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 Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Ven 29 Jan - 22:22

Ô Douces retrouvailles
Haytham, Marvin & Tamara

Ou pas…





En temps normal, l’agent Lond se serait fait un plaisir de rembarrer Knight suite à son petit laïus qui tenait d’avantage du délire paranoïaque que d’une argumentation sensée. Mais elle avait présentement d’autres chats à fouetter, bien qu’elle garda dans un petit coin de sa tête que ce blondinet méritait une bonne correction pour lui avoir parlé de la sorte. Ignorant donc les propos loufoques de l’agent de liaison, toute son attention s’était reportée sur le prisonnier. Mais il semblait alors que ces deux-là se connaissaient. Sous le regard interloqué de Tamara, Hay et Marvin commençaient à débattre sur une certaine mission immersion, ou plutôt infiltration que l’agent Knight aurait effectuée. Bouche bée, l’agent de terrain regardait Marvin, surprise, pour ne pas dire stupéfaite, par ce qu’elle entendait.

-Quoi ? Knight ! Vous l’aviez déjà vu ? Vous l’aviez vu et vous ne m’avez rien dit ?!

Extrêmement agacée par cette découverte, elle fusilla son collègue du regard. Décidément, cet agent était plein de surprises, mais pas forcément des bonnes ! C’était quoi encore cette histoire d’italiens dégommeurs de portes ? Tam souffla, profondément exaspérée par cette situation et par les commentaires du geek à chaque interaction avec Haytham. Où se croyait-il, devant l’un de ses jeux vidéo à la noix ? Elle venait donc de demander à Marvin de les laisser, mais celui-ci semblait trainer les pieds, ce qui accentua le sentiment d’agacement de la petite brune qui se tourna alors vers lui, lorsqu’il était à la porte en perdant encore du temps, un temps précieux pour Tamara.

-Foutez-moi le camp ! Maintenant !!

Enfin, il était sorti. L’agent Lond soupira avant de reporter son regard sombre sur le visage d’Haytham. Il avait enfin compris. Non, la mère de Tam n’était pas morte, c’était sans doute pire : elle n’était plus qu’une carapace vide, son esprit s’en était allé… Ou peut-être était-il encore là, dissimulé quelque part, attendant qu’on le délivre de ce qui pouvait bien le retenir captif. C’était tout ce que sa chère fille espérait pour madame Lond, ce qu’elle voulait plus que tout. Hay était révolté d’avoir perdu sa mère ? Son amie d’enfance l’était tout autant. Voilà à présent qu’il essayait de se dédouaner pour lui avoir menti toute sa vie durant. Elle avait toujours su qu’il était spécial ? La belle excuse !

-Qu’est-ce que tu racontes ? Bien sûr que tu étais spécial pour moi, je n’avais d’yeux que pour toi, je t’idolâtrais, je t’aimais ! Ça n’avait rien à voir avec la vérité que tu aurais dû me dire au lieu de me laisser me bercer d’illusions sur le monde qui nous entourait !

Elle n’appréciait pas vraiment le sarcasme dont il faisait preuve. Bien entendu, elle ignorait complètement que sa fuite résultait de l’ordre donné par Eileen. Que pouvait-il faire sinon obéir à sa mère ?
Hay l’avait à présent traitée de monstre, faisant allusion au massacre du camp de demi-dieux auquel Tamara avait participé à contrecœur et sans réellement savoir que des mineurs feraient partie des victimes. Ce que le fils de Mars ignorait, c’était que d’une part, si elle l’avait su, elle n’y aurait jamais pris part, et d’autre part, depuis, elle ne pouvait plus se regarder dans une glace. Elle était devenue insomniaque, revoyant sans cesse l’image de cette gamine sur qui elle avait tiré. Cette insinuation d’Haytham acheva de lui faire péter les plombs et valu au demi-dieu une gifle magistrale qui d’ailleurs lui entailla la lèvre.
Marvin était enfin dehors, et Tam regardait à présent celui qui avait tant compté pour elle, celui qui représentait un espoir de salut pour sa mère. Il saignait, à cause d’elle. Elle ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en constatant le petit dégât infligé par sa gifle. A présent, ils s’étaient quelque peu calmés, l’un comme l’autre. Le fils de Mars semblait comprendre, du moins à ce qu’il disait, combien ce que vivait l’agent de terrain était difficile. Cela faisait plus d’une vingtaine d’année qu’elle avait en quelque sorte perdu sa mère tout en l’ayant encore. Finalement, rien n’était plus difficile qu’une situation qui n’était pas claire.
Bien qu’elle l’ait prévenu qu’il n’était pas en mesure de négocier, l’irlandais posa des conditions pour aider son ancienne amie. Il voulait des garanties, il voulait être libéré une fois l’affaire close. A vrai dire, si son travail lui tenait à cœur, c’était principalement que Tamara espérait retrouver un jour Haytham, et outre se venger de ce qu’il lui avait fait subir, elle voulait qu’il lui rende sa mère. C’était son souhait le plus cher. Aussi, à présent, elle était disposée à accepter quasiment n’importe quoi, du moment qu’elle avait l’assurance que sa mère serait guérie. Elle l’écouta donc lui poser ses conditions, le fixant, sourcils légèrement froncés. Au fond d’elle, ça l’emmerdait au plus haut point de lui faire le plaisir d’obtempérer, mais après tout, son objectif premier était la guérison de sa mère. Tout en plongeant son regard dans le sien, elle hocha lentement la tête.

-OK, aussitôt que ma mère sera guérie, tu pourras repartir où bon te semble.

Elle se leva lentement de sa chaise, rangea son arme et s’approcha d’Haytham.

-J’espère que je peux te faire confiance. Ne me le fais pas regretter… lâcha-t-elle d’un ton amer.

Tamara avança lentement, toujours un peu méfiante, vers Haytham et vint se placer derrière lui pour le défaire de la chaine fermée avec un cadenas, puis de la corde, et enfin des menottes qui joignaient ses poignets. Elle se redressa, rangeant tout ce petit matériel dans le sac qui était resté aux pieds de la chaise sur laquelle était ligoté le fils de Mars. Elle revint se placer face à lui, le temps qu’il se lève à son tour, et le regarda de haut en bas.

-Il faut qu’on te trouve des fringues… Tu ne peux pas décemment sortir ainsi, encore moins aller voir ma mère…

Machinalement, la belle brune regarda autour d’elle, notamment en direction de la chambre du propriétaire des lieux, se demandant si quelque chose de potable pouvait se trouver dans son placard. Elle se souvint qu’elle ne l’avait jamais vu arborer une tenue qu’elle trouvait « mettable », surtout pour un agent… Mais bon, avaient-ils réellement le choix ? Tamara ne prendrait certainement pas le temps de passer chez monsieur Cassidy pour qu’il prenne des vêtements, au risque qu’il lui file entre les doigts, et encore moins de faire une virée shopping.

-Viens par-là… lui dit-elle calmement.

Elle se dirigea vers la porte de ce qui était, logiquement, la chambre de Marvin et l’ouvrit avec précaution, comme si un cerbère se trouvait derrière. Autant dire qu’elle appréhendait d’avantage de voir l’intérieur de sa piaule, après avoir vu la déco du salon, que d’affronter un titan. Fort heureusement, à part un désordre à peu près identique à la pièce principale, rien de bien compromettant trainait. Ne se laissant pas perturber par les tas de bandes dessinées qui étaient entreposées en guise de table de nuit ou le lit défait depuis Dieu sait combien de temps, elle se dirigea vers son armoire qu’elle ouvrit sans attendre. Elle crut avoir un choc visuel en posant ses yeux sur une pile de T-shirt dont les couleurs et motifs rappelaient clairement les posters qui étaient fièrement accrochés aux murs du salon. Ecarquillant les yeux quelques secondes, elle porta son attention sur ce qui était suspendu sur les cintres, espérant y trouver des chemises. Elle fit défiler tout ce qui était suspendu avant d’enfin trouver une chemise blanche. Elle décrocha le cintre et le tendit à Haytham.

-Bon, elle est pas repassée mais ça fera l’affaire. Elle me semble un peu grande pour lui, ça devrait le faire pour toi.

Elle s’affaira ensuite à lui trouver un pantalon. Heureusement que l’agent Knight avait quand même des ensembles un peu « classiques » pour aller travailler. Tam en sortit un gris foncé et le lança sur Hay. Elle s’éloigna du placard et s’adossa au mur, attendant que le demi-dieu daigne s’habiller. Une fois la chose achevée, elle se décolla de ce mur miraculeusement vierge de tout poster et attrapa le bras d’Haytham.

-Allez, on y va.

Elle récupéra ses affaires en passant dans le salon, et ensemble ils franchirent la porte pour atteindre l’ascenseur. Quand celui-ci se rouvrit au rez-de-chaussée, ils croisèrent Marvin. Tam marchait d’un pas décidé, toujours accrochée au bras de l’irlandais.

-Knight, je l’emmène avec moi. Je compte sur vous pour la fermer. Pas de questions.

Ils étaient à présent passés devant le blondinet sans s’arrêter, et toujours en marchant, l’agent Lond lança une dernière phrase à son collègue.

-Au fait, sympas les T-shirts…

Une façon comme une autre de signaler, ou de rappeler, que maintenant elle avait du dossier sur lui, et que s’il moufetait, elle saurait le lui faire payer. Les deux anciens amis ne tardèrent pas à regagner la berline de Tamara. Celle-ci attendit que le fils de Mars y monte avant de s’y installer à son tour et de verrouiller les portes avant de mettre sa ceinture.

-Mets ta ceinture, lança-t-elle comme un conseil.

Puis elle démarra et fit partir la voiture sur les chapeaux de roues.

-Je n’étais pas d’accord sur un point, Haytham. Je veux vraiment avoir des réponses.




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CAPITAINE BEAU GOSSE
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Dim 31 Jan - 21:32


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam




Non, il est évident que le demi-dieu ne voulait se trouver ici, encore moins saucissonné de la sorte. Un être aux mœurs dissolues se serait surement réjouit d'être ainsi traité, mais pas l'Irlandais. Il aurait dû sortir s'amuser et fêter sa victoire en charmante compagnie. Il aurait dû recevoir son pactole congratuler par son camarade. Pourquoi la fatalité avait-elle encore décidé de s'en mêler ? Pourquoi, pourquoi ? La question était répétitive, au même titre que l'absence de réponse.

« -Peut-être aurais-je dû faire une offrande à Mr D pour m'éviter autant de contrariété » marmonna-t-il entre ses deux. Tamara visiblement pourvue d'un tout autre sens de l'humour, n'esquissa pas l'ombre d'un sourire. L'ambiance restait aussi tendue que l'arc bandé d'Hercule, lorsque jadis, il affrontait le lion de Némée. Haytham affecté par ses retrouvailles inespérées, tâchait malgré tout de se blinder pour que rien ne paraisse au regard de Tamara, qui par le passé, était capable de lire en lui comme on lit dans un livre ouvert. D'ailleurs elle en jouait et se prétendait affublée « d'un super pouvoir » qui lui permettait de desceller le moindre mensonge. Une faculté peu efficace sauf lorsqu'il était question d'un certain Haytham, qui peinait à mentir en sa compagnie. Aujourd'hui les choses avaient bien changé et les deux amis d'autrefois s'opposaient à présent en tout point.

