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 jean + burning the days. (terminé)

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MessageSujet: jean + burning the days. (terminé)   Lun 15 Fév - 10:17

Fort agacé, Aurèle poussa la petite porte du jardin de Jean. Il venait de faire le voyage de New-York à San Francisco pour passer sa semaine ici. L'agent double alternait entre les deux villes, à la fois sur ordre de Département mais aussi pour raisons personnelles. Cette semaine était celle où il devait venir chercher Jack-Julian, son petit garçon d'à peine un mois. Comment sa vie avait pu prendre une tournure aussi bizarre, Aurèle n'en savait rien. Il avait approché cette fille pour faire du zèle, espérer ramener des informations intéressantes et, pourquoi pas, obtenir une promotion. Sauf qu'entre temps, il en était tombé amoureux. S'il y avait bien une chose qui ne lui était jamais arrivé c'était ça : apprécier sa cible et voire plus si affinités. Tout avait été très vite ensuite car l'affection était réciproque. Jean, puisque tel était son nom, et lui avaient fini par sortir ensemble (peut-être même un peu trop vite) avant que le DLCEM ne lui demande, pour des raisons pratiques (dans le genre aussi pratiques que de devoir passer une semaine sur deux dans une ville différente) d'abandonner toute vie privée. Il paraissait que les agents doubles devaient parfois faire des sacrifices pour accéder aux niveaux supérieurs du métier. Et puis Aurèle ne voulait pas que l'on s'intéresse à lui d'un peu trop près et qu'on en vienne à tomber sur Jean. Alors son choix avait été vite pris : il avait largué Jean de la plus belle façon qui soit, se donnant à lui-même l'image du parfait connard, et elle lui avait asséné la vérité : Jean attendait un enfant. Leur enfant. Aurèle avait pris le temps de réfléchir. Si si. Sauf que le choix était encore plus simple à prendre. La logique aurait voulu qu'il lui demande de ne pas garder cet enfant qui ne pouvait que lui apporter des malheurs… Il ne l'avait pas fait, et il l'avait quitté tout de même. Et puis Jack-Julian était né.

Aurèle en était là de sa réflexion, tout en traversant le petit jardin, quand une porte voisine s'ouvrit sur une grand-mère d'un âge vénérable. « Z'êtes qui vous ! Je vous vois rôder depuis tout à l'heure, là... » Adieu vénérable mamie, c'était plutôt une véritable mégère qui se tenait face à lui, un sac poubelle à la main. « Je viens rendre visite à votre voisine, madame. » « Ah oui vraiment ! La voisine ! Z'êtes son dealeur plutôt, nah ?  Vous avez une tête de fripon de toute façon. Oui oui, je vous vois venir, monsieur le dealeur ! Parfaitement ! » Réduit au silence devant le ton agressif, Aurèle se contenta de hausser les sourcils, perplexe. « Mais allez-y salaud ! Vendez-lui vos produits ! Elle a un môme alors qu'elle est toute gamine, pas de mari, pas de copain, rien ! Mais vous là, vous rôdez à côté, l'air sournois ! » Que… ? La grand-mère descendit prestement les marches devant chez elle et agita son sac poubelle dans sa direction. « Un jour je vais appeler les flics moi ! Je vous jure, non ! » « Mais non madame, je suis... » « Et ça se justifie en plus, et ça fait semblant de bien parler… Mais je sais qui vous êtes moi ! Et quand cette pauvre fille sera alcoolique hein ? Et son marmot ! Qu'est-ce qu'il va devenir, hein ? Un gamin des rues ? Comme vous ? Ben oui, parce que c'est le seul exemple masculin qu'il aura eu ! Le dealeur de sa mère ! » Aurèle esquissa quelques pas supplémentaires vers la porte d'entrée, fermement décidé à ignorer les insupportables piaillements de la voisine. « Et puis c'est quoi cette allure ! C'est pour pas vous faire choper par les flics, hein ! Vous jouez le type abordable pour mieux cacher vos magouilles ! Et le père du gosse qui ne repasse jamais par là… Allez savoir où elle a été pécher un tel incapable celle-là… Seul le bon Dieu le sait, ça… Ce type est vraiment un con pour l'avoir planté comme ça… Il ne doit pas valoir beaucoup mieux que vous, tenez. » Malheureusement, les bonnes résolutions d'Aurèle s'effritèrent et il jeta un regard assassin à la grand-mère. « Putain mais fermez-la un peu, c'est moi son père. » Au gosse, pas à Jean. Évidemment. Il allait ajouter quelque chose quand la porte s'ouvrit.


Dernière édition par Aurèle S. Rosebury le Dim 6 Mar - 18:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Lun 15 Fév - 13:34

