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 cent ans de solitude. (monet, terminé)

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Mer 13 Jan - 0:14

Il gifla sa femme du revers de la main. Les invités venaient de quitter la maison après s'être épanchés de félicitations des heures durant et Guillaume déchaînait enfin sa colère. Une fille aînée, il s'en était remis, d'autant que malgré son jeune âge, elle faisait honneur aux la Croix de Ravignan. Mais deux filles supplémentaires… Comment allait-il faire ? Il lui fallait un héritier qui acquérait biens et terres et qui transmettrait son nom à ses propres descendants. Combien de nobles familles s'étaient tristement éteintes de par l'absence d'un homme pour reprendre le flambeau ? Beaucoup. Et nombre d'entre elles avaient rapidement été oubliées au profit d'autres familles à la renommée montante, abondant de garçons et offrant des épouses splendides. Laissant sa femme dans le lit, ignorant les deux mioches qui pleuraient, Guillaume s'attrapa les cheveux et ferma fort les yeux pour se calmer. Deux filles ! Il tira plus fort pour éviter de frapper de nouveaux Ysoir. Il s'en voulait de ce geste, il s'en voulait de voir une tache rouge s'épanouir sur la joue de sa femme, cependant elle le méritait. Ne l'aimait-elle pas assez pour lui faire un beau garçon ? « Dés qu'elles seront en âge, elles iront au couvent. Qu'elles ne nous fassent pas honte entre temps… Bon Dieu, qu'avons-nous fait pour vous déplaire ? » Guillaume quitta la chambre en claquant la fragile porte de bois. Cette naissance ne venait que conforter les ragots : il n'était pas un bon noble, il se devait de mettre les mains dans la terre pour assurer leur subsistance. Dieu ne voulait certainement pas qu'une telle famille perdure et leur offrait des filles… Tels étaient les ragots au village. Le jeune homme attela son cheval et vérifia la charrue en serrant les dents.

× × ×

Furieux, Mercedes fixa obstinément les plaines par la fenêtre, le cuir chevelu encore douloureux du traitement infligé par Monet. Oui, il l'avait supplié d'arrêter, à sa grande honte. Et ce détail l'agaçait encore plus, bien qu'elle ait sans doute déjà oublié. Il n'oublia de bouder que lorsque la voiture s'engagea enfin dans une allée, quittant cette interminable route. Comme un enfant, Mercedes regarda avec attention la petite route devant lui et sauta hors de la voiture dés qu'elle fut arrêtée. Kaplan savait où étaient les clefs ? Ils n'étaient quand même pas… Non, elle n'habitait pas aussi loin du quartier général, il la voyait arriver le matin et repartir le soir. « J'suis jamais venu dans cette région ! » Il frétillait d'excitation, comme un gosse, et marchait résolument à la suite de sa patronne. Monet allait se faire une curieuse idée de Mercedes Weathley à ce rythme-là et ne voir qu'un gosse de vingt-sept ans incapable de se contenir. Pourtant, il était d'un assez mauvais caractère en règle général, taciturne et cynique. La choix de voyager pouvait dévoiler des facettes étranges. Bizarrement, il détesta aussitôt l'endroit. C'était trop grand, trop bien entretenu, trop… riche. C'était une richesse discrète, qui s'étalait sous vos yeux l'air de rien. Son minuscule appartement new-yorkais qui ne ressemblait à rien lui manqua soudainement.

Il se tenait raide dans le salon et regardait Kaplan s'éloigner à grands pas vers il ne savait quelle vaste partie de la baraque. Quelque chose le dérangeait, sans qu'il mette le doigt dessus. Puis l'évidence s'imposa. Son attention envers la patronne se fit plus grande encore. Son visage, il le connaissait par cœur, il l'avait aimé, embrassé, frappé… Mercedes s'appuya contre la cheminée, le front brusquement en sueur et le cœur cognant avec force. Pas lui. Ce n'était pas lui qu'il avait frappé et embrassé Monet. Ysoir. Lui il n'était que Mercedes, rien d'autre, et… Le coup qu'il s'asséna à lui-même le surprit par sa force. « Ta gueule Mercedes, arrête de penser. » Difficile. Il se concentra sur la multitude de portraits qui inondaient la pièce, notant que ce n'était pas Kaplan dessus mais une autre fille. Monet lança quelques énigmatiques mots, succédées quelques secondes plus tard par une voix plus douce. « Avec lui… ? » La femme blonde se tourna vivement vers Mercedes qui manqua de reculer dans la cheminée devant le sourire qu'elle lui adressa. Clairement mal à l'aise, il leva vaguement une main (s'il avait affaire à une Monet bis, la prudence s'imposait d'elle-même). « Oh Monet, tu es mariée ? » La femme s'élança vers Mercedes (voulait-elle vraiment le faire tomber dans la cheminée) et lui attrapa les deux mains qu'il retira vivement. Il se reprit instantanément, l'occasion était trop belle… « Ouii, depuis longtemps maintenant ! Oh madame, ne me dites pas que vous l'ignoriez ! » Il se doutait, vu l'accueil, que Kaplan n'avait pas mis les pieds ici depuis longtemps maintenant. Il se tourna vers elle en fronçant les sourcils, une expression joviale sur le visage, un éclair assassin au fond du regard (qui le faisait cruellement ressembler à Guillaume Jr.). « Enfin ma chérie, je sais que tu es terriblement occupée avec les triplettes mais tout de même ! C'est important, la famille ! » La bouche de madame Kaplan (supposait-il) forma un O parfait à la mention de triplettes. « Des triplettes ? Monet, tu aurais dû nous le dire ! » « Oh madame, c'est fatiguant les enfants, vous savez ? D'autant que Momo' a dû faire beaucoup d'efforts pour perdre tout ce poids... » Il le paierait cher mais c'était trop bon, trop inespéré. « Ah oui, durant ma propre grossesse, je n'avais presque pas pris… Mais ce n'est pas le cas de toutes. » Mercedes, si semblable à Guillaume dans cette scène, adressa un ravissant sourire à madame Kaplan. Il ne souriait guère, Mercedes, mais ça le changeait radicalement. Aussi mal habillé soit-il, ça le rendait de suite intéressant et ouvert. Il glissa un coup d’œil vers monsieur Kaplan, toujours silencieux dans un coin, à croire qu'il attendait que sa femme ait terminé de parler pour oser en placer une. Tendant une main au discret monsieur, Mercedes continua de sourire. « Madame, monsieur, Mercedes Weathley. » Il n'avait pas envie de serrer la main de madame Kaplan, elles étaient trop froides, mais le jeu en valait la chandelle… Rien que pour imaginer ce qui se déroulait dans l'esprit de Kaplan en cet instant précis. Elle devait préparer les pires tortures pour lui mais même une pommette en compote valait une telle jubilation.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Mer 13 Jan - 16:22

Ysoir-Barbe pleura longtemps ce soir là. Son mari avait osé la frapper. Parce qu'elle était indigne de lui. Elle le savait, elle était incapable de lui offrir un fils. Non, elle persistait à donner la vie à de charmantes petites filles. Leur destinée étaient toute tracée. Quand ses trois enfants furent couché, elle mit longtemps à rejoindre la chambre. Elle resta devant le grande feu de cheminée une bonne heure avant de monter se coucher en silence.  Demain elle irait voir son père afin qu'il lui apporte du réconfort. Elle ne lui parlerait pas de la gifle, même si elle en mourrait d'envie, mais elle avait besoin de réconfort. Peut-être que lui au moins allait compatir à sa souffrance ?

