'utilité de l'objet aussi s'assit-il sur le lit et bricola. Il raccorda la bouteille de gaz miniature et tourna les molettes, machina des machins, tenta des trucs… Employa son briquet. Et l'alluma. Sauvagement. Surpris, le petit agent fit un bond en arrière et le réchaud se renversa sur la couette en synthétique qui s'embrassa quasi-immédiatement. « Aah ! » Mercedes dégringola du lit et bondit vers la porte de la salle de bain. « Eh. Eh ! Au feu ! Ouh ouh ! J'ai, euh… BON SANG, KAPLAN, RAMENEZ VOS FESSES. » La couette brûlait toute entière désormais., jetant des ombres sinistres sur les murs de la petite chambre et progressant à toute allure, rongeant déjà le bois du sommier et léchant le papier-peint hideux qui se décollait. Le manteau et le sac négligemment posés sur le lit prirent feu quasi-simultanément, s'embrasant sans laisser la moindre chance aux objets. Deux-trois choses explosèrent en passant, ce qui projeta quelques débris enflammés… sur la moquette, allumant de nouveaux foyers aux quatre coins de la chambre. Si les enfers existaient, Hadès les déchaînait dans ce gîte à cet instant même. La porte s'ouvrit, et Mercedes perdit l'équilibre, se suspendant tant bien que mal à la serviette de celle qui venait d'ouvrir.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Ven 1 Jan - 22:23

« C'est une petite fille, en bonne santé ! » Ysoir baissa le regard vers l'enfant qui avait (enfin) arrêté de pleurer toute les larmes de son corps. Sa petite fille était si belle. À cet instant précis, elle se fichait de ne pas avoir eu de garçon. Sa première petite fille était née. Elle était parfaite. Elle espérait faire une mère exemplaire. Émue elle leva aussitôt le regard vers son mari. Elle espérait ne pas le voir déçu. Elle aimait son mari, elle en voulait le voir bougon en aucun cas. L'enfant lui agrippa un pan de sa chemise. « Vous... » Elle tendit l'enfant vers son père, désireuse de le voir heureux lui aussi. Ils venaient de fonder leur famille. Le rêve d'Ysoir, celui de devenir mère se réalisait enfin. Elle qui pendant ses trois derniers mois avait souffert plus que jamais. La petite Hildegarde était enfin là.

Cela faisait à peine quatre mois que sa fille était née. Elle était toujours en pleine forme, au plus grand plaisir de sa mère. Elle avait passé l'hiver avec brio, et Ysoir en était heureuse. Son père était venue lui rendre visite afin de fêter l’événement. Il lui avait aussi conseillé de faire rapidement un autre enfant, un garçon, si elle ne voulait pas se faire rejeter par son mari. Mais Ysoir avait répondu que son mari l’aimait, peut importe les embûches. Pourtant elle se retrouva de nouveau enceinte onze mois après la naissance de sa fille.

***

Une bonne douche chaude. Cela lui faisait un bien fou. Et puisqu'elle en avait l'occasion, pour une fois, Monet prenait son temps. Tout son temps. Elle se surpris même à fredonner l'air d'une chanson écouté ce matin à la radio. Rien à dire, elle arrivait à en oublier la présence de l'autre phénomène dans l'autre pièce, pourtant juste à côté. Elle arrêta l'eau, commença son shampoing. Elle rinça, puis commença son masque, appliquant la crème de cacao sur toute sa tête quand soudain, la voix de l'être le plus indésiré au monde résonna.

« Eh. Eh ! Au feu ! Ouh ouh ! J'ai, euh… BON SANG, KAPLAN, RAMENEZ VOS FESSES. »

Comment... comment... Évidement sa réaction fut immédiate. Quand on était Monet on ne tolérait pas de tels propos. Elle bondit hors de sa douche, s'enroulant dans une serviette mauve délavé au passage et sortis de sa salle de bain en geulant.

« ESPÈCE DE CONnaaard... ! »

C'était sans compter qu'il avait allumé un brasier dans la chambre et qu'il setenait là, juste sous son nez, la main au mauvais endroit.

« PUTAIN ! »

Le poing partit en premier. Et puis le coup de pied bien placé. Elle le dégagea rapidement et évalua la situation le plus rapidement possible. Au feu, oui oui, au feu. Bon sang ! Comment avait-il pu...

