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 Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)

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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Jeu 28 Avr - 22:52

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA



**** Flashback ****
Few days ago
J- 4 avant les retrouvailles houleuses...

Son cœur martelait tellement sa cage thoracique que s’il l’avait pu, il se le serait lui-même arraché de la poitrine pour diminuer l’effet pernicieux de l’adrénaline. Assaillit par la folie des hommes armées et la peur des siens, Haytham dont les entrailles fulminaient sous la pression, parvenait difficilement à dompter sa colère. Les humains continuaient à faire du mal mettant en berne la sympathie qu’éprouvait le fils de Mars à leur encontre. A présent abreuvé par la colère et désireux d’étancher un sentiment de vengeance nouvellement acquit, il n’éprouvait la moindre culpabilité quant à la possibilité, si l’occasion se présentait, de tuer l’un d’eux.  Ses paupières sont closes, mais s'ouvrent de temps en temps pour le préparer à un réveil imminent. Plusieurs jours, se sont écoulés depuis ce que peu de personnes osent énoncer (la seconde attaque) La Nouvelle Rome demeurait jusqu'alors sa seconde maison, mais les événements venus ébranlé le semblant de tranquillité qui perdurait depuis la première attaque, avait achevé de briser les quelques espoirs d'Haytham Cassidy, qui une fois n'est pas coutume, avait descendu quelques bouteilles émanant de la réserve personnelle d'un Dionysos toujours absent. Après avoir festoyé seul, le fils de Mars enclin à une profonde tristesse avait repris la route pour retrouver la Grosse Pomme et son super appartement. Faible consolation qui ne parvenait à amoindrir sa gueule de bois et la grande tristesse mêlée à de la colère et à une incompréhension tout aussi grande qui lui égrainait chaque jour un peu plus le cœur. La dépression s'était donc abattue de plein fouet sur le demi-dieu, qui alourdit par la culpabilité, avait décidé de s'enfermer chez lui pour n'y voir personne. À peine était-il assis sur son canapé que le sommeil l'emporta.

Ses paupières étaient closes, mais s'ouvraient de temps à autre pour se refermer aussitôt. Happé par Morphée l'Irlandais sombrait peu à peu dans un gouffre sans fin qui le menait au plus profond de ses songes. L'image se met à trembler et le voilà revenu au moment-même où la plupart des demi-dieux cherchaient à fuir une menace jusqu'alors invisible. Puis voilà qu'à travers le brouhaha, une petite voix fluette se fait entendre. « -C'est de votre faute ! » lance le petit demi-dieu à peine plus haut que trois pommes. Ses grands yeux bleus fixés sur Haytham, laissent entrevoir l'innocence inhérente à son jeune âge. Puis il lève le bras, pointant du bout des doigts les responsables de ses malheurs. Le cœur d'Haytham s'emballe tandis qu''une à une, ses entrailles se tordent. Atteint d'omniscience, il savait que d'ici quelques secondes, il chercherait à se défaire du mouvement oppressant de la foule afin de rejoindre ce petit garçon et tenter ainsi de le préserver du danger. Mais il savait aussi que son action serait vaine et qu'il ne pourrait rien faire pour empêcher la balle en or impérial de se loger dans un si petit corps. L'image se trouble à nouveau. Et voilà qu'apparaît entre les brumes, le visage de cet adolescent djihadiste tué sous l'effet d'une colère fulgurante et d'un ultime élan de survie. "-MEURS" hurla la voix d’outre tombe. L'image se fait plus claire, le jeune garçon pointe sur lui son kalachnikov. Une seconde s'écoule avant qu'il presse la gâchette et tir pour viser la tête du Demi-dieu.

J- 3  avant les retrouvailles houleuses...

« -AH » hurla-til en se redressant précipitamment. Son front froid et luisant ruisselait de sueur, tandis que sa respiration saccadée lui compressait la poitrine. Par réflexe, il porta la main gauche toujours aussi tremblante sur son torse à l'endroit même où « le fantôme » avait visé avec son arme. Par chance, aucun trou n'était à signaler. Il lui fallut cependant quelques secondes pour se rendre compte qu'il était allongé dans son canapé et non sans une tente de fortune en Irak. Il venait de s'enfiler presque 24 h de sommeil non-stop, preuve qu'il en avait besoin, mais avec autant d'heure de repos, il ne parvenait à chasser certaines images de ses pensées. En effet, le visage du petit demi-dieu ne le quittait plus à présent et il en était de même avec celui du garçon qu'il avait tué en Irak. Une fois réveillait, l'Irlandais s'assit pour tenter de reprendre ses esprits et après avoir frotté à plusieurs reprises son visage plein de sueurs, il trouva la force de se lever. Son cœur battait encore la chamade et ses deux mains, visiblement en manque de quelque chose, commencèrent à trembler.

« C’est toujours difficile d’accepter ses défauts, plus encore lorsqu’on parle d’addiction. Mon cœur bat promptement, j’essaye d’avaler ma salive, mais rien n’y fait, ma gorge demeure aussi sèche que du papier de verre. Cette nuit comme les précédentes, je n’ai pas fermé l’œil. Le mois de septembre est devenu funeste, alors qu’il aurait Dû être festif. Mon cœur bat encore trop vite, car le regard des gamins ne cesse de me hanter. Les événements demeurent trop récents pour que je parvienne à vivre presque « normalement » d’ailleurs y arriverais-je à nouveau ? »

Il souffla et agita ses mains telles deux poupées de chiffon assujetti à la volonté du marionnettiste. Rien n'y faisait, les tremblements perduraient. Le demi-dieu se rua donc sur ses placards qu'il ouvrit un à un, puis vint le tour du frigo et des placards. Rien, rien, rien ! Pas la moindre bouteille, pas de whisky, pas de bière, pas même le plus doux des alcools. « MERDE » dit-il en se prenant la tête. Puis se fut en tour de Tam de hanter ses pensées. Il ne lui avait plus donné de nouvelles depuis leur retrouvaille et nul doute qu'à présent, la jeune femme était retombée dans ses travers rancuniers et qu'elle était tout à fait en droit de haïr celui qui lui avait portant fait la promesse de ne plus l'abandonner. Son portable n'était d'ailleurs qu'à quelques pas, il lui suffisait d'envoyer un sms, rien de plus, une démarche logiquement simple. Il se contenterait d'un « salut ! Désolé d'avoir fait le mort » omettant délibérément de lui faire savoir qu'il frôlait dangereusement la dépression et qu'il ne cessait de boire à tel point qu'à présent, c'était un besoin, bien plus qu'une envie. C'est d'ailleurs ce besoin inassouvi qui se manifestait par le biais de ces tremblements manuels. La solution était-elle donc aussi simple ? Le fils de Mars ne préférait pas, au vu de son état, tergiversait sur un raisonnement qu'il était incapable de tenir de toute évidence. Alors sans attendre, il enfila sa veste, noua ses baskets et quitta son appartement pour rejoindre le centre-ville.

Ce soir serait un soir comme les autres, à savoir une effroyable beuverie dans laquelle il se noiera sans modération. Ce soir, à n'en pas douter, il entrera à l'intérieur de n'importe quel pub et commandera, pour commencer, une chope de bière, puis une fois chauffé, dans le meilleur des cas et parce qu'on ne fait pas impasse sur ses origines, il s'enfilera plusieurs verres de whisky pour tenter, en vain de tarir sa soif. Et c'est bien ce qu'il a fait. Sans attendre, il a franchi l'entrée d'un pub, il était environ 19 H. Les mains tremblantes et après une légère hésitation, il a franchi le pas et au moins de deux, il s'est retrouvé assis sur un tabouret plus ou moins inconfortable, près de l'imposant bar en bois laqué. L'envie d'une boisson résonna dans la tête d'Haytham, tel l'appel du clairon.  Le barman, flairant le client, se présenta au demi-dieu qui commanda une bière qui arriva presque aussitôt dans sa main. Lorsqu'il eut atteint les deux bières et les trois verres de Whisky double pour le premier, il commanda ce qui semblait être un dernier verre puis l'avala instantanément se promettant encore une fois d'en commander un dernier sous le regard amusé du barman qui acceptait sans hésitation de l'abreuver une fois encore de quelques degrés d'alcool. Et il en fallait beaucoup pour commencer à titiller le demi-dieu qui même après quatre bières, quatre whiskys et deux shooter, était encore extrêmement lucide.

« -Aller tiens on va prendre un nouveau carburant l'ami. Sers-moi de la vodka »
lança-t-il presque gaiement.  A quelques tables de là, un groupe peu commande de visue, observait l'Irlandais se torcher la gueule. L'un des deux hommes chercha à avoir confirmation auprès de son camarade. Un homme que nous avions déjà eu l'occasion de croiser quelques semaines auparavant dans le ring improvisé d'une ancienne usine devenue le temps du Freefight. Il portait le rouge comme personne et s'abreuvait lui aussi de vodka. Son accent éludait quant à lui tous les doutes que l'on pouvait avoir à propos de la nationalité de cet homme. « -Oui c'est lui ! C'est le fils de pute qui m'a ridiculisé » Trois russes solidement armé c'est du costaud. Mais optimiste que nous sommes, nous nous mettons du côté de ce cher Haytham. Il est évident que le fils de Mars ne ferait qu'une seule bouchée de ces trois-là. Oui, sauf que l'Irlandais est totalement ivre quand il quitte le bar et que les trois ruscoff sont solidement, très solidement armé.
*
H- Quelques heures avant les retrouvailles « houleuses »

« -C'est un miracle que vous soyez encore en vie Mr Cassidy. » Haytham arborait un joli œil au beurre noir, sa lèvre inférieure était fêlée, ça n'était pourtant que la partie immergée de l'iceberg. Le reste de son corps était couvert d'ecchymoses et son abdomen fraîchement recouvert portait le stigmate d'une profonde entaille. L'infirmière releva les constances et observa son patient visiblement surprise qu'il ait récupéré aussi vite alors que 24 h auparavant il était dans le coma.