Un garçon. Elle avait eu un garçon. Son cœur s'était alors empli de joie à l'idée de voir son mari heureux. On l’appela au plus vite, lui qui s’apprêtait à partir. Leur rêve venait de se réaliser. Ils avaient enfin un hérité digne de ce nom ! Hélas l'enfant ne passa pas la nuit. Le lendemain, il ne se réveilla pas. Alors qu'Ysoir dormait auprès de son mari, personne n'osa lui apprendre la nouvelle de si tôt. On mentit à la maîtresse du logis l'informant que son bébé dormait encore et encore. Hélas pour elle, Ysoir découvrit bien vie la triste vérité avant de fondre en larme et se s'enfuir au clocher le plus proche afin de prier de toutes ses forces pour que son mari ne lui fasse aucun mal.

***

Mariée ? Attend mais elle... Avant qu'elle n'ai pu dire quoi que se soit pour sa défense, le voilà partis dans son délire. Bon sang. Il se foutait royalement de sa gueule. Et sa tante qui en comprenait rien à rien. Bon sang elle avait envie de lui arracher les deux yeux. Et ce visage. Elle était sûr d'avoir vu ce visage. Celui d'un mari lointain, cruel, horrible envers sa femme.

« Ça  suffis. Réfléchis deux minutes triple conne, est-ce que j'ai l'air de sortir d'une grossesse de trois mômes ? Avec ce guignol en plus ? » « Il faut pas avoir honte ma chérie on a pas tous... »

Elle sépara Mercedes et sa tante, écrasant le pied de cette dernière au passage et asséna un coup sur la tête de son coéquipier. Son oncle se terra un peu plus dans son coin. Et sa tante la regarda sans comprendre. Oh cet air offusqué elle l'avait assez vu durant son enfance. Elle se souvenait petit, quand Madame Kaplan pouvait encore s'imposer comme femme la plus forte de la maison. C'était fini depuis bien longtemps. Elle était comme sa fille, elle ne valait rien. Elle ne démentis pas les dires de son compagnon de voyage, de toute façon, ils n'en valaient pas la peine. Sa tante croirait d'avantage un inconnue que sa propre nièce, et son oncle... son oncle restait un pot de fleur.

« Monet. » « J'ai pas envie de vous parler, je vais arranger ma chambre pour ce soir, dîner, et demain je me casse avec ce gros lourd. » « Dix ans. Et tu reviens, comme ça, comme une fleur, tu pense que je vais... » « A toute à l'heure ! »

Elle poussa Mercedes vers les escaliers et l'entraîna dans la pièce qui était autrefois sa chambre. Rien n'avait changé. C'était comme s'ils avaient toujours voulu que leur deuxième fille revienne vivre à la maison. Le lit était fait, le petit bureau avait été nettoyé, tout comme le reste des meuble, et des rares cadres photos qui traînaient ici. Même cette horrible tapisserie rose pastel n'avait changé. Il y avait encore le dessin que sa cousine avait fait au feutre, dans l'espoir que ses parents gronde Monet pour avoir fait une telle chose. Elle s'écroula sur son lit, passant une main sur son front.

« Pourquoi tu as dis tous ça... Ces cons vont pas me lâcher maintenant. Franchement, je comprends pourquoi je ne suis jamais retourné ici. C'est... l'enfer. À table, s'il te plaît, n'aborde pas le sujet du mariage, des enfants ou même de ma famille en général. Il y a un matelas sur le lit, t'auras qu'à dormir là dessus. »

Elle s'empressa de se lever et de fouiller dans son armoire à la recherche d'une boite de maquillage perdu ou autre. Pas maquillé, elle avait l'impression d'être nue. C'était une sensation terriblement désagréable. Non, au lieu de ça elle tomba sur ce qui semblait être un stock de bibelot d'enfant.

« Ne flatte pas ma tante, elle prendra la grosse tête. Et évite le regard de mon oncle, de toute façon, il attendra la permission de sa femme pour causer, c'est une peine perdue ce type... »

Elle le regarda d'un las, fatigué. Ils allaient sans nul doute passer tout le repas à lui parler de leur vie, de leur jardin, de leurs chevaux magnifiques et de leur fille. Ils allaient évoqué Monet quelques secondes avant de se replonger dans leur discours sur la famille parfaite. Au rez-de-chaussée une voix les appela et Monet fit signe à Mercedes de la suivre.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Jeu 14 Jan - 23:18

Ce soir-là, Guillaume avait pris son épouse dans ses bras, laissant de côté la violence qui était devenue coutumière pour la couvrir de baiser. Ysoir avait bien travaillé et le garçon qui était né était magnifique. Devant le minuscule être, il avait senti des larmes lui monter aux yeux. Ce n'était pas de l'émotion, plutôt du soulagement : il ne voulait pas décevoir son père, Guillaume, il ne voulait surtout pas réduire à néant tout ce que des générations de la Croix de Ravignan avait entreprit. Guillaume Sr. n'avait eu qu'un seul fils et c'était à lui d'assumer la lourde charge de redresser la famille, de lui redonner sa gloire passée. Pourtant le lendemain, à l'annonce de la triste nouvelle, il ne frappa pas Ysoir. Cela ne lui vint même pas à l'esprit. Après avoir violemment bousculé la servante, laquelle fondit aussitôt en larme, Guillaume disparut. Tout simplement. Pendant trois jours, le village se questionna, s'interrogea. Sa femme ignorait tout de ce départ, et les rumeurs se propageaient, discrètes mais bien présentes. Certains parlaient d'un suicide. D'autres évoquaient une maîtresse dans un village proche qu'il serait parti retrouver. Tous pensaient que l'on ne le reverrait plus. Et franchement ? Ce n'était pas si mal : il était un bon garçon Guillaume, avec des épaules solides et du courage, mais sa famille est pourrie jusqu'à la moelle. Qu'un tel garçon doive travailler ses propres terres à mains nues au risque de tout perdre… il y avait de quoi craquer, surtout lorsque l'héritage n'était pas assuré et qu'un tel travail pouvait ne mener à rien. Alors les gens compatirent à la pauvre madame de la Croix de Ravignan, la consolant pour la perte de son enfant et de son mari, donnant des restes de pains aux petites. Et puis le Samedi suivant, Guillaume réapparut comme une fleur, plein de joie et de tendresse pour son épouse, prêt paraît-il à donner une nouvelle chance à leur famille de s'épanouir. Il ne parla pas de l'inquiétude qu'il avait causé (comment Ysoir et ses trois filles auraient-elles survécu seules, sans revenu?) mais souleva des regards suspicieux, méfiants.

