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 It melts away the price I pay to taste your love (Orion)

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MessageSujet: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Dim 17 Juil - 19:38


It melts away the price I pay to taste your love
feat Orion Nightshade

« Oui, on verra ça demain, Carter. A New-York. De toute façon, pour le moment, ils doivent être sur leurs gardes vu ce qu'on leur a déjà mis. » Elle répond. Le téléphone collé à son oreille, elle soupire doucement. A l'autre bout du fil, son collègue sembla rire. Rire. Rire d'un massacre. Du sang giclé. Lorelei ferma un instant les yeux. Le temps de faire passer la nausée. Son double jeu commençait à la rendre malade. Enfin. Double-jeu. C'était vite dit. Il le savait. Elle éloigna cette pensée. Pensée néfaste. Carter était bien trop sanglant. La notion même de justice n'était pas dans son esprit. Au contraire de Lorelei. Elle voulait leur mort. Mais pour la justice. En chaque demi-dieu, elle cherchait des traits chez l'assassin de sa mère. Peut-être était-elle devant lui. Parce que c'était tout ce qu'elle voulait. La justice pour la mort de sa mère. « T'as raison, Rory. On les a bien eu. En plein dans le mille. Je vois encore leurs têtes déconfites de surprise. » La jeune femme grimaça. Couper court la conversation. C'était le mieux. Alors, elle reprit la parole avant qu'il n’enchaîne. Elle n'aurait pas la force après. Oh ça non. « Ouais. Incroyable. » Son enthousiasme sonna faux même à ses propres oreilles. « Ecoute, je vais aller me reposer. Demain, on a un long chemin jusqu'à New-York, je vais aller dormir. » Mensonge. Mais elle ne relève pas. A quoi bon. Elle voulait juste couper cette conversation. « Okay. Prépare-toi. » Elle supportait de moins en moins ça. Cette haine. Ce besoin. Cette dualité. Ce combat intérieur. Elle avait parfois envie d'hurler. Juste pour se sortir de tout ça. Mais elle y était bien dedans. Jusqu'au cou. Elle ne pouvait échapper à son destin qui s'annonçait. Mais lequel ? Etait-ce celui comme agent du DLCEM ? Etait-ce comme une simple humaine connaissant un peu le monde de la mythologie ? Elle ne savait même plus. Tout avait été remis en question cette nuit-là. Son avenir au sein du DLCEM. Son avenir en tant qu'individu. Tout. Elle raccrocha alors son téléphone. Avant de le reposer sur la table. Elle resta un instant à fixer les lignes de son livre. Mythologique. Evidemment. Quoi d'autres. A croire que c'était devenu un réflexe dans les bibliothèques. Elle n'avait jamais lu autre chose. Hemingway, Kerouac ou encore Rowling sonnaient étrangement inconnus à son oreille. Elle n'avait jamais eu le temps de lire autre chose. Cela lui avait pris son temps. Encore maintenant. A une différence près. Elle ne savait plus si elle cherchait des informations pour les vaincre. Ou pour se chercher elle-même. C'était flou. Trop flou. Elle finit par refermer le livre. Elle avait besoin de sortir. D'air. Au diable le sommeil. Elle pourrait bien faire nuit blanche. De toute façon, si elle allait se coucher, elle ne dormirait probablement pas. Ces temps-ci, ses rêves étaient peuplés de cauchemars. De son adolescence. De maintenant. De ses deux nuits. Une torture. Elle n'avait pas la force de se réveiller encore en panique ce soir. Non. Elle se leva pour prendre sa veste. Elle jeta à peine un regard au miroir. Elle savait que cela commençait. Que cela commençait à se voir. Le matin-même, elle avait été une dizaine de minutes devant son miroir. Essayant de se convaincre que non. Tout était bien. Mais le second trimestre approchait à grand pas. Trop rapidement. Elle voulait arrêter le temps. Le retourner. Rien qu'un instant. Elle soupira en glissant dans la serrure de son appartement sa clef. Avant de partir. La rue était calme à cette heure de la nuit. Il devait être quoi ? Vingt-et-une heures ? Les gens étaient probablement déjà chez eux à être en famille. En famille. Son coeur se serra un instant. Elle n'y avait pas réellement pensé jusqu'à lors. Enfin pas dans ces termes-là. Pourtant la réalité était bien là. Elle était enceinte. Et autant démunie. Perdue. Elle ne savait plus quoi faire. Ou même dire. Il lui manquait. Ô comme il lui manquait. C'était indéniable. Elle avait tellement besoin de lui ces derniers temps. Mais c'était sa faute. Et seulement la sienne. Toute cette histoire ne rimait à rien. Mais était-ce son histoire avec Orion ? Ou son histoire d'agent de terrain ? Elle ne savait pas. Plus. Il devait la détester à l'heure qu'il était. Pensant à mille et une façon de la faire souffrir comme il souffrait de s'être fait briser le coeur. Oh mais qu'il se rassure. Lorelei souffrait. Peut-être pas plus que lui. Mais à part égale. Parce qu'elle ne voulait pas tout ça. Elle ne voulait pas qu'il parte. Elle ne voulait pas le vouloir autant. Elle ne voulait pas se retrouvée seule enceinte de lui. Elle ne voulait pas cette fin. Oh ça non. Ne voulait-elle plus l'aimer ? Cela aurait été si simple. Mais Orion était l'homme de sa vie. Qu'elle le veuille ou non. Il était comme ancré dans ses veines. Chaque respiration était presque pour lui. Alors son absence... Elle n'en pouvait plus. Pis avec cette grossesse. La cerise sur le gâteau. Elle aurait pu avorter. Personne n'aurait rien su. Pas même Orion. Après tout, cet enfant était autant elle que lui. C'était bien ça le problème. Il était une partie d'Orion. Comment pouvait-elle à se résoudre à l'éliminer ? Mais c'était l'enfant d'un demi-dieu. La partie que Lorelei avait presque oublié d'Orion. Presque. Alors elle s'était interdite à y penser. Pour le moment. Parce que cela se verrait. Et que pourrait-elle dire hein ? Elle ne pourrait pas le cacher longtemps. Pauvre enfant. Oh comme elle aurait besoin de lui en ce moment-même. Mais elle avait tout foiré. Encore une fois. A croire que tout ce qu'elle touchait, finissait loin d'elle. Sans qu'elle ne s'en rende compte, ses pas l'avaient amenée à un bar. Ce bar. Elle y allait souvent avec Orion, il fut un temps. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres. Souvenirs enfouis. Elle y entra. L'atmosphère la fouetta en pleine figure. Rien n'avait changé. Si ce n'est elle. Presqu'instinctivement. Comme un espoir déchu. Son regard le chercha. Mais il se heurta à un vide douloureux. Idiote. Comme s'il serait venu ici tiens. Il devait avoir fui tout ce qui touchait de près ou de loin à elle. Y compris ce bar. Pourtant, un court instant, Lorelei y avait cru. La chute fut plus rude. Elle s'assit au bar. La tête presque basse. L'espoir n'apportait rien de bon. Elle devrait le savoir depuis le temps. Mais apparemment, cette notion lui échappait. « Oh, Lorelei ! J'pensais que tu ne reviendrais plus. Alors qu'est-ce que je te sers ? » La voix de la barmaid la tira de ses pensées. C'est vrai. Cassie, de son nom, connaissait Orion. Pour toutes les fois où ils étaient venus ici. Sa gorge se fit sèche. « Longue histoire. » commença-t-elle alors avec un sourire. Enfin sourire qui finit presque en visage déconfit. Son coeur n'y était pas. « Simplement un été indien. » dit-elle pour finir. Un cocktail sans alcool. Elle aurait bien aimé se saouler. Pour oublier. Pour une soirée. Mais elle ne préféra pas. Dommage. Cela lui aurait fait du bien. Surtout qu'elle n'était pas en reste d'habitude. Ce que Cassie sembla remarquer. « Pas de Monaco comme d'habitude ? » La surprise se lisait sur son visage. Elle se ravisa en voyant le regard de Lorelei. « Bien, je te sers ça. » Elle s'activa un peu. Les yeux de la brune suivit son mouvement avant de voir atterrir devant elle la boisson commandée. « Ah au fait, si tu cherches Orion, il est au fond. » Là. Elle manquait de s'entrucher avec sa première gorgée. Il était là. Orion. Encore une fois son regard le chercha. Vers la direction qu'indiquait d'un signe de tête la barmaid. Et elle le vit. Seulement à quelques mètres. Presqu'instinctivement, elle porta une main à son ventre. Discrète. Infime. Son coeur se serra. Elle avait tellement de choses à lui dire. A s'expliquer. Mais rien ne venait. Sa gorge était sèche. Ses mains tremblèrent presque contre le verre de son cocktail. Fichus sentiments. Elle tenta de faire disparaître la boule qui se formait au creux de son estomac. Il fallait qu'elle parte. Vraiment. Pourtant au moment où elle fit un mouvement pour se lever de son tabouret de bar, elle croisa son regard. Son coeur s'arrêta. Le monde sembla ralentir. Tout à coup. Il fallait qu'elle y aille. Elle le sentait. Ses pieds commencèrent à s'y atteler. Mais elle ne savait quoi dire. Elle voyait tellement de chose dans son regard. Des choses qu'elle n'aurait jamais voulu voir. Elle se sentait coupable. Misérable. Mais, elle finit par s'arrêter à sa hauteur. Elle fit sans s'en rendre compte. Elle ne voulait pas qu'il parte. Encore une fois. Tout s'était passé en quelques secondes. Pourtant, cela lui sembla être une éternité.« Orion... » Elle commence. Mais elle ne finit pas. Elle cherche ses mots. Ne sait pas comment finir. Alors elle lâche simplement un éternel : « Il faut que je te parle. » C'est cliché. Mais peut-être qu'il l'écoutera. Elle est perdue. Ca se lit dans ses yeux. Le DLCEM. La grossesse. Sa double identité. Elle a de trop frêles épaules. Ca commence à l'écraser. Elle a du mal à respirer presque. Les autres semblent insensibles à ce qui se trame. Ils semblent aveugles. Ou bien happés par leur propre drame.


Dernière édition par Lorelei Storm le Mar 2 Aoû - 23:11, édité 1 fois
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SANG-MÊLÉ ROMAIN.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Mar 19 Juil - 20:21



It melts away the price I pay to taste your love
Lorelei & Orion


« Orion,
Leo n’a cessé de te réclamer aujourd’hui, il était triste que tu manques son dixième anniversaire. Et moi aussi. Je sais que je ne peux imaginer ce que traverse ton camp ces derniers temps, et même si j’ai toujours été heureuse que tu fasses la paix avec tes origines et avec ton père, je souhaiterais que tu te souviennes toujours qu’une autre famille t’attend, elle aussi. Je m’inquiète pour toi, sincèrement, et je ne parviens même plus à joindre Lorelei. Donne moi de tes nouvelles, j’ai besoin d’entendre que tu vas bien.
- Ta mère qui t’aime. »

Il froissa le papier et le laissa tomber au sol, au pied de son lit. L’aigle s’en était allé non sans lui jeter un regard noir lorsqu’il avait compris qu’il ne recevrait rien d’autre qu’un soupir désespéré en échange de ses bons et loyaux services. Il fallait laisser à sa mère qu’elle ne manquait pas de ressources. Après avoir achevé le téléphone portable, dont il n’avait plus aucune utilité à présent qu’il avait plus ou moins tiré un trait sur son existence mortelle, à coups d’appels manqués elle s’était souvenue du mode de communication qu’employaient entre eux les légionnaires romains. Orion sentit tout d’abord une pointe de culpabilité l’envahir à la mention de son jeune demi-frère, mais elle s’évapora presque aussitôt pour laisser place à la morsure cruelle de son indifférence. Peut-être sa mère cesserait-elle tôt ou tard de s’inquiéter. Lui en tout cas avait décidé que par les temps qui couraient s’entourer d’un demi-dieu était la pire idiotie qu’une famille tout à fait normale et mortelle pouvait commettre. Alors il avait peu à peu pris ses distances, tentant de s’autopersuader qu’il n’agissait que dans l’intérêt de leur bien. Pourtant, une petite voix émanant du plus profond de son être et qu’il ne parvenait pas à faire taire ne cessait de le narguer, de lui répéter que cet altruisme déguisé ne servait qu’à camoufler le pire des égoïsmes. Il tenait en un mot unique. En un nom. Griffonné à la hâte par une main qu’il devinait tremblante sur ce papier qu’il avait froissé avec plus de haine qu’il ne le méritait. Lorelei.  Comment aurait-il pu avouer la vérité à son propos ? Pas étonnant que sa mère ne soit pas parvenue à la joindre, pensa-t-il non sans une pointe d’amertume. Sans doute filtrait-elle ses appels. Peut-être avait-elle même changé de numéro, ou quitté la ville, pour ce qu’il en savait. Il n’était toujours pas parvenu à digérer le souvenir de cette fameuse nuit d’horreur. Lorsqu’il formait l’image de Lorelei dans son esprit, c’était toujours avec un revolver fumant braqué droit devant elle qu’elle lui apparaissait. Il ne pouvait la revoir que comme elle s’était montrée cette nuit là, décidée, pleine de sang froid, les deux pieds plantés profondément dans le sol de cette maudite ruelle et le regard vide. Ou trop plein. Il ne saurait dire. Orion avait en vain espéré que sa haine ne finît par s’atténuer peu à peu, il aurait aimé lui laisser le bénéfice du doute, penser que ce cauchemar n’était rien d’autre qu’un énorme malentendu et qu’il lui suffirait de prononcer quelques mots pour que la situation ne redevienne normale. Mais il savait que c’était faux. Chaque seconde qui passait le rendait un peu plus malade. Il vivait dans une nausée constante. Depuis combien de temps ce double jeu durait-il ? En avait-il toujours été ainsi ? L’avait-elle même seulement aimé ? Cette interrogation était la plus douloureuse de toutes. Comment le dieu de l’amour, son propre père, avait il pu le laisser se fourvoyer à un tel point ? Ne lui avait-il pas toujours fait preuve d’une foi infaillible ? Et c’était ce qu’il récoltait pour toute gratitude de sa fidélité ? À ce point dans ses réflexions, il ne savait plus lequel de ses sentiments prenait le pas. Ils semblaient tous se mêler encore et encore dans un chaos infini. Haine. Colère. Tristesse. Dégoût. Honte. Et profondément enfoui, le pire de tous. Le plus dangereux de tous. L’amour qui refusait de mourir.

Son regard se porta sur le lit vide à côté du sien, le ramenant à la réalité. Il ne pouvait empêcher l’heure de tourner lorsqu’il plongeait dans les méandres de ses pensées et Aleksei n’allait sans doute pas tarder à rentrer de son habituel entraînement en pleine nature. Aussi étrange que cela pût paraitre, Orion n’avait nulle envie de croiser son meilleur ami au détour de leur caserne. Une atmosphère étrange s’était installée entre eux. Il savait que ce n’était pas de l’acabit de Lux de rompre une promesse mais il ne pouvait s’empêcher de se demander si elle lui avait vendu la mèche, ne trouvant d’autre explication à la distance et au silence tendu du fils de Cérès. Il attrapa alors ses affaires et sortit dans l’air à peine frais du soir. L’espace d’un instant, il hésita à partir à la recherche de Jules, ou encore de Kenan, avec qui il avait dernièrement partagé ce qui se rapprochait le plus d’un moment agréable, mais il se ravisa. Il n’était pas d’humeur à s’offrir de la compagnie ce soir, pas même celle d’un ami silencieux. Tout ce dont il avait envie, c’était d’une bouffée d’air frais, un avant goût de liberté. Cela ne devait faire qu’un mois qu’il avait reposé ses bagages au camp Jupiter et il se souvenait déjà pourquoi il l’avait quitté en premier lieu. Ce n’avait d’abord pas été à cause de Lorelei, mais bien pour lui. Les bras du petit Tibre qui entouraient leur campement en rassurant la majorité des pensionnaires n’avait pas ce même effet apaisant sur lui. Il se sentait enfermé, pris au piège, comme un oiseau en cage. Il fallait avouer qu’après avoir goûté l’infinité du ciel, trouver un endroit qui donnait réellement envie de s’y installer n’était pas une tâche aisée. Lorelei avait été son point d’ancrage, son foyer. Alors il s’envola, littéralement.

Ses pieds ne retouchèrent le sol qu’à l’abord d’un parking qui ne lui était pas inconnu. Peut-être aurait-il du montrer plus de réserves quant à son pouvoir à une heure où le soleil n’avait pas encore disparu, mais il s’en fichait. Si la Brume ne le camouflait pas, ces foutus mortels pouvaient bien venir après lui. C’était tout ce qu’il attendait, tout ce qu’il espérait. Une occasion de cracher sa haine sans faire d’autres victimes innocentes. La liste de ceux dont il avait indirectement le sang sur les mains était bien assez longue. À cause de Lorelei. Pourquoi venait-il encore la chercher ici ? Il poussa la porte du bar. C’était étrange de constater que cet endroit restait toujours le même alors que lui avait irrémédiablement changé. La même atmosphère s’en dégageait toujours, les mêmes ivrognes trainaient dans le même coin, les mêmes jeunes riaient haut et fort. Mais lui n’était plus que l’ombre de celui qu’il avait été la première fois qu’il était entré en ces lieux. Il n’était plus ce jeune homme insouciant prêt à faire la rencontre de l’amour de sa vie au tournant d’une de ces tables. Car c’est bel et bien ce que Lorelei représentait à ses yeux. L’amour de sa vie. Il en crevait. « - Hé Orion. » Il releva la tête à l’appel de son prénom. Sa lueur d’espoir s’éteignit à mesure qu’il associait cette voix à sa propriétaire. Cassie. Évidemment. « - Je peux te libérer ta table habituelle si tu veux. » Habituelle. Il tiqua sur ce mot. Quand cette petite table aussi sombre que triste à l’arrière du bar avait-elle pris le pas sur celle qu’il avait si souvent occupée avec Lorelei ? Combien de fois était-il revenu jouer avec le feu, sans aucun résultat ? Il n’était pas certain de vouloir connaître la réponse. « - Oui fais donc ça s’il te plait. » répondit-il d’un ton neutre accompagné d’une ébauche de sourire forcé. Il suivit Cassie pendant qu’elle l’installait. « - Alors, Lorelei travaille encore aujourd’hui ? C’est de l’esclavagisme à ce niveau non ? Comment elle peut humainement supporter ça ? Je vais finir par croire que tu me caches des choses. » Et elle ne pensait pas si bien dire. Mais une fois de plus, il n’avait pas le courage d’avouer. « - Elle reviendra. » dit-il d’une voix qui se voulait certaine. Ce n’était peut-être pas un mensonge cette fois. Il ne saurait dire pourquoi, mais il sentait au fond de lui qu’il la reverrait un jour. « - Et quand ça ? » « - J’en sais rien… » Cassie fit la moue. Elle sembla vouloir ajouter quelque chose mais se ravisa, le laissant en tête à tête avec la boisson qu’il lui avait demandée. Ce n’est qu’après ce qui aurait tout aussi bien pu n’être que quelques minutes qu’une éternité que son nom retentit à nouveau dans l’air. Il s’apprêtait à signifier à la barmaid qu’il préférait rester solitaire mais ses paroles restèrent suspendues dans le vide. Quelque chose clochait. La voix était trop mélodieuse à son oreille. Alors il la vit. Debout, face à lui, un verre à la main. Elle aussi avait l’air transformée. Il ne saurait dire pourquoi, mais elle ne semblait plus à sa place dans ce décor familier. Lorelei. Et une vague de sentiments incontrôlables le submergea. Il avait rêvé de ce moment, mais, à présent, il n’était plus certain de pouvoir l’affronter. Sa bouche s’assécha tandis qu’il devait refouler des larmes au coin de ses yeux. Il sentit une boule se former dans sa gorge et une armée de papillons ravager ses entrailles. Il s’était préparé à la haïr. Il la haïssait. Et pourtant elle apparaissait encore tel un ange à ses yeux. Comment un si petit bout de femme pouvait-il provoquer une telle tempête ? Comment pouvait-elle être cette tempête ? « - T’es sûre que c’est parler que tu veux ? Ou finir le travail avec une balle dans mon crâne ? » Ses mots étaient aussi acérés que des rasoirs. Il ne pouvait pas lui pardonner, ne voulait pas lui pardonner. Il voulait se jeter dans ses bras et tout oublier. Mais il ne pouvait pas, ne devait pas. Et pendant qu’il tentait d’échapper à son regard, il se demanda comment le monde autour d’eux pouvait continuer à tourner, insensible au drame qui se jouait sans masque sous ses yeux.


