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 Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)

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MessageSujet: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Ven 22 Avr - 23:13

 « Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis
Abigail & Lyllian-Aaron

Le printemps était là mais encore un peu frais pour New-York. Lilly ne s’en plaignait pas, n’aimant pas les grosses chaleurs étouffantes. Avec cette brise presque glacée trainante de l’hiver, on ne pouvait que mieux ressentir la chaleur bienfaitrice du soleil qui s’écrasait sur votre visage ou vos omoplates.  Le spécialiste des esprits troublés vivait une période de travail assez calme. Pas de consultations, pas d’appel à comparaitre, peut-être un avis ici ou là de façon bénévole, des interventions en formations, … Même pas de monstre où de ces gens qui vous cherchait des emmerdement. Dans la file d’une chaîne de café servit dans des énormes bugs en carton, il avait le nez plongé dans un ouvrage écrit par une ancienne ethnologue qui s’est spécialisée dans le comportement humain et animal. Dans ce livre au titre évocateur dure genre « sommes-nous des animaux ou des hommes » elle comparait les deux attitudes, les différenciaient ou les rapprochait. Puis le tout était parsemé de comportement digne de l’Humain avec des arguments psychologiques, sociologiques et instinctifs de l’Animal. Ce livre le fascinait. Il en apprenait que plus sur le « mouvement de foule » et les attitudes ancrées dans nos comportements depuis des siècles et même des millénaires de vie. Il avait déjà commencé à voire certain comportement d’un autre oeil. Cela ne pouvait qu’améliorer sa façon de pratiquer ou d’user de nouvelle technique d’approche. De nouvelles clés. Pour sa profession bien sûr ! Pour s’amuser aussi…

Un chaï tea latte soja plus tard, le livre coincé sous le bras il s’alluma une cigarette. Un dernier regard sur le paysage urbain et sur la foule qui circulaient sur les gigantesques trottoirs, il prit la direction de Central Park. Il tenait son gobelet et sa cigarette à la même main et le téléphone dans l’autre pour consulter ses messages, ses mails, épier O’ par ses sites, ses réseaux sociaux et d’autre outils pas très légal comme une traçabilité des numéros qu’elle contactait. Petit détail qu’il n’avait bien sûr jamais clairement partagé avec elle (comme ses sentiments) mais qu’elle savait pertinemment. Pas exactement. Elle savait qu’il la surveillait. Il n’avait rien de prévu pour la journée. Il s’accordait ce genre de session pour conserver son calme et sa réflexion. Pour garder la tête froide. Fallait mieux… Il retrouvait O’ ce soir. Ils ne s’étaient pas parler depuis la dernière fois qu’il avait osé rentrer chez lui sans prévenir. Non pas que ça c’était mal fini, mais ça c’était passé. On va dire ça comme ça… Depuis il avait préféré s’aérer la tête tout les deux et, en véritable gentlemen, il s’était exilé au manoir laissant son appartement à Ofelia. Il n’allait pas se plaindre. Cela fit du bien à tout le monde et il put passer un moment relativement complice avec l’aîné McLochlainn. Ils avaient échangé et débattu, une partie de la nuit, sur l’impact de la neurologie sur le psychisme. Puis des maladies graves en général. Celles de la tête étaient quand même les grandes gagnantes. Un simple sport pour les méninges.

Dans ses pensées, il rangea son téléphone dans la poche intérieur de son blaser avant de sauver de justesse son elixir. Par réflexe, il avait levé le bras qui tenait le chaï tea quand il vit une ombre lui arriver dessus au moment où il relevait la tête. La demoiselle le percuta de plein fouet. Cette chevelure, je la reconnaitrait entre mille. Quoique, y’en avait pas mal des décolorés à l’air suicidaire dans cette ville. Mais ça alors ! C’était bien elle. Finalement, j’allais peut-être travailler un peu… Enfin je vais jouer en gros.

Il lui fit un grand sourire et posa une main rassurante sur son épaule. Il donnait presque réellement l’air de s’inquiéter si ça allait.
« Bah ça alors. De passage en ville et pas un seul rendez-vous avec moi ? Même pas un petit « coucou » ou un message. Je vais le prendre mal, la darda t-il de ses yeux de glace avant d’épousseté et lisser son blaser dans un geste mécanique qui effaçait le souvenir de leur rencontre impromptue. Tu sais pourtant comme j’aime passer du temps avec toi. Surtout quand le temps est facturé » répliqua t-il avec un air espiègle dans le regard. Il la jaugea à nouveau pour la voir dans son ensemble et lire tout ce que les petits détails pouvaient bien lui raconter. Il hésita un instant puis : « Tu n’es pas occupée ? Viens avec moi, on va parler un peu » lui dit-il avec une fermeté non-autoritaire mais plutôt sûr de lui. Ses pas se rapprochait du parc dont l’entrée leur ouvrait grand les bras. « J’m’arrangerai avec ton père pour qu’il me paie cette séance… laissa t-il la boutade en suspend avant de s’arrêter et se tourner pour lui faire face. Il la gratifia d’un nouveau sourire. Je rigole, c’est une blague de psy. Tu pourrais faire un effort et trouver ça fin. C’est gratuitreprit-il plus sérieusement. J’ai juste envie de parler. Ca fait longtemps qu’on ne l’a pas fait. Allez, t’as bien cinq minutes à tuer. Puis c’est rare que j’ai rien ) faire pour accorder du temps à autrui. Profites-en. »

Il lui tendit alors son bras pour réellement l’inviter dans l’endroit le plus épique de New York. Central Park, le petit monde animé aux milles trésors. Une ville dans la ville. Il attendit patiemment qu’elle le rejoigne pour prendre son bras si galamment proposé, ou non. Si elle se joignait à lui, les deux protagonistes pourront s’enfoncer dans l’impressionnante nature au coeur d’une des villes les plus urbaines au monde.  
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Mer 27 Avr - 9:52

 « Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis
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Il fut un temps où Abigail adorait le printemps. Un temps où elle aurait traversé La Nouvelle Rome en chantonnant des airs ringards du genre 'le printemps est arrivé, sort de ta maison, le printemps est arrivé, la belle saison. L'amour et la joie sont revenu chez toi, etc. etc.' Des paroles qui lui faisaient lever les yeux au ciel à présent. Maintenant, même la perspective du retour de la belle saison ne l'aidait pas à calmer son humeur massacrante. Il n'y avait pas de belles saisons, de temps propice à elle ne savait quels trucs niais auxquels elle avait cru un jour. Au fond, elle était toujours qu'une petite idiote naïve, même en ne croyant plus que porter du bleu signifiait une personnalité sereine. La preuve : elle croyait toujours pouvoir avoir Zack. Bon sang, elle s'était réengagée dans ce but ! Juste parce que son grand amour de Grecque était morte durant l'attaque des camps. Ce qu'elle était bête, bête, bête ! La fille de Vénus rangea ses derniers préparatifs dans son sac à dos avec rage. Merde. Çà lui ferait du bien de s'éloigner du Camp pour refaite le plein d'achats. Même si çà voulait dire faire le long voyage jusqu'à New-York. Abby avait ces habitudes, ces produits qu'elle refusait d'acheter dans un autre magasin.

C'était censé être une bonne idée. Maintenant qu'elle se trouvait non loin de Central Park, elle le regrettait. Tous ces gens qui transpiraient le bonheur, c'était insupportable ! Elle les voyait, tous ces liens, plus ou moins forts, qui semblaient la narguer. Excédée, Abby mit sa capuche sur la tête, comme pour signifier aux autres sont envie de se couper du reste du monde et continua sa marche en regardant fixement le sol. C'était presque fini, se disait-elle, plus qu'un magasin et... Elle n'arriva jamais au bout de cette phrase, percutant de plein fouet une personne qui avait eu la mauvaise idée de se mettre au travers de sa route. Le choc projeta sa capuche en arrière. Abigail ouvrait déjà la bouche pour insulter ce pauvre type qui ne savait pas regarder où, il marchait, mais s'interrompu en levant les yeux avec mauvaises grâces pour voir que le type en question n'était pas un inconnu.

