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 L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)

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PETIT SCARABÉE.
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PETIT SCARABÉE.

MessageSujet: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Mer 27 Juil - 20:49


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
Le verdict était tombé. Un mois de rétablissement. Un mois loin du terrain puisque son bras devait rester coincé dans une écharpe d'immobilisation à cause de son épaule démise. La parfaite conclusion pour cette mission qui fut un échec cuisant pour le Département. Avoir sérieusement blessé ces adversaires n'apportaient aucun baume au cœur de l'agent Law. La prisonnière s'était échappée et sa partenaire, l'agent Lond avait été prise en otage durant la mission. Ils avaient échoué sur toute la ligne. Que se soit durant son rapatriement ou à l'hôpital, Dewei avait eu tout le temps nécessaire de revoir la mission mentalement sous tous les angles. Il aurait aimé trouver quelque chose, se dire qu'il aurait pu faire ceci ou cela. Rien. Il n'aurait rien plus faire de plus. Il était terrible de réaliser qu'on avait fait tout ce qui était humainement possible et que, pourtant, on avait échoué. Humainement possible. Le problème se résumait à ce premier mot, preuve affligeante qu'il y aura toujours une différence de niveau face à leurs adversaires. Bien sûr, une partie de l'échec pouvait en revenir aux agents locaux. Leurs attachements au protocole leur avaient perdre un temps précieux. C'est ce qu'il avait précisé dans son rapport. Maigre compensation qui n'adoucissait pas le goût amer de défaite qui lui restait dans la bouche.

À un moment, il avait jeté son arme et c'est là que le vent avait tourné. C'était le seul reproche qu'il pouvait se faire. Pourquoi avait-il fait un geste aussi stupide ? L'Asiatique avait la conviction d'avoir été victime du pouvoir de son adversaire. À nouveau : maigre consolation. Il avait tenté un tir à l'aveugle alors qu'on le menaçait d'une arme et avait la prisonnière. Comme prix à payer pour son action désespérée, l'ennemi s'était acharné sur lui avant de lui déboîter l'épaule. Dewei avait essayé de se relever et continuer la poursuite. Il avait même essayé de se remettre 'à chaud' l'épaule malgré les protestations du seul autre agent qui avait été épargné. Il s'en foutait d'être pris pour un cinglé en agissant ainsi, il ne voulait pas perdre contre eux. Hélas, son corps lui avait fait vite comprendre qu'il avait atteint ces limites. Même blessés, leurs adversaires semi-divins avaient encore eu la force de fuir tandis que lui, simple mortel, se retrouvait sur le banc de touche.

Dans ce genre de situation, il n'y avait rien de mieux que la salle d'entraînement pour se défouler. Sauf que le médecin le lui avait interdit. Il ne lui restait que les cigarettes pour apaiser un peu sa rage. Puisqu’on lui interdisait de se défouler sur un punching-ball au risque de démettre de nouveau son épaule et de retarder encore son retour sur le terrain, il ne lui restait plus qu’à encrasser ces poumons. Malgré les recommandations (ou plutôt les mises en garde du médecin), l’agent de terrain n’avait pas renoncé à tout exercice physique. Rester derrière un bureau pendant un mois ? La reprise serait trop difficile, surtout lorsqu’on avait déjà un adversaire qui vous écrasait sans problème dans ce domaine. Son entraînement se limitait son jogging matinal ou à des exercices de cardio et d’endurance sur le tapis roulant de la salle de gym, mais c’était toujours mieux que rien.

Concernant le travail, il était relégué à l’administratif jusqu’à son rétablissement complet. Il avait vraiment hâte de passer les tests assurant qu’il était de nouveau apte à travailler sur le terrain. Pour l’instant, il en était encore loin. Les journées étaient interminables tandis que son impatience grandissait. À chaque dossier s’accumulant sur son bureau, Dewei maudissait chaque demi-dieu responsable de cette situation.

Pour l’heure, il avait cessé de ruminer sur le passé pour se concentrer sur un dossier à livrer. Le problème ne venait pas du dossier en lui-même, mais plutôt la destinataire, l’agent Lond. Ils ne s'étaient plus croisés depuis le débriefing de la mission. Si l'Asiatique estimait ne rien avoir à se reprocher dans son comportement lors de la mission, il ne pouvait en dire autant au sujet de sa partenaire. Surtout lorsque Tamara avait essayé de négocier au lieu de tirer à vue sur l'ennemi. Toutefois, il n'était pas certain de pouvoir blâmer l'agent Lond puisqu'il ne s'en était pas mieux sorti qu'elle. Peut-être avait-elle été aussi victime du pouvoir de leur ennemi. Tamara était celle qui lui avait servi de guide lors de son premier jour au DLCEM, il lui devait au moins le bénéfice du doute. Dans un premier temps.

D'ailleurs, il ignorait si ce sujet revenait sur le tapis ou non. Ce n'était pas au centre de ces préoccupations alors qu'il coinça le dossier contre son torse pour pouvoir toquer de sa main valide à la porte du bureau. En attendant la réponse de sa collègue, Dewei eut le temps de pester intérieurement contre son épaule démise qui rendait tous les gestes du quotidien difficile. Même ouvrir une porte tout en tenant un objet devenait un problème ! Il lui fallut appuyer du coude puis pousser légèrement avec son dos, comme il avait dû le faire pour sortir de son propre bureau. L'agacement était visible sur son visage et ne s'arrangea pas lorsqu'il leva les yeux sur Tamara après l'avoir salué.

Avant que sa vie ne soit réduite en miette à cause du monde mythologique, Dewei avait choisit de devenir policier alors qu'il portait le nom de famille 'Law', qui par une curieuse ironie pouvait signifier loi en anglais. A force, il reconnaissait l'étincelle dans le regard qui annonçait un futur trait d'humour. "Vas-y, je vois bien que tu meurs d'envie de le dire." Signala-t-il en s'approchant du bureau pour y déposer le dossier. Parfois, inviter la personne à dire une blague était idéal pour désamorcer la motivation de l'interlocuteur. Quel intérêt de lancer une moquerie si l'autre l'attend et vous en donne la permission ? Quelque chose lui disait qu'il ne s'en tirerait pas aussi facilement dans ce cas-ci.

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COLONEL BADASS
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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Jeu 28 Juil - 1:41


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
25/04/16
Cette mission à Scranton, pour rester polie, avait été un foirage total. Bon, même si l’agent Lond n’avait pas prévu d’obéir aux ordres en tuant l’otage, mais bel et bien de se débrouiller pour qu’elle s’échappe, elle n’avait pas prévu l’intervention d’une bande de demi-dieux dont faisait partie l’amour de sa vie. Bon, à l’heure qu’il était, ni l’un ni l’autre n’avait révélé ses sentiments. Et vu la frayeur qu’elle avait eue pour le fils de Mars, et ayant compris qu’il lui avait menti, elle était très en colère contre lui. Tamara avait faussement été prise en otage par le demi-dieu blessé, et l’avait conduit à l’hôpital où elle avait, sans ménagement, ordonné à une infirmière de l’aider à le soigner, avant de partir en trombe pour le ramener chez lui. Fort heureusement, il était le voisin de Marvin, ainsi, dans son rapport, elle avait prétexté avoir pu s’échapper alors que le preneur d’otage soi-disant inconnu s’était arrêté dans ce centre médical pour se soigner, et étant elle-même un peu désorientée, elle avait voulu parler à quelqu’un de confiance, à savoir Marvin. Cette version semblait sur le moment la plus plausible, d’autant que si sa voiture de fonction avait été équipée d’un traceur, cela expliquerait sa présence aux alentours de l’immeuble où vivait l’informaticien. Le seul hic qui lui faisait dire que cette mission était vraiment foirée, outre le fait que les demi-dieux s’étaient radinés sur place, trucidant tous les collègues locaux, et bien sûr le fait qu’Haytham ait été grièvement blessé, c’était que son partenaire du DLCEM, Dewei, l’avait été aussi. Et ça, Tam avait du mal à l’encaisser, d’autant qu’elle s’en était tirée sans une égratignure. Si ces imbéciles de rejetons divins ne s’étaient pas pointé, le résultait aurait été le même et aucune vie n’aurait été ôtée, et personne n’aurait été blessé. Si Hay lui avait dit ce qu’ils avaient prévu, elle aurait pu trouver un moyen. Pour le coup, elle était vraiment très en colère après lui, et à présent qu’il était suffisamment remis de ses blessures pour être autonome (après seulement trois jours, il y avait du bon à être un fils de Mars), elle n’allait plus du tout le voir, filtrait ses appels et répondait très tardivement à ses SMS en étant la plus évasive possible. Des réponses d’un mot ou deux, du genre « oui », « non », « peut-être », « on verra ». Ça lui ferait les pieds, au « Penseur » !