Blow a kiss, fire a gun. All we need is somebody to lean on. What will we do when we get old? Will we walk down the same road? Will you be there by my side? Standing strong as the waves roll over. We were bold and young, all around the wind blows. We would only hold on to let go ...
Jack-Julian pleurait depuis cinq bonnes minutes. C'était bien simple, elle avait beau le bercer, lui chanter les chansons les plus mignonnes du monde, rien n'y faisait, il ne s'arrêtait plus. Jean avait commencé à recolorer sa maison intégralement dans le but de faire rire son fils, mais visiblement cette astuce ne fonctionnait plus avec lui. Les larmes aux yeux à son tour, Jean faisait les cents pas dans son petit salon. Bon sang, pourquoi se mettait-elle toujours dans cet état quand son fils était comme ça ? Elle avait envie de pleurer à son tour. Elle n'attendait qu'une chose, qu'il se calme. Elle refusait qu'Aurèle la voit ainsi, et entende son fils hurler tout ce qu'il pouvait. Et pourtant, il refusait de s'arrêter. Il avait commencer à briller, comme à chaque fois qu'il était mal ou qu'il avait faim ou peur. Et puis elle entendit des voix dehors. Il était arrivé. Son cœur avait fais un bond et, comme s'il l'avait sentit lui aussi, JJ avait cessé de pleurer et se mit à renifler. Comme à chaque fois qu'il venait chez elle, elle s'était fait belle. Elle avait parfaitement coiffé ses cheveux bruns, elle avait enfilé une jolie robe d'hiver et des bottines acheté la veille, qu'elle avait colorisé en une couleur plus peps. Évidement elle n’avouerait jamais faire tout ça pour ses beaux yeux. Elle s'entêtait à croire qu'entre eux il n'y avait plus rien, que tout était terminé depuis belle lurette. Et qu'il n'y avait plus aucun espoir. Alors qu'au fond, elle en crevait d'envie. Elle sécha les larmes de son fils, attendit qu'il cesse de clignoter (ce qu'elle pouvait maudire ce pouvoir à la con parfois) et s’avança vers la porte. De ce qu'elle entendait, Aurèle avait du croiser Madame Pinsec. Heureusement pour lui (enfin, pour eux), son mari était au club de surf, enfin, à épier le club de surf féminin avec ces autres copains pervers. Elle prit une profonde inspiration et ouvrit la porte, tout sourire, Jack-Julian dans un bras.

Paolo ! Paolo te voilà ! Je commençais à croire que tu allais encore me poser un lapin.

Tout cela faisait partis du « je t'aime plus, tu m'a fais souffrir alors je te fais payer comme une gamine de onze ans alors qu'en fait je ne fais que tourner autour du pot ». Et elle était excellente dans son rôle. Bien évidement madame Pinsec ne rata pas l'occasion de placer sa remarque déplacé et presque raciste.

Paolo, un plombier hispanique en plus de ça ! Ah bravo !

Hispanique ? Plombier ? WTF comme diraient certains. Aurèle avait tout sauf une tronche d'hispanique.

Ils arrivent en masse dans notre beau pays et… Et voilà le résultat ! Vous filez du mauvais coton mademoiselle, ce n'est pas un père que vous avez mais un…
Rooh mais fermez là !
Z'êtes même pas marié, vous ne vivez même pas ensemble , aaah, l’Amérique décadente ! Toute cette jeunesse sacrifié ! De mon temps !


La voilà repartis dans ses histoires personnelles. Elle la regarda s'avancer, menaçante avec ses sacs poubelles. JJ avait recommencé à renifler.

Le gosse est malade en plus ! Parce que je suis sûre que vous ne payez pas la pension ! Et que cette pauvre fille dois faire des choses immorales pour subvenir à ses besoins ! Je la vois, parfois, sur le trottoir !
Mais je… Je ne vous permets pas dis donc !

Elle attrapa Aurèle par la manche et referma la porte d'entrée tandis que la madame continuait de hurler dehors. Elle allait encore alerter tout le voisinage. Elle n'avait jamais fait une telle chose ! Franchement, si elle faisait allusion où elle avait du sortir dehors en nuisette en catastrophe parce qu'elle pensait avoir mis le feu chez elle alors que non… Elle serra un peu plus son fils dans ses bras. Jamais elle ne ferait une telle chose. Elle aimait son fils, et travaillait honnêtement pour subvenir à ses besoins. De plus, sa patronne du moment acceptait qu'elle amène Jack-Julian au boulot, puisque de toute façon cette dernière l'adorait.

J'ai préparé ses affaires, elles sont dans sa chambre.

Elle s'appliquait bien à paraître froid et distante. Mais c'était dur et n'importe qui pouvait voir que la jeune femme n'était pas totalement sincère.
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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Lun 15 Fév - 14:46

Paolo. Paolo ! Elle l'avait appelé Paolo. Scandalisé, Aurèle la foudroya du regard tandis qu'elle le faisait entrer et que l'autre continuait de s'égosiller dans son jardin, gueulant des insanités toutes plus invraisemblables les unes que les autres. C'était de bonne guerre que Jean le prenne pour un imbécile. Depuis qu'il avait mis fin à leur relation de la manière la plus cavalière qui soit, les deux se livraient une guerre sans pitié à grands renforts d'engueulades, d'insultes et de méchancetés. Parfois cette âpre bataille se faisait plus distraite, déguisée sous des piques bien senties. « Alors comme ça tu te prostitues ? C'est marrant, ça m'étonne à peine de toi. » C'était entièrement faux, Jean était une fille plus que correcte et raisonnable, et Aurèle le savait. Cependant il ne pouvait pas ne pas rebondir sur les paroles de la voisine qui, pour ce coup-là, tombaient parfaitement à pic. « Tu bosses au moins ou tu préfères repeindre tes murs indéfiniment ? » D'un large geste du bras, Aurèle désigna l'intérieur de la maison qui avait encore changé depuis sa dernière visite. « Franchement, tu as l'impression que c'est l'environnement adéquat pour élever un gosse ? J.-J. A besoin de repaire, pas d'une tanière arc-en-ciel. » L'agent croisa les bras sur sa poitrine, sans daigner esquisser ne serait-ce qu'un pas en direction de la chambre de l'enfant. Le ton glacial de Jean, quoi qu'habituel lors de leur rencontre hebdomadaire, lui faisait toujours autant de mal. Bon sang il l'avait larguée alors pourquoi n'arrivait-il pas à passer à autre chose ? Chaque fois il s'appliquait à se montrer plus indécent, insultant qu'à leur précédente rencontre… mais rien à faire. La demi-déesse pouvait dire ce qu'elle voulait, c'était avant lui-même qu'il haïssait. Il s'était comporté comme un salaud et il s'en voulait encore. À cette époque il l'aimait encore mais il ne savait pas où il avait trouvé le courage de la jeter… comme ça. Parce qu'ils n'avaient pas vraiment rompu, non, il avait fait en sorte qu'elle le déteste pour ça, qu'elle grimace chaque fois qu'elle entendait parler de lui. Il n'avait pas prévu le coup du bébé alors et pensait ne plus jamais avoir à la revoir. Elle l'aurait haï… mais dans son coin, loin de lui et lui loin d'elle, sans avoir à se croiser.