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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Mar 2 Aoû - 22:34


It melts away the price I pay to taste your love
feat Orion Nightshade

« Feeling used. But I'm still missing you. And I can't see the end of this. Just wanna feel your kiss against my lips. And now all this time is passing by. But I still can't seem to tell you why. It hurts me every time I see you, realize how much I need you. I hate you I love you. I hate that I love you. Don't want to, but I can't put nobody else above you. I hate you I love you. » « T’es sûre que c’est parler que tu veux ? Ou finir le travail avec une balle dans mon crâne ? » Ses mots sont des couteaux. Ils transpercent son coeur. Encore une fois. Elle encaisse le coup. Difficilement. Elle a tellement attendu ce moment. Elle a tellement voulu le revoir. Pouvoir lui parler. Goûter à nouveau à ses lèvres. Se blottir dans ses bras. Mais, c'est bien loin tout ça. Les retrouvailles sont glaciales. Il la déteste. Elle le comprend. Dans un sens, elle se déteste elle-même. Elle ne voulait pas ça. Elle ravale sa salive. Il faut qu'elle tienne. Elle est devant lui. Elle pourrait partir. Loin. Loin de tout cette tragédie. Loin de toute cette peine qui commence à l'étranger. Qui commence à faire flancher ses frêles épaules. Mais ses jambes sont des blocs. Son regard se plante à nouveau dans le sien. Sa gorge est sèche. « Ecoute. » Elle commence. Elle ne sait pas vraiment comment ça va se terminer. Dans sa tête, c'est la troisième guerre mondiale. Elle se bat avec ses idées. Ses convictions presque. La logique voudrait qu'elle parte sans un mot. Ou pire encore. Qu'elle ne mette à terre la raison de sa peine. [i">Définitivement. Mais son coeur... Son coeur, il hurle lui. Il sortirait presque de sa poitrine s'il pouvait. Il se débat. Il essaye de se faire entendre. Lorelei, elle est coincée. Elle est bloquée entre deux. Comme toujours. Le leitmotiv de sa vie. « Tu dois surement me détester. » M'avoir en horreur. Vouloir me faire autant mal que je t'en ai fais. Me mettre à terre. M'hurler dessus. Mais elle dit pas tout ça. A quoi bon. Ses mots sont assez explicites. L'un comme l'autre le sait. Les mots sont parfois bien plus puissants quand ils sont tus. Il fuit son regard. Elle. Pourtant, elle en a tellement besoin. Son coeur se serre un petit peu. « Mais il faut vraiment que je te parle et... » Mais elle a pas le temps d'en dire plus. Des arrivants dans le bar. Il est assez animée à l'origine. Mais c'est pire quand une fête d'étudiants s'invite. Ou un enterrement de vie de garçon. Une vraie foire. Un endroit impossible à tenir. Un groupe de jeunes hommes entre. Ils semblent déjà bien éméchés. Il faut dire qu'il commence à se faire tard. C'est vrai. A trop remuer ses souvenirs et son coeur blessé, la jeune femme n'avait pas vu l'heure tourner. Ils parlent fort. Trop fort. Ils couvrent ses paroles. C'est normal dans un bar. Mais c'était pas le moment. Vraiment pas. Elle allait enfin parler. Déposer tout ce qu'elle avait sur le coeur. Pour une fois. Être à coeur ouvert. Cela n'arrive pas souvent. C'est pas une fille qui fait toutes les cinq minutes ses dépositions d'amour. Non. Elle respecte ses sentiments, les perpétue dans l'ombre. Ne les sortant que rarement. Alors, elle est comme coupée dans son élan. Elle se mord la lèvre. Même si elle prie, ils ne partiront pas. Satané enterrement de vie de garçon. A croire que l'univers est définitivement contre eux. Elle tente de rassembler ses pensées. Mais il y a trop de bruits. Autour d'eux, ils se fichent de leur conversation. Ils sont inconscients de ce qui se jouent juste devant leurs yeux. Ils sont encore innocents. Trop. Si déjà, elle n'était pas à l'aise. C'était bien pire à présent. Alors, elle ne réfléchit pas. Pas tellement. Il fallait qu'elle sorte. La bouffée du bar commençait à l'étouffer. Elle agit sans réfléchir. Comme beaucoup de fois. C'est son coeur qui parle. Ses sentiments parfois trop refoulés. Elle ne lui demande rien. Après tout, il lui aurait surement ri au nez. Et serait resté ici. Dans cette foule bruyante. Alors, elle lui prend la main pour sortir du bar. Contact presque brûlant. « C'est pas possible ici. » murmure-t-elle presque à elle-même. Elle fait vite. Il n'a pas le choix. Il lui hurlera dessus plus tard. « Suis-moi. » Elle ne se justifie pas réellement. A quoi bon. Des explications, elle en a tellement à lui dire. Parce qu'il en demandera. Sans aucun doute. Mais elle repousse le moment. Elle n'y pense pas. Elle a déjà assez mal comme ça. Alors, elle fait quelques pas pour ouvrir la petite porte de service pour sortir dehors. L'air frais lui fit tout de suite du bien. Une bouffée d'air frais dont elle avait terriblement besoin. Il n'y a personne. Et quand la porte se referma derrière eux, le bruit fut tout de suite étouffé. Parfait. Elle finit par lui lâcher la main. Presque à contre-coeur. Elle l'avait presque oubliée cette main contre la sienne. Un petit bout de leur passé auquel elle aurait aimé se raccrocher. Mais il va sans doute s'écrier au scandale. Elle s'en fiche. Elle préfère le laisser vociférer. La nuit est presque froide. Ça lui remet les idées en place. Presque comme un réflexe, elle rabat son gilet contre elle. Comme pour se protéger. Dans sa tête, les idées fusent. Se battent encore et encore. Ça la fatigue. Elle ne l'écoute pas. Elle essaye de reprendre ses esprits. Elle a presque oublié pourquoi elle voulait le voir. Elle se sent tellement mal. Minable. Fort minable. Alors elle finit par baisser son regard sur le sol. Ses mains deviennent moites. Qu'on la sauve de cette ruelle. Les étoiles brillent dans le ciel. Elles ne lui ont jamais paru plus désespéré qu'à cet instant. Ça tourne dans sa tête. Toujours ce même combat. Si ses 'collègues' savaient ce qu'elle s'apprêtait à faire, ils l'auraient surement traitée de folle à lier. Mais elle ne savait plus. Elle était comme une sorte d'agent double. Mais pour qui travaille-t-elle ? Pour le DLCEM comme elle l'avait toujours cru ? Ou s'était-elle sans s'en rendre compte mise à une nouvelle cause ? Elle ne savait pas. Plus. Orion avait toujours eu ce don à remettre toutes ses convictions en l'air. L'amour sans doute. Il avait mis de la lumière dans sa vie. Elle n'avait jamais été autant amoureuse d'un homme que lui. Il était indéniablement l'homme de sa vie. Mais. Il y a toujours un mais. Elle avait tout mis en l'air. Elle avait joué avec le feu et elle s'était bien brûlée. Ca faisait mal. Il était la plus belle chose qui était arrivée dans sa vie, mais il était aussi la pire. Comment pouvait-elle choisir ? Comment pouvait-elle remettre tout en question à cause de lui ? Pouvait-elle remettre presque dix ans de sa vie en cause juste pour lui ? Mais pouvait-elle de son côté abandonner l'idée d'un 'chemin séparé' ? Non. Et non. Elle ne pouvait pas abandonner tout ça. Ses convictions, c'est ce qui la construit. Alors en les abandonnant, n'était-elle plus, elle, Lorelei ? Mais son amour, c'était tout. N'attendait-elle pas un enfant de lui ? Alors, avait-elle réellement une solution à tout ça ? Dilemme cornélien. Dilemme draconien. Une impossibilité. Une impasse. Un désespoir. Alors, elle se met à parler au dessus de lui. Elle ne l'écoutait pas. « Tu peux me hurler dessus. Tu peux dire que tu me détestes. Tu peux m'hurler à la figure que j'ai gâché des années de ta vie pour rien. Tu peux me cracher que tu me haies. Tu peux me crier que tu m'as en horreur. Tu peux me dire de m'en aller. Que tu ne veux plus jamais me revoir. Tu peux me dire que mon visage te donne des nausées. Que j'ai été le malheur de ta vie. » commence-t-elle alors. Parlait-elle d'elle-même ? Un peu. Elle s'en voulait terriblement. Ce double jeu l'avait mené à sa perte. Elle a été cette Lorelei victime de son propre sort. Malheureuse comme les pierres. Et damnée à jamais. Elle se détestait autant qu'il la détestait. Mais elle était démunie. Elle avait besoin de lui. Elle était perdue. Comment pouvait-elle prendre une telle décision toute seule hein ? En y réfléchissant, ce n'était pas tant le DLCEM qui lui faisait peur. Non. Depuis quelques semaines, elle avait décliné certaines missions. Avec des excuses plus idiotes que les autres. Parce qu'en vérité, elle ne savait plus ce qu'elle faisait. Ce qui était bien. La vengeance coulait toujours dans ses veines. Orion ne savait pas tout ça. Le drame de sa vie. La mort de sa mère. Non. Elle lui avait raconté un truc idiot. Ce que les humains ignorant du monde mythologiques avaient dit à l'époque. Une folle à lier qui ne pensait qu'à la mort. Une sombre nuit de camping qui s'était mal terminé. Alors non. Il ne savait pas la tragédie de son adolescence. Ce meurtre qui l'avait animé depuis tant d'années. Peut-être que cela aurait changé la donne d'un certain côté. Peut-être que non au fond. Alors, oui. C'était lui qui lui faisait peur. Sa réaction. Parce qu'elle devait bien lui dire. Elle ne pouvait décemment pas le cacher. Surtout que cela commençait légèrement à se voir. Taille de guêpe oblige. Elle-même avait l'impression que la moindre prise de poids se voyait à des kilomètres à la ronde. Alors, elle devait lui dire. « Et tu as sans doute raison. J'ai été idiote de croire à tout ça. » Parce que oui, elle avait cru en eux. En leur amour. Ce petit être qui grandissait chaque jour en elle était bien la preuve. Mais pouvait-elle encore à présent ? Elle en doute franchement. Finalement, ils étaient un peu le Romeo et Juliette moderne de Shakespeare. Encore une tragédie. Les rumeurs disent que la jeune femme était enceinte lors de son suicide pour rejoindre son bien-aimé. Drôle et fascinant parallèle. Presque effroyable à vrai dire. Elle ne préfère ne pas y penser. Alors à présent, pouvait-elle croire en eux ? Elle a réellement du mal. Elle l'aimait oui. Mais l'avenir était fait pour eux ? Elle en doute fortement. Malheureusement. Son coeur se serre. Elle essaye de poser sa voix. Il manquerait plus qu'elle bégaye sous l'émotion. La nuit les englobe. Ils se font face. Se défient presque. « Mais ce n'est pas pour ça que je veux te parler. Je... » Elle ajoute. Les mots sont durs. Elle a du mal à les dire. Parce que ça deviendrait réel. Et à vrai dire, elle n'en avait pas réellement pris conscience. Non. Elle avait été ces dernières semaines un peu dans sa bulle à ressasser les souvenirs et les jours heureux. Tout ça avait sonné presque comme un mauvais rêve. Alors lui dire serait comme l'accepter. Comme le rendre vrai. Et ça lui faisait peur à Lorelei. Elle est pétrifiée. Par tout ça. Ça commence à faire lourd sur ses épaules. Son dos commence à courber. Ça fait mal. Mais elle n'a plus le choix. Elle doit lui dire. Parce que c'est son droit sans qu'il ne le sait. Parce que ça évite les explications aussi. Que pourrait-elle dire ? Qu'elle a en horreur son espèce. Qu'elle les avait voulu tous morts quand elle était plus jeune ? Non. Cela serait pour plus tard. Chaque moment son problème. Et elle sent que c'est là qu'elle doit lui dire. Dans cette petite ruelle sombre. Dans ce passage où la petite lumière au dessus de la porte de service clignote. Dans ce pavé de rue où le silence est roi. « Je suis enceinte, Orion. » Voilà. La bombe est lancée. Elle attend le revers de l'explosion. Elle se mord la lèvre. Elle a peur. Mais elle a besoin de lui. Elle guette sa réaction. Sa colère. Peut-être sa surprise. Dans ses yeux, on voit qu'elle est démunie. Impuissante sur ce qu'il lui arrive. Petit animal frêle attendant la balle du chasseur. Sa poitrine se soulève difficilement. Elle manque d'air. Son coeur va exploser. Au loin, des voix sortant du bar par l'entrée principale leur parviennent. Mais elle n'écoute pas. Non. Toute son âme est tourné vers son ancien petit-ami. Celui dont elle a brisé le coeur. Celui dont elle a désespérément besoin. Celui qu'elle aurait du pourtant haïr de toute son âme.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Dim 21 Aoû - 13:37



It melts away the price I pay to taste your love
Lorelei & Orion

L’ennui d’une autre soirée vide. C’était ce qu’il était venu chercher dans ce bar, quoi qu’il en pensât précédemment. Il n’avait pris l’habitude de revenir ici, l’illusion de jouer avec le feu imprégnée dans son être, uniquement parce que, au fond de lui, il avait été convaincu que le risque était nul. Orion n’avait réalisé cela que lorsque la voix de Lorelei retentit à nouveau, tentant en vain de combler l’espace qui les séparait encore. Il n’avait pas esquissé l’ombre d’un mouvement dans sa direction, pas même pour lui intimer de le rejoindre à sa triste table. Alors elle était restée là, plantée à quelques mètres de lui, un verre d’une boisson qui ne lui disait rien dans la main. Il ne s’était pas inquiété de ce détail. Après tout que savait-il réellement de Lorelei, de ses goûts ? Depuis l’incident tragique qui les avait séparés, il s’était mis à douter de tout, à penser que la femme dont il était tombé amoureux n’était même pas réelle, qu’il s’agissait juste d’un personnage inventé par une tueuse impitoyable. Cette pensée lui brisa le coeur encore une fois, sensation tristement familière à présent. Et il sut. Il sut que peu importait ce qui allait résulter de cette confrontation, il n’y était pas préparé. Occupé comme il l’avait été à faire le deuil des victimes, y compris celles de son ancienne petite amie, il en avait oublié de faire le deuil de leur amour. Aussi fort qu’il la haïssait, il ne parvenait à se défaire de cinq années de souvenirs. Il s’y attachait désespérément, comme à la dernière bouée de secours qui l’empêchait de sombrer définitivement. Il se refusait à croire que tous ces instants heureux gravés dans sa mémoire n’étaient que le fruit d’un mensonge, qu’ils pouvaient être balayés par les quelques maudites secondes qu’il avait fallu à Lorelei pour appuyer sur la détente de son révolver. Il savait aussi qu’à la seconde où elle ouvrirait à nouveau la bouche, son dernier semblant d’espoir serait réduit à néant. Écoute, lui avait-elle dit. Mais il ne voulait pas. Il voulait lui hurler de se taire, l’empêcher à tout prix de parler, de causer d’autres dégâts, mais sa simple présence l’avait retourné au point de le rendre muet. Alors il était condamné à l’écouter, impuissant, le regard fuyant. Ses paroles étaient comme des poignards qui lui lacéraient le coeur. Il n’avait pas même la force d’approuver ses dires, de lui cracher sa haine à la figure comme elle le méritait. Pourtant il l’aurait souhaité. Non pas par pure vengeance (bien qu’il devait avouer brûler du désir de la faire souffrir autant que lui avait souffert) mais parce qu’exprimer enfin sa rage à voix haute l’aurait libéré de plusieurs semaines de silence. Le terme qu’elle avait employé était encore bien trop faible pour rendre justice de ses sentiments. Il voulait lui dire qu’il l’exécrait, qu’il ne rêvait que de lui planter une flèche entre les deux yeux ou de ne l’avoir jamais rencontrée, que la simple vue de son visage rendu hideux par ses crimes lui donnait la nausée. Il voulait lui dire tout cela et observer son visage se décomposer à chaque mot qu’il martèlerait avec soin. Mais lorsqu’il la regardait comme elle lui apparaissait ce soir, une jeune femme frêle à l’allure inoffensive, le courage de la briser lui faisait défaut. Alors encore une fois ses yeux la fuirent, incapables de la regarder. Il attrapa le verre toujours posé devant lui et vida cul sec son contenu, tentant sans résultat de noyer sa frustration. Peut-être était-ce l’effet de l’alcool ou celui de l’heure tardive, mais le bar sembla peu à peu reprendre ses droits, effaçant doucement Lorelei. Elle qui avait voulu discuter se voyait soudain réduite au silence par les cris et les rires d’une joyeuse bande d’à peu près leur âge venue fêter un enterrement de vie de garçon. Instinctivement, la main d’Orion plongea dans la poche de son pantalon, y trouvant le contact de son foutu écrin. Une pensée terrible s’insinua dans son esprit : si Lorelei n’avait pas tout envoyé en l’air, il aurait pu faire partie de cette bande. Ç’aurait pu être ses amis les plus proches et lui, portant des vêtements ridicules, buvant plus que de raison tout en laissant échapper les gros rires qui dans cette réalité-ci semblaient le narguer.

