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 Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Ven 12 Fév - 21:41


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



L'alcool n'est pas une drogue quand on n'est pas accro ! Mais il devient une nécessité lorsque l'on s'en sert pour chasser de notre esprit le passé, nos erreurs, nos aigreurs, la colère, la rancune...bref tout ce qui attrait à une certaine difficulté. Haytham avait souscrit à cette vision des choses. Bouteille à la main, adossé à tous les comptoirs de tous les pubs environnant, il n’avait eu de cesse de songer au passé et irrémédiablement, plusieurs visages familiers lui étaient revenu en mémoire et à coup de whisky, de vodka, de bourbon, de cognac et autres boissons déconseillées aux petites natures, il essayait d’oublier, d’effacer de sa mémoire le passé, ses erreurs, ses aigreurs, sa colère, sa rancune. Car en pleine déshérence, comme nous sommes en pleine tempête, nous ne contrôlons plus rien, on se laisse aller et au lieu de sombrer totalement, on s’accroche à des bouées, des substituts, des placebos, rien de bon en l’occurrence.

Haytham observa le verre qu’il venait de commander, un double whisky sans glaçon, mais ambré à souhait. La réflexion de Tamara, malgré la tristesse que l’on pouvait déceler dans son regard, fit sourire le demi-dieu qui porta son verre jusqu’à ses lèvres pour en humer les volutes alcoolisées. « - C’est quand même triste que le whisky soit la seule chose qui me rappelle dont je viens » dit-il arborant un semblant de nostalgie dans la voix. Il reprit en main son verre et l’entrechoqua à celui de son interlocutrice avant de délester le récipient de son contenu. Tamara quant à elle ne s’embarrassa d’aucune formalité, elle but son verre cul sec et à peine eu-elle achevée son œuvre, qu’elle tendit la main pour en commander un autre. Haytham la fixa, prenant grand soin de rester silencieux afin de ne point briser l’équilibre instable qui faisait office d’accalmie entre eux. Lui-même agita la main pour attirer l’attention d’une serveuse. « -Deux autres s’il vous plaît ! » dit-il sans grande conviction. La jeune femme récupéra les deux verres et s’éloigna afin de laisser une fois encore, les deux « anciens » amis seuls. Malgré l’amertume et la déception résultant de l’échec de la mission non-officielle pour laquelle Tam, l’avait mandé, le jeune homme ne pouvait détacher son regard de la belle brune qui lui faisait face. Le caractère immuable de la rancœur avait bien piètre figure à présent. Le second verre arriva, l’agent de terrain fut la première à y tremper les lèvres tandis qu’Haytham, prenait, cette fois, le temps de savourer la boisson ambrée qu’il tenait au creux de sa main, dans ce verre qui paraissait tellement plus grand entre les mains de Tamara.

« - Oui mais peut-être que bien au-delà de tenir ma promesse, j’avais envie que cela fonctionne. Crois-moi ou non, mais voir ta mère dans cet état m’a fait beaucoup de mal. » A son tour, il délesta son verre du liquide ambré qui se trouvait encore à l’intérieur quelques secondes auparavant. Connaissant ses limites, il savait qu’il lui faudrait plus de deux verres avant de sentir l’alcool lui brûler la gorge et les entrailles. Habitué aux cuites mémorables, il avait ainsi étayé sa résistance à l’alcool et pouvait se targuer d’être un coriace. Mais ce soir, il n’était pas décidé à aller au-delà de ses limites malgré la tristesse qui lui vrillait présentement le cœur. Il prit donc son verre vide et commença à l’observer.

« - Je n’ai jamais résisté à ce liquide ambré. Je crois que la couleur est attractive, plus que le goût. Quand j’étais plus jeune, au camp Jupiter, on nous a fait goûter une boisson euphorisante répondant au doux nom de Soma. Cela veut dire « jus » en sanscrit. Je ne me souviens plus de la recette exacte, mais il me semble qu’il y avait un peu d’hydromel, du lait et du malt mélangé à diverses plantes aromatiques. Dans la Grèce antique, nos chers parents divins, buvaient un sublime nectar que peu de personnes peuvent se targuer d’avoir bu, de l’ambroisie. En fait, c’était un mélange de vin, d’orge et de miel. Mais bon dieu que c’était délicieux. On buvait beaucoup là-bas, mais ici on joue dans une autre cour. Le whisky, le bourbon, le cognac, la vodka, j’ai tout essayé. Mais bien que forts, ces alcools ne parvenaient à amoindrir tous mes maux. Je crois que Nietzsche a dit un jour que si nous regardons longtemps au fond des abysses, les abysses voient au fond de nous. C’est ça que je cherchais à fuir en essayant de trouver l’alcool le plus fort. Les abysses ont réussi à lire en moi, comme dans un livre ouvert. Depuis que je suis parti, ma vie n’a eu de cesse de s’engouffrer dans les ténèbres, tellement que j’ai arrêté de croire au retour de la lumière. J’ai fait tellement de conneries Tam, j’ai pris tellement de mauvaises décisions. » Il s’arrêta, car il en avait trop dit à présent.

Vulnérable à souhait, le voilà qui s’en voulait d’avoir retrouvé un peu d’humanité. Tam ne l’a quant à elle, pas quitté des yeux, elle aussi était aux prises avec les ténèbres et elle aussi s’était délester de sa carapace de protection pour redevenir la petite fille qu’elle n’était plus. Touché par ses multiples interrogations, le demi-dieu se décida, malgré l’hypothétique danger qu’elle représentait, à lui prendre la main. « -Tu te souviens de ce que je t’ai dit sur l’espoir ? » Il attendit quelques secondes pour lui laisser le temps de fouiller ses souvenirs afin de donner la bonne réponse. Mais le temps passé avait semblerait-il occulté les sages paroles de la mémoire de Tamara. « -Je t’ai dit un jour que dans l’ombre subsiste la lumière et que même si tout est noir, même si les nuages accaparent l’horizon, les étoiles sont toujours là pour quiconque veut les voir. Tout ça pour dire que même si les médecins te disent qu’il n’y a plus aucune raison d’y croire, tu ne dois pas baisser les bras et te dire que c’est une cause perdue. D’ailleurs, aucune cause n’est perdue, c’est des foutaises. Ta mère reviendra »

D’autres verres succédèrent aux précédents. Haytham avait retiré sa main pour récupérer son whisky. Une fois encore, il y trempa les lèvres et une fois encore, il joua les audacieux en avalant instantanément le breuvage. Malgré les années passées, la détresse de Tamara lui faisait beaucoup de mal, comme s’il était encore connecté à elle et il n'hésitait plus à le lui faire savoir.  « - Tu ne dois pas perdre espoir Tam ! Les médecins ont un esprit étriqué, ils sont attachés à leur science, mais tu sais qu’il existe d’autres alternatives. » Il lui sourit avec sincérité, il était évidemment que dorénavant les hostilités n’étaient plus à l’ordre du jour. Chaque chose semblait avoir retrouvé sa place et malgré les années passées et la rancœur, Tamara concéda à lui parlait comme si leur amitié n’avait jamais cessé d’être, comme s’il n’était jamais parti. « -Tam, je… » commença t’il pour ensuite être coupé dans son élan par le portable de la belle brune. Elle s’excusa aussitôt et décrocha. Visiblement, son père était à l’autre bout du fil, Haytham se garda du moindre commentaire et sortit à son tour son portable. Une idée venait de lui traverser l’esprit, mais avant de l’énoncer, il se devait de vérifier ses dires. La conversation entre Tam et son père fut brève, trop pour que le demi-dieu n’étaye ses recherches.« -Ton père n’a jamais manqué d’ambition pour toi. » dit-il pour tenter d’apaiser les choses, car il était évident que cet échange avait agacé la belle brune qui commanda un autre verre, pour ensuite se livrer à quelques confessions qu’Haytham Cassidy écouta avec la plus grande des attentions. « -Je t’écoute Tam » dit-il en adoptant la même posture qu’elle. La jeune femme visiblement incertaine, prit une grande inspiration, ferma les yeux quelques secondes avant de lancer d’une traite son petit soliloque improvisé. « - Tu es pardonné pour le coup des fléchettes, je l’avais surement mérité. Quant au reste, tu n’as pas à t’excuser, je ne t’en veux pas de m’avoir haï durant ces vingt-sept dernières années. Et j’ai.. »
« -TAMARA LOND ! »
Les deux protagonistes élevèrent leur regard, un charmant jeune homme au sourire ravageur venait de s’approcher pour saluer Tamara.
« -Tu es toujours aussi divine ! » dit-il sans prêter la moindre attention à Haytham qui serra la mâchoire légèrement mal à l’aise de voir un autre homme congratuler la belle. Était-il jaloux ? ! Peut-être…





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COLONEL BADASS
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 17 Fév - 3:21

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…






Haytham avait souri, et malgré la tristesse qui était sienne, Tamara ne put s’empêcher de remarquer ce sourire qu’elle n’avait plus revu depuis des années, ce sourire qui lui plaisait tant. En l’espace d’une petite seconde, alors que les lèvres du demi-dieu s’étiraient ainsi, elle pouvait revoir mentalement tous les plus beaux sourires qu’il lui avait offert lors de leur vie passée partagée. Puis il prit la parole pour déplorer le fait que le whisky était la seule chose qui lui rappelait l’Irlande.

-Tu aimerais y retourner ? demanda-t-elle le plus naturellement du monde.

Alors qu’elle avait rapidement fini son premier verre, le fils de Mars l’accompagna pour un second tour. La soirée promettait d’être longue. Tam se refusait à passer à une nouvelle journée sans avoir trouvé comment atteindre son objectif, sans avoir un but à poursuivre. La réelle aspiration à laquelle elle avait consacré sa vie était de pouvoir guérir sa mère, et la solution qui lui avait toujours paru évidente venant de tomber à l’eau, il fallait absolument trouver autre chose, il ne pouvait en être autrement. Hay avoua qu’il avait souffert de voir madame Lond ainsi. Sans qu’il n’ait eu besoin de le dire, la petite brune l’avait remarqué, et ça l’avait quelque peu ébranlée. Mais le fait qu’il mette des mots dessus la toucha d’autant plus. Il n’était pas du genre à se livrer, cela se voyait. C’était déjà le cas lorsqu’ils étaient enfants, et que Tam l’avait surnommé « le Penseur », lorsque dans des moments de solitude, il se mettait à réfléchir de manière presque palpable, et qua sa petite sœur de cœur venait le déranger, déjà en manque de sa présence, pour qu’il joue avec elle. Il n’avait jamais facilement révélé ce qu’il pensait vraiment, ce qu’il ressentait, ce garçon était longtemps demeuré un mystère, et l’était d’ailleurs toujours. Aussi, ce confidence n’était pas anodine pour celle qui lui aurait tout concédé par le passé.

