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 Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mar 1 Mar - 18:11


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



Si je ne me suis jamais considéré comme un héros, dans son regard j'ai néanmoins l'impression d'avoir accompli un voir plusieurs actes héroïques. Je n'ai d'ailleurs jamais prétendu à un tel statut et puis bon nombre de mes cousins et cousines s'y sont essayés avant moi, avec succès pour la plupart. Moi, je n'ai toujours été que le petit bâtard reconnu non pas par envie, mais par obligation. Je suis celui qui a fait la fierté d'une mère morte et présentement j'accrois la honte d'un père lui bien portant. Enfin c'est-ce que je me dis puisque je n'ai jamais eu la chance d'avoir une vraie conversation avec l'être à qui je dois la vie. Stupides règles ! Il est important de savoir que malgré une rancœur plus qu'évidence, je ne hais pas les dieux, ils sont ce qu'ils sont, comme nous sommes ce que nous sommes, en l'occurrence des êtres (humains) avec des forces, mais surtout avec des faiblesses. Mon père les compte par dizaine voir plus.

Quand j'étais plus jeune et de surcroit plus naïf, j'imaginais ma mère comme étant la plus grande de ses faiblesses, balayant les autres du revers de la pensée. Je les imaginais emplit de bonheur, bien que temporaire, je les imaginais amoureux, mais la réciproque n'était pas de mise. Les livres disent de mon père que c'était un guerrier sans pareil, un être belliqueux assoiffé de fureur, attiré par le feu et le sang. Mais ce que j'ai retenu du contenu de ces choses littéraires censées nous inculquer le « savoir » c'est que mon géniteur était avant tout un collectionneur invétéré de femmes, qui n'hésitait pas tout comme son cher frère, a utilisé la ruse pour piéger celle qu'il voulait ajouter à son sinistre tableau de chasse. Et oui, aussi difficile à croire que cela puisse être, Mars ou Arès (à vous de voir) était avant d'être un seigneur de la guerre, un don Juan en puissance. Apollon pouvait même aller se rhabiller c'est vous dire. Je ne suis pas vertueux, loin de là, mais j'ai ou du moins j'avais la chance de ne pas avoir hérité de ces gênes-là. J'imagine que le fait de ne pas m'être illustré lors de mes années au sein de la Légion, puis de ne pas avoir complété mon tableau de chasse, ne jouait pas en ma faveur pour attiser la fierté d'un père omniscient par son absence. Et vous voulez que je vous dise ce que cela me fait d'être le fils indigne ? Je m'en balance complètement. La seule chose qui m'importait était de rendre fière ma mère, le reste n'avait aucune importance...Et maintenant sans que je ne parvienne à me l'expliquer, la seule chose qui m'importe vraiment et ce malgré notre opposition, c'est de parvenir à déceler ne serait-ce qu'un peu de fierté dans le regard de Tamara.

L'amitié ! Qu'est-ce que l'amitié ? Entendons-nous sur le terme, pour s'éviter d'inutiles ambiguïtés, bien qu'avec Tamara, cela s'avère compliqué. Posons-nous la question une fois encore, qu'est-ce que l'amitié, véritable de surcroît ? Et bien, c'est un peu, sans vouloir faire de raccourcis, comme l'amour, cela nous arrive quand on s'y attend le moins. Il ne faut pas la chercher, sinon quoi l'on risque de s'enticher d'un quelque chose de factice, d'un idéal auquel nous souhaiterions aspirer. Il ne faut pas l'attendre, parce que nous pouvons, si la patience n'est pas une vertu inhérente à notre personnalité, être vite déçu. De bons amis, nous pouvons en avoir des dizaines, peut-être même si la folie des grandeurs ne nous effraie pas, des centaines. Mais des amis « véritables » on n'en a très peu, encore moins lorsque pendant des décennies, l'on s'est mis en mode « veille » pour tout ce qui attrait à la socialisation. Quand j'ai intégré le camp Jupiter et découvert la dureté de la formation, j'ai compris que je ne m'en sortirais pas en me faisant des amis et puis je ne pensais qu'à Tamara. Ne voulant pas la tromper je me suis mis en retrait et j'ai fait ma petite vie dans le Camps. Puis être le loup solitaire est devenu une sorte d'habitude qui ne me dérangeais plus à la longue, alors j'ai continué. Les années passants, j'ai fait quelques efforts en ayant quelques « potes » restreint je l'avoue. Mais à ce jour, Tamara reste et de loin, ma seule véritable amie. Et être là, face à elle et ce malgré l'hostilité de nos récents propos, me rappelle à quel point, elle était essentielle à ma vie, à mon épanouissement et à mon bonheur. La retrouver c'est un peu comme si quelqu'un avait levé le voile qui m'empêchait de voir totalement la lumière et d'en jouir comme tout être humain qui se respecte.

La route était sinueuse à présent et la pente glissante par ma faute, mais ne comptez pas sur moi, pour le reconnaître de vive voix. Je savais qu'en parlant « des mieux » attaqués et tués par « les siens » je m'exposais, au vu du caractère volcanique de Tamara Lond, à une voir plusieurs répliques au moins aussi tranchantes que la lame d'une bonne épée. On ne peut reprocher à Tam de ne pas être honnête, elle a toujours été le genre de personne qui ne garde pas sa langue dans sa poche et qui de ce fait ne prend pas le temps de la tourner sept fois dans sa bouche avant de parler. Elle est sincère voilà tout, c'est brut, mais honnête et j'en ai souvent fait les frais lorsque nous étions enfants. Ça continue apparemment. Sauf que cette fois, elle s'emportait pour ce qui lui importait, à savoir cette odieuse culpabilité que je n'avais décelé tant mon amie paraissait sure d'elle. « -Je vois que mes mots te blessent et te sachant honnête, je sais qu'il est inutile de douter à présent. Comme tu le dis, j'ai fait des conneries, tu as fait les tiennes. La vérité c'est que ça me tue de te savoir dans un camp opposé au mien » En effet, je ne parvenais à accepter le simple fait d'apposer le statut d'ennemi devant le prénom de celle qui m'avait offert ce qui me semblait être les dix plus belles années de ma vie. Pris à mon propre jeu, c'est bel et bien moi qui était terrassé par la culpabilité maintenant. Elle ne voulait plus parler de cette sinistre nuit, soit, je ne pouvais qu'accepter sa requête, car nul doute qu'elle regrettait et cela me suffisait. D'autant plus que moi, celui qui blâme, je ne pouvais prétendre être blanc comme neige et ça Tamara me le fit justement remarquer, mettant à mal mes propres certitudes. Malgré tout, par fierté je suppose, je gardais la tête haute et continuais à me convaincre que je pouvais me contrôler et me soustraire à la dangerosité dont ses alliés m’affublaient « -Arrête avec ta psychologie de comptoir. Tu ne me connais pas et de ce fait tu ne peux plus lire en moi comme dans un livre ouvert. Ce que tu as vu, c'était du spectacle. Bien-sûr que je l'ai amoché, mais je ne l'ai pas tué. Je ne suis pas un monstre » Le dire tout haut me permettais surement de me dédouaner de toutes responsabilités, mais je me voilais la face, comme toujours. Le passé est une douloureuse épreuve et s'en souvenir l'est tout autant. Si au préalable j'avais essayé de m'en défaire en usant de narcotiques et divers alcools, à présent j'étais forcé de constater que seul la violence inhérente aux combats libres, me permettais de faire le vide, ne serait-ce que pour quelques minutes.

A présent, je la regardais comme un désespéré qui en pleine mer, espère encore que l'on daigne lui envoyer une bouée pour le secourir d'une fin funeste. La main sur le cœur elle pouvait ainsi appréhender mon honnêteté. Je venais de trouver le courage de dire l'indicible et d'alléger et mon cœur et mon esprit. Bien plus qu'un gage de bonne foi, mes paroles étaient sincères et tant pis si je feignais la carapace, tant pis si je j'étais faible, après tout je ne suis qu' un être humain avant tout et je n'ai besoin de la permission de personne pour ça. La seule chose qui semblait compter à présent, c'était son regard et plus encore, le pardon qu'elle concéda à m'offrir d'une toute petite voix. Elle aussi était visiblement étreinte par l'émotion, ses yeux brillaient encore plus et sa main gauche vint se poser sur ma joue. Ce contact me fit beaucoup de bien, mais pas autant que le suivant. Sans consultation, Tam mit un terme à cette petite distance qui nous séparait encore. Mes bras l'accueillir sans la moindre hésitation. Enfin je pouvais respirer et jouer mon meilleur rôle, celui de son meilleur ami « -Bien-sûr que toi aussi tu m'as manqué Tam ! » Irréel, magique, incroyable... il y a tout un tas d'adjectifs et de mots, mais je n'arrive vraisemblablement pas à trouver le bon pour définir l'instant et je n'aurais jamais le temps d'étayer ma réflexion. En effet l'orage mit un terme à notre étreinte accompagné par un torrent d'eau qui nous tomba dessus, nous obligeant à quitter les lieux. Sans plus attendre nous rejoignîmes à nouveau l'ascenseur qui bien-sûr tarda à revenir. La pluie froide n'était pas encline à nous épargner et en l'espace de quelques secondes à peine, nous fûmes trempés jusqu'aux os.

Quand enfin les portes s'ouvrirent, sous prendre de pincettes et main dans la main, nous pénétrons l'ascenseur. La chevelure ébène de Tam ruisselait sur le haut de son corps, tandis que la chemise de Marvin collait à ma peau. « - Ca va j'ai connu pire en terme de pluie torrentielle » dis-je en me passant une main dans les cheveux pour les essorer à mon tour. Sans savoir pourquoi, peut-être était-ce due à la nervosité qui retombait, Tam éclata de rire, en essayant toutefois de se contenir, mais même la main placée devant sa bouche n'y pouvait rien. « -Quoi ma tête ? » A mon tour, je ne me puis m'empêcher de rire comme au bout vieux temps. « -Je te signal au passage Tamtam que ce n'est pas moi qui vais friser comme un mouton » Elle pressa la touche 7 et se mit à rire à nouveau à ma grande joie. J'avais peur qu'avec le temps et la rancune, elle soit devenue encore plus susceptible, mais il n'en était rien et le petit coup d'épaule ne faisait qu'accréditer ce merveilleux constat. La descente fut tranquille, Tam continuait à rire comme la gamine qu'elle n'était plus. Cependant, l'espace d'un instant j'eus l'impression de revoir la magnifique petite fille que j'avais tant aimé, m'offrir son dernier sourire. La nostalgie m'accaparait tellement que je n'avais pas senti les deux imposantes portes s'ouvrir sur un charmant couloir. Enfin « charmant » n'est je pense pas l'adjectif adéquate, sauf si vous êtes gay, férue de déco ou les deux. Personnellement, je ne suis pas pour le rose en général, encore moins sur du marbre. « -Euh... je ne me souviens pas t'avoir entendu dire que tu vivais ici ? » dis-je incertain de ma question. Nous arrivâmes alors face à une imposante porte en bois que Tam ouvrit après avoir déverrouillé la serrure avec une autre de ses clés magiques. « - Donc tu habites ici ? » demandais-je en la suivant à l'intérieur.

Lorsque la lumière fut, je pus découvrir l'appartement qui était à l'image de Tamara, à savoir bien rangé, propre et agréable à regarder. Le hall d'entrée, laissait paraître sur le côté un imposant placard, qui à n'en pas doutait, pouvait contenir beaucoup de choses. Les meubles et le mobiliser étaient design, moi je me contenterai de dire raffinés, car je ne maîtrise pas ce genre de vocabulaire. « -C'est mignon chez toi ! » dis-je en observant les lieux avec la plus grande des attentions. Ma belle retira sa veste, laissant paraître son arme gentiment rangée dans son holster qu'elle retira sous mes yeux. Elle s'éloigna alors m'invitant à me prendre un verre dans la cuisine si l'envie m'en prenait. A vrai dire, la chose qui me faisait envie présentement c'était un truc chaud dans le genre café et une serviette dans le genre sèche. Mes poils venaient de se hérissaient et le froid commençait à faire son œuvre. J'eus beau résister, rien n'y faisait, je ne pus réprimer mon premier puis mon second éternuement. « -Merde ! Je crois que j'ai choppé un rhume ! » lançais-je suffisamment fort pour qu'elle m'entende. Pour me donner un peu plus de vaillance, je soufflais sur mes mains et pour patienter, je laissais mon regard se perdre sur les imposantes baies vitrées qui ornaient la pièce principale. Tam revint vêtue d'un peignoir blanc et d'une serviette en mode « turban » dans les cheveux. Elle me balança une serviette sèche que je saisis au vol, le sourire aux lèvres.


« -C'est sympa ton look. Pas très glam, mais c'est un style qui peut se défendre » dis-je avec ironie en commençant à m'essuyer la nuque. « - A tout hasard tu n'aurais pas un t shirt, une chemise ou un truc pour moi ? Non parce que la chemise mouillée c'est pas un look que je suis prêt à défendre ! »


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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 2 Mar - 21:44

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





Décidément, en cette journée mémorable, les ascenseurs auront assisté aux plus étranges des retrouvailles entre de vieux amis, et surtout à des manifestations d’émotions toutes plus différentes et antagonistes les unes que les autres. Entre l’ascenseur de chez Marvin qui avait monté dans les étages un Haytham inconscient et une Tamara hyper remontée, puis les avait vus déterminés et toujours tendus à la descente, puis l’ascenseur de la clinique, dans lequel ils étaient entrés à la fois nerveux et pleins d’espoir, et dont ils étaient ressortis anéantis par leur échec. Et enfin, cet ascenseur-ci, assistant à l’arrivée de deux âmes dépitées, puis la montée sur le toit de deux compagnons d’associabilité, pour finir avec une descente au septième étage de deux amis retrouvés. Bref, cette journée fut rythmée par des voyages en ascenseur. D’ailleurs, lors du dernier, le demi-dieu se permit d’ironiser sur les cheveux qui allaient friser, comme ils le faisaient toujours au contact de l’humidité. Toujours riant, la petite brune écarquilla les yeux.

-Oh, tu te souviens de ça ? Elle secoua la tête, avec un petit sourire en coin. J’ai jamais aimé que tu m’appelles comme ça, tu le sais non ?

Alors qu’ils arpentaient le couloir, le fils de Mars s’étonna qu’elle puisse habiter ici, puisqu’elle ne l’avait pas mentionné. Elle se retourna quelques secondes, marchant à reculons.

-Eh bien, tu ne l’as pas demandé il me semble…

Elle ponctua cette phrase d’un clin d’œil avant de continuer. En un rien de temps, ils se retrouvèrent à l’intérieur de l’appartement. Haytham semblait encore s’étonner que Tamara puisse habiter là. A vrai dire, étant trempée jusqu’aux os, elle avait d’autres priorités.

-Eh oui, aussi surprenant, ou pas, que ça puisse paraître. On ne peut décidément rien vous cacher, Mr Cassidy, ajouta-t-elle avec une pointe d’ironie.

Elle sourit au compliment sur la beauté du lieu et disparut bien vite pour se défaire de ses vêtements détrempés qui lui donnaient froid au-delà du descriptible. Elle avait l’impression que l’hiver entier lui pénétrait le corps et qu’elle finirait telle une stalagmite géante sous peu si elle ne les ôtait pas rapidement. Ce qu’elle fit. Alors qu’elle retirait son chemisier, elle put entendre Haytham qui éternuait, se plaignant d’avoir peut-être pris froid.