Et maintenant ils se partageaient la garde d'une micro-crevette masculine qui possédait de curieux talents. Sans se départir de son regard mi-ironique mi-insultant, Aurèle s'empara d'autorité du gamin et le cajola en silence, agitant les doigts devant ses petites mains potelées. Il n'aimait plus Jean, aurait voulu ne plus rien avoir à faire avec elle – du moins tentait-il désespéré de s'en persuader mais peu auraient été dupes – mais il devait bien avouer que Jack-Julian était l'une des plus belles choses qui soit entrée dans sa vie. « D'ailleurs tu devras le garder dans deux semaines, j'ai une convention à… » Il hésita sur la destination, sachant que si elle le croisait, il serait grillé. « New-York. Pour le boulot. Je n'aurai pas le temps de le garder. » Il n'avait absolument pas de convention, juste une mission programmée pour le DLCEM. Il avait tout sacrifié pour son boulot Aurèle, c'est comme ça qu'il avait été formé, et il était prêt à sacrifier un peu de temps avec son fils dans l'espoir d'une promotion. Ambitieux ? Disons plutôt qu'il voulait prouver ce qu'il valait au cas où… Au cas où. Le Département était bien informé et il ignorait ce qu'il adviendrait de lui si on découvrait ses relations extérieures. Jean ne serait sans doute pas un problème s'il disait qu'il ignorait tout de son statut de demi-déesse (et puisqu'elle était simplement fille d'Iris, cela pouvait rester crédible car les monstres n'affluaient pas non plus en masse). En revanche si l'existence de Jack-Julian venait à éclater, et vu les pouvoirs assez visibles du bébé, son mensonge ne tiendraient plus la route. Aurèle avait essayé d'imaginer ce cas de figure mais ce n'était pas passé. Décrédibilisé complètement ? Sans doute. Aurèle frôla Jean en se rendant dans la chambre du bébé, J.-J. Toujours dans les bras. Il glissa la bretelle du sac à son épaule et réapparu dans le salon. « Aller J.-J., on fait bisou à maman et puis on file... » Il jeta un regard critique autour de lui. « J'en peux déjà plus d'être ici. » Des piques, toujours des piques, pour blesser, haïr. Il tendit le bébé à Jean le temps des derniers bisous. « Aller, à dans une semaine maman ! » Il agita la petite main potelée de son fils vers Jean, un sourire bizarre sur les lèvres.

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« Et ça se justifie en plus, et ça fait semblant de bien parler… Mais je sais qui vous êtes moi ! Et quand cette pauvre fille sera alcoolique hein ? Et son marmot ! Qu'est-ce qu'il va devenir, hein ? Un gamin des rues ? Comme vous ? Ben oui, parce que c'est le seul exemple masculin qu'il aura eu ! Le dealeur de sa mère ! » — voisine de Jean.
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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Mer 17 Fév - 17:21

Blow a kiss, fire a gun. All we need is somebody to lean on. What will we do when we get old? Will we walk down the same road? Will you be there by my side? Standing strong as the waves roll over. We were bold and young, all around the wind blows. We would only hold on to let go ...
Je t'emmerde Aurèle. Tu sais très bien que j'ai un boulot honnête. M'enfin, si tu préfère te rabaisser au niveau de madame Pinsec, je ne peux plus rien pour toi.

Deux semaines ! C'était toujours deux semaines sans voir sa tronche. Elle fit mince d'être terriblement agacé et haussa des épaules. C'était trois semaines sans avoir de nouvelles de lui. Elle se connaissait par cœur, elle savait qu'elle allait passer les trois semaines à se morfondre dans son coin. Il revint vers elle avec le sac de leur fils en bandoulière et lança une dernière pique. Elle ne répliqua pas, vexée et couvrit son fils de baisers. Elle avait découvert pendant sa grossesse avoir un terrible instinct maternelle. Elle qui croyait faire une mauvaise mère la plus part du temps... Les mauvaises langues du quartiers disaient qu'elle était une fille paumée sans avenir, mais les autres personne la trouvait adorable. Elle guida Aurèle jusqu'à la porte, caressant une dernière fois la tête de Jack-Julian, effleurant l'épaule de son père au passage. Avec un immense sourire, elle les regarda s'éloigner, la voisine elle, épiait toujours derrière ses haies. Avec amusement, elle regarda Aurèle dont la moitié du costume venait d'être colorisé en rose fluo monter dans sa voiture.

Un mois plus tard, 15 Mars 2016.