Il était tout à sa rancoeur lorsque Lorelei fondit sur lui, attrapant la main qui n’était pas restée au fond de sa poche. Ce contact le fit tressaillir. La sensation de la peau de Lorelei contre la sienne était pourtant si familière, c’était comme un petit morceau de leur histoire qui refusait de mourir. Orion voulait s’y accrocher de toutes ses forces, l’empêcher de disparaître à nouveau. L’espace d’un imperceptible instant il serra ses doigts plus fort qu’il ne l’aurait du. La chaleur qui résultait de ce contact le brûlait presque, pour la première fois depuis de longues semaines, il pouvait sentir son coeur s’emballer dans sa poitrine. Il avait presque l’impression d’être vivant. Puis la magie s’éteignit. Lorelei laissa échapper sa main. Le monde autour d’eux reprenait ses droits, faisant éclater la bulle d’intimité dans laquelle elle les avait plongés. Il réalisa alors que pendant tout ce temps, il avait retenu son souffle. Orion inspira une profonde bouffée d’oxygène. Lorelei les avait menés à l’extérieur du bar par la porte de service et l’air frais du soir le frappa enfin, lui remit les idées en bonne place. Tout s’ordonna enfin dans son esprit, et, du chaos qui l’avait submergé ne restaient que la haine, la rancoeur. « - De quel droit tu te pointes ici comme si de rien n’était ? Tu crois que tu peux continuer à jouer comme ça t’arrange ? Tu crois que parce que t’as décidé de parler tu peux me prendre la main et m’emmener avec toi ? J’en veux pas moi de tes explications. Ce que j’ai vu m’a suffi. Ce… » Il voulait parler de cette fameuse nuit mais il ne pouvait pas. Aucun mot n’était assez poignant, assez puissant pour parler de l’horreur de cette nuit là. « - Tu m’as perdu, c’est fini Lorelei. » C’était la première fois qu’il prononçait son nom à haute voix depuis longtemps. Il y avait mis une emphase particulière, son mépris transparaissant plus dans cet unique mot que dans tout le reste de son discours. Il eut besoin d’une courte pause pour digérer son propre sentiment avant de reprendre, laissant exploser sa rage. « - Tu n’as même pas idée de ce que j’ai souffert. J’en ai fait des erreurs mais toi, oh toi… toi tu as été la plus belle de toutes. Vous avez bien dû en rire avec tes petits copains. Réussir à tromper le fils du dieu de l’amour avec tes mensonges. Je t’ai fait bêtement confiance et des innocents sont morts. Je te hais Lorelei, je te hais à un point… » Son flot de haine se répandait tout autour d’eux, emplissant chaque centimètre d’espace, mais Lorelei ne l’écoutait pas. Ses yeux étaient levés vers le ciel, comme si le moment avait été parfaitement choisi pour contempler les étoiles. Leur beauté était indécente, elles brillaient avec majesté, insensibles au drame qui se jouait juste sous leurs yeux. Orion avait envie d’exploser. Il voulait attraper Lorelei, la secouer, la forcer à l’écouter pendant qu’il se libérait de tous les non-dits qui étaient restés entre eux. Et pourtant il en était incapable, tout comme il ne pouvait deviner le dilemme intérieur auquel elle était en proie. Il avait été persuadé d’être la victime de leur histoire, que le coup de cette tornade avait été chaudement prémédité. Il était à des milles de se douter du tiraillement qui la saisissait, des forces dévastatrices qui se battaient dans son coeur et dans son esprit. Lorsqu’elle reprit la parole il fut contraint au silence. Son ton était déterminé, elle semblait vouloir annoncer quelque chose d’important. Impassible, immobile, retenant chaque remarque cinglante qui se formait sur le bord de ses lèvres, il l’écoutait. Jusqu’au dernier mot.

On ne sait jamais lorsqu’une tempête va s’abattre. Ce fut l’effet que lui fit sa révélation. Quatre petits mots d’une force qui semblait les dépasser tous les deux. Je suis enceinte, Orion. Elle avait enclenché le détonateur d’une bombe et lui observait les débris du monde tel qu’il l’avait connu s’effondrer autour de lui. Sa première pensée fut qu’il ne s’agissait que d’une vaste blague. Elle était venue enfoncer encore un peu plus le clou qu’elle lui avait planté en plein coeur. Une balle ne suffisait pas pour l’achever comme elle avait achevé les autres. Non, avec lui elle avait besoin de jouer, de manipuler ses sentiments. Pourtant lorsqu’il releva enfin les yeux vers elle, il ne l’avait jamais vue si démunie, si fragile. Leurs regards se croisèrent et il sentit dans le sien l’appel d’une prière silencieuse. Alors il s’attarda un peu plus sur chaque détail de son corps, et il sut. Comment avait-il pu louper ce qu’il avait eu sous les yeux tout ce temps ? La courbe presque imperceptible de son ventre était flagrante pour lui qui connaissait ce corps par coeur. Sa poitrine aussi semblait plus gonflée que d’accoutumée même si elle tentait de la camoufler derrière le gilet qu’elle rabattait sur son corps, tentant d’effacer toute trace de sa vulnérabilité. À ce moment, il ne put se contenir. Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres, venant combler le silence qui avait suivi la révélation. Cupidon ne s’était-il pas assez joué de lui ? Il ne pouvait plus s’arrêter à présent, son rire était devenu hystérique, unique moyen d’oublier son coeur qu’elle venait encore une fois de briser. Quelques semaines plus tôt il aurait explosé de joie face à une telle nouvelle. Il se serait précipité vers Lorelei, l’aurait prise dans ses bras, soulevée de terre, embrassée. Il aurait collé ses mains et ses oreilles sur son ventre légèrement arrondi tout en sachant qu’il n’aurait encore pu rien sentir, rien entendre, mais juste parce qu’il aurait eu le besoin incommensurable d’être plus près de cet enfant. Son enfant. Et malgré tout ce qu’elle avait fait il mourait encore d’envie de faire tout ça. Seul l’écrin dans sa poche, qui pesait plus lourd que jamais, l’empêchait d’effectuer le moindre mouvement. Cette bague qu’il portait encore était une morsure cruelle qui se rappelait à lui. Ils ne seraient jamais plus une famille. « - Comment… » fut tout ce qu’il parvint à articuler. Il était interdit face à ce qu’il réalisait peu à peu. Cet enfant était condamné. Condamné par la haine mutuelle que se vouaient ses parents. Lorelei aussi le savait. Alors une pensée terrible l’assaillit. « - Qu’est-ce que tu comptes faire ? » Toute trace de rire avait disparu. Une panique profonde le submergea peu à peu. Était-elle en train de jouer sa carte finale ? Était-elle venue lui annoncer qu’elle portait cet enfant pour le simple plaisir de le voir se décomposer lorsqu’elle lui dirait vouloir s’en débarrasser ? Il ne pourrait le supporter. « - Je veux cet enfant. » Ses paroles avaient fusé avant qu’il ne put réfléchir. Il était venu se planter devant Lorelei, réduisant à néant la distance qui les séparait, son regard profondément ancré dans le sien. Il tentait en vain de déchiffrer ses émotions, ses sentiments. Lorsqu’il regardait son visage il n’y voyait que le doute qu’elle avait insinué en lui, la peur de ne pas savoir distinguer le réel du mensonge dans l’histoire qu’ils avaient partagée. Et qu’ils continueraient de partager. Qu’ils le veuillent ou non. Orion pensait les mots qui étaient sortis de sa bouche, il les pensait de tout son être, de toute son âme. Il mourrait plutôt que de voir cet enfant être éloigné de lui. « - Je veux faire partie de sa vie, je veux… être son père. » Sa voix n’était plus qu’un murmure. Tout son univers avait encore une fois été chamboulé en une poignée de secondes par le passage de l’ouragan Lorelei. Sans le voir il était déjà fou de cet enfant. Et il lui redonnait espoir. Peut-être parviendrait-il à la faire changer d’avis. Peut-être la sauverait-il du chemin de violence dans lequel elle s’était engouffré. Peut-être avait-elle eu ses raisons qui le dépassaient lui mais que cet enfant saurait arranger. Ça n’empêchait pas Orion de la haïr. Il ne pouvait lui pardonner, pas encore. Mais peut-être que l’univers, peut-être que Cupidon lui offrait une chance de faire les choses bien. Alors lui aussi décida de jouer cartes sur table. « - Si on a décidé d’être honnêtes l’un envers l’autre, j’ai aussi quelque chose à te montrer. » commença-t-il en plongeant la main dans sa poche. Il en ressortit le si petit écrin qui semblait pourtant peser le poids du monde et le déposa dans la main de Lorelei. « - J’allais te donner ça, avant… » Nul besoin d’achever sa phrase. Avant que tu ne tues un gamin innocent sous mes yeux. Ça ne sonnait pas bien. Et elle savait. Il observa son visage, la main toujours tendue pour lui signifier qu’il attendait un retour de l’objet lorsqu’elle aurait terminé. Cette bague, c’était sa bombe à lui. Il cherchait dans ses yeux l’expression d’une moindre émotion. Il cherchait au plus profond de l’âme de Lorelei une preuve que tout leur amour n’était pas que le fruit d’un mensonge. Il cherchait l’espoir qui n’avait jamais réussi à mourir complètement. Encore. Toujours.


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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Ven 11 Nov - 15:16