-Pauvre petite chose fragile ! cria-t-elle pour qu’il l’entende, avec un sourire aux lèvres en imaginant sa mine agacée.

Tam revint bien vite, emmitouflée dans un épais peignoir, une serviette en turban dans les cheveux, avec une serviette propre pour son invité qu’elle lui jeta dessus sans ménagement. Il ne se gêna pas pour se moquer ouvertement du look qu’elle arborait à présent, ainsi vêtue, ce qui lui tira un sourire en coin, après un tirage de langue qui était traditionnel à l’époque de leur joyeuse enfance partagée.

-Eh bien, en temps normal j’aurais pris le temps de prendre une bonne douche bien chaude, puis de me glisser dans une nuisette, mais comme j’ai un énorme rat mouillé qui s’enrhume dans mon salon, j’ai dû parer au plus pressé, lança-t-elle avec un clin d’œil.

Le regard de la petite brune ne put qu’être attiré malgré elle sur la chemise trempée qui collait à la peau de l’irlandais, conférant un caractère sensuel à cette vision, d'autant qu'il n'était clairement plus le petit gringalet maigrichon de son adolescence, mais un homme bien fait et attirant.

-Moi je te trouve bien comme ça… marmonna-t-elle. Sérieusement, tu crois que je fais du recel de fringues pour hommes ? Hélas pour toi, je n’ai rien à te proposer. Mais j’ai un sèche-linge, je peux laver et sécher tout ça. Et en attendant, tu seras bien obligé d’arborer le même look que moi, en peignoir. Je crois qu’y a pas d’autre option, ajouta-t-elle en haussant les épaules. Un café ou un thé, ça te dit ?

Elle alla vers la cuisine américaine enclencha la cafetière. Cette dernière était pour ainsi dire sa meilleure amie depuis plusieurs mois, étant donné que l’agent de terrain ne dormait pas beaucoup, juste le minimum syndical, étant donné que chaque fois qu’elle fermait les yeux pour trouver le sommeil, de funestes visions de ses exactions lors de la fameuse nuit refaisaient surface. Ces images étaient devenues insupportables, au point de préférer passer la plupart de ses nuits sans dormir, attendant que la fatigue soit si importante qu’un sommeil semblable à un blackout la prenne. Ainsi, pas de rêves. Alors que le nectar noir coulait, dégageant peu à peu une odeur ô combien familière et attrayante, Tamara entraîna Haytham dans le couloir.

-Par pitié, enlève tes chaussures avant de tout tremper. On va les mettre à sécher sur le radiateur de la salle de bains.

Ils ne tardèrent pas à arriver dans la salle de bain qui, comme le reste de l’appartement, était plutôt neutre et spacieuse, beaucoup de blanc et de gris, et moderne. Ainsi une baignoire d’angle trônait majestueusement dans le coin opposé à l’entrée, et une vasque ovale surmontée d’un grand miroir cerclé de lumières contre le mur, étaient quasiment les seuls éléments présent, avec un meuble de rangement. La maîtresse des lieux attrapa les chaussures de Cassidy pour les poser sur le radiateur et lui désigna la machine à laver qui se trouvait à côté, qui contenait déjà les vêtements dont elle s’était délestée peu avant.

-Et avant que tu ne demandes, oui je sais utiliser cette machine.

Lorsqu’ils étaient plus jeunes, Hay ne se gênait pas pour railler sa jeune amie à propos du fait que les tâches ménagères étaient quelque chose qui lui était totalement étranger. Il fallait dire qu’il y avait du personnel pour s’en charger. Ainsi, la petite princesse garçon-manqué ne s’était jamais donné ne serait-ce que la peine de faire son lit. Egal à lui-même, Haytham ne se gênait pas pour lui balancer une petite pique de bon matin, et en général ça partait en course-poursuite à travers les corridors du manoir Lond pour se finir au niveau de la table du petit-déjeuner, sous les yeux tantôt amusés, tantôt agacés des deux mamans. Quelques-uns de ces souvenirs lui revenaient en tête, et l’agent Lond laissa paraitre un petit sourire nostalgique, tout en s’adossant au mur, le regard perdu sur le carrelage. Puis soudain, elle sortit de sa rêverie, se rendant compte qu’Haytham attendait pour pouvoir se déshabiller.

-Ah oui, pardon, je te laisse... Quand tu auras tout mis dedans, mets le programme 6, il y a le séchage après le lavage. A tout de suite.

Elle tendit le bras pour ouvrir le placard et en sortir un peignoir propre qu’elle lui accrocha sur le porte manteau de la porte, et disparut derrière celle-ci. Elle en profita pour se rendre à la cuisine, où le café avait probablement fini de couler. L’odeur venait jusqu’à ses narines, attirant la jeune femme tel un aimant. Elle marchait d’un pas assuré, pieds nus, fort heureusement elle disposait du chauffage par le sol, et arriva bien vite à la cuisine. La cafetière était pleine, parfait. Elle sortit du placard deux mugs blancs au design moderne avec des hanses rectangulaires et les posa devant elle, sur le comptoir. Son regard se fixa sur les deux tasses blanches, et soudain, une nouvelle vague d’émotions la pénétra. Elle pensait à sa mère, puis à tout ce temps passé à détester celui qu’elle aurait dû continuer à aimer, celui qui n’aurait jamais dû quitter sa vie. A tous ces cafés qu’ils auraient pu continuer à prendre ensemble si cet enfoiré de monstre n’avait pas débarqué cet été-là, sans compter que leurs mères respectives seraient toujours avec eux. Etait-ce l’effet de tout l’alcool qu’elle avait bu en si peu de temps, ajouté à la douche froide improvisée sur le toit, mais la culpabilité revenait encore la frapper de plein fouet. Cette foutue culpabilité qui la prenait lorsqu’elle était réveillée en sursaut par l’image du visage de cette petite fille qui la hantait. Les yeux de Tamara s’embrumèrent, et quelques larmes se mirent à dévaler ses joues, alors que son regard était toujours fixe et immobile. Impossible de savoir combien de secondes ou de minutes elle était restée ainsi, mais elle sortit de son immobilité en entendant les pas d’Haytham approcher. D’un revers de manche de peignoir, elle épongea ses yeux et se retourna avec un mug dans chaque main, dont un qu’elle tendit au demi-dieu.

-Tiens, prends ça, ça te réchauffera.

De sa main à présent libre, elle attrapa la cafetière et servit Haytham avant de remplir sa tasse et reposer le broc à sa place. Elle passa ses deux mains autour de la tasse pour les réchauffer grâce au café qui n’avait pas tardé à transférer sa température à la porcelaine, et fit quelques pas pour se rendre au salon. Elle s’assit à une extrémité du canapé en cuir noir, et invita du regard son Penseur à venir prendre place à son tour.

-Alors, ça va mieux ? demanda-t-elle avant de boire une gorgée de café qui lui parut salvatrice.

La chaleur du nectar noir coulant dans gorge lui fit un bien fou. Elle s’était installée, jambes croisées, prenant garde à ce que son peignoir ne s’ouvre pas, étant donné qu’elle ne portait rien en dessous. Tam regarda Hay venir s’installer à son tour. Tout semblait si naturel, comme s’ils avaient passé le plus clair de leurs soirées ici à boire des cafés sur ce sofa en refaisant le monde.


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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Ven 4 Mar - 21:41


O douces retrouvailles

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Les portes s'ouvrent et se ferment, un peu comme les pages de romans que l'on feuillette. Chaque porte qui se ferme est semblable à un chapitre que l'on achève. Elle grince avec autant d'amertume qu'une difficulté insurmontable. Elle claque avec autant de force qu'un événement dramatique venu ébranlé la vie des protagonistes. Parfois, elle se ferme avec douceur, un peu comme l'heureux épilogue d'une histoire destinée à être tragique. Aujourd'hui, Haytham avait ouvert autant de portes qu'il en avait refermées, mais les premières s'étaient mis à grincer amèrement alors que les suivantes, consentaient toutes (plus ou moins) à se refermer sans claquer malgré la tempête annonçait. La pluie continuait à s'abattre avec véhémence sur le sol New-Yorkais qui n'en avait pas demandé autant. L'orage lui-même jouait sa partition, secondé par les éclairs qui conféraient plus d'intensité à ce concert livrait par Mère Nature. Alors que la belle Tamara s'était éclipsée pour se délester de ses habits humides, Haytham se tourna vers la baie vitrée et s'en approcha pour mieux savourer le magnifique spectacle qui se jouait sous ses yeux. Un léger sourire commençait à naître sur le bord de ses lèvres légèrement tremblantes au vu des quelques frissons qui venaient d'étreindre son corps. Il était trempé, quelques gouttes émanant de ses cheveux, continuaient même à couler sur sa nuque et perlaient à présent sur son visage. A présent, il devait péniblement renifler, voir, même s'empêcher, t'éternuer pour ne pas accroître le désastre à venir. Mais rien n'y faisait, s'il se dotait d'une force surhumaine, le pauvre demi-dieu ne pouvait échapper aux petites contrariétés des humains et surtout pas au rhume.

« -Hey merde ! » lança t'il après la première salve d'éternuement ce à quoi Tamara répondit avec plein d'ironie. Agacé, le demi-dieu fit une petite grimace tout en lançant à son tour pour ne pas perdre la face « - Je ne suis pas fragile, juste pas immunisé contre le rhume. » À peine eut-il le temps de terminer sa justification, que « Tamtam » vêtue de son plus beau peignoir entra dans la pièce, avec une magnifique turban serviette pour compléter la panoplie. Sans ménagement et aussi parce qu'il l'avait mérité, elle balança à son Penseur, une serviette qu'il attrapa en vol, alors que suite à sa remarque, Tamara telle une gamine, lui tira la langue. Avant de répliquer, il se passa la serviette dernière la nuque et essuya enfin ces quelques désagréables gouttes qui glissaient impunément le long de son dos provoquant quelques légers tressaillements eux-mêmes à l'origine de son réflexe pilo-moteur ou chair de poule si vous préférez.  « -Elle est moche ta langue » rétorqua t'il joueur comme il l'était trente ans plus tôt. Il continuait donc à s'essuyer le visage tandis que Tamara remettait en place son turban improvisé. L'évocation de la nuisette activa l'imagination fertile du brun ténébreux qui imagina honteusement, sous ce peignoir, un beau déshabillé en satin rouge, couleur sang oxygéné. Cette pensée l'ébranla légèrement, car jamais jusqu'alors il ne s'était autorisé à imaginer Tam de la sorte et pour cause la dernière fois qu'il l'avait vu, elle n'avait que treize ans à peine. Honteux, il se mordit la lèvre et tâcha de faire disparaître au plus vite, toutes ces images d'une sensualité déconcertantes. Pour parer le malaise à venir, il employa l'ironie, un dialecte qu'il maîtrisait à la perfection encore plus en aussi bonne compagnie. « -Je te mets 1 pour l'hospitalité, non aller 2 parce que je suis tolérent." Il passa la serviette sur ces cheveux, les ébouriffant un peu plus au passage. Depuis l'armée, Hay portait les cheveux courts et ne supportait que très difficilement de les voir pousser. Il aimait d'autant plus se passer la main dans les cheveux afin de les ébouriffer et se donner un petit côté négligé. Pour agrémenter la palette du séducteur divin, il avait opté pour la barbe de trois jours qui offrait à son visage un peu plus de rudesse là où ses yeux couleur chocolat laissait paraître un regard enfantin qui malgré les années et les drames, n'avait pas perdu de son intensité.


« -Tu aurais pu prendre une douche bien chaude ! Je n'avais pas l'intention de m'enfuir, tu sais ! Il se trouve que j'aime beaucoup ton appartement et plus encore, il se trouve que le rat mouillé que je suis selon les dires de cette langue au combien fourchue qui est tienne, a envie de tester le très joli canapé qui fait face à cette très jolie baie vitrée. » dit-il avant d'éternuer de plus belle, ce qui ne laissait plus aucun doute sur l'état avancé de son rhume. Il lui sourit, elle lui adressa un clin d'œil. Si de prime abord, les retrouvailles ne furent pas ce que des retrouvailles se doivent d'être après tant d'années d'absence, à présent puisque les hostilités n'avaient plus de raison d'être, l'atmosphère se faisait plus légère et l'accalmi permanente. Il n'était plus question de régler ces comptes, ni même de faire parler de vieilles rancœurs. A présent, nos deux protagonistes tâchaient de se retrouver, mais pour se faire, ils devaient s'apprivoiser, se chercher un peu, souffler sur les braises encore fumantes d'une vieille amitié visiblement pas encore éteinte malgré les années passées.

Mais quelque chose avait changé et ce malgré les efforts de chacun. Un, quelque chose d'indicible de prime abord, mais qui si l'on prête bien attention sonne comme une évidence. Cela ne venait pas des mots, encore moins des gestes, ni des sourires. « Mais quoi donc ? » s'exclament ceux et celle qui ont laissé trainé un regard indiscret sur cette scène. Le regard, voilà donc ce qui faisait défaut jusqu'alors. Effectivement, le regard avait changé, et même si les efforts de la bonne entente perduraient, même si l'amitié d'autrefois refaisait surface, ce regard restait inchangé. Ce fut Tamara qui étaya la première ce constat. Sans même s'en rendre compte, elle avait posé ses yeux sur le torse de son ami. Un torse qui transparaissait de plus belle sous la chemise humide et collante, subtilisait au pauvre Marvin quelques heures auparavant. La pluie avait bien fait son œuvre, en effet chaque muscle chaque forme étaient à présent visible par le biais de cette chemise décidément trop moulante pour ne pas frôler l'indécence. Haytham le remarqua et fit mine de s'en amuser, mais au fond de lui, il se sentait fier de voir un tel regard se poser sur sa personne. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'un petit murmure ne se fasse entendre. « -Pardon je n'ai pas entendu » lança le beau brun à l'égard de son amie faussement gênée. « -Tu me trouve bien comme ça ? Ah ouais vraiment ? J'aimerais te retourner le compliment, mais on ne peut pas dire que ce peignoir bien que pourvu d'une jolie couleur, t'avantage Tamtam. »

Silence. Regard faussement outragé. Il n'en fallut pas plus pour que l'Irlandais éclate de rire. « - Moi j'ai toujours adoré ce surnom. Bon ok, pas la peine de faire cette tronche. Je vais m'en tenir à Tamara et j'accepte volontiers ton sèche-linge, puisque de toute évidence, tu ne fais pas dans le recel de fringues pour hommes. C'est bien dommage, tu sais, c'est un marché très porteur. Moi, je pense qu'il faut que tu investisses dans les slips kangourous. » dit-il avec aplomb avant de finir par éclater de rire. Il se laissa ensuite convaincre par le look peignoir et répondit à la proposition de son amie, sans émettre la moindre hésitation. « - Je suis carrément partout pour un bon café bien serré avec une pointe de Whisky, si c'est possible ! » Et c'était visiblement possible puisqu'elle acquiesça. Elle entra ensuite dans ce que l'on peut appeler "une grande cuisine". Curieux de découvrir les lieux, l'Irlandais se permit de suivre la jeune femme, le sourire aux lèvres.