Jean était furieuse. Aurèle aurait du être là il y a belle lurette. Oui, sur le coup Jean avait oublié le fait que ce dernier ne se devait d'être là qu’une fin d'après midi, et pas le matin à huit heure pétante. Sa voisine l'avait encore critiqué ce matin là, cette fois ci, elle s'en était prise à son tatouage arc-en-ciel sur le bras. Cette bonne femme était tout simplement insupportable, elle n'en ratait pas une ! Alors elle avait pris ses cliques et ses claques (enfin, ses papiers, son sac à mains et deux couches pour bébé) et avait pris le moyen de transport le plus sûre pour un demi-dieu, le taxi. Enfin, le taxi spécial demi-dieu, conduit par trois sœur aveugles qui se partager un œil et une bouche pour trois. Elle avait bien évidement cagoulé son fils pour ne pas qu'il voit ses horreurs et l'avait bien attaché sur son torse avant de rentrer dans ce dangereux véhicule. Elle paya en drachmes, comme tout ceux qui empruntait ce terrible taxi jaune et fut très vite arrivé à New York. Elle n'y avait pas mis les pieds depuis tellement longtemps... Il fallait dire qu'elle avait grandit de l'autre côté de la rive. Son môme emmitouflé dans un petit pull (fait main) et sa cagoule bleu ciel, elle entreprit la traversée de la ville, à la recherche de la boite d'Aurèle. Elle demanda à plusieurs reprises le nom des quelques entreprises dans les lampes, sans succès. Et la chance lui sourit alors quand un visage familier se pointa devant elle. Elle l'avait déjà vu avec Aurèle, c'était un de ces collègues. Elle lui fit de grands signes mais ce dernier ne la vit pas et poursuivis sa route. Elle le suivis donc, tentant de le rattraper dans la foule mais le perdit de vue devant un magasin de téléphonie, dont l'entrée était bien planqué dans une ruelle spacieuse, mais quasiment déserte. Hésitante elle entra, et découvrit une vaste hall, calme, des rangés de femmes et d'hommes tous aux téléphones qui ne semblèrent pas faire attention à elle.

Excusez moi... Excusez moi... ?

Pas de réponse, de personne, et le collègue avait disparu. Bon sang mais où était-il passé ?

Je cherche Aurèle Rosebury ? Aurèle Rosebury ?

Un homme sortis d'un ascenseur. Terriblement élégant, il lui faisait penser aux acteurs anglais, qui étaient souvent dans ses vieux films des années 80 qu'elle regardait de temps en temps à la télévision.

Excusez moi, vous n'auriez pas vu Aurèle Rosebury ? Il devait venir chercher son bout d'chou mais... Je crois qu'il a oublié.
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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Dim 21 Fév - 22:45

Aramis raccrocha brutalement le téléphone, agacé de la crétine qu'il avait eu au bout. Sa mission du jour ? Établir des liaisons avec les cellules étrangères du DLCEM. Autant les Français, les Irlandais et les Britanniques étaient assez bons sur leur secteur, autant les Australiens laissaient franchement à désirer. Et pourtant ils avaient de la chance, les monstres ne courraient pas les rues en Asutralie et l'univers mythologique y était assez peu présent. Ce qui induisant forcément une petite équipe, logique. Mais non, mais avec un minuscule détachement, ils parvenaient encore à avoir des problèmes d'organisation. L'agent de terrain laissa tomber l'appel suivant – les Mongols… parce que franchement, les cyclopes envahissaient la Mongolie peut-être ? - et déserta son bureau. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas trop de monde au StarBucks du coin et il pourrait profiter d'un chocolat à une table à l'écart, tranquille.

Aramis se glissa dans l'ascenseur le plus proche avant que les portes ne se referment et appuya vivement sur la touche du rez-de-chaussée, ré-appuyant dans la foulée en voyant que la machin ne semblait pas s'ébranler. Il était juste assez tôt pour esquiver la demi-heure de queue qui ne manquerait pas de se former. C'était une question de minutes désormais : s'il arrivait avec quelques secondes de retard, il pouvait d'ores et déjà revenir à son bureau pour appeler les Mongols en rêvant de son chocolat. Il en était là de ses pensées quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent dans un tintement. Une fille l'accosta, un bébé dans les bras. « Pardon ? Aurèle ? Non, il n'est pas à New-York actuellement. » Ce nom, Aramis le connaissait puisqu'il s'agissait d'un collègue – anglais qui plus est – qu'il appréciait. Aurèle, c'était un type assez proche de Monet donc il en avait forcément déjà entendu par le passé. Quand il était devenu évident qu'il avait la tête ailleurs, le bureau avait entrepris de freiner sa vie privée, chose dont l'agent de terrain avait été témoin. Il détailla la fille – relativement lambda en fait, quoi que bien faite et mignonne si on voulait – et son regard se posa sur le petite paquet qu'elle portait délicatement. Un mioche… et pas bien vieux apparemment. La fin de la phrase de la jeune femme l'interpella. « Pardon, son boud'chou ? » Depuis quand Aurèle avait un… un Boud'chou ? « C'est… ? » Aramis ne termina pas sa question et se fendit d'un grand sourire aimable que chacun de ses collègues et sous-fifres auraient interprété comme étant de mauvaise augure. « Ah mais pardon mademoiselle, je me trompe ! Bien sûr qu'Aurèle est là. Il revient rapidement, après avoir exécuté une… course. » Aramis priait fort pour la peau de cette fille qu'Aurèle n'avait pas poussé trop loin dans les confidences. Dans le doute, il resta vague. « Enfin vous pouvez sans soucis m'accompagner en haut jusqu'au bureau pour l'attendre. » Galant, l'agent lui indiqua l'ascenseur avec un geste vif, l'accompagna dans la petite cage métallique et appuya sur le bouton de son étage. « Il serait dommage que vous ayez fait le déplacement pour rien, n'est-ce pas ? Il devrait être rapide. » Peu importe, Aramis ne savait pas franchement où se trouvait Aurèle cette semaine mais il avait clairement de quoi se poser des questions devant… ça. Il prendrait sa décision ensuite : se taire et garder sous silence les éventuels secrets de son collègue, ou user de sa langue bien pendue si nécessaire.