-Elle t’a toujours beaucoup aimé, tu sais. Je… j’étais sure que ça marcherait, je pensais que de te voir changerait tout.

Son regard se perdit dans le vague, cherchant encore une raison à ce fichu échec. Lentement, elle dodelinait de la tête, mais bien vite, sa réflexion fut écourtée par l’intérêt qu’elle portait, comme au bon vieux temps, aux paroles de son Penseur. Il lui parla alors, à mi-mots certes, de son passé, d’un certain camp Jupiter, de ses premières cuites au Soma, de la fameuse ambroisie, de son retour au « monde réel » et ses alcools forts, qu’il avait tous essayés pour tâcher de noyer le souvenir de certains mauvais choix. Haytham avait à présent l’air si différent, c’en était presque déstabilisant. Elle mourait d’envie de lui prendre la main, de faire quelque chose pour essayer de le rassurer, mais elle était comme paralysée par ce qu’elle entendait et voyait. Puis, comme par miracle, ce fut lui qui eut ce geste, ce petit contact qui n’était en soit pas grand-chose, mais qui symbolisait beaucoup. Machinalement, l’agent de terrain resserra un peu l’étreinte de sa main dans la sienne, le peu que celle-ci dura. Il lui demanda alors si elle se souvenait de ce qu’il lui avait un jour dit sur l’espoir. A vrai dire, elle était désormais comme hypnotisée par son regard, et peut-être un peu aussi légèrement abrutie par les premiers effets de deux verres de whisky engloutis rapidement, aussi eût-elle du mal à trouver où il voulait en venir. Mais le demi-dieu vola bien vite à son secours en lui rappelant ces paroles pleines de sagesses qu’il avait prononcées il y avait des années pour la rassurer sur quelque chose qu’elle avait désormais oublié. Entendre de la bouche de l’irlandais que sa mère reviendrait toucha Tam, et l’aida à reprendre espoir, ce qui n’était pas une mince affaire au vu de la claque dans la figure qu’avait représenté cet échec cuisant.
Un léger sourire se dessina timidement sur ses lèvres. Hay avait su la rassurer, comme lorsqu’ils étaient enfants. Il n’avait finalement peut-être pas tant changé… Peut-être qu’il était vraiment celui qu’elle le pensait être il y a vingt-sept ans, et non le monstre qu’elle avait préféré imaginer pour se faciliter la vie. Il évoqua le fait que d’autres alternatives, mais avant que la conversation n’ait pu prendre ce chemin, le coup de fil de monsieur Lond interrompit leur conversation.

-Mon père a bien les ambitions qu’il veut, je pense qu’il voulait que je m’éloigne un peu d’ici, de ma mère aussi. Il est loin d’être du même avis que moi, ou que toi. Il pense aussi que je poursuis une chimère en espérant un rétablissement. Quand j’ai emménagé à New York, il n’a pas accepté tout de suite que fasse transférer maman dans cette clinique pour être auprès d’elle. Mais il est sans arrêt en déplacement, et je ne supportais pas l’idée que personne ne continue à venir la voir.

Alors qu’il était assez difficile pour elle de présenter ses excuses, que pourtant elle pensait, mais qui lui faisaient mal en un sens car il est toujours difficile de reconnaître que l’on a fait erreur pendant aussi longtemps que quasiment trois décennies, le fils de Mars les accepta avec une facilité déconcertante. L’agent de terrain en resta bouche bée, et elle attendrait la fin de la phrase avec impatience lorsque celle-ci fut coupée par l’intervention d’une voix masculine familière qui prononça son nom.

Une nuit pluvieuse d’octobre, l’eau s’affalait en cascade sur les larges fenêtres du luxueux loft new-yorkais de Daniel Smith, tandis que quelques nuages de fumée s’évaporaient lentement. Tam reboutonnait son chemisier dans la pénombre de la chambre, assise au bord du lit, tandis que le journaliste fumait une cigarette, lascivement étendu, nu sur les draps.
« Pourquoi tu ne restes pas ? Tu te sauves toujours. Tu pourrais passer la nuit ici pour une fois, non ? »
La jeune femme se leva, enfin rhabillée, et se retourna vers lui.
-Tu connais la réponse.
« Je pourrais venir chez toi, peut-être ? »

Un sourire ironique s’était dessiné sur les lèvres pulpeuses de la petite brune.
-J’adore ton sens de l’humour. A la prochaine, Dan ! lança-t-elle avant de quitter la chambre, puis l’appartement.

Avant même d’avoir tourné la tête, Tam avait reconnu l’identité de cet homme qui les, ou plutôt l’avait abordé. Un sourire de façade vint alors s’afficher sur son visage, tandis que la brune tourna son regard vers le nouvel intervenant qui la complimenta.

-Dan sexy Smith ! Je ne savais pas que tu étais en ville, chéri ! lui dit-elle en battant légèrement des cils avec ce même sourire qui ne quittait pas ses lèvres. Ça fait un bail… Deux ou trois mois…

« Ça fait un an. Tu m’as jamais rappelé. »


Une petite moue sur les lèvres, faisant tournoyer son verre entre ses mains, Tamara lui sourit de plus belle.

-Oh tu sais, moi la technologie…

L’agent de terrain but une nouvelle gorgée de son verre dont elle avait oublié le compte, avant de le reposer sur la table.

« Du whisky ? Eh bien, ça change des bouteilles de champagne qu’on a descendus tous les deux. »

Tam se contenta d’hausser les sourcils avec un mouvement de tête de côté, ne pouvant nier les faits devant l'air étonné du nouvel interlocuteur.



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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Jeu 18 Fév - 23:51


O douces retrouvailles

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Confortablement assit sur cette chaise pourvue d'un dossier tout aussi confortable, Haytham vivait pourtant une situation pour le moins inconfortable. Le verre à peine finit, l'envie d'en commander un autre ne manquait pas, cependant au vu de la situation, il fallait faire preuve de retenue et ne pas retomber dans ses vieux travers. En regardant son verre quasiment vide, il repensa à tous ceux qu'il avait au préalable commandé adossé au comptoir de quelques pub et autres bar du coin. Il les avait tous essayé, du moins ceux qui se trouvaient à proximité du centre hospitalier où il avait été transféré suite à l'attaque du camps de blessés. Ne pouvant le ramener en terres américaines, l'Europe devint la terre d'exile, ou du moins celle qui permettrait au fils de Mars, de se remettre de ses blessures. Le convoi militaire déposa donc les quelques blessés qu'il transportait en son bord, à Berlin. Trois semaines s'écoulèrent avant qu'Haytham ne quitte le centre hospitalier pour regagner son Amérique natale. Le retour fut rude et la prise en charge minimale pour l'ancien soldat, qui s'il s'était remis de ses blessures physiques, devait à présent enclin à en gérer de plus profondes.


Haytham, accompagné par un infirmier, fut invité à rejoindre le bureau du médecin qui s'occupait de lui. Sans ménagement, l'infirmier fit asseoir de force le patient qui n'hésita pas en guise de réponse, à lui envoyer un regard des plus menaçants.
"-Bonjour Haytham ! Comment allez-vous ?" Le demi dieu se gratta le menton et fit mine de réfléchir intensément.
"-Hum..super, c'est la grande forme doc !"
"-Vous avez mauvaise mine pourtant.
-Bah je me pensais au club med et je viens de me rendre compte au vu des blouses blanches, que je n'allais pas avoir d'aqua-gym." Le médecin prit le temps d'observer le jeune homme, il croisa les mains sur sa poitrine et s'enfonça un peu plus dans son fauteuil.
"-Vous saviez à quoi vous attendre en venant ici"
"-Oui oui, c'est sûr et le café alors ? Pourquoi me l'avoir enlevé ?"
"-La caféine fait partie de ces produits additifs que nous consommons chaque jour. Pour réussir le programme de sevrage, votre organisme doit se purger de tous ces petits produits source d'addiction."
"-Ce n'est pas une tasse de café qui va me tuer si ?"
"-Nous avons des directives à suivre. Après votre sevrage, vous pourrez reboire du café"

"-Et quand exactement ?"
"-D'ici un mois !"
Exaspéré et à cran, Haytham se leva de son siège obligeant l'infirmier à s'approcher de nouveau.-J'en ai ma claque d'être ici
"-Buvez une tisane ça vous calmera, car il est évident que c'est ce don vous avez besoin."
"-Non ce dont j'ai besoin c'est d'un bon verre de whisky."
"-Mr Cassidy, ça fait quatre jours que vous êtes parmi nous. Les premiers effets de manque se font ressentir. Votre organisme est sous pression. Vous êtes agressif, facilement irritable, c'est normal. Les prochains jours seront difficiles Haytham. Soyez patient et vous serez récompensé."
"-Je ne suis pas alcoolique. Je vais bien et je n'ai pas besoin de vous."
"-Mr Cassidy laissez-moi remettre les choses au clair. Vous êtes venu ici de votre plein grès, c'est vous et sans contrainte qui m'avez confesser avoir un problème avec l'alcool. Je n'ai rien inventé, tout est concilier par écrit.  Vous allez mal, c'est évident, tout comme le fait qu'un verre de whisky ne vous aidera pas à aller mieux. " Et il avait raison et nul besoin de belles distinctions sur un mûr pour avancer de tels propos. La forte absorption d'alcool, hormis le fait d'assujettir le patient à une forme d'addiction, ne lui permettra pas de se défaire de ses vieux démons et des quelques scènes qu'il cherche à oublier. En regardant son verre vide Haytham se rappela donc cette difficile période où l'alcool coulait à flot ainsi que les problèmes. Il préféra donc s'abstenir de commander un autre verre et reporta toute son attention sur Tamara. Cette dernière avait accepté l'étreinte de la main de son ami et sans hostilité elle lui fit savoir à quel point sa mère l'aimait et que de ce fait elle espérait que sa venue change l'état catatonique  dans lequel elle était plongée depuis presque trente ans. Mais rien, il ne s'était rien strictement rien passé, sauf la naissance d'une frustration extrême, qui par chance ne déboucha pas sur de la haine. Haytham sans le dire à haute voix, était de ce fait reconnaissant, car il n'était pas, ce soir, décidé à la combattre. Voir Mrs Lond dans cet état, l'avait complètement désarmé, le rendant aussi vulnérable que le petit garçon qu'il n'était plus. "Le Penseur" comme elle le nommait jadis, était au prise avec sa culpabilité et cette impression d'avoir tout raté, comme si depuis sa fuite, une malédiction le poursuivait et ne lui laissant pas le moindre répit. Bien sûr s'il avait été délesté de toute fierté, il aurait accepté de se livrer, de dire à Tam qu'il n'était qu'un pauvre connard, que sa vie était pathétique et qu'il préférait être à la place de Madame Lond, pour que cette dernière puisse vivre de beaux moments avec sa chère fille, mais il n'en fit rien et resta silencieux, arborant un triste regard, il n'était pas capable de plus.