« - Je suis le digne fils de mon père, ne cherchez pas. Il faut que je sorte maintenant. C'était sympa, mais mon lit me manque et votre bouffe est horrible »

« -Il est hors de question qu'on vous laisse partir. Vous avez frôlé la Mort bon sang ! »

« -C'est presque routinier pour moi ! »
 L'infirmière tourna les talons n'omettant pas de menacer du regard son patient, s'il tentait quoique ce soit... « Parle à mon cul ma tête est malade »  Et sans surprise, le fils de Mars quitta sa chambre. Il récupéra ses affaires, vola une blouse de médecin histoire de n'éveiller aucun soupçon. Puis il s'enfonça dans l'ascenseur, vola une voiture dans le parking et prit la route. Arrivé en bas de son immeuble, il se traîna non sans difficulté jusqu'à l'ascenseur priant pour que cette fois il fonctionne et ne n'oblige pas à rester sur le carreau.  

« -Home sweet home »




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COLONEL BADASS
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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Ven 29 Avr - 22:04

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA




Il est des sentiments qui font agir et réagir de manière démesurée, et surtout qui créent une sorte d’acharnement disproportionné. La peur et l’inquiétude qui découlent de l’Amour en font partie. Sans nouvelles de l’être qui compte le plus à vos yeux, et apprenant que sa vie a été rudement menacée, ne seriez-vous pas prêt à poursuivre la seule personne détenant les renseignements et gravir des montagnes infranchissables si cela vous permettait d’obtenir des réponses et savoir si oui ou non cette personne tant aimée a survécu et si elle va bien ?
Après avoir aidé Marvin dans son rapport sur cette périlleuse mission d’attaque du camp des demi-dieux, Tamara avait appris par son cher collègue qu’Haytham était sur place. Hay, dont elle n’avait plus eu de nouvelles depuis des semaines. Son sang ne fit qu’un tour lorsque l’informaticien lui annonça que le fils de Mars était au camp, qu’il avait affronté une hydre et qu’il n’avait aucune idée de s’il avait survécu ou non. Juste avant, le geek avait aussi précisé qu’un dénommé Azazel Victoria, qui n’était autre que son « neveu de cœur », était aussi sur place et qu’il avait découvert qu’il s’agissait d’un demi-dieu. Décidément, que de révélations ! Ni une ni deux, Tam effectua quelques recherches, non sans avoir éhontément manipulé le blondinet pour le virer de son bureau le temps de fouiner,  pour trouver l’adresse de ce gamin qui, assurément, pourrait lui donner des nouvelles d’Haytham. Aussitôt les réponses trouvées, l’agent de terrain se rendit à l’adresse new-yorkaise des Victoria, espérant voir sortir le gamin.

Par chance, si l’on puit dire en connaissant la suite de cette mésaventure, l’attente n’excéda pas deux heures environ. A partir de là, les événements s’enchainèrent sans que l’agent Lond ne maîtrise quoi que ce soit. Alors qu’elle ne voulait que lui poser une simple question, le gamin prit peur –pouvait-on lui en vouloir après le terrible drame qu’il avait vécu- et prit la fuite. C’était sans compter sur le caractère obstiné de la jeune femme qui, en proie à une violente inquiétude quant à la vie de son irlandais, était encore plus déterminée à attraper le demi-dieu. Une course-poursuite effrénée s’entama, les menant à Central Park, où le jeune homme décida d’user de ses pouvoirs pour se sortir de ce mauvais pas. Il il ne l’avait pas loupée, Tam présentait désormais des brûlures au premier degré sur une bonne partie du corps, ses vêtements étaient bien abîmé ayant légèrement brûlé par endroits, sans parler de ses cheveux dont une mèche sur le côté avait carrément cramé sur la moitié de la longueur. Mais avec l’adrénaline, sur le moment elle n’avait pas senti grand-chose, à part peut-être une légère odeur de carbonisé.

Ce fut lorsqu’Azazel se remit à courir comme un dératé, après que l’agent Lond l’ait désarmé de sa torche dévastatrice en lui tordant le poignet, que le drame se produisit. La nouvelle course-poursuite les ramena en ville, dans les dédales des rues perpendiculaires à la cinquième avenue. Alors que l’agent de terrain interpelait une énième fois sa proie pour la sommer de s’arrêter, celui-ci s’empressa de traverser la rie, faisant fi de tout ce qui l’entourait. La fatalité se chargea du reste : un bus lancé à vive allure le percuta de plein fouet, le propulsant à plusieurs mètres sur la chaussée sous le regard impuissant de Tamara.

L’image de ce gamin agonisant, dont elle avait pris la main, en voyant qu’il n’y avait plus rien à faire, pour l’accompagner dans son dernier souffle, ne cessait de hanter ses pensées. Il s’ajouterait sans doute au visage de la fillette qu’elle avait tuée lors de la première attaque d’un camp de demi-dieux un an auparavant, lorsqu’enfin elle trouverait le sommeil. Ce n’était donc pas près d’arriver.
Il fallait l’annoncer à Marvin avant que quelqu’un d’autre ne le fasse, avant qu’il n’apprenne le lendemain au travail qu’un corps de demi-dieu avait été ramené grâce à l’agent Lond. « Grâce à », cette expression lui fit soudain horreur.

Voilà à présent un bon quart d’heure que Tam était garée dans la rue en bas de chez l’agent Knight, les mains toujours posées sur le volant, le regard perdu dans le vague. Jamais ô grand jamais elle ne se serait dit qu’un jour elle aurait eu peur d’affronter le regard de Marvin. Ses yeux se posèrent finalement sur ses mains grossièrement essuyées avant de prendre la route. Le sang du jeune demi-dieu les maculait encore par endroits et s’était incrusté sous ses ongles. Elle replia brusquement les doigts pour soustraire cette vision à sa vue, avant d’attraper le chiffon qui servait originellement à dépoussiérer le tableau de bord, et tenta machinalement dans des mouvements frénétiques de parfaire le nettoyage de ses mains. L’heure tournait, l’agent de liaison avait surement fini sa journée et devait être chez lui depuis un moment, et Tam se mettait à sa place : en pareil cas, elle n’aurait pas voulu qu’on attende pour l’informer. Elle n’avait d’ailleurs pas apprécié que le blondinet ait tant attendu pour lui faire part de la présence de l’irlandais lors de l’attaque.

Elle prit son courage à deux mains, après avoir balancé le chiffon à l’arrière, et sortit de sa voiture pour se rendre dans l’immeuble. Treize étages la séparaient désormais de la terrible annonce qu’elle allait devoir faire. En posant les yeux sur l’ascenseur, elle repensa qu’elle l’avait pris quelques semaines auparavant avec Haytham, son cher et précieux « Penseur ». Bouleversée par cette image, elle décida de prendre l’escalier, ce qui serait certes plus long, mais ça lui permettrait de réfléchir à quoi dire, sans être parasitée par le souvenir d’Hay.

-Premier étage- N’empêche qu’avec tout ça, elle n’avait toujours pas sa réponse. Le fils de Mars était-il toujours en vie ?
-Second étage-  Si Azazel avait eu si peur et n’avait pas répondu, c’était peut-être que l’irlandais était mort.
-Troisième étage-  Que dire à Marvin ? Par quoi commencer quand on sait qu’on va gâcher la vie de quelqu’un ?
-Quatrième étage-  « Agent Knight… Marvin… J’ai une mauvaise nouvelle ». Non, c’est débile.
-Cinquième étage-  « Je suis désolée pour ce qui va suivre… » Non, sérieux ?
-Sixième étage-  « Marvin, ne m’en veuillez pas… »
-Septième étage-  « C’est vraiment terrible, sachez que je n’ai pas voulu ce qui est arrivé… »
-Huitième étage- « Je vous adresse mes plus sincères condoléances »
-Neuvième étage-  « Je peux imaginer le chagrin qui est le vôtre… »
-Dixième étage- « S’il y a quoi que ce soit que je puisse faire » … pfff il va me dire de sauter par la fenêtre !
-Onzième étage- Bordel, c’est de pire en pire !
-Douzième étage-  Putain mais comment on annonce un truc pareil ?!
-Treizième étage- Oh non… on y est…

A peine essoufflée par cette ascension pleine de réflexions, Tam ouvrit la porte pour se retrouver dans le couloir. Apparemment, le destin avait décidé qu’en cette journée, elle ne serait pas au bout de ses surprises. Alors que la porte de l’escalier se refermait lentement dans un grincement indiquant que rares étaient les habitants qui empruntaient ce passage, la petite brune était bouche bée et yeux écarquillés devant la personne qui se présentait à son champ de vision, quelques mètres à peine devant elle. Etait-il possible qu’elle ait des hallucinations ? Avec tout ce qui s’était produit dans la journée et le poids de toutes les émotions en découlant et qu’elle refoulait, comme toujours, cela n’aurait eu d’étonnant. Sentant une faiblesse dans ses jambes après le choc d’avoir presque vu un fantôme, l’agent de terrain laissait nonchalamment son corps basculer contre le mur. Lorsque son épaule le heurta au ralenti, la douleur de sa peau brûlée sous ses vêtements appuyés contre le béton lui fit comme un électrochoc, et elle réalisa qu’elle n’était pas en train de rêver. Il était bel et bien là, Haytham Cassidy, son « Penseur », l’être à qui elle tenait le plus au monde et qu’elle avait cru mort. Non, il était en vie ! Un sentiment incontrôlable de bonheur l’assaillit, et en moins d’une seconde, elle l’avait rejoint, se jetant dans ses bras, des larmes menaçant de dévaler ses joues. Elle le serra contre elle, faisant fi de la douleur s’apparentant à celle d’un énorme coup de soleil entrainée par ce contact. Après quelques secondes d’une étreinte qu’elle n’avait plus osé espérer, le cœur battant promptement, elle se détacha lentement de lui pour l’observer. Il avait un œil au beurre noir, la lèvre inférieure fendue, des ecchymoses…

-Haytham, c’est toi… Je… je te croyais mort. Que t’est-il arrivé ? C’est à cause de l’hydre ?? demanda-t-elle, oubliant qu’elle-même était en piteux état.

