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 Les Pommes de la discorde

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Sam 24 Sep - 22:22




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




La tension était palpable et ce dès le départ, et tout ne faisait qu’aller crescendo. Et si la petite « balade » silencieuse mais mouvementée en voiture aurait pu les calmer, il faut croire que le fils de Mars ne comptait pas en rester là. Bien entendu, la joute verbale continua à l’aéroport. Dotée d’un caractère bien trempé et d’une répartie cinglante, Tamara ne comptait pas se laisser faire par l’irlandais, par personne d’ailleurs, ce n’était pas du tout son genre. Il l’avait encore une fois cherchée, cette fois par rapport à la taille de son sac de voyage qui faisait le triple de son petit sac à dos.

-Oh mais ne t’en fais pas, je crois que j’ai toujours su protéger mon petit cul toute seule avec ou sans gadgets comme tu dis, la preuve, le nombre de tes petits potes que j’ai fait enfermer. Tu sais, les « vermines ».

Elle avait insisté sur ce terme qu’il l’avait un peu obligée à employer, histoire de lui montrer qu’elle aussi pouvait se moquer de lui et l’énerver.

-Et rassure-toi, j’irai me faire foutre quand on sera rentrés, comme on dit, après l’effort le réconfort !

A présent, il tenait à montrer que lui avait fait des efforts contrairement à elle. C’était la meilleure de l’année, Tam ne put retenir un sourire, voire un petit rire ironique. Alors qu’elle allait répliquer, Abby décida de mettre fin à ce dialogue de sourd en les coupant dans leur élan. Bon, elle avait raison sur un point, vu comment le ton montait, effectivement l’aéroport entier n’allait pas tarder à savoir combien l’un comme l’autre avaient un degré de sociabilité frôlant le zéro. A la vérité, l’agent de terrain n’avait absolument rien à carrer du fait que la fille de Vénus puisse passer un moment désagréable à les voir se disputer, ou que l’aéroport entier puisse les entendre le faire. Elle espérait qu’à un moment, Haytham se rende compte qu’il avait merdé et lui dise enfin la vérité. Mais cet idiot ne faisait que continuer à être désagréable. Il la prenait vraiment pour une conne et c’était ça qui dérangeait le plus la jolie brune qui regarda son ami d’enfance l’insulter une nouvelle fois en lui disant d’aller se faire foutre.

-Waow ! Deux fois en moins de dix minutes, je vois que dans l’expression orale tu progresses aussi ! lança-t-elle d’un air faussement impressionné.

Lorsque ce fut au tour d’Abby de passer pour faire valider son billet, constater son inexpérience, alors qu’elle n’avait qu’à faire comme Hay, ne fit qu’ajouter à l’agacement de la mortelle qui leva les yeux au ciel, sans pour autant commenter. Il y aurait tant à dire de toutes façons … Enfin ils eurent droit à leur petite étiquette sur leur bagage, enfin Tam avait pu expédier son sac renfermant une artillerie indispensable pour une mortelle dans ce genre de mission, enfin ils allaient pouvoir se rapprocher de la porte d’embarquement et passer le dernière contrôle de sécurité pour ce faire. L’agent Lond sonna au portique à cause des éléments qu’elle portait sur elle et qui, assemblés, formaient une petite arme de poing, pourtant en métal spécial et assuré indétectable par le service scientifique. Alors que l’agent de sécurité vint la voir pour passer autour d’elle son détecteur portable, il sembla qu’Hay fut mécontent de voir l’inconnu s’attarder un peu sur ses fesses. Amusée tout comme surprise par l’attitude du demi-dieu, et alors qu’elle racontait une histoire de piercings pour justifier le fait que le détecteur sonne, elle jeta un œil au Marsien dont l’air bougon et râleur ne faisait qu’ajouter à son amusement. Elle continua donc de chuchoter à l’oreille du type, suffisamment fort pour que l’irlandais entende, rebondissant sur sa remarque déplacée d’avant.

-Et puis vous savez, comme c’est la mauvaise période du mois, il peut pas les voir, mes piercings, alors il est un peu de mauvais poil… Du coup il a ramené sa maîtresse, la petite blondasse là… Tout à fait entre nous, je suis même pas sure qu’elle soit majeure dans tous les pays... ajouta-t-elle avec un clin d'oeil ironique vers Hay.

Interloqué, l’agent de sécurité la laissa passer, ne voulant pas ajouter de l’eau dans le gaz en voyant l’énervement de Cassidy. Tam en profita, ses affaires récupérées,  pour se prendre un petit café. Elle ne voulait pas prendre le risque de s’endormir dans l’avion. Si c’était pour être prise de cauchemars, ce n’était pas la peine. Lorsque le trio se rejoint, le gourmand de service avait pris une barre chocolatée, et pas n’importe laquelle, non, il avait choisi celle qui portait le nom de son père. Tamara jeta un œil sur le papier et regarda ensuite Haytham, sans rien ajouter outre le plan pour la mission, à savoir louer une bagnole une fois débarqués de l’avion. Mais là encore, les vermines s’allièrent pour dire que c’était une idée stupide. Elle les regarda tour à tour en haussant les sourcils.

-Et pour atteindre l’embarcadère pour aller sur l’île, tu comptes y aller à pieds, Einstein ?

Abby demanda s’ils allaient utiliser des moyens de mortels tout le long. Voilà une remarque de l’agent Long lui aurait bien fait ravaler par les trous de nez.

-Oh mille excuses, j’ignorais que tu possédais d’autres moyens sur place. Dans ce cas, qu’attends-tu pour nous en faire part ? C’est le moment. Moyens magiques, je note, alors David Copperfield, dis-nous tout, comment ça fonctionne ?

Avant qu’Abby n’ait pu répondre, Haytham se moqua une nouvelle fois de Tam lorsqu’elle balança son gobelet vide de café dans la poubelle.

-Tu comptes m’emmerder pour chaque action que je fais ? Fils de barre chocolatée !

Secouant la tête, elle fut sauvée par la voix au micro qui appela les premières classes pour enfin embarquer dans l’avion. Alors que la blondinette semblait prendre un peu trop de temps pour avancer dans le couloir, la brune n’avait pu s’empêcher de lui secouer les puces et fut aussitôt rabrouée par l’irlandais qui paraissait ne pas supporter qu’on puisse mal parler à sa comparse.

-Eh, mêle-toi de tes affaires, ok ? Je crois qu’elle est assez grande pour se défendre toute seule. Et puis merde, c’est tout droit ! Et y a des gens derrière nous qui voudraient aussi aller s’asseoir pour éviter qu’on ne décolle avec trois heures de retard !

Histoire de gagner du temps, et à la grande surprise de tous, Tamara avait même aidé Abby à placer son sac dans le compartiment au-dessus des sièges après qu’elle ait pris des magazines et un crayon. Elle lui proposa ensuite de prendre la place à côté du hublot, et même ça, Haytham ne le supporta pas, lui reprochant de parler à Abby comme si elle était débile. Mieux qu’une réponse, un sourire et un haussement de sourcils qui traduisaient que c’était bien ce qu’elle pensait. Alors que l’irlandais semblait ressentir une colère grandissante, celle de l’agent de terrain s’était stabilisée, laissant à présent place à un certain amusement de la situation. Ils n’étaient clairement pas dans leur élément, ni l’un ni l’autre, et ça, Tam s’en délectait, espérant que ça les ferait baisser d’un ton. Elle laissa Haytham passer pour qu’il s’installe au milieu, et alors qu’elle venait de poser son sac à main dans le compartiment et s’apprêtait à s’asseoir à son tour, le fils de Mars se releva, lui attrapa la main et l’entraina au fond de la première classe pour entrer dans les toilettes avec elle. Une fois qu’il eut verrouillé la porte, elle se tourna vers lui, bras croisés, avec un sourire ironique.

-Comment tu savais que j’adorais les espaces confinés ?


C’est alors qu’il déblatéra un soliloque montrant son exaspération. Tam n’en revenait pas, il se positionnait encore en victime, et c’était elle la méchante de l’histoire. Elle était tout simplement effarée devant un tel comportement. Bouche bée avec un sourire ironique, elle attendit qu’il termine.

-Oh, comme c’est gentil de m’autoriser à parler. Quoi ?? Moi j’ai un problème ? Et c’est moi qui agis comme la dernière des connasses ? !

Elle décroisa les bras pour le pousser contre la porte des toilettes.

-Tu parles de vérité, Haytham ? Sérieusement, tu es la personne la moins bien placée au monde pour employer ce mot ! Tu t’es bien foutu de ma gueule ! C’est incroyable que tu aies le culot de me reprocher de te traiter comme un étranger ! Mais c’est ce que tu es, non ? Le Hay Cassidy que j’ai connu ne m’aurait jamais menti, surtout après avoir promis qu’on se dirait tout, qu’on ne se cacherait plus rien, et qu’on reprendrait notre amitié où on l’avait laissé ! Espèce d’enfoiré, t’as encore voulu tromper ton monde, et moi avec ! Tu me prends pour qui au juste ?! Je suis pas un mouchoir que tu peux utiliser quand t’en as besoin et jeter quand tu n’en veux plus ! Je suis là, tu comptais pour moi et tu m’as littéralement bazardée au second plan !

Elle voyait bien qu’il avait l’air de ne pas comprendre de quoi elle parlait, ce qui l’énervait d’autant plus. Elle sentait qu’elle allait se mettre à hurler de toutes ses forces s’il continuait à jouer les innocents, alors elle respira un grand coup, regardant le sol pendant une seconde, puis croisa les bras à nouveau avant de braquer son regard dans celui du fils de Mars.

-J’ai eu une conversation très intéressante avec le Dr Raines…

Le regard d’Haytham changea, il avait compris à présent qu’elle savait, elle savait pour la cure, et donc qu’il avait mentit. Tam leva un peu plus le menton, avec un sourire en coin.

-Ah, pris la main dans le sac, tu fais moins ton malin ! Ose me dire que tu n’as pas menti maintenant. « Tam, je pars en mission mais je reviens bientôt, ne t’en fais pas ». Comment veux-tu que je puisse te faire confiance, tu mens comme tu respires ! Et je te retrouve trois mois après au cours d’une mission de terrain, que t’as failli faire foirer avec cette bande de gosses idiots qui t’accompagnaient. J’allais la libérer, la gamine, et t’es arrivé avec ta horde de débiles mentaux, et à cause de vous, il  a eu une dizaine de morts ! Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ? Je t’avais dit que je ne ferai plus jamais de mal aux… -elle baissa un peu le volume, se rappelant qu’elle était dans un avion- aux gens comme toi. Alors pourquoi il a fallu que vous vous en mêliez ? Tu te rends compte que j’aurais pu me faire griller en voulant te sauver ? C’est un miracle que Dewei n’ait rien vu ! D’ailleurs l’agent Law, parlons-en, tu comptais me le dire que tu l’avais déjà vu ? Tu vas peut-être me dire que tu t’en souviens pas ? Parce que lui, il s’en souvient, crois-moi ! Et il a la ferme intention de t’éclater la tronche, je sais pas ce que tu lui as fait, mais il faut crois que t’as pas ton pareil pour te mettre à dos les autres ! Alors ta réflexion de tout à l’heure sur les rapports humains, tu peux te la garder, « Penseur » à deux balles !

A bout de souffle après avoir tant parlé, surtout avec un tel emportement, elle sentait ses émotions prendre le dessus. Elle ne voulait pas se montrer faible devant lui, ça non, il en était hors de question, elle ne pleurerait pas devant cet imposteur, ce connard qui se prétendait être son ami mais se foutait ouvertement de sa gueule en mentant sans vergogne.

-La vérité, Haytham, c’est que toi, tu ne l’as jamais dite. T’as passé ton temps à me mentir. T’as préféré faire confiance et te confier à Marvin que tu connais depuis quoi ? Cinq minutes ! Alors que moi, j’étais là, j’étais là pour toi, comme avant, comme quand on était gosses et qu’on se couvrait mutuellement. Je ne demandais qu’à t’aider, j’ai bien vu que ça allait pas, et moi, je n’ai pas hésité à te demander de l’aide quand j’ai … pour l’histoire avec le neveu de Knight. Et toi, tu t’es simplement barré en m’inventant un bobard pour que je ne cherche pas à te contacter pendant tes mois de cure. T’as fait une désintox bordel, c’est pas rien ! Pourquoi tu m’as tenue à l’écart ? Je suis pas digne de ta confiance semi-divine, c’est ça ? Je peux pas comprendre que tu traverses, parce que t’es tellement au-dessus de tout le monde ?! Et là, après que j’aie sauvé ton cul, sans cure-dent mal affûté soit dit en passant, et après que j’aie découvert le pot aux roses, tu oses demander pourquoi j’ai été distante, pourquoi j’ai pas répondu à tes putain de SMS ? Mais simplement parce que j’espérais qu’à un moment donné, tu aies le courage de me dire la vérité ! Qu’à un moment tu me dises que t’as foiré sur toute la ligne et que t’étais désolé de m’avoir menti comme si je n’avais jamais existé pour toi. Mais non, t’as continué à faire comme si de rien n’était, me prenant encore et toujours pour une conne. Alors pour ta gouverne, je suis loin d’être conne, je suis même très perspicace, c’est ce qui fait de moi l’une des meilleures dans mon job. Voilà la vérité qui est dure à entendre mais bonne à dire : je sais la vérité, je sais que tu t’es bien bien foutu de moi, comme tu l’as toujours fait, en fait !