Passé les lamentations intérieures, la conversation reprit et s'orienta sur un sujet au moins plus épineux.  "-Ah oui ton père ! Je me souviens d'un homme prit par son travail, comme le mien dans un sens. Tu as au moins la chance de le connaître et de l'aimer. Moi je n'ai qu'une chimère en tête, l'écho d'un murmure à peine audible. Bref rien de rien ! Et tu as bien fait de lui tenir tête pour ne pas laisser ta mère seule." Il lui sourit avec tendresse et accepta les excuses qu'elle avait consentit à lui faire. La conversation semblait avoir prit une bonne tournure contrairement à leur retrouvailles, mais cette accalmie fut de courte durée au grand dam d'Haytham qui vit un guignol familier à "Tam" s'approchait sans avoir été invité au préalable. L'homme, que l'Irlandais scruta de la tête aux pieds, s'approcha tout sourire et continua à arborer ce qui lui semblait être un sourire ravageur, mais qui aux yeux d'Haytham apparaissait comme un sourire niais, ses paroles l'étaient tout autant. Sans surprise, il congratula la belle brune et s'assit à ses côtés ne se souciant pas du demi-dieu, qui préféra rester silencieux ( dans un premier temps). Sans trop comprendre pourquoi, son coeur se fit plus douloureux à l'entente des quelques surnoms que la belle brune offrait à ce grand crétin qui semblait avoir toutes ses faveurs.

"-Si je vous dérange, il faut me le dire" lança t'il après avoir résister à l'envie d'intervenir, en vain. Le pseudo "sexy Dan" posa un regard plein de dédain sur celui qui venait de prendre la parole sans y être invité, oubliant l'objet de son désir.  

"-Vous êtes qui vous ?"

"-Un gars qui apprécie moyen de voir un autre gars s'inviter à sa table pour parler du bon vieux temps."  Le dénommer Dan s'offusqua et ne manqua pas d'observer Tamara afin d'avoir quelques explications.

"-C'est quoi le problème l'ami? Et puis qui es-tu hein ?"

"-Mon problème c'est toi pour commencer et ce que je suis ne te regardes pas. Alors on va la faire simple, tu lèves tes fesses, tu embarques ton sourire de charmeur niais avec toi et tu nous fiche la paix" L'homme s'offusqua davantage se demandant bien qui était ce rustre qui osait lui parler de la sorte. Il alla même jusqu'à demander des comptes à Tamara. "-Euh c'est qui ce type ? Ton mec ? ! Tu t'es déjà recasé avec le premier venu." Ne supportant que très mal les allégations de ce crétin, Haytham se leva pour lui faire face.  "-Tire-toi maintenant, je ne vais certainement pas le répéter." La jalousie est un vilain défaut et Haytham venait de le prouver en agissant de la sorte.


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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Sam 20 Fév - 17:48

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





La discussion était plus détendue, les deux anciens amis avaient enfin trouvé un terrain d’entente, ils avaient les mêmes regrets et désormais le même but. Tamara avait l’impression de retrouver enfin celui qui lui avait tant manqué avant qu’elle ne se mette à le haïr des années durant. Hay évoqua son propre père en parlant de celui de Tam, du moins ce qu’il se rappelait de lui, à savoir un homme très pris par son travail, peu présent. Il trouvait que la petite brune avait plus de chance que lui, concernant la figure paternelle. Ce n’était pas faux, elle ne pouvait se plaindre en sachant qui était le divin père de l’irlandais, car si monsieur Lond était souvent absent, il avait quand même été un père aimant pour sa fille. Elle se contenta de hocher la tête en guise de réaction. Le père de Tamara avait été très amoureux de sa femme, fut un temps, mais la jeune femme avait toujours pensé que le seul vrai amour de la vie de cet homme était son travail. Il en parlait avec passion et ne manquait jamais aucune occasion de faire des réunions, des investissements et autres transactions.

-Je n’aurais jamais laissé ma mère. Je sais que mon père, malgré l’affection qu’il lui porte, ne saurait se montrer assez présent, et je tiens à ce qu’elle ait de la visite. Elle ne mérite pas de rester seule tout le temps, attendant que son mari ne daigne passer entre deux voyages d’affaires. Depuis que c’est arrivé, mon père s’est plongé corps et âme dans son boulot. Surement que ça l’aide à ne pas y penser.

Alors que Tamara délestait son énième verre d’une nouvelle gorgée, un homme était venu interrompre la conversation qu’elle avait avec Haytham : Daniel Smith, un ancien amant que l’agent Lond n’avait pas revu depuis plusieurs mois, voire une année à en croire ses dires. Le demi-dieu ne sembla pas apprécier l’incruste de cet étranger. Il s’était assis à côté de Tam, l’obligeant ainsi à se décaler un peu sur sa banquette en cuir. Celle-ci n’avait pas lâché son verre et avait reporté son regard sur le fils de Mars dont elle remarqua l’agacement, ce qui l’amusa. Un sourire en coin naquit sur ses lèvres lorsqu’il demanda s’il les dérangeait. Alors que l’ami d’enfance de la jeune femme se fit entendre, manifestant son mécontentement, Dan rétorqua, semblant soudain prendre en compte la présence de celui-ci, s’offusquant de l’hypothétique possibilité qu’il soit le petit ami de Tamara. Celle-ci leva les yeux au ciel, faisant tournoyer son verre dans sa main avant d’en boire une nouvelle gorgée. Le demi-dieu se leva de sa chaise, faisant montre d’une mauvaise humeur naissante, menaçant à souhait dans son regard et ses propos, ce qui tira un nouveau sourire en coin à l’agent de terrain. Mr Smith ne semblait cependant pas l’entendre de cette oreille.

-Tu devrais l’écouter et te tirer, Dan, déclara-t-elle tout en continuant de scruter son verre dont le contenu s’amoindrissait à chaque gorgée.

Daniel ne sembla pourtant pas prêt à coopérer. Il se leva à son tour, faisant bouger la table d’où Tam souleva son verre pour éviter qu’il ne se renverse.

« Et sinon quoi ? Hein ? Qu’est-ce que tu vas faire, grand dadais ? Me cogner ? »

Il ponctua sa phrase d’un petit rire ironique tandis que Tam dodelinait de la tête en étouffant un léger rire.

-C’est peut-être pour ça que je t’ai pas rappelé… tu es mignon mais un peu trop collant.

Daniel se tourna alors vers elle, visiblement insatisfait par ses paroles.

« Quoi ? Mais… »
-Ou peut-être que c’était tes performances qui laissaient à désirer… J’avoue que je ne sais plus.
« C’est bizarre, j’ai pas le souvenir que tu t’en plaignais. »
-C’est bizarre, j’ai pas le souvenir que t’étais aussi chiant… En fait t’es beaucoup mieux quand tu la fermes.


Tam se leva à son tour, après avoir bruyamment posé son verre désormais vide sur la table. Elle avança vers le nouveau venu, l’obligeant à reculer, si bien qu’il se trouva dos contre Haytham.

-J’aimerais sincèrement que tu dégages, maintenant, en fait. C’est possible tu crois ? Ou tu veux qu’on t’aide ? Tu sais, on a vraiment passé une journée pourrie, donc si tu pouvais nous foutre la paix, ce serait vraiment, vraiment, sympa de ta part, lança-t-elle en insistant sur les « vraiment ».

Daniel Smith était à présent entre les deux anciens amis, et donnait de la tête entre l’un et l’autre, ne sachant que répondre, n’ayant visiblement pas l’habitude de se faire rembarrer de la sorte. Après quelques secondes d’hésitation, le trader fronça les sourcils en direction de la jeune femme.

« T’es vraiment une garce, Tam ! Et je mesure mes mots. J’aurais pu dire salope, mais je serais encore bien loin de la vérité.»

Elle s’avança vers lui d’un air déterminé avec la vitesse et l’agilité d’un chat, et lui empoigna fermement la mâchoire inférieure en moins d’une seconde. Ses yeux s’étaient assombris et sa colère ressortait à présent. Il subissait à la fois le retour de flamme de son impudence mais également le contrecoup de tout ce que Tamara avait vécu en cette journée bien étrange.

-Fais gaffe à ce que tu dis, susurra-t-elle entre ses dents tout en le fusillant du regard. Je pourrais te briser la mâchoire d’une simple pression de la main.

Elle le relâcha sans ménagement en le poussant légèrement, ne mesurant pas sa force. La tête de Dan cogna contre le torse d’Haytham. Tam souffla bruyamment d’exaspération.

-Allez barre-toi, on t’a assez vu. C’est dans ton intérêt, je t’assure.

Tamara croisa les bras tout en le fixant d’un air dédaigneux, espérant qu’il ne continuerait pas à poser des problèmes. Elle n’était pas d’humeur à se disputer avec ce type, elle avait à présent une furieuse envie de lui faire une tête au carré, mais ce ne serait pas raisonnable, bien entendu. Elle espérait donc qu’en étant deux à lui demander « gentiment » de déguerpir, il finirait par obtempérer. Elle soupira en attrapant sa veste.

-Viens Hay, on s’en va.

L’agent Lond sortit un billet vert de sa poche qu’elle laissa tomber sur la table avant de contourner monsieur Smith et d’attraper l’irlandais par la main pour se diriger vers l’ascenseur.


