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 HEATHENS (mercedes)

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DLCEM.
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MessageSujet: HEATHENS (mercedes)   Mar 18 Oct - 12:58



HEATHENS
Huit mois s'étaient écoulés depuis les confessions devant une téléréalité débile. Huit mois pendant lesquels Monet Kaplan avait su se montrer plus aimable, plus douce avec son collègue. Ou du moins, elle ne lui jetait plus de regards froids et glaçant au détour du couloir et déniait décocher un sourire de temps en temps quand elle était de bonne humeur ( comprenez par là, quand elle avait bien dormis la veille). Elle avait même fait un effort avec son meilleur ami étrange en ne le cassant plus à la machine à café et enfin, elle avait arrêter de l’insulter auprès d'Aramis. Il fallait dire que la situation semblait s'être calmé, chez elle en tout cas. Elle parlait peu de ses rêves avec Mercedes depuis, mais pour sa part, rien n'avait enduré. Jusqu'à leur mission à Salem. Là-bas, tout avait bien faillis foirer. D'ailleurs, leur mission de base avait foiré. Complètement. Il avait du battre la demi-déesse et trimer pour s'en sortir. Il avait été blessé, elle avait été blessé les deux étaient revenues en piteux état. Les premiers soins que Mercedes lui avait prodigué dans cette petite cuisine insalubre lui avait laissé des marques, et deux mois plus tard Monet avait débuté une longue successions d'opération chirurgicale coûteuse pour la faire disparaître le mieux possible. Elle haïssait garder des marques du passer. Pas de traces, pas de mauvais souvenirs trop douloureux dès qu'elle se fixerait dans un miroir. Elle s'en était fait pour lui, pour son était une fois rentré de Salem mais avait fait mine de s’intéresser à lui de manière strictement professionnel. De temps en temps elle se surprenait à lui envoyer des textos lui demandant si de son côté, tout était toujours gérable. Les délires plus graves avait commencé six mois après l'intrigue. Elle n'en avait rien dit à personne, pas même à lui. Monet Kaplan voulait gérer seule sa crise, comme une adulte. Pourtant les rêves maléfiques étaient de plus en plus nombreux et elle voyait cette femme du passé de plus en plus souvent à ses côtés. Quand Mercedes fut appeler en mission d'observation, elle avait sentit son estomac se nouer à l'idée que quelque chose de grave lui arrive de nouveau. Elle avait peur de, s'il lui arrivait quelque, le ressentir dans ses rêves.

Et hier soir, Ysoire-Barbe était morte. Elle était morte, pas de froid, elle avait survécu au terrible hiver qui avait emporté trois de ses filles, deux de leur chiens et même glacé les bouteilles de vin du roi. Elle aurait aussi pu mourir de faim, avec son mari ils trimaient pour manger ne serais ce que du pain. Non. Elle l'avait vu pendu. Elle avait vu pendu, avec ses trois filles restantes sur la même poutre et en face d'elle, son mari, sur la poutre voisine. Elle avait sentit cette corde lui serrer le coup, elle avait sentit la mort dans la pièce. Elle avait vu ses yeux se révulser, son corps s'agiter une dernière fois et sentit son dernier souffle. Et Monet n'avait pas su dire si cela était réel ou non. Mais elle l'avait sentit. Et elle avait ressentit le besoin de tout dire.

Elle avait enfilé un manteau de laine rose bonbon (qui lui allait à merveille d'ailleurs, mais sans ses cheveux bien coiffé, les bottines qui allaient avec elle ressemblait juste à une grand-mère gâteuse sortie de maison de retraire). Elle n'avait même pas enfilé de chaussure, elle était partis en hurlant et en chausson de son appartement. Madame Kaplan la dinguo, voilà le surnom que ses voisins allaient finir par lui donner. Monet la dingue d'ailleurs appella un taxi en lançant des billets de cinq dollar en l'air. Elle s'engouffra dans le véhicule et en pleurant presque annonça l'adresse de son collègue. S'en était trop. Bon sang elle s'était vu mourir ! Et cela l'avait brisé.

- Aller ouvre, ouvre ouvre…. Ouvre cette maudite porte Guillaume… Non, Mercedes… Ouvre vite…

Et la voilà qui rongeait ses beaux ongles parfaitement manucurés, roulé en boule sur la paillasson de Mercedes, Asha et Isaure. .
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Il y a des choses qu’on fait par nécessité, par désir ou encore par devoir, et d’autres parce qu’on n’a absolument pas le choix. En général, ces dernières impliquent un risque mortel. C’est le cas ici.
MONET LAYLA KAPLAN ✽
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L'AS DE CŒUR.
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MessageSujet: Re: HEATHENS (mercedes)   Lun 14 Nov - 22:13