Puis, se rappelant soudain la raison de sa venue ici, elle le poussa violemment, l’émotion la submergeant.

-Espèce de crétin, pourquoi tu m’as pas dit que t’étais en vie ?! Je… j’ai… Merde, il est mort pour rien ! Et qu’est-ce que tu fous là ? Tu préfères aller voir Marvin plutôt que moi ?

Tout se mélangeait aussi bien dans sa tête que dans ses paroles, Tam était bouleversée et ne maîtrisait plus rien, ce qui était bien le signe que ça n’allait pas. La panique s’empara d’elle, elle posa une main sur son visage en reculant de quelques pas, alors que des perles d’eau salée s’échappaient de ses yeux.

-Qu’est-ce que j’ai fait ? … il est mort par ma faute… et pour rien… vraiment pour rien… t’étais là… murmura-t-elle pour elle-même. Comment je vais annoncer ça à Marvin ? Oh pauvre Marvin…

Les larmes dévalaient ses joues de manière totalement incontrôlable, et si elle se sentait mal, vraiment très mal, elle n’osait imaginer l’était de Knight lorsqu’elle lui aurait annoncé la nouvelle. Tamara était loin d’être accoutumée à ressentir un tel état de culpabilité envers ses collègues. Elle ne l’éprouvait que par rapport à cette défunte fillette, mais maintenant, il y avait Azazel Victoria, et Marvin Knight, d’autres innocents dont elle avait gâché la vie. L’informaticien serait dévasté, c’était certain, il voudrait surement la tuer, l’étrangler avec le câble de sa souris d’ordinateur ou autre…

Dans les moments de stress intense qu’elle avait connus étant enfant, qui avait été son soutien, son pilier ? Haytham Cassidy. Tam leva son regard embrumé de larmes vers son « Penseur ».

-Hay, il faut que tu m’aides, dit-elle d’une petite voix étranglée.

La dernière fois qu’elle avait prononcé cette phrase, elle avait sept ou huit ans, et avait brisé par accident un vase en verre de Murano que Mr Lond avait ramené à son épouse bien des années avant la naissance de leur fille, et auquel la mère de Tam tenait plus qu’à tout autre objet. La fillette s’était trouvée dans une angoisse extrême, sachant par avance la peine qu’aurait sa maman en constatant les dégâts irréparables.
Depuis, la jeune femme n’avait jamais plus sollicité l’aide de qui que ce soit, c’est dire l’état de détresse dans lequel elle se trouvait.

 




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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Ven 6 Mai - 23:46

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA



Il était une fois… et ils vécurent heureux. On connaît tous la formule… C’est de la connerie, les contes de fées ne sont que des contes de fées qui jamais ne deviennent réels. La réalité est houleuse, plus sombre, plus incertaine, plus effrayante. Malgré tout, surement parce que nous sommes tous un peu sado, nul ne doute que si nous pouvions avoir le choix, nous opterions pour la réalité, car de vous à moi, c’est plus existant que de vivre heureux jusqu’à la fin de ces jours… Dixit celui qui avait tout pour être heureux, enfin presque si on retire quelques petits détails de l’histoire… Je sais que j’ai pris bon nombre de mauvaises décisions et j’en paye chaque jour les pots cassés… Et puis merde, c’est comme ça ! À quoi bon espérer, quand vous n’avez plus rien à quoi vous rattachez ?

Le pas incertain, au vu des multiples blessures que son corps portait à présent comme un fardeau, Hay avança incertain jusqu’à l’ascenseur. Une fois à l’intérieur, il pria une divinité quelconque de lui offrir bonne fortune, lui épargnant ainsi la montée des marches. D’ordinaire, il accepté volontiers de les gravir une à une au nom de son entretien physique. Cette fois ce même corps qu’il se plaisait à entretenir lui faisait savoir qu’il n’était pas d’avis à se livrer à un tel effort. Main sur la hanche, il pénétra donc l’ascenseur, pianota sur le clavier le numéro de son étage et attendit quelques secondes, juste le temps de s’appuyer contre la paroi pour amoindrir toute la douleur qui tiraillait présentement l’ensemble de son corps. La mâchoire serrée, il regrettait de ne pas avoir dévalisé les réserves médicamenteuses de l’hôpital avant d’avoir mis les voiles. « Crétin » osa-t-il dire à haute voix. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent alors sur le dernier étage de l’immeuble. À peine eut-il poussé les lourdes portes de la cabine, que les lumières automatiques éclairèrent le couloir, lui conférant cette ambiance tamisée qui plaisait tant à Haytham. La démarche toujours incertaine, il traîna pas le pas pour rejoindre le fond du couloir. Au préalable, il fouilla dans ses poches pour en sortir son trousseau de clés. Un pas supplémentaire, un soupir, une porte qui grince, Hay se retourna aussitôt et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant l’identité du nouveau… de la nouvelle visiteur(e)

« -Tamara » dit-il dans un souffle. La demoiselle semblait bien mal en point, ses jambes peinaient à la porter, et dans une dernière tentative, elle essaya de se soustraire à cet état de faiblesse avancée. Hay la regarda avec tristesse et accepta sans hésitation l’étreinte. La jeune femme se jeta à corps perdu dans les bras de son Penseur. Hay ferma les yeux et fit en sorte d'oublier toutes ses douleurs pour savourer sans modération ce contact qui lui avait tant manqué. Une foule de souvenirs l’assaillie alors, de la première rencontre aux dernières retrouvailles. Le cœur de Tam tambourinait sa poitrine avec ardeur, celui de Haytham lui-même émettait quelques palpitations. Si seulement ce moment s’était ancré dans une éternité indélébile, si seulement le temps avait consenti à s’arrêter, si seulement...


L’agent Lond fut la première à émerger et brisa ce chaleureux contact au grand dam du demi-dieu qui en demandait plus. La douleur refit surface, presque aussi intense que l’émotion commune mise en exergue par leur regard d'enfants qu'ils n'étaient plus. « - Tam… Je suis désolé » furent ses premiers mots. D’ailleurs sur l’instant, il était incapable de plus. Son regard se posa sur le visage à présent imparfait de la belle et sur la multitude de blessures qu’elle laissait entrevoir. L’inquiétude le submergea tandis que Tamara reprenait du poil de la bête. Sans modération, elle poussa son ami, qui serra la mâchoire pour contenir ses maux. Il ne pouvait la blâmer de réagir de la sorte, du moins c’est ce qu’il pensait avant qu’elle n’évoque la mort inutile de ce « il » dont l’Irlandais n’avait pas connaissance. Passé cette évocation, Hay cessa de regarder son amie avec tristesse, il avala bruyamment sa salive avant de lancer froidement.

« - Pour ta gouverne je vis ici. Qui est mort pour rien ? Réponds ! » Le Haytham de leur précédente retrouvaille semblait bien loin, tellement que son existence pouvait être contestée ! Ces derniers jours furent rudes pour le demi-dieu qui avait assisté à la seconde attaque. Engagé, il avait aidé à ramasser les cadavres pour ensuite contribuer à leur offrir une sépulture décente. Beaucoup de jeunes gens avaient péri et parmi eux se trouvaient quelques enfants à peine en âge de se défendre. Le fils de Mars repensait sans cesse à ce petit garçon qu’il n’avait pu sauver. Il se revoyait encore près de son petit cadavre gisant à terre dans une mare de sang. Plus rien n’avait de sens à présent, pas même ces nouvelles retrouvailles. « - De quoi tu parles ? Qui est mort ? » Puis l’évocation de Marvin le ramena à la réalité et lui permit d’éluder toutes ses questions. Atterré, il regarda Tamara et fit un pas en arrière pour mettre un terme à leur proximité. « - Non… Non ! Pitié ne me dis pas que… » Aussitôt, il repensa au jeune homme qu’il avait rencontré lors de la fête donnée en honneur de Dionysos. À ce même gamin qui n’avait pas hésité à attirer l’hydre pour épargner des vies. Azael, voilà que son prénom résonnait à nouveau en lui. Le demi-dieu fit un autre pas pour s’éloigner encore plus de Tamara ignorant les larmes qui dévalaient sur ses joies. « - Qu’est-ce que tu as fait à ce gamin ? » Telle était la seule interrogation qui méritait d’être éludée aux yeux du demi-dieu qui n’osait même plus regarder son amie d’enfance droit dans les yeux à présent. « -Tamara, je t'en prie, ne me dit pas que tu l'as tué ? Laisse-moi encore croire qu'il y a de l'espoir dans ce monde. S’il te plaît ! »









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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Sam 7 Mai - 20:48

Quand retrouvailles
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▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA




Vous croyez au Destin ? Cette sorte de Force invisible qui fait se produire des choses,  nous en impose d’autres sans que nos actions puissent y faire quoi que ce soit ? Depuis de nombreuses années, cet enfoiré de Destin semblait se plaire à jouer des tours à Tamara Lond. Sans revenir sur un passé douloureux, à présent qu’elle avait retrouvé son ami d’enfance qu’elle aimait tant, et à qui elle en avait tant voulu, il lui avait semblé que tout ne pourrait qu’aller mieux dans sa vie. Quelle faiblesse que d’y avoir cru ! Comment avait-elle pu penser qu’enfin elle aurait droit à un bonheur que pendant longtemps elle n’avait plus espéré ?
Pourtant, cette étreinte spontanée avec Haytham y ressemblait, c’était si bon d’être contre lui, sentir la chaleur de ses bras, et le savoir vivant surtout, après les doutes à ce propos qui avaient assailli l’esprit de Tam. Ses émotions étaient sens dessus dessous, tout allait si vite à présent dans sa tête. Passé cet instant de soulagement en voyant son « Penseur » bel et bien en vie, et non le simple produit de son imagination, la jeune femme l’avait violemment repoussé, l’image d’Azazel rendant son dernier souffle hantant désormais son esprit. Hay était désolé ? Ah oui, il pouvait l’être !