Sur le coup de la surprise, elle ne réagit même pas devant la main rassurante qui se posa sur les épaules, elle qui détestait qu'on empiète sur son espace personnel depuis qu'elle avait brutalement changé de caractère. "Çà alors..." Répéta-t-elle. "Je... Désolé... Je ne m'attendais vraiment pas à..." C'était vraiment une grosse surprise pour qu'Abby baisse sa garde au point de s'excuser.

Abigail se frotta maladroite le bras avec un regard fuyant, signe d'une certaine gêne lorsqu'il parla de temps facturé. L'idée du psy venait de son père. Heureusement, ce psy était un sang-mêlé, ce qui rendait la corvée un peu plus agréable que prévu. Si Abby n'avait pas profité de ses courses new-yorkaises pour passer, c'est parce qu'elle avait honte de sa dernière décision en date.

"Je faisais des courses dans le coin. Tu sais... Refaire mon stock." Expliqua-t-elle un peu platement en haussant une épaule.

Avant qu'elle ne puisse le réaliser vraiment, ses pas se calèrent à la cadence de son interlocuteur pour se rapprocher de l'entrée du parc. Parc, lieu romantique par excellence, en période de printemps, c'était une très mauvaise combinaison avec son pouvoir. Si seulement elle l'avait réalisé plus tôt, elle aurait pris ces jambes à son cou. "Embête pas mon père avec çà, s'te plait." Commenta-t-elle avec morosité et en baissant la tête. Ses mains se refermaient sur les sangles de son sac à dos, donnant l'impression qu'elle se tenait prête à partir en bredouillant une excuse à tous moment. Depuis qu'elle avait changé, sa relation avec son père n'était plus aussi fusionnelle qu'avant et une part d'elle regrettait les instants d'innocences où ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre.

Le fait que cette phrase soit une 'blague de psy' la décontenança assez pour qu'elle daigne enfin lever la tête vers son interlocuteur. "Ok." Marmonna-t-elle en lâchant les sangles du sac pour s'accrocher au bras tendu à son intention. Elle baissa de nouveau la tête durant la marche, fuyant du regard les personnes qu'ils pouvaient croiser et, si par malheur, elle n'était pas assez rapide, son regard s'assombrissait devant quelque chose qu'elle était la seule à pouvoir voir. "J'ai résigné pour la légion." Lâcha-t-elle comme un cheveu sur la soupe, sans transition, sans préparation. C'était le dernier gros chamboulement dans sa vie et il était certainement plus pertinent de parler de cela que de la dernière série découverte. "Cinquième cohorte." Précisa-t-elle ensuite. "Avec ce qui s'est passé... Je me disais que je ne pouvais pas rester sans rien faire." Son regard restait perdu dans le vide, comme si elle redoutait de voir la réaction de Lyllian.

Çà s'était l'excuse qu'elle sortait à tout le monde. Au fond, elle n'y croyait plus vraiment et cela se sentait dans son manque de conviction en prononçant ce beau mensonge. Zack y avait cru, mais lui était trop concentré sur son propre chagrin pour voir les signes. Le centurion qui avait validé sa période d'essai y avait cru aussi, sans doute parce que ces mots faisaient écho à ceux qu'il pensait ou parce qu'il les avait entendus des centaines de fois après les attaques. Abby s'en moquait, qu'on la croie ou non. Cela ne changeait pas les faits. Elle était repartie pour un tour. Les entraînements, les quêtes et autres joyeusetés. Tout çà pour un mec, c'était vraiment pitoyable ! "Et... Et toi ? Quoi de neuf ?" Lâcha-t-elle sur un air qu'elle espérait détendue malgré l'hésitation au début de sa question. Une vaine tentative pour que la conversation ne s'attarde pas trop sur l'information qu'elle venait de lâcher.
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Mer 27 Avr - 15:42

 « Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis
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Etrangement, il ne savait pas grand chose d’elle en général, mais avait vu certaine de ses profondes et intimes pensées que des personnes ignorait d’elle. Après, il savait bien l’utile et l’administratif à son sujet comme sa naissance, son nom, son dossier médical, … En ce qui concerne le reste, il ne savait que peu de chose et les découvrirait parfois par hasard lors de leur séance. Quel genre d’amis avait-elle vraiment, ce qu’elle avait comme pouvoir, des éléments de sa jeunesse qu’elle ne lui avait pas encore compté, comment elle se battait, ce qu’elle n’avait pas envie de dire à un homme qui prenait 150$ de l’heure. Je la voyais et la connaissait comme peu de personne ne peuvent la voir. Entre la confidence et la froideur d’une relation professionnel et qui se veut dénué de jugement. Il ignorait par contre que Central Park n’était pas l’endroit le plus approprié pour la tranquillité de son esprit fleur bleu. Après, il n’était pas un homme qui aimait la foule et la solitude était sa meilleure amie. Lilly saurait lui trouver un coin calme pour pouvoir discuter en toute quiétude.

Tout ses gestes avaient été décortiqué, autant par son regard fuyant, ses paroles et le choix de ses mots, les tics nerveux et ce qui aurait pu les provoquer. Par exemple lorsqu’elle s’était frotté le bras, il n’avait pas deviné tout juste en faisant le lien avec ce qu’il aurait pu dire, ou persuadé que c’était parce qu’ils s’étaient rencontré trop brusquement. Elle ne supportait pas les contacts pas imprévu. Moi non plus. En tout cas pas quand ce n’est pas moi qui le décide. En tout cas, il y avait bien des choses qui pouvait facilement la mettre mal à l’aise. Elle n’était pas en position de force mais serait peut-être sur la défensive tant que ce sentiment de gêne continuait de se diffuser dans son esprit. Après elle avait beau me trouver une excuse très bien fondée pour sa présence ici sans raison, je sentais bien que c’était irrationnel. Je m’explique, il y a beaucoup de boutique à San Francisco, ça ne manque pas ! Je comprends bien qu’elle ait ses boutiques fétiches par ici et elle faisait ce qu’elle voulait de sa vie. Mais souvent elle profitait des rendez-vous qu’on avait, ou me passait simplement un message pour dire qu’elle était en ville et peut-être que… Peut-être pas, peu importe. Qu’elle ne me dise rien la rendait coupable. Puis sa phrase était tellement pré-mâché que ça sonnait faux. Le ton de sa voix était celui par défaut pour des mots qui n’avaient même plus de valeurs tant on les utilisait et trop souvent pour faire taire l’interlocuteur. Pour cacher des choses. Pour éviter les questions par exemple.

Elle se montrait de nouveau gêné avec les mains pendues à son sac. Souvent quand on ne se sentait pas à l’aise où en confiance la première chose qui nous dérangeait c’était : quoi faire de ses mains. Ce n’est que mon observation. Après peut-être qu’elle essayait de me faire comprendre qu’elle voulait partir. Vu qu’après elle m’a suivi, c’est qu’elle était gêné. CQFD ou alors, elle a pas osé me dire non. Ces enfants de Venus ont parfois tendance à m’excéder. Abby lui avait attrapé le bras et suivait le jeune homme qui s’enfonçait alors dans l’immense parc. Une grande allée de terre sèche s’ouvrait devant eux, aligné de banc et d’arbre tout le long, relevé de petite pleine et lentement des embranchements se découvraient au dé-là d’un point d’eau ou d’une statue, d’un espace d’échec. Oui ça m’arrivait assez souvent d’aller y jouer, surtout les soirs d’été après quatre bonnes pintes dans le nez. Alors qu’il progressait, sans transition elle lui donna ses derniers exploit. Lilly ne put retenir un tout petit rire et un sourire illuminait son visage, comme amusé. C’est ça qui m’énerve avec ces enfants de Venus ou Aphrodite, c’est qu’ils ne peuvent pas être simplement beau et vivre pleinement l’amour sans avoir ce sentiment d’avoir mis cruellement leur coeur à l’épreuve. Oui, une petite voix dans ma tête que je suis doué à ce jeu là aussi… Ca va…

« Cinquième cohorte » murmura t-il pensif, jetant un oeil aux alentours, puis bifurqua vers une zone un peu plus dense en végétation, un coureur qui les évita sur son chemin. Puis il resta plus silencieux pour la suite. Il laissait ses phrases en suspensions dans l’air et dans leur esprit. Il retraçait le schéma psychologique d’Abby et les événements passés. Il s’était fait son avis. Elle ne parlait pas plus, et lui avait demandé de ses nouvelles à lui. Moi ça peut attendre. peut-être qu’elle n’attendait pas sa réaction. Tant pis et en plus ça ne risquait pas de lui plaire.