Elle secoua la tête avec un petit rire ironique qui masquait la tristesse de son sourire.

-Je me demande quel bobard tu vas encore inventer pour tenter de justifier tout ça. Je t’en prie, vas-y, parle, apparemment c’est chacun son tour.

Bras croisés, le regard perçant, elle fixait le bel irlandais. La colère avait durci ses traits, elle était plantée devant lui, attendant qu’il daigne répondre quelque chose.




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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Jeu 13 Oct - 17:03




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




L'aéroport est d'ordinaire un lieu empreint de joie, un endroit où l'on se retrouve après une séparation, longue ou courte peu importe. Il est le théâtre de bien des histoires, courtes, longues, intéressantes, sans intérêt. Bien sûr, il subsiste quelques exceptions, comme un pauvre gars que la belle largue sur le tarmac sans un mot, où celui qui fuit pour échapper aux trop nombreux problèmes qui polluent son existence. Mais l'aéroport n'est-il pas aussi le dernier rempart avant l'envol, le dernier moment de quiétude terrestre, la dernière frontière entre l'ici et l'ailleurs ? Lieu de rencontre pour certain, de rêverie pour d'autre. Bien sûr, c'est aussi pour les initiés et pour ceux et celle « qui travaillent » un endroit qu'ils redécouvrent avec autant de lassitude que s'il s'agissait d'un banal arrêt de bus. En gros, ce n'est pas folichon ! Mais par chance, comme une éclaircie dans les ténèbres, vous avez ceux et celles qui pénètrent les lieux les yeux ronds comme des soucoupes. Ceux qui n'ont aucun apriori, ceux qui fantasme encore sur le premier envol. Bref, les gens comme Abby.

Abby était une jolie demoiselle qui doutait beaucoup de ses compétences, mais plus encore Abby, comme Haytham appartenait au club des demi-dieux non épargnés par la souffrance. Évidement, le degré divergeait, l'une avait perdu ce qu'elle considérait comme l'amour de sa vie et l'autre avait perdu sa mère d'une part et sa meilleure amie (qui plus est, l'amour indicible d'une vie). Ils n'en demeuraient pas moins deux galériens enchaînaient au même navire. Et puis Hay appréciait Abby, car contrairement aux autres romains de la colonie, elle ne lui adressé pas ce regard chargé de culpabilité. Bien sûr, il n'avait pas exclu l'hypothèse qu'elle doute de sa non-traitrise et puis comment ne pas douter quand toutes les preuves vous désignent coupable ? Malgré tout, la jolie blonde avait accepté de le suivre dans sa mission « commando » Preuve qu'elle nourrissait encore à son égard, une once de confiance, sinon pourquoi aurait-elle accepté de l'accompagner au plus près du danger. Entendons-nous bien, il est question de la mission lorsque le terme « danger » est évoqué. Toutefois, les plus aguerris, pourraient imaginer ( à juste titre d'ailleurs) que le danger en question, porte des talons, manie l'arme comme un cow-boy et jure avec autant de prestance.

Une fois n'est pas coutume, ceux qui jadis se battaient avec des cures dents géants, pour conquérir, dans la joie et la bonne humeur, un royaume fictif, se livraient cette fois à un combat...(Que dis-je) à ce que les spécialistes pourraient qualifier de « joute verbale d'anthologie » Haytham retenait les coups, mais n'hésitait pas à les rendre au centuple dès qu'il en avait l'occasion, au grand dam de cette pauvre Abby, prise entre deux feux. Car de l'autre côté, nous avions aussi à faire à une professionnelle de la remarque acerbe, une championne du sarcasme, presque une semi-divinité de la répartie, chose qui n'avait d'ailleurs jamais fait défaut à Tamara Lond, même enfant. « Et rassure-toi, j'irai me faire foutre quand on sera rentrés, comme on dit, après l'effort le réconfort ! » Cette réplique venait de passer au travers de la gorge de notre demi-dieu, qui bien échaudé par les attaques précédentes, avait atteint le niveau supérieur « du regard qui tue », mais qui laissait néanmoins paraître, par inadvertance, une triste lueur de déception. Il préféra de ce fait, ne rien répondre à cela et puis le terme « vermine » précédemment employé, pouvait lui aussi justifier la petite déception qui se lisait dans le regard du demi-dieu. Par chance, avant que ça ne déraille totalement, la fille de Vénus, qui avait atteint ses limites (et on ne la comprend que trop bien) mit un terme à l'affrontement verbal. Surprit par cette initiative et parce que jusqu'à présent, elle était restée silencieuse, Hay la regarda en fronçant les sourcils.

Les hostilités s'amoindrirent, Hay se contenta d'un autre « vas te faire foutre » bien placer à l'encontre de celle qui fut jadis son amie, ce à quoi l'intéressée répondit par une pique, elle aussi bien placée. Ne se laissant pas démonté, notre Irlandais d'origine contre-attaqua avec une réplique un peu plus sobre « -Mon inspiration s'amoindrit lorsque j'ai face à moi une belle emmerdeuse » Abby (pauvre jeune demoiselle à qui rien n'était épargnée) passa à son tour tenant fermement son précieux billet. Hay la regarda amusé, mais n'en demeura pas moins patient avec sa petite protégée à l'inverse de Tamara qui pestait, pour ne pas changer. Le sourire de notre emmerdeur national perdit en intensité lorsque l'agent Lond fut approché « d'un peu trop prêt » par l'un des agents de sécurité, chargé de la palpation. Mâchoire serrée, Hay observait d'un regard noir le molosse qu'il n'aurait eu aucun mal à rétamer sur un ring. La jalousie s'immisçait peu à peu en Haytham, qui par fierté, tentait de ne rien laisser paraître, mais qui prit à son propre jeu, venait d'être débusqué par l'intéresser qui consciente de son pouvoir sur lui, en joua en se permettant quelques mensonges à l'oreille de l'agent, n'omettant pas au passage d'offrir un petit clin d'œil au fils de Mars. Haytham qui se trouvait avec Abby, serra tout ce qu'il pouvait serrer pour tenter, non sans difficulté, de se calmer. « - Putain quel abruti je fais ! Jamais je n'aurai dû lui envoyer ce putain de texto. Bon aller, il faut que je me calme, sinon quoi ça risque de ne pas être joli à voir. » Il prit une grande inspiration et se permit un petit « -Désolé pour tout ça ! » à l'encontre d'Abby.

Passé l'interlude, le trio se reforma, Tam avec de la caféine dans les veines et Hay avec une barre au chocolat portant le nom de son père. Une nouvelle problématique se posait alors, passé l'avion, par quel moyen de locomotion fallait-il opter? Sans grande surprise, les demi-dieux firent alliance commune contre une Tamara qui n'hésita pas à s'en prendre directement à Abby en se moquant « gentiment » comme à l'accoutumer. « - Hey la maniaque du contrôle tu peux souffler trente secondes où c'est trop te demander ? » Passé le lancer style « lancé olympique » du gobelet de café et visiblement échaudé par le sarcasme du demi-dieu, la tempête brune contre-attaqua mollement avec un « fils de barre chocolaté » « -Tu es sérieuse là ? Fils de barre chocolatée, tu n'as rien trouvé de mieux en réserve ? Attends laisse-moi deviner, tu t'abaisses à mon niveau, c'est ça ? Mais j'imagine que ça n'est pas encore assez n'est-ce pas ? Pour se faire, il faudrait que tu sois complètement décérébré comme moi ? C'est ce que tu avais prévu de dire non ? » Par chance, le débat prit fin et l'on pouvait de ce fait bénir la voix du microphone qui signalait aux passagers de première classe de prendre place pour embarquer. Notre joyeux trio prit donc la direction de la porte d'embarcation, sans un mot, preuve que les miracles existent. Mais tout est relatif encore plus avec les deux zigotos qui entouraient la pauvre fille de Vénus, qui malgré l'hostilité ambiante tenait le choc. Ils entrèrent donc dans l'avion non sans être pressé par une Tamara tellement impatiente d'en venir, qu'elle se proposa d'aider Abby avec son sac. D'autre attaque verbale (tellement nombreuses que nous sommes dès lors incapables de les dénombrer) furent échangées. Tamara, surement en manque de mot (ou d'originalité) se contenta de geste et de sourire pour agacer davantage l'intéressé qui lui ne, c'était aucunement apaisé. « -Tu nous excuses Abby ! » lança-t'il l'air désolé à sa camarade, avant de saisir Tamara par le bras pour la conduire jusque dans les toilettes.

« -Arrête avec ce sourire en coin ! Tu te crois drôle en plus ?! »

Il se lança ensuite, sans retenue. Il avait besoin de parler, mais plus encore besoin de comprendre comment eux, Tamara et Haytham, jadis les meilleurs amis du monde, étaient arrivés à un tel degré d'hostilité l'un envers l'autre lorsqu'enfin, il eut terminé, il constata bien malgré lui, qu'il se sentait encore mal, alourdi par une culpabilité impossible à identifier. La colère commençait dès lors à disparaître, le délestant de sa petite armure. Ce fut au tour de Tamara de prendre la parole, n'omettant pas de faire claquer sa langue de vipère comme à l'accoutumer. « -Ouais tu as un problème et c'est évident. Et oui oui oui et encore oui, tu agis comme la dernière des connasses ! » L'avait-il dit ? Oui ! Aurait-il dû s'abstenir ? Oui. Aussitôt, la belle, la magnifique, la brune ténébreuse cessa d'arborer son sourire suffisant, elle décroisa les bras et poussa son ancien ami contre la porte des toilettes. Cette fois, le demi-dieu ne joua pas les caïds et la laissa parler sans même l'interrompre. À mesure que les mots de Tamara quittaient le seuil de sa bouche, le cœur d'Haytham Cassidy se contractait, une douleur qui n'avait malheureusement pas encore atteint son paroxysme. La fin du soliloque « tamaranien » laissa place à une grande incompréhension, le Marsien, d'habitude si perspicace se retrouvait dès à présent face à un profond brouillard, presque aussi profond que la peine de l'agent Lond. « -Je ne comprends pas ! C'est quoi ce procès que tu me fais ? Je n'ai rien fait de mal, je ne t'ai rien caché et je n'ai trompé personne. Mais qu'est-ce qui t'arrive bon sang ? » Désarçonné, il devait malgré tout faire bonne figure devant elle, question d'ego et de fierté masculine mal placée. « -Je ne comprends pas ! » réitéra-t-il avant que Tamara ne reprenne la parole pour éclairer sa chandelle. « -Tam ? » Sa voix, son regard, il était loin le coq avide de joute verbale. Il la regarda sans animosité cette fois, conscient qu'il avait sûrement failli, mais incapable, sur le moment, de se rappeler où quand comment et pourquoi il l'avait blessé. Lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau, il comprit que son cœur allait une fois encore se contractait et que la douleur serait à n'en pas douter, insoutenable.

« -Quoi ? Avec le Dr Raines ? Pourquoi tu lui as parlé ? » Cette fois, les origines de la culpabilité étaient établies et le précédent soliloque de Tamara faisait à présent sens dans la tête du Penseur qui avala bruyamment sa salive. « -Ecoute, je… » Elle ne lui laissa pas la possibilité de parler, elle-même en avait trop besoin. Ce sourire de façade ne voulait rien dire, si ce n'est essayé de faire croire qu'elle gérait encore la situation, mais mieux que quiconque Haytham savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle n'atteigne le point de non-retour. Il préféra donc la laisser parler et ne s'offusqua pas d'avoir été coupé dans son élan. Il l'écouta avec la plus grande des attentions, la regarda droit dans les yeux, même si à cet instant, il aurait préféré regarder ailleurs pour s'éviter un mal-être insupportable à gérer. « -Alors nous y voilà ! C'est de là que tout commence ? Oui, j'ai menti » honteux, il ne pouvait se résoudre à jouer les cadors. Le regard lointain, la voix délestée d'orgueil, il reprit la parole « -S'il te plaît ne me pointe pas du doigt comme ça ok ? Cette mission devait bien se passer ! Je ne savais pas que tu serais là, ni que ça allait aussi mal tourner, je ne suis pas devin moi. » Il souffla longuement et se massa les tempes. Prit la main dans le sac et peu adepte de l'improvisation, Haytham peinait à trouver ses mots cette fois. Le regard fuyant, acculé de toutes part, il prenait les coups tant bien que mal. « -Le vrai problème ça n'est pas cette foutue mission si ? Ni le fait que je connaisse l'autre rouleau de printemps ? Tu veux la vérité ? Ok tu vas l'avoir. Et bien commençons par le commencement. Le Dr Raines avec qui tu as parlé dirige une clinique, mais ça tu dois le savoir vu que vous avez « parler ». J'ai été assez con pour te désigner comme « personne à appeler » en cas de problème. Sauf que je ne pensais pas que cela aurait son utilité. » Il se tue, son cœur cognait contre sa poitrine tant il était mal. Sa culpabilité prouvait, il n'avait plus le droit de se défiler.