Tamara était assise derrière son bureau au quartier général new-yorkais du DLCEM, plongée dans ses pensées après avoir rendu le rapport tapé et corrigé sur cette fameuse mission de Scranton. Elle ne cessait d’y repenser. Tous ces imbéciles d’agents locaux qui avaient perdu la vie. Aussi stupides furent-ils, avec leurs manies du protocole etc, ils ne méritaient pas de périr. L’agent de terrain s’était engagée dans cette organisation pour éviter justement que des humains ne meurent à cause des demi-dieux et autres créatures mythologiques. Longtemps, elle avait eu certaines convictions, et ces dernières avaient été mises à mal par le retour d’un certain fils de Mars dans sa vie. Mais avec ce qui s’était passé trois jours auparavant, Tam avait du mal à ne pas voir remonter à la surface d’anciennes pensées négatives à l’encontre des rejetons divins. Elle poussa un long soupir avant d’attraper un dossier d’une ancienne mission dont elle n’avait toujours pas fini le rapport. A vrai dire, son truc, c’était d’avantage être sur le terrain, la traque, plutôt que la paperasse. Si elle avait voulu être bureaucrate, elle n’aurait pas choisi ce genre de métier. Mais bon, cela faisait partie du job. Elle se replongea dedans, observant quelques annotations qu’elle avait faites ainsi que quelques photos qu’elle avait prises sur le terrain de l’objet de sa traque, d’autres photos piquées sur internet, dont certaines avaient été fournies par Marvin d’ailleurs. La créature se faisait passer, grâce à la Brume, pour un coursier. L’agent Lond eut un léger sourire en repensant à la facilité avec laquelle elle l’avait attrapé. C’en était déconcertant, et c’était sans doute pour ça que ce dossier trainait depuis des semaines. Elle ne savait que noter dedans, à part : « trop facile ». Mais bon, elle avait reçu un mail qui la rappelait à l’ordre, alors il fallait qu’elle se magne d’écrire un peu plus que trois lignes.

Après avoir enfin bouclé cette affaire, plus ou moins satisfaite, Tam referma la chemise cartonnée qui renfermait désormais les pages fraichement imprimées du rapport. Elle irait le déposer un peu plus tard au bureau des supérieurs. C’est alors que quelqu’un toqua à sa porte. A en apercevoir la silhouette à travers le verre fumé et martelé de sa porte vitrée, elle devina Dewei et son bras en écharpe.

-Entrez ! lâcha-t-elle.

En effet, dans le mille ! Le collègue asiatique entra, et Tam lui adressa un sourire, aussi chaleureux que possible, étant donné ses faibles capacités à l’être. L’agent Lond n’avait aucune envie de montrer à son collègue qu’elle culpabilisait sur son état, aussi, en parfaite comédienne qu’elle était, elle afficha un sourire amusé en le voyant galérer un peu à ouvrir la porte, son dossier serré contre lui. Ce dernier sembla avoir repéré dans ses yeux une certaine malice, et l’exhorta à dire le commentaire qui lui brûlait les lèvres. Tam haussa les sourcils d’un air faussement innocent en levant les paumes de ses mains vers son interlocuteur.

-Enfin, je n’allais rien dire, quelles sont ces intentions que tu me prêtes, très cher ?

Elle lui sourit et lui désigna le fauteuil en face d’elle, et le poussa du bout du pied depuis sous le bureau pour que l’asiatique n’ait pas besoin de le tirer.

-Installe-toi. Quel bon vent t’amène ? Et surtout, comment tu te sens ?

Connaissant Dewei, il devait être malade de ne pouvoir aller sur le terrain. Tam avait entendu dire qu’il en avait pour plusieurs semaines, minimum. Elle ne comprenait que trop bien la frustration qui était la sienne.


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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Jeu 4 Aoû - 8:32


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
Sartre avait un jour déclaré dans une de ces œuvres que l’Enfer, c’était les autres. Si Dewei avait eu connaissance de cette phrase, il aurait certainement été d’accord. Le pire dans cette cuisante défaite était le regard de ces confrères. Son bras immobilisé était la preuve de son échec. Une preuve qu’il allait devoir porter pendant un mois avant de pouvoir laver son honneur sur le terrain. En attendant, l’Asiatique ne pouvait s’empêcher de baisser les yeux en croisant quelqu’un et serrait les dents face aux remarques. Il avait été élevé avec des principes sévères, ceux qui vous obligent à penser que ‘faire de son mieux’ n’était pas une excuse recevable lorsqu’on avait perdu. Bien que l’agent ait coupé les ponts avec sa famille, sa détermination à faire honneur au nom des Law était restée intacte. Tout comme il ne voulait pas faire défaut au Département qui l’avait sorti de prison et révélé la vérité sur les monstres peuplant ce monde. Autant d’élément qui faisait qu’il prenait cette défaite assez mal et ce mot était un euphémisme !

Puisque sa blessure l’obligeait à diminuer ces visites à la salle d’entraînement, il n’avait plus croisé sa collègue depuis cette mission catastrophique à Scranton. Au fond, il était jaloux que sa partenaire se soit tirer de cette histoire sans la moindre blessure, pas même une égratignure, tandis que lui allait être coincé dans les bureaux à faire le travail d'un vulgaire agent de liaison pendant quatre interminables semaines. L'Asiatique n'en était qu'à son troisième jour de reprise du travail et il en avait déjà assez, alors, tenir un mois semblait impossible. Sa frustration le poussa à se montrer soupçonneux par rapport au comportement de Tamara durant la mission. Dewei s'en voulait immédiatement, se disant que sa collègue méritait d'avoir le bénéfice du doute, mais il ne doutait pas qu'il y eût là un abcès à percer. Comme sa corvée du jour allait le conduire dans le bureau de l'agent Lond, peut-être auront-ils l'occasion d'en parler. Aussi amer que pouvait être le rappel de cet échec.

En attendant, l'agent de terrain maudissait d'autant plus sa blessure à cause de laquelle un geste aussi simple que l'ouverture d'une porte en tenant un objet en main, devenait une épreuve demandant réflexion et astuce. Ce premier obstacle franchit, il put saluer sa collègue tout en redoutant les remarques face à la farce qu'il devait représenter. Du temps où il était flic, il avait eu de nombreuses fois des remarques et autres blagues (d'un humour variable selon le degré d'intelligence du créateur) sur son nom de famille. Il s'attendait donc au pire et n'hésita pas à faire une remarque dans ce sens, incitant son interlocutrice à se lâcher. Bien sûr, cette dernière nia ces intentions sarcastiques. Dewei lui lança un regard qui trahissait le fait qu'il n'était pas dupe.

"Vraiment ?" Dit-il avec une pointe de suspicion. N'importe qui aurait profiter de cette situation assez rare. En tout cas, lui, ne se serait pas privé de faire au moins une remarque et il savait Tamara Lond aussi prompte au cynisme que lui. De ce fait, il restait méfiant, malgré la bonne foi apparente de son interlocutrice. Dewei préféra laisser ce point temporairement de côté et se concentra sur la raison de cette visite en brandissant le dossier qu'il tenait dans sa main valide. "Ton bureau manquait de dossier, je viens combler ce manque." Dit-il en posant l'objet sur le bureau et en se décidant finalement à s'asseoir sur le siège gentiment poussé du bout du pied par son interlocutrice. "Blague à part, si tu as des dossiers finis que je dois transmettre aux hautes sphères, donne-les moi. Apparemment, je vais être réduit à faire ce genre de chose pendant toute la durée de ma convalescence." Expliqua-t-il en ne pouvant masquer entièrement une légère amertume. "Je tiendrais jamais un mois, je vais arracher cette foutue écharpe avant." Grommela-t-il. Il avait déjà des airs de lion en cage alors qu'il n'était qu'au début de sa convalescence, cela promettait pour la suite. "C'est plutôt moi qui devrais te demander comment tu te sent. Après tout, tu as été pris en otage par l'ennemi, même si, au final, tu t'en es sortie mieux que moi." Souligna-t-il avec une pointe de curiosité. Bien qu'il ne le devrait pas, il enviait Tamara qui pourra repartir directement à l'attaque pendant que lui va rester un bon moment sur le banc de touche. "Enfin, on ne peut pas changer le passé, je suppose." Essaya-t-il de philosopher avec un soupir. "Dis-moi qu'au moins tu leurs as fait regretter qu'ils t'aient pris en otage, cela me remontera peut-être un peu le moral." Poursuivit-il ensuite avec une note d'humour acide.