« -J'ai une belle cuisine aussi, mais pas aussi fonctionnelle que celle-là. Tu aimes cuisiner n'est-ce pas ? Tu te souviens le mercredi après-midi quand nos mères nous faisaient faire des tourtes et des tartes. Ta mère m’engueulait tout le temps, parce qu'à la place de couper les quartiers de pommes je l'ai mangé comme un gorré. J'adorais les pommes qu'elle utilisait, des Granny Smith il me semble. » Tam avait au préalable enclencher la cafetière au moins aussi design que les meubles de la pièce à vivre. Le liquide noir et amer commença donc à couler, embaumant la pièce d'une odeur qui semblait ravir autant l'odorat d'Haytham que celui de Tamara. D'ailleurs, cette dernière après avoir entraîné son ami dans le couloir, prit connaissance de l'étendue des dégâts perpétrés par les chaussures trempées du demi-dieu. « -Mince, je suis désolé, d'habitude les rats n'ont pas de chaussure ! » dit-il toujours sur le ton de la plaisanterie. Ils atteignirent la salle de bains sans plus attendre. La pièce similaire aux autres, semblait plus ou moins spacieuse et arborée elle aussi une décoration légère et raffinée. « -Sympa la salle de bains. Jolie baignoire qui plus est. » Avant même qu'il n'est terminé ses compliments, Tam attrapa les chaussures de son compère et les posa sur le radiateur avant de lui désigner la machine à laver dans laquelle se trouvait les vêtements portés quelques minutes auparavant.  « - Non sérieux depuis quand tu es téléphate ?! » Ironisa t'il « - Il y a du progrès depuis la dernière fois n'est-ce pas ? Ok j'ai compris, je me tais. Par contre tu pourrais" Il, pointa la porte du doigts lui faisant ainsi signe de le laisser « - Après si tu veux regarder pas de soucis c'est 100 dollars »Elle lui indiqua la marche à suivre pour le lave-linge et sortit un peignoir qu'elle lui accrocha sur le porte manteau de la porte avant de disparaître. Le demi-dieu souffla et se déshabilla sans attendre, mit le tout dans la machine, enfila le peignoir et rejoignit son amie d'enfance dans le salon. « -Voilà fini !" dit-il sans remarquer les yeux humides de son amie qui lui tendit un mug. "-Merci pour ton hospitalité. »Tamara versa le café dans les deux mug. Ils retournèrent au salon où ils prirent place sur le canapé en cuir noir. « - Merci encore pour cette hospitalité et je vais bien ne t'en fais pas. Toi, comment ça va ? Tu veux...Parler de choses sérieuses ou tu veux que je fasse le clown » Il lui sourit avec tendresse et but une gorgée de son café, tout en observant les gouttes de pluie qui venaient mourir sur la baie vitrée.



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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Sam 5 Mar - 11:35

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





Elle avait eu beau ironiser, il semblait qu’Haytham s’enrhumait pour de bon, à entendre tous les éternuements dont il était victime. Tamara se souvint qu’enfants, c’était toujours lui le premier à tomber malade à l’arrivée de l’hiver, et il ne tardait jamais à lui refiler sa crève… ce n’était pourtant pas faute de précaution, mais leurs mères respectives n’arrivaient jamais à les séparer bien longtemps, d’autant que même lorsque son Penseur était alité, la demoiselle voulait toujours vérifier qu’il aille bien, le ravitaillant en mouchoirs ou en poches froides pour son front brûlant de fièvre. Et même si elle parvenait à le faire en cachette, le rhume qu’elle manifestait à son tour quelques jours plus tard ne pouvait que trahir son petit méfait. Entendre Hay éternuer de la sorte ne pouvait que lui rappeler ces petites anecdotes qui la firent sourire, ce qu’elle fit de plus belle en l’entendant critiquer sa langue, ce qu’il faisait déjà bien souvent alors qu’elle avait toujours eu cette fâcheuse habitude de la lui tirer lorsqu’il l’embêtait de trop. Puis il décida de lui attribuer une note pour l’hospitalité.

-Quoi ?! T’es vraiment un rat ! Je te l’avais bien choisi, l’animal ! lança-t-elle en secouant la tête, ne pouvant s’empêcher de sourire.

Elle avait du mal à détacher son regard du sien. Il lui avait tant manqué, et maintenant qu’elle s’était autorisée à se l’avouer, cela ne faisait que se manifester d’avantage. L’avoir pris dans ses bras sur le toit de l’immeuble, avant de se recevoir un océan sur la tête, lui avait fait un bien fou.

-Comment ça, j’aurais pu prendre une douche ? Tu rigoles, tu m’accuses déjà presque pour ton rhume, si je t’avais fait attendre d’avantage, tu m’aurais reproché une pneumonie, ou une maladie orpheline qu’on ne trouve que dans les confins de l’Amazonie ! Mais je te l’accorde, mon appart est super. Et tu testeras le canapé une fois séché.

Elle avait fait mine de n’avoir rien dit lorsqu’il insista pour la faire répéter. Il était bien foutu, il le savait, pas la peine d’en rajouter. Il n’avait jamais été du genre vantard, ou alors seulement pour s’amuser.

-Tu connais des gens que le peignoir avantage, toi ? Franchement si c’est le cas, faudra me les présenter pour qu’ils m’apprennent comment arborer ce style avec classe.

Après qu’elle ait mis la cafetière en route pour qu’ils puissent, un peu plus tard, se délecter d’un café bien chaud, Haytham rappela un nouveau souvenir d’enfance : celui de la pâtisserie du mercredi après-midi.

-Bien sûr que je m’en rappelle, comment oublier ? Ma mère adorait son pommier, et nous on adorait manger les pommes. Je dois dire que je garde un souvenir ému de notre première tarte Tatin… immangeable ! Tu te rappelles de la consistance de la pâte ? On avait voulu faire une surprise à ta mère… la pauvre, pour une surprise, c’en était une !

Il lui demanda si elle aimait cuisiner. Elle haussa légèrement les épaules.

-C’était il y a longtemps… j’ai plus tellement le temps maintenant… Mais j’ai fait la fortune des restos asiatiques et italiens qui livrent ! dit-elle amusée. Et toi, tu cuisines ?

Finalement, le petit saut dans la salle de bain pour se défaire de ses fringues mouillées sembla apprécié par le demi-dieu qui  complimenta la baignoire. Il faut dire qu’elle était bien équipée, version luxe avec des jets pour faire des massages, et même des petite lumières depuis l’intérieur de la vasque pour une ambiance tamisée et reposante.

-T’auras qu’à venir prendre un bain à l’occasion, je te ferai venir une masseuse si tu veux. J’organise aussi un sauna le samedi après-midi, ironisa-t-elle.

Elle disparut ensuite en riant lorsqu’à son tour il plaisanta sur le prix à payer pour assister au strip-tease.

-Trop cher pour ce que c’est ! avait-elle lancé en refermant la porte avec un sourire amusé.

Le fils de Mars reparut à son tour vêtu d’un peignoir tout propre et surtout tout sec. A présent chacun pourvu d’un mug de café bien chaud, ils étaient installés dans ce canapé qui avait, semblait-il, tapé dans l’œil du beau brun.

-Oh zut, j’ai oublié ton whisky… regarde dans le meuble à côté de toi, il doit m’en rester une bouteille.

Tam apprécia la tendresse de son sourire et lui rendit le même.

-Comme tu veux… Je dois dire, sans jeu de mots, que je suis rincée.

La pluie ne semblait pas vouloir se calmer, on pouvait même entendre des coups de tonnerre de temps en temps. Une véritable tempête se déchaînait dehors.

-C’est de la folie, heureusement qu’on est rentrés tout de suite.

Elle reporta ensuite son attention sur le demi-dieu installé à l’autre bout du canapé.

-Alors comme ça, quand tu bastonnes pas du ruscoff, tu es clown à tes heures perdues ? Intéressant. Les voisins cherchent une animation pour l’anniversaire de leur fils la semaine prochaine, est-ce que je leur file tes coordonnées ? lança-t-elle avec un petit rire dissimulé derrière sa tasse de café.

Une chose était sure, ça faisait un bien fou de rire à nouveau comme au bon vieux temps avec la personne qui lui avait été le plus proche. Elle le regardait avec tendresse, buvant une nouvelle gorgée de café.

-Parle-moi de toi. Ce que tu veux me dire hein, je ne veux pas te forcer. Je sais pas, ce qu’il y a à savoir sur Haytham Cassidy.

Tam gardait sa tasse de café sous son visage, la tenant à deux mains dans le but de réchauffer celles-ci. Cela fonctionnait plutôt bien d’ailleurs.

-Tu as toujours froid ? s’inquiéta-t-elle.

Il ne plaisantait pas quand il disait qu’il avait chopé la crève. Lâchant sa tasse pour ne la tenir qu’à une main, l’agent Lond se pencha sur sa table basse et ouvrit un tiroir avant d’en sortit un flacon d’ibuprofène qu’elle envoya à Haytham.

-Prends ça avant de répandre tes microbes partout.

Elle referma le tiroir et se réinstalla dans sa position initiale tout en le regardant.

-T’as toujours été sujet aux maladies hivernales, à ce que je me souviens. Tu devrais te faire vacciner contre la grippe tous les ans, comme les personnes âgées.

Tam ponctua cette phrase d’un clin d’œil avant de terminer sa tasse de café.

-Tu sais quoi ? Je vais ramener la cafetière. Tu veux autre chose ? Tu as peut-être faim… Compte pas sur moi pour te faire un bœuf bourguignon. Mais… elle désigna d’un signe de tête le tiroir de la table basse situé devant lui, qui renfermait des brochures de différents restaurants qui livraient à domicile. T’as qu’à choisir.

Elle se leva et se rendit à la cuisine pour récupérer le broc de café encore chaud et fumant. Décidément, cette odeur avait quelque chose d’apaisant. La jeune femme prit encore quelques secondes pour réaliser tout ce qui venait de se passer. Maintenant que l’entente était revenue avec Hay, Tam avait l’impression qu’elle pouvait venir à bout de tout. Alors ok, la tentative de ramener Madame Lond à la raison avait échoué, mais à présent qu’ils étaient tous les deux mus par la même volonté, elle en était certaine, une solution était possible, quelque part, il y avait quelque chose à faire.
Tam revint finalement au salon avec le café et resservit son Penseur avant de se réinstaller nonchalamment sur son coin de canapé. Elle lui sourit en reposant le tout sur la table basse.

-Alors, tu as choisi ?

Elle braqua son regard sur lui en souriant, attendant qu'il lui sorte encore une réplique acerbe et ironique. Elle commençait à cerner le personnage, en fait, il était le même que lorsqu'il était adolescent, mais en bien plus amplifié niveau ironie. C'était plutôt amusant.


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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Lun 7 Mar - 1:17


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



L'on parle souvent des mauvaises habitudes, en omettant au préalable de citer les bonnes. Pourquoi toujours mettre en avant l'aspect négatif au détriment du positif ? Éprouvons-nous d'abord le besoin de souffrir, avant l'envie de sourire ? L'humain est-il ainsi fait ou alors peut-être se prépare-t-il à l'avance ? La tempête s'annonce et nous voilà en train d'entrevoir le mauvais pour ensuite (je l'espère) savourer le bon. Quoique, je suis peut-être en train de me fourvoyer non ? Il me semble que selon l'adage, l'on parle de calme avant la tempête et non l'inverse !  Je n'ai jamais été très doué avec les proverbes et adages, il m'arrive souvent d'inverser les termes ou d'en créer de nouveau tant mon inculture sur le sujet est grande. Les rares amis que j'ai ici s'en amusent et me corrigent sans attendre. Je pense qu'ils s'imaginent que j'ai vécu dans une grotte, ou que je suis un peu naïf. Peut-être n'ont-ils pas tort, il y a une part de vérité là-dedans. Toujours est-il que ce soir, j'ai bel et bien subit la tempête avant d'enfin profiter d'une accalmie qui je l'espère, sera pérenne.

La cuisine bien que différente de celle qu'il avait connu à la Nouvelle Orléan, rappela quelques mémorables souvenirs à l'Irlandais, qui ne put s'empêcher de les partager avec son ami. Adossé au plan de travail, il l'observait préparait le café avec minutie, sans se délester de ce petit sourire en coin, qui laissait imaginer que cette évocation était bien plus qu'une simple réminiscence. La prise de parole qui suivit acheva de rassurer le brun ténébreux.  « -Je me souviens de ce pommier, le seul qui trônait dans le jardin d'ailleurs. Il était si grand, que je m'aventurais à l'escalader à chaque fois que l'on s'en approchait, en vain. » Pause, car Tam vient d'évoquer ce qui s'apparente à un moment d'anthologie. Le demi-dieu regarda donc son amie avec des yeux ronds avant d'esquisser un sourire qui ne demandait qu'à se transformer en éclat de rire tant le souvenir se voulait cocasse. « -Non sérieusement tu te souviens encore de la première tarte tatin ? Quoique vu le goût ça ne m'étonne pas que tu t'en souviennes encore. Ah cette pâte, elle nous en a donné du fil à retordre n'est-ce pas ? D'abord trop sèche, on l'a noyé dans l'eau, puis trop collante, on l'a couverte de farine. Je me souviens encore de la tête de ma mère quand elle a goûté la première part. Quoique le dessus n'était pas mauvais, tu t'en aies bien sorti. Toujours est-il que cette pâte avait le goût et la senteur d'un pain de seigle. D'ailleurs, je me souviens qu'on lui avait trouvé un nom. »  Il fit mine de se gratter la tête, puis le menton, espérant que ces gestes lui permettent de combler ce trou de mémoire « -Je l'ai sur le bout de la langue... Ah oui, je m'en souviens, on l'a appelé la tarte Tapin. On avait un concept-là ! » Conjointement, ils éclatèrent de rire comme si le temps ne les avait jamais séparés pourtant pas moins de 28 années venaient de s'écouler et il était difficile de l’oublier malgré tout.

Et la question que posa l'Irlandais, raviva une légère nostalgie que le fils de Mars aurait préféré faire taire. « -Un temps pour chaque chose n'est-ce pas ? Quant à moi, loin de moi l'idée de tout ramener à ma petite personne, je suis un excellent cuisinier encore plus quand il faut faire cuir des pattes ou ouvrir une conserve. C'est un art que je maîtrise depuis toujours bien sûr ! » Si la tempête avait dévasté les côtes, à présent c'est bel et bien l'accalmie qui primait dans les cœurs. L'histoire arrêtée à un chapitre, avait repris son cours comme si aucune entrave n'avait mis un terme à la lecture. Les deux amis venaient de se retrouvaient et avaient repris leurs habitudes, leurs tics de langage, les silences et les regards qui en disent trop. A les voir et à les entendre, l'on aurait aisément pu deviner deux adolescents. Tout semblait si simple, si fluide entre Haytham et Tamara, comme une parenthèse jamais fermée. L'Irlandais n'avait pas souris autant depuis tant d'années. Sa verve ironique était à son paroxysme, il se sentait bien, tellement qu'il souhaitait intérieurement que cette nuit reste éternelle autant que le regard et le sourire que daignait lui offrir Tamara.