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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Lun 22 Fév - 3:54


O douces retrouvailles

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MarHayTam



Une boule de nerfs, voilà le qualificatif le plus employé pour évoquer Haytham Cassidy. Les rares personnes qui constituent son actuel cercle amical, n'auront de cesse de vous le répéter. « Haytham est un gars bien quand il veut, mais il peut aussi, dans les mauvais jours, être une véritable boule de nerfs » et ça n'est pas Joshua le « bouc » maker, qui pourrait contredire cela. C'est d'ailleurs ce trait de personnalité, qui a, dans les abysses souterrains des free-fight, fait la renommée de celui que l'on appelle l'Irlandais. Oui, aussi charmant soit-il, Hay traînait quelques défauts, qui - pour rendre la métaphore plus parlante - s'apparentent à quelques casseroles dont il se serait bien passé. La boule de nerf - bouclons la boucle - assujetti à un manque évident de patience, avait refait surface à plusieurs reprises tout en long de cette journée pourrie, tellement qu'il fallait la graver dans les annales. Mais avec l'arrivée de ce « crétinus » blond de cheveux et d'intellect, pâle copie du Charmant de Shrek, le manque évident de patience du « Marsien » se décupla telle la superbe force qu'il arbore lorsque son adrénaline où sa colère, atteint son paroxysme. Si jusqu'alors la culpabilité était au rendez-vous, présentement l'envie de coller une beigne à ce malotru sonnait comme une évidence. Une envie qui redoublait encore plus au vu de l'attitude exécrable du pseudo « beau gosse » de papier glacé qui à n'en pas douter, faisait fantasmer les petites minettes en recherche de sensations. D'ailleurs, Haytham fut surpris de constater qu'il fut un temps, peut-être pas si éloigné, Tamara avait cédé aux sirènes de cet étalon. Passé l'étonnement et après avoir prêté l'oreille à la conversation dont il était exclu, le demi-dieu sentit une pointe d'amertume lui égrainait le cœur. Ainsi, ils avaient couché ensemble et à plusieurs reprises, l'homme portait donc le statut très enviable « d'ex ». Le simple fait d'imaginer un autre homme dans le lit de Tamara, éveilla auprès de l'Irlandais, des sensations, qu'il n'avait jusqu'alors jamais, ou très rarement explorées. La gorge légèrement asséchée, de la gêne dans le regard, à tel point qu'il est incapable de croiser les deux iris chocolatées de la belle américaine, cette impression d'être là sans y être et ce désir de fuir avant de faire n'importe quoi.

Était-il possible qu' Haytham Cassidy, fils de Mars, soit à ce moment très précis, frappé de pleins fouets par dame Jalousie ? L'évidence est de mise pour nous lecteur, pour moi narrateur omniscient, mais pour les protagonistes, c'est une toute autre histoire. L'irlandais est un demi-dieu, il a longtemps vécu selon des règles, des principes inhérents à sa condition. Masquer ses émotions fait indubitablement partit des principes fondateurs qui lui ont été inculqués au camp Jupiter. C'est un enseignement qu'il a durant de longues années, mit à profit pour survivre et à présent, confronté à un fantôme du passé, il arrive à en oublier tout ce qui lui a été enseigné jusqu'alors. Maintenant, le revoilà devenu le jeune Hay, le « Penseur » comme Tam se plaisait à l'appeler.  Ah Tamara Lond, Tam comme il l'appelait par le passé et lorsque l'innocence était encore au rendez-vous. Amie, petite sœur de cœur, l'histoire avait bien voire très bien commencée entre ces deux enfants réunis par de tristes circonstances. À son arrivée en Louisiane, Eileen, la mère d' Haytham, avait beaucoup ramé avant d'enfin décrocher le boulot qui lui assurait une certaine stabilité. Courageuse à souhait, mais un peu orgueilleuse, la belle humaine, s'était arrangée pour faire disparaître bon nombre de ses péripéties d'un cv pas très fournis. Madame Lond femme et mère avant tout, avait cependant très vite comprit la dure et quotidienne réalité dans laquelle Eileen s'enfermait pour subvenir à ses besoins, mais plus encore à ceux de son petit garçon de cinq ans. Lorsqu' Haytham rencontra Tamara pour la toute première fois, elle fêtait sa première année d'existence. Lui, le petit garçon de cinq ans comprit très vite et naturellement, qu'il se devait d'être le protecteur de ce bébé et qu'il ne devait laisser personne lui faire le moindre mal. Tel fut le premier lien qui s'instaura entre ces deux enfants. Puis les années passèrent tel le sable qui s'écoule dans un sablier. Le jeune garçon grandissait à vue d'œil, Tamara suivait derrière. Lorsque ce fut au tour de la petite fille de souffler ses cinq bougies, Hay jusqu'alors protecteur, devint le grand-frère et ce lien demeura immuable jusqu'à ce qu'il souffle ses 17 bougies. Tamara, qui approchait des 12 ans, laissait paraître les traits d'une magnifique jeune demoiselle en devenir. Le Penseur quant à lui, prenait de l'assurance et une grande prestance qui ne laissait pas les filles de son lycée, dans l'indifférence. Mais quelqu'un semblait attiré toutes ses attentions. Quelque chose avait changé entre les deux enfants de la maison, les mots avaient une toute autre résonance, les regards et les sourires semblaient teintés d'un aspect sentimental et non-amical. Le cœur d'Haytham cogna sa poitrine pour la première fois, mais il préféra le taire au vu des liens qui l'unissait à Tamara. Elle était son amie, la plus proche qui plus est, il ne pouvait en être autrement du moins c'est ce qu'il se disait à chaque fois qu'elle lui souriait ou qu'elle le congratulait de quelques mots doux. Il ne s'est jamais rien passé malheureusement, mais dans le cœur du bel Irlandais, Tamara demeure son premier amour et aujourd'hui, ici dans ce bar, face au blondinet, après avoir tue sa jalousie, ce sentiment venait de refaire surface et ébranlé plus que jamais le fils de Mars, qui n' était plus confronté à une petite fille, mais à une femme.

Tamara n'avait quitté sa place, malgré l'indésirable présence, Hay quant à lui, fulminait encore et ne cherchait même pas à cacher son agacement. Mâchoire et poings serrés, le fils de Mars était prêt à bondir, mais quelque peu civilisé, il se contenta de se lever, obligeant « Charming » à en faire de même. La confrontation entre les deux coqs était donc inévitable « - Tire toi ! » réitéra le Penseur, qui n'avait pas pris de pincettes, contrairement à l'agent de terrain, qui toujours assise, demanda à ce Dan d'écouter les « conseils » de son ami d'enfance. Les hommes étant par nature, têtue et parfois abrutie, le blondinet n'endossa pas le costume de l'exception qui confirme la règle et tel le gros crétin qu'il était et qu'il demeure encore, il joua les effrontés face à un Irlandais légèrement amusé. « -Ah petit blondinet, ne me cherche pas tu veux ?! Tu pourrais vite me trouver » lança-t-il sûr de lui rabattre le caquet, mais à sa grande surprise, Tam vint se joindre à la conversation et lui prêta, en quelque sorte, main forte en affublant de « doux » adjectifs à son ancien partenaire « sexuel ». L'homme étant ainsi fait, s'offusqua des paroles qui venaient de lui être délivrées, tandis que Tamara en rajoutait encore et encore. « -C'est bon, je n'ai pas besoin d'avoir le détail de vos performances sexuelles ! » lança notre cher demi-dieu, légèrement exaspéré et jaloux.

Et se fut enfin au tour de la délicieuse Tamara, de lever son beau derrière pour elle aussi se confronter à l'intrus qui était visiblement bien décidé à rester. Charming Daniel fit un pas en arrière pour éviter l'approche frontale avec Tam, mais sentit bien malgré lui, qu'il se trouvait non loin d'Haytham, qui était, comparé à lui, pourvu d'une carrure bien plus imposante. « -Oui je suis entièrement d'accord avec toi Tam. Mais au pire s'il ne veut pas bouger son cul, je me propose de l'aider. Vu le gabarit, ça ne risque pas d'être compliqué. Alors le blondinet, il va faire quoi maintenant ? » Un petit moment de silence assaillit le trio. L'intrus visiblement peu habitué à se faire traiter de la sorte, lança à l'égard de la jeune femme qui lui faisait face, des paroles, que dis-je, des insultes qui attisèrent une dangereuse colère émanant du fils du dieu de la guerre. Une colère qui non tempérée pouvait être mortelle. Sur le coup, Tam fut plus rapide et sauva son ex d'un douloureux crochet du gauche qui à n'en pas douté, l'aurait envoyé au tapis. Hay observa son amie prendre en main la mâchoire du « Charming » de bas étage et fut impressionné par sa force de caractère et par ce qui se dégageait de son regard, un quelque chose qui le troubla légèrement. Passé l'intimidation, la beauté féline relâcha sa proie et lui conféra un dernier conseil avant d'attraper sa veste dans un dernier soupire. « -Tu crois que tu me fais peur-là ! Non mais regarde toi espèce de ... » Grossière erreur ! Cette fois, ce ne fut pas Tamara qui lui ferma sa grande gueule enfarinée, mais le ténébreux Haytham qui, malgré les années écoulées, n'appréciait toujours pas que l'on insulte Tamara en sa présence. Il fit tourner le malotru l'obligeant à lui faire face. Le regard du demi-dieu, aussi intense que celui de Miss Lond, en disait long sur son ressentit.
« -Ne t'avise plus de l'insulter devant moi. »
« -Ah ouais et sinon quoi ? » Haytham émit un léger sourire et attrapa les bijoux de famille du Charming. Toujours le sourire aux lèvres, il lança naturellement. "-Sinon je t'arrache les couilles et je te les fais bouffé. » L'homme plissa les yeux tant la douleur était importante. Passé la menace, l'irlandais consentit à lâcher sa proie puis suivit Tam qui lui prit l'autre main pour l'entraîner vers l'ascenseur. « -Bon, je crois que même la soirée est pourrie à présent ! Tu veux aller ailleurs ?! Un peu d'air, ça nous ferait du bien non ? » dit-il en lui souriant « -Tu n'appuies pas sur le bouton ? »



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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Lun 22 Fév - 15:25