En attendant, il s'appliqua dans son rôle. « Au fait, je suis Ary, un collègue d'Aurèle. Et vous ? » L'ascenseur s'ouvrit sans un bruit. Aramis indiqua le couloir à la jeune femme au bébé, ignora superbement les regards curieux des quelques employés et ouvrit la porte vitrée de la nouvelle salle de réunion. « Je vous en prie ! » Un nouveau regard assassin fusilla deux marioles – qu'il ne connaissait que trop bien – qui le fixaient de derrière leurs bureaux, dans l'open-space. « Weathley, Ilser, travaillez. » Ils avaient l'air bizarres les deux mais ils disparurent derrière leurs cloisons respectives. « Prenez une chaise, on peut… papoter, en attendant. » Aramis s'approcha de la petite machine à café dans un coin. « Je vous sers un café ? » Il ne permit lui-même un décaféiné, trop heureux d'échapper un peu plus longtemps à l'ennuyeuse tache de contacter toutes les cellules d'orient. « Dites-moi, comment connaissez-vous Aurèle ? » Question anodine si on se fiait à son café et un gobelet fumant qu'il tendait à la jeune femme.

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les ailes de la liberté.
« Combien de fois me suis je retourné dans la rue, le cœur en vrille parce que j'avais cru apercevoir un bout de silhouette qui... ou une voix que... ou une chevelure comme... ? Combien de fois ? Je croyais que je n'y pensais plus mais il me suffisait d'être un moment seul dans un endroit à peu près calme pour le laisser revenir. »

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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Dim 21 Fév - 23:08

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L'homme passa de la surprise au sérieux en moins de trente secondes. Jean serra son fils dans ses bras, ce dernier commençait à se réveiller doucement. L'accompagner ? Pourquoi pas. Après tout, ce collègue avait l'air tout à fait charmant. Étrangement, elle imaginait assez bien Aurèle bosser avec ce genre d'homme. Elle monta dans l'ascenseur.

Enchanté Ary, je suis Jean, une... Ancienne amie d'Aurèle.

Elle n'aimait pas employer le terme « ex petite amie », ça lui donnait l'impression d'être juste un nom sur une liste, ce qu'elle refusait d'être. Alors ancienne amie, c'était plus vague, et les gens l’interprétaient comme ils le souhaitaient. L'ascenseur s'ouvrir sur... Pas le genre d'endroit qu'elle s’apprêtait à trouver dans une industrie de l'éclairage. Des petits openspace repartit en ligne droite s'étendait jusqu'à l'autre bout de la salle. Des employés qui avait l'air assez calme, bien que curieux à son arrivée. Il lui sembla 'ailleurs en reconnaître deux d'entre eux, mais n'osa pas faire de geste ou de signe de reconnaissance. Bientôt, le collègue d'Aurèle la conduisit dans une salle au grandes baies vitrées, qui donnaient sur les bureaux.

Très jolie salle de réunion.

Elle prit une chaise, et s'installa à son aise, Jack-Jukian toujours sous son bonnet. Le temps qu'Aurèle arrive (bon sang mais où était-il ce crétin?) son collègue jugea visiblement bon de lui faire la causette. Et Jean était assez bonne à ce jeu là.

Oh, nous nous sommes rencontrés à San Francisco, alors qu'il venait... pour un soucis avec mes câbles je crois. Votre société avait de nouvel lampe plus écologique à me vendre, j'avais besoin de quelqu'un pour les installer. Nous sommes vite devenus amis, c'est un garçon charmant !

Les derniers mots avaient eu du mal à sortir. Tout simplement parce qu'elle avait tellement du mal à dire du bien d'Aurèle ces derniers temps... Elle passait son temps à l'insulter mentalement (ou pas) pour se persuader qu'il n'était qu'un petit con. Qui l'avait laissé tomber. Elle et son fils. Tout ça pour... pour elle ne savait même pas quoi !

Alors je l'ai invité une seconde fois vous voyez ? J'avais fais des muffins de toutes les couleurs, je m'en souviens très bien. Je suis pas très douée en pâtisserie, alors je cache le tout avec de beaux colorants. Il faut croire que ça lui a plus parce qu'après nous av...

Jack-Julian avait commencé à renifler dans son coin. Et bientôt, les premiers cris d'un enfant affamé. Rapidement elle déboutonna le haut de sa chemise.

Vous permettez ? Avant que... - dire quoi, avant qu'il se mette à clignoter ? Non, autant éviter de balancer des choses aussi absurdes devant les collègues d'Aurèle - qu'il pleure vraiment.

Déjà l'enfant s'était calmé. Forcément, quand on mangeait ça allait mieux. Son fils ne faisait pas partis de ces mômes qui réclamaient 24 heures sur 24 heures, mais quand il le faisait, il ne faisait pas semblant. Elle reporta son attention sur le collègue en souriant.

Oui donc je disais ! On a continué à se voir et oh, bah, vous savez, vous êtes son collègues après tout. Les lampes lui prenant trop de son temps, sois disant, monsieur m'a laissé tombé du jour au lendemain. Et maintenant, il oublie même notre fils. Vous vous rendez compte ? Je me suis déplacée pour lui ! Il va m'entendre, croyez moi !