« MERCEDES ! MERCEDES JE VAIS VOUS TUER, VOUS DÉCOUPER EN RONDELLE ET VOUS BOUFFER ! » hurla t-elle.

Elle l'entraîna hors de la chambre, sonnant l'alerte au passage. Toujours dans sa serviette elle descendit au plus vite dehors. Il fallait qu'ils dégagent au plus vite. Les agents de la DLCEM étaient censé être discret. Et avec lui, tout venait de tomber à l'eau. Hors de question de rentrer au bureau sans résultats. L'idée ne lui plaisait pas, mais Monet n'avait pas de planque libre. Et hors de question qu'on sache... ça. Sur le parking elle chercha désespérément la voiture la plus vieille et la moins frappe à l’œil. Cinq minutes plus tard, toujours dans une situation très confortable (hum hum) Monet au volant, Mercedes à ses côtés, les deux agents filaient sur la voie. Bon sang, si la DLCEM savait ce qu'elle venait de faire, elle serait sermonné.  

« Mercedes... je vais vous... vous... pourrir. Vous vous rendez compte du bordel que que vous... Oh puis merde. Ne me répondez pas, vous êtes gonflant. Taisez vous jusqu'à l'arrivée. On va en Virginie. »

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 10 Jan - 23:39

De la déception à l'état pure. Voilà ce que ressentait Guillaume Jr. de la Croix de Ravignan en découvrant son premier enfant. Le bébé était en excellente santé lui avait assuré le médecin, et peut-être qu'il y avait une chance pour qu'il parvienne l'âge adulte s'il passait les deux premières années. Vu sa constitution, cela ne serait pas étonnant. Mais Guillaume était profondément désappointé par l'annonce du sexe. Une fille aînée, ce n'était pas mal en soit. Beaucoup de familles très bien avaient d'abord une fille, belle et utile à mariée, puis un fils qui reprendrait tout ensuite. Le tout sans compter les innombrables décès qu'une famille connaissait immanquablement, que ce soit lors des disettes, des hivers trop féroces ou des épidémies. Un simple rhume pouvait vous prendre n'importe quel nourrisson en quelques jours, tout le monde le savait bien. Et bon Dieu, qu'en dirait son père ! Guillaume Sr. garderait sans doute ses pensées pour lui, félicitant le couple sans pour autant vraiment masquer un certain agacement. Et tôt ou tard, Guillaume essuierait des reproches.
C'est sur ces pensées qu'il entra dans la chambre pour rencontrer femme et enfant, toutes deux dans le grand lit conjugal. « Il faudra en informer le voisinage, ma chère ! Un tel prodige ne peut rester secret et d'ailleurs, il est temps de faire pour de bon connaissance avec nos voisins. » Il esquissa un maigre sourire à sa femme, regarda l'enfant et lui effleura le front. « Et il faudra la faire baptiser sans tarder… On ne sait jamais. » La petite était solide mais on n'était jamais à l'abri d'un malheur. Guillaume se souvenait ses voisins quand lui-même n'était même pas encore en page d'être un homme : le bébé, d'apparence robuste, n'avait vécu que trois jours puis une malformation cardiaque l'avait emporté sans qu'il soit baptisé, lui interdisant l'accès auprès du Seigneur.

× × ×

Que Kaplan le mit au tapis aurait été un euphémisme. Qu'elle lui massacra la pommette puis les parties intimes dans un même geste serait bien plus juste. Dans son agitation (euphémisme encore), elle l'appela même par son prénom, ce qui sonna bizarrement dans sa bouche, et l'entraîna à l'extérieur. Trois secondes plus tard, ils étaient assis dans la voiture, Mercedes meurtri se retenant bien de ire le moindre mot. Qu'il mourut d'envie de faire un commentaire sur le charmant masque que sa voisine s'était appliqué le démangeait. Glisser une sournoise moquerie sur la simple serviette qui la dissimulait aussi. Et demander pourquoi diantre ils allaient en Virginie (en Virginie!)… Il s'installa simplement dans un silence boudeur, regardant obstinément par la fenêtre les arbres qui défilaient.

