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 (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mer 26 Oct - 13:01



Something has changed





Voilà à présent presque trois mois que Tamara et Haytham avaient fui New York à la hâte. L’irlandais avait sauvé sa chère et tendre des griffes de ses collègues du DLCEM qui, ayant des soupçons sur elle, n’avaient pas hésité à la dénoncer et la torturer. Fort heureusement, Marvin avait prévenu le fils de Mars qui était arrivé tel un preux chevalier sur son cheval blanc pour délivrer sa princesse du dragon. Les amoureux qui, peu avant avaient parlé de mettre au courant Mme Lond à propos de leur relation, avaient donc eu le loisir de lui en toucher mot plus tôt que prévu, et Victoria en était enchantée, tout comme la cuisinière, Mme Lignac, et son mari qui les avaient vus grandir. Vous l’aurez compris, nos tourtereaux avaient trouvé refuge dans la maison des Lond à la Nouvelle-Orléans

Pour Tam, c’était étrange de revenir dans cette maison et d’y retrouver sa mère, à nouveau en pleine possession de son esprit. La dernière fois qu’elle était venue, seuls Mme et Mr Lignac y étaient, ils avaient d’ailleurs pris un coup de vieux, et la jeune femme avait dû signer des papiers accordant des réparations  de toiture, étant donné que son père, Richard Lond, ne pouvait revenir de Thaïlande juste pour ça. Ceci avait eu lieu huit ans auparavant. Si, pour l’ex agent de terrain, se retrouver là était bizarre, elle se doutait que c’était encore pire pour son petit ami qui n’y avait plus mis les pieds depuis vingt-huit ans et qui, de surcroit, avait perdu sa mère dans le patio l’aile Est.

Passées les nostalgies du retour avec les évocations des souvenirs, les deux amoureux ne tardèrent pas à retrouver leurs petites habitudes de gamins. Comment pouvait-il en être autrement en vivant à nouveau dans la demeure dans laquelle ils avaient grandi ? Ainsi donc, leur petit passe-temps était de se faire des blagues, parfois de très mauvais goût d’ailleurs. Après quelques glissades causées par un coin de parquet savonné à la sortie de leur chambre, Tamara avait mis à l’épreuve les sens gustatifs surdéveloppés de son « Penseur » en dissimulant une bonne dose de wasabi dans les sushis, ou du dentifrice dans la crème des oréos… Elle ne manquait pas d’imagination. Oui, voir la tête qu’affichait son demi-dieu en réalisant les diverses supercheries dont il était victime la faisait mourir de rire. Mais Haytham n’était pas en reste non plus côté idées originales, et en général, ça finissait en course-poursuite dans la maison, avec pour fond sonore la voix de Victoria qui criait ces mots qu’ils avaient maintes et maintes fois entendus étant enfants :
« Ne courez pas dans les couloirs ! »
Et ça les faisait rire de plus belle. Certaines choses ne changeaient pas.


3/10/2016


Parlons maintenant de ce qui change.
Ce matin-là, en s’habillant, la jolie brune s’aperçut avec dépit qu’elle avait toutes les peines du monde à fermer le bouton de son jeans préféré. « WTF ?! » pensa-t-elle tout haut. En y réfléchissant bien, trois mois à manger la savoureuse et néanmoins riche cuisine française de Mme Lignac, et ce sans quasiment faire aucun sport (excepté le sport de chambre), contrairement à la vie très active qu’elle menait à New York, il fallait s’y attendre ! Qu’à cela ne tienne, hors de question de faire une croix sur les délicieux petits plats de la cuisinière qui n’avait rien à envier aux meilleurs chefs étoilés, Tam se remettrait au sport, et ce dès ce matin. Elle balança le jeans dans le placard et enfila un bas de jogging à la place. Ce serait donc course à pieds. Mais pas avant le petit déj ! Mme Lignac était de repos, donc absente jusqu’au soir, mais elle avait donné à sa petite protégée une recette de pancakes à se damner, d’après ses propres dires. La jeune femme ne le savait que trop bien, c’était ceux qu’elle leur faisait une fois par semaine, pour leur rappeler « leurs racines américaines ». Ayant envie de faire plaisir à Hay, puisque c’était son petit déjeuner préféré, la brunette profita d’avoir le champ libre dans la cuisine pour essayer de s’améliorer en la matière. Et dire qu’il y avait du boulot était un pléonasme, puisque dans ce domaine, elle était aussi nulle que son « Penseur ».
Le bel irlandais avait laissé un mot dans la chambre disant qu’il avait une petite course à faire, c’était parfait, à son retour, une belle assiette de pancakes l’attendrait bien sagement.

Cela faisait un bon quart d’heure que Tamara était dans la cuisine, suivant à la lettre la recette laissée par l’experte française pour la préparation de la pâte, quand Mme Lond passa par là.

-Bonjour ma chérie… Je rêve, toi dans la cuisine ?
-Bonjour maman ! Oui, j’ai décidé qu’à mon âge, il était temps que je mange autre chose que ce qui peut être livré ou cuisiné par quelqu’un d’autre.
-Bonne initiative. Et c’est Haytham qui va jouer les cobayes ? lança-t-elle avec malice.
-Ce sera très bon ! C’est la recette de Mme Lignac.
-Je n’en doute pas. Appelle-moi quand ce sera l’heure d’y gouter.
-Et tu viendras avec des cachets pour l’estomac, c’est ça ?


La maîtresse de maison disparut avec un clin d’œil, et Tam commença à faire cuire les pancakes, pestant de ne pas réussir à faire une forme parfaitement ronde. Le dernier était finalement en train de cuire et le café, dont l’odeur envahissait un peu trop la pièce pour la brunette, avait fini de remplir la cafetière lorsque le fils de Mars entra. Tout sourire, Tamara se tourna vers lui, après avoir posé dans l’assiette ce dernier pancake qui acheva une jolie petite pile.

-Salut ma guimauve ! Surprise ! Je t’ai préparé le petit déjeuner. Et promis, ils ne sont pas piégés, ceux-là, dit-elle en jetant un regard aux pancakes. Et en plus c’est la « french version ».

Elle lui sauta littéralement dans les bras pour l’embrasser.

-Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

De nouveau sur ses pieds, elle alla servir deux tasses de café, ce doux nectar qui embaumait la pièce depuis un bon moment. Malgré tout, elle se surprit à ne pas en apprécier l’odeur, alors que durant des mois, voire des années, il avait été son carburant. Depuis quelques temps, la jadis si douce odeur du café dès le matin ne l’attirait plus, au contraire, elle commençait à la déranger.

-Hay, faut que je me remette au sport. Tu viendras courir avec moi tout à l’heure ?

Elle lui apporta sa tasse de café et posa l’assiette de pancakes devant lui.

-J’ai pris du bide et des fesses, je rentre même plus dans mon jeans, c’est un truc de malade. T’aurais pu me le dire quand même, toi qui remarques tout…

Puis elle s’adossa contre le plan de travail avec sa tasse en main, et eut un petit sourire espiègle.

-Tiens, on a une cuisine déserte sous la main… C’est pas une cuisine de grand restaurant comme tu voulais, mais presque. Ça ferait une ligne à barrer de la liste, non ?

La fameuse liste qu’ils s’étaient amusés à faire lors de l’emménagement d’Haytham chez sa petite amie. Certains points concernaient d’ailleurs la Nouvelle-Orléans, comme la jungle que représentaient certains coins reculés du jardin. Elle allait porter son mug à ses lèvres, mais la fumée embaumée lui tira une grimace et elle reposa immédiatement la tasse.





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Dernière édition par Tamara Lond le Mar 7 Mar - 13:34, édité 1 fois
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CAPITAINE BEAU GOSSE
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Jeu 27 Oct - 20:34



Something has changed


« -On part ! Je me fous de la destination. On met les voiles ! » Telles furent les dernières paroles d'Haytham avant que lui et Tamara ne décident de quitter la Grosse Pomme. Trop de choses s'y étaient passé au moment de l'envie d'évasion. Un trop-plein de choses qui délesta le couple du moindre doute. Tamara avait vécu ce qui pouvait s'apparenter à une expérience traumatisante. Non-rectification (il s'agit de Tamara Lond), de ce fait, il en faut bien plus pour la traumatiser. Tamara avait donc été soumise à un fort stress engendré par une situation compromettante pour son avenir au sein du département, mais plus encore pour son avenir tout court. Forte heureusement, avec le concours de Marvin, le demi-dieu était arrivé à temps pour défaire tel le preux chevalier qu'il n'était pas, sa belle des griffes de l'ennemi. Un ennemi devenu plus vivace dans le cœur du demi-dieu qui pour sortir celle qu'il aimait plus que tôt, était prêt à tout sans penser aux conséquences. Par chance, si les blessés au sein du DLCEM se comptaient par dizaine, aucun mort ne fut dénombré. Un miracle au vu de la rage qui avait élu domicile dans l'esprit du fils de Mars lorsque ce dernier fut prévenu par l'informaticien. Ni une, ni deux, sans concevoir le moindre plan, le demi-dieu rejoignit les locaux et laissa ses poings s'exprimaient délestant totalement la diplomatie. Lorsqu'enfin, Tamara fut sortie du panier de crabes, son héros ne se fit pas prier pour l'amener loin, très loin. Les deux amoureux prirent leurs valises qu'ils chargèrent de vêtements. Hay se proposa galamment de tout prendre, Tamara, quant à elle, se chargea du choix de la destination.


Victoria Lond, qui continuait à se remettre progressivement de ses trois décennies de léthargie, apprit quelques heures plus tard, que sa fille arriverait en catastrophe avec son cher Haytham, devenu bien plus que son cher ami. Les deux amoureux s'étaient mis d'accord pour ne rien cacher à la matriarche du clan Lond et avaient de ce fait consenti à lui avouer leurs quelques ennuis, mais surtout leur liaison. D'abord inquiète par les évènements Madame Lond fut touchée, en allant récupérer les deux amoureux à l'aéroport de les voir ainsi. Madame Lignac, qui fut placée dans la confidence, le fit tout autant, car pour elle, il était évident que ces deux-là étaient faits pour être ensemble. Le retour aux sources sonnait comme une évidence pour l'un comme pour l'autre. Dans la voiture, Hay observa le paysage qui défilait devant lui. Il ferma les yeux se laissant peu à peu guider par ses souvenirs. Les odeurs, les parfums épicés de cette atmosphère presque mystique propre à la Nouvelle-Orléans, ramenèrent l'homme à l'époque où il posait un regard nouveau sur les lieux. La musique qui résonnait à chaque coin de rue les soirs de fête, revint aux oreilles de beau brun, qui continuait à faire défiler ses souvenirs. À la musique, s'adjoignait les couleurs vives des costumes que portaient les personnes descendant dans les rues pour fêter « Mardis gras ». Le souvenir des plantations vint aussi titiller la mémoire du quadra. Des immenses plantations qui entouraient Bâton Rouge et qui s'étendaient le long de River Road. Et les bayous, ces eaux profondes, à faible courant et stagnante, paradis indomptable des alligators et des écrevisses. Haytham avait découvert ces lieux avec ses yeux d'un enfant et c'est à présent avec ceux d'un adulte qui les redécouvraient.


Le sentiment de nostalgie, doux jusqu'alors, devint, par la force des choses, un peu plus amer lorsque le regard du demi-dieu se posa sur l'immense demeure de style coloniale dans laquelle vivait la famille Lond. Rien n'avait changé. La grande allée était toujours aussi bien entretenue, l'herbe verdoyante, coupé avec minutie par le mari de madame Lignac. La dizaine d'arbres qui peuplaient l'allée, continuaient à arborer cette bien étrange position qui laissait croire que les arbres ployaient l'échine face aux nouveaux arrivants. Enfin la demeure, situait au fin fond de se défiler. Toujours aussi belle et majestueuse. Un écrin de blancheur perdu en pleine nature. Les volets, les portes et les grilles venaient d'être repeints et arborés dès lors un magnifique vert pin. « Retour à la maison. » Haytham qui avait le cœur serré en redécouvrant les lieux, ne pouvait néanmoins nier se sentir enfin chez lui, quelque part. Il lui avait néanmoins fallut peu plus de temps pour oser s'approcher du patio de l'aile Est, en somme l'endroit où il avait vu sa mère mourir, impuissant face à l'horreur. Une page devait se tourner et c'est ce que fit notre héros avec l'aide de celle qu'il aimait et de sa famille, devenue la sienne par la force des choses. Il tourna la page.


Les premiers jours furent dédiés à l'installation des deux amoureux qui partageaient cette fois la même chambre. Celle de Tam étant plus grande que celle de Haytham, le choix ne fut pas cornélien. Passé l'installation et remit de leurs émotions, les deux amis devenus amants reprirent leurs habitudes. Rectification, les deux amants redevinrent des enfants. Et à ce jeu, il était difficile de savoir lequel des deux étaient le meilleur. De vrais gamins dira-t-on ! Mais ils s'en fichaient. Délestées de la moindre appréhension, nos deux terreurs profitaient et chez eux cela signifier, régresser et retourner à l'époque où se prenaient à rêver à l'écriture d'un manuel regroupant toutes leurs bêtises tant elles étaient nombreuses et imaginatives. Malheureusement pour le personnel et pour Victoria, nos deux grands enfants étaient encore plus inspirés, allongeant ainsi leur liste de bêtises. Ainsi, les deux garnements passés le plus clair de leur temps à se faire des blagues. Des deux, Tamara semblait être la plus imaginative cependant le fils du dieu de la guerre n'était pas en reste, loin de là. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'adepte du combat était pour le moins créatif en témoigne la blague dite des « oignons d'amour » aussi original que potache pour celui qui s'était alors enfilé un sushi plein de wasabi et des oréos au dentifrice.  Alors que Madame Lignac avait le dos tourné et que Tam était parti faire quelques courses, Haytham bien décidé à se venger, concocta une recette de son cru. Il vola un oignon, le délesta de ses quelques couches, il le fit cuire, s'assurant qu'il garde la forme d'une pomme, il l'enroula ensuite de caramel. Pour ne pas éveiller les soupçons de sa petite amie, il réitéra l'opération, mais délesta l'oignon au profil de la pomme. Tamara ne vit que du feu et fut même touchée par l'initiative de son chéri qui se tapa certainement l'un de ses plus grands fou rire lorsque la tornade brune croqua l'oignon à pleine dent. Et ne parlons pas de la fois où il a habilement remplacé le gel douche de la belle par du lubrifiant. Il n'avait pas de limite, elle n'ont plus, au grand dam de Victoria, qui ne pouvait malgré tout, s'empêcher de rire et de faire semblant de les gronder comme les enfants qu'ils n'étaient plus.


Trois mois plus tard…


L'on pense naïvement que rien ne peut changer, qu'une fois l'équilibre retrouvé, il est difficile de le rompre. Il n'y a rien de pire que le changement en de telles circonstances. Qu'elle triste ironie ! Quel foutu karma ! FUCK à la Destiné et à tous ses sbires qui font de nos vies un enfer. Bon peut-être qu'ainsi dépeinte, la situation semble catastrophique, je conçois que mes lecteurs ne soient pas enclins à se creuser les méninges face à mon raisonnement. Pour la faire courte, je crois que ça à capoter. Tiens, c'est fun (ou pas) on parle de capote et c'est peut-être là qu'est le nœud du problème. Non, non je ne souffre pas du complexe du supériorité, je vous rassure, tout va bien de ce côté-là. Tellement bien que ce qui devait arriver, arriva ! Quoi donc me diriez-vous ? Je vous épargne les détails, disons que Tam et moi, nous sommes de grands sportifs dans notre chambre. Oui bah quoi ? On a beau agir comme des gosses lorsqu'il est question de blague, nous n'en demeurons pas moins des adultes qui aiment profiter l'un de l'autre autant de fois qu'il est possible. de le faire. Je ne compte plus les nuits torrides, les trois fois d'affiler et les lieux exotiques où nous nous sommes livrés à notre sport préféré. Oui, mais voilà, ça a capoté ! Ce matin, cette nuit… Non, je crois que nous étions plus proches du matin que de la nuit. Enfin bref, là, je suis en pleine digression. Peut-être est-ce ma façon de me rassurer, de me dire que tout est dans ma tête, que nous avons trop veillée cette nuit et qu'enclin à la fatigue, mes sens se sont déréglés, me faisant entendre un double battement cardiaque lorsque mon regard convergea sur celui de Tam.


Je m'étais convaincu d'avoir rêvé pour ne pas rendre la chose concrète et continuais à nager en pleine abstraction. Mais tôt ou tard, il faut sortir la tête de l'eau ou du cul (à vous de voir) et embrasser la réalité. C'est ce que j'ai fait ce matin, en me levant tôt, très tôt, à 11h du matin. Ne m'embarrassant d'aucune formalité et après avoir observé ma chérie toujours endormie, j'ai quitté la chambre saluant au passage Victoria. Le sourire aux lèvres, elle passa devant moi sans rien ajouter. La voie est libre ! Direction le centre commercial pour redonner un peu de vigueur à mon addiction. Et non, contrairement à ce que vous croyez, je n'ai pas pris la direction du rayon « boissons » mais bel et bien celle du rayon « confiserie », panier en main, j'ai délesté l'étalage de quatre paquets d'Oreo double crème, mes préférés, puis j'ai vogué vers les pez où j'ai réitéré mon action, le sourire aux lèvres, tel l'enfant que je n'étais plus. Passé ces achats, je me suis dirigé vers un rayon que jamais je n'aurai cru emprunter un jour. Gêné, mon regard à osciller entre la gauche et la droite constatant avec soulagement que j'étais seul. La main tremblante, ma main déchargea le rayon d'un test de grossesse. Passé cette action au combien héroïque, je me suis dirigé vers la caisse où j'ai payé, sans attendre mes petites courses. La caissière m'a regardé presque attendri en voyant l'emballage du test de grossesse défilait devant elle. « -Ce n'est pas pour moi ! » dis-je maladroitement. Bah oui espèce de crétin, je pense que la dame l'a compris. Putain, c'est fou ce qu'on devient con lorsque le « stressomètre » atteint le zéro. Chemin retour, je vous épargne le descriptif inutile du voyage. Toujours est-il que je suis toujours stressé et que je me demande ce qu'il adviendra de moi, passé « La Découverte »


« -J'suis rentré ! » Haytham passa le seuil de la porte et fut surprit de sentir une odeur au combien familière émanait de la cuisine. Il entra donc, referma la porte et se laissa porter par l'odeur sucrée qui exaltait ses sens. « -Victoria ? Vous cuisinez !? » La question semblait idiote, mais logique pour le demi-dieu. Madame Lignac n'étant pas là, il n'imaginait pas une autre personne que Victoria aux fourneaux. Sac en main, le fils de Mars pénétra la cuisine et découvrit qu'il était bien loin de la vérité. « -Salut ! » dit-il en se frottant les yeux. « - Pincez-moi je rêve ! Ma chérie aux fourneaux ?! Non ce n'est pas possible ! » Son sourire s'agrandit lorsque la demoiselle lui sauta dans les bras pour l'embrasser. « - Et pour le baiser, j'ai aussi le droit à la french version ? » Tout sourire, il approcha son visage pour qu'elle puisse se régalait à nouveau de ses lèvres. « -Hum…tu t'ai lavé les dents en plus ! Donc je ne rêve pas, tu as préparé des pancakes ?! » Il la regarda amuser et impressionné par la pile de pancake qui se dressait sur la petite assiette en face de lui. Passé les retrouvailles plus que chaleureuses, Hay entreprit de vider son sac (plastique) « -Ouais j'ai pris quelques munitions puisque madame m'a flingué tout un paquet d'oréo. » Espiègle à souhait, Tamara prépara deux tasses de café et en tendit une à son homme qui ne put que remarquer la grimace de miss Lond. « -Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as fait une drôle de tête là ! Il y a un problème avec le café ? » Il prit son courage à deux mains et porta le mug à ses lèvres. Par chance, le café n'était pas aussi dégueulasse que ce qu'il aurait pu imaginer. Tam décida alors de faire part de ses « petits » problèmes à son compagnon qui posa son regard sur la boîte qui se trouvait encore au fond du sac de courses. « -Hum…ouais ouais bien sûr, je viendrais courir avec toi ! Mais tu sais, moi, je les aime tes fesses, je les aime même beaucoup. Je pense qu'on devrait leur dédier un monument tellement elles sont parfaites » Il se leva, s'approcha pour lui faire face alors qu'elle venait de s'appuyer contre le plan de travail. « -Tu permets que je vérifie ?! » Il n'attendit pas sa réponse et laissa ses mains glissaient pour finalement s'arrêter sur les magnifiques fesses de l'agent Lond. « -Je remarque surtout que vous avez un très beau cul mademoiselle Lond ! Je remarque aussi que vous avez raison quant à la désertion de cette belle et grande cuisine qui je le pense, ne serait pas contre un peu d'animation. » Il la souleva pour l'asseoir sur le plan de travail et l'embrassa dans le cou « -Il nous reste encore la jungle et le jardin » Il manqua de faire tomber une assiette. Par chance, il était encore pourvu de ses réflexes et rattrapa le récipient avant qu'il ne vienne s'écraser contre le sol. Tamara entreprit quant à elle de réitérer l'absorption d'une gorgée de café en vain, ce qui n'échappa à son chéri.