It melts away the price I pay to taste your love
feat Orion Nightshade

« Je n'ai pas vu venir l'amour. Je n'ai pas su le retenir. Mais qu'en est-il des sentiments ? Comment veux-tu que je t'explique ? Je n'ai pas vu que tu coulais. Tu faisais comme si rien n'était. Mais qu'en est-il des sentiments ? Et bien souvent tu me disais : Je ne veux pas mourir, pas mourir. Je ne veux pas mourir dans tes yeux. Comme je suis désolée. » Ô belle Lorelei. Douce Lorelei. Le sort s’acharne. Elle se débat. Elle s’accroche. Elle riposte. Mais elle coule. Encore et encore. Rien n’y fait. L’eau s’engouffre en elle. Ses poumons sont pris au piège. Elle suffoque. Elle réplique. Se débat pour rien. En vain. Et ça explose. Elle explose. Le sort s’acharne. Le mythe lui colle à la peau. Elle ne peut rien faire. Le destin la pourchasse. Elle est victime de son propre sort. Quand est-ce que cela s’arrêtera ? Jamais. Ça sonne comme une litanie funéraire. C’est moche. Le malheur se perpétue. Elle ne peut rien y faire. Juste subir. Juste tenter de limiter la casse. Et qu’est-ce que ça fait mal. Un mal de chien. Mais c’est comme ça. Elle a pas le choix. Elle a jamais eu le choix. C’est comme ancré en elle. Une force bien trop supérieure à elle. Pauvre d’elle. Mais elle résiste. C’est déjà ça non ? Déjà ça. Alors il faut qu’elle respire. Contre tout. Prendre une bouffée d’air. Parce que c’est ça qui lui manque. De l’air. De l’espace. Elle étouffe. Toute cette ambiance, cette atmosphère. C’est épuisant. Elle est épuisée. Tout ça, c’est trop pour elle. Elle va devenir folle. Folle comme cette pauvre Lorelei. Un cercle vicieux. Une perversité morbide. Son regard s’attache. Se détache. Tenir son regard est trop dur. Les étoiles l’attirent. Si brillantes. Si lumineuses. Elles semblent si lointaines ce soir. Pourtant si belles. L’espace est infini. Cette soirée était fraîche et jolie. Elle l’avait vu de suite en sortant du bar. Le silence le confirmait bien. C’était si simple ici. Et pourtant si compliqué. Les bruits du bar auraient pu être plus simples. Elle aurait dû crier. Il aurait pu comprendre autre chose. Des quiproquos. Des complications simples. Mais le silence était roi dehors. Alors plus de non-dits. Ça éclate ici et là. Elle le sent bouillonnant. Une soupape prête à exploser. Elle avait raison. « De quel droit tu te pointes ici comme si de rien n’était ? Tu crois que tu peux continuer à jouer comme ça t’arrange ? Tu crois que parce que t’as décidé de parler tu peux me prendre la main et m’emmener avec toi ? J’en veux pas moi de tes explications. Ce que j’ai vu m’a suffi. Ce… » Les étoiles. Elles étaient décidément de toute beauté. Un paysage paisible. Une échappatoire à une réalité bien trop dure. Elle ne peut s’empêcher. Elle avait toujours adoré les étoiles. Elle aurait dû les haïr. La nuit pouvait se révéler cruelle. Comme il y a des années. Mais cette fois-ci elle semblait presque réconfortante. Son manteau brillant la prenait presque dans ses bras. Ses paroles étaient douces. Bien trop douces. Ce n’était que des murmures. Mais les –presque– cris d’Orion brisaient l’atmosphère. Ils résonnaient en elle comme jamais. Son cœur se déchirait un peu plus malgré lui. Il avait déjà si mal. Elle jouait. Elle s’amusait. Elle n’était que mensonge. Que manipulation. La fausse déesse de la mesquinerie. Voilà ce qu’elle était à ses yeux. Il croyait qu’elle menait la danse. Qu’elle maitrisait chaque pas sur le parquet de leurs vies déchues. S’il savait. Elle glissait. Oui. Elle virevoltait. Oui. Mais les tourments l’emmenaient dans un paso doble bien trop violent. Elle vacillait. D’un côté. Puis de l’autre. Sa tête ne suivait plus. Elle était perdue. Et son cœur ? Il n’y en avait plus. Une valse mortelle. « Tu m’as perdu, c’est fini Lorelei. » Des mots bien trop durs. Une pause qui fait mal. Une phrase simple. Le couperet de la guillotine qui tombait. Ce n’était plus des non-dits. Ce n’était plus des évitements. Non simplement, la vérité pure et dure. Celle qui peut détruire un homme. Celle qui fait autant mal à l’un comme à l’autre. La douleur se lisait sur son visage. Orion. Elle ne l’avait jamais vu ainsi. Ou peut-être une fois. Ce fameux jour maudit. Celui qu’elle avait vite rayé de sa mémoire. Mais elle aussi elle avait mal. Encore. C’était presque lassant. Toute cette douleur qu’elle ne cessait de brasser. C’était la même chose avec elle. Comme s’il ne restait que cela. Comme si toute sa vie ne se résumait qu’à cette immense peine. Est-ce le regret de sa vie ? Une journée qu’elle regretterait jusqu’au bout ? Sans doute. Peut-être. C’était logique. Elle l’aimait tellement. Trop sans doute. Assez pour aller en contradiction avec ses convictions les plus fortes. Assez pour aller au-delà de tout. Un amour au sens pur du terme. Mais était-ce assez ? Elle n’en savait toujours rien. Il restait ce qu’il était après tout. « Tu n’as même pas idée de ce que j’ai souffert. J’en ai fait des erreurs mais toi, oh toi… toi tu as été la plus belle de toutes. Vous avez bien dû en rire avec tes petits copains. Réussir à tromper le fils du dieu de l’amour avec tes mensonges. Je t’ai fait bêtement confiance et des innocents sont morts. Je te hais Lorelei, je te hais à un point… » Il parlait sans réellement comprendre. Qu’y pourrait-il ? Même si elle lui expliquait. Il rirait probablement. Il criait à la manipulation. Au mensonge. Il n’avait pas tort. Elle-même ne savait plus. Elle avait tellement menti qu’elle ne savait plus le vrai du faux. Elle mentait au DLCEM. Elle avait menti à Orion. Alors qui était-elle ? Un agent bien trop faible ? Une infiltrée bien trop bancale ? Ou bien une femme amoureuse prise au piège ? Le choix n’était pas simple. Elle n’arrivait pas à se décider. Elle n’avait jamais su le faire. Toujours cette dualité qui la prenait au cou. Qu’en était-il des sentiments ? Confus. C’était bien là le problème. Et cette douleur… Il se trompait. Elle avait souffert aussi. Elle souffrait encore. Cette peine qui l’étouffait. Pourquoi était-elle là sinon ? A remuer le couteau dans la plaie. A vouloir tout déballer. Elle devait s’en débarrasser. Lui dire. C’était le seul moyen. Oui. Elle souffrait. Il n’y avait même pas lieu à comparer. Elle l’avait tellement blessé. Déçu aussi. C’était ça qui la minait. Il représentait tellement à ses yeux. Bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Il fallait bien l’avouer. Pourquoi avait-elle passé ces journées enfermée chez elle étendue simplement sur leur lit ? Pourquoi avait-elle prétexté des excuses idiotes pour ses missions ? Pourquoi avait-elle fait tout ça hein ? C’était trop pour elle. Ce regard. Elle l’avait toujours eu en mémoire depuis ce jour-là. Il restera gravé dans sa mémoire. Il était presque terrifiant pour elle. Et puis… Il y avait ce tout. Ce trop d’informations à traiter en même temps. Trop de sentiments. Trop de tourments à gérer. Alors elle s’était perdue. Un peu plus. Dans la douleur évidemment. Elle s’y était complainte presque. Parce qu’il avait raison. Qu’il la haïsse, elle l’avait prédit. Il en avait le droit. Elle avait joué avec le feu. Elle avait voulu voler proche du soleil et elle s’était brûlée les ailes. Ce n’était pas si compliqué. Pourtant, il était si beau le soleil. Un bel astre solaire. Mais c’était l’interdit. Orion était son interdit. Celui qu’elle n’aurait pas du avoir. Son soleil. Parce que l’aimer a été sa peine. Sa propre damnation. Un choix cornélien bien trop complexe. Il était bien plus qu’il ne pensait pour elle. Mais de là à en rire avec ses ‘copains’. Il se trompait tellement. Elle les avait évités comme la peste. Entendre leur folie sanguinaire la laissait. Entendre leurs blagues idiotes était devenu compliqué. Elle ne le supportait plus. Elle avait l’impression d’être une étrangère dans sa propre maison. Elle n’avait plus esquissé un sourire depuis. Un simple rictus d’apparat. C’est tout ce qu’elle sait faire à présent. C’était Orion qui lui donnait le sourire. Elle ne s’en était rendue compte que maintenant. Mais qu’il est trop tard. C’est moche. Toute cette histoire est moche. Les étoiles les ont destinés à un bien funeste sort. Il faudrait y remédier. Retourner la situation. Mais dans quel sens ? C’était ça la question. Dans un sens. Ou dans l’autre. Encore cette question qui l’obsède. Cette question à laquelle elle n’a pas la réponse. Cette question qui l’empêche de dormir. Cette question qui a dicté sa vie. Qui l’a pourri jusqu’à la moelle. Elle avait pu l’esquiver jusqu’à présent. Remettre à plus tard. Procrastiner. Mais il était temps de faire un choix. De prendre enfin sa décision. En fait… Elle était peut être prise la décision. Et depuis longtemps. Mais peut-être qu’elle se la cachait. Elle y avait cru tellement longtemps. Tout renier d’un coup aurait été dur. Bien trop dur. Alors quoi ? Quand se mentirait-elle encore ? Pourrait-elle le supporter encore longtemps ? Non. C’était une évidence. Cela les empoisonnait à petit feu. Cela les tuait. Alors qu’il ne le savait même pas. Alors elle finit par exploser. Elle se débat encore une fois dans cette eau trouble et violente. Un dernier coup pour retrouver la surface. Un nouveau souffle. Alors elle parle. Quelques phrases dites. Des mots qui ont tellement eu du mal à sortir. Parce que ça serait se mettre à nu. Cela serait dévoiler tous les tourments de ces derniers mois. Mais c’était nécessaire. Elle le sentait au fond d’elle. Parce que toute seule elle n’y aurait pas réussi ? A prendre une décision. Celle de sa vie peut-être. Parce que son gilet elle a beau le rabattre, ça se voit. La fine courbe de ton ventre. Il connait si bien son corps qu’il a dû la remarquer. Alors il faut lui dire. Arrêtez de mentir. C’est bien ce qu’il voulait non ? Plus de mensonges. De faux semblants. Rien. Que la vérité pure et dure. Alors allons-y. Et elle finit par le lâcher le mot. Ce mot qu’elle redoutait depuis quelques mois. Qu’elle évitait aussi. Ça lui fait prendre conscience de la réalité. Celle qu’elle a refusé de voir en face. Enceinte. Le mot est lâché. Elle attend sa réaction. Elle reste pendue à ses lèvres. Mais elle tarde. Elle n’est pas celle qu’elle aurait crue. Dans tous les sens du terme. Parce qu’il rit. D’un rire jaune. D’un rire moqueur. Elle ne sait comment le prendre. Elle se sent juste un peu plus écrasée. Vulnérable. Alors elle rabat encore une fois son gilet sur elle. Et lui il rit. Elle est comique leur situation. Tellement que cela en devient risible. Vraiment. Comme on dit vaut mieux en rire qu’en pleurer non ? Il se décharge. Elle le laisse faire. A quoi bon hein ? Son regard se perd. Elle ne sait comment réagir. Il croit surement à une énième carte sur le jeu de leur vie. S’il savait. Alors elle reste silencieuse. Elle attend qu’il comprenne. Vraiment. Parce qu’elle sait qu’il le fera. Elle le connait après tout. Autant que lui, la connait. Elle voit son visage se décomposer. Autant que le sien. Elle aurait voulu disparaitre. Entrer dans un trou de souris et ne jamais ressortir. Mais elle se tient là. Devant lui. La tête presque basse. Mais elle soutient son regard. Ce regard si fragile et vulnérable. Elle tient bon. Même si elle aurait voulu partir à des millions de kilomètres. Et il comprend. « Comment… » Par la volonté du saint esprit tiens. Conception immaculée comme on dit. Ca la rend presque lassée. « Qu’est-ce que tu comptes faire ? » Si elle savait. Elle ne serait pas là. Elle avait besoin d’avis. De conseil. Parce que cet enfant elle ne l’avait pas fait toute seule. Cet enfant était une parfaite combinaison des deux. C’était à la fois eux et l’unicité. Mais il ne lui laisse pas le temps. Vraiment pas. Elle est trop pensive pour répliquer. Et lui trop rapide. Trop défensif. « Je veux cet enfant. » Le voulait-elle elle ? C’était toute la question. Le nœud du problème. Il y a quelques semaines la réponse aurait été évidente. Oui. Cela aurait été compliqué. Mais possible. A présent tout était remis en question. C’était tellement confus dans sa tête. Une horreur. « Je veux faire partie de sa vie, je veux… être son père. » Père. Oui tout aurait été plus facile il y a quelques temps. Elle aurait pris le temps de lui annoncer. Peut-être en imaginant un stratagème. Lui offrant un sachet avec des petits chaussons. Le laissant un peu mariner. Pédaler dans la semoule. Et puis quand serait venu leur de la révélation. La joie et les sourires auraient été de la partie. Ils auraient probablement fêté la nouvelle comme il se devait. Mais là… C’était autre chose. Elle était perdue entre deux eaux. Entre son cœur meurtri et sa tête. Un combat sans relâche qui la fatiguait. L’un des deux commençait à faiblir. Mais lequel ? C’était dur à expliquer. Peut-être que le destin avait déjà décidé. Cet enfant. Il était peut-être pas là par hasard. Peut-être pour les réunir après tout. Pour les rabibocher ? Rêvait-elle ? Sans doute un peu. Beaucoup. Le regard d’Orion en disait long. Il la haïssait. Cet enfant inspirait un espoir chez elle. Pour eux. Un aspect qu’elle gardait bien au fond d’elle-même. Et lui ? Pensait-il la même chose ? Elle en doutait. Les mots lui manquaient. La question était celle qu’elle se posait depuis des jours et des jours. Encore. Et sans réponse. Elle était habituée aux questions sans réponses. Aux tourments qu’elles suscitaient. Mais jamais elles n’avaient été formulées à voix haute. Elle était démunie face à ça. Surtout lorsqu’il réduit à néant presque la distance qui les séparait. Son regard planté dans le sien elle ne l’avait finalement pas lâché. Elle se raccrochait à ça. Parce que sinon, elle aurait probablement fui. Encore une fois. « Je… Je ne sais pas. » Elle commence. Un murmure. Elle ne sait pas tellement où ça va mener. Si cette conversation aurait une finalité. Un but. Elle l’ignore et c’est ça qui lui fait peur. Le contrôle. C’est toujours ce qu’elle a voulu sur sa vie. Et à présent que tout partait en vrille, elle ne savait plus. Il fallait que tout soit droit. Que tout soit contrôlable. Elle était faite comme ça. La situation lui échappait des mains et ça lui faisait tellement peur. Ses membres en trembleraient presque. « Tout est si compliqué. C’est trop… Dur ? Ce n’est pas le moment. Tout est arrivé si vite. Trop vite. J’ai l’impression que ça s’acharne. J’suis perdue tu sais. » Elle continue. Se mettre à nue. C’est la seule solution. Elle le sait. Mais ça fait mal. Elle tourne autour du pot. C’est sans doute encore pire. Tant pis. « Regarde-nous. On est pathétiques. Tu crois que cet enfant peut vivre dans ces conditions-là ? » Tu me hais. Mais elle ne le dit pas. Elle voit dans son regard toute son envie soudaine de paternité. Il aurait fait un excellent père. Elle le savait. Mais toute cette situation. C’était bien trop. Ce n’était pas le bon cadre. Elle savait qu’il le savait. « Je ne sais même pas pourquoi je suis venue… » Elle finit. Elle le sait. Pour qu’il la conseille. Pour qu’elle entende enfin sa voix. Pour qu’elle le voit tout simplement. Il l’avait tellement manqué. Bien trop. Plus qu’elle n’aurait dû. Fichus sentiments. Et il n’arrangeait rien. Cette proximité entre eux. Cela lui rappelait tellement de choses. Et son regard… Intenable. Alors, elle finit par se reculer. Pour pouvoir respirer. Son cœur repart enfin. Elle avait besoin d’espace. Pour réfléchir. Vraiment. Une seconde de plus et elle aurait sans doute posé sa main contre la sienne. Ce contact tant recherché depuis des semaines. Ce contact qu’elle avait à peine retrouvé tout à l’heure et déjà perdu. Tout celui lui manquait oui. Elle ne devait pas succomber. Sinon elle était perdue. Il la haïssait. N’oublions pas. Mais apparemment, il n’en a pas fini avec elle. Damn it. Alors elle relève le regard vers lui. C’est tout ce qu’elle sait faire de toute façon. « Si on a décidé d’être honnêtes l’un envers l’autre, j’ai aussi quelque chose à te montrer. » Elle ne comprend pas. Où veut-il en venir ? C’était elle la menteuse. Celle qui a caché qui elle était. Alors que voulait-il ? « J’allais te donner ça, avant… » … le massacre. Il ne le dit pas mais tous deux savaient quoi. Il n’avait pas besoin de formuler les mots. Un objet atterrit dans ses mains. Elle resta silencieuse. L’écrin. Elle n’avait pas envie de l’ouvrir. Elle savait ce qu’il contenait. Et ça faisait bien trop mal. Elle l’observa quelques secondes sans bouger. Leur vie était décidemment bien maudite. Ses doigts trembleraient presque. Mais elle finit par l’ouvrir. Son cœur explose. L’anneau est beau dans son écrin. Un anneau qu’elle aurait été tellement heureuse de porter. Et tellement fière. Mais elle n’en avait plus le droit. Elle avait tout fichu par terre. A cause de toutes ses convictions sur son peuple. A cause de croyances bien trop anciennes. Elle était perdue. Que pouvait-elle répondre à tout ça. Qu’elle s’en voulait terriblement. Qu’elle avait tout fichu par terre ? Il n’en avait pas besoin. Il avait déjà assez mal comme ça. Elle n’allait pas encore l’accabler. C’était de sa faute tout ça. Entièrement sa faute. « Pourquoi tu me montres ça ? » Elle avait encore le regard baissé sur l’anneau. Elle pouvait se détacher de lui. Comme pour se raccrocher à une part de leur vie qui aurait pu être. C’était ça qui faisait mal. Le fameux ‘et si…’. Ils auraient pu être heureux. Elle en était consciente. Avoir une famille. Être comme tous les autres couples. Elle finit par relever le regard vers lui. Une seule et unique larme sur sa joue. La traitresse. Elle n’avait pas pu la retenir. Elle s’était glissée hors de son contrôle. La larme des possibles sans doute. « Tu te fais du mal pour rien. » Elle finit par dire. C’est vrai. Remuer le passé ne servait à rien. Elle ne le savait que trop bien. Elle n’avait fait que ça. « T’aurais dû la ranger. » Pourtant, elle ne la redonne pas. Non. Elle est encore ouverte devant ses yeux. Cette vie qu’ils auraient pu avoir. Mais oui. Il aurait dû la tenir loin. Pour tourner la page. Parce que c’était ce qu’il voulait non ? Il venait de le dire. ‘C’est fini’. Alors si elle ne pouvait s’y résoudre pour des raisons évidentes. Il aurait dû lui. Il ne voulait plus d’elle. C’était assez clair non ? « C’est le mieux pour tout le monde non ? Ce n’est pas ce que tu viens de dire ? » Ouais. Elle reprend ses mots. Même si ça fend un peu plus son cœur. Finalement. L’amour c’est peut-être laisser partir quand il le faut. Sans doute. C’est dur. Et tellement perturbant. Mais il l’a dit lui-même. ‘C’est fini’. Ca résonne encore dans son crâne. Son regard est toujours dans le sien. La douleur s’y lit. Mais elle tient bon. Elle a toujours tenu bon non ? Presque. Après tout, il le faut bien. Elle ne veut pas. Même si c’est bien ce qui arrive. Elle ne voudrait simplement par mourir dans ses yeux.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Sam 19 Nov - 21:40



It melts away the price I pay to taste your love
Lorelei & Orion



There is no love lost here between us. Where are those friends who pulled no punches. We got so far from them, we're miles from way back when. I'm so nervous saying this out loud as the words roll off my tongue and out my mouth. I can see a change, I can see a change in you, I see it coursing through your veins. And it is a shame, oh it is a shame on you, I barely recognize your face. C’était comme son coeur qu’il portait sur sa main plutôt que son mince écrin. Il semblait peser aussi lourd que si la bague qu’il contenait avait été faite de plomb. Contrairement à ce qu’il avait imaginé, il ne ressentit pas le moindre soulagement à s’en décharger quelques instants. Depuis qu’il s’était enfui, il avait maudit ce bijou de toute son âme, ce poids dérangeant dans sa poche qui lui rappelait à chaque seconde son échec sentimental cuisant. Il n’avait su qu’en faire, ne pouvant se résoudre à s’en débarrasser, n’acceptant pas totalement non plus de le ramener comme le gage définitif de la fin de leur histoire. Et il ne faisait suffisamment confiance à personne pour le garder pour lui, pas même à l’une de ses soeurs. C’était son secret, le vain espoir auquel il se raccrochait encore, comme s’il allait se réveiller un matin et que le cauchemar dans lequel il avait plongé aurait alors disparu. Temps qu’il le gardait pour lui, la réalité ne le rattrapait pas totalement. Il pouvait continuer à prétendre que rien ne lui était arrivé lorsqu’on lui posait une question sur son changement de comportement. Il pouvait continuer de faire semblant d’avoir encore le contrôle sur sa vie comme il le faisait ici, dans ce bar avec Cassie, à chaque fois qu’il venait ressasser ses vieux souvenirs, et qu’il affirmait que Lorelei était trop fatiguée, en voyage pour son travail ou n’importe quel autre mensonge. Mais qu’elle reviendrait. Qu’ils reviendraient tous les deux, comme avant. Qu’ils passeraient cette porte main dans la main, s’assiéraient à la table qu’ils avaient si souvent occupée ensemble. Ils seraient même prévisibles sur le choix de leurs boissons. Ils parleraient de tout, riraient de rien. Tout serait normal. Peut-être la barmaid ne le croyait-elle plus, mais il n’en avait que faire temps qu’elle ne le lui disait pas. Plus que de tromper les autres, c’était lui-même qu’il cherchait à consoler. Il n’était pas prêt à abandonner ses fantaisies, pas encore. Dans un sens pourtant, la bague était à présent dans les mains de sa véritable propriétaire. Mais l’image qu’Orion avait sous les yeux ne coïncidait pas avec celle qu’il s’était imaginée quelques semaines plus tôt. Lorelei était immobile, tenant l’objet maudit de la même manière que lui quelques instants à peine auparavant, comme un cadeau empoisonné dont elle ne voulait pas mais qu’elle ne pouvait pas non plus se résoudre à abandonner. Était-ce là tout ce qui restait de leur histoire ? La fugitive image de ce qu’ils auraient pu devenir, une famille, qui s’effaçait lentement pour ne laisser place qu’au néant, à la douleur ? Aucun signe de joie n’était visible sur son visage. Elle n’avait même pas pu se résoudre à ouvrir l’écrin. Ce n’était pas une demande, elle le savait. Et lui le savait. Il devait faire le deuil de la scène qu’il avait jouée à d’innombrables reprises dans le monde de ses pensées. Elle n’allait pas lui répondre le « oui » magique car il ne poserait pas la question. Il ne la prendrait pas dans ses bras, fou de joie, pour l’embrasser comme il ne l’avait encore jamais embrassée auparavant. Tout ce bonheur qui aurait pu être, qui aurait être, disparaissait peu à peu dans l’expression dure du visage de Lorelei. Alors, peut-être parce qu’elle n’était pas dénuée de toute émotion, ou au contraire parce qu’elle avait trouvé le moment idéal pour l’achever, elle finit par ouvrir l’écrin, posant pour la première fois le regard sur l’anneau qu’il avait imaginé à son doigt. Il avait l’impression que son coeur loupait un battement sur deux à mesure qu’il l’observait, que sa cage thoracique se resserrait peu à peu jusqu’à l’étouffer, que ses poumons étaient transpercés par des milliers de flèches l’empêchant de respirer. Et encore, il aurait préféré subir toutes ces tortures plutôt que cette demande en mariage ruinée. Il ne savait même plus pourquoi il lui avait montré cet écrin. Il avait voulu se montrer honnête, certes. Mais à quoi bon ? À quoi lui servait encore cette honnêteté face au gouffre désastreux qui les séparait ? Ils étaient comme deux étrangers l’un face à l’autre. Orion était complètement à sa merci, incapable de deviner ses intentions. Il avait abattu sa dernière carte, non pas pour se délester de son fardeau comme il l’avait d’abord cru, mais parce qu’il se sentait impuissant, parce qu’il ne pouvait rien faire d’autre que de lui apporter la preuve qu’il avait un jour cru en eux. Il laissa retomber le bras qu’il avait suspendu dans le vide en attendant le retour de l’anneau. Soudain, il n’était plus aussi pressé de le récupérer.