Pour se défaire de l'hostilité irradiant de l'agent de terrain, le demi-dieu reporta donc son attention sur l'informaticien qui restait en retrait pour étayer son invisibilité… en vain. Haytham l'apostropha donc faussement déçu. Marvin qui cherchait à se faire oublier, venait d'être rappelé à l'ordre et se devait de répondre à cet affront. Et il le fit presque en bonne et due forme, reprenant chaque terme un à un, comme l'on démonte les arguments de la partie adverse lors d'un grand procès. Un discours de précision qui dans la bouche de l'information avait autant d'effet qu'un pétard mouillé auprès d'un demi-dieu septique qui ne tarda pas à répondre à son tour : « - Peu importe le terme, le résultat est le même, vous m'avez suivi et ne prenez pas cet air avec moi petit blondinet. Quant au reste de cette péripétie, laissez-moi vous dire qu'aux dernières nouvelles, je ne suis pourvu d'un troisième œil et de ce fait je ne pouvais prévoir que des mangeurs de pattes, légèrement à cran, dégommeraient ma porte. D'ailleurs je pense que maintenant ils réfléchiront à deux fois avant de défoncer une porte ! Mais ça n'est pas la question ! »

Tamara légèrement exclue de cette soudaine entrevue, manifesta l'envie quasi-irrépressible de se faire entendre en arborant une expression de surprise non feinte. Puis pour mettre des mots sur la surprise, elle s'adressa directement à son collègue, laissant paraître aux yeux d'Haytham, un manque évident de communication entre les deux confrères. Cette fois le demi-dieu préféra rester silencieux pour s'extirper de cette ingérence à venir. Ainsi l'informaticien avait agi seul, intéressant, inconscient également, du mois l'on peut le penser si on ne connaît pas Haytham qui malgré le caractère belliqueux de son père, se veut « un peu » plus pacifique, du moins dans certaines situations. Avant que la situation ne s'envenime, Tamara ordonna à Marvin de partir avant de lui demander « poliment » de foutre le camp. Elle voulait le face à face, la confrontation, tout ce qu'Haytham cherchait à tout prix à éviter. Le pauvre informaticien, bien que sympathique, ne faisant pas le poids question charisme, due se résoudre à mettre les voiles. Mais avant de quitter la scène, il sortit avec les honneurs. Haytham qui avait travaillé sur sa culture depuis leur première rencontre lui lança :

« -Ray, la prochaine fois qu'on te demande si tu es un dieu, tu réponds OUI ! » Réplique évidente émanant d'une référence tout aussi évidente pour le geek qu'est Marvin. Hay espérait ne pas être tombé à côté, au risque de passer pour un idiot. Marvin quitta donc les lieux, laissant les deux amis d'autrefois face à face « -Je peux davantage me concentrer sur la personne qui a le flingue à présent » dit-il avec ironie. Cette façon de faire mettait en exergue l'envie plus qu'évidente de fuir les erreurs irrattrapables du passé. Peut-être même que l'ironie dont il faisait preuve, le protégerait du surplus d'émotion qui menaçait de lui faire perdre pied après tant d'année de contrôle. Le regard de Tamara, indicateur de rancune, le somma de sortir de ses pensées. Il ne pouvait pas s'enfuir, du moins pas sans prendre le risque de subir le courroux de son amie. A cela venait s'ajouter une mystérieuse force qui le maintenait fixé à cette chaise. Il voulait savoir ce qui était arrivé après sa fuite, prenant ainsi le risque de se faire du mal, de continuer à porter une culpabilité de plus en plus lourde. Fini de rire ! Les hostilités rancunières reprirent de plus belle, sauf que l'aveu de Tamara avait tellement ébranlé le demi-dieu qu'il peinait à trouver ses mots.

« - Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu m'aimais ? » C'était tellement évident qu'il n'avait rien vu venir. Cette fois l'agent de terrain avait emporté la manche, le demi-dieu ne savait plus quoi dire. Cet aveu venait de remettre tout en question. Lui-même l'avait aimé, mais ignorant si la réciprocité était de mise, il s'était tue durant toutes ces années. Reprends toi Cassidy, le passé appartient au passé, tu ne dois pas faillir… se disait-il pour reprendre le dessus. Il ne devait pas laisser les émotions défaire cette carapace qu'il avait bâti pour se protéger du monde extérieur, il était primordial qu'il fasse comme s'il n'avait rien entendu, c'était plus facile ainsi. « -Le passé appartient au passé. » déclara t-il pour clore le débat. Il usa une fois encore de sarcasme et n'hésita pas à la traiter de monstre en référence aux massacres perpétrés dans les deux colonies quelques mois auparavant. Mais la rage n'y était plus, la rancœur perdurait quant à elle, mais avec moins d'intensité. Il n'échappa cependant pas à la gifle, qu'il avait mérité à force de pousser la jeune femme. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'y était pas aller de main morte. En effet un léger filet de sang émanait à présent d'une petite entaille sur la lèvre inférieure du demi-dieu, qui s'il avait été confronté à une autre personne, serait sorti de ses gongs. Il se contenta de passer le bout de sa langue et grimaça lorsque sa salive vint se poser sur l'entaille fraichement ouverte. Il posa ensuite son regard intense sur la brune et comprit qu'elle regrettait son geste. Il restait peut-être un peu d'espoir. Haytham ne pouvait continuer à jouer les salauds, il n'avait pas le droit de lui faire subir ça après toutes ces années. Tamara malgré ses mauvais choix, méritait un peu plus de considération. Après réflexion, le fils de Mars accepta donc de l'aider, sans omettre de poser ses conditions pour assurer sa propre sécurité au préalable. Il devait avoir la certitude d'être relâché après avoir coopéré, pas de course poursuite, ni de piège tels étaient ses exigences. L'agent Lond qui n'avait pas d'autres alternatives se devait d'accepter les doléances de son ancien ami.

« - Bien, je suis ravi de voir que tu puisses faire preuve de bon sens. » La guerrière baissa les armes et s'approcha encore plus du demi-dieu pour capter son regard et lui faire comprendre qu'elle espérait ne pas regretter son choix. La rancune était évidente, presque autant que l'amertume. Haytham resta silencieux, laissant Tamara le délester de tous ses liens. Il attendait le bon moment pour rétorquer. « -Toutes ces prédispositions étaient inutiles, j'aurai pu facilement m'en défaire. Voilà la preuve futile mais incontestable, que tu peux me faire confiance. » avoua t'il en se redressant. Il la dominé très largement avec son mètre quatre-vingt dix. Mais ça n'est pas l'imposante taille du demi-dieu qui attira l'attention de la jeune femme qui observait son interlocuteur de la tête aux pieds.


« -Quoi ? » dit-il en se massant les poignets. Elle lui fit savoir qu'il lui fallait d'autres fringues. Au vu de la visite qu'il s'apprêtait à réaliser, Haytham ne pouvait s'offusquer. «-Excuse-moi, mais si j'avais su que j'allais tomber sur toi, je me serais mieux vêtu » L'ironie était cette fois moins acerbe, le demi-dieu esquissa même un semblant de sourire. Les deux anciens amis prirent dont la direction de la chambre du propriétaire « -Attends, tu veux que je me fringue comme lui ? Tu plaisantes ? (silence et regard réprobateur) Non tu es vraiment sérieuse. J'aurais dû me taire. » Tamara à la tête de l'expédition, ouvrir l'imposante armoire dans laquelle se trouvait les habits disons le « colorés » de l'information. Haytham toujours septique, croisait les bras et attendait que le supplice prenne fin. « -Bon alors à quoi vais-je avoir le droit ? » lança t'il suspicieux lorsqu'il fit la chemise blanche à peine potable et le pantalon gris que la jeune femme lui tendit. « -Et avec ça je serais plus potable, sérieux ? Tu ne réponds pas j'en déduis que c'est sérieux. Merci quand même » Tamara le laissa seul, il enfila la chemise par-dessus son débardeur et retira son pantalon pour enfiler celui qu'il tenait entre les mains. Une fois prêt, il retrouva la belle brune et ils purent enfin mettre les voiles. Mais quelle ne fut pas la surprise du demi-dieu en voyant le couloir. Non c'est pas possible, c'est mon immeuble et mon palier. Il se garda de le faire savoir pour s'éviter des ennuis.

« -Tu n'es pas obligé de me tenir comme ça, je ne vais pas m'enfuir » Il retira son bras en entrant dans l'ascenseur. Arrivant au rez-de-chaussée, ils croisèrent la route de Marvin, Tam continuait à garder son emprise sur Haytham malgré sa demande. Ils ne s'attardèrent pas et rejoignirent la voiture. Haytham monta sans grande motivation dans la Berline, tandis que Tamara verrouilla les portes et lui fit savoir qu'il devait s'attacher.

« -Bonjour la confiance et merci du conseil » A peine eut-il le temps de dire "ouf" que la voiture démarra à toute allure, provoquant la surprise du jeune homme qui ne s'attendait pas à une conduite aussi sportive.

« -Je n'étais pas d'accord sur un point, Haytham. Je veux vraiment avoir des réponses. »

« - Tu veux des réponses ? Ok et bien sache qu'il n'y a pas un jour où je m'en suis voulu et je m'en veux encore plus maintenant que je sais ce qui est arrivé à ta mère. J'aimerais te dire que je n'ai pas eu le choix, mais c'est faux. Je suis parti comme un lâche point, la conversation s'arrête là ! »




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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mar 2 Fév - 21:59


O douces retrouvailles

Everybody told me DLCEM stuff's dangerous. I guess I didn't believe it until now. And, Deep down, I know that I'm just a human but I know that I can draw my sword and fight, with my short existence, I can make a difference. I can be this knight.
MarHayTam


Pour le coup, Marvin se sentait comme Ebenezer Scrooge en recevant la visite du Fantôme des Noëls Passés. Il avait souhaité de tout son cœur que cette histoire d'infiltration ratée tombe à jamais dans l'oubli. Il avait voulu jouer au plus malin et avait échoué. Enfin, pas vraiment échoué puisqu'à la fin de l'histoire, il avait récupéré l'ordinateur du demi-dieu. L'informaticien se souvenait surtout d'une lutte pour une recharge de Pez et d'une porte défoncée par deux Italiens désireux de récupérer leur argent. Depuis cette aventure, le blondinet sursautait lorsqu'on frappait à sa porte un peu trop fort. Bien sûr, il n'avait fait aucun rapport et garder cette intervention secrète en espérant ne plus jamais avoir à y repenser. Manque de chance, le seul autre témoin de cette histoire se retrouvait à présent solidement attaché dans son salon. Le dernier espoir de Marvin était de se faire oublier pour rester dans son rôle de spectateur passif de la scène d'interrogatoire la plus cool de tous les temps (ou pas loin). Hélas, le prisonnier ne voulait pas se concentrer sur la dame le menaçant d'une arme et révéla tout. Pour l'instant, il était trop concentré à parler de terme technique pour réaliser toute l'horreur de cette révélation devant l'agent Lond.

"Oui... Et bien..." Au ton de sa voix, on pouvait comprendre que Marvin était bien décidé à ne pas laisser Haytham avoir le dernier mot. Sauf qu'il était en manque d'argument en sa faveur puisque le demi-dieu avait entièrement raison. Excepté sur le fait que l'informaticien n'avait pas trouvé cette expérience aussi plaisante que prévu sur le moment. "Ce n'est pas de ma faute si vous n'y connaissez rien en informatique !" Lâcha-t-il finalement, en désespoir de cause. "Puisqu'on parle de troisièmes œils, je n'avais pas non plus de tomber sur un demi-dieu en faisant mes courses. Je ne suis pas non plus suicidaire au point de vouloir défier le fils d'un dieu guerrier pour une recharge de PEZ même si c'est la meilleure sucrerie jamais inventée !"

Marvin arrivait officiellement à court d'argument. L'agent de liaison ne savait pas trop comment se positionner dans ce duel verbal, sa collègue avait plus ou moins avoué l'existence du DLCEM et, pourtant, le blondinet s’obstinait à noyer le poisson sur ce sujet, niant presque l'évidence. Heureusement (ou plutôt malheureusement), Tamara rappela sa présence, ce qui mit fin à son plaidoyer hasardeux. Il eut le temps de lancer un regard de reproche à Haytham (dans le genre 'par ta faute, l'agent Lond que j'admire beaucoup me déteste', Marvin avait le don de résumer les longues phrases en un regard, il fallait dire que la moindre pensée qui le traversait se voyait comme le nez au milieu de la figure) avant de redevenir un petit animal nerveux en affrontant les reproches de Tamara.

"C'est que... Je n'ai pas vraiment eu le temps de... Vous avez tiré presque tout de suite après que je l'ai reconnu et puis il y a eu le transport où çà m'était sorti de l'esprit et... Après, çà me semblait un peu trop tard pour le signaler." Tenta-t-il de se justifier, tel un gamin prit en flagrant délit de bêtise, en se noyant dans ces explications. "Je suis désolé." Conclut-il en donnant l'impression d'être devenu la mortification incarnée.

Grâce à sa mine de repenti, peut-être, il gagna un sursis. Hélas, cela ne dura pas longtemps, car, au moment de la révélation finale, on se rappela de sa présence et l'informaticien fut invité à dégager au plus vite. Marvin ne put s'empêcher de protester. Il avait l'impression d'être un enfant qu'on envoyait au coin alors qu'il s'agissait de SON appartement. Le blondinet eut tout de même assez d'instinct de survie pour ne pas souligner ce fait. Ne voulant pas subir une deuxième fois les foudres de la belle agent de terrain, il se décida à obéir sans pour autant s'empêcher de traîner les pieds jusqu'à la porte. C'est à ce moment que ce produit l'impossible : Haytham sortit une référence à Ghostbuster. Marvin, qui avait les épaules voûtées devant la déception de louper la fin de l'interrogatoire, se redressa instantanément de toute sa hauteur puis se tourna en un éclair vers le demi-dieu en donnant l'impression d'assister à un miracle.

"C'est exactement çà !" Clama-t-il en pointant Haytham du doigt comme si ce dernier venait de lui apporter la réponse au sens de la vie.

Le fils de Mars n'aurait pu mieux choisir sa citation, car, pour Marvin, il s'agissait là d'une des grandes leçons qu'enseignait ce film culte. Si ce n'était LA leçon principale. Quand on te demande si tu es un dieu, tu réponds oui. Un conseil que l'informaticien trouvait particulièrement d'actualité étant donné qu'on vivait dans un monde où les divinités les plus variées existaient réellement avec tout le bestiaire bizarroïde qui allait avec. Bon, peut-être que cette perle de sagesse ne s'appliquait pas si c'était des agents du DLCEM qui posait cette question... Bref, Haytham venait de gagner des points dans l'estime de Marvin. Avant qu'il ne puisse rajouter quoi que se soit, Tamara le rappela violemment à l'ordre en lui criant de foutre le camp. L'informaticien sursauta devant ce retour brutal à la réalité avant d'obtempérer sans attendre ni formuler de nouvelles protestations. Il faillit soufflé une bonne chance au prisonnier qui avait gagné quelques points de sympathie à ces yeux, mais n'en prit pas le risque.