-T’es désolé ? répéta-t-elle, prise d’un rire nerveux de quelques secondes. Putain Haytham ! Pourquoi, pourquoi tu fais ça, pourquoi t’as fait ça, encore ?!

Elle positionna ses mains de part de d’autre de ses tempes, les battements de son cœur étaient si violents qu’un mal de tête était en train de pointer le bout de son nez. Mais l’odeur du sang encore présente sur ses mains l’empêcha de garder cette position bien longtemps. Machinalement, elle regarda ses paumes, dont la plupart des traces d’hémoglobine avaient disparu. Hay déclara alors habiter ici. Les yeux sombres de Tam se posèrent à nouveau sur l’irlandais.

-Quoi ? Tu habites ici, au même endroit que Knight ? Et au même étage en plus ? Bordel tu comptais me le dire un jour ?! Ou bien ça fait partie des trucs que tu me dis pas alors que tu as toi-même souhaité que l’on se parle franchement, comme avant ?

De rage, elle fit mine de mettre un coup de poing dans le mur mais se ravisa à quelques centimètres de celui-ci, à la fois parce qu’elle ne voulait pas faire de bruit pour alarmer Marvin, n’étant pas encore prête pour ce qu’elle avait à lui dire, et d’autre part pour éviter d’ajouter d’avantage aux douleurs physiques qu’elle endurait péniblement.  Mâchoire serrée, elle se rappela la question du fils de Mars, qu’il réitéra d’ailleurs. Qui était mort ? C’était justement là tout le problème. Elle qui avait implicitement renoncé à tuer des demi-dieux depuis ses retrouvailles avec l’irlandais, elle avait failli à cette décision, et sans le vouloir. Les larmes coulaient de long de ses joues sans qu’elle n’y puisse rien faire, d’ailleurs elle ne s’en rendait quasiment pas compte. La sensation de mouillé sur sa joue gauche qui avait chauffé considérablement à cause des attaques du petit Victoria. Ce qui était encore plus douloureux, c’était de penser que ce jeune homme avait perdu la vie de la manière la plus stupide qui soit. Et ce qui était plus difficile encore, c’était de voir le regard d’Haytham changer envers elle. S’il avait été d’abord empreint de tristesse, il était désormais froid. Le bel irlandais avait d’ailleurs reculé d’un pas. Instinctivement, l’agent de terrain lança un regard vers la porte d’entrée de l’appartement de son collègue qui se trouvait à une petite dizaine de mètres. Peu de chance qu’il les entende, et c’était tant mieux. Son regard embrumé de larmes de posa à nouveau sur le demi-dieu qui alors lui demandait d’un ton plein  de reproches ce qu’elle avait fait à ce gamin. Elle se mordit la lèvre quelques secondes, cherchant par où commencer, avant d’enfin trouver le courage de parler, voyant qu’Haytham commençait vraiment à avoir des doutes sur la bonne foi de son amie. Le cœur battant à tout rompre, Tamara parla aussi vite qu’une mitraillette distribuait des salves de balles.

-Rien ! Je … Marvin m’a dit t’avait vu là-bas, il m’a parlé de l’hydre, il ne savait pas si tu avais survécu ! Imagine dans quel état j’étais en apprenant ça ! Il m’a parlé de son neveu qui était là aussi, je me suis dit qu’il pourrait me dire si tu t’en étais tiré ! Et quand j’ai voulu lui parler, il s’est barré, il s’est mis à courir comme un dératé, alors que je l’ai suivi, et.. et puis quand il a vu que je le rattrapais un peu trop facilement, il s’est arrêté et m’a attaquée. Quand je l’ai désarmé, il s’est remis à courir, et puis, et … et y avait du monde et il ne faisait pas attention, je l’avais presque rattrapé, mais il a traversé et puis ce bus est arrivé de nulle part et l’a percuté, et …

Elle peinait à reprendre sa respiration, ses mots sortaient aussi vite que ses larmes coulaient.

-Il était là, au sol, il y avait du sang partout, il avait la cage thoracique enfoncée, y avait plus rien à faire Hay, j’ai essayé d’empêcher l’hémorragie mais c’était trop tard, sa vie s’échappait… il est mort devant moi, entre mes mains, juste parce que je voulais savoir si tu étais en vie…

A présent elle tremblait de partout et fondit en larmes comme jamais encore elle n’avait pleuré. Si elle s’était vue ainsi quelques mois auparavant, elle se serait sans doute mis une grosse gifle à elle-même, elle qui avait décidé de ne plus jamais pleuré. Là, on pouvait dire qu’elle rattrapait vingt-sept ans de larmes d’émotions. Qu’allait penser Haytham ? Allait-il l’accuser d’avoir fait n’importe quoi, appuyer son sentiment de culpabilité en lui disant qu’elle aurait mieux fait d’attendre, que tôt ou tard il aurait bien donné signe de vie ? C’était ce que commençait à se dire Tam. Si elle avait su… jamais elle n’aurait à ce point insisté. Mais le point était là : elle ne savait pas, une heure auparavant, que le fils de Mars était toujours en vie. Cela aurait évité bien des drames.

-Je suis tellement désolée, si j’avais su… Oh non, pourquoi j’ai fait ça ? C’est pas possible…

Elle n’osait plus le regarder dans les yeux, à présent, son regard fixait le sol, ses mains tremblaient. Si le regard d’Haytham était difficile à affronter, celui de Marvin le serait d’autant plus que lui, il avait pour le coup réellement perdu une personne qu’il aimait.

 




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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Ven 13 Mai - 22:44

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
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« -Oui je suis désolé » rétorqua-t'il avec froideur sans se soucier de l'état de son amie d'enfance. « -Tu veux aussi que je signe une charte de bonne conduite ? Je suis désolé d'avoir une vie Tamara. » Il se fichait pas mal de ses états d'âme et ne jugeait pas utile de prendre des pincettes. Encore soumis à une douleur lancinante, il n'avait pas les idées claires et le manque de médicaments pour apaiser ses maux n'avait de cesse d'accroître son agressivité. Les Russes visiblement enclins à la rancune facile, n'y étaient pas aller de mains mortes avec lui, secondés par dieu sait quelle aide divinatoire et armés comme il faut, les buveurs de vodka, au nombre de quatre, s'étaient au préalable mit d'accord sur les coups à donner et sur l'ordre à respecter, fidèles à l'organisation méthodique des espions russes sous l'égide de la Guerre Froide. Pas sûr, au vu de leur manque de culture (flagrant) qu'ils puissent appréhender la référence.


***************** (parce que j’adore les flashback) ******************

L'ivrogne d'un jour qui tendait à s'ancrer dans la quotidienneté d'un alcoolique (qu'il refusait d'être) avançait donc d'un pas hésitant vers l'extérieur de ce bar qu'il avait squatté deux petites heures. Une temporalité relative au vu du nombre de verres ingurgités. Un quota visiblement pas atteint puisque le demi-dieu désireux de s'enivrer jusqu'à pas d'heure mettait à présent les voiles vers un autre établissement. Un quota visiblement pas atteint puisque le demi-dieu désireux de s'enivrer jusqu'à pas d'heure mettait à présent les voiles vers un autre établissement. Le meneur de cette troupe d'hypothétique hyène en manque de sensation, n'était autre que le dit « Ruscoff » qui avait mordu la poussière face au demi-dieu. Une défaite qui au vu de son statut « officiel » de combattant sonnait le glas d'une crédibilité qu'il se devait d'acquérir à nouveau au risque de passé pour une baltringue aux yeux des autres professionnels de son cercle de combattant.


L’hyène fait partie de la famille des hyénidés, c'est un carnivore terrestre, mais ce que l'on retient avant de cet animal peu sympathique, c'est son cri semblable à un rire désagréable, presque autant que celui du Nain Tracassin que les fins connaisseurs nommeront Rumpelstiltskin. Ce rire désagréable est le signe annonciateur d'une découverte de nourriture. Les hyènes aiment aussi attaquer en meute l'animal le plus faible d'un troupeau. À des savoir pourquoi elles procèdent de la sorte. Peut-être que la bassesse est inscrite dans leurs gênes. Une chose est sûre, nos hyènes russes ne dérogent pas à la règle. Elles omettent cependant le vilain rire histoire de ne pas être trop rapidement repérées. Pernicieuses à souhait, elles ont jeté leur dévolu sur une âme en perdition qui malgré le caractère « exceptionnel » de son être, ne pourra se défendre convenablement et ce même avec les antécédents qu'on lui connaît.


« -Hey » l’hyène en chef venait de pousser son premier ricanement et certainement pas le dernier. Dans une synchronisation frisant le ridicule, les trois apôtres se prêtèrent au jeu du mimétisme et adoptèrent la même position que leur chef de file. Haytham se retourna lentement afin de faire face à ce nouvel interlocuteur qui n'en était pas un. « -Toi ! » se contenta-t-il de lancer en pointant du doigt l'objet de toutes ses attentions. Malgré l'ivresse, malgré les sens endoloris, l'Irlandais d'origine parvint à reconnaître sans mal celui qu'il avait battu à pleine couture quelques semaines auparavant. « -Nous avons quelque chose à régler toi et moi il me semble. » La tête d'Haytham tournait légèrement et ses joues échaudées par le trop plein d'alcool, lui conférait un trop-plein de chaleur désagréable. Par chance, les éléments peu déchaînés ce soir, mais enclins à un peu de clémence, permirent au demi-dieu de reprendre un peu de contenance. En effet les quelques gouttes de pluie froide qui s'écoulèrent sur son visage, le sortir peu à peu d'un état presque léthargique pour un type de son acabit. « -J'ai réglé tout ce qui était à régler en te bottant le cul. » L'on ne peut reprocher à Haytham Cassidy son manque d'audace, mais l'on ne peut encourager cette provocation somme toute inutile, puisqu'il est en position de faiblesse. Bien-sûr nous sommes tentés d'imaginer, au vu des capacités du demi-dieu, que venir à bout de ces quatre humains, serait une formalité Mais il ne faut pas omettre qu’il a bu, beaucoup, voire trop pour parvenir à se défendre correctement. Ça c’est l’excuse officielle, entre nous l’officieuse est moins plaisante.