FLASHBACK.
Où es-tu, Mercedes? Plus là. Il ne voulait plus être là. L'appartement, sa salle d'eau trop petite, sa chambre exiguë, son salon mal rangé. Il ne voulait plus être lui non plus. Cet esprit perturbé, brisé, cassé, ce corps abîmé, cette absence permanente de tranquillité. Où es-tu? Il ne serait plus jamais là, il ne pouvait plus, c'était trop lui demander. Il était fort Mercedes, il était de ceux qu'on ne brisait pas, dont on ne venait jamais à bout. Il avait résisté toute sa vie, se couchant quand il le fallait, fermant les yeux pour subir quand c'était nécessaire. Il savait se taire, encaisser, attendre son heure. Il savait aussi que les périodes noires avaient toujours une fin, qu'il restait toujours un espoir. Toujours ! Pas là. Assis dans un équilibre précaire, en haut de l'échelle, Mercedes regarda la lame de rasoir effleurer la peau tendre de son poignet. Un geste, infime, minuscule, et ce serait terminé. Guillaume, Monet, Ysoir-Barbe… Mais surtout lui. C'en serait fini de lui. Un peu d'eau rouge pour remplir l'étroite baignoire de l'appartement et on pourrait rayer son nom de la liste des vivants. Il serait si tranquille, là, en paix sous terre. Comme Guillaume des siècles auparavant, il fermerait les yeux pour revenir au silence. Il n'y aurait plus tous ces bruits, toutes ces choses qui le rongeaient, qui tourbillonnaient dans sa tête. Plus rien. Que du silence et de la tranquillité. Ce serait… la fin. Il appuya un peu plus fort, juste assez pour voir une goutte de sang perler timidement. La fine lame du rasoir tomba dans la baignoire avec un tintement aigu. Il n'avait pas envie. Il ne voulait pas s'incliner devant Guillaume et admettre qu'il avait perdu, qu'il était trop faible. C'était sa stupide fierté qui le gardait les pieds sur Terre. « Mercedes ? Tout va bien ? » Mercedes attrapa précipitamment le pot de peinture et le rouleau à l'instant même où Asha passa la tête par l’entrebâillement de la porte. « Oui oui, je galère avec les coins, c'est tout. » Elle lui jeta un regard suspicieux avant de s'éloigner, laissant la porte grande ouverte. « Ok, hésite pas si tu as besoin d'aide. »

GUILLAUME - bientôt la fin.
« Ma petite épouse... » Guillaume nicha son nez au creux du coup de sa femme, Ysoir-Barbe. Sa voix avait momentanément perdu l'accent menaçant donc il l'agrémentait presque toujours. Ce soir, le jeune noble voulait juste sa voir sa femme, sa famille, près de lui. Il était tellement paradoxal, Guillaume, à détester sa femme et ses filles, à la haïr et la maltraiter chaque jour un peu plus, pour finalement céder à ces accès de tendresse presque vulgaires tant ils étaient inattendus. Guillaume n'était pas sain d'esprit, quiconque le côtoyait de manière intime pouvait s'en rendre compte. Violence, haine inexpliquée, colères… Doublées d'une grande tendresse inopinée, comme jaillie de nulle part. Dans le langage courant, on pouvait dire qu'il était un salaud, un de ces hommes qui n'aurait même pas dû avoir la chance d'atteindre l'âge adulte. Pourtant il était là, à la tête d'une famille malheureuse et d'une maison qui tombait en ruine. L'argent, ils l'avaient perdu définitivement maintenant. À devoir jongler entre leur pauvreté et le rôle de nobles, ils s'étaient endettés. Trop, beaucoup trop. « Mon Ysoir... » C'était vulgaire, ces caresses. Il l'abandonna sur le fauteuil poussiéreux, sans doute une ultime trace de leur vie passée, et siffla son chien. « Je pars chasser. » Braconner plutôt. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait plus assez d'argent. La seule chose, c'est qu'aujourd'hui, son statut s'était terni. Leur famille ne dupait plus personne maintenant. Son chien, un bâtard avec du sang de chien de chasse, fonça dans les buissons les plus proches. Parfois, Guillaume se réjouissait de l'avoir : nul n'était plus loyal qu'un chien, rien ne valait cette compagnie. L'animal revint au triple-galop et déposa un lapin au pied de son maître. « Bon chien. » Il lui flatta les oreilles avec plus de chaleur qu'il n'en avait jamais montré pour sa femme depuis le mariage. À l'instant où il ramassait le corps trop maigre du lapin, un bruit dans les fourrés le fit sursauter. Il se redressa vivement, fouillant l'ombre des yeux.