Sa voix tremblait, ses yeux brillaient, il était en colère, pas contre, elle, mais contre lui. Tamara avait raison sur toute la ligne, le demi-dieu était en tort de A à Z et il serait trop facile d'être dans le déni. « -La vérité ! La vérité, c'est que j'ai préféré me confier à Marvin parce que je n'avais pas honte de le lui dire. Lui dire quoi me diras-tu ? Que je suis alcoolique, du moins que je l'étais. Je ne voulais pas que la personne que… La personne qui a le plus d'importance pour moi, me voit comme ça. Les mains tremblantes parce que je n'ai pas eu ma dose de Whisky. J'étais un déchet total, un rien, une merde. Le Penseur n'hésitait même plus, j'étais l'ombre de moi-même. Je ne voulais pas que tu vois ça, j'avais tellement honte que j'osais à peine me regarder dans la glace. J'ai atteint le pire du pire quand tu es venu annoncer à Marvin la mort de son neveu. Trois jours plus tôt, parce que je n'arriverais pas à gérer mon manque, mes angoisses et mes cauchemars, je suis aller dans le premier bar à ma portée. Je ne sais pas combien de verres j'ai bu, beaucoup sûrement. Je ne me suis même rendu compte que l'on m'observait. Trois russes solidement armés, ça ne rigole pas ! Parmi ces connards, il y a le champion de freefight que tu m'as vu combattre. Il n'a pas apprécié de voir un « amateur » lui foutre une raclée. Ils me sont tombés dessus, j'étais tellement bourré que je n'ai même pas réussi à me défendre. J'ai perdu connaissance et quand je me suis réveillé à l'hôpital, l'infirmière m'a dit que c'était un miracle que je sois encore en vie. C'est pour ça que je n'avais pas l'air en forme quand on s'est retrouvé. Je suis resté 24h dans le coma, mais j'ai du bol, nous les fils de Mars, on récupère vite ! Enfin bref, je te passe les détails. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais j'ai compris, chez Marvin, qu'il fallait que j'arrête de fuir mes problèmes en me torchant la gueule. Et puis mes mains commençaient à trembler, mon corps lui n'était pas du même avis. Tam, j'aurais dû comprendre. » Il ferma les yeux et serra la mâchoire « -Le coup de la mission, c'était tellement plus simple. J'aurai dû t'appeler, c'est vrai. Je ne l'ai pas fait. Je n'ai pas d'excuse plausible à t'apporter. Maintenant, je m'en veux tellement et je comprends pourquoi tu réagis comme ça. Je ne vais pas me victimiser, parce que dans le fond, je mérite tout ce qui m'arrive. Même les miens me tournent le dos. C'est aussi pour ça que je fais cette mission, pour leur montrer que je ne suis pas un traitre, c'est mon nouveau surnom à la mode. Mais plus encore, si je fais cette mission, c'est pour toi. Maintenant, c'est une évidence. Si je peux ramener ta mère, au moins j'aurai réussi quelque part non ? Et pour finir, puisque maintenant, j'ai compris la leçon, il faut que je t'avoue quelque chose. » Mais quelqu'un eut la bonne idée de frapper contre la porte, mettant ainsi un terme à ce qu'Haytham s'apprêtait à dire. « -On ne va pas s'attarder ! Il faut vraiment que je te dise avant qu'on sorte. Tam, j'ai une fille. Je l'ai découvert quand j'étais en désintox. On s'est écrit à plusieurs reprises et je l'ai rencontré il y a peu. Voilà ! Tu as le droit de me haïr, de frapper, tout ce que tu veux. Et je tenais à… » On frappa à nouveau « -MAIS PUTAIN !!!! C'EST BON DEUX SECONDES MERDE ! Excuse-moi ! Pour ça et pour tout ce que j'ai dit et fais aujourd'hui et ces derniers mois. » Sans attendre, il déverrouilla le loquet et quitta la cabine, ne manquant pas de lancer un regard noir au malotru qui les avaient dérangé à plusieurs reprises. Apaisé, malgré la culpabilité, il retrouva Abby et s'assit à côté d'elle.

« -Ca va ? Désolé pour l'enlèvement, il fallait que l'on mette les choses au clair avec Tamara. Et toi alors, tu faisais quoi ? » Il observa les magazines qu'elle avait sorti de son sac « -De la grande littérature à ce que je vois ! » Il lui sourit. Tamara quitta à son tour les toilettes et retrouva sa place. Quelque chose avait changé, mais quoi ?


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RADIO À POTIN CYNIQUE
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RADIO À POTIN CYNIQUE

MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Ven 14 Oct - 22:06




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Cela faisait des années qu'Abigail n'avait plus vu le verre à moitié plein. Finalement, la boule d'optimisme n'avait pas complètement disparu sous une épaisse couche de cynisme. Contre toute attente, Abby pouvait encore s'émerveiller devant la nouveauté. C'était vraiment pittoresque de commencer cette quête par des méthodes de mortelles. En plus, elle était encore au stade où elle trouvait encore amusant de se retrouver entre la joute verbale des deux autres membres de ce groupe. Ce lien ! Par les dieux, elle n'avait jamais vu ça. Aussi complexe, semblant à la fois si fort et pourtant si fragile. Si cela avait été possible, elle aurait aimé disséquer ou regarder à la loupe. Elle avait l'impression de rater pleins de détails, comme si elle avait commencé à regarder une série à partir de la saison 2 et que les premiers épisodes étaient introuvables.

C'était vraiment frustrant, et aussi, un peu saoulant à force. Ils ne semblaient jamais vouloir arrêter. À chaque fois qu'Abby pensait que le sommet de la remarque la plus blessante avait été atteint, l'autre interlocuteur réussissait à atteindre un nouveau record. "Si ça continue, cette conversation va être classée pour public averti." Commenta-t-elle à mi-voix, telle une spectatrice assistant à un match de boxe. Son plus grand regret sur le moment, c'était de n'avoir rien à grignoter durant ce spectacle. Tandis que celui du fils de Mars semblait d'avoir envoyé le texto à l'origine de cette situation.

"Relax. Je suis une grande fille, je sais encaisser vos prises de bec." Assura-t-elle avec un sourire rassurant lorsqu'Haytham s'excusa.

Bon, en vrai, elle espérait qu'ils allaient faire une pause à un moment donné. Il faudrait bien qu'ils reprennent leurs souffles à un moment, non ? Ou acheté un dictionnaire de synonymes, car à ce rythme tout le dico allait y passer, si ce n'était déjà pas le cas. Sans doute qu'Abigail aurait été beaucoup moins zen si l'action de cette joute n'était pas l'aéroport. Un lien inédit qui lui offrait suffisamment de distraction pour ne pas se focaliser sur les deux tourtereaux.

Après quelques bourdes de débutant, Abby était venue à bout des contraignants protocoles de sécurités des Mortelles. Tam était parti se chercher un café et Haytham avait opté pour un Mars. Un détail qui amusa beaucoup la fille de Vénus. La brunette semblait se retenir de faire un commentaire. En voilà du progrès ! Il était temps de parler de chose sérieuse, comme la mission par exemple. Enfin, Abigail préférait le terme 'quête'. C'était tout de même plus classe. Qu'on appelle ce qu'ils s'apprêtaient à faire sous le nom de mission ou de quête, la Romaine déchanta lorsqu'elle entendit parler de location de voitures. Allaient-ils employer tout le temps des moyens de Mortelle ? Certes, c'était amusant au début, mais de là à ne travailler qu'ainsi ! Bien sûr, sa remarque déplut à Tamara.

"Bin, oui, les demi-dieux possèdent d'autres moyens." Dit-elle avec l'évidence d'une personne expliquant à quelqu'un que le ciel était bleu. "J'aurais cru que quelqu'un fréquentant un Romain depuis aussi longtemps serait un peu plus au courant. C'est gentil de vouloir qu'on reste dans ta zone de confort pour prouver que tu as ta place dans la quête, mais il y aura forcément à moment où tes méthodes de mortelles vont nous retarder."

En vérité, contrairement à Tamara qui semblait avoir trente-six plans de secours, Abygail n'avait pas réfléchi aussi loin. Elle se disait que sur place, il trouverait. Au pire, ils auraient le voyage pour déterminer les détails. Evidemment, plutôt mourir que d'avouer cela. La meilleur défense était l'attaque et la demi-déesse avait accumulés pas mal d'expérience en remarque acide pendant sa période dépressive.

Heureusement pour elle, elle n'eut pas le temps d'aller plus loin qu'Haytham s'en mêla. Abby aurait pu en être soulagé, au fond, elle l'était un peu, sauf que cela signifiait la reprise des hostilités. La Romaine leva les yeux au ciel en poussant un soupir. "Par les dieux, pitié, c'est juste un gobelet de café jeté avec un peu d'adresse. Les enfants d'Apollon le font sans arrêt, pas besoin de relancer un débat." Commenta-t-elle avec une pointe de lassitude et de désespoir étroitement mêlée en se passant une main sur son visage.

Un appel au micro annonçant qu'ils pouvaient embarquer mit fin précipitamment à cette guerre. Abigail en aurait presque fait une prière de remerciement à sa mère pour ce miracle. Presque. Il ne fallait pas déconner, la dernière chose qu'il fallait à cette situation, c'était que Vénus si intéresse d'un peu trop près. D'ailleurs, peut-être que sa divine mère s'en mêlait déjà. Cela ne l'étonnerait même pas ! La demi-déesse put chasser vite ces pensées en voyant l'avion de près. C'était si grand ! Ils allaient vraiment monter dans ce truc ? Comment un tel engin pouvait-il s'envoler sans magie ? Abby eut la présence d'esprit de garder toutes ces questions pour elle. Déjà que Tamara semblait excédée par son rythme d'escargot...

À nouveau Haytham prit sa défense, ce qui agaça encore plus Tamara. Abigail en aurait volontiers affiché un petit sourire triomphant si être la cause de cette énième dispute n'était pas aussi fatiguant. "Oui, ok, c'est tout droit, j'ai pigé au bout de la centième fois. Allez, on avance. Il y a des gens qui attendent derrière." Pressa-t-elle comme si c'était la brunette qui retardait tout le monde.

Vu le début du voyage, il était surprenant que Tamara l'aide à ranger son sac après qu'Abby y ait récupéré quelques affaires. Avec un peu de chance, elle allait pouvoir garder sa menace de les obliger à garder le silence en utilisant son enjôlement. La demi-déesse aurait dû se douter que c'était trop beau pour être vrai. En un rien de temps, Abby s'était vue attribuer la place près du hublot et ces deux 'comparses' s'étaient éclipsés vers les toilettes.

D'une certaine façon, c'était une bonne chose. Ainsi, Abigail avait pu tester les différents boutons sans recevoir des commentaires de la part de Miss-chef-du-groupe. Seulement, au bout d'un moment, Abigail était assez frustré. Son instinct à pottin lui assurait qu'elle ratait quelque chose de croustillant. Avec cette supposition en tête, il lui était impossible de se concentrer sur sa lecture. Impossible d'écrire, de lire ou même de compléter un des tests du magazine ouvert devant elle.

Lorsque qu'Haytham et Tamara daignèrent enfin revenir, l'impression de la demi-déesse se confirma. "Je déteste le hors-champ." Marmonna-t-elle. C'est vrai quoi, c'était cruel ! Elle s'était tapé toutes les petites piques et ratait le vidage de sac en règle ! Le lien qu'elle voyait avait gagné d'autres couleurs, prouvant son évolution, et elle avait raté ça ! Abby se fit violence pour ne pas bouder devant cette injustice. Le commentaire de son voisin de voyage l'aida à réafficher un sourire. "Oh, je m'occupe." Répondit-elle en tapotant son magazine avec le côté gomme de son crayon. Abby lui donna un petit coup de coude amical face au commentaire sur les magazines en question. "Ok, tu te venges pour mon commentaire sur le Mars de tout à l'heure, hein ? C'est de bonne guerre." Dit-elle avec humour. "Les tests sont amusants. J'ai aussi quelques lettres du boulot auquel je dois répondre, si tu veux que je passe le magazine." Elle aurait voulu tirer les verres du nez au demi-dieu sur ce qui s'était passé aux toilettes, mais, hélas, avant qu'elle n'eût le temps de le faire Tamara était revenu à sa place. Quel mauvais timing !



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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Sam 15 Oct - 23:21




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Abby n’en finissait plus d’agacer Tamara, qui était déjà bien remontée à cause d’Haytham, avec ses histoires de « méthode de Mortels ». Elle, au moins, elle proposait des choses et des plants concrets, contrairement à la blondinette qui se contentait de critiquer. Mais bon, le débat prit fin au moment d’embarquer. La fille de Vénus se fit encore remarquer, l’agent de terrain voulu gagner du temps en lui faisant ranger son sac, et se garda de faire une réflexion en la voyant sortir ses magazines.  De toute façon, elle n’en aurait pas eu le temps, étant donné que le fils de Mars l’entraina dans le couloir jusqu’aux toilettes, la tenant fermement par le bras. L’agent Lond dût retenir une violente envie de lui balancer un coup de genou dans les bijoux de famille, et se contenta d’afficher un sourire en coin avec une réflexion ironique lorsque le demi-dieu referma derrière lui la porte des toilettes. Une fois enfermés, Hay joua la carte de l’incompréhension innocente.