« -Le café n'est pas dégueulasse donc je ne comprends pas ! Il doit vraiment y avoir un problème pour que Tamara Lond soit dégoutée du café. » Son regard se porta aussi sur le test de grossesse qui tapissait encore le fond du sac de courses. Le demi-dieu se détacha donc de sa belle et alla récupérer la tant gênante boîte qu'il cacha derrière son dos tout en s'approchant. « -Tam… Il s'est passé quelque chose d'étrange ce matin. Avant de m'endormir après qu'on est…jouer au scrabble, j'ai entendu quelque chose d'étrange. » Il se tue quelques secondes, prit une grande inspiration et se lança priant pour ne pas faire preuve de trop de maladresse. « -Je crois, mais je n'en suis pas sûr, je peux me tromper, que j'ai entendu deux battements distincts venant de toi. Je te l'ai dit, je me suis peut-être trompé, mais pour palier le moindre doute, j'ai acheté un test de grossesse » Il lui tendit dès lors le fameux test « -Je peux qu'on devrait le faire… Enfin que tu devrais le faire.
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L'honneur est semblable à un beau fruit une fois entamé il ne se conserve plus.
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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Ven 28 Oct - 23:11



Something has changed





Les petites blagues, parfois lourdes ou dangereuses, étaient allées bon train depuis leur retour dans la maison de leur enfance. Tam avait gardé longtemps un bleu sur la fesse droite alors qu’elle avait glissé, à cause du lubrifiant qui avait remplacé son gel douche par la petite manip d’un certain demi-dieu, et en voulant se précipiter pour attraper ce coupable, elle avait fait une glissade et n’avait pu se rattraper à rien. Et le coup de « l’oignon d’amour »… Bon, ce n’était qu’une digne vengeance de l’oréo piégé au dentifrice. L’ex agent de terrain savait qu’en s’en prenant au biscuit préféré de son cher Marsien, la vengeance serait terrible. Et elle aussi avait eu droit à un sacrilège sur sa confiserie préférée. Quelle horreur que de croquer à pleines dents dans un oignon enrobé de caramel, quand on s’attendait à avoir le délicieux gout de la pomme… Enfin voilà, les idées ne manquaient pas, et ils ne s’en voulaient pas. Sur le coup, une course poursuite était engagée, mais au final, la victime riait tout autant que le farceur ou la farceuse. Et puis en général, l’un comme l’autre se faisait pardonner une fois la chambre regagnée.

En cette fin de matinée de début octobre, Tamara avait décidé de ne pas faire de blague à sa chère et tendre guimauve marsienne, elle avait vraiment eu envie de faire un effort pour lui et de lui préparer son petit déjeuner préféré… Même si l’heure de son retour serait sans doute celle du déjeuner. Mais qu’à cela ne tienne, ils se considéraient l’un comme l’autre comme étant en vacances, aussi, point d’horaires. Même si Victoria, la mère de Tam, mettait un point d’honneur à les avoir au moins pour le souper, elle ne s’offusquait pas de les voir de temps en temps prendre leur petit déjeuner à midi.

La belle brune s’était donc affairée dans la cuisine de Mme Lignac durant quasiment une heure, à tout préparer dans les moindres détails pour que l’irlandais de son cœur ait un petit déjeuner tout comme il l’aimait : café, pancake et sirop d’érable. La demoiselle était plutôt fière puisque sur les trois choses citées, les deux seules qu’elle maitrisait étaient de faire le café (qui avait été son carburant durant des années), et sortir le sirop d’érable du placard… Mais en ce qui concernait la partie vraiment difficile, à savoir réaliser la pâte à pancake et ensuite faire cuire ces délicieuses petites galettes, c’était une autre paire de manches, quand on savait que Tamara Lond savait à peine faire cuire un œuf… Bref, le miracle fut accompli, la demoiselle était parvenue à suivre la recette de la cuisinière et à faire cuire sans les cramer une bonne douzaine de pancake dont les derniers avaient une forme quasiment parfaite. Elle s’en félicitait d’ailleurs intérieurement quand le son de la voix d’Haytham se fit entendre.

Elle l’avait donc rejoint, tout sourire, lui sautant dans les bras après avoir approché de lui l’assiette de ses créations culinaires ainsi qu’une tasse de café. Elle se mit à rire face à sa réflexion en lui mettant un petit coup de poing sur l’épaule.

-Pour qui tu me prends ? Bien sûr que je me suis lavé les dents ! Surtout si je dois t’embrasser à la française.

Elle se détacha de lui pour attraper à son tour sa tasse de café, mais l’odeur la dérangeait de plus en plus, alors elle la reposa en fronçant le nez. Hay ne manqua pas de lui en faire la remarque.

-Non, t’inquiète, il n’est pas piégé non plus ce café… En fait, je crois que j’en ai trop abusé ces dernières années, et ça a fini par me rattraper. C’est pas grave, je vais me mettre au thé quelques temps. Ou au chocolat tiens. Avec une guimauve. Ah non, c’est pas bon pour mon cul.

Elle eut un sourire en coin en l’entendant complimenter son fessier. Elle se laissa soulever pour se retrouver assise sur le plan de travail.

-Je pense que tu les aimeras moins si elles se mettent à traîner par terre à force d’être trop lourdes. Quant à la cuisine… Je crois que maman est partie dans son patio, ce qui veut dire qu’on pourrait… je sais pas, fermer toutes les portes, voire les barricader, et on pourra ensuite montrer à cette cuisine que l’animation peut-être plus palpitantes que des crêpes qui sautent d’une poêle à frire ?

Tam pencha la tête en arrière, profitant des lèvres du fils de Mars dans son cou alors qu’elle passait ses mains dans son dos.

-Hum… tu sais que j’adore quand tu fais ça…

Elle le sentit se détacher pour rattraper une assiette qu’il manqua de faire tomber.

-Eh, fais gaffe, ne ruine pas mes magnifiques pancakes faits avec Amour pour toi en pensant à toi et rien qu’à toi. Fais des photos parce que je sais pas si je saurai le refaire. Je crois que c’est l’exploit culinaire de ma vie.

Le sourire aux lèvres, son regard se mit à pétiller telle la gamine de dix ans qu’elle n’était plus depuis longtemps.

-Oh oui, la jungle, j’oubliais presque ! Il faut absolument qu’on retrouve notre super endroit, celui où on a joué à Robin des bois avec ton arc fait maison. Ou c'était plutôt aux indiens. J'étais " Oeil de Lynx ", tu te rappelles?

Le « Penseur » refit une remarque sur la soudaine aversion pour le café de sa petite amie qui secoua la tête en souriant.

-Laisse tomber, j’en ai trop abusé je te dis. Tu verras, ça te fera la même avec les oréos un jour. Et là, je me moquerai de toi aussi, lança-t-elle avec un regard victorieux d’avance.

Sans comprendre ce qu’il avait en tête, elle le regarda s’éloigner. Son regard un peu fuyant, son ton hésitant, Tam se demandait ce qui arrivait à Hay. Avait-il fait une connerie ? Elle pencha la tête de côté, fronçant légèrement les sourcils, la manière dont son visage trahissait une certaine concentration. Il avait entendu quelque chose d’étrange ? Elle, ça ne l'étonnait pas tant que ça. Ils étaient en Louisiane après tout. Et une sorte de jungle entourait la maison sur une bonne partie du domaine. Un lieu privilégié pour une faune très variée.

-Euh ouais vers quatre heure du matin, y a toujours des bestioles qui rodent…

Puis elle le laissa continuer. Et là, il sortit les paroles les plus… les moins… des mots tout simplement incroyables. Tamara écouta Haytham, les yeux ronds, la mâchoire entrouverte, le souffle coupé. Après quelques secondes à être bloquée ainsi, elle éclata de rire.

-Oh putain, t’as bien failli m’avoir ! dit-elle en riant en lui remettant un coup de poing sur l’épaule. T’as pris des cours de théâtre sans me le dire ? Franchement tu étais vachement convainquant, j’en reviens pas, tu m’impressionnes. Et tu as même été acheté un test de grossesse, waow j’imagine tellement ta tronche à la caisse !

Elle se mit à rire de nouveau en imaginant vraiment ce pauvre Haytham perdu au rayon parapharmacie en train de chercher un test de grossesse.

-Tu as vraiment poussé la blague à son paroxysme, je crois que je n’arriverai pas à te surpasser sur ce coup-là.

Néanmoins, le regard du demi-dieu, contrairement aux autres fois, n’indiquait pas d’amusement ni de moquerie. L’ancien agent de terrain arqua les sourcils.

-Arrête, ne me dis pas que t’es sérieux… Tu penses quand même pas que je suis vraiment enceinte ? Ça va, c’est pas parce que j’ai pris quoi… deux ou trois kilo que de suite il faut en tirer des conclusions de ce genre. Et puis de toute façon c’est pas possible, je suis pas cinglée, quand on s’est mis ensemble j’ai fait mettre un implant.

Elle lui prit la boite en carton des mains en secouant la tête.

-Mais si ça peut te rassurer, je vais le faire ton test à la con.

La jolie brune bondit du plan de travail où elle était assise pour atterrir sur ses pieds.

-T’auras intérêt à te faire pardonner pour tout ce que tu me fais faire, genre un mot compte triple au scrabble, minimum ! En attendant goûte les pancakes, je t’ai sorti le sirop d’érable, il est à côté de la cafetière.

Elle quitta la cuisine, à la fois amusée et déroutée par la tournure que prenait cette fin de matinée.
Tam revint une poignée de minutes plus tard, le test déballé, fait et rebouché. Elle l’envoya à Hay depuis le bout de la pièce avant de revenir s’asseoir sur le plan de travail.

-Et voilà, mission accomplie, captain Beau Gosse. Il faut attendre encore deux minutes je dirais. Alors ces pancakes ?

Ceci disant, elle lui attrapa la fourchette pour y goûter.

-Hum, c’est trop bon, je suis une déesse ! lança-t-elle la bouche pleine. Enfin euh… pardon, c’est déplacé non ?

Elle pouffa de rire face à sa maladresse. Bah oui, sortir ça à un demi-dieu, c’était un peu bizarre non ? La petite brune rendit sa fourchette à son bel irlandais qui avait plutôt bien entamé l’assiette, ce qui la fit sourire. Elle laissa son esprit rêvasser. Si elle savait cuisiner comme Mme Lignac, elle essaierait probablement de faire à Hay tous ses plats préférés… Ou peut-être même faire des oréos maison. C’était possible ça ? Il faudrait qu’elle pose la question à la française à son retour le lendemain. Lorsqu’elle revint sur Terre, elle vit le regard d’Haytham rivé sur le test de grossesse, ou du moins sur le résultat affiché. Sourire aux lèvres, persuadée qu’il ne pouvait être que négatif, elle descendit du plan de travail et l’attrapa. Son sourire s’effaça immédiatement, laissant place à une mine interdite.

-C’est quoi ce délire ? Ah je vois, t’as trouvé un test truqué, pas vrai ? Je savais pas que ça existait…

Essayait-elle de se convaincre elle-même que de telles farces et attrapes puissent exister ? Assurément ! Et voyant le regard que le demi-dieu lui renvoyait, elle comprit, pour le connaitre plutôt bien, qu’il ne plaisantait pas.

-Non… souffla-t-elle.

Elle regarda une nouvelle fois le petit écran sur le test qui indiquait alors « trois mois et plus ».

Putain, c’est trop tard pour avorter ! Telle fut sa première pensée.

-Mais…

Son regard se perdit dans le vague quelques secondes tandis que ses poings se serraient. Elle leva ensuite les yeux vers Haytham et lui balança le test dessus, de toutes ses forces. Elle se dirigea ensuite un pas rageux vers le plan de travail où elle sortit du socle en bois l’un des couteaux de cuisine japonais que son père avait rapporté d’Asie à Mme Lignac, avant de se retourner vers le fils de Mars.

-Bordel Hay ! J’ai un implant ! Ta foutue semence semi-divine est plus balèze qu’un putain d’implant contraceptif !

Tout en parlant, ou plutôt hurlant, elle planta la pointe du couteau dans son bras et fit sauter l’implant qui atterrit dans l’évier. Elle y balança le couteau et attrapa un torchon pour appuyer sur la petite plaie.

-Tu fais chier ! Comment tu fais pour toujours obtenir ce que tu veux ?! Tu l’as fait exprès ou quoi ?! Comme par hasard quand on s’est mis ensemble tu m’as parlé d’avoir des enfants, je t’ai dit que j’en voulais pas ! Comment ça a pu arriver ?! Enfin, je sais comment c’est arrivé, mais putain de bordel de merde, pourquoi ?!

Là, elle était folle de rage. Elle en voulait au monde entier, mais surtout à lui. Oui, c’était surement un peu de mauvaise foi, mais pour elle, elle avait fait tout ce qu’il fallait pour ne pas que ça arrive. Et clairement, c’était vraiment la dernière chose au monde qu’elle voulait. Comme elle le lui avait dit lors de leur première nuit en tant que couple, ils savaient à peine s’occuper d’eux comme des adultes, alors devoir prendre soin d’un enfant, ce serait carrément mission impossible.

-Je crois que je vais vomir…

Elle lâcha le torchon et repartit en courant vers les toilettes. Au même moment, Victoria Lond entra dans la cuisine, évitée de justesse par sa fille qui était sortie comme une flèche. La maîtresse des lieux regarda Hay sans trop comprendre.

« -Est-ce que tout va bien, Haytham ? » demanda-t-elle de sa voix toujours si douce.

Pendant ce temps, Tam s’était adossée au mur dans la petite salle d’eau du rez-de-chaussée et s’était mise à sangloter, de manière totalement incontrôlable.

-C’est pas possible, c’est pas possible ! répétait-elle en mettant des petits coups de tête dans le mur derrière elle.

La colère avait fait place à une détresse totale. Tam était complètement perdue et ne savait vraiment pas quoi faire, ni quoi penser. L’irlandais serait probablement très content, puisqu’il avait fait comprendre à sa chérie qu’il aurait bien aimé avoir des enfants. L’univers, le destin ou quoi que ce soit, avait encore décidé de prendre les décisions à sa place, et ça, Tamara n’était pas prête à l’accepter. Les larmes dégringolaient de ses joues sans qu’elle n’y puisse rien faire. Elle avait été seule quasiment toute sa vie durant, récemment elle avait rappris à ouvrir son cœur, y acceptant celui qu’elle avait toujours aimé. Ils s’étaient retrouvés depuis peu, trop peu, et à présent il faudra partager tout ça. Mais Tam n’avait aucune envie de partager Hay avec qui que ce soit. Elle voulait profiter pleinement de tout ce temps qu’ils n’avaient pas pu avoir durant vingt-sept longues années. Si un bébé pointait le bout de son nez, ce serait encore dix-huit ans passés à ne pas profiter l’un de l’autre. Et après, leurs vies à eux serait derrière eux. La jeune femme trouvait qu’ils avaient déjà perdu assez de temps comme ça. Elle était à présent inconsolable, elle avait tout simplement l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Comment une journée qui avait si bien commencé pouvait être ternie aussi vite ? Tam nageait en plein cauchemar, oui c’était vraiment l’impression qu’elle avait. Avec un peu de chance, elle finirait par se réveiller. Ou alors le fils de Mars viendrait d’ici quelques secondes lui dire qu’il s’agissait du plus gros canular de tous les temps et qu’en fait rien de tout cela n’était vrai. L’ancien agent de terrain n’avait plus pleuré depuis des années, mais là, elle se rattrapait, et largement.




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Dim 30 Oct - 23:13



Something has changed



Haytham Cassidy, première version
Quelques années auparavant…


À la question que pensez-vous de l'amour ? Avec un « a » ou un « A » ? C'est important ! Ce genre de problématique mérite, je suppose ce genre de questionnement. Donc qu'est-ce que je pense de l'Amour ? Et bien, je m'avance peut-être dans l'argumentation, mais je pense que ce n'est rien de plus qu'un nom commun, rattaché de surcroît à tout un tas de folklore et de diverses images (stupides) eux-mêmes dérivés d'imagination(s) noyée(s) par une trop grande naïveté. Trop de sentimentalisme à mon goût ! Voyez-vous, pour moi l'Amour avec un « A » s'étouffe peu à peu dans un nuage de niaiseries profondes, ce n'est rien de plus qu'une pseudo-rêverie, rosée en dominance et remplie dans le fond par une peinture ayant pour motifs quelques vilains petits cœurs tout rouge. Dessinés de façon tellement grossière qu'un gamin attardé pourrait le reproduire avec l'aisance d'un grand peintre. J'adore le rouge, mais pas sur ce genre de motif à la con !


J'illustre l'Amour par ce que j'appelle « le vulgaire syndrome du Cucupidon » Et autant vous dire, que l'on fait dans le stéréotype. La plupart des gens que vous prendrez le temps d'interroger (perte de temps assurée) vous diront que l'Amour est illustré à merveille par Cupidon, ce charmant petit ange joufflu, presque entièrement à poil, qui armait de son petit arc, embrase d'un tir, le cœur des faibles mortels. Un ramassé de conneries oui ! Depuis quand Cupidon se la joue Robin des bois ? Et puis merde, si l'on fait dans le cliché, autant bien le faire ! Je suis un demi-dieu et croyez-moi, jamais au grand jamais nous n'avons vu un petit ange (légèrement en surpoids) se balader presque à poil, de colonie en colonie pour embraser les cœurs ! Sérieusement ! Réveiller-vous merde ! L'Amour n'est qu'un ramassé de conneries, reflétant la pensée collective d'amoureux tellement transis qu'ils en ont perdu le sens des réalités. Au secours ! Sérieusement ! Vous croyez vraiment qu'à la fin de l'histoire, le beau prince retrouve la pantoufle de verre et la Princesse qui avec ? Vous pensez que ces joyeux protagonistes vivront heureux pour toujours ? De ce fait, élevons un peu le débat ! Vous croyez que l'Amour peut outrepasser le temps et faire un doigt d'honneur à l'éphémère, direction l'éternité ?! Je n'ai qu'un mot à dire « Merci » ! À qui donc me diriez-vous ?! Et bien à l'industrie de ce bon vieux Walt. Merci d'avoir aliéné nos pauvres petits esprits. Enfin merde, soyons réaliste, tout le monde sait que la Cendrillon d'aujourd'hui est une pauvre femme au foyer désespérée, usée par le temps et les épreuves. Il n'y a pas de princesse naïve qui croit encore que son prince va l'emmener au loin sur son beau cheval blanc ! On peut éventuellement lui souhaiter d'épouser un vieux sur le déclin, qui peut à peine tenir un crayon pour signer son testament.


Donc non, je ne pense pas que l'Amour soit ainsi. Mais rassurez-vous bien que je porte une petite affection (malgré mes origines romaines) aux tragédies grecques, je ne conçois pas l'Amour comme une tragédie Shakespearienne où à la fin de la pièce, tous les protagonistes finissent par bouffer le pissenlit par la racine. En fait, quand j'y pense, je suis forcé d'admettre que je suis incapable de définir clairement ce qu'est l'Amour. Néanmoins, je suis plus ou moins capable de fournir des arguments contestataires, mais je n'en demeure pas moins, incapable de donner une définition claire et précise de ce que représente l'Amour à mes yeux. Si un jour, il mettait encore donner la possibilité de philosopher sur le sujet, je dirais que c'est en grande partie, une prise de tête constante, un débat sans fin, un vrai merdier dans lequel l'être humain s'enfonce un peu plus chaque jour. Donc voilà ! Je suppose qu'après avoir pris connaissance de mes quelques pensées brouillonnes, vous devez vous dire, que je possède à l'égard de L'Amour, une austérité très amère, une rancune infinie, voir même une haine quasi-destructrice. Si c'est vraiment ce que vous pensez, laissez-moi vous dire, que vous avez peut-être raison. C'est vrai, je ne porte pas le grand A dans mon cœur asséché. En fait, pour tout, vous avouez, je l'exècre à cause de son caractère sauvage que l'on ne peut, de se fait dompter. Pour le moment, je n'ai pas encore réussi à l'apprivoiser, ni à percer tous ses mystères, ni à décrypter le mythe. Je suis un célibataire endurci depuis longtemps, je jette plus que je ne collectionne. Peut-être qu'un jour, je rencontrais enfin, celle qui me fera revoir de A à Z toute mon argumentation… Peut-être même que je l'ai déjà rencontré…


Haytham Cassidy 2.0


Quelques années plus tard et après de multiples péripéties, l'homme qui décriait l'amour avec tant d'ardeur est devenu celui qui s'en enivre chaque jour. Out, les folklores, bonjour les images stupides et appellations du même acabit. Bienvenue les « mon amour, mon cœur, ma guimauve » Bien sûr pour des raisons évidences, l'heureux petit couple se permettait ces fantaisies en toute intimité loin du regard inquisiteur de leurs ennemis respectifs et communs pour la plupart. A présent, Haytham se foutait bien des vilains petits cœurs tout rouge, de la pseudo-rêverie rosée et de tous les autres stéréotypes inhérents à cet Amour qui lui faisait tant défaut avant cette femme présente depuis ce qui s'apparente à toujours. Elle, elle est un tout, un vaste horizon dans lequel le demi-dieu aime se perdre durant des heures. Elle, elle est ce rayon de lumière qui transperce les ténèbres menaçantes. Elle, elle lui offre ce dont il a été privé depuis longtemps, la tendresse, la base de la base pour le commun des mortels, même pour les demi-dieux. Tôt ou tard, nous nous laissons tous et toutes amoindrir par cette tendresse. Pour certains, elle est une faiblesse qu'ils préfèrent faire semblant de ne pas voir. Le résultat de cette équation n'en demeure pas moins bien triste. Ces êtres qui rejettent la tendresse, se complaisent dans le malheur, la colère et tout un tas de sentiments tout aussi désagréables. Le demi-dieu ne connaissait que trop bien cette façon de faire. Lui-même, vous aurez rétorqué, des années auparavant, « d'aller, vous faire, mettre. » Que l'amour, c'est pour les « faibles » L'ancien modèle ne lésinait pas sur les qualificatifs, le nouvel Haytham aussi, mais il abordait aujourd'hui un langage un peu moins fleuri. Et pour cause, il fait à présent partie de ceux qui n'ont pas peur de se shooter à la tendresse à défaut de le faire avec des substances prohibées.