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





Mais quel imbécile, ce Daniel. Pourquoi certains types ne peuvent pas comprendre que, dans leur intérêt, il vaut mieux parfois lâcher l’affaire plutôt que de s’enliser dans une situation qui n’est clairement pas à son avantage ? Il se trouvait face à deux personnes qui lui faisaient comprendre qu’il n’était pas le bienvenu, mais continuait malgré tout à s’incruster et en étant désagréable, qui plus est. Haytham avait une carrure bien plus imposante que la sienne, il le dépassait d’au moins une tête, il était évident qu’il aurait pu le plier en deux avec une aisance peu commune, alors quel intérêt pour lui de jouer au plus malin ? Tamara avait bien du mal à comprendre ce genre de comportement. Heureusement qu’elle s’était toujours interdit de leur faire confiance, que ce soit aux hommes ou à n’importe qui. Elle n’avait, depuis le départ de son « Penseur », plus fait confiance qu’à elle-même, ayant rapidement compris que cela lui éviterait bien des déceptions. Au lycée, ça la faisait doucement rire de voir les filles de son âge s’amouracher des beaux joueurs de base-ball, déclarant que c’était les hommes de leur vie, qu’ils se marieraient et auraient beaucoup d’enfants ainsi qu’une vie parfaite, avant de se faire jeter quelques jours ou semaines plus tard et se retrouver en larmes dans les bras de leurs copines, pour recommencer le même manège quelques temps plus tard. Comment ces filles pouvaient-elles être aussi naïves ? Comment pouvait-on accorder aussi facilement sa confiance à des êtres qui, clairement, se comportaient toujours de la même manière ? Après tout, il n’était pas difficile de voir que ce schéma se répétait sans cesse, que la fille déçue et en pleurs n’était pas la première et ne serait pas la dernière. Tam n’avait jamais plus pleuré pour un garçon. Le seul pour qui ses larmes avaient coulé était Hay lorsqu’il s’était évaporé. Puis, la colère ayant surpassé le chagrin, elle s’était promis que ça n’arriverait plus. Plus jamais. A douze ans, elle s’était déjà endurcie et s’était mis en tête que les sentiments n’étaient que faiblesse.

L’agent Lond avait observé le demi-dieu lorsqu’il s’adressait à « l’intrus », amusée par la répartie qu’il avait face à lui. Elle avait vraiment l’impression de retrouver celui qu’elle avait toujours connu jusqu’à son adolescence, celui qui la protégeait toujours, qui était là pour elle dans les bons comme les mauvais moments. Le preux chevalier toujours prêt à défendre son honneur. Il était clair que l’irlandais perdait patience encore plus vite que la jolie brune devant la prodigieuse insolence de Mr Smith. La tension montait autant que la provocation dont faisait preuve ce dernier, alors que clairement, il n’était pas en mesure de la ramener. Alors qu’il s’apprêtait encore une fois à insulter Tam, Haytham prit les choses en main, et ce dans tous les sens du terme, ce qui tira un sourire amusé à l’agent de terrain. Alors que Dan avait clairement arrêté de jouer aux courageux, Tamara attrapa la main de l’irlandais pour l’entrainer tranquillement vers l’ascenseur par lequel ils étaient arrivés. Le beau ténébreux qualifia la soirée d’aussi pourrie que la journée, ce qui arracha un petit rire à son interlocutrice qui lança un dernier regard à Daniel qui, toujours plié de douleur, s’était assis sur la banquette.

-C’était plutôt drôle, finalement.

Elle appuya sur le bouton de l’ascenseur qui s’ouvrit après quelques secondes. Elle avait bien sûr remarqué ce charmant sourire qui s’était dessiné sur son visage et qu’elle n’avait plus revu depuis si longtemps.

-Si je ne te connaissais pas, j’aurais pu penser que tu étais jaloux, lança-t-elle avec une pointe de taquinerie. Mon héros, ajouta-t-elle avec un sourire.

Bien sûr, elle n’aurait pas eu besoin de lui pour se débarrasser d’une présence indésirable, mais voir qu’il avait repris ses anciennes habitudes de protecteur était touchant quelque part.
Alors qu’ils entraient dans l’ascenseur, Tam eut une idée.

-Tu veux prendre l’air ? Attends.

Elle sortit de la poche de sa veste un petit trousseau de clés et en sélectionna une qu’elle entra dans une serrure située sous les boutons du boitier. Lorsqu’elle la tourna, le bouton « roof » s’alluma. Elle retira la clé et rangea le trousseau avant d’enfiler sa veste. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent peu après sur une sorte de plateforme au-dessus du bar. L’endroit était désert, ils étaient au sommet du building, faisant face à l’Empire State qui était encore bien plus haut. Lorsque les lourdes portes métalliques s’ouvrirent, un léger vent frais vint les accueillir. Tam prit de nouveau la main de l’irlandais pour l’entrainer doucement sur cette « terrasse » d’environ cent mètres carrés. Ils firent quelques pas à l’extérieur. La nuit était tombée, mais New York portant bien son nom de la ville qui ne dort jamais, les lumières des différentes enseignes conférait une clarté agréable à la pénombre qui aurait dû être là. Tamara lâcha la main d’Haytham pour s’accouder à la rambarde en métal, observant la ville qui s’étendait en contre-bas. On entendait au loin quelques klaxons ou sirènes, la populace était aussi active qu’en plein jour. Les buildings reluisaient, les lumières s’allumaient ou s’éteignaient à certains étages. La jeune femme sentit le vent lui caresser le visage, puis elle se retourna vers son ami d’enfance, laissant la rambarde dans son dos, toujours appuyée contre celle-ci.

-Tu as raison, ça fait du bien d’être au grand air. Mais je préfère les coins comme celui-ci, où personne ne vient.

Le fils de Mars n’avait pas encore eu le loisir de constater à quel point son ancienne amie était devenue peu sociable, en effet. L’était-il, lui-même ? Tam n’en savait rien. Elle ne savait plus grand-chose de lui, et pourtant, elle ne demandait désormais qu’à savoir tout ce qu’elle avait manqué de sa vie, même s’il en avait donné quelques bribes un peu avant qu’ils ne soient interrompus, d’abord par l’appel téléphonique de Mr Lond, puis par l’arrivée du trader en costard.
Elle poussa un petit soupir en le regardant approcher.

-Je voudrais tant remonter le temps, Hay. Tout aurait pu être tellement différent… tellement mieux. On méritait mieux.

Instant nostalgie. Il était rare que la petite brune se laisse aller à de telles déclarations, cela dit, il était d’autant plus rare pour elle de retrouver une personne qui avait tant compté, puisque personne, depuis lui, n’avait compté à ce point. Oui, les choses auraient pu, et auraient dû, être différentes. Et puis la quantité d’alcool ingurgitée la rendait un peu moins renfermée sur elle-même, les barrières qu’elle dressait pour se protéger tombaient une à une face à un Haytham qui montrait de plus en plus celui qu’il avait été pour elle, celui qui lui plaisait tant. Elle regrettait déjà les paroles qu’elle avait eu un peu plus tôt dans la journée, quelques heures auparavant, dans lesquelles elle disait qu’une fois la mission accomplie, il n’aurait qu’à disparaitre et qu’ils ne se verraient plus. Elle ne voulait pas de ça, elle voulait retrouver son ami d’antan. Elle voulait que les choses redeviennent comme avant. Cependant, ils avaient tous les deux changé, évolué au cours de ces deux décennies et demie qui les avaient séparés. Néanmoins, au vue de l’accalmie une fois la tempête des reproches passée, une entente était finalement envisageable. Ils n’étaient pas si différents, au final. Du moins, c’était l’impression qu’elle avait, et elle espérait ne pas se tromper. Si l’avoir perdu lui avait fait du mal au-delà du descriptible, l’avoir retrouvé avait fait déferlé tout un tas de sentiments contradictoires, et devoir le perdre à nouveau alors que toutes ses questions intérieures n’avaient pas toutes trouvé de réponses serait pire que tout.


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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Jeu 25 Fév - 2:18


O douces retrouvailles

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Cette journée avait pris une tournure tellement étrange, que le demi-dieu avait fini par se demander si oui ou non, il n'était pas à présent enclin à une hallucination, ou dans le pire des cas, s'il ne se trouvait pas confronté à une plaisanterie divine de bien mauvais goût. Quoique les deux alternatives semblant possibles, le doute était permis. De ce fait, pour sortir de cette prétendue léthargie, devait-il se pincer au risque de paraître ridicule ? Question rhétorique ! Tamara aurait pu mille fois le tuer (choix justifié qui plus est), elle aurait pu le torturer comme on le lui avait surement appris, elle aurait pu se montrer encore plus virulence et agir selon une logique plus ou moins justifiée. Mais non, cette fois assujettie à une certaine clémence à l'égard de son ancien ami, l'agent de terrain avait rangé ses armes et amoindrit sa colère, voir même sa rancune. Haytham, qui au vu de son statut, se devait d'arborer une "poker face" pour "mieux se préserver", était incapable de rester impassible face à celle à qui, silencieusement, il avait offert son cœur, lorsqu'il était encore tributaire d'une innocence inhérente à son jeune âge. À cette époque tout était possible et le bonheur à portée de main, mais preuve que le Destin est cruel, le fils de Mars perdit en une fraction de seconde, l'être qui lui assurait une stabilité et l'être qui attesté de cette humanité qui faisait défaut aux enfants des dieux, d'après les dires de leurs opposants. Le masque se fissure avec une telle aisance lorsque Tamara est à proximité, c'est encore plus évident passé deux trois verres de Whisky. Il avait beau résisté, rien n'y faisait, Haytham régressait dans sa tête et redevenait l'adolescent protecteur, prêt à soulever des montagnes pour les beaux yeux de sa plus fidèle amie.  Même après presque trois décennies, il continuait à jouer les zorro sans masque et sans destrier, lui qui d'ordinaire se fichait éperdument des autres. D'ailleurs si l'une de ses connaissances le voyait, elle peinerait à le reconnaître tant le contraste est saisissant.