« Tu as pensé à passer à autre chose ? Je ne dis pas d’oublier les morts ou les mémoires. Juste de les fermer dans une petite boite que tu ranges sur une étagère au fond d’une pièce le long d’un couloir étriqué de ton esprit. Juste assez loin et assez près de ta conscience pour que jamais tu n’oublies mais que ça te rende plus forte. Tu sais c’est comme ça qu’on grandit. Certaine personne vivent des choses plus forte que d’autre et encore… Tout ça n’est qu’un jugement personnel et subjectif. Tout le monde est à plaindre à sa propre échelle. Sinon, tu continues comme maintenant dans ton immobilité qui finira pas n’être qu’une masturbation morale et tu te complaira dans ta douleur. Ou encore, tu peux le garder dans un coin de ta tête et ce sera comme une bombe à retardement qui te bouffera petit à petit. Tout dépend de toi. Pour arranger les choses, il y a facilement 70% où c’est à toi de faire des efforts qui font les chose après c’est le hasard, l’environnement, l’entourage et ça aussi, ton mental peut avoir un poids dessus, fit-il une pause pour éviter un enfant qui fuyait son grand-frère en courrant et lui était presque rentrer dans les jambes. Tu te crées une chaîne avec un énorme boulet enfaite qui te donne facilement l’excuse de ne pas avancer ou évoluer. Je m’en fou après, je dis ça pour toi. Car tu peux passer des années à me parler, ça me rapportera de l’argent. Je te donne mon avis sans censure, pas mon avis de psychiatre. Vois plutôt ça comme un conseil d’ami. Tu te chercherais pas une excuse ? Il est de quelle cohorte déjà ? C’est toi qui a choisi la Cinquième ou tu n’as pas eu le choix. C’est pas terrible la Cinquième » lui fit-il un sourire presque déçu. 
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Sam 7 Mai - 21:31

« Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis

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Abigail aimait les magasins de New-York. Elle avait toutes ces petites habitudes. Une sorte de parcours prédéfinis pour ces courses avec quelques arrêts pour se détendre entre deux phases de shopping intensifs. Elle ne restait jamais longtemps au même endroit, depuis l'attaque de la harpie à son ancien boulot, elle avait peur des attaques surprises de monstre voulant s'improviser un Venus-burger à manger sur le pouce. De toute façon, elle savait où tout se trouvait à force de côtoyer les mêmes boutiques. Ces excursions ressemblaient presque à des stratégies de batailles. Parfaitement planifié. Au point de pouvoir partir sur un coup de tête, comme elle l'avait fait aujourd'hui, et tout de même s'y retrouver. Mais, la meilleure partie de ces sorties était que : tous les magasins de sa liste se trouvaient à New-York. C'est-à-dire, très loin de San Francisco. C'est-à-dire, très loin du Camp Jupiter et de la Nouvelle Rome. La combinaison parfaite pour se vider la tête (et en plus, çà rime).

Seulement, rentrer dans son psy ne faisait pas vraiment partie du programme. La fille de Vénus fut prise au dépourvu, au point de s'excuser. C'est vrai qu'elle n'avait envoyé aucun message à Lyllian. Rien de personnel à cette décision, elle ne voulait voir personne qu'elle connaissait. Le but était de ne penser à rien et, en présence du fils de Némésis, elle se retrouvait toujours à penser aux choses qu'elle voulait justement éviter. Normal, c'était son boulot. Bon, c'était peut-être personnel, finalement. Depuis un certain temps, Abigail était devenu un paradoxe ambulant. Elle voulait parler mais ne voulait pas entendre d'opinion concernant ces paroles. Dans ces moments-là, l'atelier de son amie Charlie était devenu un refuge. La fille de Vulcain prêtait une oreille distraite, ce qui laissait à Abby le champ libre pour parler pendant des heures de tout et de n'importe quoi. Aujourd'hui, çà n'avait pas suffi. C'est pour cela qu'elle était partie en excursion shopping.

Bref, maintenant elle se retrouvait pendue au bras de Lyllian en direction de Central Park. Abigail était beaucoup trop occupé à éviter de croiser les passants du regard pour se demander comment elle en était arrivé là. Elle se laissa guider docilement avant de lâcher l'équivalent d'une bombe au niveau des révélations pour briser le silence. Elle avait rejoint la cinquième cohorte. Aux dernières nouvelles, elle avait décidé de vivre à la Nouvelle Rome (parce que c'était le meilleur abri pour les demi-dieux) et de ne plus jamais entendre parler de la Légion, de monstre ou de quête. Pourtant, la voilà de nouveau en période de probatio. En guise de conclusion, elle demanda un 'et toi quoi de neuf ?' ou une phrase tout aussi bateau dans une tentative de changer de sujet. Tentative vouée à l'échec et elle en avait conscience.

Abby fit une moue boudeuse devant le rire et le sourire amusé qu'elle reçut en réponse. Le genre de regard qui signifiait : je n'ai rien dit de drôle. Ils avaient bifurqué vers une zone un peu moins peuplée, en dehors du coureur qui croisa leur route. Du coup, la fille de Vénus pouvait se permettre de lever les yeux sans être envahi par le bonheur des autres. Comme son interlocuteur devait s'en douter, elle n'apprécia pas le discours qu'elle reçut en retour.

"Conseil d'ami, tu parles. T'enlève jamais ta casquette de psy, pas vrai ?" Répliqua-t-elle, toujours sur un ton boudeur frôlant l'agressif. Elle poussa un long soupir exaspérée tandis qu'un enfant faillit percuter les jambes du fils de Némésis. À cause de ce détail, il était difficile de savoir si le soupir provenait du discours moralisateur ou de la présence du mioche et du grand frère. "Si tu crois que c'est facile." Elle s'était retenu de parler du fait qu'elle avait essayé mais que c'était impossible de tourner la page avec Zack dans le coin. Zack, c'était comme un petit chiot tout mignon. Un petit chiot tout mignon avec des tablettes en chocolat à se damner et un sourire que même son divin père devait lui envier. Impossible de lui résister. Dès qu'elle pensait avoir tourné la page, il revenait dans le secteur et elle replongeait. Est-ce qu'on pouvait être drogué à un mec ? Abby avait l'impression d'être une toxico. C'était l'explication parfaite. Sa drogue, c'était Zack. Abigail pensait s'être arrêté juste à temps pour écarter ce petit détail sensible de la discussion. Grossière erreur.

C'est dans un timing parfait que tomba la réplique 'il est de quelle cohorte déjà ?'. La fille de Vénus s'arrêta, donnant l'impression d'être une voleuse prise la main dans le sac. Ou, plutôt, une menteuse prise en flagrant délit. "Je... Je vois pas de quoi tu parles." Dit-elle en lâchant le bras du psy pour s'enfoncer les mains dans les poches dans une tentative de bluff. Puis, elle finit par lâcher mollement tout en retrouvant sa moue boudeuse. "Il est dans la deuxième." Abby reprit la marche, à un rythme beaucoup plus lent. "Charlie aussi est dans la deuxième. Toutes les personnes que je connaissais avant sont dans la deuxième. Parce que, devine quoi, j'étais dans la deuxième. Avant. Mais on n'a pas voulu. Parce que MOI, je ne suis plus comme avant." Elle poussa un soupir et leva la tête pour contempler les nuages. "Au moins dans la cinquième, on n'attend pas grand-chose de moi. Ce n'est pas plus mal." Conclut-elle en haussant les épaules d'un air désabusé. Abby finit par baisser la tête et semblait se concentrer sur un petit caillou du sentier qu'elle s'employait à déloger méthodiquement du bout de ces baskets avant de taper dedans. Se défouler sur ce minuscule bout de roche lui fit du bien. Un peu.
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Dim 8 Mai - 17:24