× × ×

« Oh tiens, on s'tutoie maintenant ? » Mercedes glissa un regard en apparence innocent en direction de Monet, sans cesser d'examiner la pièce dans laquelle il se trouvait. Il avait compris, à force, qu'il se trouvait dans la maison où Kaplan avait passé son enfance et cette idée était assez… bizarre. Il avait du mal à imaginer l'agente, jeune et peut-être gentille, passer ses soirées ici à faire ses devoirs et préparer des contrôles. Peut-être qu'elle regardait des émissions à la télé avec cette tante et cet oncle complètement invisible ? L'idée le laissait perplexe. Quant à Monet, elle avait l'air simplement fatigué et s'il avait encore mal à la tête, elle ne semblait pas prête à remettre ça. Ce qui lui convenait très bien. Tandis qu'elle fouillait dans une armoire, Mercy ne la quitta pas du regard, relevant chaque détail. Maintenant que le choc premier était passé et qu'il avait retrouvé son self-contrôle habituel, il savait que c'était elle. Ce n'était pas juste une ressemblance ou un cruel hasard, non, elle était Ysoir-Barbe. Le souvenir de ce nom débile lui arracha un ricanement moqueur, bien que rire fut la dernière chose dont il eut envie en cet instant. Des siècles les séparaient et pourtant… elle était là. Du moins physiquement. Dans ses rêves, Ysoir n'était qu'une chose fragile et faiblarde pour laquelle il n'avait aucun respect. Kaplan en revanche était faite pour diriger et ne s'en faisait pas prier. Quand elle se releva, visiblement déçue de n'avoir pas trouvé ce qu'elle cherchait, il se rapprocha. Ce n'était même pas volontaire, plutôt une sorte d'habitude, mais il lui glissa doucement une mèche de cheveux derrière l'oreille. Avant de reculer précipitamment. « Pardon ! Pardon, je... » Il trébucha sur les mots, effrayé, incapable de savoir d'où venait ce geste… qu'il avait l'habitude de faire. De qui de Guillaume ou lui avait agi, la frontière était mince… ce qui suffit à l'effrayer encore plus. « Je ne sais pas ce qui m'a prit, vraiment, je suis désolé… » Il l'était sincèrement. Si depuis le voyage en voiture il se foutait éperdument de sa gueule, guettant chaque occasion pour la provoquer, il ne se serait jamais permis de se rapprocher autant, voire même de la toucher. Certes, il avait remonté sa serviette sans attendre d'y être invité mais il n'y avait rien de sensuel, il avait simplement souhaité la faire sortir de ses gonds.

Il la suivit au rez-de-chaussé en silence, trop gêné pour oser dire quoi que ce soit. Il ne dormait plus avec ces rêves plus vrais que nature, il cauchemardait sans cesse et même éveillé, des souvenirs revenaient, comme de sinistres rappels. Il ne pouvait plus rêvasser à une fenêtre sans être assailli par une nouvelle scène de Guillaume le salaud de l'époque moderne, sans voir Ysoir et sa maison, sans perdre sa propre identité, à moitié noyée dans celle de Guillaume de la Croix de Ravignan. Et voilà qu'il se mettait à agir comme lui. Il était encore dans les escaliers quand il posa enfin la question qui le taraudait depuis qu'il avait détaillé son visage. « Ces cicatrices sur votre visage… elles viennent d'où ? » demanda-t-il d'une voix douce, presque trop ténue, timide.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Ven 15 Jan - 12:01

Son mari avait disparu. Au village les rumeurs allaient de bon train. Déjà les habitants parlaient des tromperies de son mari, de ses infidélités, de ses travers, de sa famille bafouée... Ysoir-Barbe resta cloîtrée dans la demeure familiale. Elle ne mit aucun pied dehors, restant avec ses filles. Il l'avait laissé. Peut-être se ferait-il agressé dans les bois par des bandits de passage ? Peut-être se ferait-il dépouiller et battre à mort ? Certains nobles étaient mal vus et connaissait des fins terrible dans ses bois. Elle se rappelait encore de ce pauvre collecteur d’impôt qui avait terminé découpé dans une barrique... et tandis qu'elle imaginait le pire pour son mari, les railleries se faisaient toujours plus nombreuses. Pas devant elle. Devant elle s'était des « pauvre madame, pauvre madame... » mais derrière son dos, la jeune femme n'était pas dupe, on se moquait ouvertement de sa situation pour le moins gênante. Quand il repointa enfin le bout de son nez, le soulagement l'envahis. Il était vivant ! Pourtant, elle n'arrivait pas à lui sourire comme avant. Alors certes, il n'avait pas reporté la faute sur elle. Mais il l'avait laissé faire le deuil de son premier enfant mort, de son premier fils, seule. Et ça, la jeune femme n'arrivait pas l'oublier. Pourtant la vie continua comme si de rien c'était passé. Ysoir continuait de coudre en silence, de nouveaux vestons pour sa fille aînée, et Guillaume... Elle se rendait chaque jour dans la petite Église du village, suppliant Dieux de lui offrir un enfant mâle, qui allait grandir et devenir un beau jeune homme. Pourtant, un an plus tard, ce fût de nouveau une fille qui vit le jour. Et ce soir là, Ysoir ne lui adressa même pas un regard, elle la confia à une nourrice qui alla l'allaiter dans sa propre chambre.

***

« Qu'est ce que... »

C'était quoi ça ? Pendant un instant, ce fut son visage qu'elle vit. Celui d'un homme qu'elle avait aimé, dans le passé. Et celui d'un homme qu'elle haïssait à présent pour tout ce qu'il lui avait fait. Il avait eu le même geste doux que ce Guillaume. Que l'homme qui était présent chaque nuit dans ses rêves. Il s'excusa aussitôt, et pour une fois, Monet cru déceler de la sincérité dans ses mots. Elle bafouilla à son tour, comme l'aurait fait l'autre. L'autre qui était folle amoureuse de ce type. L'autre qui aurait donné sa vie pour lui. Pas elle, non, elle n'était pas comme elle, non ! Elle n'était pas faiblarde comme cette... Ysoir-Barbe. Elle ne se faisait pas écraser par les hommes, elle avait appris à s'affirmer, Hartley y avait veillé.