Tant pis pour le syndrome du « Cucupidon » et tout ce que cela entraîne. Bien sûr, je continue et je n'en démordrais pas, Cupidon n'est pas un putain de petit ange joufflu presque à poil qui vous tire une flèche au cul pour vous rendre « aimable ». Vous n'avez pas besoin de ça pour trouver ce que beaucoup d'entre-nous cherche, parfois même en vain. Ce petit truc sur lequel je vomissais ma haine des années auparavant. Le grand A, bien sûr ! Attention, mettons les choses au clair ! Ceci n'est pas une chronique ok ? Je ne suis pas là pour dire ce qui est bon et ce qui est mauvais, libre à vous de prendre vos décisions. Et puis je m'en voudrais de piquer le job de certaines personnes, au combien plus compétentes que moi. (ndlr Abby Cardin, fille de Vénus) Donc revenons au grand A ! Out le ramassé de conneries reflétant la pensée collective d'amoureux transis. Quand on aime, l'on se laisse « un peu » emporter, l'on se sent comme qui dirait emplit d'une certaine légèreté qui nous laisse penser que tout est possible, même l'amour éternel. Les mauvaises langues diront que rien ne dure (sauf leur connerie), que pauvre de nous, nous nous exemptons de l'éternité étant soumis à la Mort…blablabla. Ce que je veux dire (parce que je suis capable de simplifier ma pensée de Penseur) c'est qu'il est possible de trouver chaussure à son pied et de garder cette même chaussure jusqu'à la fin. Tout ça pour vous dire, que je suis amoureux, vraiment très très très amoureux. Tellement que je suis prêt à m'enfiler tout un tas d'oréos au dentifrice pour la faire sourire. Que je pourrais continuer à tailler des cures dents rien que pour l'entendre se moquer. Que je suis prêt à me laisser affubler d'un surnom débile pour lui faire plaisir. En fait, je suis prêt à tout pour la rendre heureuse tout simplement, mais je crois que cette fois, ça a capoté.


Tout avait pourtant si bien commencé, au-delà même du possible. Tam s'était mise aux fourneaux profitant de l'absence de madame Lignac pour prendre possession de la cuisine, une contrée hors de sa portée depuis tant d'années. Désireuse de faire plaisir à son homme et délestant les blagues un court instant, l'agent de terrain, avait décidé de préparer ce qui aurait dû être le déjeuné au vu de l'heure tardive. Elle avait donc préparé des pancakes, qui étaient parfaits à première vue. Tellement que l'on aurait pu croire qu'elle les avait achetés et c'était, de ce fait, contenté de les réchauffer « histoire de » Mais non, Tamara Lond était bien à l'origine de cette création et pouvait se targuer d'être une déesse (dans tous les sens du terme) Mais avant que l'horizon ne s'obscurcisse, profitons de cette belle éclaircie offerte par ces deux êtres aussi malchanceux qu'amoureux. Haytham qui semblait soucieux, ne laissa rien paraître. L'instant était parfait, tellement que le demi-dieu aurait pu dégainer son portable pour prendre quelques photos afin d'immortalité la quiétude éphémère de la cuisine. Le sourire aux lèvres, il se contenta juste de regarder sa chérie avec amour, pour figer le moment dans sa mémoire. « - Les baisers à la française, il n'y a que ça de vrai ! » dit-il avant de mettre en pratique ses dires en posant ses mains chaudes sur les hanches de la belle tornade brune. Il lui offrit ensuite le fameux baiser à la française et se détacha tout doucement pour faire perdurer l'instant. « -Oui effectivement, le lavage de dents avant le détartrage c'est mieux ! » Il lui fit un clin d'œil « -J'espère que la french version des pancakes sera aussi bonne que le baiser ! » Ce petit moment de complicité aussi simple soit-il, avait néanmoins permis au demi-dieu, de se défaire de la petite appréhension qui lui triturait l'estomac depuis le levé. Il l'ignorait encore, mais ça n'allait pas durer et d'ici quelques minutes, cette quiétude ne serait plus qu'un lointain souvenir.


« -Tam… il s'est passé quelque chose d'étrange ce matin… » fut la phrase d'introduction. Maladroite et emplit d'une hésitation qui n'était pas coutumière chez Hay, ce dernier consentit, pour mieux rebondir, à laisser la parole à l'agent de terrain qui évoqua la présence de bestioles pour justifier l'existence des étranges bruits entendus par le demi-dieu, qui tenait encore, derrière son dos, le fameux test qui changera à jamais leur vie. « - Tam je sais quand même faire la différence entre un bruit extérieur et un bruit intérieur ! Ca n'était pas une bestiole, crois-moi ! » La maladresse était à nouveau de la partie, faisant presque perde tous ses moyens à ce pauvre demi-dieu qui confessa enfin, sans être totalement sûr, avoir entendu deux battements bien distincts provenant de Tamara. » Et tel le magicien qu'il n'était pas, il fit apparaître de derrière son dos, le test. Figée dans une expression qu'Haytham ne lui connaissait pas, l'humaine après un long silence, éclata de rire, à la grande surprise du Marsien qui fronça les sourcils, incapable de comprendre ce qui venait de lui passer par la tête. « -Je suis sérieux ! » dit-il après s'être prit un coup-de-poing sur l'épaule. L'air encore plus gêné, il la laissa s'esclaffer à nouveau, essayant déjà de trouver une argumentation plausible pour apaiser les tensions à venir. Peut-être aurait-il préféré éclater de rire à son tour et dévoiler le « faux » poteau rose ! « -Tamara, s'il te plaît ! Je ne plaisante pas cette fois, je suis sérieux ! » Cette réplique couplée au regard fuyant du fils de Mars, ne laissait entrevoir le moindre doute. Mâchoire serrée, le quadra lui tendit le test. « -Je te l'ai dit, j'ai entendu deux battements bien distincts. Et puis ça n'est pas juste qu'une histoire de deux, trois kilos. Regarde, tu ne supportes plus le café. Toi, la buveuse invétérée, l'accro de la caféine ! Tu peux m'expliquer comment, du jour au lendemain, tu en es venu à ne plus supporter le café ? Mon amour, l'addiction est une conduite qui repose sur une envie répétée et « irrépressible » en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire. Sur le sujet, j'en connais un rayon et de ce fait, je suis bien placé pour savoir que tu es accro à la caféine. D'où mon discours ! Donc à moins d'avoir été aidé par quelqu'un, je doute que ton dégoût pour le café soit normal. »


L'argument de l'implant fut le dernier élément lancé par la demoiselle pour faire taire les rumeurs dont elle était sujette. « -Tam, ce truc n'est pas infaillible ! Implant ou pas, je pense que tu devrais vraiment faire ce test. S'il te plaît ! » Il la suppliait presque du regard, espérant ainsi la convaincre du bienfondé de ce test, qu'elle lui arracha des mains en secouant vivement la tête pour faire part de son exaspération plus que naissante. « -Oui ça me rassurait que tu fasses ce test qui m'a valu un moment gênant à la caisse. » La belle demoiselle qui avait « étrangement » perdu de sa bonne humeur, quitta sans plus attendre le plan de travail non sans maugréer au passage. « - Je saurais me faire pardonner sois en sûre. J'ai en ma possession un mot qui compte huit des lettres les plus chères. Prépare-toi à une partie mouvementée très chère. Aller-vas donc pisser sur le bâtonnet pendant que je m'empiffre de ces pancakes qui m'ont l'air délicieux ! » Pour mettre un terme (ou du moins essayer) au malaise, le demi-dieu embrassa sa belle sur la commissure des lèvres et la laissa s'en aller, légèrement anxieux quant à la suite des événements. D'ailleurs pour palier à cette anxiété, comme tout bon humain qui se respecte, notre beau brun se tourna vers l'assiette de pancakes qui lui tendait les bras et ne manqua pour se préserver d'un hypothétique désastre, de remplir sa tasse de café. Aventurier dans l'âme, il saisit un pancake et mordit dedans, appréhendant « légèrement » la suite des opérations. Et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant de la douceur, du sucré comme il faut. « -Hum ! » Il appréciait tellement le goût qu'il ferma les yeux pour prolonger jusqu'au bout ce qui ressemblait à un « orgasme culinaire »


Il eut tout juste le temps de terminer le délicieux pancake dégoulinant d'amour, que la tornade brune refit son apparition. Elle envoya le petit bâtonnet sur Hay qui esquissa une petite grimace en le prenant du bout des doigts. « -Du coup tu as pissé là-dessus ?! » Elle reprit sa place sur le plan de travail, tandis que Hay, intrigué, observait le test qu'il tenait encore du bout des doigts. « -pour en revenir aux pancakes ! » Il posa le test sur le rebord du plan de travail et s'approcha de l'apprentie cuisinière, récupéra son assiette et sa fourchette qu'il lui tendit pour qu'elle-même goûte son œuvre. « -Si je te dis que j'ai pratiquement eu un orgasme culinaire tu me crois colonel Badass ? Etoui, en de telles conditions, tu peux aisément te pouvoir de ce statut divin. D'autant plus que tu es une déesse dans d'autre domaine, si tu vois ce que je veux dire ! » Regard joueur, il découpa un autre bout de pancake qu'il porta à ses lèvres expertes. Puis il acheva son festin, tandis que Tam regardait le sol, l'air absente. « - Tu penses à tous les plats que tu pourrais me faire telle la superbe femme d'intérieur que tu n'es pas ? » Le sourire aux lèvres, il posa l'assiette vide et la fourchette dans l'évier, avant de poser son regard sur le test. Son sourire disparut aussitôt. Pour mieux s'en assuré, il le reprit en main et le secoua, en vain, le résultat restait le même. « - Ce n'est pas un délire ! Tam le test n'est pas truqué, regarde par toi-même. Le test est vraiment positif. Tu es enceinte ! » Il laissa poindre un petit sourire qu'il n'aurait pus réfréner ce même s'il le voulait. « -Si ! » dit-il avec soudain moins d'entrain. Il venait de comprendre quelque chose qu'il savait déjà pourtant. Tam ne voulait pas d'enfant, contrairement à lui. Elle s'était montrée claire, peut-être même trop à l'encontre de son petit ami, qui au moment de la précédente conversation, pour la rassurer, lui avait fait savoir qu'il se fichait d'en avoir, qu'elle seule comptait. Mais le pensait-il vraiment ? Etait-il prêt à renoncer à son désir de paternité ? Il avait la réponse sous les yeux.


« -Tam, je sais qu'on en a déjà parlé et que tu t'étais montrée claire sur le sujet, mais regarde ! C'est peut-être l'occasion de reconsidérer les choses non ? Et puis je suis là, on est ensemble, on surmontera ça. » Il lui prit les deux mains, souriant de toutes ses dents. « -Mon amour, tu es la femme de ma vie, je t'aime plus que tout sur cette terre. Cet enfant, c'est la preuve ultime de notre amour, la concrétisation d'un avenir ensemble. Il ou elle ne manquera de rien, surtout pas d'amour. On lui apportera tout ce que nous n'avons pas eu. » Mais le sourire si vite retrouvait disparut telle une éclaircie en pleine averse, lorsque le regard chocolat du brun ténébreux croisa celui en amende de la belle aventurière du bayou. « -Tam ?! » Elle sortit alors de son mutisme pour balancer le pauvre test sur le coupable qui ne put se résoudre à parer l'attaque et se prit, de ce fait, le bâtonnet électronique en pleine poire. « -Tam ! » réitéra-t-il alors qu'elle se précipita vers l'un des placards pour en sortir un couteau de cuisine, japonais qui plus est. Une observation qui donna quelques sueurs froides à notre demi-dieu. « Hey !!! Hô !!!! Mais qu'est-ce que tu fais ? Non arrête ça ! Pose ce couteau de mamanaï tout de suite ! » Il voulut s'approcher pour tenter de désamorcer une situation déjà bien critique, redoutant le pire. Par chance, la belle n'avait heureusement pas l'attention de s'ouvrir les veines, rassurant au passage ce pauvre Haytham qui ne savait plus quoi dire ou faire. « -Ecoute Tam, je ne sais pas ce que tu comptes faire avec ce couteau et de toi à moi je n'ai pas envie de savoir. Fais-moi plaisir et pose le ok ?! ?! Quant à ma semence semi-divine, j'ignorais qu'elle était capable d'être plus balèze qu'un truc contraceptif ! À vrai dire, je ne m'étais jamais posé la question. Et puis à ce que je sache, je n'ai qu'un seul enfant ! Tam, s'il te plaît, ne fait pas de bêtise ! » La belle, toujours semi-hystérique planta la lame du couteau dans son bras et en retira l'implant qu'elle balança dans l'évier avec le couteau. Hay lui tendit alors un torchon pour qu'elle arrête le saignement émanant de la petite plaie. Il subit ensuite une attaque à laquelle, de toute évidence, il n'était pas préparé.


« -Tu crois vraiment que je l'ai fait exprès ?! » Il se prit la tête pour ensuite se masser les tempes, espérant apaiser ses propres ardeurs. « -J'ai compris que tu ne voulais pas d'enfants. Tu as été claire sur la question, voir même limpide. Je t'ai dit que je comprenais, alors que non, mais j'étais prêt à renoncer à ça pour TOI, parce que je t'aime et que de ce fait, je ferais passer ton bonheur avant le mien. Je m'étais fait une raison, je l'avais accepté. Et voilà que maintenant, tu es enceinte ! Je mentirais en disant ne pas être content, voir même heureux d'apprendre cette nouvelle ! Mais tu ne l'es pas et de toute évidence, tu as l'air de croire que je t'ai piégé. Oui, tu penses vraiment que je suis ce genre de personne et rien que ça, ça suffit à m'enlever la petite parcelle de bonheur engendré par ce putain de résultat positif ! » Alors qu'il eut terminé sa réplique, elle porta une main à sa bouche et disparut avant que la catastrophe ne survienne bousculant au passage sa mère. Haytham ramassa le torchon tâché et le déposa sur la table. Le regard lourd et la mâchoire serrée, il s'assit sur l'une des quelques chaises mises à disposition et regarda la fenêtre qui lui faisait face avec tristesse. « -Est-ce que tout va bien, Haytham ? » La voix douce de Madame Lond sortit le pauvre demi-dieu de ses pensées. « -Ah Victoria ! Bonjour, je ne vous avais pas entendu ! » Il se releva aussitôt et se dirigea vers la cafetière. « -Vous voulez un café ? » La mère de Tamara, tout sourire, posa une main sur l'épaule du jeune homme et lui fit savoir qu'elle préférait se faire une infusion.


« -Ok, je vais vous préparer ça alors ?

« -Haytham, tu es mon invité, tu n'as pas à te donner cette peine tu sais ! »

« -Oui, mais ça me fait plaisir et c'est la moindre des choses ! » Conscient que le regard de la matriarche pesait sur lui, Hay souffla et récupéra le test de grossesse qu'il lui tendit aussitôt. « - Tamara est enceinte, comme vous le voyez ! Nous devrions nous réjouir, mais non, car contrairement à moi, votre fille ne veut pas d'enfant. » Victoria regardait le jeune homme, l'air désolé. « -Je l'aime comme un dingue vous savez ! Je ne veux que son bonheur. Elle croit que je l'ai piégé, alors que non. Je m'étais fait une raison, j'étais même prêt à accepter le fait que nous n'ayons jamais d'enfants. Et voilà que ça nous tombe dessus, comme le ciel sur la tête » Victoria prit la main de son « beau-fils » et lui fit savoir qu'il n'avait pas besoin de se justifier de la sorte et qu'il serait plus judicieux d'aller voir Tamara pour lui parler. Et effectivement, au vu des pleurs qui émanaient de la petite salle d'eau du rez-de-chaussée, la présence d'Haytham était « peut-être » salutaire. Le demi-dieu offrit un sourire teinté de tristesse à madame Lond, puis s'en alla retrouver sa bien-aimée. « -Tam ?! Ouvre-moi s'il te plaît ! Je sais que tu es là. Je t'en prie ! Mon amour, je sais que tu es perdue, je le suis tout autant. Je sais aussi que tu exècres tout ce que tu ne peux contrôler. Mais cette fois, il faudra faire avec et l'accepter. Et puis je suis là, je ne ferais pas la même erreur deux fois. Mon amour, je t'en prie, ouvre-moi ! Laisse-moi au moins de prendre dans mes bras, ça, je sais faire ! Ma guimauve, je t'en prie ! » Désemparé, il appuya son visage contre la porte et se laissa glisser. « - Je suis désolé, vraiment désolé ! Je suis vraiment mal là et j'ai conscience que c'est pire pour toi. Si je pouvais changer les choses, je le ferais. Malheureusement, je n'ai pas ce pouvoir. Tam ? Aller ouvre cette porte s'il te plaît ! On doit parler à ta mère ! »
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mar 1 Nov - 20:39



Something has changed





Ouvrir son cœur, avoir des sentiments, aimer quelqu’un, c’est prendre beaucoup de risques. Déjà, le risque de ne pas être aimé au même degré, mais bon, de ce côté-là, Tam n’avait aucun souci à se faire. C’est prendre le risque d’être déçu aussi, de mille et une façons, et surtout de souffrir. Tam avait déjà beaucoup souffert par le passé, par la faute de ce garçon qu’elle avait tant aimé dans son enfance.

Tamara Lond n’était pas comme toutes les autres filles. Là où quatre-vingt-dix-neuf pourcent des membres de la gente féminine avait pour rêve ultime de rencontre « le bon », le prince charmant, tomber amoureuse, faire un magnifique mariage digne d’une famille royale, et avoir des enfants, notre petite brune, elle, était bien loin de ce genre de souhaits. Bien au contraire, elle rejetait tout cela en bloc depuis ses douze printemps, jour où elle avait réalisé que l’Amour et tous ces trucs niais qui allaient avec n’étaient que foutaises. Oui, Haytham Cassidy était responsable de ça.  La personne en qui elle avait le plus confiance, son ami le plus proche et celui dont elle était secrètement amoureuse avait mis les voile, l’abandonnant dans la période la plus sombre de sa vie, à ce moment, CE moment précis où elle avait eu besoin de lui. Il n’avait pas été là, il avait tout simplement disparu sans laisser de trace, sans donner la moindre nouvelle durant quasiment trois décennies. Et si ce n’était pas elle qui l’avait retrouvé, grâce à ce cher Marvin, il y avait fort à parier qu’il ne l’aurait jamais recherchée.

Bref, notre chère Tamara était bien loin de se douter, une année auparavant, qu’elle s’autoriserait ce qu’elle avait toujours refusé, qu’elle aimerait quelqu’un de manière inconditionnelle, qu’elle tomberait elle aussi dans ces clichés qu’elle moquait depuis toujours des filles qui donnaient des petits surnoms idiots à leur amoureux, qu’elle serait prête à faire des efforts pour lui faire plaisir, comme cuisiner (oui, pour elle, c’était vraiment un effort surhumain, n’allez pas croire que j’exagère, aller jusqu’à faire elle-même la pâte à pancake relevait de l’exploit). Pour lui, elle avait réussi à oublier toute sa colère, sa haine et ses préjugés dans lesquels elle avait été ancrée si longtemps. Pour lui, elle avait accepté de revoir sa manière de penser. Pour lui, elle avait accepté de changer, alors qu’elle s’était toujours dit qu’elle ne le ferait jamais pour quelqu’un d’autre que pour elle-même.

Avant de retrouver Haytham, la vie de Tam était simple, elle était plongée dans son boulot qui lui prenait le plus clair de son temps, elle rendait visite à sa mère à la clinique, elle sortait boire un verre quand elle avait fini une mission, un plan cul de temps en temps, et la boucle était bouclée. Mais le fils de Mars était revenu dans sa vie, et tout avait changé. Les sentiments qu’elle avait enfoui, ou plutôt qu’elle avait transformés en leur exact opposé, avaient refait surface, et l’Amour qu’elle avait si longtemps décrié était revenu faire battre son petit cœur de pierre. L’agent de terrain avait été bien désemparé par tant de nouveauté, mais elle s’en était accommodée, et elle avait réalisé qu’elle était bien plus heureuse à présent que son « Penseur » était revenu dans sa vie, qu’il partageait ses sentiments. La jolie brune était prête à rattraper tout ce temps perdu, et c’était bien ce à quoi s’employaient les deux amoureux. Force était de constater que l’Amour n’était pas si terrible que ça, bien au contraire.

A présent, tout était bien différent. Amoureuse comme jamais, Tam savourait chaque jour qui lui était donné de vivre aux côtés de l’homme de sa vie. Elle se rendait compte combien aimer était beau, contrairement à ce qu’elle avait toujours cru. La belle brune se sentait revivre, ou plutôt, elle avait l’impression de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée, et que durant vingt-sept ans elle avait vécu une tout autre existence, ou celle d’une autre personne. Dorénavant, elle ne comptait plus les câlins, les moments de tendresse, les baisers volés, les petits noms d’amoureux que bien entendu, par fierté, l’un comme l’autre ne se donnaient que lorsqu’ils étaient seuls. Ainsi, le surnom qui ressortait le plus fréquemment était « guimauve », en référence non seulement au chocolat chaud de leur enfance agrémenté d’une guimauve, et aussi à l’aspect de cette friandise qui ressemblait à s’y méprendre à l’état de l’un et l’autre quand ils étaient seuls, dégoulinants d’Amour.

En ce matin du 3 octobre, un peu moins d’un mois après que Tam ait soufflé ses trente-neuvièmes bougies, elle avait décidé de faire ce qu’elle n’avait jamais vraiment fait depuis qu’elle était adulte : cuisiner. Mais de la vraie cuisine, pas juste réchauffer un truc au four ou au micro-ondes, non, une création de A à Z. Et si d’aucun dirait que faire des crêpes ou des pancakes était à la portée de tous, sachez que pour Tamara Lond, le simple fait d’utiliser un fouet à pâtisserie était une chose bien exotique. C’est donc fière de sa belle assiette de pancakes destinée au demi-dieu de son cœur qu’elle accueillit ce dernier. Mais le sourire et la bonne humeur furent de bien courte durée. De sa maladresse habituelle, qui en d’autres circonstances aurait pu être qualifiée de « mignonne », Hay tâcha de faire comprendre à Tam qu’il pensait qu’elle était enceinte. Le fait d’entendre deux battements de cœur distincts et de la voir dégoutée du café alors qu’elle ne carburait qu’à cela auparavant étaient pour lui des signes qui ne trompaient pas. La jeune femme quant à elle, refusant catégoriquement cette éventualité, avança des contre-arguments. Mais pour rassurer le fils de Mars, elle consentit à aller faire le test qui, d’après les dires de l’irlandais, lui avait valu un moment de solitude. D’ailleurs, Tam aurait payé cher pour voir ça, et elle ne put dissimuler un petit sourire en coin qui voulait dire « bien fait pour toi ». Alors qu’elle se dirigeait vers la sortie de la cuisine, exigeant une partie de « scrabble endiablée » pour qu’il se fasse pardonner, Hay confirma qu’il saurait gérer.

-J’espère pour toi, fils de Mars !

Tamara revint donc quelques minutes après et envoya le test à Haytham qui le prit d’un air dégouté. Elle secoua la tête.