En fermant la porte derrière lui, il ne put s'empêcher d'avoir la sensation de quitter une cage aux lions. Pourtant, il restait toujours aussi curieux de la suite des événements et eut du mal à retenir l'envie de coller son oreille à la porte dans l'espoir fou d'arriver à entendre la suite. Ce qui l'empêcha de céder au démon de la curiosité fut la vision très nette d'une Tamara Lond furieuse ouvrant brusquement la porte pour le surprendre. Une vision affreusement réaliste qui était des plus dissuasive. L'informaticien choisit d'emprunter la voie de la raison qui consistait à finir son café en se dirigeant vers l'ascenseur. Il n'avait plus l'impression d'être un enfant capricieux qu'on envoyait au coin, plutôt celle d'être le plus mauvais joueur du monde qu'on mettait en touche pour le match décisif. C'était à la fois frustrant et compréhensif.

Si on était dans un film, Marvin aurait senti que, pendant qu'il faisait les cent pas au rez-de-chaussée, quelqu'un pénétrait dans son sanctuaire. Ces oreilles auraient sifflé, son spider-sens se serait activé ou il aurait eu soudain un sombre pressentiment. Mais nous n'étions pas dans un film, L'informaticien n'eut aucun moyen de sentir ce qui se déroulait pendant qu'il retraçait rétrospectivement le parcours de cette journée sortant de l'ordinateur. Il était peu probable qu'on lui demande encore de l'aide, pourtant, il se refusait à trop s'éloigner. Juste au cas où. Après tout, l'agent Lond l'avait emmené sur le terrain. L'impossible s'était déjà produit une fois... Pourquoi pas une deuxième ?

L'agent de liaison finissait son café lorsque la tornade Tamara accroché au bras du demi-dieu déboula de l'ascenseur. Marvin eut juste le temps d'entrouvrir la bouche en fronçant les sourcils. La tenue qu'Haytham lui semblait étrangement familière, mais la différence de carrure l'empêchait de clairement identifier ces vêtements. Sans s'arrêter, Tamara lui donna ces dernières directives.

"Oh. Euh. Bien sûr." Eut-il le temps de dire avant de mourir de honte devant la remarque sur ces T-shirts. Marvin sentit le rouge lui monter aux joues tandis que son imagination fertile lui imposa la vision de Tamara fouillant dans ces placards. Par le pouvoir du crâne ancestral ! "En même temps... Je vous avais prévenu !" Bafouilla-t-il en haussant un peu la voix pour se faire entendre tandis que l'agent et son 'colis' continuait leur route.

Marvin resta dans cet état d'hébétement jusqu'à ce que Tamara et Haytham disparaisse complètement de son champ de vision. Cette fois, l'histoire continuait définitivement sans lui. L'informaticien s'était plus ou moins imaginer comment se finirait cette incroyable journée et, à nouveau, la réalité ne respectait aucun de ces schémas. Même le petit truc qui était commun à tous ces scénarios n'allait pas se réaliser.

"Mince. J'aurais aimé la remercier quand même." Marmonna-t-il, un peu piteusement. Puis une autre réalité le frappa : "Et je suis en train de parler tout seul. Ok."

Ce constat embarrassant fait, il se décida à rebrousser chemin pour fermer sa porte à clef puis à regagner son lieu de travail. Sur le chemin, Marvin essaya d'oublier le fait qu'il n'avait pas ces précieuses lunettes anti-Brume et donc qu'il n'avait aucun moyen de savoir si l'homme d'affaires qui le bouscula n'était pas une chimère déguisée ou si ce mendiant n'était pas un fils d'Hermès voulant lui piquer son portefeuille ! Il essaya vraiment de ne pas y penser tout en calculant la bon rythme de marche à adopté afin de rentrer vite au travail tout n'en éveillant pas les soupçons des monstres du coin. Il était à la limite de la course lorsque le bâtiment servant de couverture au DLCEM fit en vue. Puis, après avoir passé son badge au scanner, il se rua jusqu'à son bureau et s’affala avec un soulagement manifeste derrière son ordinateur. Enfin en sécurité !

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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 3 Fév - 18:08

Ô Douces retrouvailles
Haytham, Marvin & Tamara

Ou pas…





Le petit apparté entre Marvin et Haytham avait fini de l’agacer pour de bon. C’était quoi leur délire de vieux films et de PEZ ? Heureusement, Knight avait fini par obéir, sans quoi l’agent Lond n’aurait pas hésité une seule nano-seconde à sortir l’agent de liaison en le tenant par l’oreille. D’ailleurs, cette idée lui avait traversé l’esprit et elle s’apprêtait à la mettre en application lorsqu’enfin le blondinet avait franchi le seuil de son appartement.

Elle avait enfin pu se reconcentrer sur le détenu. Elle lui avait avoué ce que, pendant tant d’années, elle lui avait caché alors qu’il se trouvait près d’elle chaque jour : son Amour. Oui, après l’avoir idolâtré toute son enfance, elle en était tombée amoureuse après sa dixième année. Mais le sujet fut vite éludé, fort heureusement. Tam était, depuis, bien mal placée pour parler de sentiments, elle qui n’avait plus jamais accordé d’affection, ni même sa confiance, à d’autres êtres humains. Elle ne prit pas la peine de relever sa remarque sur le fait qu’elle puisse faire preuve de bon sens. Elle n’avait plus le temps pour le rembarrer à chaque réflexion désagréable. Sa seule obsession, désormais, c’était de ramener Haytham auprès de sa mère pour qu’il l’aide à retrouver la raison. Un plan parfait qu’elle imaginait depuis plus de vingt ans. Son ami d’enfance insista sur le fait qu’elle pouvait lui faire confiance, puisqu’il aurait pu se défaire de tous ces liens facilement. Cela, elle n’en doutait pas, mais le temps qu’il s’en défasse, elle aurait pu lui tirer dessus. C’était une simple mesure de précaution, et on ne pouvait pas lui en vouloir d’en faire preuve après tout.

Si les circonstances avaient été différentes, la situation où Hay revêtait les fringues de Marvin aurait pu être hilarante. Rien que la tête qu’avait fait le demi-dieu lorsque l’agent de terrain avait annoncé l’idée était digne d’un film comique. Il demanda même confirmation. Mais il était hors de question pour Tamara de présenter à la vue de sa pauvre mère âgée et malade un type avec des vêtements pleins de sueur et de tâches de sang. Qu’aurait-elle pensé ? Et puis il était tout simplement hors de question qu’on la voit, elle, avec quelqu’un de ce genre. Bref, ne lui laissant pas le choix, la belle brune lui lança de quoi se changer, et sans tarder, ils quittèrent l’antre du geek. Ils croisèrent d’ailleurs ce dernier au rez-de-chaussée de l’immeuble, toujours son mug de café à la main et cette petite mine anxieuse qui ne quittait plus son visage. Sans écouter ce qu’il lui répondait, tenant toujours fermement le bras d’Haytham malgré son assurance qu’il ne s’échapperait pas –quand Tam avait une idée en tête…- et gagnèrent sans tarder la voiture de fonctions de l’agent de terrain.

Hay comprit bien vite pourquoi Tam lui intima le conseil d’attacher sa ceinture. Elle avait une conduite plutôt sportive, c’était le moins que l’on puisse dire, et d’autant plus quand elle était pressée. Et là, le mot était faible. Après toutes ces années, sa mère allait enfin redevenir elle-même ! Rien que cette idée lui aurait donné les larmes aux yeux, si elle ne s’imposait pas mentalement une certaine rigueur qui voulait que l’expression « ne pas mettre la charrue avant les bœufs » était un crédo redondant. Tout comme le fait de ne pas faire confiance, que le demi-dieu lui fit remarquer lorsqu’elle verrouilla les portières.

-Quoi ? Tu me reproches ça ? De la part du type qui s’est barré sans se retourner, abandonnant une famille et une amie qui aurait tout donné pour lui, je trouve ça un peu fort de café…

Elle conduisait largement au-dessus de la vitesse autorisée, brûlant quelques feux qui venaient de passer au rouge, prenant des virages en épingle à cheveux sans pour autant diminuer la vitesse… Même le Space Mountain devait moins secouer que ça, et si Tamara Lond avait été une célébrité, il y aurait fort à parier qu’une attraction à sensations fortes se serait inspirée de sa conduite.

Tamara voulait des réponses à ses vingt-sept ans et demi de questions restée sans la moindre parcelle de solution acceptable. Haytham, qui avait au préalable déclaré fermement que le passé appartenait au passé, décida de délier sa langue et d’apporter une bribe d’élément de réponse. Il regrettait. Il avait toujours regretté depuis le jour de son départ. Et qu’il aurait aimé dire qu’il n’avait pas eu le choix, mais il l’avait bel et bien eu. Tam tourna la tête vers lui et planta les freins. La voiture s’arrêta une dizaine de mètres plus loin, dans un bruit de crissement de pneus hyper aigu, tandis que la brune ne détachait pas son regard de lui. Ses yeux brillaient, mais il était hors de question de lâcher la moindre larme.

-Quoi ? Alors c’est tout ? Tu as regretté toutes ces années, mais tu avais le choix, tu as fait le mauvais, et t’as pas été foutu de passer un coup de fil ?

Elle fut prise d’un petit rire nerveux en regardant droit devant elle cette fois. Fort heureusement, la rue était déserte de toute voiture, sans quoi quelqu’un leur serait rentré dedans. Les traces de frein étaient d’ailleurs visibles sur le bitume. Elle rappuya sur l’accélérateur afin de les faire repartir, et frappa un coup sur le volant, trahissant son énervement.

-Fin de la discussion ?! Certainement pas ! C’est quoi ton putain de problème, Hay ? Pourquoi t’es pas revenu ? Pourquoi t’as pas appelé, ou écrit, ou envoyé un mail ? C’est pas les possibilités qui manquaient pourtant ! Est-ce que tu imagines, est-ce que t’as pensé ne serait-ce qu’une seconde dans quel état j’étais ? Je me suis retrouvée seule, livrée à moi-même avec un foutu psy qui voulait m’enfermer, comme ma mère, parce que je racontais des histoires de monstre qui nous avait attaqués ! Mon père ne pouvait pas rester plus de deux jours par semaine avec moi ! Ma mère a été envoyée en centre spécialisé, et moi j’ai dû aller en pension, à faire des cauchemars toutes les nuits, à voir des choses étranges, et surtout, à me demander à chaque instant où tu étais et si tu allais bien ! Sale con d’égoïste !!

A la fin de son discours, sa voix trahissait son émotion par quelques tremblements. Se rappeler de tout ça n’était pas anodin pour elle, et comme elle n’en avait plus parlé à personne depuis deux décennies, mettre des mots sur sa colère et sa souffrance était quelque chose de relativement difficile. Les premiers jours sans Haytham et sans sa mère avaient été les plus difficiles. La peine que cette jeune fille de onze ans avait ressentie, cette soudaine solitude, un chagrin incommensurable l’avait assaillie. Puis, peu à peu, la peine avait laissé place à la colère, une rage qui s’accentuait de jour en jour, à mesure que l’incompréhension grandissait. Tant de « pourquoi » qui n’obtenaient aucune réponse, une telle frustration dont elle ne venait à bout qu’en se défoulant avec des sports de combat, où elle s’était inscrite en pension. Les week-ends, un chauffeur venait la chercher pour qu’elle aille rendre visite à sa mère, qui ne lui parlait pas. Alors Tamara lui parlait, lui racontait sa semaine en enjolivant les choses, omettant de préciser qu’elle était seule, qu’elle n’avait pas d’amis parce qu’elle refusait de revivre la désillusion horrible qu’elle avait eue avec son précieux Haytham. Elle lui montrait ses bonnes notes, ses médailles en taekwondo, en judo et en boxe française. L’année d’après, elle avait voulu faire du tir. Et elle excellait dans chacune des disciplines qu’elle avait choisies. « Tu sais, maman, une fille doit savoir se défendre… » lui avait-elle dit. Après ce qu’elles avaient vu et vécu, madame Lond n’aurait sans doute pas dit le contraire à sa fille, même si avant cela, elle aurait sans doute préféré la voir faire du piano ou de l’équitation.

Haytham semblait sincère dans ses propos, ce qui rendait la chose non moins difficile. S’il s’était comporté comme l’enfoiré qu’elle avait toujours pensé qu’il était devenu, le détester, ou du moins continuer à le détester, aurait été chose aisée. Pourquoi n’avait-il pas simplement répondu « j’en avais rien à foutre de vous, je suis parti, ça valait mieux pour moi, peu importe ce qui a pu arriver à ta famille » ? Même si elle l’avait espéré l’espace de quelques secondes, pour se faciliter la vie, Tamara savait que ces mots n’auraient pas pu être ceux du Haytham Cassidy qu’elle avait connu, cet enfant si gentil, généreux et altruiste, qui passait son temps à la faire rire, à jouer avec elle-même si parfois ça l’ennuyait, qui se laissait prendre des coups lorsqu’ils jouaient à se bagarrer. Car oui, elle n’était pas dupe, avec cinq ans de plus, chaque combat que la petite Tam gagnait était probablement dû à une défaite voulue de son adversaire.