« Ces cicatrices sur votre visage… elles viennent d'où ? »
« Mes cica... »

Elle porta la main à son visage, stupéfaite. Évidement qu'elles se voyaient encore, pas maquillé... elle qui voulait toujours tout camoufler. Monet sans maquillage c'était comme ça... une tartine comme Nutella comme diraient certains. Elle ne sortait jamais sans du fond de teint minimum. Si elle avait pris le plis de se peindre la figure chaque matin, c'était bien pour camoufler ces horreurs sur son front. Et elle ne pouvait pas s'empêcher de penser au chirurgien qui s'était occupé de son cas. Elle ne pouvait que le remercier, sans lui, elle ne ressemblerait plus à grand chose aujourd'hui. Du moins, son front. Et peut-être même une de ses joues. Elle avait oublié. Elle en voulait plus y penser. Sans s'en rendre compte, elle avait arrêté de descendre les marches, le regard perdu dans le vague. Voilà qu'il mettait le doigt sur le point sans doute le plus douloureux de son enfance.

« C'était juste un accident... ma mère ne pouvait pas savoir », souffla t-elle.

Elle se tourna vers lui, esquissant un semblant de sourire. Elle s'était toujours promis de rester forte en repensant à ça.

« Accident de voiture quand j'étais enfant. Si je m'en suis sortis, c'est grâce à un homme fabuleux, celui grâce au quel je travaille avec toi et tous les autres aujourd'hui. Tu l'aurais adoré. »

Il l'aurait vraiment adoré. Hartley, il aimait tous le monde. S'il avait pu être père, il aurait fondé le genre de famille super nombreuse et ultra soudée. Il aurait adoré Mercedes. Parce que c'était exactement le genre d'enfant perdu qu'il aimait. Un peu étrange, avec un caractère bien à lui. Ce n'était pas pour rien qu'elle disait souvent qu'il était l'homme de sa vie. Il avait été le père parfait. Et un agent parfait. Il était juste un nom maintenant, dans un registre du DLCEM, comme tous les autres qui avaient péris en mission. Elle termina de descendre les marches, sa tante les attendaient en pas.

« La pauvre chérie, dit-elle et Monet en conclu qu'elle avait épié leur descente des marches (quel intérêt?), installez vous là. »

Elle leur désigna des places, les assiettes étaient déjà remplis de... quelque chose qui avait l'air bon. Son oncle avait sans nul doute fais tout ça.

« Sa mère ne regardait pas la route, voilà ce qui arrive... heureusement que ce Harold était là ! »
« Hartley, c'est Hartley pas Harold. Et ma mère à fait une attaque, tu le sais très bien. »

Elle jeta un regard agacé à Mercedes (ou serait du désespoir?) et lui demanda silencieusement de la servir en eau, tentant d'oublier sa tante qui s'était lancé dans des explications macabres de l'accident (comme si elle avait été présente) et sur le comment ils l'avaient ensuite recueillis, et que sa cousine avait été une sœur formidable et que... Monet avait perdu son sens de la répartie. Sa tante de savait, point faible touché. Elle tâchait juste de se concentrer sur son gigot pour éviter de lui sauter à la gorge et de lui arracher le visage à coup de couteau fourchette.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Sam 16 Jan - 22:14

Que le tutoie le laissa perplexe, presque timide. Il ne voulait pas de proximité avec elle, il ne voulait pas se sentir bien en sa compagnie. Elle aurait pu le tutoyer pour le remettre à sa place, celle de simple employé du DLCEM sans grade, mais elle l'employait aussi pour lui parler normalement et… Qu'elle réponde à sa question aussi lui donnait envie de s'enfuir en courant. Ysoir, il voulait l'oublier, la détruire et la ranger dans un coin de sa mémoire dont elle ne sortirait plus jamais. Il ne voulait pas la voir se réincarner sous ses yeux pour lui parler avec de la… gentillesse. Mercedes allait lui en faire le commentaire quand il se ravisa. Il n'avait pas envie d'être mauvais ce soir, pas après ses paroles, pas avec son expression presque douce.

La tante de Kaplan le coupa dans ses pensées en intervenant grossièrement et les guider à table. Mercedes s'installa sur le bout de sa chaise, mal à l'aise, et contempla l'intérieur de son assiette. Il avait rssenti une certaine jubilation en posant le pied dans « l'antre de Kaplan, le grand chef » mais elle avait disparu. Complètement. « J'pense madame que sous couvert d'une bonne éducation, vous êtes d'un irrespect sans borne. » Mercedes coupait madame Kaplan en plein milieu de ses sinistres explication, tout en servant de l'eau à sa voisine de table. La tante l'observa un instant, trop surprise pour parvenir à analyser ses paroles. Oh oui, il avait employé un ton d'une politesse inimaginable chez lui, et sa tournure était bien anglaise… Parvenir à raccorder tout ça avec le sens de ses paroles demanda à la femme un effort manifeste. « Mais... » Elle s'offusquait lentement, tirant leur sens des mots du petit agent. « Mais... » Elle ne savait pas quoi lui répondre et ça tombait bien, il n'attendait aucune répartie de sa part : elle ne le connaissait pas, elle aurait du mal à trouver un quelconque point faible. « Cela dit monsieur Kaplan, votre gigot est parfait, cuit à point. Et le petit gratin de pommes de terre à côté… Miam ! » C'était un gentil compliment, sincère de surcroît, mais ledit monsieur Kaplan sembla subitement se ratatiner sur sa chaise, lançant un regard de côté à son épouse. En fait, Mercedes ne l'avait jamais vu ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit, même pour saluer Monet. (Quant à madame Kaplan, elle ouvrait toujours la bouche pour l'instant, comme un poisson en manque d'air.) « Quant à vos champignons… Des cèpes ? Ils sont parfaits aussi ! J'crois pas en avoir manger des aussi bons avant dans ma vie ! » Mercedes s'enfila un nouveau morceau de champignon, heureux de la gène subite qui s'était emparée de la table. « Vous faites quoi dans la vie, m'sieur ? Moi je travaille avec votre nièce. C'est passionnant, j'peux vous dire qu'elle est travailleuse. » Son regard se posa sur un cadre. « Et votre fille ? » Le mari se noyait dans son mutisme, la tante était visiblement en train de retrouver la parole, prête à… lui hurler dessus ? Le chasser ? Il n'aurait pas trop su dire. « Navré m'dame, c'est peut-être vous qui avez cuisiné en fait. Mais j'en doute, vous êtes trop... insipide pour avoir cuisiné ces cèpes aussi bien. Mais vous fâchez pas, vous avez piqué au vif ma femme, je devais bien la défendre. » Il illustra ses paroles en piquant la joue de Monet du bout de sa fourchette, un sourire innocent aux lèvres. Kaplan n'avait pas eu l'air franchement ravie en entrant dans cette maison, même si elle y avait vécu des années, ni nostalgique. Cette famille… vendait du rêve. Certes, elle était à chier aussi, entre le mari qui n'articulait pas un mot (muet?) et l'autre qui prenait plaisir à détailler le moindre point noir… C'était lassant. « Tiens, vous n'avez pas de photos récentes de votre fille ? » Mais à la réflexion sa propre mère non plus ne devait pas avoir de photos récentes, ni de nouvelles. Être en conflit avec sa famille devait être beaucoup plus répandu que ce que les journaux et les livres de développement personnel disaient. Ou bien les pauvres gens arrivant au DLCEM étaient tous des cas dont l'histoire les avait entraînés loin de chez eux. C'était le cas de Mercedes, visiblement celui de Monet. Il aurait pu lui dire que lui non plus il ne gardait pas beaucoup de souvenirs de sa mère, qu'il ne l'avait pas revu depuis des années et qu'il l'avait officiellement perdu (officiellement pour son cœur) quand il avait huit ans. Il aurait pu lui souffler qu'ils avaient beaucoup de points communs et qu'elle n'était pas obligée de le traiter avec mépris. Mais au final, à quoi bon ? Mercedes ne voulait pas se rapprocher de cette femme toute droite resurgit d'un passé qui n'était même pas le sien. Qu'elle rêve de lui - non, de Guillaume - le mettait mal à l'aise, comme mis à nu devant elle. Voyait-elle tout ? Voyait-elle les mêmes scènes ?