Quelques instants à peine auparavant, il lui hurlait sa haine, il crachait son venin à sa figure. Mais c’était avant. Il ne savait pas. Comment aurait-il pu ? À présent il regrettait chacun des mots qui avaient franchi la barrière de ses lèvres. Il aurait aimé les reprendre, les empêcher de sortir, de causer davantage de dégâts à un cas qui semblait déjà désespéré. Mais il ne pouvait pas. Comme Lorelei ne pouvait rendre les vies qu’elle avait prises. Ces horreurs resteraient entre eux, ils ne pouvaient les effacer. Elle s’en servait à présent contre lui. Et contre leur enfant. Croyait-elle réellement qu’il n’avait pas pensé aux conséquences ? Ses paroles s’enfonçaient comme des poignards dans son coeur. Il voulait lui hurler dessus, la contredire, se battre de toutes ses forces pour l’empêcher d’abandonner. Mais il savait que ce n’était pas la bonne façon de s’y prendre. Ils s’étaient déjà disputés, ce qui n’avait eu pour effet que de la conforter dans ses positions. Et il était fatigué de se battre avec elle. Il ne savait plus s’il était furieux contre elle, contre lui, contre Cupidon ou contre l’univers entier. À chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, il éprouvait le besoin incommensurable de la prendre dans ses bras, de sentir sa tête se caler parfaitement dans le creux de son épaule, à croire qu’elles avaient été bâties pour son usage exclusif. Il voulait la conforter, lui murmurer des paroles douces à l’oreille. Toute sa vie il s’était battu pour persuader ses camarades que l’amour pouvait survivre à tout. Qu’il s’agissait de la force la plus puissante qui animait l’univers. Que rien ne pouvait lui résister. Puis il avait perdu cette foi et il ne pouvait s’empêcher de penser que cet enfant, leur enfant, était destiné à lui prouver qu’il ne devait pas baisser les bras si vite. Mais il ne pouvait pas non plus lui dire ceci. Elle lui reprocherait sa naïveté, lui rirait au nez. Comment pouvait-elle à la fois être l’ange et la bête, le calme et la tempête ? Déjà ses paroles acérées remplissaient à nouveau l’espace entre eux. Il suffoquait. Les étoiles auparavant si lointaines semblaient à présent l’oppresser. Leur indécente beauté le narguait, le laissant entrapercevoir un univers parfait, si loin, mais à la fois si proche qu’on pourrait presque s’y tromper. Il pouvait l’observer, l’admirer, mais il restait hors de portée de main. Il ne s’en saisirait jamais, il lui glisserait toujours entre les doigts. Comme son avenir avec Lorelei. À chaque fois qu’il tentait de rassembler son coeur, elle envoyait à nouveau les morceaux voler en éclats. « - C’est vraiment ce que tu penses ? » commença-t-il d’une voix dont il ne pouvait cacher l’amertume. « - Que je me fais du mal pour rien ? » Il reprenait ses paroles, mais ajoutait une emphase toute particulière sur le dernier mot. Comment osait-elle penser que ce n’était rien ? Comment pouvait-elle même formuler cette idée à haute voix ? N’avait-elle réellement que l’objectif de le briser un peu plus chaque fois qu’il pensait avoir atteint le fond du gouffre ? « - Je n’appelle pas ça rien, moi. » Sa colère bouillonnait à présent, elle transparaissait dans son ton et il peinait à ne pas la laisser prendre le contrôle de son esprit. Il savait qu’il risquait de la perdre encore une fois, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Il avait le besoin désespéré de lui faire comprendre que pour lui les sentiments n’étaient jamais un jeu. « - Pourquoi je te montre ça ? Parce que c’est l’avenir que j’avais imaginé pour nous deux. Et maintenant pas un jour ne se passe sans que le poids de cette foutue bague me rappelle que ça n’arrivera jamais, que tout ce que j’avais imaginé ne sera jamais réel, et ne l’a peut-être même jamais été. J’ai cru en toi. J’ai cru en nous, et t’as pas été capable d’en faire autant. Est-ce que je suis si repoussant que t’as cru bon de t’en prendre à mon espèce entière ? » La fureur exagérait ses propos. Il savait pertinemment qu’il n’était pas l’élément déclencheur de sa haine contre les créatures mythologiques. Mais il ne la comprenait pas. Et il se sentait blessé au plus profond de son être qu’après six ans de vie commune, elle ne l’eût pas jugé digne d’elle, qu’elle n’eût pas même envisagé que, peut-être, elle se trompait en considérant les demi-dieux comme des monstres à éliminer. « - Parfois je me dis que c’est moi que tu aurais du viser ce soir là dans la ruelle. Ça aurait été un moins triste sort que ce que je dois subir depuis. » Toute trace de colère, de rage, avait disparu de sa voix. Il était redevenu étonnamment calme, presque résigné. La savoir en face d’elle, pouvoir lui parler enfin après des semaines de silence et de non-dits lui faisait voir un petit peu plus clair dans le chaos qu’étaient devenus ses sentiments. Il avait comme l’impression que tout se remettait en ordre. Sa vie sans elle ne valait pas même la peine d’être imaginée. Même quand il la haïssait, il ne pouvait s’empêcher de désirer sa présence. Le constat était brutal, comme un choc rétrospectif. Il eut besoin d’un moment pour le digérer.

Lorsque Orion releva enfin les yeux vers Lorelei, il distingua une unique larme qui descendait sur sa joue à travers l’obscurité. Il ne put se retenir, il élimina l’espace qui les séparait encore - quelques centimètres qui lui semblaient contenir une galaxie - et s’empara de son visage, y essuyant délicatement l’unique traitresse d’un geste du pouce. Un frisson le parcourut suite à ce geste de tendresse. Hormis l’instant fugitif où elle s’était emparée de sa main pour le mener à l’extérieur du bar, il y avait des semaines qu’il n’avait pas senti le contact de sa peau. Il voulait éterniser cet instant, le faire durer pour toujours et ne plus jamais laisser son visage s’éloigner. Mais après quelques secondes, il fut obligé de le laisser partir, à contre-coeur. Son regard en revanche restait plongé dans le sien. Il s’y lisait la douleur que son unique larme avait déjà trahie. Plus que n’importe quoi d’autre, plus que la soirée dans la ruelle, plus que les paroles acérées qu’elle lui avait servies cette nuit, cette douleur achevait de lui briser le coeur. Il avait été persuadé d’être l’unique victime du sort, celui dont elle s’était joué, celui qu’elle avait utilisé dans le but unique de parvenir à ses fins. Il n’avait d’abord pas voulu y croire, refusant d’accepter que six années de l’amour le plus pur qu’il eût jamais connu n’étaient basées que sur un mensonge et un sentiment univoque. Mais il s’agissait de la seule explication rationnelle qu’il avait trouvée, et peu à peu, il s’était convaincu de sa véracité. La souffrance qu’il lisait à présent dans son regard ne pouvait pourtant être feinte. Et s’il s’était lourdement trompé ? Si son amour pour lui était venu perturber une haine plus profondément ancrée ? L’espoir est une chose terrible, une braise suffit à le faire revivre, mais s’il s’avérait infondé, la chute n’en serait que plus grande. Et Orion passait pour une personne prédisposée à l’espoir. Il avait toujours eu espoir en l’amour, même avant de découvrir l’identité de son père. Un père qu’il soupçonnait d’être de près ou de loin lié à cette grossesse miraculeuse. Était-ce une ultime tentative de les réunir, de faire pencher le coeur de Lorelei du bon côté de la balance ? Ou se berçait-il simplement d’illusions. Ses paroles tournaient en boucle dans son esprit. Si compliqué. Trop dur. Trop vite. Pourquoi je suis venue. Mieux pour tout le monde. L’espoir était-il réellement permis ? « - Je pensais ce que j’ai dit. » lui dit-il en murmurant cette fois-ci. « - À propos du bébé. Je suis certain qu’il n’est pas là par hasard. » Il ne s’osa néanmoins pas à lui exposer ses théories sur le destin et Cupidon, de peur de ruiner la dernière chance qu’il possédait de l’atteindre. Il avait décidé d’avancer un pas à la fois, prudemment, comme si sa vie en dépendait. Ce qui était sûrement le cas. « - Peut-être que les conditions sont désastreuses, peut-être que c’est terrifiant… mais je ne peux pas supporter d’abandonner. » Pas lorsqu’il se représentait avec de plus en plus de netteté l’image d’un enfant arborant fièrement la même chevelure brune que sa mère. « - Je sais que si tu es encore là, c’est que tu ne parviens pas totalement à te convaincre que nous sommes tous des monstres. » Il parlait lentement, comme s’il avait peur de la perdre à chaque mot, d’aller plus loin que ce qu’elle était capable de supporter. « - Et si tu le penses, tu aurais du me tuer quand tu en avais l’occasion. » Une sentence sévère, mais prononcée avec désinvolture. Sa vie semble peu lui importer à côté de la décision que doit prendre Lorelei. Il ne peut la forcer à trancher en sa faveur. Enfin, il le pourrait. Un peu d’envoûtement dans ses paroles, elle ne s’en rendrait pas même compte. Mais il s’est juré de respecter sa volonté. Il veut que ça vienne d’elle. Il reste suspendu à ses lèvres.


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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Mer 30 Nov - 0:34


It melts away the price I pay to taste your love
feat Orion Nightshade

« Je plie, sous le poids de la douleur tenace, qui broie mon âme sans mercy. Je pris sans la foi, pour que le temps efface cette rage qui ronge mon esprit. Comment ressentir de la haine pour un être que l'on aime plus fort que soi ? Faut-il jeter dans les flammes tous les mensonges et l'infâme, qui font mal, mal, mal ? Je veux croire que c'est de ma faute. Je plie, sous le poids de mon armure de glace, qui brûle mon corps sans répit. L'écho de sa voix, comme une morsure vorace, me dévore à l’ infini. Comment ressentir de la haine pour un être que l'on aime plus fort que soi ? Trouver la force de bannir le passé, les souvenirs, qui font mal, mal, mal. L'envie, le vide et l'absence. L'ennui, le manque et l'oubli. À mes cris, répond ton silence. Alors, je pleure et je prie. » La douleur. Elle était presque palpable autour d’eux. C’était si intense. Comme une morsure vorace. Avide de sang. De peine.  C’était trop. Elle ne savait que penser. Que croire surtout. A quel saint pouvait-elle se vouer ? Elle n’avait jamais été aussi perdue. Cela avait été si simple il y a quelques temps. Presque trop. Mais c’était la perdition ce soir. Elle pliait sous le poids de la douleur tenace. Le contrôle. Il était partie. Sa vie était en roue libre. Ses choix étaient bien loin. Alors quoi ? Que pouvait-elle faire ? Elle n’avait plus de croyances. Ou presque. Devait-elle réellement renoncer à lui ? Devait-elle renoncer à cette vengeance qui brûlait son âme sans répit ? N’y avait-il donc que cette dualité qui l’étreignait depuis toujours. L’univers ne se jouait-il pas d’elle encore et toujours ? Elle n’en pouvait plus. Si elle avait pu, elle aurait hurlé. Elle aurait frappé. S’écrouler aussi. Mais elle resta là stoïque presque. Elle avait déjà pensé à combiner les deux. A jouer de nouveau le double jeu mortel. Pour avoir la même fin ? C’était complètement idiot. Elle n’avait plus le droit à l’erreur. Parce qu’elle savait qu’Orion ne lui pardonnerait pas. S’il savait… Et pis à quoi bon de toute façon hein ? Il ne la croirait surement pas. Comment pouvait-elle lui avouer toute cette rage qui ronge son esprit ? Toute cette rancœur qui gangrénait son cœur ? Elle exécrait son espèce. Elle exécrait ce qu’il était. Détester son espèce revenait à le détester lui. Elle avait beau se voiler la face. Mais c’était la vérité. Il fallait qu’elle arrête de se mentir. De maquiller la vérité. Parce qu’Orion est un demi-dieu. Il le sera toujours. Il en a toujours été fier quoi qu’il arrive. Alors ne pas accepter, voire même détester, ce côté de lui reviendrait à le détester lui. Parce qu’il est un demi-dieu. Quoi qu’il advienne. Quoi qu’elle puisse en dire. Mais il était tellement plus à ses yeux. Tellement différent. Il était si doux. Si réconfortant. La tendresse de sa peau contre la sienne glissait sur elle comme un fantôme du passé. Le souvenir de ses baisers sucrés avait comme un gout amer dans sa bouche. Ces réminiscences faisaient mal. Elles rappelaient l’absence. Le manque. L’amour aussi. Surtout l’amour. Mais il ne fallait pas. Ce n’était pas le moment. Cette question devait être remise au second plan. Ses sentiments n’avaient plus lieu d’être. Il la détestait. Elle était un monstre à ses yeux. Comment pouvait-il la voir sinon ? Elle avait bien vu la lueur dans son regard. Cet éclat elle l’avait souvent vu sur son propre reflet. Cette lumière qui en dit long. La haine. La colère aussi. Celle qui dévore l’âme. Celle qui consume à petit feu. Elle ne peut se battre contre ça. Elle le sait. Cela fait des années qu’elle le fait. Leur amour est vain. Leur amour est voué aux flammes. Leur amour est leur damnation. « C’est vraiment ce que tu penses ? » S’il savait. S’il savait tout ce débat intérieur qui l’étreint. S’il savait toutes les questions qu’elle refoule. Tous les sermons qu’elle se fait. Elle aurait du déjà partir. Elle aurait dû laisser tomber. Elle aurait simplement du retravailler avec le DLCME sans se poser de questions. Les questions ça tourmente trop. Ca tourmente tellement. C’est à peine si t’en dors à présent. Ça tourne dans ta tête. Trop. Elle commence à exploser. Elle ne dit rien. Ils savaient très bien la réponse. Ou presque.  « Que je me fais du mal pour rien ? » Pourtant sa seule présence prouvait le contraire. Même si sa vie était en ruine, elle ne faisait rien par erreur. Même encore maintenant. Le moindre contrôle qu’elle pouvait exercer, elle le faisait. Elle était venue de son propre gré le trouver. Elle aurait très bien pu s’enfuir. Fuir les problèmes. Le fuir. Mais elle s’était dressée devant lui. Elle avait relevé la tête pour l’affronter. Ou pour tout lui avouer. Sa seule présence était le contraire. Le ressentait-il ? Tous ses gestes disaient le contraire de ses mots. Elle était une dualité à elle toute seule. « Je n’appelle pas ça rien, moi. » Leur amour. Il n’avait jamais était rien dans son cœur. Il avait pris une place bien trop importante. C’était bien ça le problème. Au début, elle aurait surement pu passer outre. Elle aurait pu accomplir son… devoir. Est-ce réellement ça le fond ? Est-ce réellement sa pensée ? Le terme devoir était bien obsolète. Bien trop fort pour un tel dessein. Cela faisait longtemps qu’elle ne pensait plus à ce dit devoir. Elle devait arrêter de se mentir. Cela dépassait bien tout ça. Mais accepter serait l’abandonner ? Sa mère. Avait-elle le droit de lui tourner le dos ? Elle avait tellement peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas pouvoir la venger. Peur de ne pas être celle que sa mère aurait voulue. Si elle avait été là, qu’aurait-elle pensé ? Aurait-elle approuvé ? Elle ne s’était jamais posé cette thématique. C’était sans doute ça le problème. Sa mère aurait-elle voulu la voir devenir ce monstre sanguinaire ? Elle chassa cette pensée. C’était se faire du mal. Parce qu’elle avait déjà à faire avec Orion. Oh que oui. Son cœur allait exploser littéralement. « Alors quoi, Orion, hein ? T’as vu où tout ça nous a mené. » Elle était la fautive. Elle le savait. Elle ne le savait que trop bien malheureusement. Cela la hantait chaque jour depuis des mois. Mais elle ne pouvait plus reculer. Les démons étaient en elle. Elle ne pouvait les chasser. Cela faisait bien trop longtemps qu’ils avaient élu domicile son cœur. « Alors quoi hein ? » répétait-elle. « Je crois qu’on devrait arrêter de se faire du mal. Tous les deux. A vouloir revoir le passé. A vouloir remuer tous ses souvenirs. Et cette bague fait partie du passé non ? Tu aurais dû la jeter le jour où tu es parti. » la jeter. Elle l’avait dit. Comment ? Elle ne saurait le dire elle-même. C’était sorti comme ça sans le vouloir. Mais qu’aurait-elle pu dire ? Cette bague n’avait plus lieu d’être. Ils n’étaient plus ce qu’ils étaient. Leur amour était intact sans aucun doute. Le sien du moins. Mais les données avaient changés. Le cadre avait éclaté. Comment un homme comme lui, un demi-dieu, pourrait épouser une meurtrière hein ? C’était insensé. Parce qu’elle n’arrêterait pas non ? D’être un agent du moins. Elle ne savait pas. Un flou. Elle avait pris le prétexte de maladie pour se tenir éloignée de l’agence pendant quelques temps. Mais elle se mentait à elle-même. Parce qu’après, il se passera quoi hein ? Sa grossesse ne durerait pas éternellement. Et même si elle venait à le garder, qu’adviendra-t-elle ? Cela n’aurait aucun sens. Leur enfant était comme son père. Elle savait. Elle le sentait presque. Aussi étrange cela peut-il être. Le choix était inévitable. La fin presque prévisible. Serait-elle prête ? Serait-elle en mesure de renier une part d’elle-même, celle qui l’assaillait depuis des années ? En serait-elle capable ? Aurait-elle réellement le choix de toute façon hein ? Les paroles se déversent plus vite dans sa bouche qu’elle ne les pense. Cela se passe vite. Trop vite. Son cerveau tente d’assimiler. Après une lenteur presque morbide, l’accélération lui faisait presque tourner de la tête. Mais elle résistait. Elle avait toujours su ne pas plier à son armure de glace qui brûle son corps sans répit. Mais sa colère accélère tout. Il inverse le temps. Les étoiles en vibrent presque. La nuit devient menaçante. Presque vorace. « Pourquoi je te montre ça ? Parce que c’est l’avenir que j’avais imaginé pour nous deux. Et maintenant pas un jour ne se passe sans que le poids de cette foutue bague me rappelle que ça n’arrivera jamais, que tout ce que j’avais imaginé ne sera jamais réel, et ne l’a peut-être même jamais été. J’ai cru en toi. J’ai cru en nous, et t’as pas été capable d’en faire autant. Est-ce que je suis si repoussant que t’as cru bon de t’en prendre à mon espèce entière ? » Il n’y était tellement pas. Un raccourci si facile. Elle s’en sentait vexée. Vexée qu’il la connaisse si mal pour penser ça. Il la détestait. Certes. Mais n’avaient-ils pas vécu si longtemps ensemble pour qu’il puisse penser ça d’elle ? N’avait-il pas vu dans ses yeux l’amour véritable qu’elle lui avait toujours porté hein ? N’avait-il pas remarqué ce tourment qui l’étreint depuis si longtemps ? « Arrête. » elle murmure dans la nuit. Mais non. Il n’a rien. Il interprète mal. Doute de tout. Elle lui reproche aussi. C’était si compliqué. Les preuves étaient contre elle. Elle en était conscience elle-même. Mais ne la connaissait-il pas ? N’y pouvait-il pas ne serait-ce qu’un petit doute qui subsistait en lui ? Elle avait toujours cru en eux. Difficilement parfois certes. Mais elle y avait toujours cru un minimum. Parce que c’était lui qui avait fait d’elle une femme. Une vraie femme. Une femme qui sait aimer véritablement. Sans triche. Sans faux-semblants. D’un amour qui fait mal. Il n’avait aucun droit de lui dire ça. Pourtant, elle ravale ses paroles. Difficilement. Les preuves sont contre elle. Elle n’est plus que cette personne détestable. Adieu jolis souvenirs. Adieu douces pensées. La Loreleï est partie. Il l’a damnée à jamais. Elle n’est que cet agent. Cette Rory. « Parfois je me dis que c’est moi que tu aurais dû viser ce soir-là dans la ruelle. Ça aurait été un moins triste sort que ce que je dois subir depuis. » Cela en est trop pour elle. Il n’a aucun droit. « Arrête. Arrête ! » C’en est trop. La colère monte. Contre elle. Contre lui. Contre la vie. Contre tout. Ca étouffe en elle. Faut que ça sorte. Elle le sent au bord des lèvres. Ça veut sortir. Ça tire. Ça pousse. Alors elle éclate. Parce qu’elle refuse qu’il pense ça. Tout mais pas ça. « Arrête. » répète-elle pour finir doucement. « Ne dis pas ça. Tu n’en as pas le droit. Jamais je n’aurais fait ça. Jamais. Tu me prends surement pour un monstre. Tu as sans doute raison. Mais ne pense jamais que c’est à cause de toi. J’avais… Mes raisons. Tu ne les comprendrais surement pas. Tu dois m’en vouloir à mort et rien ne changera ça, je le conçois. Tout est de ma faute. Je le conçois aussi. Je sais tout ça. Mais ne dis pas ça, je t’en prie. Je ne te demande pas de me pardonner ou de réviser ton jugement. Tu es dans ton bon droit. Mais ne pense jamais que j’aurais pu te tirer dessus, ou t’exécrer. Tu ne pourras jamais être celui que je déteste. » C’était dit. Elle n’avait pas dit les mots sacrés. Les trois petits mots qui peuvent réchauffer un cœur de glace. Le sien en l’occurrence. Non. Mais elle s’était livrée. Mais pas trop. Il ne voudrait en entendre sans doute pas plus. Il n’était pas celui qui la faisait exécrer son espèce. Il était celui qui lui faisait réviser son jugement. Orion avait changé sa vision sans qu’elle ne s’en rende compte. Ses sentiments étaient bien réels, et même si, les autres demi-dieux n’étaient sans doute pas dans son cœur ou étaient difficilement supportable parfois, elle l’aimait. Et cela valait déjà tout l’or du monde non ? Et voilà. La seule et unique larme fut bientôt rejointe par ses sœurs. Elle détestait pleurer. Elle se sentait si vulnérable. Si faible. Elle restait plantée là comme une idiote. Avec le cœur en miette. A quelques centimètres de lui. Cette distance si petite et pourtant si infranchissable. Des lustres. Elle aurait voulu franchir la barrière. Braver l’interdit. Mais elle se retenait. Il ne fallait pas. La soupape allait exploser. Elle tenait qu’à un fil. Alors elle reprenait ses esprits. Ou presque. L’heure de la révélation sonnait. Doucement mais surement. C’était tout bonnement intenable. Si proche. Si loin. Face à face. Cœur à cœur. Mais c’est lui. C’est lui qui prend l’initiative. Quelques secondes à peine après sa phrase. Il glisse ses mains sur son visage. Sa peau. Son odeur. Qu’on la condamne. Comment ressentir de la haine pour un être que l’on aime plus fort que soi ? Le manque. Il se fait sentir. Elle ferme les yeux. Un réflexe. Elle savoure. Ce doux contact. Cette mince réminiscence d’un « eux ». Ses mains trouvent les siennes. Elle les pose simplement dessus. Elle ne peut le laisser partir. Pas après tout ça. Il lui manque tellement. Il lui arrive encore la nuit à se réveiller la nuit en ne pensant à tout cela que n’était qu’un mauvais rêve. La réalité la frappe à nouveau. Le drame. Mais c’est bien réel, cette fois-ci. Il est bien là. Ce contact si petit soit-il est presque une respiration. Un souffle de vie dans son existence imbuvable. Il essuie la larme qui coule. Les mots ne viennent pas. Elle ne veut pas gâcher. C’est si rare. Elle préfère apprécier. Même si c’est minime. Vraiment minime. C’est presque addictif. Elle ne veut pas le laisser partir. Encore une fois. Telle une enfant. Cela fait trop mal. Elle souffre de souffrir. Mais elle ne fait aucun geste quand ses mains se retirent. Bref. Intense. Addictif. Damn it. Ses bras retombent simplement le long de son corps. Inertes. Son regard ne le lâche pas pourtant. Elle essaye de le retenir par ses océans. C’est compliqué. Mais il semble s’accrocher. Elle voit une lueur. Elle est différente cette fois-ci. Elle n’est pas agressive. Elle est vive. Brillante. Presque une étoile. « Je pensais ce que j’ai dit. » Elle ne le lâche pas. Elle reste pendue à ses lèvres presque. « À propos du bébé. Je suis certain qu’il n’est pas là par hasard. » Un heureux événement ? Une tentative de réconciliation du Destin ? Ou alors une damnation ? « Peut-être que les conditions sont désastreuses, peut-être que c’est terrifiant… mais je ne peux pas supporter d’abandonner. » Elle écoute chacun de ses mots. Attentivement. Elle les analyserait. Elle voit l’impact qu’ils ont sur elle. Il a toujours eu cet effet-là sur elle. Sa damnation. C’était Orion. Elle ne le répéterait jamais assez. « Je sais que si tu es encore là, c’est que tu ne parviens pas totalement à te convaincre que nous sommes tous des monstres. » Il comprenait. Il essayait du moins ? C’était à se demander. Elle l’observait. Ses réactions, ses mots. Tout. Pas une chose ne passait à l’as. Elle avait besoin d’un signe. De quelque chose. Pour parler ? Peut-être. Pour tout lui dire ? Non. Pas encore. Il n’avait pas besoin de tout savoir. Non ? « Et si tu le penses, tu aurais dû me tuer quand tu en avais l’occasion. » Encore et toujours cette même phrase. Cette même idée qui la révulse. S’il savait. S’il savait que si elle avait tiré c’était pour le protéger lui. S’il savait ô combien elle réfléchit sept ans avant d’appuyer sur la gâchette à présent. S’il savait ô combien elle n’arrive plus à rire aux blagues sanguinaires de ses collègues. Non, elle n’y arrive plus. Appartiendrait-elle à leur monde à présent ? Non sans aucun doute. Serait-elle encore du DLCEM ? Non plus. Elle voguait simplement entre les deux eaux totalement perdu. Peut-être serait-il sa lumière. Celui qui la guidera enfin jusqu’à la rive, saine et sauve. Elle l’espère de tout cœur. Mais pour autant peut-elle y croire ? « Je ne le pense pas. » finit-elle par dire après quelques secondes de flottement. « Du moins… Pas toi. » Les autres, c’était encore une autre histoire. Un questionnement continu qui fait hésiter. Mais jamais une certitude. Orion c’était la constante immuable. Les autres, c’était le potentiel meurtrier de sa mère. Celui qui a arraché celle qu’elle aimait inconditionnellement. L’amour maternel. Elle n’oublierait jamais cette nuit-ci. Les lumières vives. Les bruits sourds dans l’obscurité. Et ce visage qui la hante encore parfois. Un calvaire. Elle ne pourrait jamais sans doute s’en remettre. C’était un choc. Une blessure encore à cœur ouvert. « Tu crois qu’il a une chance ? » Le bébé. L’être qui grandit en elle à chaque instant. Cette partie d’eux unie à jamais. « Tu crois que c’est raisonnable d’avoir un enfant dans ces conditions-ci ? » Encore cet esprit de raison. Elle se cache derrière des raisons minimes. Des justifications idiotes qui tiennent à peine debout. Mais elles vont arriver. Elle le sent. Les réelles raisons. Celles qui la terrifient. Parce que oui. Elle a peur. « Cela semble si irréel. » Presque un cauchemar. Elle murmure. Elle se perd dans la nuit. Elle s’est radoucie. Cela fait du bien. Son regard est toujours sur Orion. Elle laisse planer quelques secondes encore. Presque interminables. « Je … Ne sais pas quoi faire, tu sais. Je ne sais pas si je dois tout arrêter. Je ne sais pas si dois continuer. Je ne sais pas si je peux continuer. Et puis, il y a toi. Je n’ai pas le droit de te priver de ta … paternité. » Il a eu du mal à sortir. C’était presque étrange de le prononcer ce mot. Cela semblait trop réel à présent. « Mais où est le bien, Orion hein ? Où est le mal ? Il y a tellement de choses à prendre en compte. Et pas seulement nous deux. Cela aurait été presque trop simple. Enfin je crois. Mais nous ne sommes pas tous seuls. » Malheureusement. C’était bien ça le problème. Parce qu’elle ne savait pas ce qu’il pouvait advenir si cela se savait. Le DLCEM pouvait être sans pitié. Elle en était la preuve vivante. Alors s’il apprenait que ce bébé était l’enfant d’un demi-dieu, qu’adviendrait-il ? Elle ne voulait même pas le savoir. Elle ne voulait pas prendre le risque. Rien que sa relation avec Orion avait été dangereuse. Une épée de Damoclès presque. Ils auraient pu le savoir. Lui demander de manipuler. Voire même pire. Elle ne voulait pas y penser. Il ne fallait pas. Pourtant, c’était plus fort qu’elle. Envisager le pire. Une horreur. « Je ne veux pas d’autres tragédies. » Elle parle d’eux. De sa mère aussi. D’un peu tout. Parce qu’elle ne le supporterait sans doute pas. Cela devient de plus en plus difficile. De jour en jour. Elle tenait bon. Mais plus maintenant. On lui parle des hormones mais ce n’est pas ça. C’est le tout. Ça l’oppresse. Encore. Elle va finir par craquer. Elle vient de le faire. Devant lui en plus. Elle se sent bien pathétique. Elle n’imagine même pas l’état de son visage. Mais elle s’en fiche en vérité. Parce qu’elle est avec. C’est sans doute idiot. Ils sont deux cœurs à découvert. Deux cœurs tout égratignés. Mais le voir lui fait du bien. Elle en avait tant eu besoin durant toutes ces semaines après son départ. Tellement. C’était presque un second souffle. Ah l’amour. Une bien belle damnation que voilà.
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SANG-MÊLÉ ROMAIN.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Jeu 29 Déc - 1:49