Il en doutait. Seule une nouvelle victoire du DLCEM pourrait lui faire retrouver le sourire. Dewei avait appris que la seconde mission à Salem ne s'était pas tellement mieux passer pour leur camp que celle de Scranton. La différence est que l'autre équipe avait fait sauter l'otage, privant les deux camps du 'trophée'. Toujours mieux que rien. Bon sang, comment l'ennemi avait-il pu reprendre le dessus sur eux aussi vite ? De quoi avait l'air de Département après cette défaite ? Dewei évitait de creuser trop cette épineuse question, sinon, l'envie de griller une cigarette pour se calmer se ferait sentir. "Ou que cet Irlandais y est resté." Continua-t-il coupant le cours de ces propres pensées. "Quoi que... Non. Je veux lui régler son compte moi-même, dès que je serais de nouveau capable de me rendre sur le terrain." Sur ces mots prononcés avec une détermination féroce, il serra les poings, se moquant de la douleur ressentit à son épaule meurtrie.

L'Asiatique ne portait déjà pas Haytham dans son cœur, mais, cette deuxième rencontre avait monté cette animosité à l'égard du fils de Mars d'un cran.

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COLONEL BADASS
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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Sam 6 Aoû - 16:05


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
25/04/16
Tamara connaissait assez bien Dewei maintenant pour savoir à quel point son handicap provisoire pouvait lui taper sur le système. Ce type était un véritable acharné de travail, mais de travail sur le terrain. Sportif, s’il n’était pas à enquêter dehors, on était certain de le trouver à la salle de sport à cogner sur un sac en cuir. Mais suite à la dernière mission à Scranton, tout cela lui était impossible, pour une durée de plusieurs semaines. Ne souhaitant pas s’arrêter pour autant, il avait pris le parti de rester au quartier général et accomplir des tâches de bureau, bien que, clairement ça se voyait sur son visage, il détestait ça. Et ce n’était pas l’agent Lond qui pourrait ne pas le comprendre, elle était un peu pareille que lui. Ce retour au Département n’avait pas été très glorieux, ni pour l’un ni pour l’autre, étant donné l’échec cuisant de leur mission, et les deux équipiers affichaient une mine un peu déconfite.
Tam regarda son collègue asiatique entrer, avec son regard suspicieux trahissant le fait qu’il savait très bien qu’elle avait une réplique acerbe sur ses incapacités à effectuer les tâches les plus simples comme ouvrir une porte avec un dossier en main. Mais, bien qu’elle ait la pique facile, sa jolie collègue lui épargna tout commentaire, sachant qu’il se sentait déjà assez mal comme ça. Elle lui recula la chaise du bout du pied pour qu’il puisse s’asseoir, et tandis qu’il s’exécutait, elle recroisa ses jambes et attrapa le dossier qu’il lui tendait. C’était celui concernant leur fameuse mission de Scranton. Elle pinça les lèvres en l’ouvrant.

-Merci…

Amèrement, l’agent Law fit comprendre que son job, durant les longues semaines de convalescence qui l’attendaient, serait de transmettre les dossiers. Tam hocha la tête et lui désigna des yeux celui qu’elle venait de boucler. Ce rapport était rendu avec quelque peu de retard, mais étant donné que l’affaire s’était soldée avec une parfaite réussite, cela ne pressait pas non plus.

-Je suis désolée, Dewei.


Elle se mordit la lèvre en l’entendant pester contre cette écharpe qui retenait son bras. Le pauvre avait dû tellement douiller ! Sans compter qu’être bridé sans ses capacités d’action était une chose horrible pour quelqu’un d’aussi actif que lui.

-Je sais ce que tu ressens, mais sincèrement, tu devrais te tenir à carreau sinon, tu risques de prolonger d’avantage ta convalescence. Ça m’a fait la même chose il y a deux ou trois ans, j’ai eu deux côtes fêlées… Enfin bref, si je peux me permettre un conseil, garde ton écharpe.

La belle brune observa la première page du rapport que venait de lui donner son partenaire. C’était sa version des faits. Tam avait déjà donné la sienne, son exemplaire se trouvait en dessous. Elle leva les yeux vers lui lorsqu’il souligna le fait qu’elle avait été prise en otage par l’ennemi.

-Ouais… j’avoue que j’en menais pas large avec mon propre flingue sur la tempe pendant que je devais conduire sous la contrainte ma propre bagnole… déclara-t-elle amèrement.

Il fallait qu’elle reste fidèle à sa version complètement baratinée. Elle l’avait apprise par cœur et se l’était répétée en boucle avant de l’écrire, même si elle n’avait disposé que de peu de temps.

-Si ça peut égayer ton moral, dis-toi que je l’ai largué tellement fort sur ce parking qu’à mon avis il a une bonne commotion cérébrale à l’heure qu’il est. C’est pas l’envie de lui rouler dessus qui me manquait, mais il y avait des témoins, et j’avais pas tellement envie qu’on relève ma plaque pour ensuite venir m’arrêter. J’ai préféré décamper.

Par contre, une chose interpela la curiosité de Tamara dans la réplique suivante de Dewei. Elle referma lentement le dossier en le regardant avec insistance.

-Irlandais ? Comment peux-tu savoir qu’il est irlandais ? Il n’avait même pas d’accent…

La rage que l’agent Law semblait avoir contre Haytham inquiéta un peu Tam, qui bien entendu, ne laissait rien paraitre. Voilà qu’à présent le chinois déclara vouloir lui régler son compte lui-même. La petite brune se mordit la lèvre.

-Si quelqu’un doit lui régler son compte, ce serait plutôt moi, non ? demanda-t-elle d’un air amusé.

La détermination de Dewei était assez amusante à voir. Même le bras en écharpe, même affaibli, il était égal à lui-même. Quel dommage qu’il ne se rende pas compte que les demi-dieux n’étaient pas les réels ennemis. Du moins, pas pour la plupart. Tam avait avait la rage contre Hay, mais pas de la même manière et pas pour les mêmes raisons. Contrairement à l’asiatique, elle ne voulait pas qu’il meure. Elle attendait simplement un peu plus de franchise de sa part. Recevoir un appel d’un médecin du centre de désintox où il était, et donc apprendre qu’il était en cure et non en « mission spéciale » comme il l’avait prétendu en se barrant pendant des semaines sans donner de nouvelles, n’avait pas mis de très bonne humeur la jeune femme. Il lui avait menti, encore une fois, et s’il y avait une chose qu’elle détestait au monde, c’était bien le mensonge, surtout venant du peu de personnes qu’elle aimait, et qui se comptaient sur les doigts d’une main. Haytham en faisait partie, bien qu’elle ne le lui ait pas dit explicitement. Malgré tout, il avait promis de ne plus se comporter ainsi, et pourtant il avait recommencé ! Pourquoi n’avoir rien dit ? En plus de cela, sa présence avait clairement compromis la mission ! S’il ne s’était pas ramené avec sa ribambelle de rejetons divins, l’agent de terrain avait parfaitement réussi à sauver l’otage sans qu’aucun agent ne soit blessé ou tué. Mais non, au lieu de ça, il avait fallu que se la joue perso, cet imbécile ! Résultat des courses, une demi-douzaine d’agents tué, quelques-uns blessés dont Dewei ! OK, ils avaient récupéré la jeune fille, mais est-ce que sa ville valait celle d’autant de mortels ? Etait-ce la peine d’en arriver à autant d’extrêmités ? Tam était extrêmement déçue du peu de confiance que lui avait accordé son ami d’enfance sur ce coup-là. Et à présent, elle était bien décidée à lui faire comprendre que s’il ne changeait pas radicalement de comportement, il le regretterait. Il commençait à bien se remettre, il n’avait plus besoin qu’elle vienne jouer les infirmières plusieurs fois par jour, aussi, elle s’était mise à être distante. Son téléphone vibra, elle l’attrapa et constata que c’était encore un SMS d’Haytham. Sans le consulter, elle reposa le portable après l’avoir reverrouillé. Il attendrait encore pour avoir une répondre, et cette réponse ne serait composée que d’un mot !