« Je ne suis pas égoïste, si c'est ce que vous pensez, j'ai juste pris mes distances avec les autres. J'imagine que je voulais leur épargner ce que j'ai fait subir à Tamara. J'imagine aussi que je voulais éviter à quelques humains, de voir leur vie basculer en découvrant l'existence des demi-dieux, des créatures et de tout le barda propre au caractère mythologique de mon identité. Vous savez, je pense que c'est plus facile d'être un salaud que bien des hommes et des femmes détestent, plutôt que d'être un héros aimé de tous. Si j'étais un héros, ma mère serait encore vivante tout comme celle de Tam enfermée dans un état végétatif dont je suis le seul coupable... Putain de Destin à la con, saloperie de fatalité, je vous exècre tant, si vous saviez... »

Avant de disparaître et de suivre Tamara vers un ailleurs inconnu, Hay se permit de lancer un dernier regard assassin à celui qui l'espace de quelques secondes, arborait le rôle d'un rival. Un léger sourire apparut sur son visage avant de laisser apparaître un sympathique doigt d'honneur histoire de conclure la confrontation dans les règles.  Une fois à l'intérieur de l'ascenseur est après un petit moment de flottement Tamara Lond reprit de la contenance, Haytham en fit de même bien que légèrement amusé par la tête qu'avait fait le dénommé Daniel suite au dernier échange « gestuel ». Un sourire qui s'intensifia lorsque l'Irlandais posa son regard sur la belle qui se trouvait à ses côtés. Cette nouvelle proximité lui permit d'ailleurs d'admirer un peu plus en détail ce qu'il n'avait jusqu'alors pas prit le temps d'observer. Bien sûr en trente ans, Tam avait changé, son visage s'était affiné, ses cheveux couleur ébène étaient bien plus longs, sa bouche pulpeuse laissait cependant entrevoir cette vieille cicatrice, qui conférait malgré tout, un charme fou à la belle brune qui comme au bon vieux temps, se plaisait encore à taquiner son protecteur.  « - Non je ne suis pas jaloux, je déteste les lourdingues nuance. J'ai voulu t'épargner la désagréable compagnie de ce prince charmant des bacs à sable. Et puis quel héros serais-je si je consentais à faire preuve de retenue. Je suis le fils de mars, je te rappelle. » dit-il en la taquinant à son tour. Plus aucune rancœur ne semblait envenimée les conversations et les vieilles habitudes semblaient même de rigueur, comme s'ils n'avaient jamais cessé de les faire vivre, comme si le beau brun n'était jamais parti... Tout semblait si simple, presque trop pour entrevoir une réelle accalmie. Il voulait prendre l'air et il allait, sous peu, être servi. Tamara, telle la magicienne qu'elle n'était pas, sortit son trousseau de clés. Intrigué, l'Irlandais leva un sourcil se demandant bien ce qu'elle comptait faire et d'où sortaient ces clés.  « -Tu essaie de m'impressionner ou je rêve ? » Le bouton « roof » s'enclencha laissant paraître une petite lumière orangée sur le boîtier de contrôle de l'ascenseur. Tam retira ses clés et comme par magie les portes s'ouvrirent sur ce qui ressemblait à la terrasse d'un toit, en l'occurrence celui du building.  Émerveillé comme l'enfant qu'il n'était plus le fils de Mars quitta l'ascenseur pour rejoindre la plateforme, avant de sentir, une fois encore, la main de son amie dans la sienne. Visiblement familière des lieux, l'agent de terrain, qui bénéficiait de toutes les attentions de son Penseur, l'entraîna vers la rambarde. Hay se laissa charmer par la beauté des lieux. Un léger vent vint lui caresser le visage alors qu'il continuait à s'émerveiller, il ferma les yeux l'espace de quelques secondes.


« -Ca peut paraître étrange, mais ça me rappelle un peu l'Irak. Avec certains camarades, les soirs d'été, ils nous arriver de quitter notre base. Nous étions en plein désert et à nos côtés se dressaient d'imposantes dunes. Une fois en haut, l'on pouvait voir l'horizon tout entier et la ville au loin toujours illuminée malgré les bombardements. Je me souviens de toutes ces petites lueurs, de l'activité humaine malgré les affrontements. Le ciel au loin, se faisait plus clair comme si d'une minute à l'autre, le soleil allait se lever. Bien sûr, l'on ne risquait pas d'être dérangé par le bruit des klaxons. C'était presque magique en fait, voir agréable, une douce accalmie, comme maintenant » Tamara fit face à Hay tout en s'appuyant contre cette même rambarde.  « -Moi aussi je préfère me trouver des petits coins tranquilles. C'est plus facile pour penser. » Il laissa paraître un léger sourire, un peu plus triste qu'à l'accoutumer. La réplique de Tam venait de faire mouche et pour ne pas être davantage troublé, l'Irlandais posa son regard sur toutes les petites lumières qui s'offraient à lui en bas. Un silence s'instaura à nouveau entre les deux anciens amis, qui peinait à instaurer un dialogue à présent.  « -Te voilà frappé de plein fouet par dame Nostalgie ! Je la connais bien celle-là, on a partagé quelques nuits ensemble. » dit-il songeur. Toute son attention se porta sur un petit garçon, qui avec son père, faisait du lèche vitrine. Malgré la hauteur vertigineuse, rien n'échappait à Haytham et à ses sens surdéveloppés. Il pouvait même remarquer l'étincelle d'émerveillement dans le regard de ce petit garçon. « -Tu méritais mieux. Tu avais une famille formidable, une vie qui l'était tout autant. Parfois, le soir, avant que Morphée ne m'assaille, je pensais à toi, me demandant ce que tu faisais, où étais-tu, avec qui ? Puis les années passant, j'essayais, enclin à la nostalgie surement, d'imaginer comment l'histoire auraient pu s'écrire sans tous ces évènements tragiques.  Tam, on a changé, évolué au cours de ces dernières décennies. Je ne sais pas qui tu es et tu ne sais pas qui je suis. Cette histoire paraît compliquée n'est-ce pas. Mais quand je te regarde, je ne peux m'empêcher de penser à cette petite fille avec laquelle j'ai fait les quatre cent coups. Et je suis obligé de reconnaître qu'elle m'a vraiment beaucoup manqué. En te retrouvant, c'est un peu comme si je retrouvais une part de moi et d'un passé que j'ai cherché à fuir. Donc, je suis content de te revoir, mais comme il y a toujours un « mais » j'aurai préféré te savoir avec ton père, plutôt qu'avec ces gens qui tuent les miens. »




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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Jeu 25 Fév - 23:07

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





Le bref instant passé dans l’ascenseur avait été une sorte d’arrêt sur image, comme si le temps avait été figé. Haytham et Tamara le savouraient chacun à leur manière. Tam avait décidé de taquiner le demi-dieu, demandant si son zèle était dû à une certaine jalousie, ce à quoi il s’était empressé de répondre par la négative, justifiant qu’il détestait les lourdingues, ce qui tira un sourire amusé à l’agent de terrain.

-Je ne connais personne qui aime les lourdingues. C’est pas pour prendre sa défense, mais quand je l’ai connu, il n’était pas comme ça… Bref.

Le fils de Mars avait été tout autant agacé qu’elle concernant l’impolitesse dont le fameux Daniel avait fait preuve. Il fallait reconnaitre qu’il s’était montré particulièrement désagréable et qu’il avait amplement mérité ce qui lui était arrivé. Tam avait d’ailleurs trouvé cela plutôt attentionné de la part d’Haytham de s’impliquer autant pour l’aider à se débarrasser d’un type qui avait clairement baissé dans son estime et qu’elle ne voulait plus voir. L’irlandais lui rappela, en la taquinant à son tour, son ascendance divine, et la petite brune sourit en lui mettant un léger et lent coup de poing sur l’épaule, chose qu’elle faisait souvent lorsqu’ils étaient enfants pour signifier qu’une blague était plus ou moins drôle.

Alors qu’elle venait d’activer le bouton pour atteindre le toit, Hay demanda si elle ne cherchait pas à l’impressionner. Elle lui fit un sourire en coin et répondit d’un air ironique.

-Avec tout ce qui s’est passé aujourd’hui, quelle ne serait pas ma déception si le fils de Mars en personne était impressionné par une simple clé dans une serrure…

Un dernier regard en coin et les portes s’ouvrirent sur un espace haut perché puisqu’il s’agissait du sommet du building, qui donnait une impression de liberté déstabilisante du fait de sa hauteur. Le demi-dieu se laissa aller à quelques confidences sur des détails de son passé de militaire. Un nouveau point commun. Il évoqua l’Irak. Tam s’imagina alors combien ça avait été dur pour lui. Plus elle y réfléchissait, et plus elle réalisait que son « Penseur » n’avait pas été épargné par la vie et que lui aussi avait vécu son lot de choses horribles. Elle l’écouta lui parler du paradoxe que représentait le fait d’admirer la vue dans les moments d’accalmie dans un pays en guerre tel que l’Irak. Elle hocha la tête d’un air pensif.

-Dans ce genre de situation, tu es bien obligé de trouver une échappatoire pour te déconnecter de temps en temps, sinon tu disjonctes…

L’agent de terrain ferma les yeux quelques secondes, tachant de chasser les images des horreurs qu’elle-même avait vues. Elle commençait à se demander si elle n’avait pas fait fausse route toute sa vie durant, si la guerre qu’elle avait menée face aux créatures mythologiques n’était pas une monumentale erreur, du moins en ce qui concernait les demi-dieux. Elle ne cessait de se le répéter, tout aurait pu, tout aurait DU être différent. Elle l’entendit alors lui dire que souvent, il avait pensé à elle, qu’il s’était demandé ce qu’elle faisait, avec qui elle était, ce qu’elle devenait… Toutes ces questions qu’elle-même s’était posées à propos de lui, avant que la haine ne la submerge. Quoi que, même en le détestant, elle s’interrogeait aussi sur ce que pouvait désormais être le quotidien de son ami disparu.

-Tu aurais dû appeler… ou faire quelque chose, n’importe quoi, pour me parler… laissa-t-elle échapper à mi-voix.

Elle plongea son regard dans le sien, les yeux brillants.

-Bien sûr qu’on a changé, tout le monde change en vingt-sept ans, c’est normal.

Elle soupira en laissant son regard se perdre dans le vague. Il aurait préféré la savoir avec son père plutôt qu’au DLCEM ? Logique ! Et elle aurait préféré qu’il ne se tire pas comme un voleur sans jamais plus donner de nouvelles ni d’explications.