-Oui, je trouve ça super drôle que tu trouves toujours le moyen de jouer les victimes sans jamais te remettre en question.

Alors qu’elle avait commencé à lui démontrer qu’elle se comportait ainsi avec lui parce qu’il l’avait déçue, il semblait encore ne pas voir le pourquoi du comment. Tam évoqua le nom du Dr Raines qui l’avait appelée juste après qu’elle l’ait ramené, grièvement blessé de la mission de Scranton.

-Oui, ce charmant monsieur m’a appelée pendant que tu étais inconscient, pour me demander comment tu allais, et surtout, pour me dire que tu t’étais barré du centre de désintox sans autorisation! J’aurais peut-être dû lui dire que t’enfuir est la chose que tu fais le mieux…

Puis, elle se lança dans un discours qui lui permit de balancer tout ce qu’elle avait sur le cœur, tout ce qu’elle pensait. A son  tour, l’irlandais se défendit, ce qui ne fut pas du gout de son  interlocutrice.

-Ah ouais, c’était une connerie de me désigner comme personne à prévenir ? Sympa, comme ça je n’aurais jamais su la vérité ! Comme c’est pratique ! Tu avais promis, bordel ! Tu m’as regardée dans les yeux en me promettant une franchise et une honnêteté absolues ! J’avais besoin de pouvoir te faire confiance à nouveau !

Malgré ses profondes colère, tristesse et déception, Tamara voyait dans le regard du Marsien et sentait au son de sa voix qu’il était sincère. Il lui raconta enfin toute l’histoire, les raisons qui faisaient son état pitoyable lorsqu’ils s’étaient revus sur le palier de chez Marvin, alors que l’agent Lond venait annoncer à son collègue une terrible nouvelle. Tam sentit son cœur se serrer. Hay avait été au plus mal, dans le coma, blessé, et elle n’avait pas pu être là pour lui. Si, par fierté, elle aurait voulu lui hurler qu’elle n’en avait rien à foutre et que c’était bien fait pour lui, son cœur lui dictait de le prendre dans ses bras. Elle ne fit ni l’un ni l’autre, se contentant de le regarder dans les yeux, le regard tout aussi brillant que le sien.

-Hay… tu n’aurais pas dû avoir honte de m’en parler. J’étais tellement heureuse de te retrouver, je voulais être là pour toi, et tu m’as littéralement fermé la porte au nez. Quand le neveu de Marvin est mort à cause de moi, je n’ai pas hésité une seconde à t’en parler. Tu crois que j’avais pas honte de moi ? Après la promesse que je t’avais faite, un gamin a perdu la vie par ma faute ! J’en menais pas large, tu peux me croire.


Il l’avait quand même qualifiée de « personne la plus importante », et ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Elle avait encore à peu près un millier de questions à lui poser, parce que même si c’était secondaire, tout ce dont elle lui avait parlait la taraudait, mais quelqu’un sembla décidé à les faire sortir de là en toquant à la porte, alors que le demi-dieu avait annoncé avoir quelque chose à lui avouer. Déjà, en temps normal, quand quelqu’un commençait comme ça, cela n’augurait rien de bon, mais s’agissant du fils de Mars, Tam s’attendait au pire.  Hay s’occupa d’incendier l’inconnu qui avait malmené la porte avant que son amie d’enfance ne s’en charge. Le suspens était à son paroxysme, la jeune femme brûlait tout autant qu’elle redoutait de savoir. Et enfin, il avait balancé l’information, comme ça, d’un bloc, c’était arrivé comme un cheveu sur la soupe. Haytham Cassidy était père, il avait une fille. Bouche bée, Tam n’entendit même pas les excuses de son « Penseur », qui avait déverrouillé la porte et avait quitté les lieux en un quart de seconde. Le nombre des questions de la petite brune était passé du millier au million en un éclair. Elle se retrouva face à la personne qui avait tambouriné à deux reprises contre la pauvre porte des toilettes de l’avion. Reprenant ses esprits, l’agent de terrain l’attrapa par le col et le plaqua contre le mur, approchant sa bouche de son oreille pour y susurrer entre ses dents d’un ton sec :

-Il doit y avoir au moins quatre autres chiottes dans cet avion, alors la prochaine fois, fais l’effort d’aller voir ailleurs ou je te casse un tibia, pigé ?

Elle le relâchant, lissant d’une main la cravate du type qu’elle venait de brutaliser et se dirigea vers sa place, n’attendant pas que l’hôtesse la plus proche ne s’en mêle. L’inconnu la regarda s’éloigner, bouche bée, avant de finalement s’enfermer à son tour dans les toilettes.
Tam retourna s’asseoir auprès de ses deux comparses, environ une minute après Haytham. A vrai dire, elle était totalement abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Elle boucla sa ceinture. L’avion avait eu le temps de se remplir pendant leur petite conversation, et le décollage fut annoncé. La jolie brune n’écouta même pas les recommandations et démonstrations des stewards et hôtesses quant aux manœuvres de sécurité, à vrai dire, elle connaissait tout cela par cœur, depuis des années. Son regard sombre était perdu dans le vague, et elle tapotait du bout des doigts l’accoudoir métallique côté couloir. Le décollage se passa sans qu’elle ne s’en aperçoive, ne cillant pas à l’accélération fulgurante de l’appareil pour lui permettre de quitter le sol. Elle était dans sa bulle, et ne se rendait pas vraiment compte de ce qui se passait autour. Hay et Abby auraient pu se livrer à la discussion la plus intéressante, ou au contraire la critiquer ouvertement que Tamara n’aurait rien calculé. Elle se posait des tonnes de questions sur cette fameuse fille dont le fils de Mars avait découvert l’existence au cours de sa désintox. Il disait même l’avoir rencontrée. Quel âge avait-elle ? Qui était sa mère ? Comment l’avait-il su ? Ce qu’il comptait faire ? Puis, peu à peu, elle se recentra sur la mission. Elle était là pour sauver sa mère après tout, et Haytham avait dit que c’était aussi son but.

Les hôtesses passèrent dans les allées pour proposer des boissons aux passagers, et ce fut lorsqu’elle arriva à leur rangée que Tam sortit de sa rêverie. Elle leur donna de quoi grignoter avant le service des repas en guise d’apéritif et leur demanda ce qu’ils voulaient boire. A ce moment-là, Tamara aurait bien demandé un truc un peu corsé, elle avait bien besoin d’un petit verre après cette discussion, mais par respect pour Hay et l’effort qu’il avait fait pendant plusieurs mois, elle se contenta de demander un café. Oui, encore un, elle ne carburait qu’à ça. Elle savait que si elle venait à s’endormir, ses cauchemars dans lesquels elle revoyait cette fillette qu’elle avait dû assassiner lors de l’assaut du camp de demi-dieux l’assailliraient, et à ce visage juvénile s’ajouterait celui d’Azazel, le neveu de cœur de son collègue Marvin Knight. Hors de question de dormir si c’était pour revivre ça, surtout pas devant Haytham et Abigail. Donc, la caféine serait, comme depuis plusieurs mois, son carburant, et ce tout le long de la quête. L’hôtesse avait fini par servir les deux autres passagers également et avança vers la rangée devant eux. Tam avait les deux mains autour de sa tasse de café fumante, le regard braqué sur le dossier devant elle qui tenait la tablette sur laquelle elle était accoudée, tandis que son pied battait frénétiquement le sol.  Sans pour autant les regarder, elle adressa enfin la parole à ses deux compagnons de voyage, sans animosité, mais sans pour autant être chaleureuse.

-Alors, vous proposez quoi comme moyens « non Mortels » pour se rendre sur l’île plus rapidement ?

Elle se tut et pris une gorgée de café. Comme beaucoup de cafés servis dans les avions, il n’était pas très bon, mais ce qui comptait, c’était la dose de caféine. L’agent Lond attendait patiemment que l’idée de l’un des deux interlocuteurs semi-divins ne vienne à se faire entendre. Le DLCEM avait beau traquer depuis de nombreuses années les créatures mythologiques, Tam n’avait jamais entendu parler de moyens de locomotions propres aux demi-dieux, aussi était-elle curieuse d’entendre ce que cette chère Abby avait à proposer.




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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Lun 17 Oct - 22:05




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais





Pour le commun des mortels, certaines vérités sont salvatrices, pour d'autres, elles sont difficiles à entendre, mais plus encore difficile à accepter, surtout lorsqu'elles paraissent après une longue série de mensonges. Haytham prit son courage à deux mains et se prépara à livrer son ultime secret qui aurait, à n'en pas douter l'effet d'une bombe sur Tamara. Mais avant d'en arriver à de telles extrémités, il entreprit ( chose incroyable) de se taire pour lui laisser la parole, quitte à ce qu'elle la monopolise. Elle avait besoin de parler, de LUI parler, il lui suffisait d'un regard pour le comprendre.


« -Tam, ça n'était pas une connerie de te désigner comme personne à prévenir en cas de problème. Je me suis mal exprimé. Disons que je ne pensais pas « m'enfuir ». J'imaginais naïvement que j'arriverais à gérer ça, que ce ne serait qu'une formalité. » Pour accroître sa sincérité, le demi-dieu se permit un premier contact. Il s'autorisa donc à prendre la main gauche de son amie sans briser le contact visuel. Elle avait compris, au son de sa voix, à son regard, que cette fois le Penseur était sincère, une sincérité qui en de telle circonstance aurait pu désarmer n'importe quel cœur de pierre et Tamara Lond ne l'était plus en présence de son beau ténébreux. « -Je sais que par fierté tu préférerais me hurler dessus et me dire tout haut sans laisser poindre la moindre hésitation dans le son de ta voix, que tu n'en as plus rien à foutre et que c'était bien fait pour moi. Je ne t'en voudrais pas si cela devait se passer ainsi. C'est comme la fois où j'ai oublié de venir te voir danser pour le spectacle d'Halloween. Je me souviens, tu étais déguisée en citrouille. Ma mère et la tienne avaient bien galéré à te confectionner le costume, mais toi, tu étais si contente de te produire devant tout le monde en belle citrouille. Tu m'as cherché du regard, mais tu ne m'as pas trouvé et quand enfin, j'ai eu l'audace de me présenter, tu m'as sauté dessus en me criant quelque chose du genre « je te déteste, tu es un menteur, tu m'avais promis que tu serais là. Je ne veux plus jamais te voir ! » Je t'ai répondu que je me suis cassé la figure, tu as rétorqué que c'était bien fait pour ma pomme et je t'ai dit tout sourire, que je m'étais cassé la figure, parce que j'étais en retard. J'étais là Tam, au fond de la salle et j'ai tout vu, je n'ai pas loupé la moindre seconde de ton ballet en citrouille. Je sais que je n'aurai pas dû avoir honte de te parler, mais je ne pouvais pas. Je pense que c'est un mélange entre le trop plein de fierté et cette impression constante de tout foirer. Mais à aucun moment, je n'ai voulu te fermer la porte au nez. Et je sais à quel point tu as souffert avec la mort de ce gamin. Tu sais d'habitude, je me fiche du regard que l'on porte sur moi, cela me passe au-dessus, mais quand je suis avec toi, je me sens obligé d'être fort, d'être inébranlable, infaillible. »


Mais il avait oublié qu'il n'était qu'un demi-dieu et qu'à ce titre, il ne pouvait prétendre à s'ériger sur le piédestal inhérent à ce statut. « Je suis un homme et je mesure toute l'horreur de ma nature. Pour ma peine, ma punition, moi, je tourne en rond, je tourne en rond. » Oui, malheureusement pour lui, il était aussi un homme et de ce fait, il n'était pas exempt de faiblesse(s). Pour le commun des mortels, certaines vérités sont salvatrices, pour d'autres, elles sont difficiles à entendre, mais plus encore difficile à accepter, surtout lorsqu'elles paraissent après une longue série de mensonges. Pour Haytham le moment était venu de lâcher telle une tombe, l'un de ses plus grands secrets. Le regard lourd de culpabilité, il parvint malgré tout à le dire « - J'ai une fille ! » Il s'excusa ensuite pour « ça » et pour tout ce qu'il avait pu faire de répréhensible ces derniers mois. De l'autre côté de la porte, un impatient à la vessie de souriceau s'acharnait presque maladivement contre la porte, laissant une place plus que restreinte à l'intimité. Il n'en fallait pas plus pour que le fils du dieu de la guerre, ne déverrouille le loquet. Et puis ne sachant quoi dire de plus, il ne voyait pas l'intérêt de rester. En quittant la cabine et en commençant à marcher le long des allées, il prit conscience de sa lâcheté. Une fois encore, il avait préféré la fuite plutôt que d'affronter les obstacles, en l'occurrence la réaction de Tamara. Il hésita un court instant, mais il était trop tard, il devait continuer à avancer pour rejoindre sa place au plus vite.  