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 7 Fév - 22:01

Monet n'en revenait pas. Que venait-il de se passer ici ? Elle dévisagea son collègue de la DLCEM sans comprendre tandis que ce dernier rabaissait ouvertement sa tante qui prenait des teintes de... tomates. Elle masqua son sourire et se pencha sur son assiette, l'air de rien. Jouer le jeu de l'épouse qui se faisait défendre par son cher mari, autant le faire si cela pouvait rabaisser sa tante. Et puis, l'autre aurait fait la même chose, elle aurait laissé son preux chevalier la défendre. « N'y pense pas, ce n'est pas toi, juste des rêves stupides. Réaliste, peut-être, mais stupides quand même ! » songea t-elle.

« Je je... »

Sa tante avait perdu la parole et quand Mercedes les interrogea sur leur fille, ce fut plus fort qu'elle, elle éclata de rire. Du genre un rire incontrôlable qui n'avait rien de mignon ni de charmant. Juste un de ces fou rire qu'on ne pouvait plus arrêter. Sa tante s'était servis un verre de vin et enfin son oncle sembla se redresser un peu et se gratte la gorge.

« Monet ? »

Son oncle avait enfin dit un mot. Elle se ressaisit. Mais oui, en voilà une bonne question ! Où étaient les photos de leur fille chérie ? Du plus beau trésor de leur vie ? Cette fois-ci c'était sa tante qui en parlait plus. Visiblement, le speech de Mercedes ne lui avait pas plus, elle le dévisageait comme si il était sa prochaine cible à abattre. Ce fut donc son oncle qui prit le relaie, avec sa voix calme et posée qu'on entendait que trop peu ici. Il se leva et fouilla dans un des placards de la salle à manger. Il posa un épais album (consacré à leur fille uniquement) devant Mercedes.

« Notre fille passe l'année dans une université pour surdouée, nous ne la voyons que l'été. Et nous avons peu de nouvelle d'elle, et hélas, peu de photos récentes à vous montrer. Celle de la toute fin date de... Août 2014.»

Elle avait du mal à ne pas sourire. Elle n'avait aucune peine pour sa tante, qui pensait que sa fille était toujours en vie, toujours première partout. Pour son oncle... à peine. Elle en l'appréciait pas assez et surtout, ne le connaissait pas assez pour en éprouver comme elle aurait du.

« Mais oui Mercy chéri, regarde donc toutes ces belles photos ! Ma cousine est l'être le plus exceptionnel au monde, regarde, ces photos le prouve totalement, on ne vois qu'elle ! »

De temps en temps son oncle faisait une apparition sur un portait de famille ou bien l'on voyait un Monet boudeuse dans un coin floue de la photo. Mais sinon, c'était la mère et la fille uniquement. Et la jeune femme ne pouvait s'empêcher de penser à elle, et à sa mère. À cette complicité disparue.

« Plus de nouvelle depuis ce temps là, si vous voulez mon avis, il lui est arrivé malheur. » ajouta t-elle en murmurant.

Son oncle en répondit pas, et se rassit à sa place tandis que sa tante semblait sur le point d'exploser. Les photos lui donnait la nausée. Overdose de cousine ingrate. Avec son grand sourire qui faisait presque faux, avec ces jolies robes à fleufleurs, et ces rubans dans les cheveux... comment pouvait-on être aussi cliché ?

« Ne dis pas n'importe quoi. C'est juste qu'elle est exceptionnelle et pas toi. Je suis désolé de vous annoncer ça mon cher ami – elle s'adressait à Mercedes – mais vous vous êtes trompé de personne en épousant ma nièce. Dire qu'elle n'est qu'une raté n'est qu'on euphémisme... ma fille en revanche, est beaucoup mieux. »

Ta fille est morte. Elle mourrait d'envie de le lui balancer. Pour ce qu'elle venait de dire, pour ce qu'elle allait sûrement balancer sur son collègue que pour une fois, elle prendrait la peine de défendre, sur son père, sur sa mère. Au lieu de ça, son sourire ne la lâchait plus. Au fond, elle riait de la voir défendre une vie qui avait disparue il y a tout juste un an. Ah si elle savait, si ils savaient...