-Ne me jette pas la pierre, Hay. La vérité, c’est que j’ai fini par détester la personne que je suis devenue. J’ai jamais voulu tout ça, au départ. J’ai merdé, je le sais, mais tu peux pas me reprocher ça. Si tu étais resté, j’aurais surement pas autant déconné. Je… On peut pas revenir en arrière, d’accord ? Je peux pas effacer ce que j’ai fait, et toi non plus. Y a beaucoup de choses dont je ne suis pas fière, c’est un fait, mais il y en a aussi que je ne regrette pas. C’est ça la vie, Haytham, personne n’est parfait, et toi et moi encore moins.

La dernière phrase du demi-dieu sonnait tellement comme un reproche aux oreilles de Tam qu’elle ne pouvait s’empêcher de rétorquer, de se justifier. « Ces gens qui tuent les miens ». Alors quoi, c’était une sorte de grande famille de consanguins divins ? La jeune femme secoua la tête.

-A cause des tiens, comme tu dis, de simples mortels, les « miens », pour reprendre un terme que tu chéris, souffrent, se retrouvent en danger, et meurent parfois. Tu veux qu’on parle de ce russe que tu as massacré tout à l’heure ? Non seulement c’était un combat déloyal perdu d’avance pour lui, mais en plus tu aurais pu le tuer. D’ailleurs, il a peut-être succombé à ses blessures, qui sait ? Et pourtant toi, tu es sensé être quelqu’un de bien, alors imagine ceux de tes semblables qui sont dotés de moins bonnes intentions ? Ne crois-tu pas que quelqu’un doit les empêcher de nuire ?

Elle le regarda avec intensité, reprenant sa respiration quelque peu ébranlée par l’émotion. Décidément, boire un peu trop lui déliait la langue.

-Je veux juste que tu comprennes, tu as tes raisons et j’ai les miennes. J’en ai fini de te reprocher mes malheurs, j’ai compris que tu n’étais pas, et n’avais jamais été, ce monstre manipulateur et menteur que j’avais fait de toi et que je haïssais parce que c’était plus facile de te détester en te prenant pour un salaud que de souffrir de la perte de quelqu’un que j’aimais plus que tout. Mais tu dois aussi voir que beaucoup d’autres sont des personnes malfaisantes. Je suis sure que je ne t’apprends rien, cela dit.

La petite brune espérait qu’il ne prendrait pas mal ce qu’elle venait de dire, certes ça n’excusait pas le meurtre, et Tam détestait devoir en arriver là, surtout lors de descentes nocturnes dans les camps. Ce qui l’intéressait, elle, c’était la traque, pas l’acharnement sur des personnes incapables de se défendre. L’agent de terrain commençait néanmoins à revoir certaines de ses positions.
Comment le simple fait de revoir un être cher pouvait en si peu de temps tout remettre en cause ? Plus elle le regardait, plus elle se remettait en question, chose qu’elle n’avait encore jamais réellement faite. C’était un exercice douloureux pour qui, après plus de trente ans d’existence, avait toujours été si sûr de soi et de ses choix. Haytham avait toujours eu ce pouvoir sur Tamara, celui de lui faire voir les choses d’une manière différente. Tout avait basculé, certes, par sa faute à lui, certes. Mais au lieu de le prendre pour le salaud de l’histoire qui s’était barré sans se retourner, peut-être qu’elle aurait pu chercher à comprendre pourquoi ? Cependant, comment aurait-elle pu ? Quel indice aurait pu lui faire comprendre qu’il n’avait fait qu’obéir à sa mère décédée qui lui avait fait promettre de fuir si la situation l’exigeait ? La petite adolescente au cœur brisé n’avait, à l’époque, que pu réagir comme elle l’avait fait : en pleurant son ami dont elle ignorait s’il allait bien ou non, pleurer la morte de sa nourrice, pleurer l’internement de sa mère qui s’était murée dans le silence, pleurer la solitude qui était désormais la sienne puisque personne ne la croyait. Tant de larmes qui, bien vite, n’étaient plus qu’intérieures. Alors comment, après tant de souffrances morales plus que physiques, aurait-elle pu se douter qu’en réalité, Haytham souffrait tout autant de la situation ? Quand on ressent autant de douleur à cause d’une personne, que l’on aimait si fort qui plus est, il est bien difficile de ne pas assimiler cette dite personne à un monstre. A présent , la vérité éclatait enfin, et elle était déstabilisante au possible.

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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Sam 27 Fév - 22:55


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



Susan Gale a dit un jour « Les mots possèdent un grand pouvoir, ils peuvent tout aussi bien créer un moment que le détruire » On oublie trop souvent, à tort, à quel point ce que l’on dit peut faire du mal aux autres. Bien sûr en guise d’excuse, certains vous diront qu’ils ne pensaient pas un traitre mots de ce qu’ils ont dit, que seule leur colère est à blâmer. Certains chercheront à se dédouaner de tout, suivant aveuglément les pernicieux conseils de leur mauvaise conscience. Après tout, les mots ne sont que des mots, pourquoi leur donner autant de crédit ? Et là, vous avez ceux et celles qui essaient de se donner bonne conscience en tentent vainement, d’amoindrir la force de leur propos. Oui, nous avons tendance à oublier le pouvoir des mots, c'est ainsi.  Un frisson, juste, un léger tressaillement lui parcourut tout le corps lorsqu'une deuxième brise vint lui caresser la joue. Les effets de l'alcool ayant cessé, l'homme fut confronté à ce qu'il cherché à amoindrir depuis ces retrouvailles impromptues, sa culpabilité. Sa réplique lui revint en mémoire tel un boomerang qu'il ne put éviter. Le poids des mots sonna comme une évidence, mais il était trop tard pour se rétracter, trop tard pour se faire, trop tard pour s'excuser. Car même si cela faisait mal, il ne pouvait se blâmer de ne point avoir été honnête, une honnêteté qui mit fin à la douce accalmie qui avaient étreint les deux amis d'enfance et qui prenait fin à présent. « - Oui ces gens qui tuent les mieux » répéta-t-il avec ardeur comme pour appuyer cette vérité qui lui faisait mal. Il osa quitter la ville endormie du regard, pour poser ses yeux autrefois bercés d'innocence sur celle qui attisait à présent son ingérence. Le malaise s'était imposé de lui-même accompagné par quelques regards accusateurs des deux partis, le cessez-le-feu venait de cesser, laissant les vieilles rancunes animer la discussion.

« - N'utilise pas des termes réducteurs par pitié. La vérité est bien plus contrastée, les demi-dieux souffrent eux aussi, ils sont également en danger et meurent EUX AUSSI. » La colère bien plus que la rancune, s'immisçait en lui tel un poison, Tamara venait de mettre à mal l'un des points faibles du fils de Mars et cela ne faisait que commencer. « - Pff un combat déloyal et tu crois que de tuer des gosses qui savent à peine se défendre, c'est loyal peut-être. Ce ruscoff a survécu malgré les apparences, car contrairement à ce que tu crois, je sais me contrôler » dit-il avec aplomb alors que la vérité était toute autre. Bien sûr que le Russe avait survécu, mais il s'en était fallu de peu, car dépassé et alourdit par l'adrénaline, Hay ne parvenait à faire taire son envie de violence et ses pulsions belliqueuses ultime et funeste héritable de Mars. « -Je suis censé être quelqu'un de bien ? Laisse-moi rire ! Tout le monde change Tamara, tu l'as dit toi-même. Et par pitié ne fais pas de généralité en parlant des autres demi-dieux. Sais-tu que ces camps hébergent principalement des jeunes, qu'en ces lieux, on leur inculque des principes, on leur apprend à utiliser leurs capacités, on les oriente pour qu'ils accomplissent de grandes et belles choses. Bien sûr, je ne peux nier qu'il y a des exceptions, que certains ne suivent pas la bonne route, mais c'est à nous et nous seuls les aînés de les empêcher de nuire pas à vous qui aviez une vision déformée. » Lui-même l'a regardé avec intensité, car lui-même était étreint par l'émotion. « - Tamara, le meurtre n'est pas et ne doit pas être une solution. Si c'est ce que toi et les autres pensaient, alors vous n'êtes pas mieux que les créatures que vous traquez. »

Le cœur à vif, il osait dire des vérités indicibles sans prendre des pincettes, car il en avait besoin. Aussi brute soit-elle la vérité devait sortir et aussi douloureuse soit-elle, elle devait être entendue. Se voulant équitable, le jeune homme se tue et laissa sa fidèle et précieuse interlocutrice reprendre la parole pour faire entendre elle aussi sa vérité, qui à n'en pas douter ferait aussi mal que la sienne. Et Bam, Tam se fit entendre et malgré l'hostilité ambiante, Haytham accordait toute son attention à la belle brune et instantanément, à mesure que les mots défilaient, son cœur de rebelle, fondait comme un vulgaire carré de chocolat que l'on aurait placé au soleil. Comment arrivait-elle à attiser autant de passions antonymes en si peu de temps.  Il se redressa, ses 1m90 lui conférait une imposante stature imposante face à Tamara. Il l'a fixa, arborant mille et une émotion dans le regard enfantin du demi-dieux. « -Tam, Tam, Tam... Tes raisons sont justifiées et je serais un pauvre enfoiré en rétorquant le contraire. Et quelque part tu avais raison de m'accabler de tes malheurs, mais ce que tu dois comprendre, c'est que malgré les apparences, les demi-dieux ne sont pas le vrai danger.  Bien-sûr qu'il y a des exceptions, tous les demi-dieux ne sont pas des tendres, mais tous ne constituent pas une menace. » Il se rapprocha et lui prit la main pour la poser sur son cœur. « -Parfois l'on fait des choses que l'on pense juste, mais l'on se trompe. Je pensais que de respecter la promesse faite à ma mère était juste de prime abord, mais à présent je ne peux m'empêcher d'avoir pris cette décision. Si j'étais resté, j'aurais peut-être pus la sauver, peut-être même que j'aurais pu aider ta mère...Si tu savais comme je regrette et les battements de mon cœur ne peuvent t'induire en erreur. Je sais que la situation est complexe, nous appartenons à deux camps qui s'affrontent, ce qui fait de nous des ennemis à présent.  Mais tu veux que je te dise, je m'en fous de ça. J'aurais voulu t'en vouloir, mais contrairement à toi, je n'ai aucune raison de le faire. Je ne peux que te demander pardon en mon nom, mais aussi pour les autres. Pardon de t'avoir fait verser tant de larmes, pardon d'avoir fuis, pardon pour la solitude, pardon pour les souffrances, pardon pour tout ce qui est impardonnable. Je viens de comprendre, à quel point il est facile d'aimer tout comme il est facile de haïr. Je ressens ta douleur, ta peine...C'est déstabilisant de voir un être qui nous ait cher, nous faire autant de mal et c'est par la suite facile de voir en cet être un monstre, car dans le fond c'est ce qu'il est, c'est ce que je suis. On n'abandonne pas les gens que l'on aime, j'ai appris la leçon. »

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Ne vous demandez pas pourquoi les gens deviennent fous. Demandez-vous pourquoi ils ne le deviennent pas. Devant tout ce qu’on peut perdre en un jour, en un instant... Demandez-vous ce qui fait qu’on tienne le coup
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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Dim 28 Fév - 20:25

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





L’accalmie s’était temporairement dissipée, par la faute de Tam qui n’avait pu s’empêcher, comme toujours, de manifester son avis sur une réflexion donnée. A vrai dire, elle avait toujours eu un très fort caractère, dont Hay avait souvent fait les frais durant leur enfance. La demoiselle n’avait jamais eu la langue dans sa poche, et si quelque chose lui déplaisait, que ce soit en parole ou en acte, elle ne se gênait pas pour remettre chacun à sa place. Elle avait toujours été très sure d’elle, ne se rendant pas forcément compte du caractère blessant que pouvaient avoir certains mots.