AUJOURD'HUI.
Mercedes versa le chocolat dans le thermos et secoua pour diluer la poudre dans le lait chaud. Asha ne partait jamais sans un plein thermos de plus d'un litre de chocolat bouillant. C'était essentiel à sa santé mentale autant que  les clopes l'étaient à Mercedes. « Ouvre la fenêtre ! » La voix de sa petite colocataire lui parvint du fin-fond de la salle de bain. Elle déboula elle-même trois secondes plus tard en petite culotte, serrant une serviette de bain rose et verte contre sa poitrine. Elle ouvrit difficilement la fenêtre grinçante du salon, glissant un regard assassin à son meilleur ami en passant. « C'est trop dur d'ouvrir la fenêtre quand tu t'enfiles ta douzième clope de la journée, M. ? » Elle se hissa sur la pointe des pieds, laissant tomber sa serviette en passant, et attrapa une barre de céréale dans le placard du haut. « D'ailleurs tu devrais peut-être ralentir… T'as toujours beaucoup fumé mais en ce moment quand même... » Il n'aimait pas ces regards préoccupés qu'elle pouvait lui lancer chaque jour avec un peu plus d'insistance. « Enfin t'abuses, c'est tout. » Elle se pencha pour reprendre sa serviette et fila de nouveau vers la salle de bain, barre chocolatée en bouche et serviette au vent, à moitié à poil. Il se rendit compte avec un temps de retard qu'elle avait aussi embarqué le thermos. Il prit une bouffée de sa cigarette du moment, avide de sentir cette petite brûlure quotidienne dans sa gorge et ses poumons. Il savait qu'il était en vie comme ça, il pouvait le sentir pour de bon, pour de vrai. Plus qu'une dépendance, c'était une nécessité. Sans ça, il n'avait plus le moindre point de repaire, plus aucun moyen de savoir qu'il était toujours lui, Basile Mercedes Weathley, Écossais de 28 ans exilé à New-York. « Mercedes Weathley, je suis Mercedes Weathley, j'ai 28 ans et j'habite à New-York. Je viens de Coldstream, en Écosse. » Une petite litanie qu'il se répétait de plus en plus souvent quand il commençait à hésiter, à se dire qu'il s'appelait Guillaume. Il avait failli se présenter comme tel la veille, à la nouvelle secrétaire du DLCEM. Deux jours plus tôt, à l'interphone de la résidence, il se présentait comme Guillaume, qu'il voulait entrer parce qu'il avait oublié ses clefs. Ce n'était que deux heures plus tard à attendre sur le perron qu'il avait compris d'où venait l'erreur. Ça l'avait effrayé plus que jamais. Il regarda sans mot dire sa main qui tenait la cigarette. Elle tremblait comme celle d'un camé pourtant il n'avait jamais toucher à ces merdes, jamais plus que la clope, jamais. Il prenait juste trop de médocs, trop de choses pour dormir sans rêve. Il s'assommait, s'abrutissait pour espérer fermer les yeux plus de quelques minutes. Il était obligé. Mercedes portait sous son corps tout entier les stigmates de l'enfer quotidien. Le manque de sommeil s'écrivait sur son visage, se montrant au monde comme une évidence, ralentissant ses réflexions. Sur ses poignets s'étalaient comme une petite échelle plusieurs lignes beaucoup trop droites. Jamais profondes ces lignes, il était incapable d'aller plus loin. Mine de rien, il voulait connaître le fin mot de l'histoire et ne pas s'arrêter en cours de route. « Mercedes ? Tu as... » « Mais tu me surveilles ou quoi ! » Asha s'arrêta sur le pas de la porte de la cuisine, surprise. « Je… Non, tu as juste mis de l'eau à la place du lait... » Mercedes dévisagea le thermos comme s'il était en faute, trop paumé pour répondre. Il se voyait encore verser le lait dans le thermos pourtant...

FLASHBACK.
Mercedes traversa le hall de l'immeuble et frôla un type dans l'étroit couloir qui menait aux escaliers. « Oh mec, fais gaffe un peu là ! » Le petit stratège se retourna pour détailler le type qui lui parlait. Il ne l'avait clairement jamais vu. « P-Pardon, excusez-moi, je ne vous avais pas vu. » Il était perdu dans ses pensées, il avait du mal à revenir sur Terre. « Ouais ben fais gaffe la prochaine fois ! Ce couloir est vraiment naze mais c'est pas une raison. » Ce gars, c'était Eren, un nouveau voisin du rez-de-chaussé. Ce qui avait attiré l'attention de Mercedes, c'était sa casquette, identique à celle qu'Akane portait, là-bas en Écosse. Revoir cet objet aujourd'hui, c'était… Bizarre. Rassurant. « Tu veux venir fumer un coup ? » L'étrangeté de la question ne l'effleura pas et il accepta. Car comme lui et comme Akane, il fumait ces cigarettes-là. « Vas-y passe, je vérifie que personne nous suit. »

AUJOURD'HUI.
Mercedes regardait encore le thermos rempli d'eau et de chocolat d'un air absent quand quelque chose heurta la porte, comme si on venait de s'écrouler contre. L'agent sursauta, jeta sa clope dans l'évier et s'avança prudemment de la porte. Il n'y avait rien pour voir de qui il pouvait s'agir alors il ouvrit. Il découvrit Monet roulée en boule sur son paillasson, en manteau rose, totalement négligée. « Monet ? » Il s'agenouilla près d'elle, indécis. « Euh… Vas-y, rentre ? » Elle n'était jamais venu chez lui et il eut subitement honte de son minuscule intérieur, des plantes en pot d'Asha par dizaine, du sac de couches neuves abandonné depuis presque un mois près du poste de télévision, de la clope éteinte dans l'évier, de… Enfin il avait honte d'habiter là. C'était irrationnel, Monet n'était visiblement pas dans un état à faire gaffe à ça mais… Il l'attrapa par le bras et tira sur ses propres muscles fatigués pour l'entraîner à l'intérieur. « Assis-toi… tiens, là. » Pouf, dans un pouf. « Qu'est-c'tu veux ? » Parler, partager peut-être ? Ils n'avaient jamais vraiment reparlé de tout ça, de tout ce qui leur arrivait. Ils s'étaient montrés plus aimables l'un envers l'autre mais c'était tout, un sourire au coin d'un couloir, un sourire dans l'ascenseur, un sourire et c'était bon. Elle en a rien à foutre de toi, c'est tout. Sans doute. Comment Monet Kaplan aurait-elle pu avoir quelque chose à faire d'un type comme lui s'il n'y avait pas eu tout ça ? Non, c'était insoluble, ils n'étaient rien l'un pour l'autre, c'était juste Guillaume et Ysoir-Barbe les coupables. « Ysoir, je... » Erreur. Fatal error même, comme le lui avait gentiment annoncé son PC la veille.