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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Mer 24 Fév - 14:26

Une société de lampes… Aramis ne put s'empêcher de sourire en coin. Le DLCEM était un département secret rattaché au gouvernement (aux gouvernements, plutôt) et son existence devait rester aussi discrète que possible, afin qu'un moindre nombre de gens ne soient au courant. Ils obtenaient des autorisations, des subventions et des permis qui ne devaient pas parvenir à n'importe quelles oreilles. Des services secrets, en somme, chargés de la dimension fantastique de la planète. Forcément, les agents étaient amenés à côtoyer des civils dans leur vie privée et cette activité devait rester… secrète. Mais des lampes ? Franchement, Aurèle aurait eu de quoi se faire griller cent fois s'il était venu le temps de démontrer son savoir-faire en matière de circuits électriques. « Oh, des lampes… Je vois. » Cette fille était parfaitement improbable. Impromptue. Sortie de nulle part. « Ah oui, je vois pourquoi Aurèle vous a apprécié. » C'était un type gentil, Aurèle, un bon agent, appliqué et doué, parfois un peu farfelu, presque toujours de bonne humeur. Des gens aussi égaux à eux-mêmes, Aramis les enviait presque. Ils devaient être heureux, les types comme ça. Le môme renifla, sa petite bouche se tordant en un rictus de mécontentement. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire – ou même le penser – Jean déboutonna sa chemise. « Euh... » Aramis réduit au silence, spectacle rare. De toute façon, il était un peu tard pour protester. « Non non, allez-y, je vous en prie... » Heureusement qu'il ne rougissait pas facilement le garçon, parce qu'il aurait carrément été cramoisi là ! Il sentit les regards des employés converger vers la salle de réunion, magnifique mais presque entièrement constituée de baies vitrées. Chose à savoir : les vitres, c'est mal. L'agent de terrain resta un bref instant planté sur place – terriblement désemparé – avant d'ouvrir en grand la porte la plus proche. « Aller, on bosse, il y a un dossier à finir ! » Il ferma la porte derrière lui, coupant Jean du vaste open-space de l'autre côté du couloir. « Un cas particulier, je suis en plein interrogatoire, rangez vos regards. » Il fusilla deux marioles du regard. « Surtout vous deux. » À croire qu'Ilser et Weathley allaient jaillir de leurs bureaux respectifs pour aller questionner Jean.

« Excusez-moi, les invités sont rares dans nos bureaux. C'est que les lampes… n'attirent pas beaucoup de visiteurs. » Si leur couverture ne sautait pas avant la fin de l'entrevue, ce serait un miracle. Franchement, quand on voyait les étages consacrés au Département, on ne pensait absolument pas à une société de lampes. Entre test de matériels, conception d'armes, traitement de dossiers, affiches représentant des sangs-mêlés en cavale… Rien n'avait moins à voir avec l'éclairage que ce building. Aurèle l'avait laissé tomber ? Ça devait correspondre avec l'époque où le DLCEM lui avait demandé de délaisser un peu sa vie privée pour protéger les intérêts du Départements et surtout être plus présent, plus disponible, plus… Bref, plus d'avantages pour l'agence. « Mais dites-moi, Aurèle ne vous a rien dit d'autre ? » Aramis essayait d'y aller doucement, de ne pas se montrer pressant, mais il avait besoin de savoir si son collègue n'avait pas été trop bavard. L'ascenseur à cet instant émit un petit tintement et s'ouvrit sur… Aurèle. Un Aurèle visiblement de mauvaise humeur. Aramis passa la tête dans le couloir. « Ah, Aurèle, tu tombes bien ! Cette jeune fille est là pour toi, elle t'attendait avec… ton enfant. »

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les ailes de la liberté.
« Combien de fois me suis je retourné dans la rue, le cœur en vrille parce que j'avais cru apercevoir un bout de silhouette qui... ou une voix que... ou une chevelure comme... ? Combien de fois ? Je croyais que je n'y pensais plus mais il me suffisait d'être un moment seul dans un endroit à peu près calme pour le laisser revenir. »

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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Jeu 25 Fév - 11:24

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Décidément les employés étaient assez marrants ici. Bon, ils avaient aussi tous l'air de gens qui n'avait jamais vu une femme allaiter. Mais passons. Aurèle devaient avoir pleins d'amis marrants ici. Elle pouvait le lire sur leur visage. Ils avaient l'air gentils comme tout. Elle en connaissait déjà deux, qui lui lançait des regards... mêlé d'horreur et d’incompréhension à la fois, le mélange des deux donnait quelque chose d'assez spécial.

Non non, rien d'autre, pourquoi ? Vous savez, vous avez peut-être l'air terriblement sympa et accueillant ici, mais bon, travailler dans les lampes, il y a mieux, il me le disait de temps en temps !

C'était sur que quand on le voyait, on avait bien du mal à croire qu'il faisait carrière dans un tel secteur. Avant même qu'elle pu en rajouter une couche, Aramis salua Aurèle. Jean pivota sur sa chaise, reboutonnant sa chemise au passage, et se leva, essayant d'avoir un air furibond, vexé, énervé, agacé, bref, tout ça sur le visage. La porte de la salle de réunion s'ouvrit et, Jack-Julian dans un bras (ce dernier s'était endormi, forcément, il avait bien mangé le goinfre), de sa main libre elle alla cueillir le nouveau venu comme... comme elle se le devait. Avec une bonne tape sur la joue (elle avait du se mettre sur le pointe des pieds pour réussir un te acte, presque héroïque quand on savait qu'elle mourrait plus d'envie de le serrer dans ses bras plutôt que de lui faire une bonne vieille scène devant ses collègues).

Non mais dis donc ! Alors comme ça on oublie son fils ? C'est honteux Aurèle. J'ai une vie moi aussi. Tu veux t'en occuper, très bien, mais faut assurer après mon gars !