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La demoiselle n’avait pas eu l’air d’apprécier ses paroles car elle répondit un peu sur la défensive. Elle lui lançait une boutade mais elle était pleine de colère. Il ne s’offusqua aucunement de son attitude. Ce n’était pas la première fois qu’on lui répondait comme ça. Vu son travail et ce qu’il était capable de dire et de comment tourner les phrases, il ne fallait pas s’étonner. L.-A. est aussi un être très insolent ce qui n’aidait pas. La preuve, il y avait encore quelque jours un de ses patients l’avait violemment frappé à la tête avec le cendrier en verre de la table basse. Il en avait encore une cicatrice à l’arcade qui s’effacerait d’ici quelques mois. Ses paroles c’était presque agréable. Puis ça voulait aussi dire qu’il avait peut-être visé juste. Il lui tapota la main qui était à son bras : « Je n’ai pas dis que c’était facile. Là déjà je t’en parle, enfin disons plutôt que je te secoue un peu et après c’est à toi d’enclencher le long processus d’un pas-en-avant-et-l’un-après-l’autre. Et je serais là pour te tenir la main. »

Puis elle le lâcha et Lyllian se positionna pour lui faire face. Il tira un peu sur sa cigarette et l’observait en silence. Elle avait reprit la marche et lui expliqua alors vaguement sa situation au sein de la Légion. Il la regarda s’éloigner pour être sûr de bien capter tout ses mots et lui emboita le pas, venant rapidement à sa hauteur :
« Mais dis moi, j’ai même plus besoin de t’analyser, tu me dis déjà tout. C’est plus trop marrant mais je dois dire que le maitre est fier de sa pupille. C’est ça, tu as tout dis, comme ça on n’attend rien de toi et on n’est pas déçu de toi. C’est un beau mécanisme de défense, mais un peu lache et facile. Ah et laisse moi deviner, comme ça tu te rapproches de lui sans être dans la même cohorte, pour vraiment faire comme si tu t’en foutais. Je dis pas que tu n’a pas repris la Légion pour la bonne cause, je te crois, mais y’a des choses qui font que ça t’a motivé. Franchement, t’en es où avec lui ? Enfin, t’es pas obligée de répondre. On pourra toujours en parler la prochaine fois en séance, t’y échappera pas. Je te laisse avaler ce que je viens de dire au cas où j’ai bien raison mais que tu ne l’avais pas encore remarqué. »

Il partit alors s’asseoir sur un banc à l’ombre d’un énorme chêne, puis sirota sa boisson chaude. Abby arriva à sa hauteur : « C’est dommage pour la Cinquième… T’aurais pu faire des efforts. Tu vaux mieux que ça. Après tout dans les dernières ou les premières t’auras parfois qu’à tendre la main pour espérer qu’il prenne la tienne. Oups… J’ai été trop profond ? » Ah ces enfants de Venus et leur sentimentalisme ! Abby avait parfois besoin qu’on la secoue un peu. Elle était jeune et puis au pire s’il la mettait en colère ou la blessait, elle n’en ressortait que plus forte. Il lui a toujours dis qu’il disait juste ce qu’il interprétait avec des faits tirés de son comportement et ses pensées. Il n’avait pas toujours bon, mais quand il la décortiquait il manquait parfois de censure. Puis ses choix après ses dires étaient libre. Ca jamais il n’a cessé de le lui répéter. Il constatait juste mais elle est la seule à décider ce qui est bon pour elle ou non et si elle veut que ce soit bon. Après son avis propre sur le fait qu’elle s’engage à nouveau dans la Légion il s’en moquait complètement. Elle était libre. Pas qu’il se moquait d’elle, au contraire il s’était presque attaché, autant que pouvait le faire un psychiatre envers une de ses patientes. Il portait déjà sa patiente depuis un temps et il a vécu avec elle certain changement dans sa vie. Son objectif était de continuer à la porter quoi qu’elle fasse et donc se retrouver frappé par une légère brise d’empathie... Je peux vraiment être qu’un con parfois...

« Excuse moi, je pense que je suis un peu trop véhément. Oublie ce que j’ai dis. C’était gratuit et méchant… Tu veux en parler ou pas ? Juste de pourquoi ils ne t’ont pas pris dans la Deuxième Cohorite. En toute sincérité, tu me racontes que des faits, pas ce que tu aurais pu interpréter. Je te jugerai vu que je dois te ramener à l’équilibre mental, mais tu sais que je ne te regarderai pas autrement. »
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Ven 20 Mai - 9:38

« Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis

Abigail & Lyllian-Aaron


Comment pouvait-on passer du paradis du shopping à l'enfer de l'introspection ? Elle aurait dû suivre son intuition et demander à Adrian de l'emmener avec ces pouvoirs. Mais non, elle avait voulu jouer à la grande fille, pensait que le voyage l'aurait aidé à se vider la tête. Ce qui avait abouti à cette situation à Central Park, entrer d'écouter son psy lui dire... bin... Les trucs de psy. Des conclusions qu'elle savait et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de s'enfoncer dans son comportement. Savoir la vérité, contrairement à ce qu'on pouvait croire, çà n'aidait pas toujours à aller mieux. Abby était en colère contre elle-même. La pauvre idiote qui n'arrivait pas à tourner la page. Elle était déjà à cran parce qu'ils étaient à Central Park, lieu où tout le monde dégoulinait de bonheur en profitant du beau temps et du décor. Amoureux, amis, famille. La trinité des liens qui lui sautaient à la figure si elle laissait trop traîner son regard sur ce qui l'entourait. Le sol, c'était une valeur sûre. Du moins, jusqu'à ce qu'ils soient dans une partie moins peuplée. Lyllian s'était pris une remarque acide. Si son interlocuteur la laissait se calmer, peut-être s'excusera-t-elle ensuite. Pour l'instant, elle avait du mal à faire autre chose que de soupirer d'agacement.

"J'ai plutôt l'impression de faire un pas en avant et mille pas en arrière." Bougonna-t-elle devant la réponse du fils de Némesis.

Et c'était çà le pire. Régresser dès que monsieur parfait lui adressait un regard ou un sourire. Sérieusement, avoir une frimousse aussi adorable que celle de Zack devrait être illégale ! De frustration et de colère, elle lâcha le bras de Lyllian. Ainsi, elle pouvait se fourrer les mains dans les poches. Une attitude qui correspondait parfaitement à l'humeur ombrageuse qu'elle ressentait en cet instant. Le pire ? Elle n'arrivait pas à la fermer. Comme si son cerveau se branchait automatiquement sur les sujets qu'elle ne voulait pas aborder. Les raisons qui avaient motivé cette sortie shopping improvisée, très loin du Camp Jupiter. Pourquoi avait-elle parlé de la Légion ? Parce qu'il ne s'était rien passé d'autres dans sa vie. Rien de vraiment significatif, en tout cas. Ce constat était déprimant. En plus, elle avait tout raté. Finir dans la Cinquième alors qu'elle visait la Deuxième. Bravo, Abby, tu es une championne. Championne de la loose, oui. Le seul point positif, c'est que parmi les loosers de la Légion, on attendrait rien d'elle. Heureusement, avant de commencer à tourner cette pensée en boucle, le demi-dieu l'avait rattrapé. Quoi qu'heureusement n'était peut-être pas le bon terme puisqu'après l'avoir félicité, Lyllian lui dit qu'il s'agissait d'un mécanisme de défense lâche et facile.

La fille de Vénus fut de nouveau offusquée par cette remarque, mais n'eut pas le temps de l'exprimer puisque son interlocuteur continuait son discours. La suite la fit baisser la tête de honte et, intérieurement, Abby se félicita des heures passées à se donner un teint pâle. Son fond de teint camouflait à merveille le rougissement qui menaçait de colorer ses joues. Comme quoi s'était parfois utile le look dépressif ! "Non... C'est juste que... On a signé ensemble, mais on n'a pas été attribué à la même Cohorte, c'est tout." Répondit-elle mollement. Mince, çà semblait encore plus idiot dit comme çà. D'un autre côté, la version de Lyllian la faisait passer pour une sale manipulatrice. C'était super fourbe comme plan de viser directement une autre cohorte. "Hé, c'est lui qui est venu me chercher, je te signale !" Répliqua-t-elle lorsque le psy lui demande où elle en était avec lui. Elle ressemblait à une gamine prise la main dans le sac en train de dire que ce n'était pas sa faute si le vase était cassé. "Moi, j'avais tourné la page et lui s'est ramené avec sa bouille craquante de chien battu après l'attaque de ces taré de mo..." Elle s'interrompit en réalisant qu'elle avait peut-être un peu trop élevé la voix. "De mortels." Poursuivit-elle sur un ton plus calme. C'est vrai, çà, ce n'était pas de sa faute ! Elle poussa un énième soupir. C'était dingue le nombre de manières différentes qu'elle pouvait trouver de soupirer. "Quitte à lâcher le morceau, autant le faire maintenant, puisque c'est gratuit." Dit-elle avec cynisme en rejoignant Lyllian vers un banc à l'ombre.