Mais surtout, Monet, il ne l'avait pas vraiment revu depuis qu'ils avaient pété les plombs au QG, dans le bureau d'un type vraiment gradé. Même Monet l'était moins que lui (Mercedes n'en parlons même pas). Ces derniers mois entre elle et lui, c'était une partie de loup. Ils se courraient après parce qu'ils étaient obligés, que leur santé mentale en dépendait, mais ils se fuyaient. Se voir, c'était se replonger dans tout ça, toujours, tout le temps. « Tu vas bien ? » Quelle question idiote… Il grilla une nouvelle cigarette et s'avachit sur le canapé à côté du pouf de Monet.

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L'enfer c'était hier, ce soir nos rêves sont durs comme fer. #336699

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MessageSujet: Re: HEATHENS (mercedes)   Ven 18 Nov - 11:35



HEATHENS
Elle suivit Mercedes à l’intérieur de son petit appartement. En temps normal, elle aurait probablement fait une remarque sur les lieux. Sur la décoration, l'odeur de la cigarette, ou même sur la taille, bref, elle aurait lâché un petit commentaire. Mais là, rien. Peut-être parce que Monet était trop fatigué pour être langue de vipère ? Elle se laissa tomber dans le pouf, sans aucun grâce. Ysoir. Il avait prononcé le prénom maudit. Mais elle ne lui en voulait même pas. Il était dans le même cas qu'elle, la réalité était différente pour eux.

- Un verre d'eau. Je veux bien un verre d'eau. Ah et, Ysoir-Barbe est morte. Je l'ai vu.

Vu et ressentit même. Elle sentait encore la corde autour de son cou. Une expérience terrible. Elle avait tout vécu en même temps qu'elle à ce moment là, c'était comme si un petit bout de sa personne s'était envolé rejoindre Ysoir Barbe Mortelune dans l'autre monde. Désagréable au possible. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas parlé juste tout les deux. Depuis qu'ils avaient insultés un haut gradé du dlcem en réalité. Mauvaise passe, Monet s'en voulait toujours. Elle se demanda s'ils étaient seuls ici, elle savait que Mercedes avait deux colocataire, une femme qu'elle lui avait semblé apercevoir une fraction de son seconde un jour et l'autre insupportable collègue de bureau. Monsieur Ilser était... Pas le genre de garçon qu'elle voyait vivre ici mais elle oubliait trop souvent à quel point ces deux là étaient liés.

Ysoir Barbe & Isabelle, quatrième fille du couple.
- Mère, encore un chapitre.

Sa fille aîné (ou du moins, celle qui avait pris la place de la première née après que cette dernière eut succombé à une pneumonie sévère) avait les yeux brillants. Elle adorait les histoires de chevalerie. Elles étaient démodées depuis des génération, plus personne ou presque ne lisait ces histoires de chevalier bretons qui parcourait la contrée affrontant monstres et brigands. Mais Isabelle semblait captivé. Elle était amoureuse de Tristan, le jeune homme amoureux de la belle Iseult qu'il ne pouvait avoir pour lui tout seul. Et Ysoir, à qui sont père lisait les mêmes livres quand elle était enfant, adorait ces histoires aussi. Si son mari apprenait ça, il serait sûrement en colère. Elle n'avait jamais si c'était le fait qu'elle sache parfaitement lire et écrire, ou le fait qu'elle lise ce genre d'histoire à leurs filles ou de la simple jalousie parentale. Isabelle était de loin sa favorite, peut-être parce qu'elle lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Elle était belle, Ysoir-Brabe n'avait aucun doute là dessus, plus tard sa fille saurait ravir le cœur des hommes.

- Tu dois aller dormir. Demain, je te raconterais comme Tristan dupa son oncle pour rejoindre sa dulcinée, d'accord ?
- Oui, bonne nuit maman. Soit forte.

Les morts de sa fille la touchaient toujours. Elle lisait en elle comme dans un livre ouvert. C'était peut-être la seule ici à se rendre compte de la détresse journalière de sa mère. Et c'était pour ça qu'elle l'aimait tant.