« -Tu veux nous botter le cul vraiment ? Toi tout seul ? » demande le meneur qui après un éclat de rire, lança les hostilités en envoyant son poing dans l'estomac du demi-dieu qui malgré le choc, n'avait presque rien sentit « -C'est tout ? » dit-il arborant un petit sourire. Le champion vaincu réitéra son coup secondé par ses complices. Haytham encaissa chaque coup et n'en rendit aucun, un comble pour le fils du Dieu de la Guerre. Cette pathétique scène put atteindre son apogée, lorsque l'un des russes sortit un couteau pour le planter dans le corps endolori de l'Irlandais qui s'écroula et perdit connaissance. Le croyant mort, les quatre compères prirent la fuite sans un regard sur leur victime qui gisait au sol sans avoir donné le moindre coup.


****************************************************

Le cœur de Tamara avait débuté une course folle, Haytham parvenait à percevoir chaque battement, chaque tremblement, rien ne lui échappé, pas même la lèvre inférieure de la jeune femme qui elle aussi était soumise à quelques tremblements. La belle plaça ses deux mains ensanglantées sur ses tempes, l'odeur du sang remonta jusqu'aux narines du demi-dieu qui détourna le regard par réflexe, mais c'était sans compter sur Tamara qui n'était pas prête à lâcher l'affaire aussi facilement de toute évidence. « -Oui j'habite ici, au même endroit que ton collègue Knight ! Et puis merde, je n'ai pas l'obligation de tout te dire. » Il dut réprimer son semblant de colère, ses côtes douloureuses le rappelant à l'ordre une fois encore. Puis la réalité aussi brute que désagréable à entendre, le ramena sur terre. La colère n'avait plus lieu d'être à présent. Les larmes qui coulaient sur les joues de la belle brune adoucirent les traits austères du visage de notre Marsien qui s'approcha avec précaution laissant la parole à son amie qui consentit enfin à répondre enfin à ses multiples questions. Tamara en état de faiblesse enchaîna les explications en discontinue. Elle allait vite, bien trop pour que son ami d'enfance ne comprenne tout du premier coup.

« -Tam » dit-il presque dans un murmure avant de continuer à s'approcher pour passer délicatement ses bras autour d'elle. « -Calme-toi ! Respire ! » Les informations remontaient progressivement jusqu'au cerveau de l'Irlandais qui s'en voulait d'avoir été aussi froid. Il se détacha de la miss et posa une main sur sa joue essuyant au passage les quelques larmes qui continuaient à perler sur son doux visage. « -Pardon.. *baisse la tête* C'est de ma faute. J'aurai dû t'appeler, t'envoyer un message, te dire que tout allait bien. Te dire tout simplement que j'étais en vie. Ne t'en veux pas… c'était un accident. » Il posa deux doigts sur son menton et le redressa pour avoir l'espoir de croiser à nouveau son regard. Puis il déposa un baiser sur son front « -Si j'avais ce pouvoir, je guérirais toutes tes blessures. Mais je ne peux pas malheureusement, tout comme il est impossible de revenir en arrière. Je vais aller parler à Marvin si tu veux. C'est de ma faute, il faut que je l'assume, que je le lui dise, je lui dois bien ça… »





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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Dim 15 Mai - 14:19

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA




La froide distance d'Haytham ainsi que les réponses cinglantes qu'il lui rétorquait faisaient plus mal encore que les blessures que Tam s'était vue infliger par le "neveu" de Marvin, et l'impression soudaine que leur amitié n'avait jamais compté était pire que tout. Où était passé le "Penseur" retrouvé quelques semaines auparavant?
Il n'avait pas l'obligation de tout lui dire, c'était vrai, néanmoins n'avait-il pas lui-même sous-entendu lors de leurs retrouvailles, comme un accord silencieux entendu, qu'ils ne se cacheraient plus rien? Et préciser un détail aussi peu anodin que celui d'etre le voisin de palier du collègue de Tam faisait partie des choses qu'elle aurait aimé ne pas découvrir ainsi...

Puis l'agent de terrain se lança dans les explications du pourquoi du comment, avec un débit de paroles aussi incontrôlable que les battements de son coeur. Et comme par miracle, l'irlandais était redevenu cet ami doux, prévenant, concerné. Il murmura son prénom, et comme si sa voix avait eu des propriétés magiques apaisantes, la jeune femme commençait à reprendre doucement son soufle. Si les bras que le demi-dieu passait gentiment autour de son amie réveillèrent chez elle quelques douleurs dues aux brûlures présentes un peu partout sur son corps, cette étreinte lui mit malgré tout du baume au coeur. Lorsqu'enfin il l'incita à le regarder dans les yeux, essuyant au passage quelques larmes qui avaient chauffé au contact de sa peau, Tamara en avait la conviction, Hay était bien là, il ne lui en voulait plus, il comprenait. Rassurée, elle ne s'en sentait pas moins coupable pour autant. Azazel était mort parce qu'elle n'avait, encore une fois, pas su faire preuve de modération. L'agent de terrain, qui avait convenu qu'elle ne s'en prendrait plus à des demi-dieux sans être certaine que leur attitude était répréhensible, le savait, elle avait merdé, et en beauté.
De la manière la plus adorable qui soit, du moins c'était ce qu'elle pensait, le fils de Mars s'excusa. Certes, il avait une part de culpabilité dans ce qui s'était passé, il reconnaissait lui-même qu'il aurait dû contacter son amie, néanmoins, c'était bel et bien l'agent Lond qui avait traqué ce gamin pour avoir des réponses, et qui l'avait coursé jusqu'à ce que l'inattention de ce dernier ne lui coûte la vie.

-Pourquoi tu ne l'as pas fait? demanda-t-elle d'une petite voix.

Elle était curieuse d'entendre son excuse pour l'avoir laissée sans nouvelles aussi longtemps. Devant un tel repentir, elle avait du mal à encore lui en vouloir. La belle brune commençait à se demander si apaiser les rancunes ne faisait pas partie des pouvoir de son précieux irlandais. Mais la part rationnelle de son esprit savait pertinemment que non. D'ailleurs, guérir les blessures n'etait pas non plus dans ses capacités, il venait de le dire, et si tel avait été le cas, il l'aurait sans doute fait pour lui-même. Cette gentille attention lui tira un léger sourire empreint de tristesse, qui s'estompa rapidement lorsque le demi-dieu evoqua Marvin.

-Qu'est-ce que tu racontes, Hay? C'est à moi de lui dire, je dois assumer la responsabilité de mes actes. De quoi aurais-je l'air en me cachant derrière toi pour une connerie que j'ai faite? Je n'ai plus dix ans.

Elle poussa un long et profond soupir de désespoir.

-J'ai jamais fait ça... qu'est-ce que je dois dire?

Cette question était d'avantage pour elle que pour lui. Tam en revenait aux réflexions qui l'avaient hantée avant d'arriver: comment annoncer une nouvelle aussi terrible à une personne que l'on apprécie, tout en sachant pertinemment que cette tornade l'anéantirait. La culpabilie assaillait l'agent Lond de toutes parts. Elle fit un pas en direction de la porte de l'appartement de Knight, et tourna la tête vers Haytham.

-Je vais lui dire, mais... reste avec moi... stp?

Elle avait besoin de cette présence rassurante à ses côtés, elle se sentait si misérable. Et elle savait que lorsqu'elle verrait le regard de cocker du geek endeuillé, son sentiment serait pire encore.
Elle glissa sa main, dont le dos commençait à cloquer, dans celle de son "Penseur", espérant puiser dans ce contact tout le courage qui lui manquait. Elle n'avait pas l'habitude de manquer de courage, elle n'avait pas l'habitude d'avoir besoin de quelqu'un, mais depuis quelques semaines, toutes les foutues habitudes avaient été chamboulées.

En quelques pas seulement, ils furent rendus devant la porte de l'appartement de Marvin. Un peu trop rapidement au goût de l'agent de terrain qui ne se sentait absolument pas prête pour ce qui allait suivre. Mais à la réflexion, pouvait-on réellement être prêt pour ce genre de chose? Il était trop tard à présent, il était impossible de reculer, même si ce n'était pas l'envie de partir en courant pour se terrer dans un trou (au frais d préférence) qui manquait à Tamara. Mais non, elle était avec Haytham devant chez son collègue agent liaison, et elle s'appretait à lui annoncer la pire des nouvelles. D'autant qu'en plus, il allait bien vite comprendre qu'elle l'avait manipulé pour avoir l'adresse du neveu pour servir ses propres intérêts: avoir des nouvelles du fils de Mars.

Tam lança un dernier regard à son ami d'enfance, de sa main libre essuya délicatement les quelques larmes qui restaient sur ses joues, et prit une inspiration légèrement saccadée avant de presser de l'index de la même main le bouton de la sonnette, tandis que celle qui tenait la main d'Hay la resserra un peu.