Après un instant de pause durant lequel elle hésita entre rester debout où s'asseoir également sur le banc. Les paroles de Lyllian tournèrent ces pensées vers un autre sujet. C'est vrai que s'ils avaient été dans la même Cohorte... La fille de Venus avait déjà imaginé tout çà, tous les prétextes, tous les moments qu'ils auraient pu avoir. "C'est bon... On ne peut pas réécrire le passé." Gromella-t-elle en haussant les épaules. Une phrase bateau et un ton qui laissait croire qu'elle s'en moquait d'être dans la Cinquième. Un mensonge peut convaincu. Quoi que c'était l'option la moins ridicule parmi toutes les possibilités de réponses qu'elle avait eue en tête.

Après les excuses de son interlocuteur, la Romaine se décida enfin à s'installer sur le banc, après s'être délesté de son sac à dos pour le coincer entre ses jambes. "Çà changerait quelque chose d'en parler ?" Dit-il un peu plus sincèrement en regardant enfin en direction de Lyllian. "Je veux dire. Je ne suis pas dans la deuxième et voilà. Je n'ai pas de super pouvoir ultra utile en combat. J'ai changé. C'est un fait. Le dire, çà changera rien, non ?" Nouveau haussement d'épaule. "Peut-être que si je fais une quête genre super héroïque, ils modifieront leurs jugements." Elle avait dit cela sans grande conviction. Au fond, à quoi bon ? Pensait-elle. Çà lui apporterait quoi d'être dans la deuxième ? Ce n'était pas comme dans un film ou un roman à l'eau de rose où l'héroïne se battait pour conquérir l'homme de ses rêves. Avec son pouvoir, elle voyait directement que c'était perdu d'avance. Pourtant, elle continuait de s'accrocher. L'espoir, c'était vraiment un truc horrible. Pour une fois, Abigail ne se contentait pas d'exprimer ces pensées à voix haute, sans attendre de réaction particulière de son interlocuteur, elle espérait vraiment que le fils de Némésis lui apporte une piste, une réponse à ces interrogations. Espérer ce genre de chose d'un fils de Némésis... Ok, dis comme çà, semblait être sacrement stupide.
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Mar 24 Mai - 20:50

 « Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis
Abigail & Lyllian-Aaron

Elle n’avait pas l’air d’apprécier cette dissection sûrement étonnée qu’il avait fait d’elle, en lui parlant de son immobilité. Il lui avait dit qu’elle donnait l’impression de persister dans son malheur et sa douleur, en attendant trop lâchement que cela change. Mais les miracles, s’ils étaient nommés ainsi c’est qu’ils n’arrivaient pas toujours quand on l’espérait et ils étaient surtout rare. Tiens, j’aurais du lui dire ça enfaite… Peut-être que ça la motiverait. Je le ferais à l’occasion. Mais ça je lui ferait facturer. Ca vaut son pesant d’or ! Puis je le sortirais aux autres aussi. Ce sera ma phrase du moment je pense. Un beau défi thérapeutique. Modifier des mentalités en masse ! Ou oui, un sacré foutage de gueule. Ca pourrait être drôle quand même. La blonde avait marmonné dans sa barbe ce qui arracha un sourire discret à Lilly qui continuait alors sa progression dans le parc aussi grand qu’un village et tout aussi animé, voire même plus que certains hameaux. « Oui, c’est dur, mais c’est comme ça. L’air de rien, tu avances un peu. C’est très simple. Tu dois dire : malgré tout ces pas que j’ai fais en arrière, j’ai réussi à en faire en avant. Pas le contraire. C’est clair que vu comme ça, tu n’arriveras à rien et tu ne feras que te terrer au fond de ton puit sauf qu’un jour. Ce puit, il est profond et personne saura que t’es là. On t’entendra plus et comme l’amante de Narcisse, tu mourras dans un écho. » essaya t-il de donner un peu d’entrain, comme s’il racontait un trailer du Seigneur des Anneaux.

C’est alors qu’ils entamèrent la discussion de celui qui faisait vibrer le coeur et tourner la tête de la jeune fille au même moment où ils s’étaient séparé. Non, qu’elle m’a lâché. C’est presque un acte manqué. Ou alors c’est ce que j’ai dis avant, je ne sais plus s’était-il mis à penser en se frottant discrètement les lèvres de la main avant de se concentrer sur ce que disait Abby. Ce Zack avait un tel impact sur elle, il ne comprenait pas. Enfin… Un petit peu, même s’ils n’avaient pas le même âge, ni la même conception de toutes ces choses : l’affection, les liens, l’amour, les coeurs brisés, la dépression des sentiments, … Lui ses derniers actes d’affection lui avait valut des points de suture au bas ventre, ou encore un presque violent règlement de compte dans son appartement. Ofelia avait fini plaqué au mur avec une onde de choc pleine poitrine. Sa façon de dire qu’il aime. Il était incapable de se mettre à la place d’Abigail sur à ce niveau. Ce genre de chose lui échappait par expérience. En théorie, il en connaissait assez pour lui faire de beau et grand discours détachés. En gros, libre à elle de se foutre en l’air pour un garçon. Quoique, elle est sympa, ça m’embêterait quand même. Puis son père paie bien…

Le nombre de personnes sur un mètre carré s’amenuisait au fur et à mesure que Lyllian guidait dans le parc. Il savait où il allait, marchant d’un pas assuré et presque trop habitué à retrouver son petit banc. Il aimait ce coin du parc, un peu plus calme et frais par le feuillage des arbres dense, étouffant aussi le bruit. Le soir, il valait mieux éviter de s’y aventurer. Le sable avait laissé place à un chemin plus étroit et directement marqué dans l’herbe par l’usure. L’air sentait bon les ceriser qui se trouvaient à plusieurs mètres de là, vers un lac très souvent peuplé. Il n’était qu’à quelques pas, mais le chemin qui y menait de ce banc était long et fastidieux. Il était plus simple de prendre par les plus grandes artères, et ainsi évitait trop de passage.

J’avais exposé mon avis, ce que j’en avais perçu crûment pour lui dire de la même façon ce que j’en avais déduis. Bon, j’étais allé un peu loin et je n’avais pas vraiment de fondement. C’était un peu au hasard que j’ai sorti ça en suivant les chemins basique et théorique de la psychologie. Après, elle avait le droit de réfuter et alors mon plan se brisait à un endroit et je le reconstruisait autrement avec les nouvelles informations que j’arrivai à puiser. Je lui laissais donc son temps de parole. Si je n’avais pas les mains aussi prises, je les aurais sûrement claqué comme un rituel, presque comparable à celui des japonais avant d’attaquer leur repas. C’était un peu une sorte de repas de réflexion que je me faisais avec elle. Je n’en fis rien et restais silencieux pour l’écouter attentivement. Elle était si mignonne. Si elle voulait, je me portais volontaire pour ravir son coeur. Elle regretterait vite de se plaindre parce qu’un joli garçon ne la regarde pas. Ou si juste quand il a besoin de se moucher sur son épaule. En tout cas à l’entendre, les mots et les expressions qu’elle choisissait ou encore la longueur de ses phrases me montrait clairement qu’elle n’avait pas envie d’ouvrir certaine boîte de sa tête et son coeur. A moi de trouver les serrures alors…