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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Mer 21 Sep - 22:08


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
Dewei aurait pu essayer de voir la situation sous un œil positif. Voir le verre à moitié plein, comme on dit. Il aurait pu écoper d’une blessure pire qu’une épaule démise. Il aurait pu être cloué dans un lit d’hôpital avec des mois de rééducation. Oui, si on creusait, il y avait certainement moyen de trouver pire que sa situation. Au moins, il avait la chance de continuer à pouvoir travailler pendant son mois de rétablissement, même si ce n’était que derrière un bureau et non sur le terrain comme il le désirait. L’agent Law n’était pas du genre à penser que chaque action, même les infimes exécutés par les scribouillards avec de l’importance. Il n’avait pas été éduqué ainsi. Seuls les actes comptaient. Difficile, avec cet état d’esprit, de ne pas broyer du noir puisque ce qu’il allait faire de plus significatif aujourd’hui était de déplacer un dossier d’un point B à un point A. Comment pouvait faire les agents de liaison à faire cela sans arrêt ? Lui en avait déjà assez et la journée n’était pas encore finie !

Au moins, il n’allait pas recevoir de remarque sarcastique de la part de l’agent Lond. C’était un soulagement, parce que l’Asiatique avait conscience d’être une tentation au cynisme avec son attelle au bras, mais aussi assez surprenant, car Tamara n’avait jamais sa langue dans sa poche en temps normal. Son interlocutrice lui montra un dossier fraichement bouclé et Dewei se leva légèrement pour le prendre de sa main libre. Il suspendit son geste lorsqu’il reçut des excuses. L’agent arqua les sourcils de surprise, ne s’attendant pas vraiment à ça. En temps normal, les gens disaient toujours une phrase bateau destinée à faire déculpabiliser. Pourtant, il n’en eu pas le réflexe. En fait, il devait se retenir de ne pas reprocher à Tamara d’avoir essayé de négocier avec l’ennemi au lieu de tirer directement. D’un autre côté, lui-même s’était jeté sur un des demi-dieux en lâchant son arme, sans raison apparente. Sans parler du tir raté. Bref, il n’était pas le mieux placé pour faire des reproches. « Tu n’as pas à t’excuser, je n’ai pas été d’un comportement irréprochable durant la mission. » Dit-il finalement après avoir poussé un léger soupir en se réinstallant, comme si dire cette conclusion à voix haute avait été une dure épreuve.

Maudire son écharpe qui lui immobilisait le bras, voilà qui était plus constructif à ces yeux. En réalité, pas vraiment, mais décharger son amertume sur quelque chose lui faisait du bien. Suite à cette remarque, Tamara joua la voix de la raison en signalant, à juste titre, que cela ne ferait que prolonger la convalescence. Pas faux. Finalement, la maigre satisfaction qu’il éprouverait en arrachant ce satané truc n’en valait pas la peine. Dewei acquiesça avec une expression qui trahissait clairement le fait qu’il ne cédera pas à la tentation même si cela était à contrecœur. Peut-être que s’il répétait en boucle ‘ça aurait pu être pire’ tel un mantra, il cessera de ressembler à un lion en cage ? Cela valait peut-être le coup d’essayer. Plus tard. Parler de la mission raté n’était pas le meilleur sujet pour enchaîner sur autre chose, peut-être que le moment était mal choisi ou qu'il existait une manière plus subtile de mettre cette histoire sur le tapis. D’un autre côté, il fallait bien que l’abcès soit percé un jour, non ? Tamara avait été prise en otage, c’était elle qui avait vu l’ennemi en dernier. Il avait lu la version des faits dans le rapport, mais il désirait l’entendre de sa bouche. Au fond, il ne savait pas s’il devait être jaloux ou suspicieux devant le fait que sa partenaire du jour s’en était mieux sorti que lui au niveau des blessures alors qu’elle avait été en contact direct avec ces saletés de demi-dieux pendant plus longtemps. Bien qu’il donnât le bénéfice du doute à celle qui lui avait servi de guide lors de son premier jour, Dewei restait curieux.

L'amertume de sa collègue semblait aussi réelle que compréhensible. C'est vrai que l'ennemi avait poussé l'insulte au point de l'obliger à conduire sa propre voiture pour les aider. C'était le genre de détail qui rendait Dewei impatient de revenir sur le terrain pour rendre la pareille. Son premier réflexe fut d'espérer à voix haute que ce satané irlandais y soit rester. Quoi que non, il préférait que ce demi-dieu ait survécu et le retrouver quand il sera de nouveau apte à retourner sur le terrain. L'Asiatique eu un sourire mauvais devant la réponse de son interlocutrice. Il comprenait parfaitement l'envie qu'avait éprouver la demoiselle de rouler sur cette ordure mythologique.

Concentré sur son envie d'en découvre dans un match revanche avec le fils de Mars, Dewei ne réalisa pas sa gaffe immédiatement. Il n'en prit conscience que lorsque Tamara souligna l'origine du demi-dieu, détail qu'il n'était pas censé connaître. L'Asiatique se rembrunit, conscient que sa langue avait fourché. "Ce n'était pas... Ma première rencontre avec ce demi-dieu." Commença-t-il avec réticence. La pause qu'il avait marquée ne permettait pas de déterminer s'il avait d'abord songé à mentir avant d'avouer ce fait. "Je l'ai affronté dans un combat de rue, c'était son nom de scène." En disant cela, il regardait Tamara droit dans les yeux avec ce qu'il lui restait d'orgueil, comme s'il mettait l'agent de terrain au défi de souligner le fait que cette activité n'était pas des plus légale. "J'ai gagné de justesse." En trichant. Bien qu'il tût ce détail, on pouvait facilement deviner qu'il ne tirait aucune fierté de cette victoire.

"Je comprends que tu veux le retrouver, mais je donnerais n'importe quoi pour une occasion de jouer la revanche." Conclut-il en serrant son poing valide. "Si tu trouves sa trace, préviens-moi et j'en ferais de même." Il était rare qu'il se montre aussi conciliant. C'est alors que le téléphone de Tam vibra. Dewei ne fit aucun commentaire concernant le comportement de sa collègue bien qu'il fût assez surpris de la voir reposer aussi rapidement son portable. C'était privé et, lui aussi ne se montrait pas toujours des plus aimable avec les messages reçus, surtout si c'était sa soeur qui se lançait encore dans une tentative de ressouder la famille.

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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Dim 25 Sep - 8:55


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
25/04/16
Le pauvre Dewei était relégué à un travail administratif, ce qui, en tant qu’agent de terrain chevronné, était du même ressort que de demander à un chef étoilé de faire des burgers dans un fast food. L’agent Lond se mettait à la place de son partenaire sur l’affaire Scranton, et clairement, elle aurait été loin d’être enchantée elle aussi. Du coup, faire une remarque sarcastique sur son état aurait été bien mal venu, d’autant qu’elle culpabilisait qu’il ait été blessé alors qu’elle s’en était tirée sans même un ongle cassé. La situation avait été compliquée pour Tam, sur place. L’ancienne « elle » n’aurait pas hésité à faire un carton et flinguer tous les demi-dieux présents dans le but de mener à bien la mission. Mais cette ancienne version l’agent Lond avait ouvert les yeux sur certains points, laissant place à une version 2.0 un peu plus éclairée et moins aveuglée par la colère et la haine. En retrouvant Haytham, elle avait compris que les demi-dieux n’étaient pas (tous) des monstres qu’il fallait exterminer. Le monde mythologique n’était pas manichéen, contrairement à ce qu’elle avait toujours pensé. Elle avait fait une promesse à son « Penseur » : ne plus abattre de demi-dieux à moins d’être certaine qu’ils représentaient une menace. Et clairement, les gamins qui l’accompagnaient n’en étaient pas pour les mortels. Ils ne faisaient qu’essayer de sauver l’une des leurs. Le souci était que Tam aussi, et en venant sur place, ils avaient tout fait foirer. Enfin, de leur point de vue surement que non, ils devaient faire la fête dans leur camp de débiles en se disant qu’ils avaient libéré l’otage… La réalité était tout autre, s’ils en étaient là, c’était bel et bien que la belle brune leur avait laissé la vie sauve pour honorer la promesse faite à l’homme qu’elle aimait. Et ça lui avait couté beaucoup : les collègues de Scranton étaient tous morts, et son partenaire était blessé.