-J’ai pissé sur le bout du bâtonnet qui est recouvert maintenant par un capuchon, idiot ! Si tu lisais les notices des trucs inutiles que tu achètes, tu le saurais !

A ce moment-là, l’ex agent de terrain était encore persuadée que le « Penseur » faisait fausse route, convaincue que l’implant contraceptif ne pourrait être contré. Après tout, c’était censé fonctionner à 99% non ? La belle brune se disait qu’elle avait eu son lot de malchance et qu’elle ne pouvait faire partie des 1%. Réinstallée sur le plan de travail, elle écoutait le Marsien la complimenter sur les pancakes. Elle soupçonna d’ailleurs que ce soit une manière de se faire pardonner, mais lorsqu’elle gouta à sa création culinaire, elle ne put que confirmer.

-Même si tu as raison et que je suis une déesse au pieu et désormais en pancakes, ce n’est pas avec des mots que tu te feras pardonner, ma guimauve.

Ce fut les dernières paroles un peu « enjouées » de Tamara avant que le couperet de la fatalité, ou plutôt celui du résultat du test de grossesse. Bien entendu, Hay sembla bien plus enthousiaste que sa chère et tendre qui était atterrée par ce résultat qui lui fit l’effet d’un coup de poing en pleine gueule. Alors que l’irlandais tachait de lui montrer les côtés positifs avec des paroles que la demoiselle qualifiait intérieurement de « blabla totalement cliché et ridicule ».
La preuve ultime de notre Amour, sérieux ?! pensa-t-elle en le dévisageant.

Là, elle explosa de colère. Elle ne l’écouta même pas quand il la suppliait de poser l’énorme couteau de cuisine qu’elle avait sorti du support en bois pour arracher de son bras l’inutile implant contraceptif qui n’avait plus lieu d’être là. Sa mauvaise foi l’avait poussée à accuser Haytham de l’avoir fait exprès. Bien entendu, elle était consciente qu’il n’avait pas vraiment pu causer de manière intentionnelle cette situation, bien qu’avec ces foutus demi-dieux, on pouvait s’attendre à tout. Là où elle n’appréciait pas, c’était lui aussi se mit à s’énerver. Bordel, c’était elle qui se retrouvait dans une situation qu’elle n’avait pas voulue, et c’était lui se permettait de la ramener ?! Là, elle était vraiment hors d’elle, à tel point que la nausée la prit et qu’elle dût quitter la pièce à la hâte pour aller vomir aux toilettes qu’elle avait quittées quelques instants auparavant. Sa chère maman Victoria, attirée par les cris de colère de sa fille, entra au même moment et alla voir Haytham pour s’enquérir de la situation, loin de se douter de ce qui se tramait. La maîtresse de maison fut alors informée par son « gendre » de la situation, et un sourire orna ses lèvres.

« -Oh, mais c’est une merveilleuse nouvelle ! Ecoute, mon petit chéri, je suis certaine que Tamara changera d’avis, il faut lui laisser le temps, tu sais comment elle est. Et crois-moi, elle t’aime de tout son cœur elle aussi. Et ce depuis de nombreuses années. »

Les paroles de celui que la maman de Tam considérait depuis toujours comme son fils la touchèrent. Il aimait sa fille, cela ne faisait aucun doute, et elle savait que c’était réciproque et que Tamara serait parfaitement heureuse avec lui. Madame Lond conseilla alors à l’irlandais d’aller retrouver sa bien-aimée qui avait surement plus besoin de lui que de quiconque. La matriarche était à la fois ravie de la nouvelle qui venait de lui être annoncée, mais attristée que sa chère petite fille ne soit pas du même avis.

Tamara était donc assise parterre, adossée au mur, recroquevillée sur elle-même, le front appuyée sur les genoux, lorsqu’elle entendit Haytham l’appeler. Il essayait d’avoir des paroles réconfortantes, ce qui était quelque part touchant, mais Tam n’était pas prête encore à parler, ou plutôt, elle n’en était pas capable. Le seul son qui put s’échapper de sa gorge fut un hoquet. Elle replongea son visage entre ses bras croisés.

-Laisse-moi… hoqueta-t-elle. Je veux pas que tu me vois comme ça !

Elle qui ne pleurait jamais, qui s’était promis depuis ses douze ans de ne plus jamais pleurer à cause de ce garçon, voilà qu’elle déversait toutes les larmes de son corps sans pouvoir s’arrêter. Et puis elle se rappela que les sens du fils de Mars ne l’avaient certainement pas trompé sur l’état de son amie. Elle soupira, tâchant de se calmer. Surtout que la porte n’était pas verrouillée, elle n’en avait pas eu le temps en entrant. Le fils de Mars insistait, il était au moins aussi têtu qu’elle, la petite brune le savait. Et puis, même si elle était en colère, à présent elle était surtout désespérée, et il était la personne dont elle avait besoin.

-La porte est ouverte, dit-elle d’une toute petite voix. Attends... Est-ce que… tu peux m’apporter un verre d’eau s’il te plait ?

Tam entreprit de sécher ses larmes du dos de ses mains, et Hay évoqua Victoria, à qui ils devaient, selon lui, parler. Les larmes se remirent à couler lorsque l’ancienne agent de terrain réalisa qu’il faudrait effectivement l’annoncer à sa mère.

-Oh merde, marmonna-t-elle. J’avais presque oublié.

La porte finit par s’ouvrir sur le « Penseur ». Tam fixait le mur en face d’elle, prenant soin de ne pas croiser son regard. Elle tendit la main vers lui pour attraper le verre d’eau et en boire deux gorgées avant de le poser parterre à côté d’elle.

-Assieds-toi à côté de moi et ne dis rien, s’il te plait…

Elle prit une profonde inspiration, ne quittant pas le mur des yeux, tâchant de rester la plus calme possible. Elle avait l’impression d’être au beau milieu d’un affreux cauchemar, n’ayant le contrôle de rien et pas même de son réveil, et que jamais elle ne pourrait en sortir. Pourquoi tout ceci devait-il être réel ? Pourquoi cela ne pouvait-il pas être l’une de ces blagues débiles que Hay lui faisait, en riposte à celles qu’elle avait commencée à lui faire ? Pourquoi la vie prenait-elle toujours un malin plaisir à la tourmenter ?

-Ecoute Hay… commença-t-elle, parce qu’il fallait bien commencer quelque part. Je… je sais que tu ne m’as pas piégée, enfin… j’espère. Non, j’espère pas, je le sais, je suis désolée d’avoir dit ça. Mais c’est que… putain merde je suis pas d’accord avec ça, je voulais pas que ça arrive. Oui, tu as raison, je suis perdue, mais non, en fait c’est pire que ça, je ne trouve même pas le mot exact pour te dire combien je me sens mal. Cette situation, c’est l’une des pires choses qui pouvaient arriver. Je suis tellement désolée de devoir te dire ça, parce que je sais bien que ce n’est pas ce que tu voulais entendre, je sais que toi tu as envie d’avoir des enfants et que, du coup, cette nouvelle te fait plaisir. Je suis consciente qu’en réagissant comme ça j’ai un peu… beaucoup, gâché ton bonheur, et vraiment je suis navrée, parce que je t’aime et je veux que tu sois heureux. Mais là, je crois que seul l’un de nous le sera. J’ai rien contre le fait que ce soit toi qui sois heureux, mais ça m’emmerde que ce soit à mes dépends. C’est très égoïste, je sais, et encore une fois, j’en suis plus que désolée, je suis désolée de ne pas réussir à me réjouir de cette nouvelle. Tout ce que tu dis, c’est très touchant, c’est très beau, et je suis sure que n’importe quelle femme au monde serait aux anges d’entendre ça. Mais je ne suis pas les autres. Moi, tout ce que je voulais, c’était passer le reste de mes jours avec toi, seulement avec toi. Toi tu vois ce truc qui va arriver comme un enfant tout mignon à chouchouter, moi je le vois comme un parasite qui va nous pourrir la vie pendant au moins dix-huit ans.

Tam eut conscience que ses paroles étaient vraiment dures, difficiles à entendre, mais elle voulait que le fils de Mars comprenne bien son ressenti. Elle lui parlait avec franchise, sans détour.

-Tu dois me prendre pour la personne la plus horrible du monde à présent. Mais je ne veux pas te mentir, je veux que tu saches ce que je pense, même si c’est difficile à encaisser pour toi, ce que je conçois. Je ne suis vraiment, vraiment, vraiment pas heureuse du tout de savoir qu’on va être trois. Et moi aussi, si je pouvais remonter le temps, je le ferais. On ne peut pas, je le sais, c’est comme ça, c’est la fatalité. Je vais bien devoir m’y faire, c’est certain, mais il faut que tu comprennes que ça va me prendre du temps. Il reste quoi, cinq ou six mois avant que ce truc ne débarque. Ça veut dire qu’il ne nous reste que ce temps-là pour profiter l’un de l’autre…

Elle sentit les sanglots revenir, faisant trembler sa voix et embrumant sa vue, alors elle leva la tête vers le plafond, essayant d’empêcher les larmes de couler à nouveau.

-Enfin, maintenant tu dois surement me détester, et c’est surement bien fait pour moi après tout ce que j’ai fait. C’est l’univers qui me punit pour toutes les conneries que j’ai faites en appartenant au DLCEM… On s’est retrouvés depuis cinq minutes après une vie entière de séparation, et il faut maintenant que je te partage, je suis désolée, j’ai trop de mal à accepter ça !

Tam se décida enfin à affronter le regard de son bien-aimé, se demandant ce qu’elle y verrait après tout ce qu’elle avait osé lui dire. Mais au moins, elle avait été honnête. Ses yeux brillants de larmes se fixèrent dans les siens.

-Je suis tellement désolée Hay, je voudrais tant être comme toi, je voudrais tant être celle que tu aimerais que je sois, mais j’y arrive pas. Tu crois que tu pourras me pardonner ça ?

En cet instant, la brunette qui d’ordinaire ne doutait de rien, n’avait peur de rien, savait toujours ce qu’elle faisait et avait l’habitude de tout contrôler dans sa vie, avait juste l’impression désagréable que toutes ses certitudes s’évanouissaient, elle se sentait si fragile face à une situation qui lui échappait totalement. Hay avait proposé de la prendre dans ses bras, et maintenant, elle le voulait bien, mais elle doutait que son bien-aimé ne le souhaite encore. Comment pourrait-il encore l’aimer, ne serait-ce que la supporter après tout ce qu’elle venait de lui dire ? Voilà la chose qui l’effrayait le plus, plus encore que de savoir qu’un être vivant, autrement appelé « truc », grandissait dans son ventre, c’était de s’imaginer qu’Haytham Cassidy pourrait la regarder différemment, ne plus l’aimer autant qu’elle l’aimait, et qu’il finirait peut-être par l’abandonner à nouveau.

-Je t’en supplie, dis-moi que tu peux…

Elle attrapa sa main, espérant qu’il ne la retire pas. Puis elle se rappela qu’il avait évoqué le fait de parler avec sa mère. Cette idée la terrorisait encore plus, ça rendrait les choses encore plus réelles.

-Et pour ma mère… tu crois vraiment qu’on doit lui dire… maintenant ? On ne pourrait pas… je sais pas… attendre un peu ?

Histoire d’être surs qu’on ne va pas se réveiller dans cinq minutes et s’apercevoir qu’on a rêvé ?

Malheureusement, elle avait bien conscience que cette éventualité n’était que pure utopie. Tout ceci était la pure vérité, aussi difficile fut-elle à accepter pour mademoiselle Lond. La demoiselle se releva, attrapant le verre d’eau qu’elle vida d’une traite. Elle aurait préféré que ce soit de la tequila ou de la vodka, histoire de se donner un peu de courage, mais avec le passé d’Haytham, elle s’était faire la promesse de ne plus boire d’alcool, du moins devant lui, pour l’encourager dans sa sobriété.

-OK, allons-y alors. Allons lui parler, lança-t-elle sans grande conviction.

Elle rouvrit la porte et se dirigea vers la cuisine.

-Maman ?

Tam posa son verre vide sur le plan de travail. Victoria tendit un sourire plein de tendresse à sa fille, qui était suivie du fils de Mars. La future maman ignorait que son petit ami avait déjà mis au courant sa belle-mère. La brunette s’approcha de sa mère, croisant les bras, le regard braqué au sol.

-Maman, je… on a... j’ai un truc à te dire…

A cet instant, elle ressemblait à la petite fille de huit ans  qu’elle n’était plus, essayant d’avouer à sa mère qu’elle avait cassé son vase chinois préféré. Elle reprit sa respiration. Il fallait le dire, mais le dire revenait quelque part à l’accepter, et Tam était loin de vouloir accepter… ça.

-Maman, je suis… je suis…

Victoria reposa sa tasse de tisane et se leva pour aller prendre les mains de sa fille, affichant un sourire radieux. Elle, au moins, était heureuse de la nouvelle, elle avait d’ailleurs du mal à le cacher. Elle allait être grand-mère, et ça la réjouissait, quoi de plus normal après tout.

« -Je sais, ma chérie, tu es enceinte. C’est merveilleux, je suis si contente, tu sais… »

Madame Lond continua de déverser sa joie en paroles, tout en serrant sa fille dans ses bras, mais cette dernière n’entendit plus rien, tout ce qui lui venait en tête, c’était qu’Haytham ne l’avait pas attendue, il avait tout balancé à Victoria sans même lui demander son avis. Droite comme un i, elle foudroyait le demi-dieu du regard par-dessus l’épaule de sa mère qui la serrait dans ses bras tout en lui caressant le dos.

-Je vais te tuer, articula-t-elle sans le prononcer, pour que l’irlandais puisse lire sur ses lèvres.

Elle fut d’ailleurs prise d’un léger tremblement, ce qui montrait qu’elle essayait de dissimuler au mieux sa colère, voulant éviter de se montrer sous ce jour-là devant sa mère. Tam essaya de lui sourire, mais tout ce qui voulut bien s’afficher sur son visage fut un petit sourire crispé et pas vraiment sincère, laissant sortir d'une petite voix étriquée :

-Tu nous excuses, maman, Hay et moi, il faut qu’on discute… dehors… sans témoins.

Ces deux derniers mots furent ajoutés avec un regard noir vers l’intéressé et sur un ton qui ne trompait pas. Clairement, il allait en prendre pour son grade. Tamara contourna sa mère et chopa le fils de Mars par le poignet, ne se rendant même pas compte qu’elle serrait si fort que s’il s’était agi d’un humain lambda, sa main serait certainement devenue bleue le temps d’arriver à l’extérieur. Une fois sur le perron, Tam se tourna vers son « Penseur », qui était devenu dans sa tête son « traître » en cet instant précis, et le poussa violemment.

-Je peux savoir de qui tu te fous ?! Non, ne réponds pas ! hurla-t-elle en levant son index droit vers lui. Espèce d’enfoiré, tu viens me voir avec des paroles rassurantes, tu me dis qu’on doit parler à ma mère alors que tu lui as déjà tout balancé ?! Et moi, j’ai le droit de donner mon avis à un moment, ou même ça c’est trop demandé ? Et si j’étais pas prête à lui dire ? J’étais même pas prête à ce que ça arrive ! De quel droit tu te permets de passer avant moi pour annoncer un truc aussi grave –le terme exact aurait été « important », mais pour Tam c’était « grave »- à ma mère ? MA mère, OK, pas la tienne ! La mienne ! C’est moi qui me suis occupée d’elle pendant vingt-sept ans alors que mon père était à l’autre bout du monde chez les mamanaïs, c’est moi qui n’ai jamais douté qu’un jour elle reviendrait là où tous les foutus médecins m’ont dit que c’était peine perdue ! T’avais pas à prendre tout seul la décision de le lui dire !

Ces paroles étaient sans doute encore plus difficile à entendre pour ce pauvre Haytham qui avait perdu sa maman, ici-même dans cette maison où il avait grandi. Mais la colère, ou plutôt la rage, aveuglait tellement Tamara qu’elle ne se rendait même plus compte de la portée de ses paroles. Elle reprit son souffle, comme si elle venait de courir un marathon, et recula d’un pas pour s’appuyer contre la rambarde en bois.

-Ne fais plus jamais ça, c’est compris, JAMAIS ! C’est la dernière fois que tu me trahis. Bordel, Hay ! T’es la seule personne en qui j’ai confiance sur cette putain de Terre, c’est trop demandé que de pas me donner des raisons de douter ?

Elle sentait que ses émotions  reprenaient encore le dessus, et c’était vraiment très désagréable de se mettre à pleurer comme une madeleine à chaque fois qu’elle se mettait en colère.

-Merde qu’est-ce qui m’arrive ?! J’en ai marre ! Fais quelque chose au lieu de me regarder comme ça !

Oui, la mauvaise foi, le retour. Comme s’il pouvait y faire quelque chose. Mais inconsciemment, Tam le tenait pour responsable de tout ce qui lui arrivait. Si ce « truc » était arrivé là, c’était de sa faute à lui, n’est-ce pas ? Et qui des deux avait voulu sa présence ? C’était lui ! Qui des deux était ravi d’apprendre son existence ? Encore et toujours lui ! Et Tamara avait-elle eu son mot à dire dans l’histoire ? Non. La situation lui était imposée, ainsi, et sans retour en arrière possible. C’était un peu comme une baffe en pleine face, avec un « mange-toi en pleine poire ça et accepte-le’, c’est comme ça et pas autrement ! ». Comment voulez-vous accepter de subir une situation aussi… définitive, sans y avoir été préparé, surtout quand vous aviez tout fait pour l’éviter ? Oui, inconsciemment, Tamara se sentait prise au piège, comme dans un étau qui se resserrait inéluctablement sur elle.





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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Jeu 3 Nov - 19:09



Something has changed



Nous sommes hantés, par les gens que l'on aime !



« -Haytham viens par ici ! » guidait par la voix de sa mère le petit garçon qu'il était alors, valise en main, rattrapa son retard. Silencieux depuis le grand départ, le petit garçon se terrait dans un profond mutisme depuis l'attaque du monstre. Au grand dam de sa mère qui mettait tout en œuvre pour ramener son fils, en vain. Le pauvre petit garçon restait bloqué dans ce monde, le sien, dernier rempart contre une réalité qu'il lui faudrait assumer sous peu. La nuit, une fois les yeux fermés, l'adulte qu'il était redevenu, rêvait de cette mère qu'il avait tant aimée et perdu bien trop tôt. Malgré la mort, elle continuait de lui parler de temps à autre, le dispensant de bons conseils. Tamara n'en savait rien, d'ailleurs personne n'avait connaissance de cela et puis avec les années, les apparitions oniriques se faisaient de plus en plus rares, au grand dam du demi-dieu qui aussi étranges soient-elles, aimait ces entrevues. L'homme fut donc récompensé pour dieu sait quelle bonne action et retrouva, quelques jours avant la « Grande Révélation » sa très chère mère.  Il ferma les yeux après s'être livré à quelques parties endiablées de scrabbles avec une Tam excellant sur la durée. Après avoir pu se remettre de l'effort physique et après avoir retrouvé une respiration régulière, il ferma donc les yeux et se laissa emporté, sans résistances aucune, par les bras chaleureux de Morphée. Puis il sombra, il sombra encore et encore dans un précipice sans fin. Malgré la hauteur vertigineuse, la chute semblait tellement désagréable qu'il aurait pu, l'espace d'un instant se prendre pour un Icare, volant de contrées en contrées. Lorsqu'enfin, il toucha terre, le fils du dieu de la guerre, rouvrit les paupières et se laissa émerveiller par les merveilleuses couleurs de la Nouvelle-Orléans. Le soleil semblait être à son zénith, tandis que le vent se contentait de souffler une toute petite plainte, à peine perceptive. Au loin, l'on pouvait apercevoir l'allée des chênes de presque trois siècles, lien privilégié entre le fleuve et l'entrée de l'imposant manoir appartenant aux Lond depuis 1830.