Tamara ne savait plus que penser, tout s’embrouillait dans sa tête, toutes ses émotions, la colère, la rage, les regrets, la peine, la souffrance. Tout ceci formait comme un tourbillon qui l’empêchait d’avoir les idées claires. Peu importe, ils étaient arrivés. L’agent de terrain gara sa voiture en pilant au dernier moment, et coupa le contact. Elle souffla doucement pour se remettre les idées en place, et se tourna vers l’irlandais en retirant sa ceinture.

-Voilà le plan : on va voir ma mère, tu lui parles, tu lui racontes tout, toute la vérité, tu lui dis bien qu’elle n’est pas folle et qu’elle n’a pas rêvé, que tout le monde se trompe à son sujet. Tu lui dis ce que tu veux pour qu’elle redevienne comme avant. Et aussitôt qu’elle sera guérie, je te fous la paix, tu pourras t’en aller, encore une fois, où bon te semble. Ça te semble correct ?

Mais bordel, pourquoi elle avait demandé ça ? Pas de négociations ! Elle s’en fichait de son avis, il n’avait pas d’opinion à donner, n’est-ce pas ? Elle se serait volontiers mis une gifle pour avoir laissé échapper cette once de gentillesse à son égard.



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CAPITAINE BEAU GOSSE
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Jeu 4 Fév - 1:50


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam




Une fois détaché, Haytham pouvait dans une certaine logique jouir d’une liberté tout aussi certaine. Mais tout est relatif, encore plus avec une femme qui nourrit à votre égard, une rancœur vieille de presque trente ans. Devait-il cependant lui en vouloir d’être aussi hargneuse à son égard ? La réponse est non, malgré le petit pincement au cœur qu’il essaie d’amoindrir en aboyant au moins aussi fort que l’agent de terrain. C’était aussi sa façon à lui de ne pas s’attendrir suite au récit qu’elle venait de lui servir, mais plus encore, c'était sa façon à lui d'entretenir la haine éprouvée à son égard. Remplir le rôle du salaud était une nécessité présentement. Lui qui ne voulait pas étayer de liens affectifs avec une femme, qui plus est CETTE femme, commençait à se convaincre de la réelle nécessité d’être un salaud. Naïvement, il espérait moins souffrir, car oui aussi fou que cela puisse paraître Haytham Cassidy souffre lui aussi de ces 28 années de silence, mais dans son intérêt, il se garde de laisser ses sentiments le corrompre.


Ça n’est pas un coup, pas deux, pas trois, c’est une avalanche de coups qui tombent sur le jeune homme de 17 ans. Son précepteur, un grand guerrier, lui-même fils de Mars ne lui épargne rien. Le jeune Irlandais qui avait rejoint la colonie depuis presque deux ans, subissait encore la rudesse de l’éducation que l'on imposait aux jeunes demi-dieux. À l’époque, la patience des précepteurs étaient au moins aussi relative que la survie des jeunes face aux créatures mythologiques. Hay se savait chanceux d’avoir survécu à l’une de leurs attaques, sa mère n’avait en revanche pas eu la même chance. D’ailleurs, il n’était pas rare qu’une fois la nuit tombée, les larmes perlent sur ses joues en pensant à tous ceux qui lui avaient été enlevés en l’espace d’une seule nuit. « - Les faibles pleurs Cassidy » hurla le précepteur tout en déséquilibrant le jeune garçon. Autour de l’arène improvisée, se tenait d’autres jeunes recrues qui observaient Haytham se faire méchamment corriger. Haytham tentait de parer les coups, mais son agilité au moins aussi inexistante que son envie de combattre, le desservait encore et toujours « Jamais, tu n’y arriveras ! Minable et faible voilà l’image que les autres vont garder d’un fils de Mars. Quelle honte ! » Il y a des mots qui vous marquent, certains vous anéantissent par leur portée, d'autre ne font que vous rendre encore plus fort. Cette phrase marqua le fils de Mars au moins autant que la promesse faite à sa mère, avant que le monstre ne vienne mettre un terme à leur paisible existence. Ce fut son premier véritable contact avec la colère, ce fut aussi la dernière fois qu'il laissa quelqu'un l'insulter de la sorte.

Les larmes cessèrent de couler sur son visage encore pourvu de quelques traits juvéniles à l'époque. Le petit gringalet qu'il était en arrivant, cessa d'exister progressivement pour laisser place à une véritable machine de guerre. Haytham était incontestablement de ceux que l'on désigne avec fierté pour parler des meilleurs. Sans sentiment, il exécutait les tâches qui lui étaient incombées, sans hésitation, il répondait aux ordres qui lui étaient imposés. Au fil du temps et des coups, le fils de Mars était devenu un vrai petit soldat, qui avait cessé de pigner comme un enfant pour essuyer les coups comme un homme. Les dix années qu'il passa au sein de la Légion lui permirent d'achever sa formation, mais ne gommèrent pas les failles d'un enfant devenu trop rapidement un homme. La culpabilité n'avait de cesse de tarauder son esprit tout comme le regard de cette petite fille qu'il avait quitté sans un mot et que le temps avait jusqu'alors éloigné de sa mémoire. Il n'avait de cesse de se demander ce que devenait Tamara, cette question l'obsédait à tel point qu'un jour de septembre en 2005, il prit un billet pour la Nouvelle-Orléans. Alea Jacta Est ! Non, une fois encore la fatalité pernicieuse à souhait, contrecarra les plans de l'Irlandais. L'ouragan Katrina avait frappé de pleins fouets la Nouvelle-Orléans ébranlant la vie de milliers de personnes et si cette tempête incita encore plus l'Irlandais à prendre cet avion, d'autre engagement le retinrent sur terre. L'armée américaine qu'il avait rejointe après les attentats du 11 septembre, le rappela à l'ordre et c'est ainsi que soldat de deuxième classe Cassidy quitta l'Amérique pour le Moyen-Orient.

Les mois s'écoulèrent, le pays ravagé par la guerre et détruit à petit feu par le terrorisme, était au moins aussi mortel que les jeux d'un Hunger Games. Au cœur de l'action, Haytham et ses compagnons, devaient survivre pour maintenir la paix. Mais la plupart du temps, confrontés aux ingérences, les soldats n'avaient nul autre solution que de tuer. "-C'est ça ou être tué" telle était la funeste devise. Haytham en comprit le sens, lorsqu'à son tour, il dut tuer pour survivre. Thanatos qui planait encore au-dessus de la tête du fils de Mars, étaya d'avantage la culpabilité du jeune Irlandais qui ne voulait pas mourir sans s'être acquitté de ses erreurs.  
« Chère Tamara, je sais que le temps a passé, que tu as toutes les raisons du monde de m'en vouloir. J'ai failli, je n'ai pas su être l'ami que tu méritais d'avoir, je n'ai même pas dû te protéger … » Tels furent les premiers mots, écrit dans un hôpital de fortune où il se faisait soigner suite à l'attaque kamikazes. Jamais il n'acheva cette lettre qui était destinée à la seule femme qu'il avait aimée. Jamais il n'en trouva la force. En rentrant sur ses terres adoptives, le jeune homme ravagé par les affres de la guerre et alourdi par la culpabilité d'avoir opté la vie à un enfant, sombra totalement et pour ne plus penser à tout ça et plus particulièrement à son passé, il se mit à boire jusqu'à n'être qu'un déchet...

En pénétrant l'ascenseur, il reconnut son couloir et en reconnaissant son couloir, il reconnut sa porte. Ainsi, Marvin le geek, le mangeur de Pez et fan de films et de t-shirt has been, vivait en face de chez lui. Haytham qui tenait à sa nouvelle et relative liberté, passa cette information sous silence. D'ailleurs, il même resta silencieux jusqu'à l'arrivée au rez-de-chaussée. Avant de disparaître, il se permit de lancer un dernier regard à son voisin, qui ignorait cet état de fait. L’Irlandais se savait à présent détenteur d'une carte qu'il saurait utiliser à l'avenir. Les deux anciens amis quittèrent donc les lieux pour rejoindre la Berline où sous peu, les hostilités allaient reprendre. Tamara championne toute catégorie magnait les répliques acerbes, autant qu'elle magnait la conduite sportive, au grand dam de demi dieu qui se demandait s'il arriverait vivant à l'hôpital. La première pique lancée, Haytham prit sur lui pour ne pas répondre, mais la belle brune avait visé juste. De ce fait, elle avait raison de ne pas avoir confiance, puisqu'il l'avait abandonné elle qui "aurait tout donné pour lui".

« -Si tu veux qu'on arrive en vie, ralentit ! Et si tu veux que je coopère sois moins hargneuse, je t'en serais reconnaissant. » dit-il avec patience malgré la conduite dangereuse de la jeune femme peu résolue à lui donner raison. Les feux se suivirent et furent tous grillés sans exception, les virages furent, quant à eux, abordés avec une maîtrise déconcertante malgré la relative difficulté qui est plus accroît par la vitesse. Une telle conduite nécessitait une grande concentration, sauf pour Tamara Lond qui continuait à demander des réponses. Haytham peu loquace, accepta néanmoins quelques confessions sans entrer dans les détails aux risques de perdre le contrôle et faillir. Ainsi, il avoua ses regrets avec sincérité, mais assuma son choix et se contenta d'accepter sans broncher le statut de lâche avant de clore définitivement la conversation. La réaction de Tamara fut à la hauteur de sa colère. D'un geste brusque, elle actionna la pédale de frein alors qu'elle était encore en pleine vitesse. Les pneus crissèrent sur plusieurs mètres, avant que le véhicule ne s'immobilise totalement. Le demi-dieu, bouche entrouverte, lança un regard noir à Tamara « -Mais ça ne va pas ? Tu es complètement dingue ma parole ! » lança t'il en colère, mais ça n'était rien comparé à Tamara qui fulminait sur place. Ses yeux, malgré l'obscurité, brillaient de toute leur intensité, l'orage était tout proche ...

Tam plus en colère que jamais, reprit les hostilités et culpabilisa une fois encore, son ancien ami, qui lui-même commençait à perdre patience. "-Arrête avec ça. Je viens de te le dire, le passé appartient au passé" Mâchoire serrée, il y croyait à peine et un petit rire nerveux se fit entendre. Tamara avait-elle pété un câble ? La question pouvait se poser suite à la nouvelle accélération entreprit par la jeune femme faisant ainsi repartit le véhicule à pleine vitesse. Haytham s'accrochait comme il pouvait, mais il était bien loin de se douter de ce qui l'attentait. La voix tremblante, le regard fixé sur la route, Tamara livra un monologue qui attisa la colère de l'Irlandais, une colère vite balayée par des émotions enfouis depuis tellement d'années. À son tour, il prit la parole lui-même pourvut d'une voix tremblante. Sa belle confiance s'était envolée aussi haut, que son désir de provocation.


« -Tu veux que je te dise quoi ? Que je suis un sale con d'égoïste ? Que tu as raison de me haïr parce que c'est tout ce que je mérite ? Depuis 27 ans, je peine à me regarder dans le miroir tant j'ai honte de ce que j'ai fait. Mais je ne pouvais pas me dégonfler et me démettre de cette putain de promesse à la con faite à ma mère. » Il se tue l'espace de quelques secondes et se frotta le visage avant de reprendre ses confessions.  « -Je ...j'étais perdu, j'avais peur, mais je devais partir parce que c'est ce que ma mère m'avait fait promettre si elle venait à disparaître. J'étais un gamin, je ne pensais pas que... que le lendemain cette putain de créature à la con serait là et qu'elle foutraient nos vies en l'air. »  Il se tue à nouveau et serra la mâchoire. « - Tu crois que tu es la seule à avoir vécu l'enfer. J'ai perdu mon innocence et en me rendant à la colonie des Romains, j'ai perdu mon humanité. Pour survivre à cette formation à la con, j'ai dû m'endurcir, tu vois ! Ne plus pleurer la nuit, prendre des coups dans la gueule. J'ai même fini par t'oublier, parce que c'était plus facile d'être un animal dressé qu'un être humain blessé. Quand j'ai fini ma formation auprès de la Légion, j'ai recommencé à faire des cauchemars, à entendre ta voix, à sentir ton regard. Je me sentais tellement coupable que je rêvais de m'arracher le cœur, pour ne plus avoir à ressentir tout ça. En 2005, en septembre, j'ai pris mon billet d'avion pour retourner à la Nouvelle-Orléans et te souhaiter un joyeux anniversaire, mais Katrina est passée avant moi et l'Armée m'a rappelé à l'ordre. J'ai passé des mois au Moyen-Orient, j'ai vu tellement de choses atroces, j'ai même frôlé la mort. Et j'ai compris, que je ne voulais pas partir avec des regrets. Alors j'ai essayé de t'écrire, mais je n'y suis pas parvenu. Je me sentais tellement coupable que rien ne sortait. Tellement coupable que je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de boire encore et encore pour oublier la guerre, ce gamin que j'ai tué, ma mère, mon enfoiré de père et toi encore et toujours. Je suis tellement désolé Tamara... Tu étais la seule personne qui comptait pour moi, l'être le plus important dans ma vie et j'ai tout gâché. A présent, je ne peux refuser de t'aider. Je vais parler à ta mère, tout lui dire. Je vais lui prouver qu'elle n'est pas folle. Je vais te la ramener, je peux essayer de te le promettre, ensuite une fois que tout rentrera dans l'ordre, je m'en irai définitivement. » Il baissa la tête, retira sa ceinture et attendit que la voiture s'arrête, pour ensuite quitter le véhicule. Il se sentait mal, mais moins coupable...