L’agent Law reconnut que son comportement lors de la mission n’avait pas été exemplaire. Franchement, à part tenir un peu tête à feu leurs collègues de ce bled paumé, il n’avait rien fait de répréhensible. Tam secoua la tête doucement de gauche à droite pour signifier qu’elle n’était pas d’accord avec ça. Elle essaya également de pousser le chinois dans la voie de la sagesse, à savoir ne pas aller contre les indications des médecins, sans quoi sa convalescence serait sans fin, et tout le Département avait surement compris que Law n’allait pas supporter longtemps d’être un bureaucrate.
La conversation s’orienta sur Haytham. Tamara ressentit une pointe d’angoisse en apprenant que Dewei le connaissait déjà. Mais qu’est-ce qui s’était passé encore ! Jouant la comédie, elle fit mine d’être simplement surprise en apprenant la nouvelle, mais en réalité, elle maudissait ces foutus combats illégaux auxquels avait participé l’irlandais. Et en plus il avait choisi ce pseudo ? Mais quel imbécile !

-Ah oui ? Le monde est petit, décidément ! Je ne savais pas que tu faisais ce genre de trucs.


Dewei déclara avoir gagné, de justesse, et connaissant la force surhumaine de Cassidy, Tam ne put retenir un haussement de sourcils surpris. Comment cela avait-il été possible ? Hay l’avait-il laissé gagner ?

-Waow, tu as gagné au corps à corps contre un demi-dieu, chapeau ! le congratula-t-elle.

Etrangement, il ne semblait pas aussi enthousiaste concernant cette victoire. En tout cas, Hay s’était bien gardé de dire à son amie d’enfance qu’il avait déjà rencontré son collègue chinois. Un mensonge de plus, qui accentua son envie de ne pas répondre à son SMS. Elle avait reposé son téléphone portable écran contre bureau en voyant que l’irlandais lui avait encore écrit pour prendre des nouvelles. Quel enfoiré, il mentait comme il respirait, et pas une seule fois il n’avait pris la peine de lui dire qu’il avait quelque chose à lui avouer. Et par « quelque chose », comprenez « beaucoup de choses ».

-Ne t’inquiète pas, si je tombe sur lui, je t’appelle illico, et on se le fait tous les deux, lança-t-elle avec un sourire en coin, motivée par ce texto qui lui rappela combien elle lui en voulait encore.

Bien entendu, elle ne le ferait pas, mais si ça pouvait le faire penser à son collègue, ce serait déjà ça. Sincèrement, plus elle repensait à la mission, et plus elle se demandait comment son excuse avait pu être crédible. Elle n’avait pas voulu risquer la vie de son partenaire en prenant le risque de tirer à vue. Ouais d’accord, ça aurait pu passer pour n’importe quel autre agent, mais elle avait été sniper ! Elle visait comme personne, et là ils n’étaient qu’à une dizaine de mètres pour les plus éloignés. Elle avait argumenté dans son rapport que n’étant pas habituée à travailler en binôme, avoir la responsabilité de la vie d’un de ses collègues changeait la donne. Ouais… plus ou moins crédible, c’était vrai qu’elle travaillait toujours seule, tout un chacun connaissait l’aspect peu sociable de l’agent Lond. Et surtout, elle avait bien stipulé qu’ils étaient en supériorité numérique, qu’elle n’avait aucune idée des pouvoirs dont ils étaient affublés et que, étant donné qu’ils avaient déjà descendu les agents locaux (elle s’était retenue d’écrire « les membres du GIZ »), il valait mieux jouer la sécurité en essayant de négocier.

-Tu sais, moi aussi je l’ai mauvaise concernant cette mission. En treize ans de carrière, mes échecs se comptent sur les doigts d’une main, et je sais que c’est pareil pour toi. Je peux t’assurer que si une occasion de prendre une revanche bien méritée se présente, je ne la laisserai pas filer.

La moitié, voire les trois quarts de ce qu’elle venait de dire était vrai. Peu d’échecs, c’était vrai. Vouloir se venger, c’était vrai. Mais le faire réellement, c’était faux. Du moins, pas sur des demi-dieux à peine sortis du berceau. Elle passerait ses nerfs sur la prochaine manticore qu’elle verrait. Mais pas sur Haytham, car malgré sa colère envers lui, dont elle ignorait si elle s’éteindrait un jour, elle avait des sentiments pour lui, et même si elle refusait de se l’avouer, ils étaient bel et bien là. Cet homme lui avait menti, l’avait prise pour une conne, mais ça ne méritait pas la mort pour autant. Mais une bonne mandale, là par contre… Elle trouverait bien l'occasion de lui coller une gifle s'il continuait à faire l'autruche en prétendant n'avoir rien à cacher. En attendant, le putching ball de la salle d'entrainement prenait cher à sa place, bien que mentalement elle le remplacer par la tronche du fils de Mars.



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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Dim 16 Oct - 21:58


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara

A force d'exprimer sa rancœur sur tous les sujets possible, le surnom de l'irlandais avait franchi ses lèvres. Inutile d'espérer que son interlocutrice ne fasse pas attention à cette bourde qui révélait que ce n'était pas sa première rencontre avec le fils de Mars. Dewei sut immédiatement qu'il allait devoir fournir des explications à sa collègue. Répliquer par un point qui le dérangeait lui, sur les explications de Tamara dans son rapport aurait été facile. Cependant, l'Asiatique ne plaisantait pas lorsqu'il assurait vouloir régler son compte à Haytham. Une détermination qui devait s'accompagner d'explication.

Dewei ne le fit pas sans ressentir une certaine honte. Il n'avait jamais dit à personne son activité dans les combats illégaux, ne voulant pas que cela ternisse le nom du département. C'était un peu comme la cigarette, l'agent Law savait cette addiction nuisible pour lui et pourtant, il n'arrivait pas à s'en défaire. Les circonstances de sa victoire contre l'irlandais étaient aussi pour quelque chose dans ces réticences à expliquer en détail les circonstances de cette première rencontre. Peut-être avait-il envoyé l'Irlandais au tapis, mais l'Asiatique n'en tirait aucune satisfaction.

Quelles étaient les chances de recroiser la route de cet adversaire lors de cette mission ? Comme le disait Tamara, le monde était bien petit.

"Ne m'en parle pas, j'aurais aimé que ce deuxième round se passe autrement." Commenta-t-il amèrement.

De préférence, à un contre un sans avoir d'otage à surveiller. Il en avait été réduit à prendre la fillette comme bouclier humain. Pas vraiment honorable comme comportement. Mais pouvait-on s'inquiéter de l'honneur de ces gestes lorsqu'on avait affaire à ces vermines de demi-dieux ? Non, on ne pouvait pas. Le sang en parti divin qui coulait dans les veines de ces rats leur assuraient la victoire dans des conditions ordinaires. Les simples mortels comme eux n'avaient d'autres choix que de bousculer les règles puisqu'une lutte sur un pied d'égalité était impossible. Puisque l'existence de ces êtres remettaient en doute ces compétences, Dewei aimait casser des tronches dans ce genre de combat illégaux, histoire de se rassurer sur son niveau. Bien sûr, ce n'était pas cette excuse qu'il fournit à l'agent Lond.

"C'est un bon complément pour l'entraînement. Taper sur un punching-ball ne permet pas de tout donner." Répondit-il à la place, ce qui n'était pas vraiment un mensonge. "Et, parfois, on a des surprises dans ce genre." Dit-il en appuyant avec ironie sur le mot surprise. Dewei serait quelqu'un de moins orgueilleux, il aurait sans doute demandé à Tamara de garder ce détail pour elle. Sauf qu'une telle demande le placerait en position de faiblesse. L'ancien flic détestait demander un service, bien qu'il redoutât que ces supérieurs ne partagent pas son avis sur les bienfaits des combats de free-fight. En se contentant d'un regard appuyé, il espérait que sa perspicace collègue comprendrait le message.

Puisqu'il avait terminé son histoire, il allait devoir faire un dernier aveu concernant sa rencontre avec l'Irlandais.