« -Haytham ! » Cette voix à la fois familière et lointaine attira instantanément l'attention du demi-dieu qui se retourna pour découvrir, à l'ombre, assise sur une nappe vichy, sa mère qui tout sourire, découpa une part de tarte encore fumante qu'elle déposa dès lors sur une petite assiette. Intrigué par cette vision, Hay ne put cependant se résoudre à rester planter là. Le sourire aux lèvres, il foula d'un pas sûr l'allée pour rejoindre Eileen Cassidy. Au loin, sur le vieux tourne disque, qui prenait la poussière sur le patio, « Did You Ever See A Dream Walking » de Gene Austin résonnait encore. « -Ta chanson préférée ! » dit-il en prenant place face à celle qui lui semblait aussi radieuse qu'un rayon de soleil. « -Prends une part de tarte avec ! J'ai même pensé au sirop d'érable » Fière d'elle, la mère du quadra lui tendit de ce fait la petite bouteille en verre contenant le précieux liquide, tandis que son fils, assiette en main, continuait à la scruter du regard provoquant ainsi le sourire d'Eileen. « -Ca faisait longtemps maman ! »
« -Assez oui ! La dernière fois, tu avais, me semble-t-il, quelques problèmes ! »
« - C'est un euphémisme ! Je touchais le fond ! Pourquoi tu n'es pas revenu depuis ? Pourquoi maintenant ?! » Le sourire d'Eileen perdit alors en intensité, elle déposa son assiette et prit sans attendre la main de son fils, lui faisant ainsi comprendre à quel point elle était désolée. De ce fait, nul besoin de mots, un regard, un geste, suffisait pour se faire comprendre chez les Cassidy. À son tour, Hay lâcha sa part de tarte pour consentir à rendre le geste que venait de lui offrir sa mère, traduisant malgré l'absence et les années passées, une affection toujours aussi forte. « -Je suis contente de voir que mon fils ne s'est pas laissé abattre. Contente que tu sois parvenu à t'en sortir, malgré les très nombreuses difficultés qui ont jonché ton parcours. » Elle s'approcha et déposa une main chaude et bienveillante sur la joue de son fils. « -Je suis également contente d'apprendre que je suis grand-mère. Maisie m'a l'air d'être une charmante jeune demoiselle ! »
« -Elle l'est, tu peux me croire. Elle m'a pardonné sans même que j'ai à faire mes preuves. Je crois qu'elle a hérité de ta patience maman. »
« -Et puis d'après ce que j'ai compris toi et Tamara c'est une affaire qui roule. J'ai toujours su que vous étiez destiné à être ensemble. Elle a une très bonne influence sur toi »
« -Oui effectivement. En fait, au fond de moi, j'ai toujours su que c'était elle, mais il m'a fallu du temps pour le reconnaître, la fierté masculine j'imagine. Mais à présent, il n'y a plus aucune ambiguïté. Tamara est la femme de ma vie et je sais que c'est avec elle que je veux finir mes jours. » Le regard du beau Haytham n'avait de cesse de pétiller à mesure qu'il évoquait sa belle. Nul doute ne semblait possible, l'amour irradiait de ces deux perles chocolat, le genre d'amour qui vous rend plus fort même lorsque vous semblez sur la défaillance lorsque vous en parler. Pour pallier ce petit moment de faiblesse, le demi-dieu reprit son assiette en main et dégusta avec entrain la tarte préparer par une Madame Lignac fictive. Son regard balaya l'horizon laissant quelques souvenirs refaire surface. Il venait souvent ici avec sa mère, quand cette dernière avait un peu de temps et que Madame Lond et sa fille étaient en déplacement. Cet endroit et la petite plage étaient d'ailleurs « leur » petit coin de paradis, un endroit où le fils pouvait se laisser aller à la confession et poser quelques questions sur l'être à qui il devait la vie. C'est d'ailleurs bien à lui qu'il pensait à présent et cela n'avait échappé à sa mère qui toujours dans la bienveillance, lui sourit.
« -Tu l'aimais ? »
« -Ton père ?! »
« -Oui. Tu l'aimais vraiment où ce n'était rien de plus que... »
« -Qu'un feu de paille ?! Haytham, mon chéri parfois la situation demeure plus complexe qu'elle ne l'est, mais sache que malgré tout, oui j'ai aimé ton père. Je me suis laissé séduire et je l'ai aimé. »
« -Et lui ? Est-ce qu'il t'as vraiment aimé ? »
« -Les contes de fées n'hésitent pas ! »
« -Ca veut dire non ? »
« -Ca veut dire qu'il m'a aimé, mais différemment. L'image qu'il renvoie est négative et l'a toujours été. Les manuels et toutes les légendes qui gravitent autour de lui, le dépeigne comme un être belliqueux, avide de sang et de violence, mais il n'a jamais été ainsi avec moi. Notre histoire n'a duré que très peu de temps, mais elle était réelle. Certes, je n'étais pas la première, ni la dernière, mais je n'en avais que faire. Ne laisse pas les aprioris te guider Haytham, vit les choses simplement, accroche-toi à ce que tu as. L'amour c'est comme une montagne russe, tu as des hauts et des bas, rien n'est facile, mais c'est ce qui rend la chose encore plus précieuse. » Haytham pensa aussitôt à Tamara avec qui il vivait depuis presque trois mois à la Nouvelle Orléans depuis leur fuite. Leur histoire était semée de péripéties et les récentes auraient pu mener à un tragique dénouement. Haytham là au bon moment avait de ce fait pus faire un doigt d'honneur au destin pour mieux vivre l'instant. Et quel instant ! A présent, malgré les quelques blagues potaches, les deux amoureux semblaient plus heureux que jamais. « - N'oublie jamais mon chéri que rien n'est acquis dans la vie »
« -Pourquoi tu me dis ça ? »
« - Quand une difficulté se présente à toi, ne tourne pas les talons. »
« -Ok, ok, mais pourquoi tu me dis ça ?! Je ne comprends pas ! »
« -Tu comprendras sous peu »
« -Maman, pitié ne me parle pas en énigme. Qu'est-ce qui se passe ? Tu sais quelque chose que j'ignore ! » Eileen posa son assiette et se leva sous le regard interrogatif de son fils qui en fit de même pour essayer de la retenir et avoir quelques réponses. « -Maman, qu'est-ce que tu essaies de me dire ?! » Mais il ne put se résoudre à avoir la moindre réponse, car Eileen disparut, tandis que son fils quittait les bras de Morphée, légèrement ébranlé par cette rencontre. Ce ne fut que quelques jours plus tard que les paroles d'Eileen prirent sens.


Désemparé, le demi-dieu continuait à se laisser aller à quelques confessions, tandis que de l'autre côté de la porte, Tamara continuait à pleurer toutes les larmes de son corps. « -Tam, s'il te plaît ! Ne me tourne pas le dos comme ça ! Aller ouvre cette foutue porte ! » Il savait qu'elle était déverrouillée, mais préférait ne pas entrer par la force, laissant ainsi un semblant d'alternative à Tamara.  Mais la belle continuait à jouer les fortes têtes et pria son demi-dieu de la laisser tranquille, qu'elle ne voulait pas être vu dans cet état. Rapprochant son visage de la porte, le fils de Mars pouvait sentir toute la détresse qui émanait de sa petite amie. Rien ne lui échappait, ni les sanglots sourds, ni les battements irréguliers d'un cœur tiraillé. Il savait qu'elle avait plongé son visage dans ses bras et qu'elle continuait de ce fait à y terrer toute sa détresse.  « -Tu ne veux pas que je te vois comment ? En pleurs ? Tamara nous sommes tous des êtres humains, pleurer n'est pas un crime. Aller arrête un peu et ouvre cette porte ! » Elle lui fit alors savoir que la porte était ouverte, chose qu'il savait déjà, mais lui demanda un verre d'eau pour gagner du temps et redonner un peu plus de forme à son visage. Il se contenta d'un « Ok » et quitta les lieux pour rejoindre la cuisine et récupéré, sous le regard inquiet de Madame Lond, un verre d'eau. Puis, au pas de course, il retourna près de la porte qui venait de s'ouvrir, laissant paraître une Miss Lond incapable de poser son regard sur son Penseur. Haytham toujours prévoyant, lui tendit le verre d'eau qu'elle avait demandé et comprit très vite qu'il allait devoir faire face à une réalité bien difficile à accepter. Il consentit donc à s'asseoir auprès de sa belle, posant au préalable une main rassurante sur son épaule. « -Je t'écoute ma guimauve ! Tu veux en parler maintenant ? » Il lui caressa la joue et se permit même de remettre l'une de ses mèches rebelles sur le côté. La belle brune continuait malgré tout à scruter le mûr, arborant une grande quiétude malgré ce qu'elle s'apprêtait à dire à Haytham. « -Bien sûr que je ne t'ai pas piégé ! Tu doutes à ce point de moi Tam ? » Il était blessé par l'hésitation de sa petite amie, mais tacha de ne rien laisser paraître pour ne pas la mettre un peu plus mal à l'aise. Il préféra de ce fait, la laisser parler, sans la couper.


La mâchoire serrée et le regard, à son tour, rivait sur le mur, il écoutait encore et encore, tentant comme il pouvait de ne rien laisser paraître. Mais au fond de lui, les larmes commençaient déjà à couler. Il était blessé, bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Les mots de Tam étaient durs, trop pour y être insensible, mais il ne pouvait se permettre la moindre infusion de colère, ou la moindre émotion. Il devait se contenter d'être là, de l'écouter et de la laisser s'exprimer jusqu'à ce qu'elle ait terminé de vider son sac. Malheureusement pour le demi-dieu, il était difficile de ne pas régir avec de tels mots. « -Comment veux-tu que je sois heureux, si toi tu ne l'es pas ?! J'ai l'impression que… c'est comme si l'un de nous était enfermé et l'autre libre. Et que de ce fait, tu me demandais de continuer à vivre ma liberté, alors que toi, tu n'en es pas capable ! Et putain, je sais que tu n'es pas comme les autres, c'est bien pour ça que je suis là aujourd'hui. Mais je t'en prie ne sois pas égoïste comme ça. Ce truc comme tu dis, c'est un être humain, pas un virus, ou même un parasite. Et puis ça n'est pas cet enfant qui va nous empêcher de partager le reste de notre vie ensemble. Tam, mon amour, je suis à toi rien qu'à toi pour toujours, n'en doute pas ! » Il glissa à nouveau sa main dans sa sienne, espérant ainsi amoindrir son chagrin. Les paroles de sa belle, lui restait encore au travers de la gorge, mais il ne pouvait lui en vouloir d'avoir été sincère, au contraire, malgré la rudesse des propos, il louait sa franchise. « -Hey ma guimauve, tu n'es pas la personne la plus horrible du monde ! Peu de personnes peuvent se pourvoir d'autant de franchise tu sais ! Je te mentirais, en disant que je le prends bien, c'est difficile à encaisser pour moi. J'ai mal au cœur de te voir comme ça, encore plus de ne pas pouvoir profiter de ce qui est pour moi une bonne nouvelle. Mais je t'aime plus que tout et quoique tu dise ou quoique tu fasses, ça ne changera rien. Je n'ai pas l'intention de tourner les talons cette fois et de m'en aller comme un voleur ! Tu es l'amour de ma vie Tamara Lond, de ce fait, jamais je ne pourrais te haïr. »


Il sentit les sanglots de sa belle la submerger peu à peu, ses yeux brillaient, elle luttait tant bien que mal pour qu'aucune larme ne coule « -On va affronter ça tous les deux Tam ! Et on va passer cette épreuve avec brio, parce que nous sommes ensemble et que de ce fait, rien ne peut nous ébranler. Je serais ton roc ma guimauve, je ne t'abandonnerai jamais et même si tu es une putain d'emmerdeuse quand tu t'y mets, je resterai encore et encore parce que je t'aime plus que tout. » Il croisa enfin son regard et se permit un petit sourire avant de lui caresser enfin la joue. « -Tu n'as pas à être désolé Tam.  Et pitié arrête avec ça ! Tu n'as pas besoin d'être celle que je veux que tu sois. Tu es toi et ça me suffit amplement. Aller viens par ici ! » Il lui proposa à nouveau ses bras et la serra contre lui. Il y avait du mieux à présent, ça n'était pas encore l'extase certes, mais c'était toujours bon à prendre.  Puis, comme un cheveu sur la soupe, vint le sujet « annonce de la nouvelle à la belle-mère » une action qu'Haytham avait déjà accomplis dans le dos de sa compagne, ce qui eut pour effet de le mettre légèrement mal à l'aise lorsqu'ils rejoignirent la cuisine main dans la main.


Sans surprises et malgré les signes d'Haytham, Victoria fit part de sa plus grande joie avant même que sa fille ne lui communique la nouvelle. Sans attendre, elle se précipita sur sa fille pour la serrer dans ses bras. Haytham quant à lui, n'échappa au regard foudroyant de la petite brune et put même lire sur ses lèvres un « je vais te tuer » qui ne présageait rien de bon pour la suite. Et effectivement, la suite semblait plutôt compromettante. Sans attendre et s'excusant auprès de Victoria, Hay eut à peine le temps de se retourner qu'il sentit la main ferme de sa compagne, lui agripper violemment le poignet. Au pas de course, les deux amoureux rejoignirent le perron. Silencieux, le demi-dieu savait qu'il allait, à coup sûr se faire tirer les oreilles pour avoir pris l'initiative de mettre Victoria dans la confidence sans la consulter au préalable. « -Bah si je vais te répondre, tu m'as posé une question ! » Il eut à peine le temps de développer que le doigt inquisiteur de Tam se posa sur lui avant de le charger de quelques insultes bien fleuris. « -HEY ! Maintenant ça suffit, tu arrêtes de m'aboyer dessus comme ça !? J'ai merdé ok ? J'étais tellement euphorique que j'ai merdé et je m'en excuse ! » Il la laissa continuer, car de toute évidence elle n'avait pas encore finis de vider son sac, au grand dam de Haytham qui subissait une fois encore, les attaques un peu traitres de sa compagne. « -J'ai compris que c'était TA mère, pas la peine de le répéter à tout va.  Oui TA mère ! Je n'ai rien le droit de dire évidemment puisque moi, je n'en ai plus.  Là tu es blessante, j'espère que tu t'en ais rendu compte. Et ARRETE de m'alourdir de culpabilité merde ! Ce n'est pas de la trahison, ça n'était pas délibéré. C'était juste une maladresse ! Tu es de mauvaise foi là. Bon je pense que je vais aller en cuisine voir Madame Lignac ! Tu devrais rester avec TA mère pour le moment.  Si on continue comme ça, on va se balancer des trucs que l'on pourrait regretter après coup. » Le regard emplit de tristesse, déçu, le demi-dieu tourna les talons et renta à l'intérieur,espérant tout oublier de cette putain de journée.
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Sam 5 Nov - 19:28



Something has changed






Tam n’avait pu résister aux complaintes du demi-dieu, reconnaissant qu’elle-même avait besoin de sa présence, et l’autorisa donc à la rejoindre, mais après qu’il lui ait apporté un verre d’eau, ce qui lui laisserait le temps de sécher un peu ses larmes, ce qui n’effacerait malheureusement pas l’aspect rougi de ses yeux. Et puis avec tout ce qu’elle avait pleuré, chose qui ne lui était pas arrivée depuis près de trois décennies, elle avait besoin de se réhydrater. Elle attendit donc qu’il revienne, tâchant de se calmer un peu. Hay était donc entré, et avait consenti à s’asseoir à côté d’elle. Sentir sa main qui se voulait rassurante sur son épaule conforta Tamara dans l’idée qu’elle devait vraiment lui dire ce qu’elle ressentait, même si ce serait difficile à entendre pour lui. Elle était toujours en colère, mais elle avait besoin de lui exprimait tout ce qu’elle pensait. La seule chose qui la fit hésiter au départ, lui demandant une inspiration de quelques secondes, c’était de savoir qu’elle lui ferait de la peine. Parce qu’il était clair que lorsque Haytham entendrait de la bouche de la femme qu’il aimait, qu’elle aurait peut-être préféré perdre un bras que de devenir mère. Elle commença donc par lui dire, comme une manière de s’excuser, qu’elle savait qu’il ne l’avait pas piégée.

-Bien sûr que non, je ne doute pas de toi, Hay. Mais j’étais…  vraiment très en colère, et tu sais bien, j’ai un petit côté parano dans ces cas-là.

Elle reprit une profonde inspiration et continua à délester son cœur du poids qu’elle avait ressenti depuis que ce foutu test de grossesse avait donné son résultat, un résultat qui bouleversait déjà leurs vies à tous les deux. La petite brune continuait de fixer le mur, n’osant d’abord pas croiser le regard du fils de Mars, de peur d’y voir une déception qu’elle n’était pas encore prête à affronter. Elle sentit qu’il acceptait sa main dans la sienne, et se décida à poser son regard dans le sien. Par chance, sa réaction ne fut pas aussi négative qu’elle l’aurait pensé. Même s’il n’était pas d’accord, il semblait plutôt bien accepter ce qu’elle pensait. Il comprenait et semblait apprécier sa franchise. Il fallait dire que depuis toujours, Tam n’était pas le genre de personne à garder sa langue dans sa poche.

-Moi aussi je t’aime tu sais, plus que tout au monde.

Elle avait encore la gorge un peu serrée, et apprécia beaucoup qu’il la prenne dans ses bras. Elle profita de cette étreinte, blottie contre lui, c’était là qu’elle était le mieux, peu importe l’endroit du monde où elle était, Tam savait que les bras d’Haytham seraient toujours la meilleure place pour elle.

-Je suis tellement désolée, j’ai l’impression d’avoir gâché toute ta joie… toi tu étais content…

Les larmes qui menaçaient de couler précédemment ne tardèrent pas à dévaler ses joues, tandis que le « Penseur » prenait à nouveau sa guimauve dans ses bras, lui prononçant d’autres paroles encourageantes et rassurantes à l’oreille, après avoir caressé sa joue. Bon, certes, c’était le bordel dans la tête de Tam, mais au moins, tout était dit, tout était clair. L’ex agent de terrain était à la fois énervée par cette situation qu’elle n’avait pas voulue, et triste de ne pas en être aussi heureuse que pouvait l’être son irlandais à l’idée de devenir parent. Comment faisait-il ? Comment faisaient tous ces gens pour être si euphorique en apprenant pareille nouvelle, alors que Tam avait juste l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds ? Le demi-dieu avait l’air certain que tout irait bien, qu’ils s’en sortiraient parce qu’ils étaient tous les deux et qu’ils se soutiendraient. Enfin, ce serait surtout lui qui la soutiendrait elle, étant donné qu’il paraissait convaincu que tout irait bien. Elle poussa un petit soupir, décidée à faire un effort pour lui, parce qu’elle voulait qu’il soit heureux, et qu’il avait dit qu’il ne pourrait l’être si elle ne l’était pas. Après tout, elle pourrait bien essayer de faire semblant, au moins un peu, histoire que lui puisse avoir le sourire.

-OK… oui d’accord… ça va aller, répondit-elle en essayant de paraître convaincante et convaincue.

Puis, elle voulut obtempérer en acceptant d’aller tout dire à sa mère, chose à laquelle elle n’était absolument pas préparée. Hay avait ce pouvoir sur elle, lui faire faire des choses auxquelles elle n’aurait pas forcément consenti d’elle-même. Si elle avait été seule, elle aurait probablement attendu le dernier moment avant de l’avouer à Victoria, ce qui lui aurait laissé encore quelques semaines pour trouver les mots et se préparer psychologiquement. Mais là, l’irlandais semblait dire que ce serait mieux d’en parler à madame Lond avant, et Tamara lui faisait confiance, elle accepta donc d’aller contre ses propres convictions et impressions.

Grossière erreur. Quelle ne fut pas sa déception en constatant que le demi-dieu avait en réalité déjà mis au courant sa belle-mère. Cette dernière semblait si euphorique à l’idée d’être grand-mère que Tam n’osa pas manifester sa colère devant elle. Elle se défit donc aussi gentiment que possible de l’étreinte de sa maman afin d’attraper le poignet d’Haytham pour l’entraîner sur le perron, d’un pas rageux. Là, elle déversa en paroles toute la colère qui était remontée en elle suite à ce qu’elle avait considéré comme un acte de trahison. Bien entendu, le fils de Mars ne tarda pas à rétorquer, et tout ce que la petite brune avait envie de faire était de lui hurler un « TA GUEULE !!! » au visage. Mais elle consentit à le laisser essayer de se défendre, avec ce qu’elle interpréta comme des « excuses bidons ».

-J’aboie SI JE VEUX !!! T’as aucun droit de me donner des ordres après ce que t’as fait !


Elle réalisa malgré tout qu’elle avait été, effectivement, blessante, en insistant sur le fait que Victoria était sa mère et non celle du Marsien, mais elle était encore trop énervée pour présenter les moindres excuses, ainsi, elle se contenta de croiser les bras d’un air bougon, un peu comme elle le faisait, enfant, lorsqu’elle se disputait avec Haytham. Ce dernier conclut finalement en déclarant qu’elle n’avait qu’à rejoindre sa mère pendant qu’il irait retrouver madame Lignac. D’ailleurs, il commençait à s’exécuter.

-C’est son jour de congé, triple idiot ! C’est pour ça que je t’ai fait ces foutus pancakes !!! Si j’avais su, j’y aurais mis du piment !

La petite tornade brune avait crié la fin de sa phrase pour être bien certaine que l’irlandais n’en  perde pas une miette. Puis, une fois qu’il fut hors de son champ de vision, elle se retourna vivement, bras toujours croisés, sentant les larmes revenir. Elle soupira en fixant l’allée de chênes bicentenaires et s’assit sur la première marche du perron, le visage entre ses mains.

-Merde, fait chier ! marmonna-t-elle.
« -Tamara Francesca Lond ! Je n’aime pas t’entendre jurer ! Ce n'est pas comme ça que je t'ai élevée. »
- Pardon, maman… je ne t’avais pas entendue…


Victoria vint s’asseoir à côté de sa fille qui continuait à cacher son visage entre ses bras.

« -Ne pleure pas, ma chérie, tu sais… »
-Maman… s’il te plait, est-ce qu’on pourrait… ne pas parler, juste… ne pas parler ?


Madame Lond caressa les cheveux de sa fille qui faisait son possible pour ne plus fondre en larmes. Après quelques instants silencieux, dont elle ne put évaluer la durer, elle releva légèrement la tête, seuls ses yeux dépassaient. Ils se fixèrent une nouvelle fois sur l’allée de chênes. Cette même allée qui avait vu maintes et maintes fois courir deux jeunes garnements qui slalomaient entre les troncs, l’un essayant d’attraper l’autre. Ses iris couleur chocolat perdirent leur côté sombre, et un petit sourire commença même à naître sur ses lèvres alors qu’elle se revoyait courir après Haytham, tandis que lui, plus âgé et plus rapide, riait en la voyant s’acharner à essayer de le rattraper.

« -Tu m’attraperas jamais, princesse, laisse tomber ! » balançait-il en riant, à bonne distance.
-C’est ce qu’on verra ! Et ne m'appelle pas comme ça ! répondait la persévérante petite fille qui continuait de courir aussi vite que possible derrière lui.

Le jeune irlandais alors laissait parfois la petite américaine le rattraper, et bien souvent dans ces cas-là, elle lui sautait sur le dos dans le vain espoir de le faire tomber. Et alors, ils éclataient de rire. Ce souvenir était agréable et contribua grandement à la calmer. Tam essuya ses joues du dos de ses mains tandis que Victoria la regardait avec tendresse. Décidément, tout le monde semblait enchanté par cette nouvelle, personne n’avait l’air de comprendre que pour elle, là où d’autres voyaient le début d’une nouvelle vie,  elle l’interprétait comme la fin de la sienne, celle qu’elle aimait.

Dix-huit ans fermes… Voilà tout ce qui lui venait à l’esprit quand elle pensait à l’idée de devenir mère.


-Maman… je me sens tellement mal… je l’aime tant, mais je lui ai fait de la peine aujourd’hui, j’ai vraiment été… horrible.
« -Dans ce cas, dis-le lui, va t’excuser. »
-Non, pas maintenant, je suis encore trop énervée, ce serait pire…


Consciente qu’elle avait déjà mis pas mal d’huile sur le feu, la belle brune décida de laisser son petit ami respirer, il en avait surement besoin. Elle aussi d’ailleurs, car malgré un calme apparent, la tempête n’était toujours pas apaisée.