Il laissa paraître un léger sourire sur son visage, le genre qu'il laisse croire que tout va bien pour ne pas attiser le trop-plein de curiosité. L'espace d'un instant, il était même parvenu à se faire croire qu'il était apaisé. Baliverne ! Il sourit à la petite blonde, s'excusant de l'absence, la réaction d'Abby le surprit autant qu'elle le fit sourire « - Parfois les hors champs sont utiles pour t'éviter d'être trop rapidement spoiler. Mon voisin est un fan de série télé. Il me répète ça souvent quand on se fait des soirées. » Il posa une fois encore son regard sur les quelques magazines de sa camarade et se mit à rire lorsqu'elle parla de vengeance à son encontre suite à la remarque faite sur la confiserie « marsienne » engloutie par l'intéresser. « -Tu me pense aussi mesquin ? Moi ?! Non jamais de la vie. Je crois que mon paternel a les oreilles qui sifflent là ! » Curieux, il se saisit d'un magazine qu'il commença à feuilleter « - Des test ? Pour faire quoi ? » Il tourna quelques pages et s'arrêta devant le titre accrocheur d'un article. « - Augmenter le plaisir avec votre partenaire ? Quelques jeux de rôles sympathiques pour passer une bonne soirée ! Euh ok, je vois le genre. Ote-moi d'un doute, tu t'occupes bien des courriers du cœur hein ? Non parce qu'avec ce genre d'article, on aurait plus tendance à croire que les gens confondent cœur et cul. Aller, vends-moi du rêve, fais-moi lire ta rubrique. » Ils échangèrent un sourire complice qui prit fin (pour Haytham) lorsque Tamara retrouva sa place. Légèrement mal à l'aise, le demi-dieu n'osait même pas la regarder. À son tour, il boucla sa ceinture et conseilla à Abby d'en faire de même. Après que tout le monde eut rejoint sa place, le décollage fut annoncé.


Haytham se tue et regarda le siège qui se trouvait devant lui, il attendait que sa camarade du Camp Jupiter lui tende le magazine et s'en servirait comme excuse. À son tour, il se fichait bien du petit spectacle offert par les stewards et les hôtesses pour expliquer les manœuvres de sécurité. Perdu dans ses pensées, le demi-dieu n'avait de cesse de se refaire la scène dans la tête et regrettait d'avoir balancé cette révélation à son amie d'enfance qui semblait elle aussi perdue dans ses pensées. Par chance, une charmante hôtesse s'arrêta à leur rangée et confia à nos trois aventuriers d'un jour, de quoi grignoter avant le repas, elle leur proposa même de quoi se désaltérer. Tamara fut la première à prendre commande et opta pour… un café. Haytham la regarda presque attendri. Il savait au vu de la situation, qu'un bon verre n'aurait pas été de refus pour la jeune demoiselle, or elle avait opté pour un café, preuve que malgré tout ce qui venait de se passer, elle nourrissait encore à son égard une once de respect. Le demi-dieu laissa sa jeune camarade passée commande, puis il opta pour un thé glacé n'omettant pas de sourire et de remercier la jeune demoiselle qui s'éloigna vers d'autres rangées.


« -J'ai freiné ma consommation de caféine au centre ! » lança-t-il en sortant son baladeur pour ensuite se maudire intérieurement d'avoir sorti ce qui lui semblait être « une belle connerie ». L'hôtesse revint vers eux et les servit. Hay, qui avait soif, but la moitié de son gobelet avant de le reposer sur sa tablette. Du coin de l'œil, il observa Tam. Son pied semblait agité, quelque chose accaparait son esprit, mais trop fière, il était évident qu'elle n'en parlerait pas à vive voix. Le demi-dieu souffla et pressa la touche « on » de son baladeur. Il s'apprêtait à mettre ses écouteurs pour s'exiler en des terres moins hostiles, mais Tamara mit un terme à son entreprise. Une prise de parole sans animosité certes, mais aussi et surtout dénué de la moindre chaleur humaine. Haytham s'en accommoda, il posa ses écouteurs et commença à réfléchir. « -Euh… j'aurais bien proposé un pégase des mers, mais n'étant pas un fils de Neptune, je doute que ça passe. Sinon, il y aurait bien les nymphes, mais je doute qu'elles veuillent nous aider après ce que j'ai fait. Je précise que je n'ai fait que « dragouiller » l'une d'entre elles, ce n'était pas méchant, mais bon vu les antécédents de mon paternel ça n'aide pas. Enfin bref, passons ! Hey, mais si bien sûr. Abby, tu pourrais utiliser ton enjôlement sur l'une d'entre elles. Sans certitude aucune, il posa son regard chocolat sur la fille de Vénus, espérant ainsi qu'elle accepte cette mission qui lui était confiée et qui de ce fait, lui donnerait une importance contre laquelle Tamara ne pourrait rétorquer.


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MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Jeu 10 Nov - 8:27




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Je déteste le hors-champ. La phrase avait fusé spontanément des lèvres de la blondinette dès le retour du fils de Mars à ces côtés. Elle esquissa une moue songeuse devant la réaction de son interlocuteur. C'est vrai qu'en temps normal, elle aimait le hors champ qui permettait de spéculer et de s'imaginer les paroles échangées loin du regard du téléspectateur; mais, ici, c'était terriblement frustrant. Elle s'était retrouvée au milieu d'une guerre violente et la scène majeure s'est passée loin d'elle ! Elle n'avait obtenu aucune information croustillante comme récompense pour sa patience. Le pire est que son pouvoir l'informait que quelque chose s'était effectivement passé durant ce petit aparté. La demi-déesse n'exprima pas cette opinion à voix haute, car un détail avait attiré toute son attention. "Oh, tu te fais des soirées séries ? Lesquels ?" S'enthousiasma-t-elle. "On pourrait mettre au point une sorte de code à base de ces séries pour communiquer sans être compris par notre caporal-chef auto-proclamé." Proposa-t-elle avec un sourire malicieux et un mouvement de tête dans la direction où Tamara allait arriver.

La fille de Vénus en avait délaissé sa lecture, s'appuyant sur son accoudoir pour se concentrer sur son voisin de siège. Elle en avait oublié la présence des revues jusqu'à ce qu'Haytham n'en parle. "C'est triste à dire, mais, il faut bien que je tienne de ma divine mère sur certains points." Commenta-t-elle avec un haussement d'épaule résigner. Ensuite, elle parla des tests. Sans hésiter, il s'agissait de la partie la plus amusante de ces magazines. "Des tests sur tout." Elle n'eut, néanmoins, pas le temps de citer des exemples concrets puisque le demi-dieu avait commencer à feuilleter l'un d'eux. "Non mais tous les numéros ne sont pas comme ça." Se défendit-elle dans un premier temps, devant les citations d'Hay, avant de rire et d'avouer : "Ok, beaucoup de numéros sont comme ça." Ensuite, elle prit un autre magazine qu'elle feuilleta à la recherche de quelque chose de précis. "Bon, d'accord, je vais te montrer ma prose !"

Alors qu'elle allait tendre le magazine en question, ce fut la fin de cette scène de complicité puisque Tamara revint. La bonne ambiance s'évapora pour laisser place à un certain malaise. Abigail plia un coin de la page de son magazine afin de retrouver facile l'article et boucla sa ceinture après avoir regardé Haytham à l'œuvre.

Le décollage fut annoncé et Abby sentit une boule de stress se former doucement dans son ventre. Inconsciemment, ses mains se refermèrent sur sa ceinture, comme pour ajouter une sécurité supplémentaire au cas où elle ne l'avait pas bien fermé. C'était la première fois qu'elle se retrouvait dans un avion, jusqu'à présent, elle avait trouvé l'expérience assez intéressante, mais, maintenant, elle réalisait pleine qu'elle se trouvait dans une boite en fer qui était soi-disant suffisamment légère pour voler. Oui, soi-disant. Bien qu'elle eût vu des avions en plein ciel, ce n'était que de vague silhouette alors qu'elle avait les pieds bien ancrés sur la terre ferme. Être dans l'avion, ce n'était pas du tout la même chose. Ce n'était pas les recommandations et instructions de sécurités qui allaient la rassurer ! Heureusement, Haytham qui semblait attendre le magazine lui servit d'excuse pour penser à autres choses. "Tiens, mais défense de se moquer ! Je sais que ce n'est pas de la grande littérature." Commenta-t-elle en essayant de cacher son stress grandissant.

De la même manière, la fille de Vénus fit son maximum pour paraître sereine durant le décollage. Elle ne pouvait pas perdre la face quand on avait à un siège d'intervalle une brunette presque aussi cynique qu'elle qui ne lui passerait rien. Tout comme elle ravala le soupir de soulagement qui faillit franchir ces lèvres lorsque l'appareil se stabilisa. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de se caller plus confortablement sur son siège, signe que la tension se relâchait dans ces petits muscles.

Lorsqu'une hôtesse pour apporter un repas et demander quelle boisson ils voulaient, Abigail se retrouva devant deux choix. Soit, elle demandait la liste des boissons disponible, risquant de provoquer l'impatience de miss-contrôle-tout, soit elle jouait la carte du 'comme vous'. C'est-à-dire qu'elle se calquerait sur un de ces complices de mission pour sa commande. Comme elle n'était pas d'humeur pour un café, elle se calqua sur le choix d'Haytham. "Un thé glacé pour moi aussi, s'il vous plaît." Demanda-t-elle aimablement. Elle n'aurait pas cru que son voisin de siège soit du genre 'thé' mais elle ne fut pas de remarque à voix haute.

En attendant les commandes, Abby entra en contemplation de son plateau. Chacun semblait vouloir entamer le rite les préparant au long voyage : Tamara en tapant du pied dans un rythme aléatoire et Haytham en cherchant son baladeur. La demi-déesse lançait des regards à la dérober pour voir où en étaient les deux tourtereaux. Dommage qu'elle n'ait pas eu accès à la discussion entre ces deux-là, sinon elle aurait fait croire à Tamara que c'était elle la fameuse fille dont Haytham avait parlé. Privé de cette information, Abby ne put que constater que leur guerre verbale semblait avoir atteint le stade de Guerre Froide. Quoi qu'elle eût peut-être parlé un peu trop vite, puisque la brunette prit la parole. Instinctivement, la Romaine serra les dents en craignant une nouvelle salve de cynisme et fut étonné que la question soit posée sans animosité. Sur le coup de la surprise, elle ne sut quoi répondre. Surtout qu'elle avait employé le terme moyen non-mortel pour damné le pion à son interlocutrice et non parce qu'elle avait un réel plan.

Son sauveur vint à sa rescousse en réfléchissant à voix haute. Rien que d'imaginer Haytham en train de dragouiller une nymphe la fit sourire. Ou alors c'était le mot 'dragouiller' qui lui faisait cet effet. La blondinette fut un peu décontenancée lorsque son voisin de siège lui posa une question sur son enjôlement. "Bien sûr, aucun problème." Répondit-il avec joie, ravi de se rendre utile. Ce n'était pas le moment d'avouer qu'elle n'avait jamais testé son enjôlement sur des nymphes. Elle se pencha pour pouvoir regarder Tamara et commença à expliquer sur un ton condescendant : "Oh, l'enjôlement c'est... Hum..." Elle marqua une pause pour réfléchir à un bon exemple. Si elle avait vu Star Wars, elle aurait sans doute comparé son pouvoir à celui des Jedis, comme ce n'était pas le cas, elle trouva un autre exemple : "C'est ce que j'ai utilité pour vous calmer lors de notre petite rencontre au café." Avec le recul, ce n'était pas très malin de présenter la chose ainsi. Pour sa défense, elle avait songé à d'autres manières, toutes beaucoup plus piquantes que celle choisie. Cela aurait pu, donc, être bien pire.



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MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Ven 11 Nov - 18:56




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Alors qu’elle avait regagné son siège, après bien entendu avoir rabroué comme il se devait l’audacieux étranger qui avait interrompu une discussion des plus importantes entre l’agent de terrain et le fils de Mars, Tamara était restée un moment plongée dans ses pensées. Les paroles du demi-dieu ne cessaient de tourner dans sa tête. Il avait été, pour une fois, d’une sincérité désarmante. Il avait tenté, parfois maladroitement de justifier ou expliquer ses choix, et malgré sa grande colère, Tam n’avait pu se résoudre à y rester insensible. Bien qu’elle essaya de ne pas fléchir, parce qu’avoir l’air faible l’horripilait, elle n’avait pu rester de marbre, et son regard s’était adouci. Haytham avait même remis sur le tapis un sujet que la louisianaise avait totalement oublié, celui de son spectacle de danse d’Halloween, avec l’école. Elle qui avait toujours cru qu’il n’était pas venu, alors que la petite fille qu’elle était était si contente de participer à ce ballet, arborant un magnifique costume de citrouille bien orange flashy, confectionné par sa maman et sa nourrice, les deux femmes qu’elle aimait et admirait le plus au monde. Ce souvenir lui paraissait si lointain, elle n’y pensait même plus, et lorsque l’irlandais évoqua donc cette partie de leur enfance, il avait avoué, avec quelques décennies de retard, qu’en fait il avait assisté à toute la pièce. Pourquoi ne l’avait-il pas fait le jour-même ? Elle qui, à l’époque, avait nourri une colère et une déception fulminantes contre lui durant des jours à cause de ça. Le « Penseur » s’était donc servi de cette anecdote pour expliquer ses actuelles erreurs, ses actuels ressentis. Il était certain que l’impression de tout foirer n’en était pas une.