Il lui avait présenté des excuses et elle s’était assise à côté de lui. Il se tourna alors légèrement vers elle, se positionnant en tailleur sur le banc. Les bras appuyé sur les genoux, il tournait un peu son gobelet, bercé par l’inertie de la boisson dans le verre en carton. Il réfléchissait, le regard longuement perdu juste au-dessus de l’épaule d’Abby mais pas porté sur l’horizon. Il était comme coincé dans sa tête. Il finit par brandir un doigt.
« J’ai pas fini de faire la maquette de ta tête, mais je tiens à te dire que je suis assez fier de toi, venait-il de réaliser. Tu as bien raison, la Cinquième ou la Deuxième, peu importe ! Peu importe, si ça n’importe pas pour toi. Mais au fond de toi ? Tu le sens comment ? Ca ne t’as rien fait de descendre plus bas ? Si par contre ça te fait quelque chose, il faudrait peut-être en parler ou que tu te bouges vraiment le cul tu as raison. Ta quête fait la si tu veux. Si tu l’as fais pour que les jugements changent, c’est que la situation ne te va pas. Pour moi, l’équilibre est là quand on est pas contraint par de petites choses qu’on peut améliorer. Il y a plein de pollution autour de nous et c’est dur de s’en protéger, mais si on respire ça trop longtemps, on en devient malade. Faut réussir parfois partir là où il n’y a rien qu’on connaisse, rien du tout sauf nous et la nature. En gros, tu dégages des trucs qui ne te vont pas dans la vie. Je ne suis pas clair… En gros, il faut sortir de la routine toxique et subie. »

Il but une gorgée de sa boisson et lui fit signe de ne rien dire en se posant le doigt sur la bouche. Il ferma les yeux et son autre indexe tapotait le gobelet avec nervosité. Il cherchait dans sa mémoire. « J’ai pas tout suivi de ton histoire avec ton Zac Efron. Pourquoi tu l’as jamais eu exactement déjà ? J’ai pas mes notes et je te cache pas que les histoires de coeur ne me marquent pas beaucoup, lui afficha t-il un sourire sarcastique. Il est allé dans les bras d’une autre c’est ça ? Mais t’avais essayé de faire quoi que ce soit ? » eut-il subitement une lueur d’idée. Une démarche encore flou d’un plan plein d’ombre. A voir s’il arriverait à rendre le tout plus concret et net. « Et juste pour te raconter un fait, je vais t’expliquer très techniquement ce qui t’es arriver. Je ne sais pas si ça va t’aider à avoir les épaules moins lourdes pour essayer milles timides pas arrière, contre un victorieux en avant… Ou qu’aille ce pas. Tant que tu avances, puis il se racla la gorge. Ce qui s’est passé au camp, ces connards. C’est rien. C’est qu’un élément de ta vie. Des choses qui arrivent. Tu en rencontreras peut-être d’autre, ou d’autres personnes, voire ta prochaine génération. T’en sais rien. Tu n’es pas morte, ni handicapée et tu as encore la possibilité donc de vivre et de penser. Après tu fais comme tu veux de cet avantage, balaya t-il légèrement l’air de ses mains comme pour chasser ses préjugés. Par contre, tu as eus conscience de la mort et la fin, que ce soit la perte de l’autre ou ta propre perte. Ca rapproche forcément, c’est une sorte d’instinct anti-suicide. On dit que l’être humain ne vit pas sainement sans amour et affection, était-il en accord avec cette étude, mais qu’il niait à sa propre personne car l’homme est résolument seul quoiqu’il arrive. C’est qu’une faiblesse de l’esprit qui t’arrive. Tu l’as aimé très fort et il est réapparut juste après l’événement. Il a été ton repère de quelque chose que tu chérissais et qui te paraissait stable il y a des années quand tu rêvais d’amour et d’eau fraîche. Quand à ces années, y’avait pas ses angoisses de mort, encore la candeur de l’adolescence et du sentiment d’invulnérabilité. Tu t’es accroché à une bouée. Voilà. J’ai fini. C’est juste ça. Tu sais, cet assaut c’est pas le premier soucis du monde chez nous. On en a vu d’autre. Deux fois. J’ai vu des amis à qui s’est arrivés, je l’ai moi même vécu. » et je le vis toujours je crois… avait-il signé ses mots parfois de gestes symboliques.

Il s’étira subitement pour venir s’adosser correctement contre le banc et sirotant toujours sa boisson lactée et jetant un regard sur le paysage. Ce qu’il adorait, c’était chercher les oiseaux dans les arbres ou les feuillages. Guetter le petit animal que plus personne ne voit. Il eut la soudaine envie de retourner dans une terre reculée en Alaska ou le Canada, pour aller observer les ours. Il l’avait déjà fait une fois avec un naturaliste qui en était passionné. C’était magique. Se sentir si petit face à tant de beauté et de puissance.
« Ce n’est rien d’autre que ça finalement. Une dépendance à l’affection et ça vient souvent d’une angoisse de nos premières années de vie… Je trouve ça plus facile quand on voit les choses comme ça… » avait-il rajouté après un petit temps de silence, se confiant plus qu’il ne lui répondait avec l’éthique de son doctorat. Je pense que c’est pour ça que j’ai fais psycho… Dénaturer les choses ça aide. C’est froid et insipide. Ridicule. On perd notre temps à se lamenter au lieu de risquer de vivre. Cette phrase aussi je devrais la faire encaisser. A part cette confidence, il était à peu près le même que lorsqu’elle le voyait officiellement en rendez-vous. Peut-être mâchait-il moins ses mots. Une petite complicité avec la demoiselle qu’il avait imposé dès le début et non sans intérêt.
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Mar 31 Mai - 17:54

« Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis

Abigail & Lyllian-Aaron


C'était un cercle vicieux. Les paroles de Lyllian sonnaient juste et ce point l'énervait, ensuite, elle s'en voulait de ces réactions vives. Après tout, il ne faisait que son boulot. Son père le payait pour que le fils de Némésis décortique son cerveau. Dis comme çà, cela ne sonnait pas comme l'idée du siècle. Cette pensée la ramenait à sa situation et à son incapacité d'améliorer les choses... Et on repartait au début du cercle. Sans fin. Logique d'être constamment démoralisé avec cette manière de voir les choses. Avant une séance, au moins, Abby pouvait préparer des répliques, les terrains à éviter. Ces excuses étaient souvent trop bateaux pour tenir très longtemps, mais, même ainsi, elle avait l'impression de savoir dans quoi elle allait s'aventurer. Ici, elle était complètement prise au dépourvue et cela se sentait dans sa manière de 'montrer les crocs' dès qu'un point sensible était touché (ou tout simplement effleuré suffisait). Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de continuer à s'enfoncer.

Comment faisaient les gens ordinaires ? Déjà, il ne parlait certainement pas des sujets qui étaient 'courants' chez les sang-mêlés. Pas de quêtes, de légion, d'honneur, d'attaques d'inconnus voulant vous tuer ou de monstres. À cause de son pouvoir, Abigail ne pouvait pas fuir cette conversation en se concentrant sur le décor. Dès que son regard s'attardait sur d'autres personnes, elle avait l'impression que ces badauds lui envoyaient leurs bonheurs à la figure, comme pour la narguer. Pourquoi ce qui semblait si simple pour les autres, tissé des liens, ressemblait à un chemin de croix pour elle ? C'était déprimant. Elle avait changé, dramatiquement changé, fait des forts et... Tout çà pourquoi ? Pour finir à la Cinquième. Un pas avant et une millier en arrière.

Abigail écouta cette histoire de puits et d'amante de Narcisse bien que son regard restait rivé sur le sol. Comment Lyllian pouvait dire çà avait autant d'entrain ? Comment être positif devant un minuscule pas en avant quand, au final, on voyait bien qu'on avait plus reculé qu'avancer ? Avant, elle ne se serait jamais posé ce genre de question. Avant, elle aurait vu le verre à moitié plein, quelles que soient les circonstances. La fille de Vénus n'arrivait plus à être cette personne. Quand elle repensait au passé, elle avait l'impression de se rappeler une étrangère. Si elle essayait d'agir comme avant, on voyait clairement que ce n'était plus naturel, que c'était forcé. D'un autre côté, bien qu'elle ne le dira jamais à voix haute, son interlocuteur avait raison. S'enterrer dans un trou n'était pas la meilleure solution non plus. Donc... Que faire ? Elle ne voyait vraiment pas. Toutes ces décisions semblaient foireuses, maintenant qu'elle y repensait. Comme cette histoire de resigner à la Légion.

Ils se dirigeaient vers une partie du parc moins peuplée. Du coup, Abby pouvait se permettre de marquer des pauses dans sa contemplation du sol, ce qui la soulagea et l'aida un peu à se décrisper. C'est sans doute pour cela qu'elle commençait à se défendre. Déclarant qu'elle, elle avait réussi à tourner la page, c'était Zack qui était revenu à la charge. C'est sûr que ce coup-là, elle ne l'avait pas vu venir.