-Je vais faire un tour, à plus tard maman. Je t’aime.
« -Je t’aime aussi ma chérie. »


Tamara se leva et s’éloigna, faisant le tour de l’immense demeure, laissant sa main glisser sur les imposantes colonnes blanches. A mesure qu’elle marchait, elle revoyait ces instants insouciants passés avec Hay, alors qu’ils étaient jeunes et n’avaient pour seul souci que trouver de nouveaux jeux. En arrivant du côté nord du manoir, Tam regarda le jardin avec nostalgie, songeant à ce fameux été de canicule où ils passaient leurs journées en maillot à s’asperger avec un tuyau d’arrosage. Ils avaient réclamé des pistolets à eau qu’ils avaient fini par obtenir. C’est là que la fillette s’était découvert une certaine acuité visuelle. Et puis pouvoir mater Hay torse nu était pour la petite demoiselle amoureuse qu’elle était déjà à l’époque, un bonus non négligeable, même si, sans doute à l’époque, lui n’avait pas le même regard sur elle, et ne s’était probablement pas aperçu des sentiments de sa jeune amie.

Commençant à s’enfoncer dans la végétation qui devenait plus dense à mesure qu’on s’approchait du Mississipi qui passait non loin, Tamara aperçut ce fameux puits naturel, au pied d’un immense cyprès, dans lequel elle était tombée alors qu’ils jouaient aux mousquetaires avec des bâtons, et qui lui avait valu sa petite cicatrice au-dessus de la lèvre inférieure. Elle s’était accrochée de justesse à une racine environ un mètre plus bas, et l’irlandais l’avait remontée, faisant preuve d’une force remarquable pour son jeune âge. Plus de peur que de mal. D’ailleurs, une fois la frayeur passée, la jeune Tamara s’était vantée d’avoir tout calculé, et qu’elle ne risquait rien, qu’elle avait fait exprès de sauter pour esquiver le coup « d’épée » de son assaillant, pour l’empêcher de culpabiliser d’avoir manqué de la faire tuer.  Après ça, le fils de Mars s’était montré prudent, un peu trop pour que la jeune américaine trouve ça amusant.

Après un bon moment de marche qui lui avait fait faire le tour de la lisière de ce que elle et Hay qualifiaient « la jungle » et la ramenant vers la grande allée du sud qui menait au manoir, Tam commença à fatiguer, elle s’assit sur l’énorme racine de l’un des chênes auxquels elle avait maintes et maintes fois grimpé, se prenant pour une sorte de Mowgli des temps modernes, bravant les interdictions de sa mère et d’Eileen. L’ex agent de terrain s’adossa doucement contre le tronc et laissa son esprit rêvasser, repensant aux diverses péripéties aventurières qui avaient rythmé son enfance. Puis elle réentendit les propos d’Haytham, comme un lointain écho.
Comment veux-tu que je sois heureux, si toi tu ne l'es pas ?! J'ai l'impression que… c'est comme si l'un de nous était enfermé et l'autre libre.
C’était vraiment ça, ce qu’elle ressentait, une sorte d’enfermement dont elle ne savait comment sortir. C’était oppressant, sombre, ça faisait peur, et personne ne semblait comprendre, les autres autour d’elle avaient l’air de baigner dans la lumière et de s’épanouir, tandis qu’elle, dans sa prison, essayait d’appeler à l’aide.

« -Mademoiselle Lond ? Mademoiselle Lond… »

La voix de madame Lignac la réveilla, Tam ouvrit les yeux péniblement et constata que la cuisinière et son mari étaient arrêtés devant elle, dans leur voiture, en direction de la demeure coloniale. La jeune femme se frotta les yeux, un peu éblouie par les phares de l’automobile. Le ciel s’était assombri.

-Madame Lignac ? C’est pas votre jour de congé aujourd’hui ?
« -Si, mais je voulais rentrer préparer le dîner. Allez montez, on vous ramène, il va faire nuit noire d’ici quelques minutes. »
-Merci.


Tamara se leva et entra à l’arrière du véhicule, tout en saluant monsieur Lignac. Elle regarda l’heure machinalement, il était presque six heures du soir. Déjà !

-Qu’est-ce que vous prévoyez de bon pour ce soir ?
« -Votre plat préféré, ma petite ! » répondit-elle malicieusement.
-Je vois… ma mère vous a appelée…  Tout finit toujours par se savoir ici…
marmonna Tam, se retenant de soupirer
« -Monsieur Cassidy a-t-il aimé les pancakes ? »
-Apparemment ils étaient orgasmiques !


Monsieur et madame Lignac éclatèrent de rire tandis que Tamara observait les chênes qui défilaient à vitesse constante. Ils ne mirent pas cinq minutes à rejoindre la maison. Tous descendirent de voiture et Mr Lignac commença à sortir les courses du coffre..

-Je vous aide à porter quelque chose ?
« -Certainement pas ! »


Ça va être les six mois les plus longs de ma vie !
-OK… Merci de m’avoir ramenée. A tout à l’heure.

Sans tarder, elle entra dans la maison, cherchant le fils de Mars des yeux. Elle entra au salon et trouva sa mère en train de regarder un album photos.

« -Te voilà enfin, je commençais à m’inquiéter. »
-Je me suis assoupie, c’est madame et monsieur Lignac qui m’ont ramenée… Tu sais où…
« -Il est monté je crois »
, la coupa Victoria qui savait très bien qui elle cherchait. « Pas d’esclandre au diner, je compte sur toi. »
-Promis.


Tam tourna les talons et grimpa les marches quatre à quatre pour atteindre le long corridor du premier étage qui menait aux nombreuses chambres. Reprenant son souffle doucement, ne pouvant que constater qu’elle avait moins de capacité qu’avant. Elle avança lentement vers leur chambre, se remémorant ce qu’elle voulait dire à l’homme de sa vie pour s’excuser d’avoir été aussi imbuvable. Elle prit une longue inspiration en posant sa main sur la poignet de la porte, puis entra.

-Hay… on peut parler cinq minutes ? Promis, pas d’engueulades… C’est juste que…

La petite brune laissa la porte se refermer derrière elle et s’avança vers le bel irlandais, l’air un peu penaud. Une fois en face de lui, elle lui attrapa les mains et le fit asseoir sur le bord du lit. Son regard braqué dans le sien, ses mains toujours accrochées aux siennes, elle commença à parler.

-Ecoute, je sais que j’ai été… vraiment abjecte tout à l’heure, et je voudrais te présenter mes excuses. C’est sincère ce que je te dis, je regrette, je ne voulais pas te faire de peine. Je t’aime tellement, tu sais, c’est… indescriptible. Et voir cette tristesse dans ton regard, ça m’a anéantie. Je ne veux plus en être la cause. Je vais faire des efforts, c’est promis. Mais en échange, il ne faut pas trop me brusquer ni trop m’en demander, d’accord ? Je ne serai surement jamais gâteuse comme ma mère qui regarde en ce moment des photos de nous quand on était petits… De toute façon, tu seras gâteux pour deux, non ? demanda-t-elle avec un petit sourire en coin.

Tam lâcha une des mains du demi-dieu pour caresser sa joue avec tendresse. Cet homme, elle l’aimait, et seul cet Amour comptait. Et s’il fallait, pour qu’il soit heureux, finir par accepter la présence d’un troisième être vivant avec eux (vous noterez l’effort pour ne pas employer le terme de « parasite »), eh bien soit, elle était prête à le faire, puisque de toute façon elle n’avait plus le choix. Enfin, c’était ce qu’elle se disait là, maintenant, parce qu’elle culpabilisait de lui avait fait de la peine. Mais allez savoir, le lendemain, après une bonne nuit de repos, ce qui adviendrait…

-Comment est-ce que je peux me faire pardonner ? Tu veux que j’apprenne une autre recette d’un truc que tu aimes bien ? Madame Lignac est rentrée ce soir finalement, je pourrai lui demander… Ah, et maman lui a dit, elle n’a pas pu s’en empêcher. Maintenant j’ai même plus le droit de porter un sac de pomme de terres, lâcha-t-elle en soupirant, tout en s’asseyant sur une cuisse du fils de Mars, les yeux rivés sur le mur.

Clairement, si tout le monde se mettait à agir différemment avec elle, ça allait vraiment l’énerver. Mais Tam décida de ne pas penser à ça, elle voulait faire amende honorable, et non remuer le couteau dans la plaie. Elle plongea à nouveau ses iris couleur chocolat dans les siennes.

-Je t’aime, ma guimauve. Tu m’autorises à t’embrasser ? Tes lèvres m’ont manqué.

Elle rapprocha lentement son visage du sien, attendant l’approbation du « Penseur ». Cela faisait seulement une petite poignée d’heures qu’ils ne s’étaient pas vus, mais Tamara ressentait un manque. Elle savait que tout était entièrement de sa faute, elle avait réagi de manière excessive et la conversation était partie en dispute parce qu’elle n’avait pas su rester calme Hay était son point faible, et elle avait tendance à perdre plus facilement son sang froid avec lui qu’avec n’importe qui d’autre. En d’autre terme, elle s’était punie toute seule, puisque si elle avait passé toute l’après-midi loin de lui, c’était à cause de son comportement. Mais elle avait pris de bonnes résolutions, du moins, elle s’était promis d’essayer.




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Lun 7 Nov - 19:17



Something has changed



Ses mots, ceux d'une femme alourdit par la détresse, l'avait touché bien plus qu'il ne l'aurait cru. Et si l'espace d'un instant, aussi infime soit-il, la colère l'avait envahi, très vite, le demi-dieu avait repris le cap pour ne laisser paraître aucun ressentiment à l'encontre de Tamara, qui se sentait assez mal comme ça à n'en pas douter. Mais lui alors ? Comment devait-il se sentir ? Lui qui se voulait père à nouveau pour combler les vingt années d'absence auprès de Maisie ! Lui qui avait appris à jouer ce rôle sur le tard, mais qui aimait ça. Il le savait, le bonheur serait égoïste, car au détriment de Tamara. La joie aussi infime que le battement d'une paupière, quitta totalement l'esprit du demi-dieu qui peinait lui aussi à poser son regard sur l'agent de terrain. Il la serra donc dans ses bras, espérant faire taire le malaise qui les avaient étreints tour à tour. « -Ce n'est pas grave. De toute façon, la joie est toujours de courte durée ! » ironisa-t-il sans grande conviction. Puis il réitéra ses douces paroles prônant plus que tout leur union face à cette nouvelle « épreuve » il ne pouvait en être autrement de toute façon. « -Oui tout ira bien » Il le répétait peut-être pour lui-même se convaincre. Tamara sembla à son tour encline à l'autopersuation et répondit par l'affirmative à plusieurs reprises. Haytham savait qu'elle n'était pas au summum de la sincérité, mais touché par l'effort, il lui sourit, lui-même pouvait bien essayer de faire semblant, histoire de balayer toutes les appréhensions qui lui tordait présentement le cœur et les entrailles. « -Tant que nous sommes ensemble, ça ira ! » Et cette fois, il en était convaincu. Il l'aida donc à se relever pour rejoindre la cuisine, loin de se douter que l'accalmie serait aussi courte.


Quand on aime, nous sommes plus enclins à quelques maladresses et plus l'amour que l'on porte est grand, plus les gaffes le sont en conséquence. Le regard noir de Tamara en disait long sur la colère qui l'habitait à présent. Haytham savait dès lors, qu'il allait passer sous peu, un sale quart d'heure. Il se maudissait déjà de ne pas avoir pu profiter un peu plus de la précédente petite accalmie. La mâchoire serrée et le poignet entravé par la colère de sa compagne, il consentit à la suivre dehors sur le perron, pour quelques explications. « -Tam s'il te plaît ! » avait-il commencé espérant naïvement calmer la furie qui lui faisait face. Si la patience l'avait épargné dans le premier round, cette fois il ne put se résoudre à garder son calme et pour cause, Tamara s'était montrée blessante, trop pour qu'il ferme les yeux et cherche de ce fait à adoucir la confrontation. C'est donc le cœur et la gorge serrée qu'il lui fit face, les yeux brillants d'intensité et de tristesse, il préféra, pour se préserver, mais plus encore pour la préserver ELLE, mettre un terme à la conversation qui tournait au pugilat. Il prétexta donc retrouver Madame Lignac bien qu'elle ne soit pas là, un détail qui n'avait échappé à Tamara qui toujours sous le jonc de la colère le lui fit savoir en le traitant d'idiot. Continuant à marcher dans le sens contraire, le regard marqué par la trisse, le fils de Mars continua son chemin sans rien ajouter de plus. Les paroles de sa mère, lors de son entrevue onirique, lui remontèrent jusqu'aux oreilles, en vain. Encore trop blessé, il préféra mettre le plus de distance possible avec Tamara, se fichant bien de son état actuel. Elle l'avait cherché après tout ! Bien que cette pensée ne le séduise pas, il s'en accommoda et continua à marcher.


Sur sa route, il croisa Victoria. Pour lui éviter la moindre appréhension, il lui sourit essayant tant bien que mal de balayer la tristesse qui venait d'alourdir son cœur. La mère avait malgré tout compris et posa une main rassurante sur le fils de sa plus fidèle amie et le laissa partir sans le retenir. Passé cette confrontation, Haytham perdit son sourire de façade. Il passa devant la cuisine, accélérant le pas pour s'éloigner le plus rapidement possible de l'armoire en bois de Monsieur Lond. Une armoire qui en plus d'être divertissante pour l'œil offrait d'autre ravissement aux sens et plus particulièrement au goût. En effet, l'imposant mobilier exporté de France, abrité en son sein, une impressionnante collection de Whisky, l'un des alcools préférés du patriarche et accessoirement celui que dans une vie pas si antérieure que ça, Haytham chérissait tant. Malheureusement pour lui, il ne put se résoudre à rejoindre l'extérieur et tourna les talons pour venir se placer face à l'imposante armoire qu'il ouvrit avec hésitation. Il fut aussitôt assailli par l'odeur au combien familière du Whisky. Enivré par ce contact olfactif, il ferma les yeux pour mieux le savourer. C'était mal, terriblement mauvais, à tel point qu'il referma aussitôt l'armoire. Cela faisait pratiquement un an qu'il n'avait pas bu la moindre goutte d'alcool, de ce fait, il ne pouvait recommencer ni aujourd'hui, ni maintenant, ni jamais. Choisir l'ivresse était une facilité dont il préféra se passer au vu de tous les efforts qu'il avait accompli pour s'en sortir. Il n'en demeurait pas moins en colère contre sa propre personne. Comment avait-il pu y penser, ne serait que pour pendant l'espace d'une seconde ? Etait-il toujours aussi lâche au point de choisir la fuite ? Il reprit sa marche et s'éloigna aussitôt de l'armoire, sans attendre, il regagna la cuisine de madame Lignac, vide aujourd'hui, car délesté de sa principale occupante. Enfin « vide » était un bien grand mot. La locataire du jour, une certaine Tamara, connu pour faire autant de dégât qu'une tornade en plein mois de février, avait fait acte de son passage, en témoignaient la farine sur le plan de travail et la vaisselle qui s'entassait dans l'évier. Se remontant les manches, le beau brun commença à faire la vaisselle, qu'il essuya sans traîner, puis il nettoya le plan de travail et rangea tout à sa place, le cœur toujours aussi lourd. Il poussa ensuite un grand soupire et se prit la tête essayant à tout prix de trouver LA raison pour laquelle il se sentait autant en colère tout en étant triste comme la pierre. Forcé de constater qu'il ne trouvait aucune solution, il fixa la table qui lui faisait face.


« -Mais non Tam, moi je pense qu'il faut mettre plus de farine pour que la pâte ne colle pas ! » lança l'adolescent qu'il était alors. La petite Tamara leva un sourcil lui demandant s'il était sûr, le jeune garçon acquiesça sans attendre et récupéra le sac de farine pour en verser trois bonnes poignées. « -J'ai regardé Madame Lignac faire une pizza l'autre fois ! Elle mettait beaucoup de farine sur le plan de travail et sur la pâte pour que ça ne colle pas. Fais-moi confiance ! » L'adolescent réitéra son action et dessina deux traits sur les joues de son amie avant d'éclater de rire face à la réaction de la petite fille. L'adulte qu'il était devenu s'en souvenait encore, d'ailleurs, il se revoyait ouvrir le four à l'intérieur duquel cuisait leur merveille. « -Tam, je crois qu'il y a un problème ! » avait-il lancé en prenant le plat sans s'embarrasser d'une protection pour le sortir. Il posa le tout sur la table, démoula le gâteau qui émit un étrange bruit en retombant sur le plan de travail. Courageux quand il le fallait, il laissa à Tam le plaisir de goûter la première, avant de se lancer et de recracher aussi l'abomination. « -Ahhh mais c'est dégueu ! On dirait du pain tout sec. Ce n'est pas de la tarte tatin ça. On dirait plutôt de la tarte tapin ! » Les éclats de rire résonnaient encore aux oreilles d'Haytham qui secoua la tête en revoyant l'air ahurir de Madame Lignac lorsque les deux artistes lui présentèrent leur œuvre. « -C'est une tarte Tapin ! »

« -Quoi ? »

« -Bah oui puisque la pâte a le gout du pain, on trouvait ça marrant de l'appeler tarte tapin. »

« -Oui j'imagine que ça l'est, mais saviez-vous qu'en français ce mot « tapin » avait un sens ? »

« -Euh… non. Et ça veut dire quoi ? »

« -Et bien monsieur le Penseur, je vous invite à ouvrir un dictionnaire français et à chercher par vous-même ! »

« -Pourquoi ne pas me le dire ? On gagnera du temps ! »

« -Couvrez-vous les oreilles mademoiselle Tamara ! Aller ! » La cuisinière attendit que la petite obtempère avant de se lancer enfin. « -Et bien monsieur Haytham, en France le tapin est l'endroit où travaille les prostitués. »

« -Merde ! »

« -Votre langage ! »

« -Pardon ! Je vous promets que je l'ignorais », Tamara avait tout entendu, mais c'était gardé de la faire savoir, attendant le départ de la cuisinière pour s'enquérir d'un peu plus d'explications. Ce jour-là, les deux amis avaient beaucoup ris et n'avaient échappé à quelques allers-retours aux toilettes, tant le gâteau était infect. Intrigué, Hay s'avança vers l'armoire où Madame Lignac consignait tous ses livres de cuisine. Le demi-dieu voulait comprendre où ils avaient merdé avec la recette de la Tarte Tatin. Il feuilleta donc l'ouvrage à la recherche de la fameuse recette. Son regard fut cependant attiré par la photographie d'un sublime muffin au citron, d'après la légende. Il devait se passer les nerfs et comme il se voyait mal cogner dans quelque chose, il opta pour ça, à savoir la cuisine. Peut-être parviendrait-il à faire mieux que la tarte tapin. Il redressa donc ses manches pour s'éviter trop de complications et détailla la liste des ingrédients afin de réaliser une préparation pour dix personnes. « -Ok je vois, je vois ! » il se gratta la tempe gauche et sortit son portable pour s'enquérir de l'heure, mais aussi et surtout pour mettre un peu de musique. Il espérait ainsi se calmer d'une part et éviter le carnage d'autre part. Après quelques secondes de recherches, il se laissa séduire par son « Irish playlist » qu'il lança faisant ainsi résonner le « If I Ever Leave This World Alive » des Flogging Molly. « -Alors voyons ce qu'il me faut pour une vingtaine de muffins ! »
• 120 g de farine
• 2 œufs
• 100g de beurre
• 90 g de sucre
• 2 sachets de sucre vanillé
• 1 cuillère à café de levure chimique

« Pour le glaçage je mets quoi les cocos ? »

• 100 g de sucre glace
• Du jus de citron

Il reposa ensuite le livre de cuisine et sortit tout ce dont il avait besoin pour mener à bien son projet culinaire. Se prenant pour une rock star, il vola une grande cuillère en bois qui se transformait en micro entre ses mains. Puis, il se laissa aller à un petit concert improvisé tout en commençant à cuisiner sans quitter la recette du regard. A présent, c'est « Galway girl » qui résonnait dans la cuisine, alors que l'apprenti cuisinier entamait la préparation maison du Lemon Curd. Il commença donc à laver les citrons avant de les « zester » Il récupéra ensuite les zestes très fins qu'il déposa dans une casserole toujours guidé par sa musique. Il pressa ensuite les citrons et déposa le jus dans la casserole précédemment utilisée pour y déposer les zestes. « -Ok ! Donc ça s'est fait ! » Il checka une fois de plus sa précieuse liste, avant de reprendre sa préparation. « -Donc on verse le joli susucre et la jolie Maizena, on remut nos deux cocos et on les chauffe à feu doux ! Ca marche » Il alluma les plaques et laissa chauffer la préparation comme cela était indiqué. Il s'attaqua ensuite aux œufs qu'il commença à battre dans un autre récipient. Passé cette étape, il mélangea son œuvre au reste de la préparation tout en remuant le tout. Tout en continua à remuer la préparation avec son fidèle fouet, il augmenta la température du feu sans s'arrêter de remuer à cause des œufs qu'il venait d'ajouter. Lorsqu'enfin la crème devient épaisse, il ôta la casserole du feu et déposa la préparation dans un bol qu'il laissa ensuite un peu refroidir avant de filmer le tout pour le mettre au réfrigérateur. « -Voilà ça s'est fait ! » Il retourna auprès de ses muffins qu'il continua à préparer avec patience toujours au son de quelques tubes irlandais. Le temps passa sans qu'il n'en prenne la mesure et sa colère, au même titre que le soleil, commençait à s'éclipser progressivement de son horizon. L'apprenti cuisinier prenait même du plaisir à jouer de la farine, à mettre la main à la pâte quitte à s'en mettre partout. D'ailleurs, sa pauvre chemise et le t-shirt qu'il portait en dessous, avaient bien triste figure à présent. Mais au moins, maintenant, il se sentait mieux, et même si ses muffins étaient dégueulasses, il s'en fichait, au moins, il avait réussi à se vider la tête sans boire le moindre verre.


« -Mais que fais-tu ? » Surprit au moment-même où il déposait le Lemon curd au milieu des muffins, Hay leva la tête et découvrit, dans l'encadrement de la porte, madame Lond qui avait l'un de ses précieux albums photos sous le bras. Le demi-dieu, tâché de partout, se redressa aussitôt, gêné d'avoir été pris la main dans le sac.