En revenant à sa place, la jolie brune n’avait évidemment aucune idée du sujet de conversation qu’avaient pu avoir les deux rejetons divins, et à vrai dire, au vu des milliards de questions qu’elle se posait à propos de la fameuse fille d’Haytham, elle n’avait que faire de ce qu’ils avaient pu se dire. Elle était restée ainsi silencieuse le temps du décollage, plongée dans ses songes, avant que l’hôtesse ne vienne leur proposer des boissons. Un peu de caféine pour se remettre d’aplomb, tandis que ses camarades de voyages avaient opté pour du thé glacé. Sa tasse de café bien chaud en main, elle s’était enfin décidée à adresser de nouveau la parole à ses voisins de rangée, afin de savoir quels étaient les fameux moyens que l’on utilisait dans leur petite communauté de demi-dieux. Le fils de Mars fut le premier à lancer des possibilités. L’entendre dire qu’il avait dragué une nymphe et que de ce fait, les autres seraient moins enclines à les aider l’agaça, ce qu’elle manifesta en levant les yeux au ciel. Etait-ce le fait qu’une éventualité de voyager plus rapidement soit écartée ou bien de savoir qu’Haytham avait fricoté avec des nymphes, qui énervait l’agent de terrain ? Allez savoir… Elle vous répondrait que la première option était la bonne, évidemment

-OK, bravo, commenta-t-elle.

Puis, il évoqua la méthode « enjôlement » d’Abby. Qu’est-ce que c’était que ce truc, encore ? Bien entendu, la blondinette concernée ne se priva pas pour fournir une explication, utilisant un ton condescendant qui raviva quelque peu l’énervement de Tam qui la regarda avec un sourire forcé. Un sourire qui se crispa tandis que ses yeux s’arrondissaient en tendant la fille de Vénus avouer qu’elle avait utilisé son pouvoir sur elle lors de leur première rencontre.

-T’as utilisé tes dons sur moi, sale petite…

Elle arrêta net sa phrase en serrant les mâchoires, fermant les yeux et inspirant profondément dans le but de se calmer. Sa main se crispait sur sa tasse en plastique, et sentant se dernier émettre des sons proches du craquement, elle l’avala d’une traite afin d’éviter une éruption volcanique de caféine. Regardant à présent fixement devant elle, elle reposa sa tasse, prit une nouvelle inspiration et se pencha à nouveau pour regarder Abby.

-Je te préviens, Beetlejuice, tu t’amuses encore une fois à ça avec moi, et tu peux me croire, ce sera la dernière chose que tu auras faite.

L’agent Lond avait prononcé cette phrase sans hausser le ton, juste articulé entre ses dents serrées, trahissant un certain énervement à peine maîtrisé. Comment avait-elle pu oser ? Cette vermine blonde s’était permis d’utiliser son foutu pouvoir sur elle ! Rien que d’y penser, Tam était hors d’elle. Elle qui avait fait son possible pour ne pas lui exploser au visage alors qu’elle l’avait prodigieusement gonflée lors de leur entretien téléphonique, puis ensuite en chair et en os, Abby avait malgré tout eu le toupet de se servir de son pouvoir sur elle ! Qu’après on ne vienne pas dire à Tamara que les demi-dieux sont d’adorables créatures qu’il faut chouchouter ! Non, avec une attitude pareille, ça ne faisait que la conforter dans ce qu’elle pensait avant : ces « personnes » n’avaient rien à foutre sur Terre ! Et être coincée dans un avion avec cette fille pendant encore… sept heures et demi avait de quoi la mettre en rogne. Et dire qu’elle avait fait un effort pour gommer sa mauvaise humeur et se montrer patiente… Tamara soupira bruyamment, essayant malgré tout de regagner son calme. Haytham, lui, n’avait rien fait, du moins maintenant, pour avoir à subir une nouvelle crise

-Tu perds rien pour attendre
, marmonna-t-elle.

Puis, elle reprit une voix normale pour prendre la parole à nouveau, sur une tonalité moins acerbe.

-Bon, et si ça ne marche pas, y a un plan B ? Abby, tu semblais dire, à l’aéroport, que tu savais de quoi tu parlais, alors je t’en prie, balance les bons plans.

Clairement, si elle en avait eu un, elle l’aurait exposé depuis longtemps, au lieu de juste de sa raconter avec son pouvoir à la con. Donc, il semblait évident à l’agent de terrain que la blondinette bluffait. Et rien que d’imaginer sa petite tronche se décomposer devant la dure vérité qu’elle n’avait rien de tangible à proposer, faisait jubiler la petite brune intérieurement. Elle arborait d’ailleurs un sourire en coin à l’intention de la fille de Vénus.

-Ou sinon, on loue une bagnole pour aller de l’aéroport à l’embarcadère, et on prend ensuite le bateau. C’est peut-être un peu trop terre à terre pour vous, mais au moins on est sûrs d’arriver un jour, parce que si on doit passer en revue vos petits potes habillés avec des algues qui ne vous en veulent pas, à l’un de vous ou l’un de vos super parents, on n’est pas sortis de l’auberge ! Je me trompe ? Enfin, je fais que proposer hein… ajouta-t-elle en levant les mains devant elle.

Sept heures vingt-six. C’était le temps de voyage restant, c’était ce qui était indiqué sur le grand écran central sur le « mur » au milieu de la première classe, et également sur le mini écran que chacun avait en face de lui, accroché sur le dossier de la personne de devant. Heureusement, il y aurait de quoi s’occuper : de la musique(plusieurs stations avec chacune un style lui étant propre était proposées), des films au choix, le tout bien sûr avec les écouteurs fournis dans l’avion. Un repas leur serait servi d’ici une heure, des magazines étaient à disposition, et bien sûr, il y avait toujours la possibilité de dormir, mais Tam préférait se soustraire à cette éventualité. Elle s’étira un peu, se laissant glisser sur le siège en cuir, puis se redressa, et, ayant observé que le voyant indiquant l’obligation d’attacher sa ceinture était désormais éteint, elle détacha la sienne. Elle déposa son sachet de biscuits apéritif encore fermé sur la tablette d’Haytham, se doutant que le gourmand qu’il était serait content d’en avoir deux, et se leva après avoir replié sa tablette et attrapé sa tasse vide de café pour aller la jeter.

-Je vais faire un tour…


Elle marcha un peu dans le couloir. Les passagers s’étaient installés, certains écoutaient de la musiques, d’autres jouaient aux cartes ou racontaient des histoires à leurs enfants, sirotant des jus d’orange. Tam ne tarda pas à rejoindre l’hôtesse avec son chariot et jeta la petite tasse en plastique. Elle s’adossa ensuite au petit mur qui tenait le rideau qui séparait la première et la seconde classe, et laissa son esprit vagabonder. Elle repensa à cette petite teigne d’Abby et son foutu pouvoir, puis aux paroles de l'irlandais, et soudain une idée horrible lui traversa l’esprit : et si c’était Abigail Cardin la fille d’Haytham ?! Ecarquillant les yeux, les braquant en direction de leurs sièges, une quinzaine de mètres devant. Son cœur se mit à battre plus vite. Non, c’était impossible ! Enfin ça, c’était ce qu’elle espérait. Elle souffla bruyamment, se prenant la tête dans les mains. Tout était en train de se mélanger dans sa tête. L’hôtesse, qui était en train de ranger son chariot juste en face dans le recoin attribué au personne, la regarda.

« -Tout va bien madame ? »
-Oui, ça va, foutez-moi la paix... s’il vous plait
, ajouta-t-elle, se rendant compte que cette humaine ne lui avait rien fait.

Ce n’était pas de sa faute, à cette hôtesse, après tout si Tamara Lond avait un karma de merde qui ne pouvait s’empêcher de lui causer du tourment avec des demi-dieux et leur progéniture.





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MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Dim 13 Nov - 18:12




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais





En se levant ce matin, le Penseur n'aurait imaginé vivre une telle journée. Bien prêtre prévisionniste, jamais il n'aurait imaginé partager un vol en première classe, du moins à ce qui y ressemblait. Voyez-vous, notre lascar n'étant pas un très grand voyageur, il maîtrise assez mal les différentes catégories. D'ailleurs c'est bel et bien cette inexpérience qui attisaient les quelques appréhensions du fils de Mars, qui par fierté, mettait tout en œuvre pour ne rien laisser paraître. Ajoutez à cela la présence de Tamara à bord de l'appareil et au sein de cette mission presque suicide. La bonne humeur légendaire du fils de Mars peinait à ressortir, tendu comme la ficelle d'un string, il avait cependant arboré un courage dont il se pensait délester en la présence de son amie d'enfance, pour s'adresser à elle, les yeux dans les yeux. Certes le lieu choisi, le déversoir de merde au sens propre comme au sens figuré, combiné à une certaine promiscuité, rendait la confrontation désagréable, mais il le fallait, autant qu'il fallait faire preuve de sincérité et sortir ce qui devait être sorti, à savoir les maux de plusieurs décennies de souffrance, de mensonges, de trahisons, d'abandon. Au sortir des WC, après avoir tour à tour prit la parole, les deux protagonistes mirent instantanément de la distance entre eux. Hay le premier. Lui qui d'ordinaire n'était pas le dernier sur le champ de bataille, avait préféré mettre les voiles cette fois. Et puis il était question de Tamara, une adversaire aussi redoutable que précieuse aux yeux du demi-dieu, qui n'était cependant pas là pour faire preuve de sentimentalisme, mais pour mener à bien cette mission.


Par chance, Abby tel un rayon de soleil (au prise dans une tornade) était de la partie. Haytham appréciait beaucoup cette petite, mais plus encore, elle était l'un des rares rejetons en qui il pouvait se targuer d'avoir confiance et pour une telle épopée, des gens de confiance n'étaient pas de refus. Il la retrouva donc et tâcha tant bien que mal, de masquer le trouble qui continuait à l'envahir suite à la « confrontation. » dont il se gardait de parler. Les magazines à disposition constitueraient donc un bon sujet de conversation, futile certes, mais éloigné du reste. Les séries aussi et par chance c'est un domaine qu'Haytham commençait à maîtriser suffisamment pour en parler seul, sans le coup de pouce du maître Jedi de la télécommande. « -J'ai commencé par quelques films, « Ghosbuster », tu connais je suppose ?! Puis après je me suis laissé aller et j'ai cédé au côté obscur du petit écran. Ma fille adore cette série avec plusieurs familles qui se disputent un trône de fer. Il y a des dragons là-dedans ! Je n'ai pas encore la mémoire des titres, mais c'est pas mal du tout. Valar morghulis » finit-il par lâché dans un ton faussement solennel.


Haytham toujours attentif, continuait à lire rapidement les quelques articles des revues qu'il avait sous la main. Surprit par les titres racoleurs, il doutait fortement de leur efficacité se demandant « intérieurement » qui pouvait être assez con pour y prêter du crédit. « - Donc la fille de Venus, s'occupe de la rubrique courrier du cœur ?! Je trouve ça ironique mine de rien. Enfin tu me diras, que faire l'armée pour un fils de Mars ce n'est pas très original non plus hein. Pendant des années, j'ai tout fait pour m'éloigner de Mars et au final avec toutes les casseroles que je me traîne, je n'ai fait que m'en rapprocher. Mais je ne désespère pas, peut-être qu'un jour j'arriverai à m'en éloigner totalement. Bon revenons à ces magazines. Il est vrai qu'il y a pas mal de rubrique « sexo ». C'est le mal du siècle ou quoi ? Bon aller, un peu de douceur que diable ! Montre-moi ta prose ! » C'est à ce moment, que Tamara refit son apparition, refroidissant bien malgré elle, l'ambiance. Haytham préféra l'ignorer et ce malgré le fait qu'elle soit assise juste à côté de lui. Il ne devait pas laisser ses sentiments l'aveugler et l'empêcher de mener à bien cette mission, SA mission. Les ceintures furent bouclées, après le petit cérémonial des stewards. Le décollage annoncé, prépara les néophytes, les moins expérimentés, comme Abby s’accrochaient déjà à leur ceinture. Encore chamboulé par la scène de confrontation dans les WC, Haytham était dans sa bulle et regardait droit devant lui. Mais il dut se résoudre à quitter ses pensées avant que l'oiseau métallique ne prenne son envol. En effet la pauvre Abby, dont le cœur battait promptement, avait passé la phase de « subjugation » et se rongeait à présent les sangs. « -Ca va bien se passer ne t'en fais pas ! Bon et ta prose, vais-je enfin avoir le plaisir de la lire ?! » demanda-t-il d'une voix calme. Il espérait ainsi calmer la jolie blonde en détournant son attention. « -Merci bien ! » Il se saisit du magazine et l'ouvrit sur la page marquée pour ensuite commencer la lecture, continuant ainsi à ignorer royalement la jolie brune assise à ses côtés.