Monet Kaplan, 13 ans. Vacances à Las Vegas.
Sa cousine sautait dans tous les sens. Tandis qu'ils passaient devant le casino Lotus, Worthington et autres grandioses bâtiments de la ville, la petite famille ne semblait obsédait que par une seule chose la fausse pyramide qui trônait là au milieu d'une immense place.

- Maman je veux faire le stand de voyance !
- Mais c'est des charlatants ces gens...
- Allez y toutes les deux, Monet sois plus gentille ou ce soir tu dors par terre.
- C'est ça...

Et la voilà qui était assise sur un pouf au couleur vives dans une tanières de voyante de Las Vegas. Honnêtement ? Pour elle c'était comme les gens qui trafiquait les spectacles de rue pour extorquer un maximum d'argent au pauvres crédules qui passaient par là. Sa cousine commença, la voyante lui expliqua que son avenir sera radieux, mais qu'un proche viendrais lui voler la vedette. Mais elle ne se découragea pas, en demanda plus, donnant toujours d'argent.

- Vous allez toutes les deux connaître des moments de grands bonheur ! Mais toi, tu devras faire attention aux jalouses qui t'entoure. Et toi, t'ouvrir d'avantage si tu ne veux pas sombrer dans la folie.

La voyante s'était prise son jeu de carte, ses petits palets, et son plateau de divination dans l tronche. Monet, treize ans, ne manquait pas d'air et avait une sainte horreur qu'on lui dicte sa conduite. Elle attrapa sa cousine par la main et la tira loin de ce stand maudit en jurant dans sa barbe.

- Maman, Monet elle a...
- La ferme toi ! La ferme !

Ysoire Barbre et Isabelle, rêve de Monet.
La voilà, mais cette fois-ci elle était dans une sorte de petit marché de sel couvert avec sa fille chérie. Cete amour maternelle faisait plaisir à voir. Peut-être qu'enfin son double maléfique avait trouvé son petit rayon de soleil dans ce monde si sombre ? Elles se ressemblaient toutes les deux. Elle lui faisait penser à elle au même âge. Elle vit la petite Isabelle demander un collier de perles (sans doute des fausses au vu du prix) à sa mère qui du refuser. Ils n'avaient plus un sous. Mais un jeune homme lui en fit cadeau. Il lui murmura ce qui semblait être un compliment au creux de l'oreille et Isabelle rigola, s’agrippant un peu au jupons de sa mère, visiblement aux anges.

- Tu es jalouse de tout ça ?
- Pardon ?

Elle ne voyait pas d'où venait la voix mais ce n'était pas la sienne. Non, ce n'était pas son subconscient qui lui parlait. Une fille brune en tenue tout ce qu'il y avait de plus moderne s'était avancé vers elle. Elle portait un pantalon beige et un tee shirt orange. Inconnue au bataillon celle-là.

- Elle te fait penser à ta mère à présent, non ? Et Isabelle, c'est toi ?
- T'es qui toi. Qu'est ce que tu fou dans mes rêves ?
- Je les créé pour toi. Pour ton esprit. Pour que tu t'évades. Et c'est plutôt bien réussis je trouve.
- J'ai jamais demandé à rêver de tout ça. Jamais. Tu m'entends ?

La fille commençait à se flouter.

- Non, attend, reviens... reviens ! T'es qui ? Oh, reviens !

La dernière chose qu'elle vit s'effacer dans la brume fut son sourire. Et tout autour d'elle s'envola, la vision heureuse de la mère et sa fille, ces petits moments si rares qu'elles partageait toutes les deux, tout se volatilisa. Et Monet se réveilla en sueur dans son lit.
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MessageSujet: Re: HEATHENS (mercedes)   Jeu 16 Fév - 15:30

FLASHBACK.
« Ne mens pas ! » « M. arrête ! » Asha recula contre le mur, une expression bizarre sur le visage. C'était ça. C'était forcément ça. Elle savait. Quoi, Mercedes n'en avait pas encore la moindre idée mais sa meilleure amie ne se comportait plus comme avant. Il n'était pas stupide, il avait bien remarqué les portes ouvertes, les regards en coin, les gentillesses qui sonnaient faux, tous ces manèges insupportables qui lui donnaient l'impression d'être en prison. « Pourquoi tu m'surveilles, hein ? Hein ? » « J-je ne te surveille pas. » « Menteuse. » « M. tu me fais un peu peur en ce moment, je suis juste inquiète. » Elle mentait. Elle le suivait, sinon comment expliquer sa présence hier au même endroit que lui ? Elle savait quelque chose, il ne savait juste pas encore quoi. Mercedes lâcha les poignets d'Asha dans un geste brusque et partit s'enfermer dans sa chambre, non sans claquer violemment la porte derrière lui. Sur le lit, il fondit en larme.