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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Ven 5 Fév - 1:10

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…






Tamara ne releva pas l’injonction du demi-dieu pour qu’elle ralentisse, l’entendant de manière lointaine, et ne fit pas plus de cas de son exclamation lorsqu’elle fit piler la voiture brusquement au milieu de la chaussée. Sa conduite reflétait un peu son état d’esprit du moment. Haytham était troublant de sincérité, et toute la colère et la rage qui s’étaient accumulées dans l’esprit de la petite brune durant toutes ces années, camouflant tout l’Amour, toute l’estime et toute la confiance qu’elle avait ressentie pendant les onze premières années de sa vie pour lui, eh bien tout cela bouillonnait, ou plutôt pétillait dans sa tête comme des bulles de champagne. Telles les bandes d’un film en accéléré, Tam revit les moments les plus heureux de son enfance avec Hay, le moment où elle avait réalisé qu’elle était tombée amoureuse de lui, puis le terrible jour de cette attaque de monstre mythologique, le corps sans vie d’Eileen, les yeux choqués de sa mère, et cet adolescent d’à peine seize ans qui prenait la fuite, la laissant seule avec sa mère pétrifiée de peur, au milieu de ce qui restait de l’aile sud de la maison. Et enfin, tout le reste, ses études, son entrée dans l’armée avec un entrainement intensif, puis son arrivée au DLCEM, ses différentes mission et arrestations de vermines, jusqu’à cette fameuse mission de groupe où les agents de terrain avaient envahi un camp de demi-dieux en pleine nuit et où l’agent Lond avait commis l’irréparable. Elle s’en voulait désormais à un point indescriptible. Cette nuit-là ne cessait de la hanter, des flashs l’assaillaient jour et nuit, des cauchemars horribles l’avaient rendue insomniaque et sans doute encore moins sociable que ce qu’elle était déjà. Elle se détestait à présent. Etait-ce pour ça qu’elle avait signé ? Pour assassiner des enfants ? C’était pourtant bien loin de ses idéaux. Tout ce qu’elle avait toujours voulu, à la base, c’était servir et protéger son pays en participant à l’éradication de ces viles créatures, afin d’éviter que d’autres fillettes de onze ans ne perde leur maman. Maintenant, elle accomplissait ses missions comme un robot, se demandant parfois quel genre de personne elle était devenue. Et cette personne qu’elle méprisait, elle l’était devenue à cause d’un seul et unique individu : Haytham Cassidy. Et il était là, à côté d’elle dans sa voiture, à la place du mort.

Ils étaient à présent garés sur le parking visiteurs de cette clinique privée de la banlieue chic de New York, où Tamara avait fait transférer sa mère pour pouvoir aller la voir le plus souvent possible. Hay s’était livré, il avait répondu à bon nombre des questions que son ancienne amie se posait. Il semblait qu’à lui aussi ça coutait de se remémorer tous ces événements. Mais il le fallait, après ce qu’il avait fait, il ne pouvait décemment pas la laisser sans réponse. Haytham avait été désarmant de sincérité, à tel point que Tam en avait le souffle coupé. Elle le regardait, ses grands yeux chocolat fixant son divin interlocuteur sans ciller, la bouche légèrement entrouverte comme pour répondre quelque chose. Mais les mots ne voulaient pas sortir, ils étaient bloqués en travers de sa gorge, un peu comme tout ce douloureux passé qui refaisait surface pour la heurter de plein fouet, un passé dont la seconde version venait enfin d’arriver avec vingt-sept ans et demi de retard. Quand on veut vraiment que quelque chose arrive et pendant aussi longtemps, on imagine toutes sortes de scenarii, qu’on étoffe et qu’on peaufine d’année en année. Mais lorsqu’enfin la chose se produit, ici le fait de retrouver l’irlandais, eh bien cela ne se passe jamais comme on aurait pu se l’imaginer. Jamais ! Et ce, malgré les centaines ou les milliers de possibilités visitées et revisitées par l’esprit.

Tam pouvait sentir les battements de son cœur jusque dans ses tempes, c’était une sensation très désagréable, un peu comme quand la brume était présente et que ses yeux faisaient l’effort inconscient de voir au travers pour trahir l’être mythologique qui s’y dissimulait : la migraine était proche. Elle tourna la tête pour braquer son regard droit devant elle et se massa les tempes du bout des doigts en soufflant ce qui lui restait d’air dans les poumons.

-OK… euh… J’ai besoin d’un peu de temps pour encaisser.

Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle aurait eu tant de questions à lui poser. A présent, sa curiosité maladive prenait le dessus, malgré qu’elle soit bouleversée par toutes ces révélations, elle voulait tout savoir, creuser encore d’avantage, comprendre ce foutu état d’esprit qui faisait que les réponses à ses « pourquoi » lui semblaient insuffisantes. Et Eileen… Elle avait fait promettre à son fils de fuir. Et Tam qui en avait tant voulu à Hay d’être parti… En fait, il n’avait fait qu’obéir à sa défunte mère… C’était une chose compréhensible, mais ça n’excusait pas le manque de nouvelles durant quasiment trois décennies ! Un simple coup de fil, putain ! Elle avait envie de hurler. Mais rien ne sortait. Et pour l’instant, une autre affaire requerrait son attention : la guérison de sa mère. Ce n’était pas le moment de se détourner de la mission qu’elle s’était fixée, la mission la plus importante de toute sa vie, celle qui comptait plus que tout et qu’elle s’était juré de mener à bien depuis déjà des années. Haytham l’avait promis, il l’aiderait. Elle sentait dans sa voix qu’il avait encore de l’estime pour sa famille, pour sa pauvre mère qui se trouvait là, dans une chambre d’hôpital. Tam prit une dernière longue inspiration et déverrouilla les portières.

-Allons-y. L’horaire des visites est presque terminé.

Ils sortirent, elle verrouilla la voiture à distance en prenant le fils de Mars par la main pour l’entraîner vers l’accueil de la clinique. Tamara Lond était connue comme le loup blanc, ici. La secrétaire les salua d’un poli « Bonsoir mademoiselle Lond. Monsieur… » auquel Tam répondit sans la regarder d’un geste de la main, marchant d’un pas décidé vers l’ascenseur. Celui-ci mit une éternité –deux minutes- à arriver, laps de temps pendant lequel la petite brune appuyait frénétiquement sur le bouton en fixant le voyant qui indiquait les étages. Lorsqu’enfin les lourdes portes argentées s’ouvrirent, elle s’engouffra à l’intérieur, entraînant Haytham avec elle, et appuya sur le bouton 6. Les portes se refermèrent à une allure que même la tortue de Marvin aurait qualifiée de lente.

-On aurait plus vite fait à pieds… marmonna-t-elle sur un ton agacé.

Durant toute l’ascension, la jeune femme martelait le sol du talon, traduisant ainsi son impatience. Plus l’étage fatidique approchait, et plus elle sentait son cœur se serrer. Le moment tant attendu arrivait, et elle avait l’impression que c’était trop beau pour être vrai. Enfin les portes se rouvrirent, et avant même qu’elles n’aient pu totalement s’écarter, elle se faufila entre elles, tenant toujours la main du demi-dieu fermement dans la sienne. Ils empruntèrent un couloir au papier peint vert amande, à une allure assez vive, jusqu’à ce que l’agent de terrain ne les fasse s’arrêter devant une porte close. Tam déglutit avant de reprendre sa respiration.


-Voilà, nous y sommes.


L’émotion se sentait dans sa voix. Elle lança un dernier regard à l’irlandais avant de toquer à la porte.

-Je compte sur toi, souffla-t-elle.

Puis, elle ouvrit doucement la porte, affichant un sourire lorsqu’elle vit sa maman, debout devant la fenêtre à contempler l’extérieur.

-Bonsoir maman, c’est moi, commença-t-elle d’une voix douce.

Elle referma la porte précautionneusement après que son ami d’enfance soit entré.

-Regarde qui je t’amène. Tu te souviens d’Haytham ?

Elle avança vers elle, gardant toujours son sourire quelque peu crispé. Madame Lond restait imperturbable face à sa fenêtre. La nuit avait commencé à tomber, et à part les arbres les plus proches, on ne distinguait plus grand-chose du parc de la clinique. Tam prit doucement la main de sa mère pour essayer de capter son attention.

-Maman, tu veux bien écouter ce qu’Haytham a à te dire ? C’est important tu sais.

Elle lui replaça affectueusement une mèche de cheveux derrière l’oreille, avant de l’inciter doucement à s’asseoir sur le rebord de son lit, sans n’y trouver aucune résistance. Elle fit ensuite signe au fils de Mars de s’avancer pour qu’il puisse lui parler, et à contrecœur, elle recula pour le laisser s’adresser à sa mère. Elle les regardait, à seulement deux mètres d’eux, mais ne pouvait contenir une certaine angoisse. Telle une ado en attente des résultats du bac, elle se rongeait les ongles de stress, priant intérieurement pour que les paroles d’Hay ramènent enfin sa mère du monde léthargique dans lequel elle s’était plongée. Tam observait, écoutait, silencieusement, sagement, mais dévorée par une certaine impatience, si caractéristique de celle qu’elle avait toujours été. Elle pouvait sentir cette boule au ventre de stress, parce qu’elle ne connaissait pas l’issue de ce dialogue, ou plutôt de ce monologue, puisque sa mère ne parlait plus, ou du moins n’avait plus eu une conversation normale, depuis près de vingt-huit ans maintenant. Qu’allait-il se passer ? Est-ce que tout allait enfin rentrer dans l’ordre, comme dans ses rêves les plus fous ? Si tel était le cas, elle se surprit même à se dire qu’elle pardonnerait complètement à Haytham, tellement son bonheur serait grand à pouvoir retrouver sa chère mère qu’elle aimait tant. La belle brune se garda bien d’intervenir. Hay avait promis qu’il ferait son maximum, elle avait décidé de lui faire confiance, alors elle le laissait parler, se contentant d’être simple spectatrice. Ce rôle, elle n’avait pas l’habitude de l’endosser. Etre celle qui écoute, qui observe, ce n’était pas elle. Mais pour le bien de sa mère, elle était prête à beaucoup de choses, voire même à l’impossible. Ça devait marcher, il fallait que ça marche. L’échec n’était pas envisageable. Haytham Cassidy était le dernier espoir de Tamara pour ramener sa mère. Les psychiatres et autres médecins spécialisés s’étaient succédés durant toutes ces années, et ils étaient arrivés à la conclusion que madame Lond était irrécupérable, mais sa fille ne l’entendait pas de cette oreille. Elle avait refusé de perdre espoir, rejetant en bloc ce diagnostic qu’elle ne pouvait entendre, qu’elle ne pouvait en aucun cas accepter. Entendre la vérité de la personne qui avait tout vu avec elles, c’était la solution, la seule qu’elle ait, la seule qui restait.



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CAPITAINE BEAU GOSSE
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Sam 6 Fév - 3:47


O douces retrouvailles

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MarHayTam



Parfois, les retrouvailles sont douces, parfois, elles sont amères, il arrive aussi qu’elles soient douloureuses… Pourtant, dieu seul sait à quel point Haytham avait espéré pourvoir vivre ces retrouvailles. Ils ne les attendaient plus, mais se permettait, lorsqu’il vivait de sombres instants, d’émettre l’espoir qu’elles soient douces que le sourire de Tamara irradie un cœur plongé dans les ténèbres, que leur étreinte dure des heures, que le temps s’arrête, que le passé cesse d’obstruer ce moment magique. Pas un jour ne s’était écoulé, sans que le prénom de Tamara ne résonne dans ses pensées, dans sa tête et dans son cœur. Et comme sa vie était peuplée de malheurs, il s’y accrochait comme un naufragé s’accroche à sa bouée pour survivre. Survivre, voilà ce qu'il faisait depuis tant d'années, omettant délibérément de vivre, comme si ce petit garçon qu'il avait été trente ans auparavant, était mort. D'ailleurs, le reflet du miroir ne laissait paraître qu'un être rongé par bien des maux, une espèce de coquille vide... La perte avait occulté l'innocence et la Mort, la vie. Alors même s'il rêvait sans cesse de ses retrouvailles, n'étant pas naïf, il savait, puisqu'il était mort de l'intérieur, qu'elles ne seraient ni douces, ni amères, mais belles est bien douloureuses.