Après s'être délesté de son sac à dos, elle finit par s'installer sur le banc. La Romaine commençait à être à court d'arguments alors elle laissa son interlocuteur s'exprimer. Pour une fois, elle ne semblait pas sur la défensive, comme si elle se tenait prête à riposter, mais semblait vraiment s'intéresser à l'avis du psy. La demi-déesse avait l'impression d'être dans une impasse et attendait le verdict de l'expert. Abby fronça les sourcils lorsqu'arriva la réponse, décontenancée par le terme 'maquette de la tête'. Ses sourcils restèrent froncés et elle baissa le regard lorsqu'il lui demanda comment elle prenait la nouvelle, au fond d'elle-même. Définitivement, elle n'était pas douée pour l'introspection. Est-ce qu'elle voulait vraiment faire la quête dont elle avait parlé ? Abigail avait l'impression d'avoir lancé cette idée au hasard, parce qu'elle voulait se montrer constructive. Mais était-ce vraiment que cela ? Abby ouvrit la bouche pour émettre un avis tandis que Lyllian buvait une gorgée, mais le doigt sur la bouche la mura dans le silence. La Romaine croisa les bras et attendit.

"Si c'était Zac Efron, mon seul problème serait une horde de fans hystérique."
Répliqua-t-elle avec ironie et le sourire qui allait avec. "Pas une stupide grecque morte." Souffla-t-elle un ton plus bas pour ne pas être entendue de son interlocuteur un peu trop perspicace. Ensuite, la question fatidique arriva : qu'avait-elle fait ? "Parce qu'il est tombé fou amoureux de cette Grecque qui nous avait doublés pendant une mission. Et pour répondre à ton autre question : je n'ai rien essayé. Pourquoi ? Parce que... Parce que je savais que c'était perdu d'avance." Dit-elle en agitant les mains pour trahir sa frustration. "Tu ne peux pas comprendre." Déclara-t-elle aussi vite. "C'est à cause de mon pouvoir. Je l'ai vu, c'est tout. Un lien indestructible dès le premier regard. Je pouvais rien faire contre çà, alors je n'ai rien fait." Elle haussa les épaules, recroisa de nouveau les bras et émit un petit grognement en détournant les yeux. "Dis ainsi, çà semble idiot, mais je te jure que çà a du sens quand tu le vois."

C'était à partir de ce moment-là qu'elle avait commencé à détester sa divine mère et les dieux en général. Abigail était resté au côté de Zack pendant neuf ans. NEUF. Cette Grecque débarquait et on avait droit à un coup de foudre au premier regard ? Sérieusement ? On ne lui enlèvera pas de la tête que la Déesse de l'Amour n'avait rien fait dans cette histoire. Cette rencontre était tombée juste avant qu'Abby n'ait décidé de prendre son courage à deux mains pour faire sa déclaration. Le timing était trop parfait. Abigail menaçait de sombrer à nouveau dans ces souvenirs douloureux. Le début du discours du psy était suffisamment intriguant pour casser le processus. Lentement, à mesure que Lyllian parlait, elle décroisa les bras et s'assit en tailleur, dans une pose qui singeait celle de son interlocuteur sans que cela soit fait exprès.

Il disait que l'attaque des camps n'était rien. Juste un élément de sa vie. Drôle de manière de voir les choses. Le discours de Lyllian la ramenait à sa découverte de l'attaque. Elle était arrivée après la bataille. Une journée d'absence et son quotidien avait volé en éclats. Pourquoi avait-elle quitté le camp ? La demi-déesse se rappelait ces préparatifs faits avec excitation, mais, plus moyen de se rappeler ce qui semblait pourtant si important à l'époque. Puis Zack avait débarqué et ramener dans sa spirale infernale. Ils s'étaient inscrits ensemble à la Légion pour venger les leurs. On voyait à son expression grave qu'elle réfléchissait très sérieusement les paroles du psy, pesant chaque mot. Elle garda cette attitude pensive lorsque le fils de Némésis s'étira. Du doigt, elle suivit le parcours d'un des 'nœuds' du bois blanc.

"Ok. Donc, d'après toi, Zack, c'est ma bouée... Et moi, je suis la sienne, je suppose." Conclut-elle en relevant enfin la tête. "Alors, c'est quoi la suite ? Il faudrait que je lâche la bouée pour réapprendre à nager dans le grand océan de la vie ou un truc comme çà ? Soit je coule, soit j'y arrive ? Quitte ou double." Elle émit un rire gêné et se repassa une mèche rebelle derrière l'oreille. Le genre de rire qu'on fait lorsqu'on vient de dire quelque chose qui sonnait fou ou idiot. "Çà va trop loin cette métaphore." Conclut-elle en se réinstallant convenablement sur le banc. La fille de Vénus pencha la tête en arrière en s'adossant sur le banc. "Comme dirait le Lièvre de Mars : j'ai une excellente idée, changeons de conversation." Oui, elle venait de citer un Disney et n'en avait aucune honte. "Parlons plutôt d'un truc qui ne me fera pas déprimer, ok ? À la base, j'étais venu faire du shopping très loin du Camp pour me changer les idées."
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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Dim 5 Juin - 14:11

 « Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis
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Comme dans un jeu d’échec, il lui laissa son temps de parole. Son temps de jeu, avant qu’il ne prenne le tour et avance ses pions méthodiquement. Elle lui avait alors expliqué ce qu’il en résultait et il se retint de lui couper la parole. C’était son tour après tout. Ce n’était pas la première fois qu’il entendait parler de cette morte. Elle avait réussi à lui rafraichir la mémoire en quelques mots et rapidement les éléments de son dossier lui revenait en tête. Il imprima dans son esprit alors tout ce qu’elle disait, filtrant l’inutile, gardant l’utile et sélectionnant l’intéressant. Puis ensuite pour le reste, elle s’était un peu emportée. Ca l’avait doucement fait sourire. Haussant simplement les épaules, il la laissait lui dire ce qu’elle en pensait. Et elle pensait que changer de conversation serait plus judicieux. Si elle voulait, mais encore quelques minutes, j’ai pas fini…

« Et alors ?! s’emporta un peu Lyllian – Je m’étais retenu trop longtemps. Elle est morte, bah elle est morte et c’est tout. C’est fait et on ne peut pas revenir en arrière. On ne refait pas vivre les morts. Faut vivre avec. C’est comme ça et c’est la vie, on ne pourra jamais l’empêcher » avait-il démenti comme une note piquante d’ancienne blessure qu’il avait vécu à la Colonie. Il avait bien sûr fait ses deuils et ne cessait d’apprendre à voir ça comme il venait de le présenter à Abby. Il faut se rassurer car tant que ça nous brise, c’est qu’on peut-être encore touché. Il sortit une cigarette de son paquet et l’alluma en regardant un instant droit devant lui, les bras allongé sur le dossier du banc en bois. Silencieux et les traits tirés, il attendit que ses humeurs redescende un peu avant de parler à nouveau. Il prit à deux bouffées, maintenant concentré puis il tourna la tête vers la demoiselle.
« Je te crois quand tu me dis que ton histoire à du sens, fit-il toujours un pied dans ses pensées. Et je sais que c’est pas facile de voir ce genre de chose, avec ou sans pouvoir. » fit-il la réflexion en pensant à sa relation avec Ofelia. Il n’avait peut-être pas les dons d’Abigail, mais c’était tout comme. Il voyait déjà tout le plan de leur deux psychologiques qui s’emboitaient écrit noir sur blanc et soudainement le papier qui se consumerait. Il avait jeté un rapide coup d’oeil à la fille de Vénus, se demandant ce qu’elle verrait entre O’ et lui. Verrait-elle ce qu’il voyait lui ? C’était à cogiter, ignorait-il qu’en plus ces deux demoiselles se connaissaient à ce jour. S’appuyant des coudes sur les genoux, c’est alors qu’il trouva peut-être une façon de lui glisser une idée dans la tête.