Elle recula d'un pas, se planquant à moitié derrière son charmant collègue anglais.

Heureusement qu'Aramis était là pour me faire passer le temps. Tu as un collègue adorable.

Il allait craquer. L'engueuler, balancer des horreurs à son propos. Et elle allait avoir mal. Très mal. Mais elle s'en doutait, de toute façon, ils passaient leur vie à se faire mal mutuellement, faute de vivre heureux tout les deux. Tout ça parce qu’il en avait décidé ainsi. Elle serrait son fils dans ses bras, toujours profondément endormi, et regardait au tour à tour Aramis puis Aurèle. Sans savoir pourquoi, à ce moment là, elle eut un mauvais pressentiment. Non pas que les deux étaient terriblement (trop) bien habillé pour travaillait dans une société de lampes (chacun son style après tout), mais c'était plus les regards. Il y avait quelque chose d'assez indescriptible dans celui de l'anglais et quand à celui d'Aurèle, c'était comme s'il se demandait pourquoi elle avait mis les pieds ici, sur son territoire. Son autre instinct, celui qu'avait à peu près tous les demi-dieux pas trop bête venait de s'éveiller. Celui qui disait à Jean de fuir très, très loin. Comme si elle était en présence de monstres. Mais aucun monstre de visible dans cette jolie salle. Non, juste deux employés très bien habillés. Alors, où était le piège ?

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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Dim 6 Mar - 0:03

Aurèle enfonça le bouton de l'ascenseur, rappuyant une douzaine de fois dans la foulée. Il venait de faire l'aller-retour New-York-San Francisco en moins de huit heures dans faire de pause, juste pour découvrir là-bas (de l'autre côté des États-Unis quand même) que Jean l'avait planté pour partir avec Jack-Julian. La charmante voisine, qui devait avoisiner les cent-cinquante ans au moins, s'était chargée de le renseigner, profitant de cette trop belle occasion pour en remettre une couche.Cette vieille, un jour Aurèle la ferait passer pour une demi-déesse particulièrement retorse et sournoise, dangereuse. Quand Jean aurait déménagé, histoire de ne pas voir le DLCEM se rapprocher un peu trop près d'elle.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit dans un petit tintement, laissant apparaître l'openspace et sa multitude de bureau. Instantanément, l'agent double repéra les visages familiers qu'il appréciait, ceux avec qui il mangeait occasionnellement, ceux qu'il ne pouvait simplement pas encadrer et les autres. Les autres, c'était ceux qui étaient là temporairement, soit parce qu'ils venaient à l'origine d'une cellule étrangère et qu'ils étaient provisoirement détachés à New-York, soit de simples agents du gouvernement venus pour… Ceux-là, généralement, c'était les emmerdeurs. Ils venaient contrôler, donner des idées pour « mieux travailler », insuffler une nouvelle dynamique ou d'autres conneries dans le même genre. Bref, Aurèle ne pouvait pas les voir, manquait de les étrangler chaque fois qu'ils abordaient le thème de « Agent Rosebury, votre efficacité en mission pourrait être doublée… voire triplée ! Mais à condition de... » Et puisqu'il était déjà de fort mauvaise humeur, il les supportait encore moins. Aurèle esquiva de justesse une jeune fille récemment arrivée qui prenait plaisir à le draguer (il l'admettait sans trop de honte : elle n'avait que dix-huit ans mais qu'est-ce qu'elle était collante!) et… Crut mourir sur place. Là-bas derrière, dans la nouvelle salle de réunion, c'était bien…

« Bordel de merde, Jean ! » L'impression de suffoquer, de sentir son cœur se décrocher pour partir en vadrouille. « Mais qu'est-ce que tu fais là ! » Il l'avait cru les seins à l'air, occupée à alimenter Jack-Julian. Il voyait le regard d'Aramis Wheeler, assurément un excellent collègue mais quelque peu… assidu, lorgner la jeune femme avec la plus grande attention. Dans n'importe quel autre contexte, il se serait consumé de jalousie mais là, il mourait de peur. Et de rage. Il referma avec violence la porte en verre qui coupait les bruits, passa devant Aramis en coup de vent (Aramis qui n'en loupait pas une miette, son regard scrutateur saisissant chaque geste avec l'attention d'un prédateur)… et fut cueilli par l'équivalent d'une pichenette par Jean. « Tu… Tu… » Bon sang, il en perdait ses mots ! « Tu… Mais bordel Jean, t'es vraiment une pute ou quoi ? » Il voulait la prendre dans ses bras, la secouer dans tous les sens. La tuer, l'emmener loin d'ici, loin d'une agence remplie à craquer de gens prêts à la torturer, la découper, l'interroger. Il en connaissait certains qui seraient ravis de pouvoir examiner ses fluides et il ne savait quoi d'autre pour établir une fiche ADN. Ces gens-là le faisait frissonner et il n'avait aucun mal à imaginer Jean, petite et colorée Jean, finir entre leurs mains. La faire fuir. Lui mettre la honte pour la faire fuir définitivement. « T'es vraiment conne Jean ou ça se passe comment ? Entre toi et moi c'est terminé depuis longtemps. » Il ouvrit en grand la salle de réunion, adoptant l'air – peu convainquant après sa crise de colère mais en dehors d'Aramis et Jean, personne ne l'avait entendu – de celui qui va se casser comme si de rien n'était. « Si tant est que ça ait un jour commencé, même. » Un parfait connard : ses paroles se répercutaient dans l'openspace, audibles de tous. « Prends ce mioche et casse-toi loin, tu me saoules avec tes inventions. À qui tu l'as volé ce marmot ? Tu vas encore finir en taule… T'en as pas marre franchement, de me coller aux basques avec tes conneries ? » Les mots tombaient les uns après les autres, sévères, méchants, glacés. « Allez, barre-toi vite et ne remets pas les pieds ici. » Tu vaux moins que mes lampes. Ça c'est ce qu'il lui avait plus ou moins dit il y a quelques mois, quand il l'avait larguée. Il ne l'avait pas expressément dit ainsi (c'était plutôt : je ne peux pas sacrifier ma carrière pour toi) mais c'était l'idée générale et c'était de nouveau celle qui ressortait aujourd'hui. Il voulait qu'elle sorte de ses gonds et qu'elle déguerpisse au plus vite. Il voulait la faire passer pour une demeurée pour que personne ne se pose de questions (ou du moins pas trop). Il priait pour qu'Aramis n'ait rien relevé de louche… mais il était doué à ce jeu-là, l'agent de terrain. C'était un chasseur, un vrai, et ça faisait flipper Aurèle comme un dingue. Et pour une fois, il remerciait le ciel pour que Monet n'ait pas été là. Elle se sentait pas bien à ce qu'il paraissait. Elle avait ajouté deux ou trois raisons qu'il n'avait pas compris (bébé ? Késako? Weathley ? Qu'est-ce qu'il venait faire là, ce débile?) (il aimait bien Weathley au final, tout comme Isaure, mais les deux n'étaient parfois pas très… évolués.) « Jean. Dégage. » Un mot pour lui briser le cœur, le second pour l'achever.