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 14 Fév - 23:03

Mercedes sursauta quand sa voisine de table éclata d'un grand rire. Certes il s'amusait beaucoup lui-même mais il était à des lieux de songer que Kaplan pourrait en profiter elle aussi. Il avait bien saisi qu'elle n'aimait pas son oncle et sa tante (il aurait fallu être complètement aveugle pour ne pas le remarquer : ça crevait les yeux) mais il s'attendait plutôt à des remarques acerbes directement à table ou plus tard en privé. Curieusement… cet éclat de rire lui fit plaisir, tout en le réduisant au silence. Il faillit presque sursauter à nouveau quand l'oncle parla pour la première fois. Ainsi parlait-il… Plus par habitude qu'autre chose, Mercedes partit en quête d'un paquet de cigarettes et d'un briquet dans ses poches. Il pêcha une clope solitaire, manifestement égarée, mais pas de briquet ni d'allumettes en vue. Il soutint tranquillement le regard de la tante de Kaplan qui semblait visiblement prête à le découper en rondelles et lui infliger les pires tortures, les pires vices, que son insupportable cerveau pourrait inventer. Franchement, il ne parierait pas sur des choses très originales venant d'elle. Écartèlement, humiliation, brûlures… Elle manquait cruellement d'imagination cette dame. En revanche, qu'ils aient peu de nouvelles d'une fille qu'ils semblaient tant aimer le laisser assez… perplexe. Monet se pencha vers lui avec une voix qu'il classa instantanément dans « bizarre » et « anormale », assez pour le mettre passablement mal à l'aise. « Ah ouii, j'savais pas que t'avais une cousine comme ça ! » « Plus de nouvelle depuis ce temps là, si vous voulez mon avis, il lui est arrivé malheur. » Cette fois-ci, il ne put se retenir de lui couler un regard stupéfait. Voyait-il trop de sous-entendus dans cette phrase où la menace à peine voilée était-elle réelle ? Quant à sa tante, elle le… dégoûtait. Profondément. « Parce que vous auriez aimé que j'épouse vot' fille p't-être ? » Au quotidien, il ne faisait pas d'efforts particuliers pour parler correctement. Il s'arrangeait seulement pour être à peu près intelligible. Là, il avait tout laissé tomber, que ce soit le soin de l'articulation, son accent écossais du fin fond de la campagne, son mauvais anglais. Que les efforts se cassent ! « Moi j'suis pas sûr. » La tante s'était penchée par-dessus la table, lui aussi. Et sa propre menace était à peine masquée. Il la fixa quelques secondes en silence avant de se redresser brusquement, serrant les poings à s'en faire mal sous la table. « Ouais r'marquez, pas étonnant que vous n'ayez pas de nouvelles, elle doit vous fuir comme la peste. » La main de madame Kaplan s'abattit violemment sur la table, faisant trembler les assiettes et la bouteille de vin. Mercedes se contenta d'un regard narquois avant de mettre sa cigarette éteinte à la bouche. « Fermez-là, petit con ! Je ne sais pas qui vous a élevé mais... » « Vous m'soûlez, m'dame. » Il avait parlé à mi-voix, du ton de la vulgaire constatation, sans agressivité. « V'nez Kaplan. » Il ne la toucha pas, ne la regarda même pas. Il se contenta de sortir de table, de glisser un ultime coup d’œil au beau duo de cons assis en face d'eux, et se se faufiler jusqu'à l'escalier. Qu'elle le suive, qu'elle ne le suive pas… Il était à peu près certain de s'en prendre une dans quelques minutes.

Mercedes venait juste de s'asseoir sur le lit, frottant ses muscles endoloris, quand Kaplan entra dans la chambre à son tour. « Elle est vivante ? » Il y avait de l'agressivité sous-jacente mais les mots de Monet l'avait profondément… perturbé. Il parlait de la cousine bien sûr, cette infortunée jeune fille modelée à l'image de ses deux idiots de parents. De temps à autre il prenait à Mercedes de se féliciter de ne pas avoir de parents. Sur le plan pratique il avait une mère, une génitrice qui lui envoyait désespérément des lettres qu'il ne lisait pas et des chèques qu'il n'encaissait pas. Il avait une boîte remplie de chèques et d'enveloppes non ouvertes, de l'argent dont il aurait désespérément eu besoin mais qu'il se refusait à toucher. Il se radoucit un instant. « Vous avez vraiment grandi ici ? » Cette maison respirait quelque chose d'insupportable, à l'image même de ses propriétaires. Mais ça lui donnait aussi l'envie d'en savoir davantage sur Monet Kaplan, une nana qu'il avait rencontrée la veille mais dont il entrevoyait beaucoup de facettes. Une nana dont il rêvait assidûment chaque nuit, dans des rêves le laissant éreinté et en sueur, épuisé. Une part de lui, celle qui aurait pu être Guillaume, l'aimait. Il fouilla dans son sac jusqu'à trouver un briquet pour allumer fiévreusement sa clope. Il tira dessus avec l'énergie d'un noyé.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Lun 15 Fév - 22:17

Quand sa tante fini par éclater, Monet fut quelque peu surprise. En temps normal, elle s'en prenait à elle, pas à d'autres. Peut-être était-ce l'habitude de toujours la voir s'acharner sur elle qui lui faisait ce drôle d'effet ? Sans un mot, bien que dans d'autre circonstance elle aurait répliqué, elle suivit son sois disant mari jusque dans sa chambre, en silence tandis que sa tante commençait un long monologue sur l'insolence de sa nièce. Pauvre oncle, il allait subir ça toute la soirée.

« Ma cousine ? »

Bien sûr qu'il parlait d'elle. De qui d'autre. Elle haussa les épaules et lâcha un long soupire. Elle vint s'asseoir à son tour en tailleur sur son lit, le regard dans le vague. Non, non elle était morte depuis près d'un an maintenant. Elle l'avait tué, c'était aussi simple que cela. Elle l'avait carrément... Cela avait été de la pure boucherie. Ce jour là, elle s'en souvenait comme si c'était hier, elle avait laissé sa haine éclater.

« Non. »

Et il allait devoir attendre la suite pour savoir la vérité. En fait, elle était prête à parier qu'il n'avait pas vraiment envie de l'entendre. Déjà qu'il devait avoir une image terriblement négative de sa personne... elle n'allait pas en rajouter une couche ce soir.

« Hélas oui j'ai... La maison où j'ai vu le jour était bien plus chaleureuse, crois moi. C'pas pour rien que je me suis barrée.»

Pour en pas dire fuguer. Elle lui lança un regard presque désolé. C'était pour ça qu'elle avait fuis si loin d'ici. Quand Hartley l'avait pris sous son aile, elle n'avait pas hésité une seconde avant de s'enfuir avec lui. Il lui avait offert tout ce dont elle avait rêvé depuis la mort de ces parents. Il avait été le père qu'elle n'avait jamais eut. Il lui avait tout légué, même son loft. Elle se souvenait parfaitement avoir voulu faire de l'endroit où elle vivait un lieu totalement différent de cette maison de malheur. Elle le laissa faire quand il alluma sa clope et ferma les yeux en se laissant tomber.

« Rassure toi, si j'avais été comme leur fille, ils auraient été adorables ce soir. Ils aiment les gamins obéissant et tout mignons. »

Tout ce qu'elle avait jamais été. Non pas qu'elle ai été une gamine insupportable. Elle était juste indomptable aux yeux de sa tante. Quelle triste période de sa vie. Elle aurait aimé la gommer de sa mémoire. Mais non, elle repensait souvent aux choses qu'elle avait vécu ici. Au moins, elle pouvait féliciter sa tante de lui avoir forgé un caractère d'acier. Elle sentit ses paupières devenir lourdes, le sommeil la guettait. Elle tira un oreiller sous sa tête et ferma les yeux.

« Bonne nuit Guillaume », murmura t-elle.