GUILLAUME - tout le reste de sa vie.
Guillaume caressait les oreilles du chien avec douceur, toujours aux aguets. Trop inquiet, il jeta la maigre carcasse du lapin sur son épaule et attrapa la corde qui faisait office de collier pour son animal, et il s'apprêtait à reprendre le chemin de chez lui lorsque trois silhouettes sortirent de derrière les arbres. « Monseigneur de la Croix de Ravignan ! Mais quelle surprise de vous trouver ici en pleine nuit ! » Autrefois, ces mots auraient été sincères et chaleureux, aujourd'hui ils étaient simplement moqueurs. Il fallut quelques instants au noble pour reconnaître quelques habitants du village. « Tiens, mais v'là un lapin, nan ? » L'un d'eux s'approcha de Guillaume pour lui arracher la carcasse des mains. « Dis donc, tu s'rais pas en train de faire que'qu'chose d'interdit là dis voir ? » « Rends-moi ce lapin, Etienne. » « Mais il nous donne des ordres, en plus ! » Il faisait froid, c'était la mauvaise saison et la nourriture se faisait rare. À l'image de Guillaume, d'Ysoir-Barbe et de leurs filles, les autres habitants de la vallée n'étaient pas mieux logés. Pour la plupart, ils nourrissaient en prime une haine secrète pour les nobles et leurs banquets, pour tout cet argent jeté par les fenêtres qui aurait pu permettre d'acheter du grain hors-de-prix. « Sérieusement, rends-moi ce lapin, Etienne. » « Oh tu en as besoin...! Si tu en as besoin alors... » À ses côtés, le chien grondait, menaçant. Un des camarades d'Etienne leva une canne et, rapide comme l'éclair, l'abattit sur l'animal qui s'effondra dans un couinement en un petit tas de fourrure. « Arrête ! » La canne lui toucha la tempe, l'envoyant balader contre l'arbre le plus proche. Le noble s'y rattrapa comme il put, s'entaillant les doigts sur l'écorce. « Compte sur nous pour nous charger de ton cas, monseigneur ! » Les trois fripouilles décampèrent, laissant Guillaume et son chien couchés dans la poussière.

C'était peut-être ce qui attendait les canailles : la honte, la misère, le déclin. Guillaume était un être rendu horrible par la vie, par les attentes irréalisables de son père, par les frustrations qui allaient à l'encontre de tous ses espoirs. Il n'était pas né mauvais, il l'était devenu par la force des choses. Ça n'excusait pas son comportement mais parfois, ça le justifiait. Une de ses filles, aujourd'hui dans un couvent non loin du village, lui avait bien dit avant de partir. Elle lui avait dit, en lui prenant les mains, qu'elle prierait pour lui, qu'elle demanderait chaque jour à Dieu de tout lui pardonner. Guillaume n'avait fait que lui jeter un regard mauvais et sa fille avait compris. Elle n'aurait jamais son père dans cette vie là, il était trop étrange, trop dépassé, trop fou. Mais elle lui pardonnait tout.

D'une voix sucrée, Guillaume demanda à l'unique servante qui restait de préparer le repas. Elle n'avait pas le choix, elle le ferait. Et au fond de lui, Guillaume souffrait de ce qu'il faisait, de ce qu'il était obligé de faire pour conserver un minimum de décence et manger ce soir-là. Il était un salaud intelligent, un salaud investi d'une mission : garder sa famille en vie. Qu'il la haïsse n'avait pas d'importance, il restait l'homme de la maison. Le repas en lui-même se fit en silence, comme souvent. Il n'y avait pas un bruit dans la grande salle qui sentait l'humidité et le renfermé. Les fenêtres n'avaient plus été ouvertes depuis la grande épidémie qui avait emporté une partie du village. Au cas où. Personne ne dit rien à Guillaume quand il s'essuya le nez avec sa manche dans un manque flagrant d'élégance. Personne n'osa souffler mot quand d'un geste rageur, il fit disparaître la larme qui coulait sur sa joue. Personne n'osait rien dire devant cette discrète preuve malsaine de sentimentalisme. Guillaume savait aimer. Et aujourd'hui, c'était leur chien qu'ils mangeaient, car ils n'avaient rien d'autre.