« -Je ne savais pas quoi faire et comme Madame Lignac, n'était pas là, je me suis dit que j'allais essayer de cuisiner un truc ! »

« -Je l'ais rappelé pour qu'elle vienne nous préparer quelque chose et qu'elle et son mari se joignent à nous pour fêter… »

« -… Non ne parlons pas de fête alors que Tamara m'a fait une crise tout à l'heure. »

« -Ecoute » dit-elle en s'approchant et en constatant la forme magnifique des pâtisseries. « -Qu'est-ce que c'est ? Ca à l'air délicieux ? »

« -Des muffins aux citrons avec du lemon curd que j'ai fait moi-même »

« -Ca à l'air vraiment très bon et c'est très agréable à regarder. Dis-moi, n'aurais-tu pas des talents cachés ? »

« -Ca j'en sais rien et si vous voulez mon avis, mieux vaut se méfier des apparences. Prenez la tarte tapin en exemple. »

« -Mon dieu je m'en souviens encore. Ta mère et moi avons joué la comédie pour ne pas vous vexer toi et Tamara, mais j'avoue maintenant, parce qu'il y a prescription que c'était de loin la pire expérience culinaire qu'il m'ait été donné de vivre. »

« -Et je plusoie. C'était vraiment dégueulasse ! J'espère me rattraper cette fois. »

« -Ne doute pas de toi comme ça ! Et sois patient avec Tamara. Je sais qu'elle a son petit caractère »

« -Ca, ça n'a pas changé »

« -Non, mais c'est ce qui te plait chez elle n'est-ce pas ? »

« -Absolument ! »

« -Laisse-lui un peu de temps. Tu verras, elle finira par s'y faire et je suis prête à parier, qu'elle sera plus gaga que toi. »

« -Ca m'étonnerait vous savez. On ne peut pas être pire que moi. Pour preuve, je le suis encore avec ma fille de 25 ans. »

« -Il me tarde de la rencontrer d'ailleurs ! »

« -C'est pour bientôt je pense ! Je préfère attendre de prendre la moindre décision cette fois vue comment Tam peut réagir ! Je tiens encore à la vie ! »

« -Je te l'ai dit, sois patient ! Et vas te changer avant qu'elle ne rentre ! Moi, je vais regarder quelques photos au salon. »

« -D'accord. Je vous laisse surveiller le dessert. »

« -Tu peux compter sur moi »

« -J'espère bien » dit-il dans un sourire avant de s'éclipser à l'étage pour aller prendre une douche.

Une douche éclaire cette fois, car il voulait se tenir prêt à accueillir Tam dans les meilleures dispositions. Il rejoignit donc leur chambre au plus vite et eut à peine le temps d'enfiler un jean que la porte s'ouvrit sur Tamara qui venait de prendre une grande inspiration. Hay attrapa sa serviette de bain et tout en s'essuyant la nuque, il la regarda entrer. « - Bien sûr, je crois même que c'est conseillé de parler après une crise. » Il reposa la serviette tandis que la porte se fermait derrière Tam qui avança vers son chéri qui la laisser lui prendre les deux mains et le faire s'asseoir sur le lit. Elle parla la première. Conscient qu'elle en avait bien plus besoin que lui, le bel Irlandais, n'entreprit à aucun moment de la couper et l'écouta de ce fait avec la plus grande des attentions. « -Hey, écoute ça sert à rien de ressasser tout ça. J'imagine que c'est les hormones ou un truc du genre. Je ne peux pas t'en vouloir pour ça, même si effectivement, j'ai été blessé. Ma mère me manque et parfois, je te jalouse un peu, mais ça c'est égoïste. Mais tourner les talons à la moindre remarque, l'est encore plus. Je n'aurai pas dû m'énerver tout à l'heure donc moi aussi, j'aimerais m'excuser. Mon amour, je t'aime comme un dingue, tu le sais et de ce fait, jamais tu ne me rendras malheureux. Je crois que tu as raison, je ne vais pas te brusquer, ni trop t'en demander. Et je te promets d'être gâteux pour deux si ça peut te donner le sourire. » Il ferma les yeux, lorsqu'elle déposa sa main sur sa joue pour lui offrir une douce caresse. Une main dont il l'embrassa le dos avant de la lier à la sienne. « -Je ne veux pas que tu te prennes la tête pour essayer de te faire pardonner. Et pour ce qui est d'une recette » Il se gratta le sommet du crâne et ne put s'empêcher de sourire comme l'enfant qu'il n'était plus. « - En fait, j'ai passé tout l'après-midi à cuisiner. J'ai fait une vingtaine de muffins au citron au Lemon Curd. J'ai tout fait moi-même. Ils avaient une belle gueule tout à l'heure. Enfin bref, je vais profiter que Madame Lignac soit là pour avoir son avis » Il la laissa s'asseoir sur lui toujours le sourire aux lèvres « - Je t'aime aussi ma guimauve quant à ta demande, je ne peux que répondre oui. Aller approche ! Montre-moi comment une Américaine embrasse avec passion » Il approcha son visage du sien et se pencha un peu plus pour retrouver ses lèvres avec bonheur. Ses mains, elles aussi en manque de ce corps de déesse, trouvèrent le chemin avec facilité. Le demi-dieu qui ne résistait plus à la tentation, allongea la belle brune pour se mettre au-dessus 'elle. « - Tu crois qu'on a combien de temps avant que ta mère ne sonne la cloche ? » Il enfouit son visage dans son cou qu'il para de mille et un baiser « -Pas trois heures ça c'est sûr ! Dix minutes au moins non ? Peut-être que l'on va exploser un nouveau record qui sait ? ! » Et avant même qu'il n'entreprenne de la déshabiller, la voix de Victoria résonna dans le couloir « -Merde ! » Hay éclata de rire. « - Je t’aime quand même hein ! » Il se mit à rire à nouveau.
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mer 9 Nov - 15:24



Something has changed






Être restée un moment en compagnie de sa mère, en silence, puis avoir marché et enfin fait une petite sieste, même si à la base ce n’était pas voulu, firent un bien fou à Tamara qui se sentait rechargée à bloc. Elle avait retrouvé le courage d’aller trouver son demi-dieu pour lui présenter ses excuses. En y repensant, elle se dit qu’elle avait vraiment été horriblement méchante et blessante, et en venait même à se demander ce qui lui avait pris de lui parler de la sorte. La colère n’excusait pas tout, et attaquer Haytham sur le sujet de leurs mères était vraiment un coup bas, sachant que le fils de Mars souffrait énormément de la perte d’Eileen. Tam aussi en souffrait, cette femme avait été comme une seconde mère pour elle. Pleine de regrets, la jolie brune s’était donc empressée, une fois ramenée à la maison par monsieur et madame Lignac, de regagner la chambre à l’étage, pour discuter avec son bel irlandais. Par chance, il était là, apparemment sortant d’une douche à en croire son torse nu, fort agréable à regarder soit dit en passant, ses cheveux encore humides et cette serviette qu’il avait jetée sur son épaule, comme il en avait l’habitude. Dieu qu’elle le trouvait beau, dieu qu’elle était folle de lui.

Elle s’était avancée vers lui, laissant la porte se refermer derrière elle, et avait livré en toute sincérité les excuses qu’elle tenait à lui présenter. Il était hors de question pour Tam de laisser de si horribles paroles en suspens sans dire à l’homme qui faisait battre son coeur combien elle regrettait de les avoir prononcées. Il avait fait preuve de maladresse, c’était vrai, mais elle, elle avait été méchante, et elle se trouvait impardonnable pour le coup. Et comme toujours, le fils de Mars se montrait adorable et patient avec elle. Cet homme était vraiment exceptionnel, et la jolie brune prenait la pleine mesure de la chance qui était la sienne, d’être aimée par une telle personne.

-Oh Hay, je ne te mérite pas, tu es un ange, dit-elle, rassurée par ses mots. Eileen me manque aussi horriblement, j’ose à peine imaginer ce que c’est pour toi. Mais tu sais, ma mère c’est aussi un peu la tienne. Je n’avais pas le droit de sous-entendre le contraire, en plus tu sais très bien combien elle t’aime.

Elle repensa à ses paroles lorsqu’ils étaient tous les deux enlacés dans les toilettes : « De toute façon, la joie est toujours de courte durée ». Non, Tam ne voulait pas que la joie de son amoureux le soit, elle voulait qu’elle soit éternelle, qu’il ait toujours son magnifique sourire aux lèvres. Elle ne put s’empêcher de sourire à sa dernière remarque.

-Tu seras comme tu voudras, gâteux pour un, pour deux ou pour trois, ne fais pas de promesses. On verra bien.

Tachant de camoufler le peu de conviction qu’elle avait, Tamara sentit une pointe d’angoisse monter en elle en se disant que d’ici quelques mois, ils devraient tous les deux prendre soin d’un bébé. Tam se demandait bien comment ils allaient faire, elle ne savait même pas comment on devait en tenir un… Ça avait l’air à la fois si simple quand on voyait faire les autres, mais aussi tellement complexe, en plus ces trucs-là ne sachant pas parler, leur seule façon de communiquer c’est en pleurant, bonjour l’ambiance ! Non seulement c’est contraignant mais en plus c’est bruyant. L’ex agent de terrain avait un peu de mal à comprendre pourquoi tout le monde s’extasiait à chaque fois qu’on parlait de bébés, considérant ces deux points précédemment évoqués… Mais bon, maintenant la machine était lancée, alors alea jacta est.

-Oui… pas de prise de tête inutile…

On va déjà se prendre la tête pendant dix-huit ans, minimum…

Là, Hay se mit à sourire, ce genre de sourire enfantin qui annonçait la révélation d’un truc énorme, à en voir l’espièglerie de son visage. Tamara commença à ouvrir des yeux curieux, lorsque enfin il avoua ce qu’il avait fait de son après-midi, avant de les écarquiller tout à fait. C’était un peu comme la révélation de l’année.

-Quoi ? T’as cuisiné ? Toi ? Enfin… toi aussi ? Ben dis-donc, cette cuisine en aura vu passer, des débutants en une seule journée ! Hummm ça a l’air délicieux tout ce que tu décris là ! J’espère que tu t’es pas foiré, ça me donne l’eau à la bouche, en plus je meurs de faim !

Et puis, il fallait l’admettre, imaginer Haytham dans une cuisine en train de concocter quelque chose avait ce petit rien d’exotique. Tam se rappelait comme si c’était hier de l’épisode de la tarte Tatin, le jeu Hay plein de certitude avançant avec sagesse (du moins une sagesse dont il se croyait détenteur alors) qu’il fallait ajouter dela farine puisque c’était ainsi que notre chère Madame Lignac préparait la pâte à pizza, tandis que la petite Tamara voulait s’en tenir à la recette originale. Elle avait choisi, la malheureuse, d’écouter son aîné, se disant qu’un « Penseur » avait forcément -encore et toujours- raison. Et au final, quelle erreur n’avait-elle pas faite ! D’autant qu’elle avait été la cobaye, la première à faire le crash-test goûteur ! Elle avait tâché de masquer son air de dégout pour que l’irlandais aussi ait cette délicieuse sensation en bouche d’un pain de seigle relevé de pommes caramélisées. Mais rien ne pouvait être pire que ça, la jeune femme en était persuadée, et puis le fils de Mars avait l’air de dire que ses muffins avaient une apparence plutôt convenable.

-C’est peut-être que les cours de cuisine dispensés par Maisie ont porté leurs fruits. Si c’est réussi, tu pourras essayer de m’apprendre, enfin si tu en as la patience. Je suis vraiment pas douée tu sais.

Elle repensa aux pancakes du matin-même, et à combien elle avait trouvé ça difficile de leur donner une forme parfaitement ronde. Un truc qui semblait si facile lorsque c’était la cuisinière française qui le faisait ! Pourquoi donc des choses qui semblaient enfantines au commun des mortels semblaient être insurmontables pour Tamara Lond ? Alors qu’elle était capable de botter le cul d’une bestiole mythologique à corps de lion et queue de scorpions comme si elle se limait les ongles. La vie était surprenante.

Hay la laissa s’asseoir sur sa cuisse et alors qu’elle demandait gentiment la permission de l’embrasser, il la lui accorda semblait-il bien volontiers, lui demandant comment une américaine embrassait avec passion. Sourire aux lèvres, l’américaine approcha alors sa bouche de la sienne pour enfin lui donner un baiser à la fois tendre et passionné, y mettant tout l’Amour qu’elle ressentait pour lui. Elle se fit alors renverser par le demi-dieu qui se mit au-dessus d’elle. Elle se mit à rire, le laissant faire avec plaisir.

-Combien de temps ? Je ne sais pas, j’ai cru comprendre que madame Lignac nous préparait un gratin dauphinois -prononcé à l’américaine- et si je me rappelle bien, ça prend une plombe à cuire ce machin… Mais qu’est-ce que c’est bon, mon dieu rien n’est aussi bon que ça je crois ! Je pourrais presque t’échanger contre un gratin dauphinois de madame Lignac, en temps de guerre ! déclara-t-elle, en tachant de garder son sérieux, bien difficilement, il convient de le reconnaitre.


Hiver 1982

-Ce sera prêt dans combien de temps ?
« -Regardez-moi cette petite impatiente… Je sais que c’est votre plat préféré, mademoiselle Tamara, mais il faudra vous armer de patience, je viens tout juste d’enfourner le plat... »
-Combien de temps ?!
insista la petite fille.
« -Quand le fromage de dessus commencera à avoir des taches brunes, mademoiselle… »

Et voilà la petite Tam assise devant le four, à scruter son gratin dauphinois pendant qu’il cuisait. Hay était arrivé environ une demi-heure après, ayant enfin fini ses devoirs, et lui demanda ce qu’elle fichait assise par terre devant le four.

-J’observe, pour être sure de pas louper le moment où ce sera prêt.

Bien entendu, le « Penseur » avait éclaté de rire, rétorquant que madame Lignac savait ce qu’elle faisait et qu’elle n’avait pas besoin d’elle, et la fillette aux joues rougies par la chaleur émanant du four avait haussé les épaules et n’avait pas bougé de sa place pendant l’heure de cuisson. Quand elle avait quelque chose en tête, c’était très difficile de lui faire entendre raison …

La Tamara adulte n’était guère plus patiente, mais au moins était-elle plus avisée. Elle avait conscience que certaines choses prenaient du temps, c’était ce qui les rendait meilleures.

-Je dirais une heure, lança-t-elle avec un regard espiègle. Ah non, toi et tes dix minutes !

Alors qu’il s’apprêtait à soulever le t-shirt qu’elle portait, la voix de madame Lond retentit, faisant éclater de rire l’irlandais. Tam, à la fois surprise de les entendre se faire appeler si tôt, et attendrit par le rire de son bien aimé, regarda ce dernier avec Amour. En cet instant, elle n’avait qu’une certitude, la chose qu’elle aimait le plus au monde, c’était le voir rire, ou au moins sourire, et elle ne voulait plus jamais voir ce sourire s’effacer de son doux visage.

-OK, tu veux du défi ? lui dit-elle avec un sourire en coin.

Elle attrapa le téléphone fixe posé sur la table de nuit et composa un chiffre pour faire un appel interne sur l’un des autres combinés de la maison. Sa mère répondit au salon.

-Maman, je prends une douche, je m’habille et on descend. Dix minutes, ça ira ?… OK à tout de suite !

Puis elle raccrocha, regardant Haytham avec un grand sourire.

-Voilà monsieur le « Penseur », tu as précisément cinq minutes pour me faire grimper aux rideaux, parce qu’il me faudra au moins cinq autres minutes pour prendre une douche et surtout trouver un truc dans lequel je rentre encore, je ne peux pas descendre dîner en jogging sans quoi Maman ferait une syncope. Et demain, je m’achète un putching ball et un stock de vêtements pour sumo, parce que c’est hors de question que j’aille faire les boutiques tous les quatre matins, tu sais combien je déteste ça. Ça te va comme programme ?

Tam se redressa, enleva son haut et attrapa entre ses mains le visage du demi-dieu pour lui donner un nouveau baiser des plus ardents, comme elle seule en avait le secret pour rendre fou son bien aimé.

-Hum, je crois que j’ai bien envie de te donner un challenge supplémentaire.

Elle se rallongea pour attraper son téléphone et mettre un compte à rebours de cinq minutes qu’elle enclencha, et lui lança un regard de braise.

-Si tu arrives à me faire prendre mon pied en cinq minutes, je te ferai des trucs que j’ai encore jamais faits à personne. Allez au boulot ! lança-t-elle, amusée.

Elle reposa le téléphone prépayé sur la table de nuit tandis que les secondes défilaient déjà, persuadée que de toute façon il n’y parviendrait pas. Cinq minutes, c’était ni plus ni moins qu’un « câlin d’étudiants » comme elle aimait le dire pour se moquer de lui avec ses « records de dix minutes » dont il lui avait parlé lors de leur première nuit. Le record de la honte, comme elle disait.

Pendant ce temps, au salon, Victoria et monsieur Lignac préparaient l’apéritif, sans alcool, tandis que madame Lignac préparait donc le fameux plat préféré de Tamara, et l’une de ses fameuses spécialités françaises dont elle avait le secret, un secret fort méconnu aux Etats-Unis.
« -Ils descendent dans une dizaine de minutes », lança Victoria, un sourire radieux aux lèvres.
Si une personne était enchantée de voir la famille s'agrandir, c’était bien madame Lond. Le couple français en étaient tout aussi attendri en apprenant la nouvelle. Ils avaient vu ces deux-là grandir depuis leur plus jeune âge, et à présent les voir unis et bientôt parents était une chose merveilleuse pour eux.
« -Monsieur Haytham nous a beaucoup manqué aussi » commenta madame Lignac qui avait, sans doute mieux que personne, tant de souvenirs des aventures de ces petits garnements qui venaient fouiner dans sa cuisine alors qu’ils en avaient l’interdiction, étant enfants.
« -J’ai été surprise de voir Tamara dans votre cuisine, madame Lignac. Elle m’a dit que vous lui aviez appris à faire des pancakes ? »
« -Oh, je n’ai fait que lui noter une recette. Je suis surprise que mademoiselle Tamara soit si mauvaise cuisinière, avec tout le temps qu’elle a pu passer dans mes pattes étant enfant, avec monsieur Haytham qui essayait de l’empêcher de faire des bêtises ».

« -Je me souviens qu’il se faisait souvent accuser à sa place », commenta en souriant monsieur Lignac.
« -Il est vrai qu’il a toujours été si gentil et protecteur avec ma fille ».
La conversation allait bon train à propos des deux tourtereaux et de leurs péripéties enfantines. Bien entendu, personne ne savait que le « Penseur » avait une faculté auditive bien supérieure à la moyenne, et que s’il laissait traîner ses oreilles, il pourrait à coup sûr absolument tout entendre. Fort heureusement, il était aimé dans ce foyer, et que des gentillesses ne sortaient à son propos. Comment aurait-il pu en être autrement, après tout ? Il avait toujours été un garçon exemplaire dans son comportement, et tout un chacun savait que la plupart des bêtises qu’il faisait, ou dont il se rendait coupable volontairement, étaient bien souvent, pour ne pas dire toujours, dictées par une certaine petite brune effrontée, avide de nouvelles aventures et de nouveaux jeux.





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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Dim 20 Nov - 3:20



Something has changed



L'amour, c'est beau, presque autant qu'un coucher de soleil que l'on observe depuis le sable d'une plage, les doigts de pied en éventail. C'est beau, comme cette sensation de liberté qui nous assaillit, lorsque nous posons notre regard sur le ciel étoilé d'une nuit d'été, allongé dans l'herbe fraichement coupée. C'est magique, presque autant que le regard d'un enfant, qui en ouvrant sa porte, le soir de noël, découvre une montagne de cadeau alors que dehors la neige commence déjà à tomber. C'est sublime comme une averse dans le bayou en plein été, alors que quelques minutes auparavant, le soleil nous enivrait de sa présence. L'amour, c'est poétique comme la rosée du matin sur les fleurs de Monsieur Lignac. Comme un nuage de luciole au-dessus de l'étang. Mais l'amour, c'est aussi douloureux lorsqu'il est vécu si intensément. La douleur est aussi fulgurante qu'un coup de poignard lorsque d'horribles vérités sont échangées. Car oui, l'amour, c'est aussi la sincérité, de ce fait à ce stade et après avoir maladroitement abusé du mensonge, il nous ait interdit de mentir et de prendre la moindre pincette pour se préserver. La vérité doit être énoncée. Une vérité sans fioritures, « brute de pommes » comme le dirait Madame Lignac. Un seau d'eau froide que l'on vous jette en pleine gueule. Un coup dans les cojones, le genre coup à la Bruce Lee dans « la fureur de vivre » Oui ça fait mal, mais paradoxalement l'on continue à s'y accrocher en bon sado-maso que nous sommes. Parce que cet amour, aussi beau que douloureux est unique, autant que peuvent l'être les âmes sœurs où les bons oréos. Alors, même si je souffre, je continuerai à m'y accrocher comme un damné jusqu'à ce que je pousse mon dernier souffle.