Et aussitôt les mêmes songes étranges l'envahir. Elle avait beau lutter, c'était toujours les mêmes images qui revenaient. Cette fois ci, c'était différent. Les images défilaient par dizaines, très rapidement dans son esprit. Un peu comme un zapping. Elle voyait cette pauvre femme, marié à cet homme qui la battait. Guillaume était encore là. Il la battait encore et encore. Et elle voyait ses filles. Enfin, les filles de cette pauvre femme. Jamais elle n'eut de garçon. Elle vit trois de ses filles partir au couvent. Elle vit la femme pleurer et le mari... le mari se renfrogner de jour en jour. Elle voyait la femme coudre avec une de ses amies. Elle voyait la femme pleurer encore et encore. Et ce visage, si semblable au sien... et il y avait Guillaume. Guillaume qui ressemblait tant à Mercedes. « Non, non, arrête ce n'est pas toi, ce n'est pas lui c'est... c'est... » Un sursaut la fit ouvrir les yeux d'un seul coup. Elle avait la respiration haletante. Monet s'était roulé en boule sous sa couette. Les images restaient graver dans son esprits. Elle pouvait encore sentir le froid de l'hiver dont elle venait juste de rêver.

« Tu n'existes pas Guillaume, tu n'existes pas... Tu n'es pas réel... » chuchota t-elle.

Comme si les visions allaient l'écouter et foutre le camp une bonne fois pour toute.

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 28 Fév - 14:43

Ça ne l'étonnait pas. Pas le moins du monde. Il l'avait bien senti dans la conversation qu'elle était morte cette cousine, morte sans que cela n'éveille le moindre regret chez sa collègue. Son impression vis-à-vis de cette femme était mitigée, il n'arrivait même pas à savoir s'il en venait à l'apprécier, s'il la craignait ou s'il avait simplement envie de la fuir. Peut-être que la dernière option était la bonne après tout. Monet Kaplan, c'était un peu comme un cauchemar éveillé. Elle était ces rêves qui le hantaient chaque nuit, elle venait les incarner jusque dans la réalité. Elle ne l'aimait pas. Elle l'insultait. Franchement, comment pouvait-on apprécier une femme comme ça ? Pourtant… « Ouais, ça m'étonne pas. » Ça ne l'étonnait pas que la cousine soit morte depuis belle lurette. Ça ne l'étonnait pas qu'elle ait grandi dan un endroit meilleur que celui-ci puis fui quand elle y avait atterri. Et ça ne l'étonnait pas que ces gens aiment les gens obéissants. C'était le principe des bourreaux : apprécier les lâches et les suiveurs, maudire le reste. Pensif, Mercedes tira sur sa cigarette avec application. « Ouais. » Ce mot ne s'adressait à personne en particulier, il ponctuait juste la conversation pour lui donner les allures d'une discussions terminée.

« Guillaume... » Assis juste à côté de la fenêtre, occupé à achever sa deuxième clope, Mercedes regardait les grandes plaines qui s'étalaient au-delà de la propriété des Kaplan. On voyait à peine les maisons voisines, parfois un toit au loin, rien de plus. Les gens ici… Ils avaient de l'argent, de belles maisons, de grands jardins. L'opposé total de la vie new-yorkaise en somme. « Guillaume, Guillaume, Guillaume… » Sentir que ce nom lui appartenait lui faisait peur. En le répétant encore et encore, il savait que d'une façon ou d'une autre, ce prénom français pouvait le désigner lui aussi. Il était Mercedes, il le savait, mais Guillaume… Ettait-ce lui aussi ? Un lui passait, mais lui tout de même ? À son arrivée au DLCEM, Aramis lui avait refilé quelques livres. Il avait pris le temps qu'il fallait mais il en avait lentement déchiffré un. Les Enfers, les âmes qui attendaient là-bas… Peut-être que… Un vague rire lui échappa : il cherchait beaucoup trop loin. Il n'était pas Guillaume, ne l'avait jamais été, pas même dans une vie antérieure. Quoi que… il le sentait parfois encore en lui, ce type. Ce sale type. Mercedes observa sa main qui tenait la cigarette à bout de doigts. C'était cette même main qui frappait Monet des siècles plus tôt, qui la forçait à tester tout et n'importe quoi pour avoir enfin une fille. Que c'eut été lui ou non, peu importe. Il fouilla dans son sac jusqu'à trouver le dossier et le rapport à faire. S'il l'écrivait, Kaplan ne lui casserait pas du sucre sur le dos. Trois secondes plus tard, il s'appuyait contre la fenêtre, la cigarette en équilibre au coin des lèvres, et entreprenait de rédiger quelque chose de court, de concis et d'à peu près juste à l'aide d'un roman trouvé dans un tiroir.

***

« Bois. » Ce n'était même plus une demande mais bien un ordre. Guillaume avait depuis longtemps laissé tomber toutes les politesses dont il s'était embarrassé au début. Il était de ces types à double tranchant, autant capables de gentillesse que de la pire cruauté envers les autres. Capable d'élever un chien et d'achever sans le moindre état d'âme celui de sa fille aînée. « Avec un peu de chance, peut-être que tu finiras par servir à quelque chose ? » Les mots tombaient, acides, presque triste... comme on parlerait à un animal devenu inutile. Le jeune homme, encore vigoureux et beau malgré l'usure des travaux, tendit brutalement une assiette en bois à Ysoir, allongée sur le lit. Cette fois-ci, c'était plusieurs kilomètres qu'il avait avalé sans se retourner pour rencontrer… une sorcière. Le mélange repoussant dégageait une horrible odeur mais peu importait. Ce soir, peut-être qu'une réussite serait en route : Guillaume avait bien compté les jours depuis les dernières menstruations de la jeune femme et c'était le moment optimal. « Avec un peu de chance, il naîtra à la fin de l'hiver. » Quand le froid glacial serait parti mais qu'il n'y aurait pas encore la faim. Il planta Ysoir en compagnie du broc de mixture et quitta la pièce sans rien ajouter. « Maiko ! » Un chien de chasse surgit des escaliers, chaudement accueilli par son maître. « Bon chien, Maiko, bon chien. »

***

Chacun de ses muscles tendu à lui en faire mal, Mercedes fixa le plafond qui se dessinait dans l'ombre, juste au-dessus de lui. Il s'était endormi sans s'en rendre compte, la clope à la main et lui vaguement appuyé contre la fenêtre. Ils n'avaient pas fermé les volets et la Lune laissait entrer un faible éclat de lumière dans la pièce, juste assez pour entrevoir la forme de Monet sur son lit. Est-ce qu'elle rêvait aussi ? Est-ce qu'elle voyait toutes ce choses qu'il aurait voulu oublier ? Sans doute, elle lui en avait parlé. Il avait feint l'inverse dans l'illusoire espoir de tout nier, de faire comme si… Mais faire semblant n'avait jamais aidé, il était bien placé pour le savoir. « Tu n'existes pas Guillaume, tu n'existes pas... Tu n'es pas réel... » Mercedes se raidit à nouveau, incapable de respirer ou de parler… Une part de lui, une part qui ne lui appartenait pas, mourrait d'envie de hurler, de montrer son existence. Mais lui, lui Mercedes Weathley, crevait de peur. Guillaume, ce fantôme… n'existait-il pas ? Il le sentait parfois, il agissait un peu à travers lui. À savoir s'il s'agissait réellement de Guillaume ou simplement d'un délire de sa part… Allez savoir.