AUJOURD'HUI.
Un petit volute de fumée s'éleva dans les airs. Avachi sur le canapé, les pieds habillés de chaussettes trouées casés sur un coin à peu près libre de la minuscule table basse du salon, Mercedes fixait le plafond. Il y avait Monet à côté de lui. Monet Kaplan était assise dans son salon et ça lui donnait juste envie de rire. De rire. Il se contenta de sourire avant d'obtempérer à la demande de la jeune femme et de s'extraire difficilement du canapé pour aller chercher un verre d'eau dans la petite cuisine derrière. Il prit un verre au hasard, l'éternel ancien pot de Nutella, le remplit au robinet et le tendit brusquement à Monet. « Tiens. » Cigarette, cigarette, c'était la dernière du paquet. Déjà. Quand est-ce qu'il avait fumé les autres ? L'une d'elle s'éteignait lentement dans l'évier, les autres… Toutes fumées. Mais c'était bien, ça lui changeait les idées, c'était son ancre, ce autour de quoi tournait sa vie en ce moment. Les paroles de Monet l'ébranlèrent plus qu'il ne le laissa voir. « Morte ? » Et maintenant ? Si leurs doubles mourraient… Mercedes voyait le visage défait de Monet et l'état dans lequel elle était, un état qu'elle n'avait jamais atteint même dans leurs pires moments. Il tenta l'approche blague, pourtant à deux doigts de tomber dans les pommes. « Tu t'attendais à quoi, bien sûr qu'elle est morte. J'te rappelle qu'ils vivaient genre au Moyen Âge les deux. » La blague, la blague pour se trouver une contenance. Il n'avait aucun repère chronologique concernant l'époque où Guillaume et Ysoir-Barbe avaient vécu (quelqu'un de cultivé aurait glissé XVIIe ou XVIIIe siècles) mais ce n'était pas contemporain, ça il pouvait l'affirmer. Asha profita de ce moment pour sortir de la salle de bain. « Tu parles à qui ? » Toujours ce ton accusateur, méfiant, inquiet. « À une amie, pourquoi ? C'est interdit ? » Réponse sur le même ton. Asha posa les yeux sur Monet toujours assise sur le pouf. Elle regarda les cheveux non coiffés, les ongles rongés au vernis écaillé, les chaussons… Son regard laissait entendre ses pensées. Mais c'est qui cette folle encore ? L'hostilité évidente de Mercedes poussa le petit bout de femme à vider le thermos abandonné sur la paillasse dans l'évier pour refaire en vitesse du chocolat. Avec du lait cette fois-ci. « Bonne journée, M. » Sur un nouveau regard à moitié dégoûté pour Monet, elle rajouta : « Amusez-vous bien. Tu peux m'appeler si besoin. » « Ça va, j'ai plus cinq ans. » À peine Asha eut-elle claqué la porte avec un sourire un peu forcé que Mercedes se tourna vers sa camarade. « Elle m'espionne, elle me colle...C'est insupportable. » Il posa une main sur le front de Monet, rapidement, en l'effleurant à peine. Les idées bizarres de Guillaume, tous ces rêves malsains, le rendait mal à l'aise. « T'es toute chaude. » Il jeta son paquet de cigarettes presque vide sur les genoux de la  blonde. « Tu devrais essayer, histoire de te relaxer. » À défaut de relaxer, au moins ça occupait l'esprit.

GUILLAUME - juste une dernière fois.
Guillaume dormait, blotti contre Ysoir. Une main sur la hanche de son épouse, le nez au creux de son cou, il faisait mine de dormir. Pour une fois, il avait besoin de sa femme, de sa présence et de sa chaleur. Guillaume tremblait. Des poings cognèrent violemment leur porte d'entrée, la faisant trembler sur ses gonds, et Guillaume se redressa d'un seul coup, le souffle court. « Ouvre cette porte, Guillaume ! » La voix d'un des notables du village, Edmond. Sans doute le seul qui l'avait encore à la bonne. Pâle comme la mort, le front couvert d'une fine pellicule de sueur, le noble se glissa hors des draps de mauvaise facture. « Reste là. » Peut-être la première fois que sa voix était normale, sans aucun sous-entendu, sans aucun amour malsain. Juste une voix d'un pauvre type effrayé. Il descendit lestement les escaliers, comme s'il marchait vers la potence, et ouvrit la porte. Un déferlement de types força la maison. Un gars – Etienne ? – l'empoigna par le col grisâtre de sa chemise pour le plaquer contre le mur. « Alors voleur, je t'avais dit qu'on viendrait. » « Doucement Etienne, inutile de... » « Toi le notable, suis les ordres. » Guillaume garda le silence, même quand on tira ses filles de leurs lits, même quand quelqu'un balança Ysoir-Barbe dans l'escalier. À part trembler, il ne pouvait pas faire grand-chose de plus. On lui lia les mains, on lia celle de son épouse et celles de leurs filles et on les traîna de nuit en direction du village pour les enfermer dans une geôle putride. Bientôt, un tampon signerait leur arrestation officielle car ils n'étaient que des nobles dont les lettres de noblesse avaient été perdues il y a bien longtemps, vendues contre un peu d'argent, un peu de nourriture. Ils étaient des mendiants cachés derrière un nom de noble et ils allaient payer pour leur vie passée de débauchés. C'était ce qui attendait ceux à la vie facile qui perdaient face au peuple.

FLASHBACK.
« Pourquoi t'as emménagé là ? » Eren, l'habitant de la cave, l'observa d'un œil torve en tirant lentement sur sa cigarette. « T'inquiète Paupiette, j'suis pas en galère, pose pas d'questions. » Mercedes haussa les épaules et se cala plus confortable sur le canapé, sans même jeter un coup d’œil au reste du salon de son ami. « Ok ok, pas de questions, pigé. » C'était bien, le pas de question, c'était pas prise de tête. Des fois, il passait des semaines sans voir Eren, et subitement son ami revenait, toujours à coup de « pas de question mon pote ». Ce n'était pas lourd comme chez lui avec Asha, ce n'était pas compliqué comme avec Monet, c'était juste… sain d'esprit. Plus que tout le reste de sa vie.