"Je n'ai aucun mérite et ce n'est pas de la fausse modestie." Assura-t-il sur un ton amer. Oh non, Dewei était plutôt du genre mauvais gagnant. S'il avait pu tenir le coup face à un fils de Mars, il n'aurait pas cherché d'excuse. "Il me surpassait complètement. J'ai pu encaisser parce qu'il était blessé de son précédent match et que j'en ai profité. J'étais plus rapide, mais mes coups ne lui faisaient rien. C'était comme tapé un mur. J'ai eu des soupçons sur lui alors, comme tous les coups étaient permis, j'ai utilité une arme au corps-à-corps du Département. C'est ce qui m'a fait gagner." Acheva-t-il avec aigreur. Sans son épaule blessée, il aurait certainement serré les poings de rages. Il s'enfonça sur son siège. Ce combat avait beau daté, l'amertume de cette victoire obtenu en trichant restait aussi intacte que si cela s'était passé la veille. "Tu comprends pourquoi je veux autant lui mettre la main dessus, maintenant."

D'ordinaire, il n'aimait pas partager ces cibles et il soupçonnait que Tam était dans le même cas. Haytham Cassidy ferait office d'exception. Dewei voulait prendre sa revanche et était prêt à faire des concessions pour augmenter ces chances pour l'obtenir. Devant cette promesse de se tenir au courant, l'ancien flic se contenta d'acquiescer pour sceller cet accord.

On aurait pu croire que le sujet était clos, pourtant l'agent Lond remit la mission désastreuse sur le tapis. Dewei secoua légèrement la tête, comme s'il avait encore du mal à croire que le Département avait essuyé une défaite. Et cela à cause d'eux. "Comment ont-ils pu renverser la situation à leur avantage aussi vite ?" Demanda-t-il en se retenant de peu de jurer en chinois avant de poser cette question qui soulignait le fait déjà évident que Dewei digérait mal cette défaite sur son parcours presque parfait d'agent de terrain. "On les menait, largement. Toutes les attaques sur leurs Camps ont été un succès, même celle où certains des nôtres ont été capturés. Et là ? Sur notre terrain, là où on aurait dû être les plus forts, on a perdu. Foutu Karma." Pesta-t-il.

Certains diraient que le plus important après une défaite était de se relever. Seulement, dans ce cas précis, Dewei avait l'impression qu'on lui enlevait cette possibilité. Il n'arrivait pas à comprendre comment ils avaient perdu l'avantage. "C'est à croire qu'on les a aidés." Commenta-t-il à voix haute. Il ne soupçonnait pas clairement Tamara avec ce commentaire. Des trucs ne collaient pas et il jalousait le fait que sa collègue n'avait aucune égratignure dans cette histoire. Malgré cela, il songeait à autre chose. "J'en ai croisé une, tu sais. Un de ces dieux. Au cours d'une mission près du nid de leurs saletés de rejetons. C'était terrifiant." Avoua-t-il en se passant une main sur le visage, comme s'il voulait chasser cette pensée.

Était-ce simplement ça ? Est-ce que les dieux commençaient à s'inquiéter sur le sort de leurs progénitures ?

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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Mar 18 Oct - 22:02


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
25/04/16

Déjà savoir qu’Haytham participait à des combats de freefight n’enchantait guère Tamara, mais de savoir que son collègue Law y participait aussi, et qu’en plus ils s’étaient affrontés, et que le chinois avait gagné, là clairement, ça ne lui plaisait pas du tout. Mais bon, Dewei n’avait sans doute pas fait exprès de dévoiler ça à sa collègue. Au moins, ça permettait à cette dernière de voir un peu ce qu’il savait sur l’irlandais. Car malgré sa grande colère contre lui, elle voulait éviter qu’il soit de nouveau amoché.
L’échec de la mission lui restait en travers de la gorge, elle pouvait le voir, et avoir revu Haytham sans avoir pu lui mettre une dérouillée en bonne et due forme semblait l’agacer tout autant. Finalement, même si l’issue n’avait pas été glorieuse pour son « Penseur », Tam se disait qu’il valait mieux ça plutôt qu’une autre baston avec Dewei, parce que vu dans quel état il s’était retrouvé, il aurait carrément pu le tuer. En y repensant, mais quelle bande d’idiots ces demi-dieux ! S’ils n’étaient pas intervenus, l’agent Lond aurait pu trouver un moyen de faire fuir l’otage sans que personne ne soit blessé ni tué. Au lieu de ça, ces débiles mentaux s’en étaient mêlés et tous les agents locaux avaient été tués, Dewei blessé ainsi que plusieurs demi-dieux. Bref, un vrai carnage. Et Hay avait été de la partie, ça la rendait folle de rage que cet imbécile de lui ait rien dit. Elle serra les dents en y repensant. Et dire que maintenant il avait l’audace de lui envoyer des tonnes de messages alors qu’il avait été silencieux pendant des mois. C’était à ce moment-là qu’il fallait donner des nouvelles, trouduc !

Dewei raconta donc le combat qui représentait sa première rencontre avec le fils de Mars. L’amertume se sentait dans sa voix et sur son visage. Et Tamara comprit rapidement pourquoi. Il avait triché, utilisant une arme du Département. Bon, s’il ne s’était pas agi d’Haytham, les choses auraient pu être différentes, mais connaissant les pouvoirs qu’il possédait, clairement, le chinois n’aurait pas fait le poids.

-En même temps, face un demi-dieu, tu n’avais pas vraiment d’autres possibilités il me semble. Cela dit, même si tu reprends un combat avec lui, quelle différence pourrait-il y avoir ?

Comptait-il le tuer cette fois ? Tam s’en inquiéta, malgré qu’elle soit extrêmement remontée contre me Marsien. Au fond, elle le savait, elle l’aimait, bien plus qu’elle ne devrait, et le savoir en danger l’angoissait. Elle se mordilla la lèvre inférieure, un peu pensive quant à trouver une idée pour essayer de dissuader Dewei d’entreprendre un nouveau combat avec Hay. En même temps, ce dernier n’avait-il pas promis de se reprendre en main et d’arrêter ce genre de conneries ? Cela dit, il avait aussi promis de tout lui dire, de ne plus lui mentir, c’était précisément l’opposé de ce qu’il avait fait.

-Oui, je comprends très bien, répondit-elle de manière un peu évasive.

La mission foirée restait le sujet dominant de la conversation. A vrai dire, avec des agents tels que Lond et Law faisant équipe, le Département s’était assuré un succès d’avance. Mais non, contre toute attente, le duo qui aurait pu s’avérer magique, avait échoué. Personne ne s’attendait à une telle issue, et pourtant, c’était ce qui s’était produit. Dewei n’en revenait toujours pas lui-même, et ça se comprenait parfaitement. Law se posait des questions, et Tam se sentait un peu coupable pour le coup. En temps normal, du moins si ça avait eu lieu l’année dernière, elle n’aurait pas hésité à tirer dans le tas, et avec son œil de lynx, elle les aurait tous descendus en moins d’une minute. Mais entre temps, elle avait revu son « Penseur », elle lui avait fait une promesse, elle avait réalisé des choses. Et ces gosses ne cherchaient rien d’autre que libérer leur camarade, était-ce répréhensible ? Ils ne faisaient rien de mal. Sauf d’avoir tué les agents présents, mais avaient-ils le choix ?

-Ben… déjà ils étaient plus nombreux… Enfin, je ne compte pas les agents locaux… Paix à leurs âmes.

Il était vrai aussi que ceux qu’il avait qualifiés en plaisantant de membres du GIZ (Groupe d’Incompétents Zêlés) ne s’étaient pas montrés d’une utilité incroyable. S’ils avaient été aussi compétents que le duo new-yorkais, ces gamins ne s’en seraient pas sorti.

-Pour te dire la vérité, tu étais en ligne de mire, j’ai pas osé tirer de peur de te blesser, d’autant que… je connaissais pas les pouvoirs de ces petits cons. Imagine une seconde que l’un d’eux aient le pouvoir de dévier la trajectoire d’une balle ?

OK, c’était un peu tiré par les cheveux, mais c’était la seule excuse plausible qu’elle avait trouvée pour essayer d’expliquer son absence d’initiative. Elle avait plutôt essayé de parlementer, et vu que ces triples buses n’avaient pas voulu coopérer, il y avait eu un véritable carnage.

-Je me sens coupable, tu sais… répondit-elle alors qu’il insistait.