Alors qu'il était à la moitié de sa lecture, le demi-dieu dut se résoudre à faire une pause. En effet, une hôtesse, tout sourire comme à l'accoutumée, venait de s'approcher du trio pour leur proposer quelques rafraîchissements. Tam opta sans hésiter pour le café, tandis qu'Haytham, privilégiant son régime anti produits addictifs, se fit plaisir avec un thé glacé, un choix copié par Abby qui semblait plus détendue à présent. « - Pour en revenir à un sujet intéressant, tu as une superbe prose Abby ! C'est sympathique de te lire, vraiment ! Même si je trouve cette rubrique naze, je ne remets pas en doute ton talent. » Tout en maladresse, il préféra reposer le magazine « - Je n'imaginais pas que les gens étaient, parfois, si désespérés en amour. Je me sens moins seul » La dernière réplique fut presque murmurée, tant la réflexion était personnelle. De plus, il ne s'était pas vraiment rendu compte que sa pensée avait outrepassé les frontières de son cerveau pour se transcrire sur ses lèvres. Légèrement gêné, il reporta son attention sur son baladeur et les quelques affaires qui trônaient au fond de ses poches. Le pied agité de Tamara cessa de brasser de l'air, la parole devait être prise pour évoquer des sujets moins futiles et plus terre à terre et l'agent Lond était la mieux placée pour jouer ce rôle. Manque de bol pour Hay, il fit preuve, une fois encore de maladresse et ne s'en rendit compte que trop tard. « -Enfin bref c'est de l'anecdotique » renchérit-il après que son amie d'enfance ait levé les yeux au ciel en signe d'agacement. « -C'était il y a longtemps » se justifia-t-il ensuite. Mais peut-être pas assez pour que la rancœur soit amoindrie. Il fallait donc écarter cette alternative, au profit d'une autre. Fier de lui, Haytham proposa à sa petite protéger de mettre ses aptitudes à leur service. Après tout peut-être que l'enjôlement les aideraient bien plus que la parlotte du Marsien et la diplomatie oscillante de Tamara.


Fallait-il s'attendre à une accalmie ? Le calme relatif qui s'était instauré jusqu'alors laissait à présager que oui, sauf que Tamara était de la partie et bien décidée à le faire savoir au détriment de la pauvre Abby. 5…4…3…2…1… Et c'est reparti ! Abby reprit la parole, offrant le prémisse d'une explication foireuse à une Tamara légèrement « soupe au lait » et le « c'est ce que j'ai utilisé pour vous calmer lors de notre petite rencontre au café » était à n'en pas douter la goutte de trop. D'ailleurs, avant même que l'intéressée ne réponde, Haytham baissa la tête et se massa les tempes, prévoyant d'avance un mal de tête à venir. Il savait mieux que quiconque, que la tornade brune allait sortir de ses gongs suite à la révélation-explication d'Abby. A nouveau, il entama un décompte dans sa tête et presque instantanément l'agent de terrain reprit la parole, faisant regretter à Haytham le choix de sa place.


« -Putain de merde !!! Ca suffit. » L'intervention du demi-dieu aussi simpliste soit-elle dans l'argumentation, avait au moins le mérite d'attirer les attentions et de mettre un terme, un instant, à l'affrontement verbal. « -Oui elle a utilisé ses dons sur toi, oui c'est mal, mais c'est bon ! Le vol va être long, très long. Ca a déjà mal commencé et je n'ai pas envie de continuer à jouer au ping-pong encore et encore. » Si la main de Tamara venait de se crisper sur son gobelet en plastique, celle d'Haytham ne bougeait plus. Plus que quiconque il devait se maîtriser pour ne pas attirer l'attention. Et pour cause, un type capable de détruire un siège en une poignée de main, ça se remarque. « - Bien ! Prenons notre mal en patience ! Pour ce qui est du plan, on loue une voiture on roule jusqu'au port en tente de contacter des nymphes. Et si ça ne marche pas, on opte pour le bateau. J'essayerai quand même d'être diplomate avec les nymphes, sait-on jamais ! Et si ça pêche, ça sera à toi de jouer Abby. Contente ? » lança-t-il à Tamara avant d'enfiler ses écouteurs pour se couper de cette hostile réalité.


Les minutes s'écoulèrent, Hay se laissa bercer par sa musique et ferma les yeux pour mieux savourer. Le temps passait, mais pas assez rapidement pour la plupart des voyageurs. Tamara qui ne s'octroyait aucune pause, venait de s'étirer, Hay pouvait le sentir, elle s'était même permis de défaire sa ceinture pour un peu plus de confort. Les yeux toujours fermés et malgré la musique, le demi-dieu par le biais de ses autres sens actifs, perçu le mouvement de la belle Tamara qui venait de déposer devant lui, son sachet de biscuit, preuve que malgré la rancœur, elle pensait quand même à lui avant de penser à elle. Elle se leva ensuite et s'éloigna. Notre demi-dieu attendit quelques secondes avant d'ouvrir les yeux et de faire ainsi semblant de sortir de sa fausse léthargie. « -Désolé, je somnolais un peu ! Tu m'excuses !? » Il se leva à son tour, se laissant guider par son odorat pour retrouver l'agent de terrain. Il la vit rôder, l'esprit hagard, toujours fidèle à elle-même, elle venait d'envoyer balader la pauvre hôtesse qui venait de lui adresser quelques mots. Le demi-dieu sourit à la pauvre jeune demoiselle qui s'éloigna aussitôt, laissant les deux amis seuls, une fois encore. « -Il reste encore au moins sept heures de vol. Peut-être qu'on pourrait en profiter pour parler non ? Aller viens ! Je n'aime pas te voir comme ça, « NOUS » voir comme ça. Tam, je suis désolé, vraiment désolé pour tout, mais encore plus pour ne pas m'être remis en question. J'ai vraiment merdé de A à Z et je comprends mieux pourquoi tu m'en veux, pourquoi tu es en colère. Le plus important maintenant, c'est de se dire qu'on va y arriver, qu'on va trouver ces foutues pommes et que tout le monde sera satisfait. Aller viens ! Je ne veux pas que tu restes là, toute seule à broyer du noir. Et puis là, on est obligé de partagerde paquet de biscuits à défaut de fumer le calumet de la paix. Qu'est-ce que tu en dis ? Et puis Abby n'est pas une fille méchante, je t'assure. C'est une brave gamine ! » Il lui prit la main puis la lâcha histoire de ne rien forcer. « -Je te laisse tranquille. Je sais que tu détestes qu'on t'oblige à faire quelque chose que tu n'as pas envie de faire. A tout à l'heure alors ! » Il lui sourit tristement avant de s'éloigner pour retrouver sa place auprès d'Abby. « -Je suis désolé pour tout ça. Tu sais elle peut paraître hautaine, mauvaise, désagréable…mais quand on la connait bien, on voit que c'est un être formidable ! »


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MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Sam 26 Nov - 22:57




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Après toutes ces tensions et la perspective de se lancer dans une quête à l'issue certaine, cela faisait du bien de profiter de l'absence momentanée pour parler de sujet un peu plus anodin comme les magazines ou les séries. Abby était particulièrement friande de ce dernier sujet et était curieux de connaitre celles qui avaient la préférence du fils de Mars. Se voyant déjà partager les points de vue sur le dialogue de la huitième minute à l'épisode 36 de la saison 2 d'une série en commun, elle ne put s'empêcher d'esquisser une petite moue de déception devant les explications d'Haytham. "Oui, je vois de quelle série tu parles. Dommage, on ne boxe pas dans la même catégorie, on dirait, en ce qui concernant les séries. Je préfère les sitcoms, enfin tout ce qui ne verse pas dans le fantastique." Expliqua-t-elle. "Le genre de show où le souci principal du héros est 'va-t-il réussir à avoir sa promotion' ou ce genre de banalité qui manque cruellement dans ma vie de rejeton divin. La magie, les créatures fantastiques, c'est bon, j'en vois assez dans la vraie vie. Quoi que pour être honnête, celle que tu as cité, je la regarde un peu, mais uniquement pour savoir si Jaime va réaliser que sa stupide soeur se sert de lui et va réaliser que Brienne est la femme qu'il lui faut." Nuança-t-elle en tendant l'index pour exprimer cette exception à sa règle de série sans magie. Oui, en bonne fille de Vénus, elle aimait spéculer sur les couples dans les séries. Concentrer dans son plaidoyer, elle ne semblait pas avoir entendu une information pourtant croustillante, Haytham qui prononce le mot 'ma fille'.

D'ailleurs, avant qu'elle ne puisse le réaliser, la conversation dériva sur les magazines qu'elle avait apportés pour s'occuper. Vu le nombre d'heures de vol, elle avait eu une bonne inspiration de les prendre dans son sac à dos. "Je plaide coupable." Dit-elle avec un sourire amusé en levant la main lorsqu'Haytham souligna l'ironie d'avoir une fille de la déesse de l'Amour en charge du courrier du coeur. "En fait, avant je bossais en call-center mais un problème de harpie a causé la fin de cette vocation, alors j'ai cherché quelque chose sans prise de tête que je pouvais faire depuis La Nouvelle Rome."

Avant qu'elle ne puisse montrer sa 'prose' comme le demandait son voisin de siège, Tamara était revenue, mettant fin au climat de détente qui s'était instauré naturellement en son absence. Quoi que l'ambiance relax ait de toute façon disparu avec l'annonce du décollage. Au fur et à mesure que les discours des stewards se poursuivaient, Abigail réalisait qu'elle se trouvait dans une boite en métal qui était censé être plus légère que l'air pour voler. Des pégases, c'était logique, aussi logique qu'un oiseau, mais les avions, créations de mortels, ce n'était pas vraiment la même chose. Malgré tout, la demi-déesse fit de son mieux pour masquer son stress grandissant. Elle ne voulait pas donner du grain à moudre à la brunette qui s'était incrustée dans cette quête.

Ses inquiétudes devaient être tout de même perceptible puisqu'Haytham la rassurait. Abby devait se retenir de crier que non, ça ne pouvait pas bien se passer, comment cela pourrait-il le faire alors que leurs vies dépendaient d'un mortel qui avait peut-être des tendances dépressives voir suicidaires ? Au lieu de cela, elle se jeta sur la perche tendue en présentant un de ces anciens articles. Ensuite, elle essaya de se concentrer sur autres choses, comme sur les hypothétiques réactions de son voisin de siège pendant sa lecture.

En un rien de temps, le décollage était fini. Abigail n'avait pu résister à regarder par le hublot pour s'assurer que, oui, ils étaient bien dans le ciel. C'était dingue ! La demi-déesse lança un petit regard à son voisin, la bouche ouverte d'étonnement et les yeux pétillants sous le coup de cette expérience nouvelle. Heureusement, avant qu'une parole naïve ne sorte de ces lèvres, une hôtesse passa pour prendre les commandes de boissons. La demi-déesse joua la sécurité en se calquant sur le choix d'Haytham.

Aux mots 'pour revenir à un sujet intéressant', Abby eut un peu le trac, elle n'avait jamais fait lire ces articles et redoutait que son ami n'aime pas sa 'prose' pour citer le terme utilisé par ce dernier. "Oui, franchement, quand je lis certaines lettres, cela m'aide beaucoup à relativiser mes problèmes." Avoua-t-elle avec un hochement de tête sérieux.

Malheureusement, il fallut que la conversation reparte sur un sujet plus terre-à-terre (si ce terme s'appliquait malgré le fait qu'ils se trouvaient à des mètres du sol) en reparlant de la mission. Abby aurait aimé avoir le voyage pour choisir quoi répondre. En fait, elle ne savait pas quelles méthodes mythologiques ils pouvaient employer sur place, elle avait parlé de cela parce qu'elle ne supportait pas la manière dont Tamara voulait imposer sa présence en dictant chaque étape d'une mission qui la dépassait.

Haytham fut à nouveau son sauveur en proposant des options, essayant de détendre l'atmosphère en disant avoir dragué une nymphe. Cette anecdote qui fit sourire la fille de Vénus, mais apparemment n'était pas au goût de Tamara. Pauvre Hay qui devait, a présent, justifier sa tentative de détendre l'atmosphère. "Relax, tous les demi-dieux ont essayé au moins une fois. Comme tu dis, c'est du passé, tu n'as pas besoin de te justifier." Assura-t-elle en posant une main apaisante sur le bras de son sauveur.

Abby était heureuse que son enjôlement puisse servir. Enfin, elle allait pouvoir montrer son utilité ! Cette sensation était presque enivrante et c'est sans doute pour cela qu'elle commit une grave erreur en avouant s'être servi de son enjôlement sur Tamara. Pourtant, la Romaine estima rétrospectivement que cela en valait la peine en voyant la réaction de la brunette. "Pour te décrisper un peu." Commenta-t-elle en croisant les bras avec un air de défi qui sous-entendant qu'elle ne se gênerait pas pour recommencer si l'occasion se présentait.