Du mouvement se fit entendre dans l'appartement, et en entendant le pas de l'informaticien se rapprocher de la porte, le coeur de l'agent Lond se serra, elle ferma un bref instant les yeux. Elle les rouvrit au moment où elle entendit la porte se déverrouiller. Ça allait trop bien, tout allait trop vite, beaucoup trop, et elle n'était toujours pas prête. Trop tard, le visage du blondinet apparut. Il allait sûrement lui faire une remarque de son cru sur l'apparence qu'elle avait, à moitié carbonisée, et franchement elle aurait préféré subir tous les discours les plus barbants de Marvin à propos des comics un milliard de fois plutôt que d'avoir à faire ce qu'elle s'apprêtait à faire. Sur l'inspiration qu'elle avait prise quelques secondes auparavant, elle prit enfin la parole.

-Knight... Marvin... je... J'ai à vous parler d'une chose importante.

Tam faisait son maximum pour ne pas bredouiller, ce serait déjà assez pénible pour elle et surtout pour lui, alors autant qu'ils comprenne tout du premier coup, sans qu'elle n'ait à répéter l'horrible et indicible vérité. Les rôles étaient inverses pour une fois, c'était elle qui avait du mal à s'exprimer. Sans s'en rendre compte, Tamara serrait de toutes ses forces qui lui restaient la main du demi-dieu, si bien que tout son bras tremblait. Le regard qu'elle plongeait dans celui du blondinet avait bien du mal à camoufler la détresse qui l'habitait. Elle attendit qu'il les fasse entrer, elle eut d'ailleurs du mal à franchir le seuil mais la présence d'haytham l'aide à ne pas rester plantée comme un piquet.

-Ecoutez, ce que j'ai à vous dire est... Vous devriez vous asseoir. Je suis tellement désolée, si vous saviez...

 




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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Mar 17 Mai - 13:34

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA



Le soleil commençait à décliner alors que les derniers nuages s'éclipsaient du vaste horizon orangé. Une légère brise de vent exhortait la chaleur à ne pas alourdir les quelques visiteurs de passages. Assise sur un banc à observer la mer, Eileen fut rapidement rejointe par son jeune fils de 16 ans qui prit une grande inspiration et souffla en venant s'asseoir à son tour. Eileen qui ne quittait pas le paysage des yeux se risqua à prendre la parole la première. « - Mon chéri, je sais que nous avons vécu beaucoup de mésaventures toi et moi » commença-t-elle espérant ainsi apaiser les doutes tiraillant l'esprit de son fils unique qui prit à son tour la parole qui lui était offerte « - L'Irlande me manque parfois. Je n'y ai pas vécu assez longtemps pourtant » déclara l'adolescent en posant son regard sur la mer. Pour mieux profiter de ce doux contact, il ferma les yeux et laissa ses sens le guider vers une nostalgie qu'il partageait avec sa mère, irlandaise de naissance. « -Pas besoin de vivre des décennies dans un endroit pour savoir que c'est l'endroit où nous devons être » Aussitôt le jeune marsien ouvrit les yeux et les posa sur sa mère afin de rectifier ses paroles qui sonnaient faux à présent.

« - Je sais que ma place est ici maman. »

« -Nous en avons déjà parlé Haytham »

« -Parler de quoi ? De ma fuite lorsque tu te seras sacrifié ? Ça fait des jours et des jours que je retourne le problème dans ma tête… »

« -C'est une promesse Haytham, on ne peut se dérober à une promesse et tu le sais. »

« -J'ai promis à Tam que je serais toujours là pour elle. »

« -C'est différent cette fois »


« -Pourquoi, parce qu'il n'est pas question de demi-dieu, de brume et de monstres ? »

« -Quand vas-tu comprendre qu'en restant avec eux, tu les mets en danger. C'est une réalité Hay et tu ne peux t'en démettre. Ton père m'avait prévenu que cela arriverait un jour... Si tu l'aimes vraiment, tu n'as pas d'autre choix que de partir. Et ne me mens pas, je sais que tu aimes la petite Tamara. Tu la regardes comme je regardais ton père lorsque je l'ai rencontré. Mon chéri écoute-moi ! Tu te sépares d'elle pour la protéger, c'est difficile, je sais, mais un jour, tu la retrouveras, je n'en doute pas. Et lorsque ce jour arrivera tu retrouveras ta place et ton chez toi je puis te l'assurer. »

« -Je veux être là pour elle, présent à chaque difficulté, dans les bons comme les pires moments... »

« -Tu le seras, un jour… »


Le jeune Haytham visiblement peu satisfait de cette réponse, souffla longuement et reporta son attention sur le doux paysage de la Louisiane bercée par le soleil couchant. Sans le savoir, il venait d'avoir la dernière grande discussion avec sa tendre mère et toujours dans l'ignorance, il était incapable de savoir que sa fuite le mènerait à presque vingt-huit années d'errance avant d'enfin retrouver son amie d'enfance pour essayer de tenir un serment déjà brisé.  Le contact entre les deux corps fut pénible, autant pour lui que pour elle. Chacun avait vécu son lot de péripéties et chacun avait à sa façon, géré le problème. Une façon désastreuse à en juger par leurs multiples plaies, bleus, brûlures, coupures. Celles de Haytham étaient d'autant plus douloureuses au vu de leur nombre conséquent, par chance ses vêtements éclipsaient aux yeux de la belle brune, la plupart des blessures. En y repensant, le jeune homme en fut presque gêné, il était tellement ivre, si désemparé par sa situation et sa vie, qu'il n'avait même pas cherché à se défendre face à ses quatre assaillants. Pire encore, l'espace d'un instant, il se surprit à invoquer Thanatos pour que celui-ci l'achève sans cérémonial et le ramène ainsi dans son royaume. Oui, il avait donc songé à la mort et le fait d'y repenser, l'acculé face à des responsabilités qu'il était incapable d'assumer depuis bien longtemps et ça n'est pas la détresse dans le regard de Tamara qui va contribuer à le démettre de son malaise.

« -Je suis tellement désolé Tam... » Il n'osait même plus la regarder dans les yeux, effrayé à l'idée qu'elle puisse songer son esprit et y lire toute sa détresse. « -J'ai encore fais des choix discutables... » Puis les paroles de sa mère lui revinrent en mémoire « Tu te sépares d'elle pour la protéger, c'est difficile, je sais, mais un jour, tu la retrouveras, je n'en doute pas. Et lorsque ce jour arrivera tu retrouveras ta place et ton chez toi je puis te l'assurer. »  Peut-être était-ce enfin le bon moment. « - Tam, arrête on sait très bien que je suis le responsable de cette tragédie. Ce gamin serait encore en vie si j'avais pris le temps de t'envoyer ne serait-ce qu'un putain de message. J'ai merdé, encore... » Lui aussi poussa un long soupire chargé de désespoir.  Il était incapable de mieux de toute façon.

« - On ne devrait pas être habitué à ça. Malheureusement, nous en sommes coutumier dans les colonies. Nous avons perdu beaucoup de jeunes. C'est ça le pire dans cette sordide histoire. Quand on est jeune, on devrait avoir la vie devant soit non ? » Tamara le regarda une dernière fois avant d'avancer vers la porte menant à l'appartement de Marvin. Avant d'apposer le poing sur cette même porte, elle trouva le courage de se retourner une dernière fois pour poser son regard sur son meilleur ami, qui à défaut de trouver autre chose, lui sourit (tristement). Et pour la convaincre de sa non-fuite à venir, il fit un pas et lui attrapa la main. « - Je suis là cette fois Colonel Badass ! » Tam acheva de glisser sa main dans celle de son ami avant de toquer à la porte de Knight. Haytham lui-même appréhendait la rencontre, car aussi dingue que cela puisse paraître, il s'était pris d'affection pour l'informaticien. « -Je suis là Tam, ça va aller » Quelques secondes plus tard et après s'être défait de quelques larmes, Tamara prit une grande inspiration et opta pour la sonnette à sa droite, tandis que sa main libre serrée un peu plus celle du demi-dieu. Des pas se firent entendre, signe qu'il était impossible de mettre les voiles à présent. Hay, grâce à ses sens, pouvait ressentir tout en centuple, le moindre battement, le moindre tremblement, l'infime soupir, un tressaillement... La porte fut déverrouillée et laissa paraître le visage de Marvin. « -Bonjour Marvin » lança Haytham à peine convaincu. Tam prit ensuite la parole faisant savoir à son interlocuteur qu'elle avait quelque chose d'important à lui annoncer. Hay restait à ses côtés prêt à supporter qu'elle lui broie les os, si elle le pouvait. À vrai dire, l'agent de terrain avait beau serré la main du brun ténébreux, il ne sentait rien. À l'inverse Tam manifestait quelques signes de faiblesse, son bras tremblait.

« -Tu nous laisse entrer Marvin ? » demanda Hay qui suite à la réponse de son ami, pressa gentiment Tamara pour qu'elle ne reste pas planter comme un piquet dans l'entrée. Elle trouva enfin la force de lancer la conversation, toujours la main serrée dans celle de son Penseur, toujours à ses côtés. Ils avaient bien mauvaise mine, le genre "gueule d'enterrement" avec quelques blessures en plus.






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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Lun 23 Mai - 8:04

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
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Pendant qu'une scène poignante se jouait dans le couloir, Marvin ne goûta pas vraiment la tranquillité qu'éprouvait ceux plongés dans la douce ignorance du drame qui allait s'abattre d'un instant à l'autre sur leur tête. Enfin venir à bout de son premier rapport sur le terrain ne lui avait pas apaiser l'esprit. Pour continuer la parallèle scolaire, il se sentait plutôt comme un élève ayant triché à son contrôle, tout en camouflant au mieux sa tricherie et qui attendait le verdict du professeur avec la peur au ventre d'être démasqué. Sur les conseils de l'agent Lond, il avait camouflé certains détails. Notamment sur les demi-dieux qu'il connaissait. Bien sûr, l'informaticien s'inquiétait beaucoup plus sur l'avenir de ces personnes de ce qui pourrait lui arriver si son mensonge était découvert.