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L'enfer c'était hier, ce soir nos rêves sont durs comme fer. #336699

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MessageSujet: Re: HEATHENS (mercedes)   Sam 18 Fév - 16:06



HEATHENS
« Oui, je sais... »

Mais cela n'enlevait rien au fait qu'elle avait tout parfaitement ressentit, comme tout ces derniers jours. Elle avait encore mal au cou. Elle souffrait encore. Et d'un certains côté, elle était soulagée de l'avoir vu mourir. Ce n'était pas qu'une délivrance pour elle, mais aussi pour cette femme. Elle ne savait rien de la vie après la mort, elle avait toujours été intimement persuadé qu'ils en vivaient tous une, après le grand saut dans l'au delà, et c'était tant mieux pour elle. Sa vie n'avait été qu'une succession d'échec, pleine de misère. Où qu'elle fusse actuellement, Ysoire-Barbe devait être dans un endroit meilleur. Peut-être même qu'elle avait rejoint ses filles ? C'était une délivrance en quelque sorte. La voix d'une femme inconnue au bataillon la sortit de ses pensées et Monet leva la tête. Ainsi donc il avait une colocataire ? Peut-être le lui avait-il déjà dis, mais elle n'en avait plus aucun souvenir. Elle avait l'air gentille. Et elle s’éclipsa.

« Je pense pas qu'elle te veuilles du mal... Juste ton bien. Au moins toi tu as quelqu'un qui s'inquiète pour toi. Quelqu'un à qui parler. »

Sous entendu quelqu'un de sain d'esprit, pas comme elle actuellement. Elle secoua la tête, refusant poliment son paquet de clope. Elle ne fumait pas la Monet. D'ailleurs elle n'y avait jamais touché, tout comme à l'alcool. Allez savoir pourquoi. L'envie d'être différente des autres, de se démarquer avec de tous petits détails. Et elle vivait bien ainsi.

« Je crois que j'ai de la fièvre, ça n'arrête pas... »

Ysoire Barbe.

Elle le savait, elle l'avait aimé. Autrefois. Avant que tout commence. Avant leur premier enfant, avant qu'il ne commence à la voir que comme yen souillon. Et une bonne à rien. Si Ysoire Barbe avait presque tout perdu, il lui restait son beau sourire, et son charme. Mais si Ysoire-Barbe était convoité par un bourgeois riche comme crésus, elle restait tout de même fidèle à son ignoble mari. Son ignoble mari qui leur avait fait manger le chien. Et maintenant ils étaient seuls, avec leurs filles, en prison. Leur noblesse semblait s'être envolé, en même temps que leur dignité. Il y a bien longtemps donc. Mais elle l'avait pas pleuré. Pas une larme. Elle voulait rester forte, monter qu'elle n'avait pas peur. Qu'allaient-ils devenir ? Plus grand chose sans doute. Ils allaient sans doute être jugé, puis envoyé sur des terres comme... paysans. Isabelle était toujours prêt d'elle. Elle ne le niait pas, si une de leur fille devait continuer à vivre, c'était bien elle. Parce qu'elle se retrouvait en elle, qu'elle était la plus douée et la plus intelligente du lot.

***

Alors c'était ça, la mort ? Enfin, elle n'était pas encore morte. Mais c'était tout comme. Livide, on lui avait passé la corde au cou. Devant elle, une petite foule regardait l’exécution de la famille. Si certains jetaient des regards noir à son mari, elle en revanche faisait d'avantage de peine. Elle avait suivit son mari, pas par amour mais par loyauté et elle en payait le prix fort. Seul Isabelle restait loin de tout ça. Elle avait réussis à épargner la vie de sa fille et c'était la le plus belle acte qu'elle ai pu commettre ces dernières années. Elle irait chez son cousin, qui lui donnerait une éducation décente. Avec un peu de chance, elle serait remarqué et irait rejoindre Versailles. C'était là le rêve qu'elle nourrissait pour sa fille, elle savait qu'elle en était capable. Elle pouvait vivre une vie meilleur que la sienne. Elle avait serré une dernière fois les doigts de Guillaume. Et puis le moment était venu. La peur était bien présente, mais elle se sentait soulagé. Soulagé de voir tout cela enfin se terminer. Soulager de partir pour un monde meilleur. Elle avait toujours été un fervente pratiquante. Certainement qu'elle avait une place dans l'autre monde.

Monet, aujourd'hui.

« Mais tu vois... Je crois que je me suis débarrassé d'un poids aujourd'hui. »

Oui, comme ça cela ne se voyait absolument pas. Mais si si, à l'avenir, tout serait mieux. Après tout, elle ne pouvait plus rêver et voir cette femme du passé si elle était morte ? Ce que Monet voulait tant oublier, c'était qu'elle avait influencé dans sa vie ces derniers temps. Elle avait eut l'impression d'être elle. De vivre les mêmes choses qu'elle. C'était désagréable, mais toujours moins pire que les visions. Évidement elle avait mis de côté ses idées de grossesse. Voyons, c'était farfelue.

Codage par Emi Burton

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Il y a des choses qu’on fait par nécessité, par désir ou encore par devoir, et d’autres parce qu’on n’a absolument pas le choix. En général, ces dernières impliquent un risque mortel. C’est le cas ici.
MONET LAYLA KAPLAN ✽
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MessageSujet: Re: HEATHENS (mercedes)   

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HEATHENS (mercedes)

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