Une musique country résonnait dans la voiture depuis une demi-heure quand il craqua enfin, se retenant depuis trop longtemps. Mercedes se pencha en avant, changer la station radio et dans le même mouvement, s'alluma une cigarette. Il veilla à ouvrir la fenêtre, laissant un courant d'air glacé entrer dans l'habitacle de la voiture. Le petit agent tira plusieurs bouffées sur sa cigarette avant de retrouver le calme qui lui manquait. Et le temps passa, interminable. Trois clopes et demi plus tard… « Votre serviette glisse. » Mercedes souffla un rond de fumée parfait (des heures d'entraînement derrière ce prodige poétique) qui éclata sur le nez de Kaplan et se pencha pour remonter la serviette d'un geste vif, une lueur moqueuse dans les yeux. « Voyez le bon côté des choses, vous avez perdu vos affaires mais vous obtenez un mimétisme parfait avec les arbres. » Il faisait référence au masque de la demoiselle qui, en séchant, formait une croûte craquelée qui n'était pas sans rappeler une couche d'écorce. Mercedes fouilla dans le vide-poche et tomba sur un bloc de feuilles. Trois minutes après, il posait une vache en papier, origami parfait, sur le tableau de bord de la voiture. « Je vous présente Momo'. » Dix minutes plus tard, il en ajoutait une seconde. « Et Nenet. Sans sous-entendu bien sûr. » Il lui avait fait des enfants, putain. Il avait des dizaines de souvenirs sur cette femme, sur leur mariage, leur premier enfant. Il se rappelait lui avoir servi du thé, lui avoir offert une servante. Il lui avait offert une robe splendide, avec des dentelles magnifiques, et un collier qui devait valoir l'équivalent de dix ans de son salaire actuel. Ce n'était pas lui qui avait fait tout cela, c'était Guillaume bien sûr mais… Il se changea les idées et réalisa un poney en papier. « Un poney pour Monet... » chantonna-t-il. Qu'il joue avec le feu, il le savait, mais il devait se changer les idées. C'était… une obligation.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Lun 11 Jan - 14:19

« C'est une fille, félicitation ! » Ysoir-Barbe baissa les yeux. Bon sang. Une autre sage femme tenait la première née dans ses bras. Quand elle avait appris qu'elle donnerait naissance à deux enfants, elle avait prié pour donner la vie à deux garçons. Ou un garçon et une fille. Mais il n'en n'était rien. On lui disait qu'elle avait de la chance que les deux soient en vie, et qu'elle aussi. La chance, la chance... pourtant elle en pouvait pas s'empêcher d'être heureuse. Elle savait que ces deux filles seraient en aussi bonne santé que la première et qu'elle ne succomberaient pas aux aléas du temps. Il s'écoula quelques heureuse avant que son mari rentre de son voyage. Pour une surprise, ça allait être une surprise. Quand il entra dans la chambre, elle n'osa prononcer un seul mot. Elle se contenta de caresser ses enfants nouveaux nés en silence. Il allait lui en vouloir. Parce qu'il voulait un garçon, c'était évident. Elle le savait la destiné de ses deux filles étaient quasiment tracée d’avance, quand elles auraient l'âge, elles partiraient servir le Seigneur dans le couvent le plus proche.

***

Les yeux rivés sur la route (de nuit il valait mieux rester concentrer) Monet ne disait pas un mot. Elle sentait le masque sur son visage et ses cheveux faire effet doucement, ses derniers se durcissant un peu plus à chaque minutes qui s'écoulait. Elle faisait de son mieux pour rester calme, pour se concentrer sur le volant qu'elle tenait à une main, à la sa serviette qu'elle tenait de l'autre. Rien à dire, conduire pieds nus n'était pas une mince affaire. Elle sentait déjà ses orteils complètement rougis par le froid, et écorchés. La voix de son compagnon de voyage indésiré la fit sortir de sa rêverie. Quoi sa serviette ? Avant même qu'elle ai pu dire un mot, il tendit la main vers elle. Son visage se teinta de rouge, les sourcils se froncèrent. Non, en rien dire. Il fallait être prudente sur la route. Pourtant, il enfonça le clou quelques minutes plus tard. Non, là, elle ne pouvait plus. La voiture pilla sur la bas côté et Monet sortis de la voiture en écumant de rage. Quelques secondes plus tard, elle était devant la portière côté passager et tentait de sortir Mercedes de la voiture en le tirant par les cheveux.