« Elle est morte. Donc ton histoire de lien indestructible n’existe plus. En réalité, je pense que tu sois retournée à la Légion peut-être une bonne chose pour toi. Ca t’occupera l’esprit, tu te sentiras utiles, et quelque chose qui te motivera à te lever le matin. Je me demande même si c’est pas ta chance enfaite. Imagine comme si, les débris qu’il y a eu, tu les récupère pour reconstruire. Et si tu essayais ? C’est pas sans risque par contre... Je te promets pas de happy-ever-after. Moi je pense que tu devrais le faire, mais est-ce que toi tu te sens prête à tomber une deuxième fois… Je ne veux pas que tu te lances dans un projet qui pourrait définitivement te détruire parce que je te l’ai demandé. Penses-y on en reparlera la prochaine fois si tu veux. »

Il sortit alors son livre de sa poche pour le poser entre lui et Abby et attrapa le gobelet en carton vide. Le psychiatre se tourna à l’opposé de la jeune-fille pour faire face à la poubelle et fit mouche. Il connaissait la détente par coeur tant il passait de temps ici. Il avait encore quelques surprise lorsqu’il y avait du vent.
« Ma métaphore est splendide je trouve. Tu es dure avec moi aujourd’hui. J’ai jamais dis de lacher la bouée et apprendre à nager. Si t’es pas prête, tu vas te noyer. Tu peux aussi ne plus jamais la quitter et l’enfiler. Ou alors, tu reste encore accroché sans savoir en espérant qu’un jour un bout de terre se pointera. C’est pas dit que ça arrive. Donc oui d’un autre côté faudra que t’affaire à être prête pour faire un choix. Même des choix. Aucun choix n’est mauvais réellement. Le but c’est de savoir ce que toi tu penses bien pour toi. » lui fit-il un clin d’oeil après avoir prit ses mains comme l’aurait fait n’importe quel soignant face à un patient. C’est dingue les conneries que je peux parfois sortir. Enfin non, je suis plausible, mais j’en fais pas la moitié et j’ose leur donner des conseils et les pousse à se bouger ou les drogues pour qu’ils oublient... « Faire du shopping ? Va… Va finir tes emplettes, je te libère. Laisse toi allez à la consommation, pour t’encombrer encore plus en matérialisant tes soucis par un amas de connerie. A moins que t’ai autre chose à raconter, car sinon pour changer de conversation, je vais devoir parler de moi et… Ca va pas intéresser et tu risques de pas comprendre, lui confia t-il avec taquinerie en jouant les soucieux avec dédain. Mais si tu veux rester encore un peu, ce sera avec plaisir. »

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MessageSujet: Re: Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)   Dim 26 Juin - 16:11

« Jouer, c'est expérimenter le hasard » - Novalis

Abigail & Lyllian-Aaron


Abigail était facilement exaspérée lorsqu'il était question de son pouvoir. Elle estimait que personne ne pouvait comprendre. C'était certainement pour cela que Lyllian lui balançait ce genre de remarque : parce qu'il ne pouvait pas comprendre. D'accord, elle n'avait rien tenté avec Zack. Dans un premier temps, c'est parce qu'elle avait été naïve au point de croire qu'elle n'avait rien à faire pour que cela se concrétise. Ensuite, il y avait eu cette Grecque venue de nul part et les jeux avaient été faits. C'est vrai, elle s'était rendue sans combattre, mais il fallait se mettre à sa place. Pourquoi tenter sa chance alors qu'on voyait très clairement qu'on en avait aucune ? En un regard, Abby savait à quoi s'en tenir en ce qui concernait les histoires d'amour et c'était, d'après elle, le plus grand drame de sa vie. Au moins, avec les séries télévisées, elle pouvait avoir un peu de mystère sur ce sujet.

La fille de Vénus avait levé les yeux de frustration puis prit sa tête entre ces mains lorsque son interlocuteur insista sur un détail, la fameuse grecque morte. "Va dire ça à Zack." Marmonna-t-elle, sa voix étouffée puisqu'elle continuait d'avoir le visage enfui dans ces mains. La Romaine redressa la tête en entendant le bruit d'un briquet et fronça le nez en fixant la cigarette allumée. "Belle journée pour se mettre une bonne couche de goudron dans les poumons avec une petite touche de tabagisme passif en prime." Ironisa-t-elle avec un sourire en coin, surtout pour lancer un autre sujet dans cette conversation qui se centrait un peu trop sur elle à son goût.

Malheureusement, cette tentative échoua lamentablement. "Elle est morte, mais le lien existe toujours. Franchement, tu y crois, toi ? Je n'en revenais pas. Comment on peut continuer d'aimer une morte ? Je m'attends à tous moment qu'il me réveille au milieu de la nuit en m'annonçant qu'il va se lancer dans une quête pour aller la chercher chez Pluton et qu'il aimerait beaucoup que je l'accompagne. Le pire, c'est que je serais capable d'accepter." Elle émit un petit grognement et roula des yeux. La demi-déesse n'eut pas le temps de se plaindre d'avantage que ce n'était déjà plus son tour de parole. Alors, elle attendit en essayant de se concentrer sur les paroles du psy. Lyllian lui disait que d'être retourné à la Légion pouvait être une bonne chose. Abigail médita sur ces arguments. Surtout la partie 'motiver à se lever le matin', c'était quoi qui la motivait avant qu'un Zack en pleures ne déboule ? Et avant cela ? Elle n'y avait jamais vraiment réfléchi. Le coup de prendre les débris et reconstruire la plongea dans une plus grande réflexion encore.

La fille de Vénus acquiesça discrètement de la tête pour signaler qu'elle avait compris. Ensuite, elle fit une grave erreur, elle essaya de pousser la métaphore que le psy donna ensuite. Abby le réalisa immédiatement. Il y avait quelque chose dans le panier que fit Lyllian avec son gobelet vide qui trahissait ce qui allait suivre. Le fait qu'il lui avait pris les mains étaient un autre signe. Comme les signes précurseurs d'une avalanche de paroles. "D'accord, j'ai essayé d'interpréter à ma manière ta formidable métaphore et j'ai échoué." Répondit-elle en écartant les bras comme un combattant rendant les armes. Une manière aussi de ne pas montrer le poids de la conclusion. Ce qu'il y avait de mieux pour elle ? Elle n'en savait rien. C'était difficile de voir sur le long terme depuis qu'elle n'était plus la boule de bonne humeur qu'elle était autrefois. Voulait-elle redevenir comme avant ou essayer de construire une version 2.0 d'elle en mixant les deux précédentes versions d'elle-même ? Encore une question sans réponse.

En tout cas, elle n'était pas prête à le faire maintenant ni d'en parler. Abby chercha à brusquement changer de sujet, évoquant son shopping, mais surtout la perspective de parler un peu de Lyllian. "Je suis une victime du système de consommation et j'assume. L'euphorie d'acheter tout ce qui me passe par la tête suivit du remords en rentrant d'avoir dépensé autant d'argents dans des bêtises, il n'y a rien de mieux." Commenta-t-elle avec une bonne humeur un peu trop forcée pour être à cent pour-cent authentiques, mais qui était déjà mieux que le ton qu'elle avait eu jusqu'à présent. "J'ai conscience que le shopping n'est qu'une sorte de... " Elle marqua une pause en plissant les yeux pour chercher ces mots. "... D'échappatoire psychologique à mes problèmes qui ne me fera pas sentir mieux sur le long terme, mais, tant pis." Continua-t-il en feintant un air pompeux avant de poursuivre avec enthousiasme. "Tu devrais essayer ! C'est comme apprécier un film, même en sachant que de toute façon, à la fin, les gentils vont gagner et que le héros embrassera l'héroïne sur fond de soleil couchant. Déconnecte la partie 'analyse' de ton cerveau." Enchaîna-t-elle. Abigail faillit parler de la boutique où travaillait Ofelia et proposer à Lyllian d'y aller en sa compagnie. Elle n'y avait pas encore été, gardant ce magasin pour la fin au cas où son amie voudrait boire un verre après. La suite des paroles de son interlocuteur piqua sa curiosité et étouffa sa tentative de proposition. "Oh, je risque de ne pas comprendre ? Je relève le défi." Abby prit son sac pour le serrer contre elle, comme s'il s'agissait d'un oreiller pendant une soirée pyjama. "Vas-y, la pauvre fille de Vénus que je suis essayera de suivre la complexité des aléas de la vie d'un demi-dieu vivant loin des Camps." Elle avait la même expression que lorsqu'elle se tenait prête à écouter des potins.
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Jouer, c'est expérimenter le hasard (abby&lilly, terminé)

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