It melts away the price I pay to taste your love
Lorelei & Orion



When all of our friends are dead and just a memory, and we're side by side, it's always been just you and me for all to see. When our lives are over and all that remains are our skulls and bones let's take it to the grave. And hold me in your arms, hold me in your arms, I'll be buried here with you and I'll hold in these hands all that remains. Personne ne vous dit à quel point l'absence est cruelle, ni combien de temps elle dure. L'avoir elle, Lorelei, en face de lui ne signifiait pas la fin de l'absence. Il ne l'avait réalisé que lorsque ses doigts étaient allés trouver son visage, s'en emparant avec toute la délicatesse que renfermait encore le monde, y effaçant l'unique goutte salée, la preuve de tous leurs maux. Il aurait souhaité rester là pour l'éternité, ne plus jamais la laisser s'en aller temps qu'il aurait la force de se battre. Le simple fait de la toucher le faisait frissonner, et pourtant, ce geste semblait si misérable. Là où la distance était inexistante auparavant, il lui avait à présent semblé traverser des galaxies pour parvenir à son visage. Le contact lui-même était différent. C’était comme retourner à un paradis perdu à tout jamais, l’extase, l’addiction, l’impression qu’il ne pourrait plus jamais se satisfaire d’aucune autre chose sur terre. Et en même temps, il sentait qu’il franchissait une limite qui n’existait pas auparavant. Il se sentait comme un étranger dans son intimité. N’outrepassait-il pas ses droits ? N’avait-il pas renoncé à elle le jour où il s’en était allé sans la prévenir ? Comme sa vie avait été insignifiante depuis son départ et jusqu’à cet instant, comme elle le serait à nouveau au moment même où le contact serait rompu. Cette courte réminiscence d’un passé, qui semblait pourtant déjà si lointain et qui n’avait plus lieu d’être, venait toutefois réveiller son coeur, le faisant battre à tout rompre, lui rappelant qu’il avait un jour été vivant. Il s’attarda un instant de trop, suffisamment pour permettre à Lorelei de venir poser une main sur la sienne. Le contact le fait tressaillir, mais elle ne bouge pas. Ils oscillent entre passé et présent, immobiles, le regard chacun plongé dans celui de l’autre. Elle lui avait tant manqué, mais cette révélation n’en était pas véritablement une. Il n’avait jamais nié le manque de cet amour, mais il l’avait oublié derrière la colère, la haine, la rage, l’incompréhension, la tristesse. Pire que tout, la peur. La peur de réaliser qu’il ne tenait pas à vivre une vie qui l’éloignerait d’elle, la peur d’admettre qu’il serait prêt à renier ses convictions et lui pardonner ses actes odieux, juste parce que c’était elle. Le manque devint alors angoisse. Son coeur ralentit soudain, c’était comme si sa poitrine venait d’être percutée par une pierre. Un poids s’y installait, opprimant ses poumons qui peinaient à se remplir. Le choc de la chute. Comment une seule femme pouvait-elle avoir une telle emprise sur lui ? La tête lui en tournait presque, tout autour de lui devenait comme un tourbillon confus. Était-ce donc ça que l’amour ? Devait-on tout lui sacrifier ? Il y a quelques temps encore, sa réponse aurait été affirmative, mais il n’avait pas réalisé que l’amour pouvait se trouver dans le camp ennemi. Comment Cupidon pouvait-il se montrer si cruel ? Comment son propre père pouvait-il permettre de telles atrocités ? Jamais il ne pourrait cautionner les idéaux de ces mortels, et pourtant, il les avait presque touchés du doigt en même temps que le visage de la femme qu’il aimait. Car il l’aimait. Plus que tout. Plus que lui-même, plus que sa propre vie. Plus que les obstacles qui les éloignaient l’un de l’autre. C’était sa damnation. Lorelei. La belle Lorelei qui le mènerait à sa perte. Il était à deux doigts de se noyer, sinon dans son fleuve de par son chant envoutant, au moins dans ses yeux. Il y vit sa détresse et son coeur se serra. D’une certaine manière, il avait préféré croire qu’elle s’était joué de lui depuis le début que de découvrir peu à peu que sa souffrance valait la sienne. C’était plus facile de pouvoir cacher son amour derrière un masque de haine, plus facile de tenter de se persuader qu’il n’y avait même jamais eu d’amour, que son âme soeur était peut-être encore en train de l’attendre quelque part. Mais c’était faux, terriblement faux. Il en avait la preuve sous les yeux. Les émotions se succédaient en lui, le submergeaient telle une vague dévastatrice. Son bras retomba le long de son corps, abandonnant le visage si précieux. Ce geste de retrait lui coûta beaucoup, il avait à nouveau l’impression de perdre ses repères, de se retrouver seul dans le noir complet.

Le retour à la réalité fut brutal. Le monde reprit peu à peu ses droits, faisant éclater la bulle dans laquelle ce doux contact les avait isolés. L’air de la nuit lui fouettait le visage, et les échos des conversations du bar revenaient jusqu’à eux. Les rires lui étaient insupportables. Il ne parvenait pas à oublier le groupe de jeunes hommes venus fêter un enterrement de vie de garçon. Il se sentait comme à l’extérieur de sa vie, incapable d’accepter qu’il ne s’agisse pas de lui, que son histoire à lui ne se résume qu’à la bague qui pèse entre eux, sans trouver de bon propriétaire. Lorelei ne l’aidait pas. Elle aussi semblait se remettre du moment d’égarement qui les avait saisis. Sa voix était sérieuse, elle venait ressasser une fois de plus des discours qui le rendaient malade. Ne comprenait-elle donc pas ? Toute la haine qu’il avait érigée comme une protection autour de lui s’était effondrée au moment où il avait posé les mains sur elle. Mais maintenant cet épisode semblait aussi lointain que leur vie commune, elle semblait l’avoir déjà oublié. Sa voix se remplissait de colère, d’amertume. Une fois de plus, chacun de ses mots venait remuer le couteau dans la plaie. Pourquoi était-elle venue l’aborder si elle n’avait d’autre projet que celui d’enterrer encore un peu plus leur histoire ? Il recula d’un pas lorsqu’elle lui annonça qu’il aurait du jeter cette bague le jour de son départ. Une expression profondément triste vint marquer son visage. Il savait tout aussi bien qu’elle qu’il n’était pas en train de lui faire la demande dont il avait tant rêvé, mais avait-elle besoin d’être si dure ? La vision d’un Orion brisé, ou bien un ultime rappel à l’ordre de sa conscience, vint néanmoins transformer son attitude. Sa voix était plus basse, il dut à nouveau s’approcher pour l’entendre. Avec un peu d’imagination, il pouvait presque y entendre la douceur qui lui était autrefois réservée. Au fond de lui, il n’avait pas réellement cru l’espace d’un seul instant qu’il pût être la raison qui l’avait poussée à haïr son espèce entière. Les mots avaient dépassé sa pensée sous l’emprise de la fureur, il avait voulu l’atteindre avec ses paroles, autant que les siennes le touchaient lui. Ainsi, il n’avait pas imaginé qu’entendre son innocence de la bouche de Lorelei pourrait le soulager autant. C’était comme un poids qui se libérait de sa poitrine, lui permettant de goutter l’air à nouveau. Des braises d’espoir renaissaient dans son regard. « - Tu ne pourras non plus jamais être celle que je déteste. » murmura-t-il, presque en silence. C’était comme si les mots refusaient de sortir, l’aveu était difficile. Il reprenait ses paroles car il était incapable de se livrer plus. Le comble. Lui qui avait toujours été à l’aise avec les grandes déclarations. L’amour était un sentiment qui le touchait au plus profond de son âme, il l’avait pour ainsi dire érigé en religion, les mots lui venaient toujours avec une facilité déconcertante lorsqu’il s’agissait d’en parler. Mais pas ce soir. Pas avec elle. Pas lorsqu’il doutait de ce qu’elle souhaitait entendre. « - J’ai essayé, tu sais. » Et c’était vrai, il avait tenté si fort de la haïr, de la réduire à ce monstre qu’elle affirmait être. Mais elle restait toujours un ange à ses yeux. Il en était venu à haïr tout le monde, sauf elle. Il avait haï son père de laisser l’amour détruire les hommes. Il s’était haï lui-même de ne pas avoir été suffisant pour elle. Et il avait haï tous les autres car ils n’étaient pas elle. Leur parler, les côtoyer, était devenu insupportable alors qu’il n’avait qu’une seule image en tête, celle de son visage. « - Mais je ne pourrai jamais te détester. Ça ne veut pas non plus dire que je te pardonne. Ce n’était qu’un gamin… Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ? » Parler de la fameuse victime était plus dur qu’il ne l’avait escompté. Jusque là, le sujet était resté suspendu dans l’air entre eux, évoqué que de manière implicite. Il devait refouler les larmes au coin de ses paupières. Ce n’était pas le moment, il se devait d’aller au bout de son discours. « - Tu dis que tu ne me détestes pas, et je veux te croire. J’ai envie de croire que les six plus belles années de ma vie n’étaient pas qu’un piètre mensonge. Tu me connais, Lorelei, tu sais qui je suis, ce que je vaux ou ce en quoi je crois. Et si tu penses que je ne mérite pas une balle entre les deux yeux, pourquoi les autres comme moi le mériteraient ? Ils ne sont pas différents de moi. » Du moins, en majorité. Certes, il n’étaient pas tous irréprochables. Comme chez les mortels, il pouvait se trouver des criminels au sein des demi-dieux. Il en avait fait la triste expérience au cours de la guerre contre les titans lors de ses premières années au sein de la légion. Mais était-ce une raison suffisante pour tous les condamner ? Il ne pouvait le penser. « - Tu as au moins raison à propos d’une chose, je n’arrive pas à comprendre ce qui te pousse à faire ça. Explique-moi. J’ai envie de comprendre. J’ai envie de t’aider. S’il te plait. » Sa voix se faisait suppliante à présent. Il avait l’impression d’être arrivé à bout de ses ressources, il ne savait plus que dire, plus que faire pour arranger les choses. Il refusait de la quitter dans le même état que lorsqu’il était entré dans le bar ce soir-là, il refusait d’admettre qu’ils étaient tous deux tombés dans une impasse.