Abigail n'en était pas encore au stade des regrets. Tamara avait fait preuve d'une autorité énervante. Elle, la mortelle qui n'avait rien à faire là. La demi-déesse savourait ces tentatives de garder son calme. Par contre, elle apprécia moins le surnom de Beetlejuice. "Ne fais pas un scandale, tu n'avais rien remarqué et, si je décide de le refaire, tu remarqueras rien non plus." Siffla-t-elle.

Haytham intervint à sa manière avant que le débat ne s'envenime encore plus. Sur ces paroles, Abigail s'enfonça dans son siège, toujours les bras croisés, mais la tête haute avec la sensation satisfaisante d'avoir remporté la première manche. Malheureusement, cette agréablement sensation ne dura pas longtemps puisque Tamara ne tarda pas à répliquer en tapant là où ça faisait mal. En fait, elle avait un super plan : proposer à la mortelle de siroter un verre dans un bar local en attendant que les demi-dieux s'occupent d'accomplir la mission. Cependant, elle eut le bon sens de retenir son idée, trop occupée qu'elle était à faire bonne figure. Du moins, jusqu'à ce que Tamara ne se mette à remuer le couteau dans la plaie en insistant lourdement avec ces méthodes de mortelle, soit disant mieux.

"Sinon, tu peux louer une chambre et nous attendre, si nos méthodes te dérangent autant. Faudra bien que tu te plies aux règles mythologiques à un moment ou un autre de cette quête. Tu veux qu'on achète une pomme au marché du coin et de la peinture dorée si les vraies pommes d'or sonnent trop magique pour toi ?"
Répliqua-t-elle avec sarcasme.

Abby espérait qu'Haytham irait dans son sens, mais il préférait continuer sur la voie du négociateur en coupant la poire en dos. Ensuite, le fils de Mars enfila ses écouteurs comme pour signaler que le débat était clos ou, qu'en tout cas, il n'en ferait plus parti. Avec un soupir boudeur, Abigail se reconcentra sur la lecture en pensant un 'bon débarras' lorsque Tamara signala vouloir faire un tour. Bien qu'on pouvait techniquement enlever sa ceinture, la demi-déesse garda la sienne par mesure de précaution.

En ce qui la concernait, la mortelle pouvait prendre un parachute et sauter de l'avion en plein vol, cela lui serait totalement égal. D'accord, le lien entre cette invitée surprise et le fils de Mars l'intriguait, cependant, il y avait des limites à sa curiosité, surtout alors qu'elle avait raté une discussion clef entre ces deux-là et était en passe d'en rater une autre puisqu'Hay s'excusa à son tour avant de quitter son siège. C'était vraiment injuste. Pour toute réponse, Abby se contenta de hausser les épaules.

La fille de Vénus se concentra sur sa lecture et sur sa boisson. En vérité, feignant d'être occupé, elle gardait l'oreille aux aguets en attendant le signe qu'Haytham revienne à sa place. C'est pour cela que dès que son voisin se réinstalla, elle plaqua son magazine et braqua son regard dans celui d'Hay. "Pourquoi elle est là, Hay ? Je veux dire, ok, tu as envoyé un sms et ne me parle pas du fait qu'elle est importante pour toi, ça, je le vois. Je veux dire : Pourquoi elle se mêle de cette mission comme si c'était personnel ?" Enchaîna-t-elle à toute vitesse. Abby marqua une pause pour reprendre son souffle, son regard se fit suppliant. "Je ne veux pas passer pour une ingrate. Tu m'as sauvée et, je l'oublierais jamais. Je ferais tout pour toi. Je te fais confiance. Alors dis-moi : Pourquoi veux-tu les Pommes d'or ? Ce n'est pas simplement pour regagner la confiance du Camp, n'est-ce pas ?" A nouveau elle posa une main avec douceur sur le bras de son voisin de siège, lui signalant par ce geste qu'il pouvait tout lui dire, que cela ne changerait rien pour elle.



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MessageSujet: Re: Les Pommes de la discorde   Lun 28 Nov - 17:14




Les pommes de la discorde

Ils n’étaient pas toujours d’accord, en fait ils n’étaient jamais d’accord sur rien, ils se bagarraient tout le temps et ils se testaient mutuellement mais en dépit de leurs différences ils avaient une chose très importante en commun ils étaient fous l’un de l’autre... - N'oublie jamais




Accalmie il y avait eu, mais c’était sans compter sur une certaine demi-déesse blonde qui semblait décidée à remettre de l’huile sur le feu. Alors que Tamara avait commencé, sur un ton posé, à demander ce qu’elle avait imaginé comme moyen « non Mortel » pour retrouver le jardin des Héspérides, la discussion avait recommencé à s’envenimer. Et n’allez pas penser que l’agacement de l’agent de terrain venait du fait qu’Haytham ait avoué avoir dragué une nymphe, point de jalousie voyons. Par contre, le fait qu’Abby cautionne en disant que tous les demi-dieux avaient essayé au moins une fois n’allait pas en l’aidant à garder le semblant de bonne humeur qu’elle essayait de montrer. Elle serra les mâchoires, décidant de ne pas insister, mais clairement, l’attitude de la fille de Vénus lui sortait par les yeux, de nouveau. Et alors le pompon fut quand elle déclara le plus naturellement du monde qu’elle s’était servi de ses pouvoirs sur elle. Là, c’était le bouquet ! Tâchant de ne pas hurler dans l’avion, Tam se contenta de fusiller du regard la blondinette tout en lui parlant, les dents serrées.

-Ouais, je vais t’en décrisper une, tu vas le sentir passer ! Et je fais un scandale si je veux ! T’avais pas à te permettre ça, et crois-moi que si tu recommences, ça va barder pour ton petit cul !
Pétasse !

Mais elle continuait, cette demi-déesse semblait ne pas se rendre compte que si son protecteur n’avait pas été à, Tamara lui aurait sans doute déjà fait la tête au carré, ne serait-ce que pour se défouler et lui faire passer le message.

-Je crois que la chambre qu’on va louer, ce sera pour toi, dans un hosto, parce que clairement, à part faire voir la vie en rose aux gens, je ne vois pas de quelle utilité tu pourrais être face à un putain de monstre ! Quant à la pomme du marché du coin, si tu veux pas que je te la carre où je pense, t’as intérêt à calmer tes ardeurs, gamine ! Au fait, rassure-moi, t’es quand même au courant que même si on appelle ça « pommes d’or », en réalité ce ne sont pas des pommes, hein ? lança-t-elle d’un air ironique.

Là, le fils de Mars se décida à intervenir. Son amie d’enfance n’avait même pas remarqué qu’il avait commencé à se masser les tempes, trop occupée à foudroyer des yeux cette « chère » Abigail, de l’autre côté. L’intervention brutale d’Haytham pour les faire taire surprit Tamara qui alors eut un sourire amusé. Il énonça finalement un plan cohérant, mixant toutes les propositions qui venaient d’être énumérées, demandant à la brune à sa droite si elle était satisfaite.

-Parfait ! rétorqua-t-elle.

Puis elle se leva, désirant être au plus loin de ces deux-là avant d’en frapper un. Au moins, il y avait un plan maintenant, c’était déjà ça de gagné. Après avoir jeté son gobelet vide de café, l’agent Lond s’était adossée à une paroi, bras croisés, après avoir envoyé bouler une pauvre hôtesse, et à peine eut-elle le temps de laisser son esprit vagabonder que l’irlandais l’avoir rejointe. Il commença par annoncer le temps restant de vol. Ça, Tam l’avait déjà noté… Ce serait surement les sept heures les plus longues de sa vie. Elle haussa les épaules en soupirant.

-OK, et de quoi tu veux parler ? Je crois qu’on s’est tout dit. AH, parce qu’y a un « nous » maintenant ?

Elle souffla en détournant le regard quelques secondes.

-Ok, désolée, j’aurais pas dû dire ça. Je… c’est ta copine, là, qui me met hors de moi ! Et j’étais très sérieuse tout à l’heure, si j’apprends qu’elle a recommencé, je lui mets un high kick dans la tronche tellement fort que si c’est pas déjà fait, ses dents de sagesse vont sortir d’un coup.

Bras croisés et mine boudeuse, Tamara écoutait son « Penseur » essayer d’arranger les choses, comme quand ils étaient gamins et qu’il faisait tout pour l‘empêcher de bouder après un désaccord ou une petite dispute. Elle était toujours en colère, et pas seulement contre Abby, mais contre lui, pour toute leur histoire passée. Mais après un tel discours, elle avait envie de lui laisser une chance. Encore une. La dernière, sans doute. A la vérité, ça lui faisait mal de se dire qu’elle l’avait enfin retrouvé, que tout aurait pu redevenir comme avant, après tout, c’était la promesse qu’ils s’étaient faite, mais qu’encore une connerie de sa part avait tout fait foirer. Il l’avait compris, d’après ce qu’il disait. Et si le peu de confiance qu’elle s’était décidé à lui accorder avait volé en éclat –notons que c’est toujours plus que pas de confiance du tout, ce qui était précisément ce que Tam accordait au commun des mortels -, est-ce que leur amitié, autrefois si forte et inébranlable ne valait pas la peine de faire de nouveau cet effort de confiance ?
Elle le regarda à nouveau dans les yeux, le laissant parler, l’écoutant attentivement. Elle fronça légèrement les sourcils et leva un index devant lui, en signe de protestation.

-Je t’arrête tout de suite, je ne broie pas du noir ! Ça va pas ou quoi ? Je… je suis juste…

Il défendait de nouveau Abby, disant qu’elle était gentille et tout et tout…

Ouais, facile à dire quand c’est pas sur toi qu’elle a joué à Harry Potter…

-OK ok ! Hay… C’est pas elle ta fille, hein ? C’est elle ? C’est pour ça que tu la défends ?

Hay semblait absolument vouloir arranger les choses, et c’était tout à son honneur. Il prit même la main de Tamara pendant une poignée de secondes, et celle-ci se surprit à resserrer un peu l’étreinte avant de le laisser se détacher d’elle. La vérité, c’était qu’il lui manquait. Malgré la colère, il lui manquait, et l’entendre parler si calmement et essayer de lui remonter le moral, ça lui faisait du bien. A présent, elle avait envie de le serrer dans ses bras, mais pour une question de fierté, elle se contenta de croiser à nouveau les bras.

-OK, laisse-moi encore cinq minutes le temps de digérer…

C’est en voyant son sourire, teinté de tristesse, que Tam sentit un pincement au cœur. Elle lui rendit le même sourire en le regardant s’éloigner. Une fois seule à nouveau, elle souffla longuement en se laissant glisser le long du « mur », pour se retrouver accroupie au sol, les mains sur les tempes, faisant de petits cercles avec ses doigts. Elle le savait, il ne fallait pas qu’elle garde rancune contre Abigail. C’était une amie d’Haytham, et même si ce n’était pas sa fille, il tenait à elle. Aussi inutile qu’elle puisse être, d’après l’agent de terrain, pour cette mission, il faudrait l’accepter et la protéger, sans quoi Hay le prendrait mal.

OK… résolution du jour, ne pas encastrer la blondasse dans un mur… Essayer de faire comme si elle n’était pas insupportable… Comme si… c’était… un nounours, voilà, c’est qu’un nounours, un truc tout doux qui ne sert à rien et que les autres trouvent mignon.

Et puis le fils de Mars avait souligné une chose importante : l’optimisme dont il fallait faire preuve –oui, venant de lui c’était assez surprenant -, ils allaient y arriver. Il le fallait, il n’y avait pas d’autres options possibles. L’agent Lond se releva. Il avait dû s’écouler cinq bonnes minutes depuis que le demi-dieu l’avait laissée pour rejoindre sa place et surement discuter un peu avec sa comparse semi-divine. La belle brune n’avait aucune idée de la nature de leur échange et regagna son siège.
Se penchant un peu en avant, elle regarda Abby, avec le moins d’animosité possible.

-Bon, on essaie de repartir sur de bonnes bases, OK ? Tu n’utilises pas tes dons sur moi, et tout se passera bien. Ça te va ?

Là, elle faisait vraiment un énorme effort de sociabilité, elle se forçait à lui parler et d’avoir l’air aimable alors qu’elle n’avait qu’une envie, être seule dans un coin à réfléchir à un plan d’action. L’agent de terrain n’avait clairement pas l’habitude de travailler en équipe, elle trouvait que c’était une perte de temps et d’énergie, la preuve, elle en avait perdu à se disputer avec les demi-dieux. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que s’ils n’avaient pas été là, elle serait sans doute déjà sur place, ou du moins presque arrivée.  Essayant de ne pas trop y penser, elle tendit, à contre cœur, sa main droite pour serrer celle d’Abby, espérant plus que tout autre chose que ça ferait plaisir à Haytham.

Ça, c’est fait…

-Bon, les hespérides sont trois logiquement… On vous en a parlé ?

Après tout, en mythologie, les demi-dieux étaient surement informés. Peut-être que dans leur camp, on leur en avait parlé en ajoutant des précisions que les Mortels ne pouvaient avoir. Il était donc important de savoir jusqu’où s’étendaient les connaissances de chacun, évaluer avec le plus de justesse possible le danger.





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Les Pommes de la discorde

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