Et il avait raison, ils étaient sur leur terrain, en temps normal, ils n’auraient jamais dû perdre. Déjà que Tam avait horreur de perdre, mais là, c’était vraiment inacceptable. Elle ne comprenait que trop bien la frustration de Dewei, mais ne pouvait lui donner les vraies tenants et aboutissants. Son commentaire sur le fait qu’ils aient pu être aidés la troubla.

-Qu’on les a aidés ? Qu’est-ce que tu veux dire ? s’empressa-t-elle de demander.

Puis l’asiatique ajouta qu’il avait rencontré une divinité, ce qui fit écarquiller les yeux de la belle brune qui lui faisait face. Elle se pencha un peu plus sur son bureau en s’accoudant dessus.

-Non, t’es pas sérieux ?! Tu as rencontré une déesse ? Et tu me l’as jamais dit ? Ben raconte ! C’était qui cette divinité ? Tu m’étonnes que c’était terrifiant.

La curiosité de Tam était à son paroxysme, l’agent Law avait vécu une chose carrément inédite, rares étaient les personnes, surtout au DLCEM, pouvant se vanter d’avoir déjà croisé la route d’un dieu.


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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Jeu 10 Nov - 18:00


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
Il n’y avait pas besoin de jouer la carte de la fausse modestie : Dewei estimait être fort. Il savait que dans un combat au corps-à-corps, contre une ou même plusieurs personnes, il n’avait rien à craindre. Ce n'était pas de la vantardise, c'était un fait obtenu avec un entraînement acharné. Puisqu’il pratiquait le kung-fu de manière intensive depuis qu’il a huit ans, le contraire aurait été frustrant. Le problème était là. L’existence du monde mythologique avait mit à mal cette certitude. Il suffisait que la personne en face possède du sang divin dans les veines et l’issu d’un combat normalement gagné d’avance devenait soudainement incertaine.  Pire, la balance avait de grande chance de pencher en sa défaveur ! C’était pour cela que l’Asiatique s’était tourné vers le free-fight sur son temps libre. Il avait BESOIN de savoir que ces compétences restaient au top, de se rassurer et de se défouler sur des adversaires qui n’avaient aucune chance contre lui. Voilà pourquoi son combat contre l’Irlandais sur le ring lui restait autant au travers de la gorge.

Le fils de Mars avait surgit sur ce qui était son terrain de prédilection et lui avait rappelé qu’une différence existerait toujours. Cela aussi c'était un fait. Il avait beau se mettre des œillères en combattant des mortels en dehors des missions, cela ne changerait rien. Une vie d’entraînement ne suffirait jamais à faire jeu égal avec un rejeton divin. Une vérité particulièrement difficile à accepter, sachant que l’ancien flic redoutait le fait d’avoir atteint le maximum de ces capacités et de se retrouver lentement dans la pente descendante avec le temps qui passait. Poussé à sa limite, blessé comme jamais dans son orgueil, Dewei n’avait eu d’autres choix que de tricher, laissant un goût amer à cette victoire non-méritée. Il n’avait pas eu le choix. C’était ça ou une défaite. Curieusement, cet argument ne l’aidait pas à se sentir mieux. Ainsi, même si le résultat avait peu de chance d’être différent, il rêvait encore de jouer la revanche. Un projet qui devra attendre son rétablissement complet. Un désir motivé par son orgueil blessé et non par la raison.

"La prochaine fois, je saurais exactement à qui j’aurais affaire, voilà la différence." Dit-il durement, choqué d’entendre cette vérité dans la bouche de sa collègue. "Et j’irais jusqu’au bout, il y aura pas d’arbitre pour nous séparer, cette fois." Il se força à se détendre un peu mais n’en demeurait pas moins perplexe : "Ce n’est pas ton genre de partir aussi défaitiste contre ces saletés." Bien qu’un peu soupçonneux (ou bien était-ce parce qu'il fut vexé d'entendre dire qu’il n’aurait aucune chance dans un match retour qui l’avait mit subitement sur la défensive?), il ne tarda pas à trouver une justification au comportement étrange de sa collègue. "C’est le fait d’avoir été pris en otage qui te fait parler ainsi ? Je comprends que ça peut porter un coup à sa confiance..." Hasarda-t-il, laissant la fin de sa phrase en suspension pour laisser son interlocutrice compléter le vide laissé.

Il faillit rajouter que Tamara pourrait retourner sur le terrain pour se remettre d'aplomb, elle, mais il n'aurait pu le dire sans trahir une certaine forme de jalousie. Était-il jaloux que Tamara s’en soit sorti sans égratignure ? Bien sûr. Dewei aurait donné n’importe quoi pour effacer cette défaite en retournant immédiatement sur une autre mission au lieu d’être coincé à l’administratif pendant un période qui lui semblait interminable.

Il était impossible d'écarter de la conversation la dernière mission en date. Dewei rageait que l'ennemi avait renversé la vapeur aussi rapidement. Sur le papier, leur binôme n'était pas loin d'être parfait. Lui en expert des combats rapprochés et l'agent Lond assurant le combat à distance grâce à son oeil de Snipeuse. Comment avaient-ils pu perdre ? Le comportement de Tamara l'étonnait de plus en plus. Au lieu de partager sa frustration, elle trouvait des excuses évasives pour justifier ce fiasco. "C'est vrai que sans l'incompétence des locaux, on aurait été plus rapidement au QG." Concéda-t-il avec prudence. L'excuse de ne pas avoir tiré parce qu'il était dans la ligne de mire fut un peu plus dure à avaler. A nouveau, question d'orgueil. L'Asiatique se cala dans son siège, l'air de soupeser le pour et le contre dans l'argumentation de sa collègue qui avouait se sentir coupable.

"C'était la première fois qu'on travaillait ensemble, alors, ce que je vais te dire n'est pas un reproche." Heureusement qu'il le précisait, sinon on aurait pu croire que s'en était un en se basant sur le ton de sa voix. "Si le cas se reproduit, n'hésite plus et tire. Qu'importe si je me retrouve blessé. La mission est la priorité absolue." Il était catégorique sur ce dernier point. Dewei avait été élevé sur une valeur à la fois simple et sévère : le nom primait sur l'individu. De la même manière, le plus important n'était pas sa vie mais que le Département triomphe.

Plus il y réfléchissait et plus il lui semblait qu'un détail lui échappait. Alors, il lança l'hypothèse que l'ennemi avait reçut une aide. Une hypothèse basée par élimination et à cause d'une expérience lors d'une de ces missions en solitaire. La possibilité d'un traitre au sein du DLCEM ne lui était pas venu à l'esprit. Pas encore. Bien qu'il trouvait les réactions de Tamara de plus en plus étrange. Lui pensait plutôt à une aide divine, comme il ne tarda pas à le révéler.

"Ce n'est pas le genre de rencontre dont on se vante." Commenta-t-il en premier lieu lorsque Tamara lui demanda des détails. Dewei posa le dossier sur ces genoux pour pouvoir se frotter le front avec sa main libre. Il évoquait clairement l'attitude d'une personne n'en revenant toujours pas de l'expérience vécue. "C'était Hécate. Crois-le ou non mais elle m'a aidé. Elle pensait que je venais sauver son fils." Il émit un rire amer devant ce fait. "Ce n'était même pas de l'ignorance. En un regard, j'ai su qu'elle connaissait tout de moi, qui j'étais et ce que je faisais. C'était juste... Que cela lui semblait égal, comme si nous n'étions qu'une menace insignifiante pour eux. Que sauve ou non son fils semblait également sans importance. Je pense qu'elle cherchait juste le meilleur divertissement possible." Il marqua une pause avant de poursuivre : "Peut-être qu'on a arrêté de les amuser et qu'ils ont décidé d'intervenir." Suggéra-t-il d'un air sombre. "Ça peut pas venir de nous. Personne ne serait assez fou pour trahir le Département et prendre le parti de ces vermines. Même ce cinglé de russe ne le serait pas." Commenta-t-il toujours à voix haute. Dewei lança un regard, comme s'il cherchait à jauger son interlocutrice à la lumière de cette dernière déclaration puis il retrouva une attitude un peu plus détendu et un sourire. "Tu vois, ça ne me réussi pas de rester coincé entre quatre murs. Deux jours et je commence à devenir parano." Plaisanta-t-il. "Je ne vais pas te déranger plus longtemps." Il reprit en main le dossier et se leva. "Merci pour le dossier et surtout d'attendre mon rétablissement pour aller à la chasse de l'Irlandais."