La larme qu’il avait essuyée sur son visage fut rejointe par ses compagnes. Orion dut se retenir de la prendre à nouveau dans ses bras, de la laisser enfouir sa tête dans le creux de son épaule pendant qu’il caresserait ses cheveux. Voir son visage ravagé lui fit presque monter les larmes aux yeux, mais il se devait d’être fort. Ils n’étaient plus les deux seules personnes concernées par leur histoire. Une troisième était peut-être destinée à les rejoindre, un parfait mélange d’eux deux. Il abattit alors ses dernières cartes, parlant du bébé d’une voix calme, assurée. Il résistait à chaque pulsion de son corps, se refusant de la toucher afin que son esprit reste clair. Il n’avait jamais été aussi honnête qu’à cet instant, alors qu’il parlait de ce bébé, de leur bébé. Lorelei dut le sentir elle aussi, car elle resta pendue à ses lèvres. Leurs regards s’accrochaient, peinaient à se soutenir mais ne pouvaient pas non plus se laisser aller. Il s’était mis à nu et à présent, il redoutait sa réaction. Il se sentait impuissant. L’attente le tuait à petit feu. Quelques instants à peine auparavant il ne soupçonnait pas l’existence de ce potentiel enfant, et maintenant la vie lui semblait inconcevable sans lui. C’était drôle ce que les étoiles leur réservaient. Et pourtant, aussi fort son désir fusse-t-il, il ne pourrait jamais se substituer à la décision de Lorelei. Elle menait la danse, elle menait leurs existences avec sa baguette de fer. Il avait envie de lui crier qu’il se moquait bien de savoir ce qui était raisonnable ou ce qui ne l’était pas, que la raison ne les rendrait jamais heureux et qu’elle devait plutôt suivre son coeur, mais il avait le sentiment qu’il ne ferait qu’aggraver la situation. Au lieu de ça, il l’écouta jusqu’au bout, ne manquant pas un mot du flot de paroles qui se déversait de sa bouche. Il les buvait presque. Son dernier mot lui arracha presque un sourire amer. Les mortels aimaient parler de tragédies, mais ils oublient bien souvent ceux qui en sont à l’origine. Depuis les temps antiques, les tragédies étaient inspirées par les dieux qui orchestraient tout depuis leur piédestal. Eux seuls possédaient les clés en main, eux seuls décidaient qui vivrait une vie heureuse ou qui connaîtrait une fin tragique. Et Orion ne pouvait croire ne serait-ce qu’un seul instant que cet enfant de la dernière chance que leur offrait Cupidon ne puisse être soumis à une tragédie. « - Il n’y aura pas de tragédie. » lui dit-il alors. Son ton était ferme, décidé, mais il y transparaissait à la fois la tendresse qu’il éprouvait déjà à l’égard de cette partie d’eux qui ne demandait qu’à grandir. « - Tu ne comprendrais pas comment je peux en être sûr, mais je le sais. » Il s’approcha d’elle pour lui prendre la main, caressant ses doigts entre les siens. Le contact de sa peau le réchauffait, lui donnait le courage d’affronter leur discussion, et tout le futur qui pourrait en découler. Pour une fois il comprenait ses doutes. Lui aussi peinait à distinguer le bien du mal. Après tout il avait passé des semaines à tenter de se persuader qu’elle était le diable incarné et il se retrouvait à présent devant elle, cherchant à la convaincre de ne pas rompre tous les liens qui les unissaient. « - Si tu crois encore une fois en moi, je peux t’assurer qu’il ne lui arrivera rien. Pas temps que je serai encore vivant. » Il devait empêcher sa voix de trembler. Il percevait la peur dans le regard de Lorelei. Jusqu’où cette organisation de mortels s’était-elle abaissée si elle était capable de s’en prendre à la progéniture d’un de ses membres ? Il ne pouvait pas la laisser entre leurs griffes. Quelles que furent ses raisons de les rejoindre, elles ne pouvaient sans doute pas justifier tant de cruauté ? Si l’amour avait été leur damnation jusqu’ici, il devait à présent devenir leur lueur dans la nuit.


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i'd die to be where you are. i tried to be where you are. every night, i dream you still here. the ghost by my side, so perfect so clear. when i awake, you disappear.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Dim 16 Avr - 0:04


It melts away the price I pay to taste your love
feat Orion Nightshade

« Sometimes when I think of her name; when it's only a game, and I need you, listen to the words that you say. It's getting harder to stay when I see you. All I needed was the love you gave, all I needed for another day, and all I ever knew : Only you. » Le masque tombait petit à petit. C’était trop dur à tenir sur la longueur. Elle avait essayé pourtant, Lorelei. Sans relâche. Pendant des semaines, voire des années, elle avait été une autre. Une qui fait fi de ses sentiments, qui ne laisse transparaitre que haine et vengeance. Elle n’était plus cette petite fille innocente aux mains blanches. Ces dernières étaient à présent bien rouges et dégoulinantes. Etait-elle ce monstre ? Cette façade si cruelle et violente ? Son reflet semblait pourtant si doux. L’être abject devait sans doute se perdre en elle, la dévorer de l’intérieur. Il se tapissait en elle pour mieux s’étendre. Son cœur s’était consumé sous la vengeance, sous la haine. Mais il était toujours là. Il battait si fort qu’il résonnait à ses oreilles. C’était sans doute ça le problème. Cela aurait été pourtant si simple. Oublier son cœur, agir sans réellement penser aux sentiments. Cela aurait été tellement plus simple. Il lui arrivait parfois d’oublier son cœur. Le temps d’un court instant. C’était presque jouissif et reposant. Surtout reposant. Une vraie paix intérieure. Adieux les démons qui la hantaient jusque dans ses rêves. Pendant ces rares périodes de trêves, elle ne sentait plus ce duel perpétuel en elle. Les combats s’arrêtaient et tout devenait que paix et harmonie. Elle était en accord avec elle-même. Pourtant bien vite, il reprenait de plus belle. Parce qu’elle était comme ça Lorelei. Elle pensait avec son cœur. Elle agissait avec son cœur. Même s’il était coupé en deux. Entre le devoir de venger et le devoir d’aimer. Elle avait si longtemps suivi le premier qu’elle avait presque oublié le second. C’était Orion qui lui avait fait comprendre. Il avait ravivé la flamme dans son cœur. Il la ravivait toujours. Quoi qu’il advenait. Il lui faisait presque oublier cette partie si sombre d’elle-même. Il la faisait presque douter. Et c’était ça qui lui faisait le plus peur. Le doute. Ne pas savoir si ce qu’elle faisait était si bien que cela. Elle en avait été persuadé pendant si longtemps qu’elle était devenue ce qu’elle croyait. Mais en remettant en question cet état, elle remettait en question sa propre essence. Elle se perdait dans ses interrogations. Ne sachant plus le faux du vrai. Elle détestait le doute. Plus que tout en fait. Et il était souvent l’investigateur de ces doutes. Il la troublait. Oh que oui. Rien que par son regard. Si tendre et si torturé à la fois. Elle aurait pu se perdre dans ses iris pour toujours. Arrêter le temps-là maintenant. Profiter de tout ça. Parce qu’elle ne voulait pas que l’horloge continue d’avancer. Elle voulait figer cet instant. Savourer tout simplement. Parce que la seconde d’après, tout serait fini. Elle ressentirait encore le manque. Et l’absence. Cette absence qui la détruisait à petit feu. Cette absence qui pourtant aurait été dans l’ordre des choses selon ses camarades. Ses compagnons de meurtres. Les innocents aux mains pleines, comme elle les appelait à présent. Elle ne savait même plus. Elle évitait à présent toute pensée vers eux. Elle était déjà bien trop confuse pour éviter d’en rajouter une couche avec le dlcem. Elle évitait d’y penser tout court. C’était plus simple. Moins prise de tête. Elle avait déjà assez de combat intérieur à gérer. Oh que oui. Alors elle préféra se perdre dans ses yeux. Encore une dernière fois. Savourer ce dernier instant de contact pourtant si recherché. Même si une seule et unique larme vint troubler sa vision. Comme le seul témoin de la tragédie. Bientôt, il laissa retomber son bras. Inerte. Sa peau ressentait déjà un vide. Un sentiment de manque immédiat. Elle voulait encore de ce contact. Même infime. Sentir sa peau contre la sienne. C’était tout ce qu’elle voulait. Mais elle n’en fit rien. Elle laissa à son tour sa main retomber le long de son corps avant de recouvrir son ventre. Comme un réflexe de maternel. Sans réellement s’en rendre compte elle-même. Un monde entre eux. C’était ce qu’il y avait à présent. Elle avait l’impression de le perdre encore une fois. Par ce simple contact. Par ce simple toucher. Mais elle ne dit rien. A quoi bon ? Si elle avait pu, elle se serait réfugiée dans ses bras. Elle l’aurait serré contre elle. Aurait agrippé son tee-shirt. Pour ne plus jamais le lâcher. Elle avait tellement besoin de lui. Sans doute plus que sa propre vie. Elle en prenait conscience à présent. A présent qu’il était parti. Pour seule maigre consolation, Lorelei entoura un peu plus fort ses bras autour d’elle. La réalité paraissait plus brutale. Plus sanglante. Les bruits du bar venaient jusqu’à eux. Encore ces idiots. Les mêmes qui les avaient dérangé dans le bar. Un groupe trop bruyant. Bien trop aveugles à leur tragédie. Ils étaient hors de tout. Leur bulle les protégeait du monde entier. Sauf de leur drame. Pourtant l’univers se rappelait à eux par moment. Comme par ces cris de joies. Lorelei aurait pourtant voulu hurler. Leur crier de tout arrêter. Leurs rires. Leurs cris de joie. C’était trop pour elle. Il fallait les ignorer c’était dur. C’est sans doute ça qui irrigua son irritation. Sa colère. Parce que ses paroles sonnèrent bien plus sèche. Ou bien c’était la douleur d’un futur qu’ils n’ont jamais. Cette bague ça avait été une promesse d’un bel avenir. D’un bonheur total. Mais il était bien loin ce bonheur. Les larmes lavaient les derniers espoirs. Alors revoir cette bague était beaucoup trop dur. Trop dur à supporter. Ses propres mots étaient durs aussi. La jeter. Mais ça expliquait bien sa peine. Sa douleur à peine cachée. Néanmoins, elle se reprit. Elle tenta de retenir tout ce plein de sentiment qui commençait à l’étouffer. Parce qu’elle étouffait. Sous tout ça. Tout se mélangeait dans sa tête. Absolument tout. Pourtant, il y avait une chose dont elle était sûre. Vraiment. Le détester. C’était presque une idée absurde. Une conception presque inconcevable. « Tu ne pourras non plus jamais être celle que je déteste. » vraiment ? Elle n’en était même pas sûre. Parce qu’au final, il le devrait. Elle était un monstre. Il fallait bien se rendre à l’évidence. Elle avait tué. Elle avait du sang sur les mains. Elle le sentait presque dégouliner sur sa peau. Un frisson la parcourut. « J’ai essayé, tu sais. » son regard se plantait dans le sien. Elle y lisait la douleur. La déception ? Celle peut être d’une tentative ratée. D’un effort pour rien. D’un essai à s’en dégoûter soi-même. Elle ne dit rien. Elle reste silencieuse. « Mais je ne pourrai jamais te détester. Ça ne veut pas non plus dire que je te pardonne. Ce n’était qu’un gamin… Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ? » Ca y est. On y était. A cette fameuse nuit. Tous ces non-dits. Tout cet implicite. C’était pour cette nuit. Celle qui a détruit leur vie. Tant dans un sens que dans l’autre. Rentrer dans le fond du problème. Arrêter de tourner autour du pot. « Tu dis que tu ne me détestes pas, et je veux te croire. J’ai envie de croire que les six plus belles années de ma vie n’étaient pas qu’un piètre mensonge. Tu me connais, Lorelei, tu sais qui je suis, ce que je vaux ou ce en quoi je crois. Et si tu penses que je ne mérite pas une balle entre les deux yeux, pourquoi les autres comme moi le mériteraient ? Ils ne sont pas différents de moi. » S’il savait. S’il savait ô combien il était différent d’eux. L’image des demi-dieux était tachée de sang, de cruauté et de violence dans la tête de Lorelei. Ils étaient assoiffés de pouvoir, de brutalité. Pourtant Orion était à l’opposé de tout ça. Il était doux. Attentionné. C’était l’homme parfait aux yeux de la brune. Il avait des défauts certes. Elle en était conscience mais jamais il n’aurait fait de mal à une mouche. Il le montrait bien. Son évocation du jeune qu’elle avait abattu était une preuve. Elle n’avait pas les mots elle. Comment pourrait-elle lui expliquer ? Comment pourrait-elle lui montrer toute la douleur qu’ils avaient engendrée dans sa vie hein ? Non, bien sûr que non. « Tu as au moins raison à propos d’une chose, je n’arrive pas à comprendre ce qui te pousse à faire ça. Explique-moi. J’ai envie de comprendre. J’ai envie de t’aider. S’il te plait. » Son ton presque suppliant lui arracha le cœur. Elle ferma les yeux juste un instant. Quelques secondes à peine. Pas pour réfléchir. Mais simplement pour se déconnecter un moment. Pour trouver les mots. Avant de baisser les yeux au sol. Son regard devenait trop dur à supporter. Comme s’il la transperçait. La scannait comme jamais. « Ça aurait été plus simple. » Elle commence. Elle relève la tête. « De me détester. » Ça aurait évité certaines choses. Après tout, il aurait été dans son bon droit. « Je n’ai jamais feignis tu sais. De t’aimer. Tout a toujours été vrai, pour moi. C’est juste … compliqué. » Elle ajoute. Ça devient compliqué à expliquer. « Tu n’as jamais été comme les autres Orion. » Presque étrange dans sa bouche. Comme une réminiscence. Un ravivement de la douleur. Encore une fois. « Je l’ai vu la première fois. C’est peut-être pour ça que je suis tombée amoureuse. A vrai dire, je ne sais comment t’expliquer…. Tout ça. C’est juste comme ça presque. Ils sont capables de choses. Je sais que tu ne le feras jamais toi. Ils sont violents. Sanglants. » Elle essaye de trouver les mots. Elle s’embrouille. Énormément. Un peu trop même. Mais elle essaye. Ses mains s’agitent sous son stress. Sous ses paroles. Presque incontrôlables. « Ce sont des meurtriers, Orion. Ils versent le sang comme ils boiraient du vin. Je le sais, je les ai vus faire. » Le souvenir de sa mère la frappe en plein visage. Elle voudrait détourner le regard. Elle ne peut pas. Elle est comme hypnotisée. « Je sais qu’il n’avait rien fait de mal, ce gamin. Mais il serait devenu comme eux. Ils deviennent tous comme ça. Et pis, si ce n’était pas lui, ça aurait été toi. » Elle finit par avouer. Une chose qu’elle avait toujours gardée. Ce choix décisif qui lui avait coûté sa relation avec lui. C’était lui ou le gamin. Le choix avait été presque trop rapide pour elle. Jamais elle n’aurait pu tirer sur lui. L’abattre. Elle aurait abattu aussi son propre cœur par la même occasion. Oh que oui. Et puis il y a la dégringolade. Ce sentiment où elle ne peut plus rien retenir. Ou son corps lâche tout sans son consentement. Le traître. Parce qu’il en pouvait plus. De cette situation. De ces choix et non choix. De cette dualité perpétuelle. Lui. Ses convictions. Toujours les conflits. Se battre avec soi-même. Renier une partie de soi pour en accepter une autre. C’était difficile. Elle avait l’impression de refouler une partie d’elle-même, d’ignorer de longues années de sa vie. C’est ce qu’elle était en train de faire. Pactiser avec l’ennemi, ils auraient dit. Saleté de dlcem. Mais elle l’aimait cet ennemi. Oh que oui elle l’aimait. Alors les larmes coulaient. Comme pour exprimer ce désir d’arrêt. Une pause. Elle aurait besoin d’une pause de réfléchir posément. Parce que ça fait des semaines qu’elle n’arrive plus à penser. Ça devient trop difficile. Cette situation l’étouffe. Ce bébé. C’était presque un coup de trop. Un bonheur empoisonné. La Loreley qui s’empoisonne elle-même et tombe dans le Rhin. C’était presque tentant. Alors elle essaye de tenir la cadence. Parce qu’à un moment ça serait trop tard. Elle le savait. Mais elle ne pouvait pas faire ça seule. Oh que non. Elle avait besoin de lui. Pour ça et pour toutes les autres choses. Ce n’était pas question que de cet enfant. Il était question de sa vie entière. Elle avait eu l’impression de se perdre elle-même en le perdant. Une douleur à peine voilée et irrémédiable. « Il n’y aura pas de tragédie. » Il avait tort. Elle le savait. Il y avait toujours des tragédies. Les grecs de l’antiquité n’avaient rien inventé. L’équation formée par les dieux et les mortels était toujours synonyme de tragédie. Le style parlait de lui-même. Ça finissait toujours mal. Quoi qu’il en pense.  « Tu ne comprendrais pas comment je peux en être sûr, mais je le sais. » Une intuition peut être ? Elle ne s’était jamais faite aux intuitions. Ou alors dans de rares cas. Il fallait la rationalisation, le contrôle. Et l’intuition, les sentiments : C’était le grand saut dans l’inconnu. La chute assurée. La main d’Orion chercha la sienne. Le contact la rassura tout de suite. La chaleur de sa peau la calma un peu. Le temps d’un instant. Par instinct ses doigts se mêlèrent aux siens. Comme autrefois. « Si tu crois encore une fois en moi, je peux t’assurer qu’il ne lui arrivera rien. Pas tant que je serai encore vivant. » Elle voudrait y croire. Vraiment. Mais le pouvait-elle ? Ils n’étaient pas seuls dans le schéma. C’était bien ça le problème. Même si elle voulait de cet enfant, il serait en danger rien que par son existence. Le dlcem. Evidemment. Toujours lui. Orion ne serait pas de taille contre eux. Elle le savait. Elle connaissait leurs équipements, leurs manières. Ils étaient capables de tout. Même de tuer un enfant. Elle ne voulait pas s’exposer à tout ça. A cette possibilité de drame. Elle voyait peut être le mal partout, le noir partout. Mais c’était vrai. Elle ne pouvait décemment pas ignorer ça. Comme elle ne pouvait pas se sortir de la tête que c’était leur enfant. Leur bébé à eux deux. Le mélange parfait de lui et d’elle. Un eux réuni. La preuve qu’il y eut un « nous » en fait. « Il y a toujours des tragédies Orion. Quoi qu’on dise. Quoi qu’on fasse. Et tu le sais très bien. Tu veux réellement infliger ça à notre enfant ? » C’était presque étrange à prononcer. Notre enfant. Un frisson la parcourut. Pourtant, ce n’était pas désagréable. Loin de là. Elle la séduit même l’idée. Presque. Comme un rêve lointain qui se concrétise. Un soupir franchit ses lèvres. Elle est lasse de se battre. Lasse de tout. Son regard se plante dans le sien « Admettons. » Elle dépose les armes. Mais pas complètement. « Admettons que l’on garde cet enfant. Qu’adviendra-t-il ? Tu es un demi-dieu, Orion. Je suis mortelle. Je suis de celle qui ne croit pas à tout ça. Qui réfute tout ça. » Une agente du dlcem quoi. Enfin étais. Parce qu’au final, ça fait un moment qu’elle n’y est pas retournée. A cause de sa grossesse. De son choix à prendre. De cet état de perte totale de repère. Elle ne se reconnaissait plus là-bas. Elle n’arrivait plus à rire aux blagues cruelles de ses collègues. Elle n’y arrivait plus tout simplement. Pourtant, elle ne se sent pas non plus d’attaque ici. A regarder tous ces demi-dieux faire ce qu’ils veulent. Ça serait trahir le souvenir de sa mère. Ce qu’elle refuse. Alors elle pose l’hypothèse. Les faits. Ils verront après pour les peut-être, pour les si. « Crois-tu vraiment que cela peut marcher ? » Un dernier espoir. Une dernière bouée lancée. Parce qu’elle est en pleine tempête. Orion semble être la terre promise, le calme après les tumultes. Mais y arrivera-t-elle ? Tout semble croire que non. Ses convictions s’entrechoquent encore dans sa tête. Ca résonne trop fort à ses oreilles. « Crois-tu vraiment qu’un ‘nous’ peut-il exister ? » Ca y est. C’est dit. Une question à laquelle elle n’a jamais été foutue de trouver une réponse. Elle semblait le croire pendant six ans. Mais vu comment ça s’est terminé. Il lui reste énormément de doutes. Certes, il y a cet enfant. Mais il persiste des doutes en elle. Sur eux. Sur la possibilité d’un ‘nous’. Elle a besoin d’avoir une réponse claire. Dite à voix orale. Elle a besoin qu’on la rassure. Parce qu’elle tremblerait presque. La peur se lit dans son regard. Tout ça la terrifie. C’est nouveau. Elle est perdue entre tout ça. Et totalement démunie. Elle n’était pas censée tomber amoureuse d’un demi-dieu, et avoir un enfant avec lui. Elle était censée les tuer. Les exécrer. Qu’est-ce qu’il lui arrivait. Elle ne savait même plus. Orion la troublait tellement. Il lui montrait une partie d’elle-même qu’elle avait totalement oubliée. Et ça la terrifiait terriblement.
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SANG-MÊLÉ ROMAIN.
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MessageSujet: Re: It melts away the price I pay to taste your love (Orion)   Mer 26 Avr - 23:00