Un tracas qui amenait tout un tas de questions concernant le comportement à adopter au travail. Marvin essayait du mieux possible d'être normal. Sa version de la normalité. Continuer de faire des heures sups, faire des références geeks. Être ce qu'on attendait de lui. Même s'il brûlait d'envie de rentrer plus tôt pour faire ces propres recherches, il ne devait rien faire qui pourrait éveiller les soupçons.

Ce jour s'annonçait comme un jour ordinaire. Après le travail, le blondinet s'était rendu à son appartement. La différence est qu'au lieu de s'écrouler sur son lit, terrassé par une dure journée de labeur, Marvin se força à s'installer dans son salon avec son ordinateur portable pour chercher des signes de vie de son voisin, dont il n'avait plus de nouvelles depuis cette histoire d'Hydre. Il n'avait pas avoué qu'il était aussi inquiet que Tamara a ce sujet. L'agent de liaison avait jugé préférable de ne pas ajouter : au fait, j'ai cherché des traces d'Haytham car, vous allez rire, mais il s'est avéré que c'est mon voisin et qu'on a passé un deal où je le remettais au niveau sa culture en matière de films, du coup, on a sympathisé et je m'inquiète de sa disparition, surtout que j'ai fait des recherches de mon côté et que je trouve aucune trace de lui, nul-part. Non, non, non, Marvin avait beau tourner cette phrase dans sa tête de toutes les façons possibles, il n'y avait aucun moyen de bien annoncer la nouvelle. Quant à Az... Il n'était pas encore prêt pour assumer le fait qu'un ami d'aussi longue date, presque un membre de la famille, soit en réalité un rejeton divin.

L'informaticien espérait revenir avec une bonne piste, mais il y avait une forte différence de moyen entre son ordinateur personnel et le matériel à sa disposition au travail. Marvin essayait souvent de se convaincre que c'était pour cela qu'il ne trouvait rien. Devait-il prendre le risque de faire cette recherche au QG du DLCEM ? Trop risqué.

Le visage du geek prit une nouvelle fois une mine souçieuse tout en se rongeant l'ongle du pouce devant cette énième hésitation sur ce sujet après une énième recherche infructeuse. Des bruits dans le couloir le tirèrent de la sa rêverie. Il n'était pas certain de comprendre se qui se passait mais on avait élevé la voix. Après avoir coller son oreille à la porte, il avait même cru entendre pleurer. Enfin, c'était peut-être son imagination. Vérifier en ouvrant la porte ? Aucune chance. Je vous rappelle qu'on vivait dans un monde peuplé de dieux et de monstres. Le coup du 'j'ai entendu un bruit' était, qui plus est, la première cause de mortalité dans les films d'horreurs, de thrillers et de monstres.

C'est dans ces conditions que le bruit de la sonnette retentit, manquant de le rendre à moitié sourd au passage. Sous le coup de la surprise, il bascula brutalement en arrière et manqua de peu de tomber. Après s'être accordé une brève pause pour s'en remettre, Marvin s'approcha de nouveau de la porte pour l'ouvrir. Il dut s'y reprendre à deux fois, car il avait oublié le fait qu'il l'avait verrouillé, d'abord avec précaution puis en grand lorsqu'il vit Tamara et Haytham.

L'informaticien ouvrit de grands yeux devant le 'spectacle'. Il ne saurait dire ce qui était le plus déroutant, le fait de voir un demi-dieu et une agent du DLCEM aussi proche ou bien l'état dans lequel se trouvait Tamara.

"Mais vous êtes dingue de vous afficher comme çà. Quelqu'un pourrait..."
Il ne finit pas sa phrase, préférant regarder dans le couloir pour s'assurer que celui-ci était bien vide. Le blondinet allait proposer de vite rentrer à l'abri des regards, mais l'intervention de Tamara lui coupa l'herbe sous le pied. "Ookkk, vous m'avez jamais appelé par mon prénom..." Fit remarquer l'agent de liaison, encore sous le choc. Quelque chose de grave s'était sûrement passé. Marvin regarde de haut en bas l'agent de terrain, comme pour trouver des indices à partir de son look post-apocalyptique. Post-apocalyptique... C'était çà ! "Çà y est, c'est l'invasion zombie ? Je savais que çà arriverait un jour."

L'informaticien allait se lancer dans un plaidoyer sur sa théorie lorsque le demi-dieu lui demanda s'ils pouvaient rentrer. "Oh... Euh... Oui, bien sûr." Dit-il en semblant revenir brutalement à la réalité. Il ouvrit en grand pour laisser ces visiteurs surprises entrés. Son ordinateur portable était encore sur la table du salon, allumé sur sa dernière recherche mais il était trop occupé à reverrouiller la porte pour faire attention à ce détail. Ensuite, les paroles de Tamara lui firent complètement oublier ce détail. L'agent Lond se comportait bizarrement. Depuis quand elle prenait des gants pour annoncer quelque chose.

"Vous savez, si c'est le choc d'apprendre l'existence des zombies. Moi, je m'en doutais déjà. On a déjà eu deux apocalypses mythologiques alors... Pourquoi pas çà ? Enfin, j'admets que çà peu paraître perturbant. Vous ne vous êtes pas fait mordre, j'espère ?" Déclara-t-il en s'asseyant docilement sur un ton qui se voulait rassurant. Cette question s'adressait à ces deux interlocuteurs, comme en témoignait son regard qui passait de l'un à l'autre.




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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Lun 23 Mai - 13:18

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Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA



Voilà, ils étaient entrés chez Marvin Knight, il était désormais trop tard pour reculer. La présence d'Haytham tout près d'elle permit à Tamara d'avoir la force nécessaire pour franchir le seuil de la porte -il faut dire que le fils de Mars l'y avait un peu poussée, sans quoi elle serait encore plantée là, ne sache que faire. Et Marvin, ce pauvre geek adorable qui s'inquiétait de les voir s'afficher dans le couloir... et qui à présent parlait... d'apocalypse zombie ? Etait-il vraiment en train de faire une "marvinerie" maintenant ? Cette paranoïa était tellement... presque à propos en fait. Les yeux écarquillés, l'agent de terrain se souvint que bien sûr, il n'était toujours pas au courant... pas encore. Elle essaya de l'interrompre, mais lorsque l'informaticien était lancé, il était plus difficile de l'arrêter que de stopper un troupeau de buffles, surtout sans hausse le ton, car au final, il pouvait se montrer aussi craintif qu'une petite souris, du moins c'était l'impression qu'avait la jeune femme. Et pour une fois, elle ne voulait surtout pas le brusquer. Tam ferma donc les yeux pour essayer de puiser dans ses dernière cartouches de patience, celles dont elle-même ignorait la présence, mais qui visiblement ne se révélaient qu'en cas d'extrême nécessité , comme ici. Légèrement agacée de ne pouvoir pas en placer une alors qu'il était déjà excessivement ardu de devoir annoncer ce genre de choses, elle rouvrit les yeux en soupirant, malgré tout soulagée de voir que le blondinet s'était assis. Il avait relevé qu'elle l'avait appelé par son prénom, il avait compris que quelque chose de grave se tramait. Alors qu'il demandait s'ils ne s'etaient pas faits mordre, elle planta son regard, bien moins incisif que d'habitude, dans le sien.




-Taisez-vous, je vous en prie ! lâcha-t-elle un peu plus fermement qu'elle ne l'aurait voulu.




Elle prit une inspiration en lançant un regard au demi-dieu à côté d'elle dont elle tenait toujours la main, qu'elle serait d'ailleurs un peu plus pour se donner du courage, puis regarda à nouveau le maître des lieux.




-Ecoutez, Knight, ce que je vais vous dire va probablement vous dévaster, et sachez que bien que je n'aie pas voulu ce qui s'est produit, j'en assume l'entière responsabilité. Je préfère vous l'annoncer immédiatement, plutôt que vous l'appreniez demain au travail, ce qui risquerait de vous causer du tord.




Tamara prit une seconde pour souffler et aussi pour que Marvin se prépare psychologiquement à la mauvaise nouvelle qui allait suivre,




-Azazel Victoria est mort aujourd'hui. C'est entièrement de ma faute. Je ne voulais pas que ça arrive, je voulais juste lui demander s'il avait des nouvelles d'Haytham, vu que vous ne saviez pas s'il s'en était sorti. Et quand il m'a vue, il a pris peur et s'est enfui. Je voulais tellement savoir, Marvin, je suis désolée. Il s'est fait renverser par un bus. Je vous jure que je n'avais pas l'intention de lui faire le moindre mal, je voulais seulement des réponses...




Allait-il la croire ? Comment allait-il réagir ? Le regard inquiet de l'agent de terrain ne quittait plus la frimousse de son collègue, épiant la moindre de ses réactions. Elle regrettait tant, pourquoi n'avait-elle pas attendu un jour de plus ? Et même si Hay avait sa part de responsabilité dans l'histoire en ne s'étant pas manifesté et créant ainsi l'inquietude de son amie, cette dernière savait pertinemment que c'était son propre tempérament impatient et borné qui avait causé la perte du jeune Azazel. Un gamin... ce n'était qu'un gamin. Cela faisait deux gosses qui étaient mor à cause d'elle. La première fois, parce qu'elle n'avait pas eu le courage d'aller à l'encontre des ordres et risquer de passer pour une traîtresse. La seconde, parce qu'elle était trop aveuglée par ce qu'elle voulait découvrir pour se rendre compte qu'elle ne tirerait rien du petit lapin apeuré pris dans les phares de voiture qu'etait le jeune Victoria.