Pris d'un brusque élan, l'agent se redressa dans la pièce, vira la couverture sous laquelle Monet était enfouie, et alluma la lumière en grand. « Bon ben si personne dort, autant s'lever direct ! » Il ne voulait plus rêver. Allumage brusque des néons, éclosion des yeux en accéléré, sans épargner les rétines. « J'vous ai entendu marmonner Kaplan, faut arrêter vos délires. » Non non, il tremblait de tous ses membres et il le cachait en ouvrant grand la fenêtre pour embrasser l'air froid de l'extérieur. Mercedes sentait encore les poils du chien, Maiko, sous ses doigts, la résistance de son collier quand ils étaient sortis dehors pour une promenade. Il pouvait citer les préférences de Guillaume, les points à restaurer sans sa maison française. Le vent froid qui s'engouffra dans la chambre de Kaplan lui fit le plus grand bien. « Va falloir que vous fassiez le rapport avant qu'on rentre, je sais pas faire ces choses-là. » Il tendit le dossier en subtilisant au passage la feuille sur laquelle il avait tenté d'écrire. Entre écriture trop maladroite et grammaire catastrophique, c'était illisible. « Et j'crois que ça serait mieux qu'on parte avant que votre chère famille ne se lève. 'Suis pas sûr qu'on soit bien accueillis pour le p'tit déj'. »

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MessageSujet: Re: cent ans de solitude. (monet, terminé)   Dim 28 Fév - 15:44

« Bois. » Ysoir-Barbe ne leva même pas les yeux vers son mari. Monet le sentait, elle avait peur de se faire gifler à nouveau. Il y avait quelque chose de nouveau dans ce rêve. Elle était pourtant sûre de s'être réveillé quelques secondes auparavant. On disait souvent que le monde des rêves était foutu étrangement. Et bien le siens c'était un sacré bordel. Elle sentait très bien la vie de cette pauvre fille se mêler à la sienne. Parce que maintenant, elle arrivait à comprendre à et ressentir sa peine, sa frustration, sa douleur. Elle avait froid comme elle. Quand elle regardait cette chose, cette infâme mixture que ce maudit Guillaume voulait lui faire avaler, elle avait l'estomac qui se retournait, elle avait des nausées. Dans son rêve, elle se tenait devant elle. « Tu m'entends ? » C'était bidon. Elle n'existait pas. C'était juste un stupide rêve. La jeune femme leva les yeux vers elle. Elle plongea son regard d'acier dans le siens. Bon sang elle avait l'air si malade... « Fuis. Éloigne toi de lui, il va te faire du mal. Maintenant, tant que tu le peux encore, fuis ! ».

***

La jeune femme hurla, ou en tout cas, en eu l'impression, quand Mercedes vira sa couverture. Mais le cri resta bloquée dans sa gorge. Au lieu de ça, elle hoqueta, comme si elle venait de sortir d'une apnée légendaire. Bon sang mais qu'est ce que lui prenait ?

« Je disais rien du tout, vous rêvez pauvre cloche...»

Fuir. Elle lui avait dit de fuir. Elle dévisagea longuement son collègue. Il n'était pas dangereux. Ou en tout cas, il cachait bien son jeu. Elle porta la main à sa bouche. Elle avait ce goût infâme qui lui restait en bouche c'était...

« Je crois que je... je vais vomir... »

A passage elle attrapa les feuilles qui lui tendait pour les poser sur sa table de chevet. C'était comme avait la nausée. Elle se leva d'un bond pour se précipiter dans sa petite salle de bain. Elle se pencha au dessus des toilettes, en vain. La seule chose qui lui donnait envie de vomir, c'était le goût de cette infâme bouillasse qu'elle avait vu. Que Ysoir Barbe avait dû avaler sans broncher, sous peine de se faire battre encore une fois. Elle se releva, fébrile et se brossa les dents, espérant voir partir le goût du ragoût. En vain. À présent c'était cette odeur très forte qui venait lui piquer le nez. « Bon sang mais qu'est ce qui m'arrive, hein ? » Elle avait l'impression de vivre la même misère que cette femme.

« C'est sa putain de potion magique là, bordel de merde », jura t-elle derrière la porte.

Elle sortit de sa salle de bain la tête haute, comme si... comme si rien ne c'était passé et attrapa son sois disant rapport. Un torchon.

« Vous avez raison je... Je vais faire ça, et on dégage. Bon sang la prochaine fois, appliquez vous ! À moins que vous souhaitiez recevoir des cours de grammaire et d'orthographe comme un gamin de dix ans. »

Elle attrapa un stylo et se mit à griffonner à la va vite. Elle inventait tout. Totalement. Elle ne pouvait pas se permettre de dire la vérité à ses supérieurs. Non. La trace des demi-dieux était fausse, voilà tout, ils ne s'étaient jamais rendu en Virginie et Mercedes n'avait jamais mis le feu à leur planque. « Fuis, le ne protège pas ! » Le visage de cette pauvre Mortelune s'imprima une fois de plus dans son esprit. Elle lui tendit le rapport d'une main tremblante.

« Ça c'est la version des faits que tout le monde va connaître. Le reste, ça reste entre nous. D'accord ? »

Elle attrapa un sac à dos dans son armoire et en profita pour faire le plein. Autant se ramener quelque souvenirs. Elle en avait oublié à sa dernière visite. Et puis, elle n'allait pas remettre les pieds ici de si tôt. Non. Peut-être jamais. Après tout, qu'avait-elle à trouver ici ? Du coin de l’œil elle observa son coéquipier. Quel était le lien entre eux ? Pourquoi... Pourquoi ces rêves ? Et Guillaume. Il ne ressemblait en rien à l'homme qui se tenait à ses côtés en ce moment même. Monet était prête à la parier, Guillaume était une sale ordure, pas lui. Des deux, elle le savait, elle était la pire. Alors comment pouvait-il être lui ? Et elle, comment pouvait-elle cette pauvre gamine, maltraité, mal-aimé... Si faible. Rien de tout ça ne lui ressemblait. Ysoir-Barbe était une erreur. Elle ne concevait même pas qu'une femme lui ressemblant ai mené une telle vie, des siècles avant elle. Alors c'était quoi la suite ? Elle allait continuer à rêver de son autre elle, de son autre lui ? Et lui alors, rêvait-il d'elle comme ça ? Elle en était persuadé. Et la fin dans tout ça ? Il n'y en avait peut-être pas. C'était sans queue ni tête.

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