Ses yeux pétillaient à nouveau, mais ne laissaient entrevoir aucune tristesse cette fois. Amoureux comme au premier jour, il redevenait peu à peu ce jeune casse coup prêt à la suivre jusqu'au bout du monde dans leurs folles aventures. Même si des mots blessants avaient été échangés quelques heures auparavant, son cœur ne semblait s'en offusquer et se régénérer ainsi progressivement à mesure que ses yeux couleur noisette dévorés ce corps qui était à présent sien. Puis laissant paraître un sourire mutin sur son beau visage semi-divin, Hay se rappela d'un passage dans le journal intime de Tamara. Un journal qu'il s'était permis de lire le soir de leur emménagement et qui lui avait valu quelques foudres « tamaraniennes », avant que cette dernière ne prenne connaissance de la fameuse lettre que son homme lui avait écrit en cure. Suite à ce petit sourire, Tamara suspicieuse, leva un sourcil se demandant à quoi son demi-dieu pouvait penser. « -Dans ton journal je me souviens d'une phrase. Ça disait « Je l'aime une fois, je l'aime deux fois, je l'aime plus que le riz et les petits-pois » J'ai trouvé ça tellement mignon que je crois que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à fondre totalement comme une guimauve. Et je t'interdis de dire que je ne te mérite pas, c'est de la connerie ça, plus encore que le fait que je sois un ange. Tu imagines la gueule du tout-puissant, le pauvre, je lui causerai bien des tracas hein ? » Les sourires complices étaient de la partie, preuve que l'accalmie était à nouveau plus forte que la tempête et que cette fois, elle allait s'étirer sur la durée. (croisons les doigts quand même)


Passé les petites plaisanteries et les sourires en coin, les deux amoureux reprirent leur sérieux en évoquant un sujet qui touchait très profondément notre demi-dieu, sa mère. Il se sentit d'ailleurs étreint par une petite décharge d'émotion qu'il préféra contenir par fierté. Pourtant, il ne se passait pas un jour, depuis leur retour à la Nouvelle-Orléans, où il ne pensait pas à celle qui lui avait donné la vie et perdu la sienne pour le protéger, lui et le reste de la maison. Plus qu'une mère courage, Eileen Cassidy jouissait même encore aujourd'hui d'une aura non pas de « badasserie » mais d'héroïsme. « -Depuis qu'on est rentré je pense tous les jours à elle. Tu sais parfois, je lui parle… dans mes rêves. On se retrouve toujours ici, sous les arbres à pique-niquer sur sa nappe vichy. Bon sang ce que je détestais cette nappe quand j'étais gamin. Je la trouvais tellement laide avec ses carreaux rouge et blanc et pourtant à chaque fois, je suis tellement heureux de la revoir. Il fait toujours beau, ça sent bon l'été et l'on entend l'une de ses chansons préférées sur le vieux tourne-disque. Tout est parfait ! » Il lui caressa la joue et tâcha de se montrer convainquant en lui souriant, elle-même agissait de la sorte pour faire disparaître ce fichu malaise entre eux. « -Tu as raison, pas de prise de tête, contentons-nous de vivre l'instant présent ! Pour le reste, on verra plus tard. Puis au pire, je prendrais des cours, j'irai sur internet, je ferais tout ce qu'il faut pour que tu sois bien. » Cette fois, le demi-dieu était convaincu, le sourire qui s'étirait jusqu'à ses oreilles le trahissait et puis il avait une révélation à faire, le genre de révélation qui ne pouvait être faite sans émettre un large sourire enfantin et une once de fierté.


« -Oui, moi Haytham Cassidy premier du nom, j'ai cuisiné tout comme toi Tamara Lond ! Je crois que dorénavant, on peut envisager la cuisine comme un lieu non-hostile pour nous ! Peut-être même que je pourrais, si mes muffins sont une réussite, envisagé de réitérer l'expérience et apprendre à te concocter quelques petits plats, comme l'homme parfait que je me dois d'être à vos côtés mademoiselle Lond. Tu te souviens la dernière fois où nous nous sommes retrouvés dans une cuisine, on venait de créer notre monstre…enfin je veux dire notre Tarte tapin. J'ai fait preuve de trop d'orgueil en arborant ma prétendue sagesse ce jour-là. Mais même si c'est la chose la plus infecte qu'il m'ait été donné de manger, c'est quand même un plat dont je suis fier. Tu sais pourquoi ? Parce que c'est certainement l'un des meilleurs souvenirs que je partage avec toi. Ce truc, c'était notre création, et même si c'était loin d'être parfait, on en était fier. » Oui bon, la référence à peine voilée au bébé est aussi grosse que le nez au beau milieu de la figure, du Haytham tout craché, avec un petit soupçon de maladresse certes, mais qui n'en demeurait pas moins touchant. Preuve que même les gros durs ont un cœur tout mou. Néanmoins ne nous emballons pas, Tamara n'en demeure pas moins l'une des seules personnes avec Maisie à connaître cette facette d'Haytham. « -Maisie a surtout était très patiente avec moi et puis on ne se foule jamais, on préfère de loin de mater des films et des séries quand on a l'occasion de passer du temps ensemble. J'ai quand même de l'espoir en voyant ce que tu as été capable de faire ce matin. Et je ne suis même pas allé aux toilettes » Oui la dernière réplique est sûrement en trop pour ceux et celles qui se revendiquent « fleur bleue ». Mais que voulez-vous, chasser le naturel, il revient au galop. Et si Hay se permettait quelques belles envolées lyriques pour faire savoir à sa guimauve à quel point son petit cœur tout mou frétille en sa présence, il n'en demeurait pas moins un grand adepte des blagues douteuses et tel le grand enfant qu'il était encore quelque fois, il se plaisait à charrier sa petite amie comme lorsqu'ils étaient enfants.


« -Au pire de nous deux c'est toi qui élira domicile aux toilettes après avoir joué les crash-test goûteur ! Qu'on se mette d'accord, certes, j'ai passé du temps aux fourneaux, certes, j'ai bien galéré à réaliser cette satané recette, mais je t'interdis de faire semblant. Si c'est dégueulasse, je veux que tu me le dises sans pincettes. Et si c'est bon, je veux que tu me dises sans pincettes. Dans les deux cas, je ne m'offusquerai pas…enfin je crois. Et si par chance, ce n'est pas trop mauvais, je veux bien jouer les profs. Toutefois, si je venais à manquer de patience, je poserais mon regard sur ton petit popotin » La demoiselle s'assit sur sa cuisse et le récompensa d'un baiser, puis d'un second mélangeant tout ce qui pouvait être mélangé, mais plus encore dévoilant sans fioritures tout l'amour qu'elle était capable d'éprouver pour son beau brun enclin à quelques malicieuses observations. « -Hum, en revanche pour ça tu es très doué. Figure-toi que moi aussi, j'ai quelques cordes à mon arc. » Il ne lui en fallut pas plus pour la renverser délicatement et se mettre au-dessus d'elle. Enfouissant son visage au creux de son épaule pour ensuite migrer vers son coup, il se demanda combien de temps il leur restait encore avant d'être interrompu par Madame Lignac. C'est connu chez Hay et Tam, une bonne dispute se solde toujours par une réconciliation sur l'oreiller et nul doute que cette fois encore, ils sauraient faire perdurer ces quelques nouvelles habitudes que la vie en couple leur avait permis d'acquérir.


« -Oui tu as raison ! C'était une mauvaise idée. J'aurai sûrement fait cramer toute la cuisine. Mais lorsque je serais ceinture noire de cuisine, je n'exclus pas l'éventualité de m'essayer au gratin dauphinois (prononcé et maniéré à la Française). Donc revenons à nos moutons. Tu nous donnes une heure, alors que moi, je n'ai besoin que de dix minutes ! » Il se rapprocha à nouveau d'elle, fit glisser ses mains sur les côtés, espérant ainsi la défaire de son haut. C'était sans compter sur Madame Lond qui donna de la voix pour se faire entendre des deux chenapans. Le rire du demi-dieu résonna à nouveau dans la chambre. Il abandonna donc l'idée de déshabiller sa chérie et se massa la nuque espérant ainsi trouvé une solution qui serait le contenter, mais plus encore la contenter elle. Alors que l'éclat de rire mourait dans la gorge du beau brun, pour laisser place à un radieux sourire (style Colgate) Tamara posa un doux regard sur son compagnon avant de laisser paraître cette petite étincelle de malice qui lorsqu'ils étaient enfants, annoncée l'avènement d'une nouvelle aventure. Hay cessa de se masser la nuque et se mordit la lèvre inférieure lorsque la belle lui proposa un défi.


Tam essaya d'amoindrir ses éclats de rire, tandis que son capitaine beau-gosse continuait à la parer de mille et un baiser le long du cou. La question méritait cependant réflexion tant madame Lignac semblait imprévisible. « -Peut-être que l'on devrait jouer la sécurité et ne pas être trop gourmand » lança le demi-dieu le sourire mutin gravé sur les lèvres tandis que sa compagne l'informait du menu, un « Gratin Dauphinois » que la belle Tamara se plut à prononcer à l'Américaine. « -Redis-le ! Je trouve ça tellement sexy quand tu parles de nourriture française avec l'accent américain. Faut le prononcer gratin dauphinois (prononcé à la Française). Les Français ne roulent pas les « r » Encore une chose que je pourrais d'apprendre. » Il quitta son cou, déposa ses lèvres sur son menton pour ensuite marquer son front d'une tendre caresse « -Je pourrais aussi te montrer comment on embrasse à la Française » Ses lèvres quittèrent donc son front pour frôler délicatement le bout de son nez tandis que la demoiselle tentait de garder un semblant de sérieux en évoquant la cuisson du gratin dauphinois et son amour pour ce plat typiquement français. Un amour, tellement imposant qu'elle n'excluait pas avec humour d'échanger son demi-dieu contre le plat de Madame Lignac. Faussement offusqué, le rejeton de Mars s'arrêta de couvrir sa petite amie de baisers. « -Vraiment ? Tu serais prête à m'échanger contre un gratin dauphinois (prononcé à l'Américaine). J'aurai dû m'en douter, je ne fais pas le poids contre de la nourriture, encore moins française. Et puis en même temps comment résister hein ?! Je me souviens de ton impatience quand Madame Lignac préparé ce fameux gratin magique. D'ailleurs peut-être que c'est ce que j'aurai dû tenter de préparer à la place des muffins. » Il regarda sa belle qui bougea la tête de gauche à droite histoire de lui faire comprendre que ça n'était pas une bonne idée.


« -Tu me demande si moi, Haytham Cassidy je veux du défi ? Ma guimauve, c'est un peu comme si je te proposais une nouvelle paire de chaussures. Tu connais déjà la réponse non ?! » Alors sans attendre une seconde de plus, l'agent de terrain « guimauvisée » prit le combiné téléphonique en main et capta la ligne qui se trouvait dans le salon. Hay s'assit sur le bord du lit, intrigué. Bien sûr, il ne pouvait prétendre à lire dans les pensées, mais il connaissait suffisamment Tamara pour savoir qu'elle avait une idée derrière la tête et la petite étincelle de malice qui éclairait ses iris chocolatées contamina Hay qui laissa l'excitation l'assaillir. « -Qu'est-ce que tu fabriques encore ? » murmura-t-il alors que mademoiselle Lond était au téléphone avec sa mère. Elle évoqua une douche, un changement de vêtements tout ça en dix minutes. Le Marsien comprit dès lors la nature du fameux défi, il se redressa et commença à se déshabiller tandis que Tam énonçait le programme. Enfin déshabiller est un bien grand mot, puisqu'il ne portait qu'une serviette autour de la taille. Une serviette qu'il fit donc glisser le sourire aux lèvres « -Voilà je suis prêt ! » dit-il en levant les bras en croix. Il n'attendit pas davantage pour se rapprocher « -Donc si j'ai bien compris sur les dix minutes qu'ils nous restent, tu m'en offres cinq pour que je te fasse grimper au rideau ? » Tam se redressa à son tour et retira le haut avant de se ruer sur Haytham pour lui prendre le visage et l'embrasser avec fougue. « -On s'envoie en l'air et on règle nos problèmes existentiels après ! Le programme me va ! » Elle l'embrassa à nouveau, histoire d'attiser le désir et de rendre son compagnon tout-fou comme elle savait si bien le faire. Sans attendre, notre Romain s'attaqua au bas de l'humaine et fit ainsi glisser ce jogging qui lui faisait tant horreur. Ils retrouvèrent le lit, Haytham nu comme un verre continuait à délester sa compagne de ses quelques vêtements « Donc, tu me proposes un challenge supplémentaire » Il dégrafa son soutien-gorge et le balança à l'autre bout de la pièce tandis qu'elle acquiesçait énonçant la couleur à la grande joie du demi-dieu qui s'attaqua à présent à la culotte, l'ultime rempart avant la tenue d'Eve.


« -Donc c'est parti j'ai cinq minutes pour te faire prendre ton pied. Pas de préliminaires alors ! » Il fit glisser sa culotte et la balança près des autres vêtements. À son tour, il opta pour le regard de braise. « - ça sera un record de la honte puissance dix ! Pardonne-moi d'avance ! » Sûr de lui, il captura sa bouche avec l'ardeur du guerrier avant de la quitter et de laisser sa langue prendre la relève pour tracer une ligne invisible jusqu'à sa poitrine. Bien sûr, il prenait le temps d'embrasser au passage chaque parcelle de peau qui lui était offerte. Sachant la belle très tactile dans ce domaine, il marquait déjà quelques points. Il continua sur sa lancée et laissa sa bouche se perdre sur l'un de ses seins puis sur le second avant de reprendre sa route. Le bout de sa langue accompagnée par quelques baisers fougueux sur sa peau sucrée, le mena jusqu'à son nombril. Là, il fit une pause, en profita pour capter son regard. Il lui sourit, un sourire joueur, preuve qu'il avait le contrôle sur la situation. Il en profita pour scruter l'écran du téléphone. Le chronomètre affichait plus de 2 min 30. Confiant Hay se pencha à nouveau sur le nombril de Tam. Pour faire perdurer cette douce torture, il remonta jusqu'à son abdomen et entreprit par la suite de rejoindre son bas-ventre faisant jouer avec dextérité cette audacieuse bouche qui partait ainsi à la conquête du royaume du plaisir féminin. Il attendit une petite minute, juste assez pour propulser le plaisir à une marche de l'extase. Son audacieuse bouche quitta ensuite le royaume, pour laisser le soin à sa virilité de prendre le relais en pénétrant à son tour l'intimité de sa compagne.


Avec douceur et sans précipitation malgré le temps qui défilait, il fit jouer son bassin et prit soin d'augmenter la cadence passé les dix premières secondes. La tête de lit commença dès lors à taper contre le mur. Le demi-dieu continua à augmenter la cadence tout en prenant les deux mains de la tornade brune pour les lever au-dessus de sa tête. Il joua encore de son bassin constatant qu'il ne restait plus qu'une minute trente. L'adrénaline pulsait dans ses veines, « calme-toi calme-toi » n'avait-il de cesse de se répéter. Car voyez-vous, s'il venait à aller un peu trop vite, voir à perdre le contrôle le pauvre lit ne pourrait résister à la super force du demi-dieu. Il prit donc une grande inspiration et commença à ralentir, puis il se pencha à nouveau pour capturer la bouche de sa compagne. Un baiser qu'il esquiva dans un premier temps pour jouer un peu avec les nerfs de sa guimauve. Ses coups de reins, malgré la cadence moins accrue, n'en demeuraient pas moins précis et parvenaient à donner quelques bouffées de chaleur à miss Lond qui devait se faire une raison. Quelques secondes s'écoulèrent, quelques coups reins supplémentaires et voilà que la bouche experte du fils de Mars acheva le travail et conduisit l'humaine à l'orgasme total alors qu'il restait encore une vingtaine de secondes avant que le défi ne prenne fin. Essoufflé, Haytham retomba sur le lit au côté de sa douce. Le sourire du vainqueur aux lèvres, il posa son regard sur elle. « - J'ai gagné le défi non ? ! C'est fou ce qu'on peut faire avec une bouche hein ? » Il lui offrit un clin d'œil et s'approcha pour l'embrasser encore et encore. Il entendit alors une conversation à laquelle il n'aurait dû avoir accès, sans son ouïe très développée.


« -J'entends ta mère. Ça parle de moi, on dirait ! J'ai beaucoup manqué à Madame Lignac apparemment. Et ta mère a été très surprise de te voir en cuisine. Tout comme notre chère Madame Lignac qui elle est surprise de te savoir si mauvaise cuisinière vu tout le temps que tu passais à ses côtés en cuisine quand tu étais enfant. Et comme toujours, je t'empêchais de faire des bêtises. Il n'y a pas à dire, je l'aime beaucoup Madame Lignac ! Tiens, c'est son mari qui prend la parole. Ils reconnaissent tous que j'étais gentil et protecteur avec toi. Je le suis encore non ? Heureusement qu'ils ne disent pas du mal sur moi hein? !" Il se tue et fit une petite grimace "Je ne devrais pas écouter hein ? Bon aller, il nous reste peu de temps. J'ai envie d'une autre douche tiens ! » Il s'approcha à nouveau, la plaqua contre lui et la souleva « -On gagnera du temps comme ça ! Aller ! » Il la conduisit jusque dans la cabine à l'intérieur de laquelle il entra à son tour, il fit tourner les robinets, un jet d'eau émanant du pommeau à l'italienne s'écoula sur eux. Hay en profita pour récupérer de quoi étaler le gel douche sur sa belle « -Donc c'est quoi ces trucs que tu n'as jamais fait à personne ?! Non ne dis rien, j'aurais la surprise, puis il nous reste peu de temps, ça serait trop frustrant ! » Il la fit se tourner et lui frictionna le dos tout en l'embrassant dans le cou. « -Je te laisse finir, faut que j'aille vérifier mes muffins ! A tout à l'heure mon crash test gouteur » Il l'embrassa furtivement et quitta la cabine, puis la salle de bains, le sourire aux lèvres.


Il enfila un autre jean, un débardeur blanc par-dessus lequel il ajouta une chemise en flanelle qu'il laissa ouverte. Il récupéra ensuite ses chaussons, car oui, le fils de Mars a des chaussons et quitta la chambre pour regagner la cuisine où tout le monde semblait avoir élu domicile. « -Il se passe quelque chose ? » demanda-t-il en passant devant Victoria qui lui fit signe d'approcher ce qu'il fit sans hésitation « - Tu es beau mon chéri, c'est un fait, mais tu n'as pas besoin d'être aussi débraillé » Elle commença dès lors à boutonner sa chemise sous le regard amusé de la cuisinière et de son mari. Haytham se laissa faire et acquiesça le sourire aux lèvres « -Bien Madame Lond ! » Le regard qu'elle lui lança l'obligea à changer son fusil d'épaule. « -Oui Victoria ! »

« -Pas de cérémonial mon chéri et je veux que tu me tutoie, je te l'ai déjà dit ! »

« -Oui effectivement, il faut juste que je m'y habitue ! Au pire, je vous… je t'appelle Belle Maman ! »

Tous éclatèrent de rire, preuve que la bonne humeur avait définitivement élue domicile en ces lieux.

« -Donc je peux t'appeler Belle Maman ? »

« -Ca se fera quand tu auras passé la bague au doigt à ma fille ! »

« -Bien j'en prends note ! »

« -C'est d'actualité ? »

« -Ecoutez…ecoute Victoria pour le moment il y a d'autre chose à gérer ! »

« -Le bébé ? »

« -Oui, le bébé. Ça n'était pas prévu. D'ailleurs, j'aimerais en parler avec vous trois. Il va falloir un peu de temps à Tam pour s'y faire. Je vous demanderai donc de ne pas trop la brusquer avec tout ça. J'entends par là dene pas y faire allusion pour le moment. Comme je vous l'ai dit, il va falloir encore un peu de temps avant qu'elle ne s'y habitue. J'espère que vous comprenez ?! » Il se tue pour leur laisser le champ libre. Tous se contentèrent d'acquiescer rassurant un peu plus Hay qui s'approcha de ses muffins et attira toute l'attention de la cuisinière française qui s'approcha à son tour et félicita le jeune homme. Victoria s'approcha aussi et observa la préparation de son « presque futur gendre. « -C'est une première fois. J'imagine que ça ne va peut-être pas être parfait ! »

« -Monsieur Haytham visuellement c'est magnifique et je n'ai aucun doute pour ce qui est du gout »

« -J'espère que ça plaira à Tamara. D'ailleurs, je profite de vous avoir sous la main madame Lignac pour vous demander si au hasard d'un jour, vous pourriez m'apprendre à faire quelques petits plats » Tous se regardèrent surprit d'entendre une telle demande émaner de la bouche du Penseur qui se sentit comme obligé de se justifier.

« -Il faut bien que de nous deux, quelqu'un apprenne à cuisiner non ? Et si mes muffins sont réussis, j'ai bon espoir de devenir un bon cordon bleu. »

« -Ca sera avec plaisir Mr Haytham ! »

« -Mon chéri, je suis tellement contente »

« -Que j'apprenne à cuisiner ? »

« -Que tu sois à nouveau dans la vie de Tamara. Je connais peu d'hommes qui seraient prêts à apprendre à cuisiner pour faire plaisir à leur petite amie. Pour preuve, mon mari sait à peine griller un toast, c'est dire. »

« -Tu vas m'offrir le prix du gendre de l'année ?! »

« -Quand tu auras passé la bague au doigt de ma fille cela pourra se négocier ! »

« -Une chose à la fois belle maman ! Bon, je vais vous aidez à finir de préparer le repas madame Lignac »

« -Avec plaisir Mr Haytham ! »

« -Pendant ce temps je vais mettre la table. »

« -Victoria, ne ménage pas Tam si elle te propose son aide ! »

« -J'en prends note mon gendre ! » Elle lui offrit un clin d'œil avant de disparaître dans la salle à manger tandis qu'Haytham se mit à jouer les commis. Il acheva la préparation le sourire aux lèvres et vit Tamara s'approchait. « -Madame Lignac a accepté de me prendre comme commis ! Tu vas donc continuer à être mon crash test gouteur. » Il s'essuya les mains et vint à la rencontre de sa chérie pour l'embrasser « -Tu t'es remise de tes émotions ? » Il l'embrassa à nouveau et lui fit savoir que sa mère était en train de mettre la table « -Le repas est presque prêt, tu peux mettre les pieds sur la table si tu veux ! Attention n'y vois pas là, une quelconque tentative pour te préserver. Je sais mieux que quiconque que tu n'es pas en sucre. Tu me la prouvé tout à l'heure » Madame Lignac toussa pour faire savoir aux amoureux qu'elle était encore présente malgré son silence. Aussitôt, notre demi-dieu se reprit et se massa la nuque légèrement gêné « - Vas aider ta mère si tu veux ! On arrive sous peu avec l'entrée ! Ah oui et j'ai mis les choses au clair avec tout le monde, à propos du bébé et tu fais qu'il ne faut pas te brusquer avec tout ça. Prends le temps qu'il te faut ma guimauve, on suivra derrière ! Ah oui et demain, je viens avec toi faire du shoping. Ne t'avise pas de me dire « non », ma décision est prise et irrévocable. Tu pourras même me choisir des fringues si tu veux ! Moi, je me contenterai d'acquiescer poliment » Il lui sourit et s'approcha une fois encore pour l'embrasser sous le regard de madame Lignac « -Si tu savais comme je t'aime et comme j'adore te le dire ! »
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L'honneur est semblable à un beau fruit une fois entamé il ne se conserve plus.
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(hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)

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