It melts away the price I pay to taste your love
Lorelei & Orion



But honey I'll be seeing you, ever, I go. But honey I'll be seeing you down every road.
2013
Assis derrière Lorelei sur le canapé, il passa doucement ses bras autour de sa taille et posa son menton sur son épaule pendant qu’il l’interrogeait sur sa journée. Elle avait pris l’avion, revenant de l’une de ses multiples excursions dont il avait oublié la destination - New York sans doute, car, même s’il lui arrivait de parcourir le monde, c’était là qu’elle se rendait le plus car s’y trouvait le siège du journal pour lequel elle travaillait. Ce n’était pas son genre d’oublier une chose qu’elle lui aurait dite, mais il était nerveux, et à cet instant encore, il n’écoutait son rapport que d’une oreille distraite, prenant l’une de ses main dans la sienne et la caressant d’un geste qui lui semblait à présent si naturel. Orion s’était toujours fait des idées sur le grand amour, faisant honneur à son père, il en avait toujours cultivé la foi infaillible. Mais l’expérience même dépassait tout ce qu’il avait pu imaginer ressentir. La simple présence de Lorelei provoquait en lui une explosion de joie, dès la première fois où il avait posé les yeux sur elle, il avait eu l’intime conviction qu’elle posséderait son coeur à tout jamais. Pourtant, cela n’avait pas été gagné. Une rencontre dans un bar, alors qu’il se sentait vulnérable après avoir quitté le Camp Jupiter. Ce n’était pas qu’il regrettait sa décision, il avait toujours su que la vie enfermée dans cette ville autonome n’était pas faite pour lui, il avait besoin de plus d’espace pour exercer sa liberté. Après avoir goûté aux cieux, c’était si difficile de trouver un endroit où poser ses bagages. Mais Lorelei lui avait appris qu’un sentiment d’appartenance ne découlait pas d’un endroit, mais des personnes dont il était entouré. À son contact, il avait réalisé qu’il était prêt à renoncer à explorer le monde, temps qu’à la fin de la journée il pouvait la serrer dans ses bras. Trois ans plus tard, il ressentait toujours le même sentiment, et resserra son étreinte autour de sa taille pour s’assurer qu’il ne vivait pas un rêve éveillé. Depuis peu, ils avaient sauté le cap et décidé d’emménager ensemble. Son secret ne pouvait plus durer, il le savait. À chaque instant, un légionnaire romain risquait de sonner à leur porte réclamant une aide qu’Orion avait promis d’offrir en échange de pouvoir vivre en dehors du Camp avant d’avoir servi les dix années réglementaires au sein de sa cohorte. Il avait voulu retarder ce moment fatidique, tant il était terrifié, terrifié qu’elle ne le crût pas, qu’elle ne le prît pour un fou et qu’elle ne décidât de s’enfuir, emportant son coeur avec elle. Lui-même avait d’abord eu des difficultés à accepter la vérité lorsque sa mère lui avait enfin révélé l’identité de son père. Comment elle le pourrait-elle ? Il se mordit la lèvre lorsqu’il la vit se lever et se diriger vers la cuisine. Elle avait semblé si heureuse d’être rentrée, si sereine en sa présence, la culpabilité le rongeait d’avance lorsqu’il pensait qu’il allait devoir changer le cours de leurs vies par une petite révélation. Il avait été si facile de se faire passer pour un simple mortel, et il était si tentant de continuer. Mais au fond de lui, il savait qu’il ne pouvait pas. Non pas à cause de son devoir envers le camp, mais parce que son père représentait une facette entière de sa personnalité. Et il voulait qu’elle connût tout de lui. « - Il faut qu’on parle… tous les deux. » commença-t-il maladroitement. Instantanément, il put lire l’inquiétude dans son regard et il attrapa l’une de ses mains, tentant ainsi de la rassurer. Il ne savait que trop bien ce à quoi elle pouvait penser à cet instant. Mais son intention en était bien éloignée. S’il tenait à une chose dans sa vie, c’était à elle, et il espérait que son secret n’allait pas tout bouleverser. « - Et bien... voilà. Je ne suis pas comme tous les autres. » Ses paroles avaient l’air étranges, même à son oreille, mais il peinait à trouver les mots justes. Existaient-ils réellement ? « - Je veux dire humain. Comme tu le sais, j'ai un beau-père. Et ma mère, que tu connais d’ailleurs. » Il tournait autour du pot, l’aveu était définitivement difficile. Alors il inspira profondément et il se lança. « - Mon père n'est pas... mortel. C'est cupidon, le dieu romain de l’amour. Je suis un demi-dieu romain. » Il vivait avec ça depuis plus de dix ans, pourtant ses paroles lui semblaient ridicules. Il leva un regard craintif vers Lorelei. Il avait lâché sa bombe et la réaction ne se fit pas attendre bien longtemps. « - Tu te fous de moi, pas vrai ? » Ils s’était préparé à cette éventualité, il aurait été naïf de penser qu’elle allait le croire sans aucune preuve. Il ne se tenait qu’au début de longues explications. Pourtant, lorsqu’il détailla son visage, il n’y trouva aucune trace d’incrédulité, d’incompréhension, aucun sourire indiquant qu’elle pensait à une simple blague. Non, son regard était noir, tel la tempête. Elle était furieuse. Elle tourna les talons et claqua une porte en s’enfermant dans la pièce d’un côté, le laissant seul, complètement déboussolé. « - Non Lorelei, attends… » tenta-t-il d’un ton désespéré, mais il savait qu’elle ne l’écoutait déjà plus.

PRÉSENT
Cet épisode de leur passé commun lui revenait en mémoire à mesure qu’elle parlait. Bien sûr, elle avait fini par revenir vers lui, et même s’il n’avait jamais vraiment pu comprendre la réaction qu’elle avait eue ce soir là, il ne s’en était pas formalisé, trop heureux qu’il était qu’elle ne se fût pas enfuie loin de lui. Il n’y aurait pas survécu. Il ne savait pas comment il survivait à présent. Survivre. C’était le terme. Il se contentait de respirer pour garder la tête hors de l’eau, mais il ne vivait plus. Toute la joie qui l’avait un jour habité s’était envolée au moment où elle avait tiré avec son arme. Son coeur se brisait lorsqu’il repensait à leurs sourires dans les bras l’un de l’autre. Mais il commençait à comprendre à présent. « - Je ne suis pas le premier demi-dieu que tu rencontres. » Il avait murmuré, comme s’il avait peur de briser cet instant en parlant trop fort. « - C’est pour ça que tu étais furieuse quand je t’ai révélé mon identité. » Il ne savait pas s’il parlait pour lui ou pour elle. Mais elle ne le contredit pas. Au contraire, elle s’embrouillait dans son discours à propos de sang-mêlés meurtriers. Ses yeux trahissaient sa peine, et il ne pouvait s’empêcher de la ressentir également. Pour la première fois, il réalisait que cette histoire les dépassait tous les deux, qu’il ne s’agissait pas de savoir s’ils s’aimaient ou non. Il avait été stupide d’en douter, comment aurait-il pu en être autrement. Mais ils avaient été maudits avant même leur rencontre. Entendre son nom dans sa bouche le bouleversait. Elle avait une manière de le prononcer qui n’appartenait qu’à elle. Il avait cru qu’il ne l’entendrait plus jamais. Mais en même temps, c’était à son tour d’être furieux. Quel énorme secret lui avait-elle caché pendant des années alors que lui s’était entièrement livré ?  Et qui avait osé lui faire tant de mal qu’elle en vînt à penser que tuer un gamin innocent était la solution ? Même lorsqu’il était supposé la haïr, il ne pouvait s’empêcher de vouloir la protéger. L’ironie du sort, c’est qu’elle semblait avoir décidé de se protéger seule, sans même le mettre au courant des démons qu’elle tentait de combattre. « - Raconte-moi. » Sa voix s’était adoucie. À nouveau, il se rapprocha d’elle. Ils se trouvaient et se fuyaient sans cesse, n’était-ce pas là le point culminant de leur histoire ? « - S’il te plait, raconte-moi. » répéta-t-il presque suppliant. Il éprouvait un irrépressible besoin de savoir. Il ne pouvait pas rester plus longtemps dans l’ignorance d’un événement qui avait sans doute changé sa vision du monde à tout jamais. Qu’avait bien pu faire le demi-dieu qu’elle avait rencontré avant lui pour lui donner une image si négative de leur espèce que même lui ne parvenait pas à rétablir la vérité ? Il ne pouvait pas croire le flot de paroles qui se déversait de sa bouche. Il avait vécu au Camp Jupiter avec d’autres demi-dieux pendant des années, ils n’étaient pas des meurtriers, il le savait. Ils tentaient de survivre comme ils le pouvaient face aux monstres, mais jamais, jamais ils n’auraient causé de mal volontairement. N’était-ce pas pour cette raison que leurs camps se trouvaient éloignés de toute civilisation ? Pour qu’ils puissent vivre tranquilles sans causer de mal ? Et même ceux qui vivaient à l’extérieur, quel tort causaient-ils ? Ils avaient vécu heureux pendant des années, Lorelei et lui, et elle n’avait jamais questionné ce bonheur. « - Tu ne fais que répéter que je suis différent, que je ne suis pas comme les autres. Mais c’est faux Lorelei, je suis exactement comme eux. J’ai des soeurs, que tu connais, des amis. Tu crois que je leur accorderais ma confiance s’ils étaient aussi mauvais que tu sembles le penser ? » Sa voix se brisait. Elle semblait si convaincue qu’il ne savait plus quoi dire pour tenter de la persuader. « - Tu ne peux pas partir d’une expérience, aussi désastreuse soit-elle, pour fonder ton opinion sur nous tous… Quand les Titans, quand Gaïa, ont voulu renverser les dieux et tout détruire sur leur passage, on était là pour se battre, pour vous protéger. C’est injuste, tu ne peux pas nous condamner comme ça. » Leurs regards se fuyaient à nouveau, la tension qui régnait entre eux était trop dure à supporter. Un silence inconfortable s’était installé, et lorsque Lorelei le rompit enfin, il ne put s’empêcher de faire un pas en arrière, chancelant.

Le voilà enfin l’aveu. Il avait tellement été obnubilé par les actions de Lorelei, qu’il n’avait pas pensé une seconde qu’il partageait le sang sur ses mains. Si ce n’était pas lui, ça aurait été toi. Oh comme il espérait que ce fut été lui. Qu’avait-il fait ce gamin ? Ce gamin. Comment s’appelait-il déjà ? Orion ne parvenait pas à s’en souvenir. Un tel sentiment de honte s’abattit sur lui qu’il n’osa plus affronter le regard de Lorelei. Il avait osé penser qu’elle ne l’avait jamais aimé alors qu’elle avait consciemment envoyé leur histoire en l’air pour lui laisser la vie sauve. Il n’était pas sûr de pouvoir vivre avec cette révélation sur la conscience. Valait-il mieux que tous ces mortels à présent ? Il n’en était pas convaincu. Une maudite larme s’échappa de son oeil et coula sur sa joue. Il l’essuya de son bras, furieux. Il ne savait-même plus contre qui. En voulait-il à Cupidon de lui avoir laissé croire toute sa vie aux âmes soeurs alors qu’il lui avait réservé un amour maudit ? En voulait-il à Lorelei de n’avoir pas été assez courageuse pour s’en prendre à lui plutôt qu’à un innocent ? En voulait-il au demi-dieu qui l’avait transformée en cette créature impitoyable qu’il avait eue en face de lui ce soir-là ? En voulait-il à tous les autres mortels de cette foutue organisation pour avoir profité de sa vulnérabilité ? Ou s’en voulait-il à lui-même pour n’avoir pas su faire pencher la balance ? Il ne voulait pas croire qu’elle avait raison, que les tragédies étaient inévitables. À quoi bon leurs pauvres vies ? À quoi bon toute cette souffrance qu’ils avaient endurée s’ils ne pouvaient pas obtenir une digne fin ? Et malgré tous ces sentiments négatifs, ses pensées en revenaient toujours au même point. Le bébé. L’ébauche de l’espoir d’un futur qu’ils auraient pu partager. Qu’ils pourraient partager. N’était-ce pas pour cela qu’ils étaient encore debout face à face ? Parce qu’ils se laissaient aller à espérer. Ils auraient pu finir cette discussion bien avant s’il ne restait pas l’ombre d’une étincelle d’espoir. Il prit l’une de ses mains dans la sienne et la caressa comme il l’avait si souvent fait auparavant. Tout de suite, il se sentait plus serein, presque rassuré. Les souvenirs se bousculaient dans sa mémoire, faisant battre son coeur qui s’était arrêté lorsqu’il l’avait quittée. Malgré tout, c’était encore avec elle qu’il se sentait à sa place. Ils auraient pu continuer de se disputer pendant des heures. Il aurait pu lui dire qu’il se battrait pour leur enfant, que personne n’apprendrait jamais son ascendance divine, que personne ne lui ferait de mal, qu’elle-même avait vécu avec lui pendant trois ans sans se douter qu’il était un demi-dieu, alors pourquoi d’autres devraient le deviner ? Mais ces choses n’avaient plus d’importance à présent. Une seule chose en avait encore. « - Je t’aime Lorelei. » Pas de je ne te déteste pas cette fois-ci. Son regard trouva le sien et s’y planta résolument. Ils ne savaient pas comment ils pourraient faire fonctionner un avenir commun, mais il s’en fichait pas mal. Il avait été prêt à passer sa vie avec elle. Il s’était rendu compte que sa vie sans elle n’en était plus réellement une. Alors il était prêt à tout risquer, même s’il devait mourir au passage, s’il ne restait ne serait-ce qu’une seule chance de la ramener à lui, de lui faire abandonner sa haine.


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It melts away the price I pay to taste your love (Orion)

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