Ils rejoignirent donc la salle de bains pour épargner le canapé en cuir blanc et tout ce que l'eau émanant de l'irlandais, pouvait abîmer. Une fois encore, les deux amis à coup de petites vannes, se chercher comme au bon vieux temps. Hay qui n'avait plus autant charrié, se donner du mal pour être à niveau face à une Tamara au sommet de l'ironie et du sarcasme, disons-le « gentillet ». La petite joute prit fin lorsque la porte se referma. Haytham retira ses affaires qu'il passa dans la machine, il attrapa le peignoir et l'enfila avant de se regarder dans le miroir. Il se passa une main sur la mâchoire, puis la fit glissé le long de son menton. Sa barbe de trois jours conférait un aspect plutôt rugueux à sa peau, mais ça ne le dérangeait pas, seule l'apparence comptait et une fois rasé, il paraissait plutôt coincé, chose qu'il n'était pas. Et puis les femmes préfèrent et de loin, les beaux bruns ténébreux mal rasés, c'est connu. Il ne put s'empêcher de se sourire en se demandant si oui ou non Tam aimait les hommes mal rasés. Le Daniel n'avait semblerait-il aucun poil sur le menton. Était-ce mauvais signe ? Hay secoua la tête en chassant de ses pensées toutes les interrogations qui semblaient le tarauder à présent. Il réajusta le peignoir, lança le programme d'essorage et quitta l'immense salle de bains pour retrouver Tamara dans le salon. « - Me revoilà ! Désolé, je me suis perdu dans ta salle de bains » lança t'il tout sourire avant de la rejoindre sur le canapé et de prendre le mug bien chaud qu'elle venait de lui tendre. Alors que l'Irlandais trempa ses lèvres dans le sombre liquide, il sentit sur lui le regard de la belle brune qui lui fit savoir qu'elle avait omis de glisser quelques gouttes de whisky dans le café ce à quoi il répondit : « -Hum effectivement il manque un petit quelque chose de virile ! »  Tam l'air désolé, lui indiqua où se trouvait la bouteille de Whisky, mais au dernier moment le demi-dieu se ravisa, se rappelant qu'il s'était récemment promis de diminuer son absorption d'alcool et plus particulièrement de Whisky. « -Merci, mais tout compte fait je crois que je vais me passer de whisky, j'ai eu ma dose ce soir »

Il reporta le mug à ses lèvres et but une gorgée de café avant de poser le contenant sur la table en verre qui lui faisait face. Dehors, la pluie continuait à tomber de plus belle, ne laissant entrevoir aucune accalmie pour ce soir. Puis le tonnerre résonna à nouveau ébranlant la quiétude qui avait assaillit la pièce jusqu'alors. « - Ca n'est pas pire qu'à la Nouvelle Orléans et qu'en Irlande ! Au moins, j'ai pris une petite douche ! » dit-il en lui adressant un clin d'œil. Il s'installa un peu plus confortablement et récupéra son mug pour l'en délester d'une ou deux gorgées tout en écoutant son interlocutrice avec attention. « -Moi jouer le clown à mes heures perdues ? » Il éclata de rire, se passa une main dans les cheveux et reposa son mug encore fumant. « -Je suis trop cher pour de pauvres mortels et puis je ne prends pas le dollar, mais la pièce d'or très chère. » Le sourire de Tamara, bien que dissimulé derrière son imposante tasse de café, réchauffa le cœur de l'Irlandais qui lui offrit un regard plein de tendresse. Pour la première fois, depuis des décennies, il était lui-même, sans masque, sans phare, sans peur de décevoir ou de paraître faible et cela lui faisait un bien fou. « -Que je te parle de moi ?! Eh bien, je ne sais pas quoi te dire. Je ne suis pas un sujet très intéressant, tu sais ! » Et avant de développer d'avantage, le fils de Mars éternua à nouveau provoquant l’inquiétude de Tamara qui lui demanda s'il avait encore froid. -Non non ça va ! » déclara t'il en cherchant à se défaire de l'inquiétude de son amie. « -C'est un petit rhume rien de méchant ! » Tam posa sa tasse, se pencha sur la table basse et en sortit un flacon qu'elle balança à l'Irlandais qui l'attrapa en vol. « -De l'ibuprofène ? Tam c'est bon, je n'en ai pas besoin, je t'assure. » La belle para cette excuse en rappelant à son ami à quel point il était sensible aux maladies hivernales lorsqu'ils étaient enfants. « -Hey j'ai à peine cinq ans de plus que toi Tamtam. » La belle lui envoya un coussin en pleine figure avant de se lever pour aller chercher la cafetière, tout en jouant à merveille son rôle d'hôtesse. « - Du bœuf bourguignon ? Je suppose que c'est un plat élaboré ?! »

L'agent de terrain se leva pour rejoindre la cuisine, laissant son invité seul avec les quelques brochures de nourriture à emporter. Le demi-dieu ne daigna leur accorder la moindre sollicitation et s'allongea sur le canapé en fixant le plafond. Il commença alors à chantonner un morceau des Pogues. Complètement déconnecté, les sens en veille, il n'entendit pas Tamtam revenir et sursauta presque lorsqu'elle lui demanda s'il avait choisi. « -Choisir ? Ah si j'ai faim ?! Tu n'aurais pas des cochonneries plutôt ? J'ai faim sans avoir faim. Et puis je ne porte pas les Italiens dans mon cœur, encore moins leur bouffe. C'est une longue histoire ça et je ne suis pas sûre qu'elle vaille le coup d'être entendue. » Il se redressa pour reprendre sa place initiale. « -J'adore les Pez et tout un tas d'autres sucreries. Qu'importe le lieu, j'ai toujours une sucrerie dans ma poche. Sauf ce soir puisque tout est dans mon sac et que d'impromptues visiteurs m'ont empêché de récupérer mes affaires. J'adore les glaces aussi et tout particulièrement la menthe avec quelques copeaux de chocolat. Ensuite hum... ( se gratte le sommet du crâne et fait mine de réfléchir) Je ne me contente pas de mes capacités, j'ai appris plusieurs styles de combats quand j'étais en Irak. Entre autres, le Krav Maga et la bosse anglaise, ainsi que quelques arts martiaux. C'est toujours utile d'avoir quelques bases. Hormis la force, mes cinq sens sont aussi développés que ceux d'un loup, l'animal emblème de mon cher père. Pour apprendre à mieux contrôler mes sens, je suis parti quelques mois dans la jungle amazonienne avec la légion étrangère. Bon, ça c'est tout ce qui concerne le Haytham belliqueux, fort heureusement, je ne me résume pas qu'à ça. Comme tu l'as remarqué, j'ai plusieurs tatouages. Le loup est un animal sacré pour les enfants de Mars, il nous guide, nous accompagne. »

Il défie le peignoir et lui montra la tête-de-loup qu'il avait dans le dos. Puis il lui montra le dix en chiffre romain qu'il avait sur l'avant-bras gauche » Tous les légionnaires romains ayant effectué leurs dix années de service, ont ce tatouage. C'est une sorte de reconnaissance. Ensuite, j'en ai un autre juste au-dessus du cœur. » Il le lui montra tout en l'abreuvant d'explications. « -C'est l'arbre celtique de la vie. Les Celtes confèrent beaucoup de force aux arbres et s'en servent très souvent comme symbole d'unité avec la nature. Le frêne représente la connexion, la sagesse et reddition. Le saule représente l'imagination, l'intuition et la vision. Quant au chêne, on l'assimile à la force, la stabilité et noblesse. C'est pour ça que je l'ai choisi. C'était aussi une façon pour moi de me rappeler qui je suis vraiment et d'où je viens. » Il lui sourit et remit son peignoir. Bien sûr, notre demi-dieu se garda de préciser qu'il avait à l'intérieur du poignet, une petite fleur de lys, la fleur préférée de Tamara. Pour ne rien laissait paraître, il masqua son poignet et reprit la conversation l'air de rien. « -Je parle le latin, mais aussi le français, l'arabe, le gaélique, l'italien et l'allemand. J'apprends très vite, un peu trop parfois. Euh... Je suis allergique aux pistaches depuis mes 19 ans à peu près. C'est d'ailleurs la seule chose à quoi je suis allergique. J'aime le café bien noir avec un seul sucre. Je peux en boire jusqu'à six par jours, mais ça n'est pas une drogue. Je ne suis pas contre un chocolat à la cannelle de temps en temps. Tu te souviens ? Ma mère nous en préparé toujours l'hiver et elle y ajoutait un morceau de guimauve. Ça fait tellement longtemps que je n'en ai pas bu d'aussi bon. J'aime aussi le whisky, un peu trop d'ailleurs. » Cette fois, le sourire se faisait moins enjouer, les paroles l'étaient tout autant. Haytham gêné d'aborder cette part de lui, préféra d'évier sur quelque chose de plus léger histoire de ne pas mettre à mal l'ambiance. « -Je ne me rase pas souvent. J'adore avoir l'air négligé et c'est avec passion que j'entretiens cette barbe de trois jours que je porte depuis mon retour d'Irak. Je savais que j'aurai dû faire une liste, car comme tu le vois Haytham Cassidy a beaucoup de choses à dire. Ah oui ! J'adore m'asseoir sur mon canapé et regarder la pluie tomber avec en fond sonore une bonne musique. Peu importe que ce soit du classique, du rock, tant que c'est harmonieux ça me va. J'ai une guitare planquée dans ma chambre, parce que oui Tamara, j'aime toujours chanter. Un de mes potes à un pub où il y a une scène ouverte. Je m'y suis essayé une fois, c'était pas mal. Bon, c'était moins intense qu'un combat, mais plus légal. Donc voilà à peu près tout. Mais si tu as des questions vas-y ne t'en prive pas. Mais sache qu'à mon tour, je veux connaitre là Tamara Lond d'aujourd'hui, car elle m'intrigue beaucoup. »




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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Lun 7 Mar - 23:41

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





C’était incontestable, échanger des éclats de rire et des petites vannes bon enfant comme au bon vieux temps avec Haytham faisait un bien fou. A la vérité, Tam ne se souvenait pas de la dernière fois qu’elle avait autant ri… A tel point que les muscles de ses joues lui faisaient mal alors qu’ils évoquaient des souvenirs culinaires plutôt… cocasses ! Et tout ce qui allait autour, bien entendu.

-Oui, c’est bien le seul arbre auquel tu n’aies jamais réussi à grimper. Par contre tu ne t’es pas gêné pour m’accrocher à une branche une fois… Je ne sais plus ce que je t’avais fait, je l’avais sans doute bien cherché.

Mais le souvenir de la tarte tatin était si drôle qu’elle avait presque les larmes aux yeux à force de rire.

-Oui… oui c’est exactement ça ! Comment aurais-je pu oublier un tel moment ? On était si fiers de notre création.

Et lorsque le demi-dieu retrouva enfin le nom ridicule qu’ils avaient donné à leur « superbe » dessert, l’agent Lond ne put se retenir une nouvelle fois de rire, cette fois elle était pliée en deux. Elle en était sure maintenant, la dernière fois qu’elle avait autant ri, c’était avec lui. A vrai dire, elle n’avait plus partagé de moment aussi convivial depuis la « tragédie » et le départ de son Penseur. Elle ne s’y était pas autorisée, ayant trop peur de s’attacher de nouveau à une personne qui lui ferait du mal en trahissant sa confiance et en l’abandonnant. Peu à peu, elle s’était habituée à ne compter que sur elle-même.

Haytham plaisanta sur ses talents de cuisinier. Tamara ne put que sourire en l’imaginant porter un tablier, une toque de chef, et ouvrir devant un public de fins connaisseurs une boite de raviolis en conserve. C’était le genre de blague qu’il aurait très bien pu lui faire, gamin. « Viens Tam, le grand cuisto Haytham Cassidy va t’apprendre une recette secrète connue de lui-seul et qui a fait sa renommée mondiale ! » . Il lui aurait vendu ainsi la promesse d’une incroyable découverte culinaire ayant fait la célébrité fictive de ce tout jeune chef étoilé, et une fois dans la cuisine, sa jeune amie assise sur un tabouret et des plus attentives, il se serait retourné d’un air solennel avec sa conserve en main, et l’aurait ouverte d’un air triomphant en fredonnant l’air de Carmina Burana. Et la petite Tam de l’époque se serait probablement énervé en lui criant dessus qu’il s’était encore payé sa tête, elle lui aurait sans doute reversé la boite sur la tête avant de s’enfuir en courant pour échapper au courroux d’un jeune homme aux cheveux couverts de sauce tomate. En y pensant bien, c’était peut-être une réaction du genre qui lui avait valu de se retrouver accrochée à une branche du pommier de madame Lond. Cette idée la fit sourire d’avantage.

Oui, l’accalmie était belle et bien là, comme si les tourments et houleuses conversations de leurs primes retrouvailles avaient été balayés comme sous le passage d’un ouragan, pour ne laisser place qu’aux joyeux souvenirs d’enfances et à leur sens de l’humour parfois compris d’eux seuls qui faisaient que leur discussion était fréquemment et régulièrement ponctuée d’éclats de rire, de l’un, l’autre ou des deux protagonistes en même temps.

Lorsqu’enfin le fils de Mars reparut dans le salon, prétextant s’être perdu dans la salle de bain, la petite brune ne put s’empêcher de rétorquer en haussant les épaules avec un sourire ironique.

-Quoi, ne me dit pas qu’elle est plus grande que ton appart ?

Bon, le fait qu’elle ait oublié la pointe de whisky dans le café d’Haytham ne sembla pas le gêner au final, tant mieux. Il était vrai qu’ils avaient eu plus que leur compte tous les deux côté alcool.


-Ah ouais, t’attends qu’il pleuve pour prendre une douche ? Waow… tu vends du rêve là !
lança-t-elle en pouffant de rire.

Ils étaient finalement confortablement installés dans le canapé en cuir blanc, mug de café en main, deuxième tournée pour Tamara. Alors que le demi-dieu ironisa sur ses tarifs en tant que clown, l’agent de terrain ne put retenir un regard en coin avec un haussement de sourcils incrédule.

-La pièce d’or ? Sincèrement ? Et t’arrives à les dépenser facilement ? Je t’imagine tellement au supermarché : « Bonjour, euh le kilo de bananes, ça fait combien en pièces d’or ? ». N’importe quoi !

Elle éclata de rire avant de boire une nouvelle gorgée de café. Puis, Hay sembla ne pas vouloir céder à prendre un pauvre petit médicament.

-C’est peut-être pas grand-chose, mais c’est pas une raison pour que ça te gâche la vie.

Le nouveau « Tamtam » lui valut un lancer de coussin non prévu et un petit rire s’éleva à nouveau.

-Sérieux tu sais pas ce que c’est que le bœuf bourguignon ? Tu sais, les français se targuent d’habiter la capitale mondiale de la gastronomie, et ils ont des tas de recettes toutes plus compliquées, longues et… enfin bref, de la cuisine française quoi. Tu sors d’où ? T’es irlandais non ? C’est en Europe l’Irlande, donc pas loin de la France…

Oui bon, pour les américains, les pays d’Europe sont tellement petits qu’il y a peu de différences de l’un à l’autre. Lorsque Tam revint avec la cafetière, elle retrouva son Penseur totalement affalé sur le canapé, yeux rivés au plafond, en train de chantonner, ce qui la fit sourire.

-Je voulais pas te faire peur. Tu pouvais continuer.