« NE ME CHERCHEZ PAS ! Ne-me-touchez-plus-jamais. »

Elle le secouait comme le le pouvait de sa mains libre. Elle avait envie le lui massacrer le visage grand coups de... dent. Ou en le frappant contre le tableau de bord. Elle n'avait jamais aimé qu'on homme la touche, l'approche, la drague ou l'aborde tout simplement. Son corps était un temple, personne ne le touchait. Personne ne méritait quoi que se soit venant d'elle de toute façon. Elle avait promis à Hartley qu'elle resterait digne, qu'elle ne se laisserait pas distraire par ce genre de chose. À sa façon elle avait fais ses vœux. Et les rares personnes à avoir voulu contourner la règle avait mal terminé.

Le voyage sembla durer une éternité. Et pourtant, ils arrivèrent enfin. Elle s'engagea dans l'allée qui menait à la grande maison familiale des Kaplan. Elle n'avait jamais vraiment aimé cet endroit. Mais elle le connaissait par cœur. D'une certaines façon, elle s'y sentait en sécurité, elle savait que si on osait l'attaquer ici, elle saurait se défendre. C'était comme Bond avec Skyfall. Elle gara la voiture à côté de la Audi déjà présente et sortis. Ils n'étaient pas là. Peut-être que monsieur et Madame Kaplan étaient sortis dînés ?

« On passe pas derrière, les clefs sont... je sais où sont les clefs. »

Elle les trouva, au même endroit où son oncle les avait laissé la dernière fois. En dix ans, rien n'avait changé ici. Le jardin était toujours aussi bien tenu, même le soir on pouvait voir que les prés étaient parfaitement entretenus. Elle entra dans la demeure en silence. Un flot de mauvais souvenirs l'assaillis alors. Elle était chaleureuse, amicale cette maison. Pourtant, Monet n'avait jamais vraiment réussis à s'y sentir comme chez elle. Elle attrapa Mercedes par la manche et l'attira jusque dans le salon où un feu était resté allumé.

« Attendez moi là. »

Elle grimpa en vitesse à l'étage. Si rien n'avait changé, la salle de bain était toujours au même endroit. Elle se rinça le plus rapidement possible, et enfila ensuite des vêtement trouvés plié près du lavabo. Un peu trop serrés mais ils feraient l'affaire le temps qu'elle retrouva sa chambre. Elle retrouva Mercedes dans le salon. Ce salon aussi ne lui avait pas manqué. Il était couvert de portait de sa cousine, de ses premiers mois à l'âge où elle avait disparue. Enfin, disparue. À l'âge où elle était morte mais ça, ses parents n'en savait rien. Ils la croyaient à la colonie à faire sa vie. Monet avait elle eu aussi le droit à quelques photos, mais elles étaient rares. D'ailleurs elle nota qu'elle avait toutes était mis sur le même meuble, derrière celle de sa cousine. Elle lâcha un petit soupire et baissa les cadres. Soudain, un bruit de clef dans la serrure se fit entendre.

« Ils sont là. »

Ils, c'était son oncle et sa tante. Oncle et tante qui débarquèrent rapidement dans le salon et qui restèrent muets comme des carpes avant de d'ouvrir les bras et de tenter une approche amicale vers Monet. Elle esquiva le câlin, imitant un sourire gêné et recula d'un pas.

« C'est toi ma petite chérie ? »

Erk. Elle lui donnait envie de gerber. Elle ne l'avait jamais vu comme ça. Elle avait toujours été la seconde, la raté, la moins bien. Sa tante n'avait pas changé. Comme toute les Kaplan, elle était de grande taille, blonde, avec d'immense yeux bleus. Elle était dix fois trop maquillé (ça aussi c'était une marque de fabrique) mais habillé comme une plouc aux yeux de Monet. Son oncle, toujours effacé était resté ne arrière à sourire bêtement.

« Je reste pour une nuit avec lui. On est juste de passage. »

Sa tante afficha une moue vexée. Comment ne pas l'être ? Elles ne s'étaient pas vus depuis dix ans et c'était la première chose que Monet trouvait à lui dire.

ma couleur:
 

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