Présentement, après ce rapprochement bienvenu suite à des retrouvailles un peu houleuses, ce n’était rien de le dire, l’agent Lond avait très mal pris la réflexion du fils de Mars. A présent, elle pouvait ressentir la colère qui montait dans les yeux et dans les traits d’Haytham. Il lui rebalançait en pleine face la fameuse nuit où les gamins demi-dieux avaient perdu la vie. Tam serra la mâchoire.

-Pourquoi tu me ressors ça ?! Bordel, Hay, j’ai jamais voulu ça, j’ai pas eu le choix ! Tu crois que…

Elle regarda de côté, ayant du mal à déglutir avant de continuer.

-Je veux plus en parler, OK ? Jamais ! T’as fait tes conneries, j’ai fait les miennes, maintenant ça suffit.

Le sentiment de culpabilité qu’elle essayait d’amoindrir depuis des mois revenait la frapper de plein fouet. Bien sûr que non, elle n’avait pris aucun plaisir à aller débusquer en pleine nuit des gosses mythologiques pour leur ôter la vie. Elle pensait avoir à faire à des adultes fêlés et meurtriers. S’il savait combien elle se haïssait à présent d’avoir cédé à des ordres aussi cruels, combien elle avait du mal à se regarder dans une glace désormais. D’ailleurs, elle n’en dormait quasiment plus. Cela dit, à la base elle parlait de ses exactions à lui, à commencer par les combats illégaux auxquels il participait.

-Tu sais te contrôler ? Vraiment ? Je t’ai vu à l’œuvre, Haytham. Si tu peux te mentir à toi-même, tu ne peux pas me faire croire que j’ai rêvé ce que j’ai vu. Mais soit, si tu souhaites t’en persuader, d’accord, c’est comme tu veux, finit-elle avec une pointe d’ironie dans la voix, sans pour autant être agressive.

Il avait cependant raison sur un point : le meurtre ne devait pas être une solution. Néanmoins, parfois la situation nécessitait d’en arriver à de telles extrémités, et même si cela ne plaisait pas à la charmante agent de terrain, elle s’acquittait de la tâche avec brio lorsqu’il le fallait. Elle hocha la tête, lentement, tout en cherchant à nouveau son regard.

-Je n’ai jamais pensé ça… souffla-t-elle doucement.

Pour qui la prenait-il à la fin ? Elle était presque vexée de passer pour un monstre sanguinaire alors qu’elle n’avait eu que l’impression de participer à la protection de son pays. Puis elle commença à réaliser que c’était exactement de cela qu’elle l’avait accusé et blâmé toutes ces années. Elle décida donc d’encaisser ces sous-entendus désagréables, pinçant les lèvres en signe d’agacement, mais se tut, le laissant parler. Lui aussi avait probablement besoin de vider son sac, et il ne serait pas juste de l’en empêcher. Puis, soudain, le regard du demi-dieu changea, il semblait désormais teinté de dizaines, voire de centaines d’émotions. La colère semblait s’être estompée au profit du reste, ce qui déstabilisa un peu Tamara. Ce n’était plus l’ennemi du DLCEM qui parlait, mais bel et bien son ami d’enfance, celui qu’elle avait tant aimé. Il la dominait largement avec sa carrure et sa taille, il avait toujours été grand, mais à présent qu’ils étaient adultes, cette différence était bien plus flagrante.

Elle ne pouvait désormais plus ôter son regard du sien, elle était comme hypnotisée. Même le contact de sa main, lorsqu’il prit la sienne pour la poser sur son cœur, ne put rompre ce contact visuel intense qui s’était établi. Elle commençait à entendre cette vérité qu’il lui livrait, que pas tous les êtres mythologiques étaient mauvais. Tamara en avait la preuve puisqu’Haytham était l’un d’eux. Ainsi, mettre tout le monde dans le même panier et tirer dans le tas était une gigantesque erreur de jugement. Qu’avait-elle fait ? La culpabilité la rongeait encore et toujours. Elle en était sure, à présent, cette saloperie de compagne nocturne ne la lâcherait plus jamais. Et les paroles de son Penseur lui vinrent aux oreilles et touchèrent son cœur. Tamara l’écoutait, bouche légèrement bée devant autant de sincérité. C’était la première fois, depuis qu’ils s’étaient retrouvés, que l’irlandais se livrait autant, avec tant de franchise et d’honnêteté que c’en était désarmant pour la jolie brune qui buvait ses paroles. Elle sentait les battements de son cœur à travers la chemise de Marvin plaquée contre la peau du demi-dieu. Il s’excusait, lui demandait pardon pour tout le mal qu’il lui avait fait, certes sans le vouloir, mais qui avait été bel et bien fait, et déterminant pour son futur. Il était si sincère dans ses propos, cela se voyait dans ses yeux. Tam sentit l’émotion l’envahir, ainsi que les perles salées noyer son regard. Son autre main vint lentement se poser sur la joue du fils de Mars.

-Bien sûr que je te pardonne, lâcha-t-elle d’une petite voix.

Il la comprenait enfin, comme elle commençait elle aussi à le comprendre. C’était très difficile d’ailleurs, après avoir pensé dur comme fer quelque chose pendant quasiment trente ans, de s’ouvrir à un autre mode de réflexion. Mais l’agent Lond se prêtait au jeu et commençait à prendre conscience de certaines choses. Après avoir regardé Haytham intensément en silence pendant quelques secondes, elle vint se blottir contre lui, le serrant dans ses bras.

-Tu m’as tellement manqué. Hay, ne fais plus jamais ça, je t’en prie…

Serrée contre lui, la joue contre son torse, elle savourait cette étreinte qu’elle avait tant espérée vingt-sept ans plus tôt. L’expression « mieux vaut tard que jamais » prenait tout son sens, mais Tamara la détestait. Foutaises que tout ça ! Non, mieux vaut au bon moment, un point c’est tout ! Soudain, sans crier gare, un orage éclata et dans la seconde, un torrent d’eau leur tomba dessus, recouvrant de ses lourdes gouttes écrasées au sol la terrasse du toit du building. En seulement cinq secondes, le carrelage de béton avait l’aspect d’un miroir avec toute cette eau qui le recouvrait.

-Merde !

Tam prit la main d’Haytham et l’emmena précipitamment vers là d’où ils venaient. Elle ressortit son trousseau de clés de sa poche et l’entra dans la serrure pour rappeler l’ascenseur, qui, visiblement était reparti au moins au rez-de-chaussée vu le temps qu’il mettait à revenir. Quand enfin les portes s’ouvrirent, elle entra rapidement, entrainant l’irlandais avec elle. Son regard se perdit, interloquée, sur la terrasse qui était désormais trempée. Elle essora ses cheveux puis les pans de sa veste.

-C’est l’horreur cette saison…

Elle regarda Hay qui était tout aussi trempé qu’elle. Cette petite douche improvisée l’avait en quelque sorte dessaoulée. Elle regarda le demi-dieu, les cheveux trempés ainsi, il avait un petit air de cocker. Elle ne put s’empêcher de rire, en mettant une main devant sa bouche.

-Tu verrais ta tête !

Combien de fois durant leur enfance, ce genre de fou-rires l’avait prise. En général, ils étaient  communicatifs. Elle appuya sur le bouton « 7 » des commandes de l’ascenseur.

-Allez, on va aller se sécher avant d’attraper la mort.

L’ascenseur descendit tranquillement, tandis que Tam avait du mal à se retenir de rire. C’était à la fois nerveux et à la fois d’avoir leurs silhouettes totalement détrempées dans le miroir du fond de la cage d’ascenseur. Le septième étage leur ouvrit ses portes, et la jeune femme passa devant pour l’emmener dans un couloir avec du marbre rose et gris au sol et aux murs. Une épaisse porte de bois lui faisait maintenant face, qu’elle ouvrit avec une nouvelle clé.

-Entre, je t’en prie.

Elle le fit passer devant et alluma la lumière. Un hall d’entrée clair et spacieux apparut alors. Elle posa ses clés sur une petite console en fer forgé surmontée d’un plateau de verre, et referma la porte derrière elle.

-Fais comme chez toi.

Tam retira son manteau et sa veste. Elle était trempée, comme si l’eau avait pu traverser les couches de vêtements. Elle se défit de ses armes également qu’elle posa dans une boite prévue à cet effet dans un placard de l’entrée.

-J’arrive. Serre-toi un verre si tu veux, la cuisine est par là, lança-t-elle en lui indiqua la pièce.

Elle alla en vitesse mettre ses vêtements dans la machine à laver, essuya son corps ruisselant d'eau et enfila un peignoir en éponge, recouvrant ses cheveux d’une serviette, et en prit une autre pour Haytham. Elle revint dans la pièce principale où de grandes baies vitrées permettaient d’observer les lumières de la ville. Tam lança la serviette à l’irlandais.


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Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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