Tam regardait Marvin d'un air désolé qu'il ne lui avait sans doute jamais vu. Elle ne s'attendait bien sûr pas à ce qu'il lui pardonne. Surtout que c'était arrivé pour rien, puisque Haytham était là, bien vivant, en chair et en os. La petite brune avait l'immense bonheur de connaître ce soulagement, tandis que l'informaticien, lui, connaîtrait la tristesse du deuil. Ce si gentil geek, que l'agent de terrain se plaisait tant à charrier au bureau lorsqu'il lui parlait en termes de "marvineries" qu'elle ne comprenait pas toujours, coaujourd'hui elle aurait donné n'importe quoi pour que la discussion soit aussi légère que le débat sur les DC comics et les Marvel, ou ce genre de trucs dont l'agent de liaison était capable de parler pendant des heures. Enfin, elle ne l'avait jamais laissé déblatérer à ce propos aussi longtemps, au contraire quand ça démarrait, elle essayait de couper court. Mais Tam en avait l'intime conviction, le blondinet aurait pu animer toute une conférence à ce sujet sans aucune difficulté.




Elle retenait son souffle, attendant la réaction de son collègue, ne lâchant toujours pas la main du fils de Mars, bien que son étreinte se desserra un peu. Les secondes paraissaient si longues, Tamara avait l'impression d'être en apesanteur, la tête lui tournait un peu et chacun des battements de son coeur lui faisait un mal de chien.




-Dites quelque chose... dit-elle d'une petite voix prudente.




Pour le coup, elle n'en menait pas large. Elle ne savait que faire pour alléger la peine de Marvin, et il était clair qu'il en avait, c'était un euphémisme.




-S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire... balbutia-t-elle.




A sa place, elle lui aurait sûrement mus un coup de poing dans la gueule, et à vrai dire, elle s'attendait à cette réaction, cela aurait été amplement mérité. Même si un être comme Knight était loin d'être coutumier des démonstrations de violence physique, dans ce genre de situation et de circonstances, on ne savait jamais à quoi s'attendre.




-Je suis vraiment navrée, je n'ai pas de mot pour vous dire combien je suis désolée... finit-elle par dire en baissant la tête.





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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   Jeu 2 Juin - 14:29

Quand retrouvailles
riment avec funérailles  
▬ HAYTHAM MARVIN & TAMARA



On ne devrait pas perdre une personne que l'on aime, un proche, un ami… Cela devrait être proscrit de nos vies, par je ne sais quel accord. On ne vit pas pour voir les gens qui nous sont chers, disparaître. Je ne peux le concevoir. Il se passe tellement de choses extraordinaires dans cette vie, des monstres mythologiques qui sortent de leur trou de temps à autre pour essayer de nous tuer, nous les demi-dieux. Car oui, les demi-dieux existent ce qui sous-entend que les dieux existent, ou ont existé. Je ne peux vous garantir la continuité de leur existence, du moins je ne peux attester de celle de mon géniteur puisqu'en quarante-trois ans de vie, je n'ai pas encore eu le loisir de le voir. Non, vraiment, perdre des êtres chers devrait être proscrit de nos existences. Si un jour, on me laisse le choix, je veux partir avant les miens. N'allez pas y voir un semblant d'héroïsme ou je ne sais quoi de bien-pensant. Je n'ai juste pas envie de finir ma vie au fond de l'égout, à siroter une bouteille de whisky, comme un bébé sirote son biberon. Je ne veux pas être un déchet que l'on peut à peine ramasser à la petite cuillère, de peur de le briser totalement. Je veux partir le premier et dignement si possible. Oui, partir en faisant un dernier bras d'honneur à la fatalité ou à l'enfoiré qui se cache derrière et qui distribue assez mal les cartes ou les dés, enfin qui les jettent mal, je me comprends. Mais... Merde ! Je suis un déchet, regardez-moi. Abrutit de demi-dieu !

Haythan prit une grande inspiration, une douleur persistante alourdissait son cœur, tandis que sa gorge se serrait à mesure du temps écoulé. La main de Tamara ne quittait plus la sienne. Ce contact aussi simple soit-il, lui permettait cependant de ne pas être absorbé par tout un amas d'émotions contradictoires. Certes, il ne pouvait avoir la prétention de connaître Az, malgré tout le gamin restait un des siens et de ce fait, il était logique qu'il soit attristé par sa disparition. L'autre facteur émotionnel résultait du fait que Marvin, l'un des proches du demi-dieu décédé, soit aussi un ami de l'Irlandais. Car oui, aussi dingue que cela puisse paraître, le demi-dieu, après avoir passé autant de temps au contact du petit blondinet, c'était attaché à lui et avait de ce fait noué un lien presque aussi fort que celui qu'il entretenait avec Sean le gérant du pub qui lui avait tendu la main à de nombreuses reprises. Et bien que « Marv » travaille pour l'ennemi (au même titre que Tamara) Haytham n'éprouvait aucune haine à son égard. « Toutes les personnes qui travaillent là-bas, ne sont pas des monstres en puissance. Les gens bien sont partout, même en enfer » n'avait-il de cesse de se répéter à chaque fois que la problématique du camp ennemi venait à se poser.

La porte s'ouvrit, dès lors plus aucune alternative n'était permise au risque de passer ou pour le pire des connards, ou pour le plus grand des lâches. Même un sourire, en de telles circonstances, n'était envisageable. Et comment le pouvait-il ? Azael venait d'être écrasé, peut-être comme une crêpe, il n'en reste pas moins qu'il était question de mort et que c'est la parole funeste que le demi-dieu et son amie venaient apporter. Le petit blondinet qui ouvrit la porte, paru surpris, mais aussi choqué de voir son idole, vectrice de l'aura de « badasserie », tenir la main d'un « ennemi ». Aussitôt et avant que les regards inquisiteurs ne se posent sur eux, Marvin fit entrer en catastrophe ses deux nouveaux invités. « -Nous sommes désolés de débarquer comme ça... » commença le Marsien légèrement hésitant sur ses mots, chose qui ne lui ressemblait guère. Marvin qui se contenta d'observer à défaut d'avoir les informations, lança une réplique, le genre que l'on pourrait qualifier de culte, si un jour, par le plus grand des hasards, un film était adapté. Haytham serra la mâchoire et souffla un léger « -Marvin la ferme ! » Reprit par Tamara qui elle, se fit entendre. Passé cette réplique, froide bien malgré elle, Tam posa un regard sur son ami, qui lui sourit tristement afin de lui faire savoir qu'il était là malgré tout. Pour se donner un peu plus de force, la belle brune pressa davantage la main de l'Irlandais qui s'il n'avait été qu'un pauvre mortel n'aurait plus de main à l'heure qui l'est. Tour à tour, le demi-dieu observait les deux autres protagonistes de cette triste scène. Il laissa Tamara posait les bases tandis que Marvin continuait à l'observer comme si la chose la plus étrange de l'univers s'adressait à lui. Les zombies refaisaient alors parler d'eux au grand dam du demi-dieu qui peinait à faire preuve de patience. « -Marvin arrête avec tes zombies ! Sois sérieux deux minutes s'il te plaît, Tam ... et moi, nous avons quelque chose d'important à te dire. » La mine grave, le fils de Mars lança un regard à son amie d'enfance et lui fit ainsi savoir que c'était le moment de sortir la vérité telle une bannière que l'on ne veut porter. L'agent de terrain devait lui dire et Hay devait la laisser faire et c'est ce qu'il fit.

Il ne fallait pas attendre et de ce fait retirer le pansement du premier coup semblait être la plus salutaire des décisions. « Azael Victoria est mort aujourd'hui » Telles furent ses premières paroles. La main fermement ancrée à celle de son Penseur, L'agent Tamara Lond, venait d'annoncer ce qui semblait être l'une des pires nouvelles qu'elle n'est jamais eue à annoncer depuis son entrée au DCLEM. Haytham, le regard vide, les pensées tout autant, restait tristement silencieux, pendant que Tamara continuait son monologue. « -Plus tard je veux être un héros, faire le bien autour de moi. Je veux que ma vie prenne cette direction… » Hay se revoyait jeune, insouciant, assit dans l'herbe à regarder les étoiles et rêver d'avenir. La voix de sa mère lui revenait aussi, comme un lointain écho, qui n'avait de cesse de lui offrir de douces paroles. Haytham était bien loin de tout cela, le héros qu'il souhaitait tant être était un projet avorté, comme la plupart de ses rêves. Le demi-dieu n'était rien, un rien proche du néant, une merde, un être incapable d'accomplir de belles choses. Il vidait les bouteilles, traînait dans les bars, se faisait casser la gueule à tout-va, pire encore, il était incapable de protéger les siens. Le silence avait à nouveau pris ses quartiers dans l'appartement de l'ami Geek. L'atmosphère emprunte de cette funeste nouvelle, n'arrangeait rien au trouble de nos protagonistes, qui chacun à leur façon, traité la nouvelle. Tamara, qui ne supportait pas les longs silences, mettait tout en œuvre pour briser celui-là, Haytham quant à lui, trouva le courage de poser son regard sur le pauvre Marvin, puis il lâcha la main de l'agent Lond et fit un pas dans la direction de Marvin tandis que Tam continuait à s'excuser.

« - La perte d'un être cher est certainement l'une des choses que l'on redoute le plus. On ne sait jamais comment gérer nos émotions. Doit-on être en colère, ou triste ? Serrer le poing et la mâchoire ou pleurer ? Si tu veux te laisser aller, ne retiens rien et si tu dois haïr quelqu'un, choisis-moi. Je suis le véritable coupable dans cette histoire. Si j'avais pris ne serait-ce qu'une minute pour donner des nouvelles, Az serait encore en vie à l'heure qu'il est. Si je ne m'étais pas enfuit pour m'enfermer dans les bars pour y boire plus que de raison, il serait encore en vie. Si tu choisis la colère, reporte-là sur moi, je l'ai amplement mérité. »



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Ne vous demandez pas pourquoi les gens deviennent fous. Demandez-vous pourquoi ils ne le deviennent pas. Devant tout ce qu’on peut perdre en un jour, en un instant... Demandez-vous ce qui fait qu’on tienne le coup
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MessageSujet: Re: Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)   

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Quand retrouvailles riment avec funérailles. (Marvin & Tamara, terminé)

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