Il réclama, tel le gosse qu’il n’était plus, des sucreries. La jeune femme réfléchissait à ce qu’elle pouvait avoir en stock avant de réaliser ce qu’il venait de dire.

-Des PEZ ? Sérieusement ? Waow Haytham… dit-elle en souriant et secouant la tête.

Puis, la langue du demi-dieu se délia, et il accepta de parler de lui, ce qui valut une concentration certaine à son interlocutrice qui était soudain très intéressée par ce qu’il disait. Ils avaient tant à rattraper, et redécouvrir son ami d’enfance était certes quelque chose d’étrange, mais elle en avait réellement envie, et besoin aussi. Elle constata, avec un petit sourire, qu’ils avaient des points communs, comme le fait d’avoir appris certains arts martiaux. Tam le regarda défaire son peignoir avec grand intérêt. Il lui montra alors ses tatouages, qu’elle n’avait qu’aperçus de loin lors du combat. Elle l’écouta attentivement. Chacun de ses tatouages avait une bonne raison de se trouver où il était, une signification qui lui était chère. C’était presque touchant. Ses yeux avaient du mal à se détacher de ce corps si bien sculpté, elle en regretta presque que l’explication soit terminée et qu’il referme son peignoir.

-Ce sont de beaux symboles.

Il embraya ensuite sur les langues qu’il parlait. Tam se souvint qu’au collège, il avait beaucoup de facilité déjà. A présent, ces petits dons pour l’apprentissage des langues étrangères lui avaient bien servi.

-Waow ! sept langues au total, c’est pas mal ! Comme Cléopâtre.

Elle fut surprise d’apprendre qu’il était allergique aux pistaches. Ils en mangeaient des quantités considérables lorsqu’ils étaient gamins.

-Ah bon ? demanda-t-elle en écarquillant les sourcils. C’est bizarre ça.

Puis il aborda le sujet plus ou moins délicat des boissons. Concernant le café, Tamara eut un petit sourire amusé, vu qu’elle aussi avait tendance à beaucoup absorber ce genre de nectar.

-Allons, n’ayons pas honte de dire que nous sommes des junkies et que sans notre dose de caféine nous ne vallons rien. Je l’ai compris il y a longtemps et ne m’en cache plus.

Elle ponctua cette affirmation par une nouvelle gorgée de café.

-J’ai vu que tu aimais bien le whisky. Ca doit être dans tes gènes d’irlandais. Y a rien à faire, j’ai toujours préféré la tequila. Ah les fameux chocolats chauds d’Eileen. Je n’ai jamais réussi à refaire exactement le même, quoi qu’il y ressemble.

La petite brune sourit avec tendresse lorsqu’il aborda le sujet de sa petite barbe de trois jours qu’il entretenait avec application. Elle ne put retenir une main qu’elle posa affectueusement sur sa joue.

-C’est vrai que ça te va bien.

Réalisant son geste peut-être un peu trop familier, elle la retira aussitôt.

-Pour quelqu’un qui prétendait ne pas être un sujet intéressant, moi je trouve qu’au contraire il y a matière à discuter.

Elle regarda vers la baie vitrée, alors que la pluie continuait son œuvre.

-C’est vrai que regarder l’eau tomber a quelque chose d’apaisant. Tu veux un peu de musique ? demanda-t-elle en le regardant à nouveau.

Décidément, le Haytham Cassidy adulte était plein de surprise. Elle venait d’apprendre qu’il s’était essayé à la scène avec sa guitare.

-Décidément, tu aimes qu’on te voie. Tu as dû avoir beaucoup de succès, lui dit-elle en souriant. Je me souviens que tu chantais divinement bien.

Elle attrapa une petite télécommande rangée dans un compartiment et appuya sur un bouton, ce qui fit arriver un doux son de musique classique provenant des enceintes disposées aux quatre coins de la pièce.

-Et sinon, tu vis de quoi ?

Voulant esquiver la question, elle se leva après avoir délesté sa tasse de sa dernière gorgée de café.

-La Tamara Lond d’aujourd’hui va voir ce qu’elle trouve pour ton envie de sucreries, très cher.

Et après un clin d’œil, elle disparut derrière le comptoir de la cuisine américaine. On pouvait l’entendre chercher dans les placards.

-Ah, je savais bien que j’en avais un paquet quelque part !

Elle revint avec un petit bol qu’elle avait rempli de guimauves enrobées de chocolat.

-Ferme les yeux et ouvre la bouche, lança-t-elle joyeusement.

Puis elle s’assit sur le rebord de la table basse pour être en face de lui et lui mit une guimauve dans la bouche.

-Alors, ça ira ?

A son tour, Tamara prit une guimauve et croqua dedans, laissant l’autre moitié entre son pouce et son index.

-Oh c’est trop bon ! Je sais pas comment ce paquet a pu survivre dans mon placard.

Voyant le regard inquisiteur de son Penseur, Tam leva les yeux au ciel.

-Ok… je suis accro au café, et aux guimauves. Je parle français aussi, quoi que j’ai pas mal perdu, j’ai appris quelques mots d’arabe. Je suis allergique à la poussière, euh… à mon avis je chante comme une casserole, et puis euh… j’ai pas de tatouage, désolée j’ai rien à te montrer d’intéressant… Peut-être un jour, qui sait ? Voilà ! lança-t-elle avec un sourire crispé.

A la vérité, Tamara n’était pas habituée à parler d’elle, depuis l’épisode traumatisant du psy, la jeune femme s’était plus renfermée sur elle-même qu’autre chose. C’était un exercice difficile que de déblatérer sur soi-même, comme ça. Et puis à vrai dire, elle ne savait trop que raconter. Elle avait survolé les points qu’Haytham avait abordés, espérant satisfaire sa curiosité, mais elle était consciente que ce ne serait pas suffisant. Elle le connaissait, son irlandais, depuis toujours il avait eu un esprit vif et curieux. Son sobriquet de Penseur lui allait comme un gant : il réfléchissait beaucoup, parfois trop, même.

-Tu veux savoir autre chose ? demanda-t-elle d’une petite voix en mangeant la deuxième partie de sa guimauve.

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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Mer 9 Mar - 23:38


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



« -Je me souviens du fameux pommier. » dit-il en arborant le sourire d'un enfant joueur. Et il est vrai qu'il conservait bons nombres de souvenirs émanant de cet arbre imposant qui trônait au fond du jardin de la famille Lond. « -Oui c'est bel et bien le seul arbre que je ne suis parvenu à dompter, mais c'est pas faute d'avoir essayé pourtant. » Il reprit sa tasse qu'il but d'une traite cette fois et la reposa sur la table sans attendre afin d'offrir à son interlocutrice toute l'attention qu'elle méritait. La voir sourire de la sorte, rappela au jeune homme à quel point il était bon de savourer ces instants emplis de simplicité que l'on daignait lui offrir de temps à autre. D'ailleurs à bien y réfléchir, c'est avec Tamara et seulement avec elle qu'il avait vécu la plupart de ces moments. « -Hum effectivement je me souviens t'avoir accroché à l'une des branches. » Silence, il en faut pour réfléchir et plus encore pour déterrer de vieux et bons souvenirs. « -Ah oui je me souviens, tu m'avais charrié à propos de cette vieille femme qui vivait à côté. Tu prétendais que c'était une sorcière et que c'était elle qui kidnappait tous les chats qui disparaissaient aux alentours. Le pire, c'est que tu y croyais dur comme fer et que je me suis laissé piéger comme un bleu. J'ai été frappé à sa porte, avec mon gant de baseball de seconde main. Je l'ai supplié de me laisser aller dans son jardin pour récupérer ma soi-disant balle. Toi, tu regardais le sourire aux lèvres. Au final, il n'y avait rien, pas de chats pas de chaudron, pas de baguettes, pas de verrues. J'ai même eu un super cookie. Tu t'es bien foutu de ma tronche. Donc je suppose que c'est pour cela que je t'ai accroché à la branche du pommier. » Il appuya son regard sur le sien pour qu'elle atteste de ses dires, mais un autre souvenir encore plus cocasse, lui revint en mémoire, le faisant ainsi douter.

« -Ou alors c'est à cause de cette histoire de crotte de lapin. Tu t'en souviens ? C'était à Pâques ! Nos mères avaient acheté pleins de petits œufs en chocolat. Ce jour-là je devais t'aider à en ramasser le plus. Je me souviens qu'à un moment tu t'es éloigné pendant une dizaine de minutes. Quand tu es revenu le sourire aux lèvres, tu n'as dit que tu avais trouvé la cachette, avec tous les œufs. Pour donner plus de crédit à tes dires, tu en as sorti un tout petit de ta poche pour me le tendre. Loin de me douter de ta blague, j'ai ouvert le petit œuf, que je pensais en chocolat et je l'ai mangé. » Il se mordit la lèvre inférieure, car par fierté et ce malgré les années passées, il se devait de conserver une position hostile à l'égard de cette blague dont il avait été la victime, mais c'était tellement cocasse, qu'il ne put s'empêcher de rire aux éclats. « -Je me souviens de ta tête quand j'ai avalé l’œuf. D'abord silencieuse, tu t'es ensuite roulé par terre en riant encore et encore. Tu grimaçais même par intermittence. Moi je te regardais sans comprendre. Et puis tu t'es levée, tu m'as fait un bisou sur la joue tout en murmurant que je venais de manger une crotte de lapin. Pour ta gouverne, ça n'avait pas de goût, hormis peut-être celui de l'herbe fraîchement ingérée. Donc me voilà confronté à un doute que tu pourras peut-être éluder non ? » Encore des souvenirs, comme s'il en pleuvait. Tous avaient une résonance positive et permettaient ainsi aux deux amis et protagonistes de se replongeait dans le bonheur qui avait depuis déserte leur vie. Haytham d'abord sur la réserve, ne cherchait plus à présent à amoindrir son sourire et à faire taire son rire. Il était bien, ne se posait pas la moindre question et profitait sans modération de ce moment en compagnie de celle qu'il se plaisait encore à appeler « Tamtam » comme au bon vieux temps. La « tarte tapin » laissa entendre une nouvelle crise de fou rire. Les yeux de l'agent de terrain brillaient et les zygomatiques de demi-dieux fonctionnaient à plein régime. Il s'appuya un peu plus contre le coussin du canapé, histoire d'être confortablement installé puis il posa sa main sur son ventre car ses abdos commençaient à chauffer suite aux multiples crises de fous rires.

Passé les talents culinaires qu'il n'avait pas, l'Irlandais se laissa charrier sur les pièces d'or. Tamara n'avait pas eu à chercher longtemps, son ami lui ayant lui-même tendu la perche. A croire qu'il n'avait jamais cessé d'aimer se faire charrier. Allongé à présent et fixant le plafond, il répondit pour ne pas perdre la face. « -Au camp Jupiter tu peux acheter un kilo de bananes avec quelques pièces d'or. Tu peux même te prendre une bonne bouteille. Ici on préfère les billets verts, dommage ! » Autant que son manque de culture qui venait une fois encore de lui faire défaut lorsque sexy Tamtam se proposa non sans ironie de lui préparer un bœuf bourguignon. « - Et bien j'ai appris quelque chose ce soir. Je ne t'en félicite pas d'ailleurs, parce que ce bœuf de Bourgogne à l'air vachement délicieux. Mais avant toute chose Milady, laissez- vous rappeler que l'Europe tout comme les USA est vaste. C'est typique des américains de concevoir l'Europe comme une espèce de petit bloc avec pleins de petits pays à l'intérieur. Bon j'avoue quand même que l'Irlande est relativement proche des côtes Atlantiques, mais quand même. La France est grande. Il faudrait qu'on aille y faire un tour un de ces quatre. Je suis sûr qu'ils ont des pommiers auxquels je pourrais t'accrocher si l'envie m'en prend. D'ailleurs tu te souviens, on s'était dit un jour, que lorsqu'on serait grand, toi c'est encore d'actualité à ce que je vois. * elle lui lança une fois encore un coussin, qu'il évita de justesse. * Ah mais ce qui est petit est mignon non ? Enfin il y a surement des exceptions ! Bref, je disais que quand on était plus jeunes, on s'est dit un jour, qu'on voyagerait pour découvrir le monde. J'y ai souvent pensé, mais j'imagine que tu as eu l'occasion de le faire depuis. »

Le temps continuait à défiler sans que ni l'un ni l'autre ne daignent lui accorder de l'importance. Les rires, les sourires, la tendresse continuaient à rythmer la nuit sans que ni Hay ni Tam ne s'en lasse. Ils étaient à nouveau ensemble, comme deux amis, comme deux enfants qui rient aux éclats pour des blagues potaches, qui se charrient à coup de surnom débiles et de quelques coussins qu'ils se balancent à la figure. Le fils de Mars, d'ordinaire pas très bavard, faisait aujourd’hui exception. Il se livra même un peu à la belle brune qui se trouvait à l'autre bout du canapé. Il lui montra les quelques œuvres artistiques qui ornaient son corps, omettant volontairement de lui montrer la fleur de Lys qu'il avait à l'intérieur du poignet. C'était encore trop tôt pour faire aveu de faiblesse et pour avouer à Tam que les premières années sans elle, furent au moins aussi pénible qu'une descente en enfer, bien qu'il n'est encore eu jamais l'occasion (par chance) de s'y rendre. « - Ouais de beaux symboles comme tu dis ! je cogite encore pour le prochain, je crois que je suis devenu accro à l'encre. C'est onéreux, mais moins dangereux que le Free Fight. Je pensais à un cœur tout rouge et tout moche avec à l'intérieur un I like tamtam avec des pommes autour. »

Après les tatouages, l'Irlandais évoqua sa passion pour la linguistique, une passion qu'il entretenait depuis le collège. A noter que parler plusieurs langues pouvait s'avérer très utile en situation de crise. « - Pas mal pour draguer hein ? Cléopâtre s'en sortait pas mal dans ce domaine-là. » Haytham également, mais face à Tamara, il préféra ne pas développer le sujet à des savoir pourquoi. Une part de gêne s'instaura, la même qui l'avait assailli lorsque l'ex lourdingue était venu à leur table quelques heures auparavant. Au risque de continuer à étayer sa gêne, il préféra s'éloigner du sujet pour un aborder un autre et pas dès moindre. « - Saleté de café, il nous a à la botte maintenant. On peut toujours tenter de s'inscrire à une réunion de caféinomane anonyme, ça pourrait nous aider ! » Et puisque la boisson était au centre de la conversation, Tam renchérit avec l'une des autres addictions de son ami. « -Encore une addiction dont j'aimerais me passer, mais j'imagine que comme tu le dis cela vient de mes gènes d'irlandais. Là peut-être que je devrais aller voir quelqu'un ou redevenir accro au chocolat à la cannelle. » Une fois encore, puisque le sujet était trop épineux, il dévia et évoqua cette barbe de trois jours qu'il entretenait avec soin pour donner plus de crédit à son look de « bad boy. » Le sourire de Tam en disait long et sa main sur la joue de son beau Penseur en disait davantage. Hay se rendit alors compte de leur proximité, il n'était plus à quatre mais à un coussin l'un de l'autre. La proximité n'était pas encore une promiscuité par chance, mais n'en demeurait pas moins étrange après presque trente années de séparation. Réalisant la portée de son geste et gênée par tant de familiarité, Tam retira aussitôt sa main après l'avoir complimenté à bien des égards. « -Ok si tu le dis ! Cependant c'est à toi de passer sur le grill Tamtam. Je suis sûr que tu es un sujet bien plus intéressant et il me tarde d'en savoir davantage. »