La voiture ne roulait plus, réduisant considérablement le risque d'accident. Le calme était à présent au centre d'une discussion qui n'était plus. Chacun avait semblerait-il, atteint le point de nous retour. Haytham sentait son cœur battre plus rapidement qu'à l'accoutumer. Il savait sans se l'avouer que cette augmentation du rythme cardiaque n'était pas inhérente à la conduite virile de Tamara, mais bel et bien à ses confessions. Il se sentait léger et lourd à la fois, triste, abattu et tel l'enfant qu'il n'était plus, il avait envie de verser une larme, mais son esprit encore sous l'effet de l'endoctrinement divin, le préservait de cette faiblesse. En revanche, il ne le préservait pas de la boule au ventre, de la mâchoire serrée et de la gorge aussi sèche que du papier de verre.  Dans la tête du demi-dieu, les images qu'il pensait avoir définitivement inhibées de son esprit, reprenaient vie. Les odeurs, les sons tout remonta. Il s'imprégna de chaque détail, de chaque couleur, il revoyait les imposantes étendues verdoyantes dans lesquelles il aimait à se perdre avec Tam, il entendait ces quelques notes de jazz émanant de la platine que Madame Lond aimait à faire tourner les soirs d'été pour transmettre à Eileen sa passion de la musique. Il sentait l'odeur du jambalaya et du combo que préparait l'une des jeunes domestiques de la demeure. Plus rien ne lui échappait à présent, mais plus encore, il se souvenait de cette odeur de poudre précédent l'arrivée d'une tempête. Il percevait l'intensité de ce rouge sanguinaire qui avait entaché l'allée de la demeure des Lond. L'odeur du sang, de la Mort... Il ferma les yeux, l'espace d'un instant. Tam continuait à se terrer dans le silence, elle regardait son interlocuteur alors que ce dernier semblait observé le néon qui se reflétait dans les nombreuses flaques d'eau leur faisait face. Les secondes s'écoulèrent sans que ni l'un ni l'autre n'ose briser le silence, si Haytham jugé en avoir trop dit et préférait se taire, Tamara manqué de mot et n'avait de ce fait pas d'autre alternative que de la mettre en veilleuse. Un silence anecdotique pour le fils de Mars, qui grâce à son ouïe surdéveloppée, pouvait entendre la cadence énergétique émise par les battements du cœur de celle qui lui causait bien des troubles.

Un soupir, puis un regard posé sur l'objet de tant de rancœur, cette fois se fut Tamara qui mit un terme à ce silence de plus en plus pendante. Elle se contenta de demander "un peu de temps pour encaisser", mais c'est bel et bien Haytham, qui suite à cette "petite" réplique, due encaisser. Légèrement déçu de s'être livré "en vain", il préféra fuir le regard de l'agent de terrain et se contenta d'un : « -Oui, bien sûr » auquel il y croyait à peine, mais ses ressentiments n'étaient et ne devaient venir obstruer ce pourquoi il était là à présent. Tam déverrouilla les deux portières et fit savoir à son acolyte, qu'il leur restait peu de temps avant l'annonce officielle de la fin des visites pour aujourd'hui. Dans une quasi-synchronicité, les deux protagonistes sortirent de la Berline noire. « -Je suppose que tu as un plan ? » lança t'il avec froideur comme pour remettre à nouveau de la distance entre eux. Mais l'initiative de Tam, le désarçonna légèrement et lui fit oublier cette tentative d'éloignement qui lui était désormais impossible. En effet, la main de la jeune femme venait, sans consultation au préalable, de se glisser dans celle de l'Irlandais certainement pour l'avoir à bonne distance et lui éviter de fuir. Ils pénétrèrent donc à l'intérieur de l'hôpital, un lieu à l'encontre duquel Hay nourrissait quelques appréhensions au vu de son passif militaire. Fier, il ne laissait rien paraître et se contenta de suivre.

La réceptionniste de l'hôpital, tout sourire, salua la nouvelle arrivante connue comme le loup blanc en ces lieux aseptisés. L'identité de Hay resta incertaine pour la femme qui l'avait cependant salué lui aussi. Il se contenta d'un simple regard en guise de remerciement et continua à suivre son ancienne amie qui le mena jusqu'à l'ascenseur. Une fois face aux portes closes, ils laissèrent le silence se faire, le temps quant à lui prit le rôle l'adjuvant pour étayer le malaise qui continuait à perdurer entre les deux protagonistes. La nervosité de Tamara Lond était palpable au vu de son pianotement frénétique sur les boutons et les quelques voyants qui daignaient s'allumer.   « -Ce n'est pas en t'acharnant sur ce pauvre clavier que l'ascenseur arrivera plus vite ! » lança Hay tandis que les deux imposantes portes commençaient à s'ouvrir. Mademoiselle Lond toujours dans le feu de l'action, prit la main de son ami et l'entraîna à l'intérieur de l'ascenseur. Toujours aussi nerveuse, elle appuya sur la touche 6 du clavier numérique. Les portes se refermèrent presque instantanément pour que l'ascenseur puisse entreprendre sa montée, rectification, sa lente montée. Une vitesse qui exaspérait déjà la jeune demoiselle qui n'hésita pas à le faire savoir. Hay lui-même était exaspéré, mais pas pour les mêmes raisons. « -Si tu arrêtais de te plaindre pour commencer, peut-être que ça irait mieux non ? Et puis arrête un peu de marteler ce pauvre sol avec ta paire de talons, qui si nous avions pris les escaliers, comme tu le préconisais, nous auraient fais perdre encore plus de temps. Et je dis ça aussi parce que c'est très désagréable d'entendre ce genre de martellement quand ton ouïe est aussi développée que la mienne. » Enfin les portes s'ouvrirent à nouveau, l'agent de terrain gagnée par l'excitation, n'attendit pas l'ouverture complète pour s'extirper de l'ascenseur au grand dam d'Haytham qui faillit se manger la porte en sortant aussi précipitamment. Mains dans la main les deux amis prirent un long couloir paré d'un papier peint vert amande peu attrayant aux yeux de l'Irlandais qui continuait à se sentir mal à l'aise entre ces mûrs. La course prit fin quelques secondes plus tard et à n'en pas douter, le malaise du fis de Mars redoubla d'intensité lorsqu'il se trouva devant une porte close. « -Alors c'est là ? On y est ?! » Elle toqua à la porte, c'était trop tard, plus personne ne pouvait se résoudre à faire demi-tour et plus que jamais, Tamara Lond comptait sur Haytham Cassidy.


Lorsqu'elle entra dans la chambre, Tamara arbora un tout autre visage, un quelque chose de familier aux yeux du demi-dieu qui l'espace d'une seconde, eut l'impression de revoir cette petite fille qu'il avait tant aimée. Madame Lond se tenait près de la fenêtre et contemplait l'extérieur avec attention. Tel le petit garçon qu'il n'était plus, Haytham semblait gêné et préféra, dans un premier temps, restait en retrait jusqu'à ce que Tamara fasse état de sa présence.  
« -Bonjour Madame Lond ! » dit-il presque intimider. La mère de Tam ne bougeait pas et continuait à observer l'extérieur qui perdait peu à peu de ses couleurs. Ainsi, toutes les tentatives de la belle brune pour capter l'attention de sa mère, furent un échec. Et enfin Haytham comprit pourquoi il était tant haï, par celle qu'il avait tant aimée. « -Madame.. » dit-il tout penaut. Il acceptait difficilement de voir cette femme enfermée dans un mutisme qui ne lui ressemblait pas. Il l'avait connu magnifique, active, joyeuse et toujours là pour lui offrir de douces paroles, quand sa mère ne le pouvait pas. Madame Lond l'avait toujours encouragée sans jamais le rabaisser, malgré son statut social. Ah ça oui, il avait aimé cette femme presque autant que sa propre mère et la voir ainsi lui brisait le cœur et lui donnait l'impression d'avoir encore perdu une mère.

Tamara acheva d'aider sa mère à quitter son perchoir pour la faire asseoir sur le rebord de la fenêtre. Elle fit signe ensuite à Haytham de s'approcher, ce qu'il fit sans hésiter, mais toujours au prise avec son malaise. « -Bonjour Madame Lond, c'est moi, Haytham, le fils d'Eileen ! Vous vous souvenez ? Vous avez embauché ma mère pour qu'elle s'occupe de Tamara. » Il se tue quelques secondes pour scruter la moindre de ses réactions, pour interpréter le moindre tressaillement. Le cœur de la vieille femme battait à une vitesse normale signe évident que rien ne semblait l'ébranler. Elle était dans son monde et Hay tout comme Tamara, n'avait pas la clé pour y entrer. « -Je sais que vous êtes là quelque part, que vous m'entendez ! » dit-il avec douceur en lui prenant la main. « - Je suis là pour vous aider, mais aussi pour vous demander pardon, car à cause de moi votre vie est devenu un enfer. À cause de moi, vous avez perdu une amie et toujours à cause de moi, votre fille a été privée d'une mère pendant presque trente ans. Elle aussi vit un enfer, elle aimerait vous retrouver... Maintenant, je vais m'armer de courage pour vous dire la vérité, parce qu'il y a une vérité à entendre. Vous n'êtes pas folle et personne n'est en droit de le penser. Madame Lond, vous m'avez toujours dit que j'étais différent des autres et vous aviez raison. Je suis différent, mais j'aurai tant aimé être normal. » Une fois encore, il fit une pause et cette fois contrairement à la précédente, il posa son regard sur Tamara pour y chercher un peu de courage. Puis il repartit au front.

« - Un jour ma mère a rencontré un homme dont elle est tombée follement amoureuse. Cet homme était lui aussi spécial, un gros con en l'occurrence, mais ça n'est pas l'une de ses meilleures spécialités. Certains l'appellent Arès et d'autre l'appellent Mars... Je sais que cela peut paraître complètement dingue, mais il est bel et bien question du dieu de la guerre et je suis...son fils, ce qui fait de moi un demi-dieu. Mes Chers Oncles et tantes ont eux aussi fricoté avec les humains. Il y a donc d'autres demi-dieux dans le monde. Mais il y a aussi des créatures et monstres mythologiques, qui eux veulent notre mort. C'est l'une d'entre elles qui nous a attaquées il y a 28 ans. C'est moi qui aurais dû mourir et non ma mère. Vous n'auriez pas dû être là et subir ça. Je suis tellement désolé... j'aimerais tant vous entendre me dire que vous me pardonnez, tout comme j'aimerai tant tout effacer... Madame Lond, vous en prie, je vous en supplie revenez ! Tam a besoin de vous et moi, j'ai besoin de tourner cette page, parce que depuis 28 ans, je vis avec le poids de la culpabilité et de ce fait, j'ai fait beaucoup trop de conneries. Revenez ! S'il vous plaît ! Au moins pour me foutre la gifle que j'ai tant mérité »


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COLONEL BADASS
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Lun 8 Fév - 14:08

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…






Tamara ne s’était pas tout à fait rendu compte de la frustration d’Haytham lorsqu’elle déclara qu’il lui faudrait du temps pour encaisser tout ce qu’il venait de lui avouer. Seul le soupir qu’il laissa échapper put trahir ce qu’il ressentait, mais la jeune femme était tellement abasourdie par tout ce qu’elle venait d’entendre qu’elle le remarqua à peine. En même temps, à quoi s’attendait-il ? Elle n’allait pas lui sauter dans les bras en s’excusant de l’avoir haï toutes ces années. Tout était entièrement de sa faute à lui, elle n’en démordait pas.

Une fois sortis de la voiture et rendus à l’ascenseur, comme à son habitude lorsqu’ils étaient enfants, Hay ne put s’empêcher de jouer au « monsieur je sais tout ». Bien entendu qu’elle savait que ce n’était pas en s’acharnant sur le bouton que l’ascenseur arriverait plus vite. Ce genre d’évidence avait le don d’agacer Tamara qui lui lança un regard noir, évitant de répondre, car elle savait qu’elle se montrerait agressive et désagréable. Et ce n’était pas le moment de le braquer, elle avait besoin de lui pour ramener sa mère. Une fois à l’intérieur, il continua, commençant par lui demander d’arrêter de se plaindre. Elle leva les yeux au ciel avant de le foudroyer du regard.

-Je rêve ou t’es vraiment en train de chercher les embrouilles ? Tu es extrêmement mal placé pour me donner des ordres ou des leçons. Quant à mes talons, je suis sure que je peux courir plus vite que toi avec. Si bien sûr tu n’utilises pas tes superpouvoirs de super-demi-dieu super-prétentieux !

Elle allait rajouter que sa pauvre ouïe surdéveloppée n’aurait pas eu à en souffrir s’il n’avait pas joué au con des années auparavant, mais elle se rappela qu’elle avait besoin de lui. Décidément… elle n’avait pas pu s’empêcher de le rembarrer. Comme au bon vieux temps, deux gamins qui passaient leur temps à se chercher. L’agent de terrain prit une inspiration pour tenter de se calmer et éviter de lui en refoutre une.  Ils étaient arrivés à l’étage demandé, ils s’étaient rendus devant la porte. Le cœur de Tam battait de plus en plus vite, c’était le moment tant attendu. Enfin elle retrouverait sa mère, qui n’était aujourd’hui plus que l’ombre d’elle-même.