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« Et ça se justifie en plus, et ça fait semblant de bien parler… Mais je sais qui vous êtes moi ! Et quand cette pauvre fille sera alcoolique hein ? Et son marmot ! Qu'est-ce qu'il va devenir, hein ? Un gamin des rues ? Comme vous ? Ben oui, parce que c'est le seul exemple masculin qu'il aura eu ! Le dealeur de sa mère ! » — voisine de Jean.
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MessageSujet: Re: jean + burning the days. (terminé)   Dim 6 Mar - 10:45

Blow a kiss, fire a gun. All we need is somebody to lean on. What will we do when we get old? Will we walk down the same road? Will you be there by my side? Standing strong as the waves roll over. We were bold and young, all around the wind blows. We would only hold on to let go ...
Les yeux rivés sur son fils, Jean tentait de ne pas écouter les paroles toutes plus atroces les une que les autres de son cher Aurèle. Non, c'était juste un terrible cauchemar, il ne pouvait pas dire de telles chose. Pas lui. Pas le gentil Aurèle qu'elle avait rencontré l'an passé. Quoi que, depuis la naissance de son fils, ils n'avaient pas arrêté de s'en mettre plein la figure. Ses joues se teintèrent de rouge, jusqu'à que son visage entier le soit. Comment osait-il proférer de telles connerie ? Devant tous ces gens en plus ? Il se mettait à devenir comme Madame Pinsec, ce qui en soit, n'était pas le plus bel exemple dans le vie qu'on pouvait avoir. Jack-Julian se réveilla, et sa mère le serra un peu plus, comme si ce dernier allait pouvoir la consoler. Et puis, la colère éclata. Elle se mettait rarement en colère, Jean. Parce qu'elle était une fille adorable et patiente. Mais là, Aurèle en avait trop dit. Et elle avait beau l'aimer comme une folle, elle ne pouvait pas tolérer ça, encore moins faire semblant.

FERME LA !

Elle avait tapé du poing sur ta table de réunion. Et tout était devenu rose. Intégralement. La table, le sol, les chaise, les rideaux, le tableau de réunion, les vitres, et Aramis. Pour couronner le tout, son fils, effrayé, clignota un coup avant de fondre en larme complètement, lui arrachant littéralement les tympans. Le silence qui suivit ce geste terrible lui sembla long. Très très long. Comme si tout un coup, la vie s'était ralentit. Qu'avait-elle fait bon sang ? Qu'avait-elle fait ? Son regard alla d'Aramis à Aurèle, et elle se sentit aussitôt très mal. Il n'y avait plus un bruit, pas même de l'autre côté de la vitre. Et c'était comme si d'un coup, elle voyait sa vie entière défiler sous ses yeux. Comme avait la mort, parait-il. Elle se revoyait au concours de déguisement, où elle avait perdu alors que pourtant son déguisement de soleil était génialissime, elle se revoyait lors de ses premiers jours à la colonies, ses premiers entraînements, la fois où avec sa meilleure amie elle avait décidé d'aller embêter les nymphes, la fois où elle avait rencontré Aurèle, leur premier baiser, la naissance de Jack-Julian...

Et Jean prit la fuite. L'instinct de survie avait repris le dessus. Elle sentait qu'elle était en danger, comme tout demi-dieu ayant révélé sa nature au grand jour. Son fils dans les bras, elle se jeta dans ascenseur, appuyant frénétiquement sur le bouton du rez-de-chaussé jusqu'à que les portes se referment. Les larmes lui montèrent aux yeux, mais en coulèrent pas. Elle était folle de rage. Et elle avait peur. Pour la première fois depuis des années, elle ressentait cette peur, celle d'être à nouveau une proie. Son fils pleurait si fort, mais elle ne l'entendait plus. Elle était bien trop occupé à réfléchir à la suite des événements. Elle devait partir, loin, très loin. Les gens allaient forcément se poser des questions, et employés d'une usines à lampes ou pas, ils allaient sans aucun doute alerter les autorités de ce qu'il venait de voir.
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