Leur regard convergea sur l'imposante baie vitrée où les gouttes de pluie continuaient à s’écouler « -Ma psy me conseiller d’écouter des vidéos de relaxions avec de l'eau qui s'écoule. Elle disait qu'avec un peu de chance cela m'aiderait à m'endormir la nuit. Ah oui, je précise que c'était il y a des années, quand je suis rentrée d'Irak. On nous a collé une psy qui nous... qui m'a suivi pendant un an. Enfin bref, je t'en prie mets-nous un peu de musique et peut-être que si le cœur m'en dit, je te chanterai une petite chanson. » Tam attrapa une petite télécommande et lança le lecteur qui laissa échapper quelques notes de musique classique. Hay s'allongea à nouveau et ferma les yeux pour mieux savourer cet air de Bach qui embaumait toute la pièce d'une agréable quiétude jusqu'à cette dernière question. Haytham souffla et se redressa lentement. Mais avant qu'il ne puisse répondre, la belle brune tout sourire "vola" jusque dans sa cuisine, laissant son invité seul. « -Tam c'est bon tu. » commença-t-il avant d'entendre sa meilleure amie lui demander de fermer les yeux et d'ouvrir la bouche. « -Ok, j'accepte de te faire confiance, mais ne t'avise pas de me faire bouffer des crottes de lapin ! » Après une légère hésitation, l'Irlandais obtempéra et ferma les yeux, attendant le retour de son amie. « - Bon alors ? J'attends ! » Il garda la bouche ouverte et sentit un quelque chose y entrer, un quelque chose de terriblement délicieux. Une texture moelleuse et une saveur chocolatée qui pouvait très facilement rivaliser avec les Pez et les oréos. « -Hum c'est délicieux ! Je ne connaissais pas ! Qu'est-ce que c’est ?! » lança-t-il avec candeur avant de se servir à nouveau. « -Plus que bon, c'est...je n'ai pas de mot. Je peux juste dire que ce paquet ne survivra pas à cette attaque ! » Puis se fut au tour de la belle américaine de se livrer à son Penseur et de lui offrir quelques informations à son égard.

« - On pourra parler français ensemble si tu veux et je pourrais te donner des cours de chant si vraiment tu chantes comme une casserole. Et j'aime cette petite pointe de mystère, ça laisse sous-entendre que si je suis sage tu me monteras quelque chose d'intéressant. » Il ponctua sa réplique d'un clin d’œil et piocha à nouveau dans le bol de guimauve chocolatée. Il remarqua alors le sourire crispé de Tam et comprit ce qui lui avait échappé jusqu'alors. « - Tu n'aimes pas parler de toi n'est-ce pas ? Moi non plus tu sais, encore plus dans ma situation. J'ai dû mentir à ma psy et je suppose qu'elle l'a compris. Et puis même si j'avais pu prétendre à la normalité, je n'aurais pas aimé ça. C'est difficile de parler de soi encore plus à un parfait inconnu, ça l'est même avec une personne qui nous était proche. Je vois que tu préfères survoler les grandes plutôt que de développer. Je suis curieux, là-dessus ça n'a pas changé, mais je saurai me contenter de ce que tu veux me dire. A l'inverse, moi j'ai envie de te parler. Tout à l'heure tu m'as demandé ce que je faisais pour gagner ma vie. » Il marqua une pause afin de s'assurer que sa camarade le suive encore. « -De quoi est-ce que je vis ? Des combats pour commencer, mais ça tu l'as vu par toi-même. Avec mon bookmaker, l'on se fait pas mal d'argent sauf quand je me retrouve à combattre d'autres demi-dieux et des collègues à toi. Le dernier en date était de type Jacki Chan, pas très grand, mais hargneux. Je tiens à préciser que je lui ai quand même mis une raclée. Cependant, j'aurai dû écouter mon pote et ne pas faire ce combat. D'ailleurs, je devrai arrêter et ça me semble être une très bonne décision à prendre, mais je ne peux m'y résoudre, car j'en ai besoin. C'est un peu comme le café, l'on sait que c'est mal, que c'est mauvais pour la santé, mais l'on continue à en boire. Je sais que ces combats sont malvenus, voir même injuste au vu du sang divin qui coule dans mes veines, mais pour être honnête avec toi, ça ne m'a jamais empêché de le faire. »

Une fois encore le silence prime sur les mots et une fois encore le demi-dieu se laisse envahir pour une culpabilité encore jamais éprouvée. « Je ne peux pas me l'expliquer, mais j'ai besoin de frapper, de cogner, de mettre à terre mes adversaires. J'en ai besoin autant que j'ai besoin de vider une bouteille de whisky. Tout ça pour oublier la douleur, la souffrance et toutes ces images qui hantent mes nuits depuis toujours. » Il piocha une fois encore dans le bol et se leva pour s'approcher de la baie vitrée et mieux observer les gouttes qui y glissaient. « - Ca a commencé avec la créature qui a ...détruit nos vies. Puis quand je suis rentré d'Irak, je n'avais de cesse de voir et revoir le guet apen dans lequel je suis tombé avec mon unité. Je suis le seul à avoir survécu, mais j'ai commis, sous la colère, un massacre. J'ai beau me dire que c'était en quelque sorte de la légitime défense, cela n'empêche que je l'ai ai massacré. Il y avait du sang partout et puis je me suis retrouvé face au tireur qui m'avait logé, quelques minutes plus tôt, une balle dans l'épaule. Je n'avais plus de force, le mode « colère marsienne » ne faisait plus effet. J'aurai dû mourir, mais non. J'ai mobilisé le peu d'énergie qu'il me restait et je lui ai logé une balle en pleine tête. C'était un gamin qui ne devait pas avoir plus de 14 ans. J'ai perdu tellement de sang qu'on m'a rapatrié. En rentrant à la vie civile, j'ai pété un câble. Je n'arrivais plus à dormir, je repensais au passé, à ma mère, au monstre qui l'a tué, à ceux que j'ai tué en Irak et...à toi. Je n'en pouvais plus, alors j'ai augmenté les doses de vicodine à cause de ma blessure et j'ai commencé à boire plus que de raison. L'espace de quelques minutes, j'arrivais à me déconnecter et à oublier ces images et toutes les erreurs que j'ai commises. Puis des gens m'ont tendu la main, des humains qui plus est. Je me suis reconvertit dans la restauration et je suis devenu barman et je le suis encore par intermittence. J'ai rencontré Joshua, mon bookmaker, au pub. C'est un satyre et il aime se faire de l'argent. Il m'a proposé les combats, en sachant qui j'étais. J'ai dit non au début puis je me suis laissé convaincre et voilà où cela m'a mené. » Enfin il trouva le courage de se retourner et sourit tristement à la jeune femme. « -Ma vie est très compliquée comme tu le vois ! »


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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Jeu 10 Mar - 20:52

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





Qui l'aurait cru? L'ambiance était désormais des plus conviviales entre les deux amis retrouvés. Les éclats de rires fusaient à chaque souvenir évoqué, chacun en rappelant à l'autre un qu'il avait oublié. Ainsi, l'épisode du pommier auquel Tam avait été accrochée telle une veste à un porte-manteau ne manqua pas de les faire marrer l'un et l'autre. Le demi-dieu chercha la raison de cette vengeance dont il avait été l'instigateur. La petite brune reconnaissait volontiers qu'elle avait sans doute mérité ce châtiment, étant donné qu'à cette époque, en "petite soeur" qui se respecte, elle passait le plus clair de son temps à lui chercher des noises. Hay hésita entre la fois où la petite Lond avait prétendu qu'il fallait sauver les chats errants du quartier de la soit-disant sorcière qui vivant dans la bicoque d'à côté, ou le fameux épisode de pâques avec les crottes de lapin. Affichant un sourire des plus amusés, l'agent de terrain cogita.

-Tu sais, je reste persuadée que cette vieille voisine mangeait des chats. Elle n'avait peut-être pas de chaudron, et encore je suis sûre que tu as mal cherché, mais je ne vois pas d'autre solution à toutes ces disparitions inexpliquées, tenta-t-elle de dire en gardant un semblant de sérieux qui ne dura pas.

Elle secoua la tête.

-Je crois que c'est bien l'épisode des oeufs de pâques qui m'a valu le statut de manteau accroché au pommier, dit-elle en riant de bon coeur.

Et alors qu'Haytham se lança dans une description de la saveur qu'avaient les crottes de lapin, Tam grimaça en riant et en se cachant le visage derrière un coussin qu'elle ne tarda pas à lancer au visage de son interlocuteur.

-Non, non, NON! Je veux pas savoir ça ! Aaaaah!

Un nouvel éclat de rire collectif retentit dans le salon, couvrant le martellement incessant des gouttes de pluie qui venaient s'écraser contre la baie vitrée. Il y avait tellement de souvenirs heureux, que tous les citer prendrait une nouvelle décennie. Mais voir combien les évoquer les faisait rire et les detendait était comme une promesse, celle que d'autres moment heureux pourraient se créer à l'avenir. L'un comme l'autre n'avait plus autant ri depuis des lustres, et cela semblait leur faire un bien fou... en tout cas, c'était vrai pour Tamara, et à voir le regard pétillant du fils de Mars, ça l'etait pour lui aussi, d'autant que comme elle, il manifestait les premiers signes de douleurs d'un rire un peu trop persistant. Tam était désormais pliée en deux, bras croisés, tachant de reprendre sa respiration.

-Pitié, je t'en prie, arrête! Tenta-t-elle d'articuler entre deux éclats de rire.

Ils se calmèrent enfin, mais le moindre regard avait tendance à raviver le rire qu'ils s'étaient donnés tant de mal à calmer. Puis, ils évoquèrent des souvenirs plus récents, et donc propres à chacun. L'agent de terrain avait bien du mal à s'imaginer qu'il puisse exister un endroit aux USA où l'on payait en pièces d'or. Elle ecarquilla les yeux lorsque son Penseur confirma les faits.

-T'es pas sérieux là?! Vous avez carrément une économie parallèle? Mais quel est l'intérêt ?

Elle secoua la tête avec un sourire en coin.

-Toujours tout pour se la péter ces demi-dieux!

Surprise qu'Haytham , qui aimait tant manger, ne connaisse pas les célèbres mets français, elle le regarda avec des yeux ronds.

-Je ne pensais vraiment pas t'apprendre quelque chose en te parlant de boeuf bourguignon. Mais bon, c'est rien de plus qu'une sorte de ragoût avec plein de sauce et quelques petits légumes. Et de toutes façons, j'ai arrêté de manger de la viande, donc je ne risque pas de pouvoir t'en faire, déclara-t-elle avec un clin d'oeil. Attends, j'ai rêvé ou tout à l'heure tu as dit que tu n'aimais pas la bouffe italienne? Tu me feras pas croire ça, avec toutes les pizzas qu'on s'est envoyées étant gosses, sans parler des pâtes carbo! Tu en raffolais! Je me souviens même d'une fois où je t'ai pris en flag, en pleine nuit, en train de manger les restes!

Un nouvel éclat de rire ponctua cette anecdote, avant qu'elle ne reprenne un semblant de sérieux.

-Je t'avouerai que mes connaissances géographiques concernant l'Europe sont assez limitées, je dirais même que si je connais l'emplacement de l'Irlande sur la carte, c'est grâce à toi. Je ne pouvais te faire l'affront de ne pas savoir où se trouve le pays où tu es né. Tu te souviens en primaire j'avais du faire un petit exposé sur un pays et j'avais choisi le tien. Mais j'avoue que pour l'americain de base, étant donné qu'un pays d'Europe est souvent plus petit qu'un état de chez nous, c'est compliqué de ne pas tout mélanger.

Et voilà qu'il repartait à la taquiner, sur sa petite taille cette fois, ce qui valut au demi-dieu une nouvelle attaque au coussin.

-Arrête, j'ai plus de munitions, dit-elle après le lui avo écrasé sur la tête.

Mais c'était vrai qu'ils s'étaient promis de voyager et découvrir le monde ensemble. C'était un beau projet, qui aurait sans doute pu se réaliser. Haytham supposa que son amie avait sans doute déjà découvert beaucoup de pays.

-Détrompe-toi, à part la Louisiane, New-York, quelques état des Etats-Unis d'Amérique et l'Afghanistan dont je déteste parler, je n'en ai pas tant vu que ça. Je n'ai jamais été en Europe, par exemple, ce qui explique peut-être ma nullité quant à reconnaître les pays. J'ai appris le français au lycée, parce qu'il fallait choisir une langue. J'étais pas mauvaise d'ailleurs, mais je ne l'ai quasiment jamais pratiqué, alors j'imagine que j'ai tout perdu. Attends...

Elle fit mine de réfléchir avant de lui sortir un "bwondjour, comen talley vou?" avec un gros accent américain, avant de pouffer de rire à nouveau.

-C'était pas glorieux hein?

La discussion dévia ensuite sur les tatouages d'Haytham. Il continua à la charrier en prétendant que le prochain serait un gros coeur rouge bien ridicule avec son prénom à l'intérieur.

-J'espère bien, c'est quand même le minimum, et j'exige que tu le fasses à un endroit bien visible , sur ton front par exemple!

Comme elle n'avait plus de coussins à lui jeter dessus, elle attrapa le bout de la ceinture du peignoir qu'il portait et la fit claquer (un bien grand mot) sur son front.

-Juste là, ce sera parfait, dit-elle avec un sourire satisfait. Je pense que je me laisserai tenter un jour... on verra. Peut-être un "Haytham forever" sur la fesse droite, t'en penses quoi?

Hay déclara que parler plusieurs langues était pratique pour draguer, ce qui la fit sourire.

-A mon avis, t'as pas besoin de ça. Mais sinon tu peux toujours tenter de te faire tatouer une phrase dans chacune des langues que tu maîtrises. Quant à Cléopâtre, elle a beaucoup dragué du romain. Tiens je suis sûre que ton père devait être l'un des dieux préférés de ce bon vieux César.

Alors que Tam remplissait la tasse vide de son Penseur, il évoqua leur addiction commune au café, et la possibilité d'une inscription aux caféinomane anonymes. Elle sourit.

-Je ne suis pas sure de vouloir me passer de cette addiction. C'est la seule que j'aie, et puis... j'aime pas dormir. Mais toi, si t'es accroc au whisky, ça craint déjà plus, non? Le chocolat chaud à la cannelle et guimauve, c'est mieux comme dépendance, et bien plus délicieux. En plus, il paraît que le chocolat est un aphrodisiaque, ajouta-t-elle avec un sourire énigmatique.

Alors qu'elle enclencha la musique, Hay évoqua son retour d'Irak et surtout les séances de psy qu'il avait du avoir durant une année.

-Ca t'a été utile, les séance de psy?