Tamara avait doucement éloigné sa mère de la fenêtre pour la faire s’asseoir sur son lit, puis avait incité Hay à s’approcher pour lui parler. Elle s’était éloignée un peu, observant chacun des gestes du fils de Mars, ainsi qu’une éventuelle réaction de madame Lond, qui n’arrivait pas. Ses pupilles allaient de l’un à l’autre des protagonistes. Le demi-dieu avait pris la main de la femme malade qui lui faisait face, tandis que Tam continuait de se ronger les ongles en les observant, en proie à une angoisse qu’elle avait rarement connue. Hay parlait avec douceur, ce qui dénotait du son de voix que l’agent de terrain avait entendu de lui jusqu’à présent. Après une première tirade, il tourna la tête vers elle. Tam hocha la tête, l’incitant à continuer. Elle espérait que sa mère entende, comprenne, réalise pour enfin pouvoir revenir. Par la même occasion, le discours de son ami d’enfance lui permettait de pouvoir mieux le comprendre, connaître son histoire, puisque malgré les onze années qu’ils avaient passées ensemble, il n’en demeurait pas moins un inconnu, avec tout ce qu’il lui avait caché. Aussi, elle écoutait attentivement, tout en scrutant du coin de l’œil une éventuelle réaction de sa maman, qui ne venait toujours pas. Le cœur de Tam se serrait de plus en  plus. Le discours d’Haytham tenait beaucoup du Caliméro, ce qui agaça un peu la petite brune, mais elle était trop angoissée à l’idée que cela puisse ne pas fonctionner qu’elle ne releva pas d’avantage. Il lui présentait des excuses, bien méritées d’ailleurs. Si sa mère avait été là, douce et aimante comme elle avait toujours été, elle lui aurait d’emblée pardonné, lui disant qu’il n’avait pas à s’excuser, que ce n’était pas de sa faute, qu’il avait toujours été adorable, etc etc. Madame Lond aimait Haytham comme s’il avait été son propre fils, un vrai lien s’était formé entre les Cassidy et les Lond.

Tam commençait à être submergée par les émotions, ses yeux brillaient de larmes qu’elle ne comptait pas laisser couler, son cœur battait plus fort que jamais, l’ongle de son pouce droit se raccourcissait de seconde en seconde, et son corps commençait à être pris de tremblements. Elle retenait sa respiration, espérant, espérant si fort que sa mère ne prononce une parole, juste une.
Alors que l’irlandais avait achevé son discours, la porte de la chambre s’ouvrit. En une demi-seconde, Tam fit volte-face pour se trouver nez à nez avec une infirmière.

« Bonsoir, mademoiselle Lond. Je suis désolée mais les visites sont terminées pour aujourd’hui ».

-Attendez, encore cinq minutes s’il vous plait !

« Non, je suis navrée, on vous a déjà laissé plus de temps que les autres, il se fait tard et votre mère doit se reposer à présent. »


Tam pinça les lèvres et la fusilla du regard, serrant les poings. Ce n’était pas le moment de faire un scandale, mais si elle avait été seule avec cette infirmière, cette dernière aurait passé un sale quart d’heure. Résignée, elle se tourna vers sa mère et Haytham. D’un pas lent, un peu hésitant, elle retourna en face de sa mère, prenant la place du fils de Mars.

-Maman, ça va aller, d’accord, commença-t-elle d’une voix douce, presque murmurée. Tu vas te reposer, et je reviendrai te voir très bientôt. Essaie de repenser à ce qu’Haytham t’a dit, d’accord ? Je t’aime.

Elle lui déposa délicatement un baiser sur le front, la regarda une dernière fois, les yeux brillants, et se dirigea vers la sortie de la chambre en prenant Hay par la main au passage.

-Appelez-moi s’il y a du nouveau, lui ordonna-t-elle sèchement sans pour autant s’arrêter.

Une fois la porte refermée derrière eux, Tam reprit une inspiration, pour essayer de se calmer. Elle n’avait qu’une envie, taper sur tout ce qui se trouvait autour d’elle. Mais bon, son cher Penseur serait là pour lui rappeler que détériorer l’intérieur de la clinique n’aiderait en rien au rétablissement de sa mère. Elle souffla bruyamment et reprit sa marche en direction de l’ascenseur, sa main tenant toujours fermement celle du demi-dieu dans la sienne, malgré un léger tremblement dû à son énervement. Si son degré d’énervement avait pu être traduit par un feu, on aurait surement vu de la fumée sortir de ses oreilles et ses narines. Arrivés devant l’ascenseur, elle appuya sur le bouton, et les portes s’ouvrirent instantanément.

-Ah là, tu t’ouvres tout de suite hein, saloperie ! lança-t-elle entre ses dents, ne pouvant retenir un coup de poing sur le cadran, dont le métal gondola légèrement.

Ils entrèrent, elle appuya sur le bouton du rez-de-chaussée et lâcha la main de son ancien ami pour croiser les bras en s’adossant à la paroi de l’ascenseur avec une mine boudeuse. Ses pensées allaient à mille à l’heure. Ça n’avait pas marché, il fallait trouver une autre solution, il fallait faire quelque chose. Elle en avait mal à la tête, surtout parce qu’elle n’arrivait pas à trouver d’idée pertinente. Comment une telle chose était possible ? Comment ce plan avait-il pu échouer ? Cela voulait-il dire que les médecins avaient raison depuis le début, que sa mère avait totalement perdu la raison, sans espoir de d’un jour pouvoir la ramener ? Non, c’était impossible, Tamara ne pouvait croire en pareilles allégations. Il s’agissait de sa mère, la femme la plus gentille, la plus douce, la plus altruiste que le monde ait jamais porté, il était donc inenvisageable qu’elle finisse sa vie dans une chambre d’hôpital sans plus jamais prononcer une seule parole, seule dans son monde et dans sa tête. Tam ne pouvait se résoudre à accepter cela, elle s’y était toujours refusée, ce n’était pas maintenant que cela changerait.

Sans s’en rendre compte, ses pas l’avaient menée jusqu’à sa voiture, trajet qu’elle avait fait machinalement, le regard perdu dans le vide, plongée dans ses réflexions, n’ayant pas entendu les salutations de la réceptionniste. Elle était là, plantée devant sa portière encore fermée. Ses yeux se posèrent enfin sur Haytham. Plus aucun sentiment de colère pour de haine ne se lisait dans son regard à présent, seulement une infinie tristesse. Après quelques secondes passées ainsi à le contempler en silence, elle se décida à prendre la parole.

-J’ai besoin d’un verre, pas toi ? lâcha-t-elle d’une petite voix un peu étranglée.

Sans attendre, elle déverrouilla la voiture et monta, attendant que son passager fasse de même. Elle attendit quelques secondes avant de mettre le contact, comme si ça pouvait l’aider à aller mieux. Mais là, en réalité, pas grand-chose ne pouvait accomplir cet exploit. La seule chose qu’il lui fallait, c’était une solution miracle. Et pour l’instant, elle n’en percevait aucune. Tout ce qu’elle voulait, à défaut d’un miracle pour sauver sa mère, c’était oublier cette amère déception, ne serait-ce que le temps d’une soirée.

La nuit était bien noire à présent, et les phares de la voiture ainsi que les lampadaires allumés le long de l’allée n’étaient pas superflus. Ils passèrent le portail qui marquait l’entrée de la clinique, et Tam suivit le panneau vert indiquant New York. Ils y seraient rendus en moins d’un quart d’heure, et sans commettre d’excès de vitesse, cette fois.

Une fois sur la cinquième avenue, l’agent Lond emprunta la voie du parking d’un immense building au croisement de la deux-cent trentième rue et gara la voiture à un numéro précis. Une fois dehors, elle la referma et se dirigea vers l’ascenseur. Ils montèrent jusqu’au dernier étage. Les portes s’ouvrirent sur un bar à la décoration soft et moderne, avec des banquettes en cuir couleur aubergine. Quelques personnes étaient déjà présentes, la musique n’était pas trop forte, et surtout, une vue imprenable sur l’Empire State Building. Tam se dirigea vers une table libre près de la fenêtre où l’on pouvait contempler le célèbre bâtiment.

-Je te laisse choisir. Un truc bien corsé.

Son regard, toujours aussi éteint, était orienté vers l’Empire State Building sur lequel des lumières dansaient. C’était plutôt joli à regarder, mais la jeune femme n’avait pas le cœur à s’émerveiller de quoi que ce soit.



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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 10 Fév - 2:11


O douces retrouvailles

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Si les retrouvailles n’étaient plus de mise, la confrontation était en revanche à l’ordre du jour et elle n’avait de cesse de prendre de l’ampleur à travers les répliques acerbes que pouvaient se lancer les deux amis à la figure. De la voiture à l’ascenseur, aucune accalmie ne vint stopper la rancœur qui tel un poison mortel, empourprait les veines de Tamara. Haytham lui-même se laissait contaminer et ne ménager pas son interlocutrice malgré son manque criard d’exemplarité. C’est bel et bien dans l’ascenseur qu’un paroxysme fut atteint, celui de l’exagération. Haytham observait de près celle qu’il avait abandonnée des années auparavant. Elle rongeait son frein et chacun de ses gestes ne faisaient qu’accroitre un peu plus cette théorie. Certes, elle n’était pas agressive comme elle l’avait été quelques minutes auparavant, elle essayait aussi de ne pas être désagréable, mais au fond de lui, le bel Irlandais, loin d’être dupe, savait que tout n’était que manipulation, que la jeune femme tâchait de ne pas le braquer, car elle avait besoin de lui, mais jusqu’où était-elle prête à aller ? Allait-elle continuer à subir les paroles du demi-dieu sans rien dire ? La réponse est de ce point, évidente et il suffit d’appréhender le regard de la belle pour comprendre que le fils de Mars aurait dû se taire au lieu de jouer les moralisateurs.

« - Arrête de me rappeler sans cesse, mes erreurs ! J’ai compris que j’avais merdé, mais ne te dédouane pas, toi aussi, tu es mal placé pour donner des leçons. Quant à la course, laisse-moi préciser au risque de briser tes fantasmes, que mes capacités n’influent pas sur ce genre de chose ! Je n’ai rien à ajouter ! » Bien sûr que si, mais il préférait se taire, car il n’était pas là pour régler ses comptes. Il cessa donc d’affronter verbalement l’agent de terrain et attendit la fin de l’ascension. Jusqu’à cet instant, il avait des certitudes, il se sentait inébranlable, du moins c’est ce qu’il laissait paraître, mais au fond de lui, il appréhendait cette autre confrontation avec le passé.

On prend pour acquis tout ce qui ne l’est pas et on laisse le reste de côté. On est égoïste, car l’on pense que c’est la meilleure des solutions pour se préserver. L’être humain est faillible, mais le demi-dieu l’est tout autant…
Toujours auprès de Madame Lond, Haytham, ne se souciant plus de Tamara, parlait à cœur ouvert. Jamais il n’aurait cru en acceptant de venir jusqu’ici, pourvoir s’exprimer de la sorte. Le simple fait de revoir Tamara l’avait ébranlé, il l’était encore plus à présent, confronté à cette femme qui lui avait donné autant que sa propre mère. Son teint pale, ses cheveux mal coiffés, son regard vide, un corps présent, mais l’esprit en tout point absent conféré un caractère fantomatique à cette femme qu’il avait connu sous un meilleur jour. « -Madame Lond ! » dit-il la voix serrée par une émotion qu’il ne trouvait plus la force de feindre. Il avait beau lui tenir la main, la regarder droit dans les yeux, rien n’y faisait, elle restait absente, coincée dans un monde où ni lui ni Tamara ne pouvait se rendre. « - Je vous en prie, hurlez-moi dessus ! Frappez-moi ! Faites tout ce que vous voulez, mais revenez ! C’est trop dur de vous voir comme ça. » Mais il ne put se résoudre à continuer, car la porte venait de s’ouvrir laissant apparaître une infirmière qui venait leur faire savoir qu’à présent, il était temps de partir.  Haytham retira doucement sa main de celle de Madame Lond, puis il se leva et s’approcha de Tamara. Il pouvait sentir son cœur, et même en compter chacun de ses battements, et ce, malgré la cadence infernale. La jeune femme insista pour rester, l’infirmière assista pour les faire partir.