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MessageSujet: Re: L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)   Ven 11 Nov - 23:27


L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences.


Dewei ▽  Tamara
Le fait que Dewei connaisse également Haytham était une donnée non négligeable dans l’équation, d’autant que l’asiatique semblait, non le terme exact serait plutôt « était », oui il était bien déterminé à lui faire sa fête. Tamara sentit un frisson lui parcourir l’échine. Dire que l’un des collègues qu’elle considérait le plus voulait carrément en finir avec le fils de Mars. Et connaissant l’agent Law et sa détermination légendaire au DLCEM, elle savait qu’il ne bluffait pas. S’il revoyait Hay, il lui règlerait son compte. Cette idée lui fit l’effet d’un poignard en plein cœur, qu’elle essaya de dissimuler derrière un sourire un peu crispé

-Eh ben, j’espère que je pourrai assister à ça.

Inutile d’essayer encore de le dissuader en disant qu’un nouveau combat aurait la même issue sans tricherie de sa part, il semblait évident que si Dewei projetait de tuer l’irlandais, il emploierait des moyens typiques du DLCEM qui assuraient une victoire à tous les coups. L’agent Lond se reprit, voyant que son collègue interprétait un peu trop ses dires, sans parler que sa fierté en prenait un coup.

-EH ! J’ai aucun problème de confiance, d’accord ? J’ai été prise en otage, c’est vrai, avec mon flingue et dans ma voiture, OK, mais dès que j’ai pu j’ai repris le contrôle de ma caisse et je me suis barrée. Si j’avais pu, je lui aurais roulé dessus, mais comme je t’ai dit, y avait du monde.

Elle croisa les bras d’un air un peu boudeur pour ponctuer cette phrase, espérant qu’il ne pousserait pas trop. Bon, elle avait déjà peaufiné son petit mensonge, imaginant les questions qu’on pourrait lui poser pour étoffer son rapport de mission. C’était bien la première fois que Tamara se retrouvait dans ce genre de situation, étant donné que jusqu’à présent, sa loyauté au sein du Département n’avait pas à être remise en question. Elle hocha la tête lorsque Dewei fit remarquer que sans les agents locaux, ils auraient regagné le QG plus rapidement, et n’auraient de ce fait probablement jamais croisé la petite troupe de demi-dieux venus libérer leur camarade. Tam se demanda d’ailleurs comment elle aurait fait pour sauver la gamine, puisque c’était le but qu’elle s’était fixé intérieurement ce jour-là. Le chinois ajouta que si une situation du genre se reproduisait avec lui, elle ne devait pas hésiter à tirer, quitte à le blesser, que seule la victoire comptait, la réussite de la mission était la chose la plus importante.

-OK… je ne suis pas sure que ce soit vraiment la procédure, mais soit, si c’est toi qui le demandes, c’est d’accord.

Tam en vint à se demander si ce n’était pas ce qu’elle aurait dû faire : tirer sur Dewei dans le but de lui faire perdre connaissance afin de faciliter la fuite de la petite bande d’Haytham. Après tout, les agents locaux avaient déjà été éradiqués, il n’y aurait pas eu de témoins pour la balancer, et le fils de Mars n’aurait jamais été amoché à ce point. En pensant à lui, et malgré la rancune qu’elle lui gardait encore, elle jeta un furtif coup d’œil à son téléphone portable, posé écran contre bureau. Puis elle secoua la tête. Tirer délibérément sur un collègue, quelle idée ! Et puis jamais elle n’aurait pu se douter de l’issue de cette mission, et tant qu’elle n’avait pas le pouvoir de lire l’avenir, jamais elle ne mettrait en danger la vie d’un mortel, du moins pas un innocent. Et pour l’instant, Dewei Law en était un. En revanche, si effectivement il venait à mettre son plan à exécution en s’en prenant à Haytham, là, Tamara devrait faire un choix, et il semblait évident que ce ne serait pas son collègue qui aurait sa faveur.

L’asiatique évoqua alors la possibilité que les vermines rencontrées à Scranton ait reçu de l’aide. Là, Tam sentit des sueurs froides l’assaillir. Pensait-il à une taupe ? Mais l’anecdote que Dewei lui raconta illustra le fait qu’il pensait plutôt à un de ces foutus dieux. La jolie brune sentit le soulagement lui alléger les épaules. Une divinité aurait-elle réellement aidé ces morveux ? La réponse était probablement non, ils avaient juste foutu le bordel et Tam avait été obligée de passer pour une incompétente pour éviter de devoir tous les flinguer. Voilà ce qui s’était passé, et ça l’énervait prodigieusement. Enfin, Dewei raconta son incroyable rencontre. Hécate en personne !

-Hécate ! Waow ! Eh ben dis donc, ça rigole pas ! Tu m’étonnes que tu as flippé !

Surtout qu’il disait bien qu’en un regard, la déesse sembla tout avoir appris de lui, et semblait aussi se moquer éperdument que cet agent puisse s’en prendre à l’un de ses enfants. Tam hocha la tête pensivement.

-Tu penses donc que cette divinité, ou une autre, serait intervenue… C’est une hypothèse qui se tient, mentit-elle.

Il évoqua ce « cinglé de russe ». Vladimir. Tout le Département savait combien lui et Tamara se détestaient, et ça n’allait pas en s’arrangeant avec les années. L’agent Lond esquissa une grimace en fronçant le nez lorsque Dewei l’évoqua.

-Ouais enfin celui-là, il est quand même assez taré pour repeindre mes flingues en rose, alors tu sais, ça ne m’étonnerait même pas venant de lui…

Elle secoua la tête, ne voulant plus penser à cette histoire. Après tout, elle avait laissé sa colère la guider, ce qui avait valu à Zaleska un coup de cross de flingue Barbie dans la mâchoire, et une course poursuite, où Tam avait perdu quelques cheveux mais avait surtout failli se faire réduire en bouillie par un russe déchaîné de deux mètres de haut. Le chinois s’excusa presque pour ses propos, justifiant sa petite paranoïa par le faire de devoir rester au bureau au lieu d’être sur le terrain. Comme elle le comprenait. Elle hocha la tête avec un petit sourire en le regardant se lever.

-Oh, je t’en prie, ça se comprend. A ta place, je pèterais un câble aussi. Pourquoi tu n’en profiterais pas pour prendre des vacances ? Comme ça, à ton retour d’aplomb, on se la fait, cette traque à l’irlandais.

Tam avait alors affiché son plus beau sourire et se leva à son tour pour le raccompagner à la porte.

-Je t’en prie, merci à toi d’être passé le chercher, ce dossier. Et promets-moi de prendre soin de toi. Je te veux en forme pour la prochaine fois.

Elle ouvrit la porte de son bureau pour le laisser regagner l’open space où d’autres agents avaient les leurs. Pauvre Dewei, condamné à se taper la paperasse. Sans doute que Marvin viendrait le seriner avec des questions sur les missions de terrain à peu près tous les jours, ajoutant ainsi à sa frustration de ne plus y être. L’agent Lond regarda son collègue s’éloigner avant de refermer la porte et de s’y adosser quelques secondes, le temps de souffler un bon coup. Elle avait cette étrange impression que quelque chose d’étrange s’était produit. Ça, c’était le sentiment de culpabilité. Ce n’était pas le fait de rester au bureau qui rendait parano, mais bel et bien le fait d’avoir quelque chose à cacher. Tamara secoua la tête. Elle était restée fidèle à son mensonge. Dewei ne savait rien, il ne pouvait pas savoir, il n’avait aucun moyen de la soupçonner. C’était ce qu’elle essayait de se marteler dans la tête pour s’en convaincre et se rassurer. Elle regagna donc son bureau et se décida enfin à répondre au SMS d’Haytham. Il devait avoir les oreilles qui sifflaient, après la conversation qui venait d’avoir lieu dans le bureau de l’agent Lond. La réponse fut comme toujours courte et expéditive. Ne comprenait-il toujours pas pourquoi elle faisait la gueule ? Mais qui avait osé dire que les femmes étaient compliquées ? Les femmes veulent juste que les hommes ne mentent pas !


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L'ignorance des faits n'en limite pas moins les conséquences. (tamara, terminé)

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