Tam ne gardait pas un très bon souvenir de celles qu'on lui avait imposées étant enfant. Depuis, chaque fois qu'on lui en avait proposé ou imposé, que ce soit à l'armée ou au DLCEM suite à des missions un peu risquées ou délicates, l'agent de terrain avait fait son possible pour s'y soustraire ou en limiter le nombre autant que faire se peut. Là où la psy du beau ténébreux n'avait pas tort, c'était concernant l'effet relaxant du bruit de l'eau. A présent, une mélodie de Bach résonnait agréablement dans la pièce, alors que la jeune femme était partie chercher des friandises. Et à en voir la tête du fils de Mars lorsqu'elle lui mit la première guimauve enrobée de chocolat dans la bouche, il avait l'air d'aimer.

-Oh, comment tu savais que je gardais toujours des crottes de lapin pour les grandes occasions? Décidément, on ne peut rien te cacher! lança-t-elle joyeusement avant d'en prendre une à son tour. Ces trucs-là, c'est mon péché mignon. Les guimauves enrobées de chocolat, annonça-t-elle comme si elle parlait du St Graal. Ça rappelle vaguement le fameux chocolat chaud de ta mère, mais pas besoin de préparation, et pas besoin d'attendre.

Hay déclara que le paquet ne résisterait pas à la soirée, et Tam ne put qu'acquiescer.

-Je te le fais pas dire, quand on commence, impossible de s'arrêter!

D'ailleurs, elle reprit une petite friandise. Elle le regarda, ayant du mal à l'imaginer être sage après les salves de vannes qu'elle s'était reçues.

-Toi, sage? Laisse-moi rire! Et que pourrais-je bien te montrer d'intéressant que tu n'aies déjà vu? Et puis tu m'as vues en peignoir avec une serviette dans les cheveux, c'est déjà bien assez compromettant, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil.

Haytham l'avait compris, Tamara n'aimait pas parler d'elle. Elle ne put que hocher la tête avec un petit sourire gêné. Même après toutes ces années, il la cernait toujours.

-Pose toujours tes questions, et si je veux pas répondre je te mets un coup de coussin.

Cependant, le fils de Mars sembla éprouver le besoin de lui parler, de se confier à elle, et cette initiative la toucha profondément. Cela signifiait que leur lien d'amitié n'avait finalement jamais été rompu, il était toujours là, et à présent les deux amis reprenaient leur histoire là où ils l'avaient laissée. Hay lui confia alors beaucoup de choses sur sa vie, des choses assez dures entre autres, et aussi ce qu'il faisait pour vivre et comment il en était arrivé là. Elle le regarda se lever pour faire face à la baie vitrée, tandis qu'elle pivotait, toujours assise sur la table basse, pour mieux le suivre du regard. Ainsi, ces combats, aussi dangereux qu'illégaux, étaient devenus une sorte de drogue, il éprouvait désormais le besoin d'avoir sa dose régulièrement.

-Ça ne te fait pas peur? demanda-t-elle d'une petite voix. Tu n'as pas peur qu'un jour ton self-control ne vole en éclats et de franchir les limites, le point de non-retour?

Elle s'était gardée de préciser "comme en Irak". Elle ne le jugeait pas, non, elle essayait juste de comprendre. D'ailleurs, si lui s'en voulait pour ce qui s'était passé là-bas , Tam comprenait parfaitement qu'il n'ait pas eu le choix, c'était lui ou le tireur. C'était bel et bien de la légitime défense. Elle-même n'aurait pas eu de scrupule à faire passer sa propre vie en premier dans pareille situation. Elle avait été sniper en Afghanistan, ça lui avait appris beaucoup sur la force mentale qu'il fallait pour mener à bien ce genre de misisons de terrain.

-Tu n'as rien à te reprocher pour ce qui s'est passé là-bas.

Le demi-dieu évoqua les adversaires qu'il pouvait avoir lors des free-fight. Savoir qu'il combattait ses semblables la rassura, au moins ils étaient à forces égales. Elle essaya de s'imaginer un grand gaillard comme Haytham se prendre une dérouillée, ce devait être impressionnant. Elle fut surprise d'apprendre que certains agents du DLCEM participaient à ce genre de combats.

-Je te demande pardon? Des agents du département? Ça arrive souvent?

Bouche bée, Tamara l'écouta raconter qu'il avait flanqué une raclée à un asiatique. Immédiatement, elle pensa à Dewei. C'était le seul agent de terrain asiatique qu'elle connaissait. La plupart des autres chinois étaient derrière des écrans, agents de liaison, comme Marvin.

-Ce Jackie Chan, comme tu dis, je crois que je le connais... quand il est arrivé, il y a quelques années, on me l'a refourgué pour une visite guidée du bâtiment.

Ce souvenir l'amusa. Déjà à l'époque, elle n'était pas des plus sociables et elle avait d'abord pensé à une mauvaise blague. Mais non, elle s'était bien coltiné le petit nouveau toute une après-midi. Ça n'avait finalement pas été aussi désagréable qu'elle l'avait imaginé, mais elle s'en serait bien passée.

-Je pense aussi que tu devrais arrêter. Va pas croire que je me fais du souci pour toi hein... mais mes petits collègues sont si fragiles...

En réalité, elle craignait surtout qu'il se fasse piquer. Si elle avait pu le débusquer aussi facilement avec l'aide de Marvin, alors n'importe quel agent qui participait à un combat pouvait aisément en faire de même.

-T'as qu'à faire comme moi et t’acharner sur un punching-ball. Au pire tu colles dessus la photo d’un gars que t’aimes pas…

Oui, c’était ridicule, mais beaucoup moins dangereux que de s’exposer comme il le faisait. Tam le comprenait peu à peu, son Penseur avait plusieurs addictions, qui s’étaient fait une place en lui alors qu’il tentait, à défaut de gommer, d’atténuer la douleur morale qu’il ressentait. Ils se ressemblaient tellement, ils souffraient tous les deux de la perte de leurs proches. Tamara posa le petit bol de guimauves avant de se lever pour venir se placer derrière Hay, passant ses bras autour de sa taille, appuyant sa joue droite contre son dos. Son histoire était si triste qu’elle en avait les larmes aux yeux. La veille encore, jamais elle n’aurait cru, si on le lui avait dit, qu’elle compatirait autant pour cet homme qu’elle s’était persuadée de détester. A présent qu’elle avait entendu tout ce qu’il avait vécu, elle en était émue et s’en voulait vraiment de l’avoir si mal jugé.
Elle le laissa ensuite se retourner, contemplant son triste sourire.

-C’est compliqué, c’est vrai, mais on peut tous s’améliorer, il n’est jamais trop tard, j’en suis sure.

Elle lui fit un sourire qui se voulait rassurant et réconfortant. Tam n’avait jamais aimé le voir triste, et ce n’était pas maintenant qu’ils s’étaient retrouvés que ça allait changer.

-Y a plus de café… tu veux un chocolat chaud ? demanda-t-elle pour détendre un peu l’atmosphère. Et puis si on n’a plus de guimauve, je peux descendre en acheter chez l’épicier au coin de la rue, il est ouvert toute la nuit et je sais qu’il en a. Non, je ne te raconterai pas cette fois où je suis descendue en  acheter en pyjama, avec juste un imper pour camoufler ma flemme de m’habiller, ajouta-t-elle avec un petit sourire, espérant l’égayer un peu. C’est vrai, quoi, s’habiller ça prend un temps fou, moi je dis qu’on devrait tous aller bosser à poil, ça éviterait les problèmes de chemises mal repassées.

N’y tenant plus, elle laissa échapper un petit rire. Bien entendu, elle n’en pensait pas un mot, surtout qu’à son travail, ils étaient loin d’être tous canon, alors les imaginer nus… Quelle horreur ! Cette pensée lui tira une petite grimace. Puis, elle lui prit la main.

-Allez viens, je te laisse pas le choix, chocolat chaud pour tout le monde.

L’entrainant dans la cuisine, elle attrapa au vol deux nouvelles tasses. Elle ouvrit le frigo pour choper une brique de lait, puis un placard d’où elle sortit des pépites de chocolat. Puis elle tendit la brique au demi-dieu.

-Allez, chacun sa mission. Tu es capitaine Milk, et je suis colonel Pépites, ça te va ?

Comme au bon vieux temps de leur enfance insouciante, où chaque petit événement du quotidien était l’occasion d’inventer de nouveaux jeux. Sourire aux lèvres, la petite brune s’affaira à déposer les pépites dans le fond des tasses tandis que son acolyte y versait le lait. Puis elle les enfourna au four à micro-ondes, et pendant que le tout chauffait, la jeune femme attrapa deux cuillers et de la cannelle en poudre. Elle mit un petit coup de cuiller sur le dos de la main de son ami juste avant que le four ne sonne.

-Tu attendras un peu avant de boire, c’est chaud.

Oui, notre gourmand avait déjà tendance, par le passé, à se précipiter sur le délicieux nectar, ce qui engendrait par la suite des petits cris à cause d’une vilaine brûlure. Tam sortit les deux tasses et les posa bien vite sur un plateau, plongeant ensuite une cuiller dans chacune et remua légèrement avant d’y ajouter quelques pincées de cannelle.

-En avant, capitaine Milk !

Prenant le plateau entre ses mains, elle se redirigea vers le salon, où elle déposa sur plateau sur la petite table. Elle prit ensuite le bol de guimauves, en mit quelques unes dans chacune des tasse et regarda Haytham.

-Ouvre la bouche.

Puis, elle lui en envoya une, espérant qu’il l’attrape au vol. Elle lui faisait souvent le coup, lorsqu’ils étaient gamins, et parfois elle ne le prévenait pas assez tôt, ce qui donnait des situations assez amusantes, comme une fraise bien mure écrasée sur le front…


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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Sam 12 Mar - 20:19


O douces retrouvailles

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
MarHayTam



Parler n'est pas à proprement dit une activité dans laquelle Haytham Cassidy excède. Bien sûr, il sait se faire comprendre, mais ne comptez pas sur lui pour les grands discours. Ses rares amis, humains de surcroît, peuvent en témoigner « L'ami Hay n'est pas un grand bavard, sauf lorsqu'il est question d'alcool et qu'il est ingéré sans modération. » Ainsi, la langue se délie et l'Irlandais se fait pipelette. Hormis ces moments d'égarements, accoudé au comptoir de son pub préféré, le demi-dieu se fait difficilement abordable sauf bien sûr lorsqu'une personne émanant de son passé, refait surface et pas n'importe quelle personne, LA personne ! Cet être qui a la faculté de nous rendre ce que nous pensions avoir perdu, le sourire. Cet être qui en l'espace d'une seconde, vous fait oublier des années de misère. Cet être qui vous voit tel que vous êtes et pour qui vous ne pouvez avoir aucun secret.  Le regard du bel Irlandais en disait long, nul besoin de mots pour comprendre la valeur de la femme qui lui faisait face, une femme qu'il avait connue enfant et qui à présent avait bien grandit, trop bien grandit qui plus est.


« -Pardon » dit-il dans le vide. Désireux de se confier, mais soucieux de ne rien attendre en retour, il lança un dernier regard à la belle avant de se lever pour s'approcher de la baie vitrée. La vue qu'elle offrait sur tout New-York était sans précédent, et ce, malgré la tempête qui mettait à mal le paysage métallique de la grosse pomme. Le sourire n'était plus de rigueur, tout comme le rire qui n'était à présent plus qu'un lointain souvenir. Le regard absorbé par les gouttes de pluie léchant la surface vitrée, le demi-dieu commença à se dévoiler un peu plus tout en caressant du bout des doigts la bague qui lui avait été offerte (indirectement) par son « inconnu » de père. Il continua donc à évoquer la violence avec laquelle il cohabitait depuis toujours et ce sentiment qui n'avait de cesse de lui déchirer les entrailles et qui semblait paradoxalement tout naturel d'éprouver au vu du lien qu'il entretenait avec le Dieu de la guerre. Puis il s'engagea en terrain miné en évoquant la créature responsable de la mort de sa mère et de l'état quasi-catatonique de Madame Lond. Il serra davantage le poing en se remémorant le fil de l'histoire. Il ferma les yeux l'espace de quelques secondes. Tout lui revenait en mémoire. La Louisiane, les parfums, les saveurs, l'atmosphère mystique de la Nouvelle-Orléans. La musique qui résonnait à travers les murs de chaque bâtisse, les couleurs vives des grandes festivités. Le coucher de soleil sur les immenses plantations de cannes à sucre tout autour de Bâton Rouge jusqu'à River Road. Puis il revoyait la maison, l'immense demeure blanche de style colonial, une architecture typique des lieux. Le sourire de Madame Lond et la bienveillance de son époux avaient achevé de convaincre le petit garçon qu'Haytham était alors. Il revit toutes ces années passées à grandir en toute quiétude avec Tamara. Inséparables, les deux enfants partaient en quête de nouvelles aventures et donnaient du fil à retordre à la gouvernante des lieux, Eileen, la mère du petit demi-dieu. Puis il revit cette terrible nuit de tempête où la pluie et le malheur se sont abattus sur la maison Lond.

Un éclair déchira l'horizon et sortit Hay de ses funestes pensées.  Pour pallier à cette faiblesse, l'homme continua à mener sa confession, il évoqua une autre période marquante de sa vie, l'Irak. La violence, insolente et pernicieuse était encore présente et n'avait eu de cesse de tarauder son esprit. Il mit des mots sur ses souffrances et parla du guet apen. Jusqu'alors sa psy était la seule personne dans la confidence, néanmoins pour ne pas être démasqué ou prit pour un fou, l'Irlandais, c'était permis quelques améliorations. Tamara devenait donc la première personne à qui il faisait part de cette histoire dans les moindres détails.  « -Ma vie est très compliquée comme tu le vois ! » Le regard est lourd, l'aveu sur un murmure est presque aussi douloureux qu'une confession. Le demi-dieu regrette presque les multiples fous rires d'il y a quelques minutes.  Alors qu'il acheva son récit, il sentit deux bras lui assaillir la taille avec douceur. Il posa alors son regard sur le reflet qui venait de paraître sur la baie vitrée. Tamara qui s'était délesté du bol de guimauve, se tenait derrière son ami. Elle appuya sa joue droite tout contre le dos du brun, qui par le biais de ce simple contact, commença à sentir la souffrance s'éteindre, un peu comme une bougie qui aurait achevé de se consumer. Il cessa de parler et se tourna pour lui faire face et se repaître du magnifique spectacle qu'elle lui offrait. Elle souriait, et même si l'esquisse était teintée de tristesse, sa peine continuait à s'amoindrir. À son tour, il sourit tristement suite à ses propos, puis posa sa main gauche sur la joue de son amie, laissant apparaître la fleur de lys qu'il avait sur le poignet. « -De nous deux, c'était toi la plus optimiste et je vois que c'est toujours le cas ! »