« -On s’en va, ne nous en faites pas » dit-il paisiblement à la jeune femme avant de poser à nouveau son regard enfantin sur la dernière figure maternelle qu’il lui restait encore dans ce monde. « -Je reviendrais surement Madame Lond. » Résignée par ce départ à venir, Tam retourna auprès de sa mère, lui livra quelques douces paroles avant de déposer un dernier baiser sur son front, brisant le cœur de celui qui se pensait jusqu’alors inébranlable. Ce dernier resté en retrait, fut surprit de voir son ancienne amie s’approchait et lui prendre la main avant de dispenser un dernier ordre à l’infirmière. Passé cette formalité, ils quittèrent la chambre, aussi abattus l’un que l’autre. Mais plus encore, Haytham avait failli. Impuissant, il n’osait même plus lancer la moindre pique à la jeune femme qui lui tenait encore fermement la main. Une étreinte qui prit fin lorsqu’ils pénétrèrent l’ascenseur qui ne fit aucun caprice cette fois. La colère de Tamara était palpable, son poing venait d’ailleurs de s’abattre sur le cadran numérique. Le demi-dieu toujours silencieux, se massa les tempes de la main droite. Ses pensées n’avaient de cesse de s’entrechoquaient dans sa tête et son regard d’ordinaire si intense, laissait paraître à présent une grande tristesse due à son échec. Il aurait dû la ramener, la sortir de ces limbes, la sauver à défaut n'avoir pu sauver sa propre mère. Comment était-ce possible que l’échec soit devenu une réalité, alors que cela semblait si facile ? On dit toujours que la vérité triomphe de tout… Connerie !

Tel une entité robotique, l’Irlandais quitta l’ascenseur, suivit de près par Tam qui elle aussi avait opté pour le mode « zombie ». Ainsi, ils regagnèrent la Berline noire qui les attendait encore sur le parking quasi-désert à cette heure. Les deux amis quittèrent enfin leur léthargie, Haytham toujours un peu perdu, décela une grande détresse dans le regard de Tamara, qui cette fois, ne semblait plus éprouvée à son égard, le moindre ressentiment et c’est tout naturellement qu’il répondit, suite à sa proposition : « - Je pense que j’aurai besoin de plus d’un verre ce soir ! » Tamara sortit ses clés, ouvrit le véhicule et sans plus attendre, les deux protagonistes quittèrent les lieux. Haytham, adepte de la confrontation, ne disait plus rien, il se contentait d’observer, à travers sa vitre, le monde extérieur espérant ainsi échapper à la réalité pendant quelques secondes. C’était toujours ça de prit. Dehors, tout semblait plus calme qu’à l’ordinaire. Le ciel sombre entravait l'avènement des étoiles laissant ainsi les ténèbres envahit la ville endormie. Tamara s'était délestée sa conduite sportive et prenait tranquillement la voie rapide pour rejoindre New-York. Le fils de Mars toujours silencieux, ne posait aucune question, il se contentait d’attendre. Le périple prit fin à l’angle de la cinquième avenue, après avoir emprunté la voie du parking d’un building au croisement de la deux cent trentième rue. Hay ne connaissait pas les lieux et fut surprit de devoir prendre un ascenseur.

« -Je croyais qu’on allait boire un coup ? » dit-il suspicieux. Les portes s’ouvrirent quelques secondes plus tard, obligeant le demi-dieu à revoir son jugement. Jamais encore, il n’avait eu accès à un tel endroit, lui qui d’ordinaire était habitué aux pubs Irlandais. Il laissa donc son regard se perdre un peu partout, avide de découvertes. Tamara visiblement habituée, se dirigea vers une table près de la fenêtre qui offrait une vie spectaculaire sur l’Empire State Building. À son tour, Hay prit place, Tamara qui avait énoncé sa commande tout en restant évasive, observait le célèbre bâtiment qui leur faisait face. Le demi-dieu sourit à la serveuse et passa commande tout en redressant ses manches.
« - Mettez-nous deux doubles Whisky s’il vous plaît, merci ! »
La petite blondinette s’en alla laissant les deux « amis » ensemble.
« -Je sais que ça ne servira à rien, mais je suis vraiment désolé. Pfff à quoi ça sert d’être un demi-dieu si on n’est même pas foutu d’aider ceux qu’on aime » Sa voix trahissait sa détresse et son regard brillant laissait paraître le petit garçon qu’il n’était plus.



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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 10 Fév - 22:20

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…






Madame Lond était restée dans un mutisme déconcertant. Tamara n’avait plus que ça en tête : l’expression toujours aussi vide dans le regard de sa mère, alors qu’Haytham se démenait et tentait par tous les moyens de la ramener, lui proposant même de le gifler ou de lui hurler dessus. Tam était d’accord avec son ami d’enfance sur un point : il l’aurait bien mérité ! Mais pour qui connaissait madame Lond, et était de notoriété publique que cette femme était la bonté et la douceur incarnées. Jamais elle n’aurait levé la main sur qui que ce soit. Le demi-dieu aurait dû le savoir pourtant.

Les deux anciens amis s’étaient à présent posés dans un bar huppé situé sur le toit d’un building à l’angle de la cinquième avenue et la deux-cent trentième rue. Hay avait commandé deux doubles whisky, n’ayant pas laissé le temps à la serveuse de lui demander quelle sorte il voulait, mais voyant les mines déconfites des deux clients, elle opta pour la marque la plus connue. Alors que l’irlandais venait s’asseoir à son tour, Tam observait les lumières de la ville se refléter sur l’Empire State Building. La commande ne tarda pas à arriver, sortant la petite brune de sa rêverie.

-Irlandais jusqu’au bout, pas vrai ? lança-t-elle avec un sourire triste.

Elle prit son verre et le fit s’entrechoquer doucement avec celui de son interlocuteur avant de le porter à ses lèvres pour gouter à ce breuvage ambré. Hay avait l’air tout aussi dépité qu’elle face à cet échec qu’ils venaient d’essuyer. D’ailleurs, quelques part elle était touchée de constater qu’il aimait toujours cette femme qui l’avait toujours considéré comme son deuxième enfant. Il était clair que la rancœur de Tamara envers Haytham ne pouvait plus être aussi forte, à présent. Elle l’écouta lui présenter ses excuses. Elle avait quand même noté qu’au moment de quitter la chambre d’hôpital, il avait promis à madame Lond de revenir la voir. L’agent de terrain hocha lentement la tête, plongeant ses iris dans ceux du fils de Mars.

-Tu as fait ce que tu as pu… Tu as tenu ta promesse, c’est tout ce que je voulais…

Elle délesta son verre d’une nouvelle gorgée de whisky, puis, après avoir scruté l’intérieur de celui-ci quelques secondes, finit ce verre d’une traite. Elle fit ensuite signe à la blondinette qui les avait servis de lui en rapporter un autre. Hay l’avait dit, il lui en faudrait plus qu’un, et Tamara était plutôt d’accord avec cette déclaration.

L’esprit de l’agent Lond commençait à se laisser parasiter par les différents diagnostics des divers spécialistes qu’elle avait fait venir des quatre coins du pays pour ausculter sa mère et tacher de la soigner. Mais tous s’accordaient sur une chose : il n’y avait rien à faire à part attendre. Et plus les années passaient, plus les chances de la voir revenir telle qu’elle avait été s’amenuisaient pour frôler dangereusement le néant.

-Est-ce que… tu crois que c’est vrai ce que les médecins disent, qu’ils ont raison de penser que je m’accroche à une cause perdue ? Que je devrais me faire une raison et accepter que ma mère ne reviendra jamais ? demanda-t-elle d’une petite voix altérée par l’émotion.

Son nouveau verre arriva, et ses yeux étaient toujours plantés dans ceux du demi-dieu, tachant de ne pas se laisser submerger de trop par les divers sentiments qui l’assaillaient. Si seulement il était revenu plus tôt… Si seulement il n’était jamais parti… Les choses auraient pu être bien différentes… Elles auraient dû l’être. Tam aurait préféré ne pas passer sa vie à ressentir toute cette haine, toute cette rage qui la rongeait de l’intérieur. Mais la vie avait été ainsi, et maintenant que toute sa colère commençait à s’estomper, elle ressentait un grand vide à la place. Elle se sentait perdue, tout simplement. La petite brune but quelques gorgées de son nouveau verre de whisky, puis poussa un profond soupir.

-Je refuse de perdre espoir, Hay, j’y arrive pas. Il doit forcément y avoir un moyen…

Ses yeux se perdirent dans le vague, trahissant une intense réflexion. Sa main droite, dont le dessus avait été un peu abîmé par le coup qu’elle avait donné dans le cadran de l’ascenseur, toujours accrochée à son verre, tandis qu’elle se passa la seconde dans les cheveux, dégageant son visage un court instant. Une solution à leur problème existait-elle vraiment ? Ils étaient en droit de se poser la question, la situation paraissait pour le coup assez désespérée.

-Dis-moi que tu as une idée… n’importe laquelle…

Plus aucune agressivité de filtrait de ses lèvres. Elle s’adressait désormais çà lui comme si leur amitié n’avait jamais pris fin, comme elle aurait voulu que les choses soient depuis longtemps. Elle réalisa alors qu’Haytham n’était pas l’horrible personne qu’elle le pensait être, que sa souffrance accrue par le sentiment d’abandon lui avait mis des œillères et que peu à peu, au fil du temps, en laissant grandir sa colère, elle avait occulté la réalité sur la personnalité d’Hay, ce garçon qui avait toujours été là pour elle. Tam l’avait vu dans ses yeux lorsqu’il avait parlé à sa mère, et même quand ils étaient sortis de la clinique, il y avait toujours en lui ce garçon aimant et protecteur qu’il avait toujours été pour elle. Bien sûr, ce garçon avait grandi, et traversé lui aussi bon nombre d’épreuves qui avaient forgé son caractère et sa personnalité. Mais il ne pouvait pas être la personne foncièrement mauvaise et égoïste que s’était imaginé pour plus de facilité l’agent de terrain.
Alors qu’elle ouvrit la bouche pour parler, elle sentit son téléphone vibrer. Elle le sortit de la poche intérieur de sa veste.

-Excuse-moi, dit-elle en décrochant. Oui papa ?... Non ça va, ne t’inquiète pas…. Non, écoute j’ai vraiment pas le temps…. Je ne suis pas intéressée, et tu le sais…. Ecoute je suis occupée là, d’accord ? Amuse-toi bien à Tokyo… C’est ça, à bientôt.

Elle raccrocha d’un air légèrement agacé.

-Mon père… Tu sais qu’il veut toujours que je reprenne la boite ? Tous les mois il m’appelle pour me proposer un poste à la direction…

Elle soupira avant de reprendre son verre et de l’en délester d’une nouvelle gorgée, ce qui contribua à dangereusement le vider, aussi Tam finit-elle par le lever pour en commander un troisième.

-Je vais te dire une chose, Hay… commença-t-elle doucement en regardant de côté. Ecoute bien, parce que je suis pas sure d’avoir envie de le répéter.

Elle prit une inspiration, fermant les yeux une seconde avant de les rouvrir sur ceux du bel irlandais.

-Je te présente mes excuses. Je suis désolée de t’avoir haï pendant vingt-sept ans, de t’avoir prêté des intentions qui n’étaient pas les tiennes, et aujourd’hui de t’avoir tiré dessus avec des fléchettes anesthésiantes… Voilà, c’est dit.

Tam acheva de vider son second verre et le troisième arriva dans une synchronisation quasi parfaite. Soulagée d’avoir prononcé ses excuses, même si elle n’en avait pas l’habitude, elle s’y était cependant sentie obligée. Ne pas prononcer ces paroles lui aurait donné l’impression d’être en tort, et elle ne le voulait absolument pas. Elle attrapa son nouveau verre et en contempla la liqueur. Elle songea à tout ce qu’ils auraient pu vivre ensemble, si le destin, ou plutôt une promesse, ne les avait pas séparés. Tous ces petits moments de vie qu’ils auraient pu partager : conduire pour la première fois, leur première cuite, la remise de diplômes, l’épineux choix de la fac, leur premier baiser… Tamara aurait tant voulu qu’Haytham soit ce garçon… Bref, toutes ces choses que les jeunes normaux vivent dans l’insouciance la plus totale avec leurs meilleurs amis. Eux, qui s’étaient promis d’être toujours là l’un pour l’autre, n’avaient pu partager ces moments que l’on n’oubliait généralement jamais, et qui restaient de bons souvenirs. Pour Tam, c’était des choses banales et sans intérêt, elle les avait vécues en ressentant un manque, celui de son autre. Ses meilleurs souvenirs dataient de l’époque bénie où son Penseur habitait avec elle. Cette période de joyeuse insouciance était incontestablement la plus heureuse de sa vie. Mais ce bonheur n’avait su continuer, le sort en avait décidé autrement.

A présent, ils s’étaient retrouvés, dans des circonstances plutôt inattendues, c’était le moins que l’on puisse dire, et malgré ce qui les opposait, ils avaient su se mettre d’accord pour tenter de venir en aide à madame Lond. Leur mission avait échoué, cependant Tam refusait de croire que tout était perdu, elle l’avait dit un peu plus tôt à Haytham. Ils avaient perdu une bataille, mais pas la guerre. Dans l’appartement de l’agent Knight, l’irlandais avait fait la promesse de faire tout ce qui était en son pouvoir pour guérir la mère de Tam, et qu’il ne disparaitrait pas avant. Tout n’avait pas été tenté, ce n’était pas possible.
La belle brune s’accrochait à ce mince espoir qui lui restait encore, et qui subsistait sans doute, sans qu’elle ne s’en rendre compte, grâce à Haytham.



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Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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