Son regard se mit à briller avec malice et le sourire de tristesse se mua en un sourire mutin. « -Tu te souviens de notre petit rituel ? » Il laissa quelques secondes en suspens, histoire de lui laisser le temps de se rafraîchir la mémoire. Lorsqu'enfin le regard chocolaté de la belle brune marqua son approbation, le demi-dieu se livra à leur petit rituel. Il apposa son index sur le front de Tamara, puis le fit glissé jusqu'à sa joue gauche, pour ensuite rejoindre la joue droite et il termina sa course sur le bout du nez de son amie. « -Tu t'en souviens ? À chaque fois que l'un de nous aller mal, l'autre faisait ce geste. Notre signe de croix à nous. Bon aller, on va oublier les mauvaises choses d'accord ?! On s'est retrouvé, c'est le principal. » Jamais il n'avait fait preuve d'autant de douceur, jamais il n'avait regardé une femme de cette façon, mais toujours il l'avait aimé, à présent c'était une évidence, qu'il préférait cependant taire. « -Ok pour le chocolat et non pour que tu descendes comme ça en acheter chez l'épicier. Je suis ton ami et de ce fait, je me dois de protéger ta crédibilité ma chère. » dit-il en souriant un peu plus. L'évocation des mauvais souvenirs semblait bien loin à présent, tellement que le beau brun succomba au côté obscur de la blague et commença à gentiment charrier sa meilleure amie. « -Tous à poil ?! Mouais si toutes les femmes sont aussi bien gaulées que toi, je ne suis pas contre. » Elle laissa échapper un petit rire à peine étouffé tandis qu'il la congratula d'un clin d'œil avant qu'elle ne consente à lui prendre la main pour lui imposer le chocolat chaud. Ils regagnèrent donc la cuisine où Tam en parfaite maîtresse des lieux lança les premiers ordres. La jolie demoiselle sortit le nécessaire et lança une brique de lait au fils de Mars avant de les affubler d'un nouveau surnom.
« -Captain Milk ?! Colonel Pépites ? Où es-tu parti chercher ça ? Tu n'as jamais été douée pour trouver des noms. Pour preuve, je peux te citer l'Opération Cobra et l'opération Mangouste. Moi, je propose Captain beau gosse et colonel Badass, ça sonne mieux non ? »

Les deux amis se lancèrent donc dans l'élaboration de cette recette de chocolat chaud que leur avait transmise Eileen une après-midi de janvier, sous une pluie battante. Tam s'occupait des pépites de chocolat qu'elle déposa au fond de la casserole tandis que Captain Beau Gosse s'occupait du lait. Parée, l'agent de terrain enfourna le tout aux micro-ondes avant d'attraper deux cuillères et de la cannelle en poudre. « -La cannelle c'est le bien ! » lança Hay se prendre note des dernières recommandations de sa meilleure amie qui retira les deux tasses fumantes et les posa ensuite sur un plateau. Elle déposa les deux cuillères préalablement sorties du placard dans chacune des deux tasses. Elle remua le tout qu'elle agrémenta de cannelle. « -Arrête, je suis Captain Beau Gosse tout le monde le sait ! »  dit-il avec ironie. Plateau en main, Colonel Badass rejoignit le salon avec son acolyte, qui reprit sans attendre, sa place initiale. Tamara, récupéra juste à temps le bol de guimauve et en plaça deux dans chaque tasse puis elle posa son délicieux regard sur l'Irlandais lui demanda d'ouvrir la bouche, chose qu'il fit sans la moindre hésitation. Joueuse, notre Tamtam envoya à son ami une guimauve qu'il attrapa en vol.  « -Heureusement qu'il n'était pas question d'une fraise mûre cette fois hein ? Ceci dit, pour une fois, tu as visé correctement. Ah Tam, on n'en a fait des conneries toi et moi, tellement qu'on pourrait aisément remplir toutes les pages d'un livre. Jamais je n'aurai cru cela possible, mais nous sommes là aujourd'hui, ensemble comme au bon vieux temps, avec presque trente ans de plus. » Il attrapa sa tasse la leva et porta un toast « - A l'amitié puisse t'elle perdurer jusqu'à ce que les poules aient des dents. » La jolie brune prit sa tasse, tapa dans celle de son meilleur ami et but une gorgée du nectar sous le regard amusé du demi-dieu. « - Tu as prévu de changer de sexe ? » Il approcha son pouce de ses lèvres et la débarrassa de la mouche de chocolat qui trônait au-dessus de sa lèvre supérieure. « -Tu m'as tellement manqué my galway girl, si tu savais. J'en prends la pleine mesure à présent. Je vais dire un truc un peu culcul, ne te moques pas hein ?! » Il prit une grande inspiration et souffla avant d'enfin se lancer. « -Je pense que dans l'ombre subsiste la lumière et que même si le ciel est noir et accaparé par une multitude de nuages, les étoiles seront toujours là pour quiconque veut les voir. Pour s'en sortir, il faut chercher ses étoiles, trouver la lumière dans les ténèbres. Si je l'avais fait plutôt, j'aurai moins souffert, mais comme tu l'as dit, il n'est jamais trop tard »



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MessageSujet: Re: Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)   Dim 13 Mar - 23:16

Ô Douces retrouvailles
Haytham & Tamara

Ou pas…





N’ayant pas réellement d’amis, Tamara avait depuis longtemps perdu l’habitude d’être une oreille attentive et compatissante aux soucis d’autrui et d’aider ladite personne avec des conseils. Bien sûr, cela pouvait arriver parfois avec des collègues, du moins ceux qui prenaient le risque de venir lui parler pour autre chose que le boulot, comme Marvin Knight par exemple. Mais avoir une vraie conversation sur un sujet sérieux et personnel, comme la vie d’Haytham présentement, était quelque chose de nouveau. Elle avait toujours été là pour lui jusqu’à cette fameuse date funeste de l’attaque du monstre. A présent, c’était comme si les vingt-sept ans qui les avaient séparés s’était envolés, poussés par le souffle du vent qui faisait rage à l’extérieur. Ils reprenaient peu à peu leurs petites habitudes d’antan. Ainsi, les souvenirs remontaient en même temps que les petits surnoms et les vannes qui refaisaient surface. Cependant, l’espace d’un instant, les fou-rires avaient cessé. Le demi-dieu ressentit le besoin de se confier à son amie nouvellement retrouvée sur son lourd et difficile passé, et instantanément, la jeune femme reprit ses marques en tant qu’oreille attentive aux détresses de celui à qui elle tenait le plus. Oui, sa vie était compliquée, mais Tam avait tenté de le rassurer, il pourrait l’améliorer, et puis implicitement, elle essayait de lui faire comprendre que désormais elle était là. Comme elle aurait toujours dû l’être.

Ils étaient désormais face à face, faisant fi du paysage nocturne épatant qui s’offrait à eux avec le spectacle d’une tempête sur la ville de New York. Tam sentit la main gauche de son ami sur sa joue droite, contact qui la fit fermer les yeux quelques secondes alors qu’il déclara qu’elle avait toujours été la plus optimiste des deux, ce qui lui tira un petit sourire. Rouvrant les yeux, son regard fut attiré par une petite tache noire qu’il avait au poignet. Elle en était sure, il n’avait jamais présenté aucune tâche à aucun endroit de son corps, du moins qu’elle ait vu. Machinalement, elle lui attrapa la main pour regarder son poignet. Quelle ne fut pas sa surprise en y découvrant une petite fleur de lys. Un sourire à la foi joyeux et ému se dessina sur son visage. S’il s’était fait tatouer ce symbole, ce n’était pas pour rien. Depuis petite, elle adorait les lys et aussi le symbole qu’il représentait. Monsieur Lond possédait beaucoup de tableaux venant de tous les pays du monde qu’il avait visités, et notamment une copie du roi Louis XIV en tenue de sacre. Ainsi, la jeune Tamara avait pu admirer les fleurs de lys dorés sur la cape bleue bordée d’hermine, et n’avait plus eu de cesse de les dessiner un peu partout. Haytham s’était fait tatouer cette fleur, c’était donc qu’il avait vraiment pensé à elle durant toutes ces années. Alors que son cœur se réchauffait à cette idée, elle lui sourit lorsqu’il lui demanda si elle se souvenait de leur petit rituel. Pour toute réponse, souriant toujours, elle se contenta d’effectuer le même geste que lui du bout de son index droit sur le visage de son ami. Lui non plus n’avait pas oublié. C’était leur petit rituel à eux, une manière de calmer l’autre lorsqu’il allait mal. Puis, Hay proposa de zaper les mauvaises choses pour se concentrer sur les bonnes, à savoir leurs retrouvailles, ce à quoi la petite brune s’empressa de réagir en l’entrainant par la main dans la cuisine en vue de la préparation d’un bon chocolat chaud.

Une fois sur place, elle se remit à rire face à sa réaction sur l’anecdote de sa descente nocturne en pyjama chez l’épicier.

-Ma crédibilité ? Auprès de l’épicier du coin de la rue ?!

Elle secoua la tête en souriant, tandis qu’elle sortait ce dont ils avaient besoin pour leur préparation.  Puis, alors qu’elle était partie sur un délire complètement loufoque sur les raisons évidentes –ou pas- de tous aller bosser à poil, le fils de Mars fit une réflexion qui la fit hausser les sourcils.

-Moi ? Bien gaulée ? je constate que t’as pas vu d’ophtalmo depuis un moment… Ils vous font pas un check up complet, au camp machin-chose ? Tu serais pas mal avec des lunettes.

Voyant que, comme au bon vieux temps, Haytham critiquait les surnoms qu’elle leur avait choisis, ressortant les vieux dossier des noms de code qu’elle avait trouvés étant gamine, Tam afficha une petite moue enfantine.

-Mais arrête, elle était super l’opération Cobra ! Et l’opération Mangouste encore mieux, la mangouste bat le cobra, je l’avais lu dans un bouquin de l’école !

Puis, voyant qu’il avait choisi d’autres sobriquets, elle était bien obligée de se rendre à l’évident qu’être le colonel Badass, ça sonnait plutôt bien. Croisant les bras d’un air faussement mécontent, l’agent de terrain lui lança un regard en coin avant de finalement sourire.

-Bon, j’avoue, c’est cool. Et puis tant que je suis colonel, ça me va.

Une fois les chocolats chauds fin prêts, avec la pointe de cannelle pour agrémenter le tout, le captain Beau Gosse renchérit sur son surnom, ce qui la fit rire.

-Ecoute, tu devrais le crier un peu plus fort, et peut-être que mes voisins seront au courant. Attends, j’essaie : EEEEH VOUS TOUS ! SI VOUS CHERCHEZ LE CAPTAIN BEAU GOSSE, IL EST ICI !!! cria-t-elle.

Elle attendit quelques secondes, faisant mine de tendre l’oreille.

-Ah, j’oubliais, les murs sont insonorisés, lança-t-elle avant d’éclater de rire.

Un petit brin de folie comme elle n’en avait plus eu depuis des lustres, enfin depuis le départ de l’irlandais. Avant, elle en avait souvent, et c’était en général le point de départ d’une crise de fou-rire.
De retour au salon, le captain beau gosse s’installa dans le canapé, et le colonel Badass, débarrassée du plateau qu’elle avait posé sur la table basse, lança une guimauve au chocolat dans la bouche de son acolyte. Elle était devenue bien plus adroite que dans son enfance, avec tous les entrainements de précision qu’elle avait eus depuis.

-Fraise mure ou pas, j’aurais eu ma cible, très cher. Je suis adroite, maintenant, déclara-t-elle fièrement.

Haytham se livra à un petit discours nostalgique qui fit sourire son amie, qui à son tour attrapa sa tasse et trinqua.

-A l’amitié ! Oh ne parle pas de poules avec des dents, je suis sure que ça pourrait arriver, avec toutes les expériences débiles des savants fous de nos jours…

Elle but une gorgée de chocolat. La guimauve avait fondu, c’était délicieux, pas encore exactement le même que celui d’Eileen Cassidy, mais c’était néanmoins très bon. Elle ferma les yeux quelques secondes, se délectant du savoureux nectar. Puis, rouvrant les yeux, elle ne comprit pas tout de suite le regard amusé que portait sur elle le demi-dieu, avant qu’il ne passe son pouce sur sa lèvre supérieure en lui demandant si elle avait prévu de changer de sexe. Elle étouffa un petit rire.

-Non, c’est pas au programme, mais merci de m’avoir remise sur le droit chemin, très cher captain.

Elle eut un petit sourire attendrit, et se rapprocha un peu de lui, touchée par sa déclaration.

-Toi aussi tu m’as manqué, tu sais. Oh là là, quasiment trente ans d’écoulés. Ça nous rajeunit pas ! lança-t-elle, amusée.

Elle l’écouta alors déclarer ce qu’il avait sur le cœur. Tam trouva ça plutôt poétique. Elle sourit en penchant la tête vers lui.

-Pourquoi dès qu’un homme dit quelque chose d’un peu prosaïque, il a peur qu’on trouve ça cucul ?

Elle secoua la tête.

-Moi je trouve ça très sensé, et très bien dit. Tu as l’âme d’un poète, Haytham Cassidy. Et en effet, il n’est jamais trop tard. Si tu juges que quelque chose doit changer dans ta vie, alors change-le.

Ce qu’elle disait, bien entendu, était valable pour elle. Elle avait pris la décision, intérieurement, de ne plus se laisser bouffer par ses démons intérieurs, elle voulait reprendre sa vie en main. Elle ne voulait plus être rongée par la culpabilité, bien que, elle le savait, ça risquerait de prendre du temps. Ce qu’elle avait fait était impardonnable, et vivre avec ce poids sur la conscience était vraiment la chose la plus difficile du monde. Elle but une nouvelle gorgée de chocolat et regarda Hay, qui venait de faire de même, lui aussi arborant la petite moustache chocolatée, ce qui amusa la petite brune. A son tour, elle tendit sa main libre pour lui retirer le chocolat qui trainait au-dessus de sa lèvre d’un geste lent du pouce avant de le lui essayer délicatement sur la lèvre inférieure.

-Tu vois, toi non plus tu ne sais pas boire, Captain Beau Gosse, lui dit-elle avec tendresse. Tu ne t’es pas brûlé cette fois ?

Elle faisait bien sûr référence aux  nombreuses fois où enfant, impatient, il s’était jeté sur la tasse fumante, ce qui lui avait valu parfois des cloques. Si Haytham avait bien souvent été la figure de la sagesse dans leur enfance, il y avait malgré tout quelques traits de caractère qui trahissaient son jeune âge à l’époque, comme cette gourmandise et l’impatience qui y était liée. Tamara, quant à elle, avait toujours été une impatiente, de nature, il lui fallait tout, tout de suite. Cependant, elle savait se montrer prudente, et prendre le risque de se brûler n’était pas une chose à laquelle elle était prête à se risquer. Les deux enfants s’étaient toujours très bien complétés, c’était assez surprenant.

-C’est vrai qu’on en a fait, des bêtises… commenta-t-elle avec un petit sourire nostalgique. Je me demande où nous puisions toutes ces idées. Je crois que nos mères se posaient la même question à l’époque. Chaque jour, c’était une nouvelle aventure. Tu te rappelles qu’une fois, nous avions passé l’après-midi entière à essayer de fabriquer la même épée que Charlemagne ? On avait vu un reportage ou je ne sais quoi, et on avait décidé de se fabriquer une épée magnifique pour guerroyer, et tu voulais être empereur toi aussi. Finalement, tout ce que nous avions réussi à faire, c’était des cure-dents géants, mais ça ne nous a pas empêché de nous taper dessus mutuellement. On passait notre temps à ça, finalement, ajouta-t-elle d’un air malicieux. Et puis je gagnais toujours.

Elle n’était pas dupe, Tam savait bien qu’Haytham la laissait gagner, en bon grand frère qu’il était, mais à l’époque, la petite était persuadée d’être extrêmement puissante, et ça l’amusait beaucoup.


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Ô douces retrouvailles. (marvin&tamara, terminé)

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