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 (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Lun 23 Jan - 1:09



Something has changed





15/11/16

Avant tout cela, jamais Tamara n’aurait cru passer autant de temps dans la cuisine de sa maison. Enfin, fort heureusement pour ses papilles gustatives et celles du reste des habitants de la demeure, ce n’était pas elle qui pratiquait cet art bien compliqué. Enfin, en tout cas pour elle, cela ressemblait plus à une corvée qu’à un plaisir, et elle se demandait comment Mme Lignac, et plus récemment Haytham, faisaient pour se détendre avec cette activité. Mais elle se trouvait bien contente de pouvoir bénéficier des délicieuses créations qui lui passaient sous le nez, surtout qu’elle était désormais presque aussi sensible aux odeurs que pouvait l’être le fils de Mars avec ses sens surdéveloppés, alors autant dire qu’un délicieux petit plat fait maison ou un succulent gâteau tout aussi beau que bon ne faisait que rarement long feu.

Ce matin-là, après avoir pris la résolution d’être la plus gentille possible en déversant son flot de colère sur le pauvre punching-ball qui commençait à s’épuiser après seulement deux mois de vie à la Nouvelle-Orléans, Tam était en pleine négociations avec son homme pour obtenir des cookies au petit déjeuner. Et plus difficilement, pour une virée au Mexique. Le demi-dieu en profita pour glisser à nouveau ses foutus légumes verts dans la conversation.

-Eh, ne pousse pas le bouchon trop loin avec ton brocomole ! L’avocat, c’est vert, non ? Alors estime-toi heureux que j’aime ça. Et je tremperai rien d’autre que des nachos dans du guacamole, alors tes brocolis en forme de cerveau moisi, tu te les gardes, mon amour. Quant au Mexique… Oh, ça nous aurait pas fait de mal de bouger un peu… Quatre heures et demi d’avion, tu imagines combien de fois on pourrait barrer la ligne « avion » de ta liste ?

Bon, au moins il semblait enclin à accepter l’idée du déca. A la bonne heure ! Après tout, maintenant qu’elle était en « retraite anticipée forcée », l’ex agent de terrain n’avait plus aucune raison de rester éveillée, outre ses cauchemars. Donc son taux de caféine quotidiennement absorbé pouvait baisser, bien que le gout d’un bon café siroté à n’importe quelle heure de la journée lui manquait.

-Oh c’est vrai, j’ai le droit de prétendre au déca ? demanda-t-elle avec des yeux exagérément écarquillés avant d’afficher un sourire amusé. Bon, eh bien mets ça sur ta liste alors, en plus des ingrédients pour le guacamole. Du déca. Et des nachos. Et des pépites de chocolat, parce que celles-là, elles ne vont pas faire long feu. Tu crois que c’est bon le chocolat fondu dans le café ?

Ceci disant, elle tendit le bras pour attraper la cafetière, espérant qu’il serait trop occupé avec sa préparation pour l’empêcher de se resservir. Bon, bouffer à longueur de journée, ça, elle pouvait le mettre sur le compte des hormones. En revanche, ses envies de sauter sur Hay…

-Fiche-leur la paix à mes hormones, ma Guimauve. C’est que pour la bouffe qu’elles entre en action. C’est l’horreur j’ai jamais autant mangé de toute ma vie. Et malheureusement pour toi, toute la flopée de légumes que tu prends un malin plaisir à cuisiner dans l’unique but de me torturer, eh bien même les hormones n’arrivent pas à les faire pencher du bon côté de la balance. Désolée, ajouta-t-elle avec un petit sourire innocent et un haussement d’épaules, tout en portant sa nouvelle tasse de café à ses lèvres. Hum, alors t’es d’accord, on s’envoie en l’air cet après-midi ?

Elle le regarda enfiler son tablier, et si au début, une petite lueur de moquerie traversait son regard, désormais elle trouvait que cela conférait un certain charme à son homme. Tam le regarda avec un petit sourire aux lèvres, un sourire qui se figea tandis que ses yeux s’arrondissaient face au mini chantage que l’Irlandais lui faisait.

-Je te demande pardon ? Tu oses me demander de sourire à d’immondes légumes arborant une couleur douteuse ? Oui le vert c’est douteux comme couleur, tu ne vas pas oser me dire le contraire quand même ! T’as qu’à me trouver des légumes avec une couleur correcte. Regarde, les carottes, j’aime bien, et en plus ça rend aimable, je suis sure que tu te dis intérieurement que j'en ai grand besoin.

La petite brune lui asséna un clin d’œil. Hay était visiblement en forme ce matin, tout autant que pouvait l’être Tamara qui se décida à obtempérer partiellement en rangeant le second paquet de pépites de chocolat qui s’avérait superflu d’après le chef Cassidy. Elle n’était d’ailleurs pas au bout de ses surprises, la plus grande étant d’apprendre que son gros dur de petit ami lisait des magazines, qu’elle qualifiait de « magazines pour filles ». Elle l’écouta donc défendre son biftek.

-Ma mère ? Première nouvelle…

Elle se tut pour l’écouter déblatérer sur le sommeil des mammifère, et ses yeux ronds et sa bouche bée trahissaient tout son étonnement. Elle se contenta de hocher la tête quand il proposa de commencer réellement à cuisiner. Il suggéra aussi que Tam parle avec sa mère pour éclaircir certains points. La demoiselle secoua la tête avec un sourire triste.

-Hay, tu peux pas comprendre… Maman non plus… C’est que… vous, vous êtes tellement contents, vous ne vous rendez pas compte. Sincèrement, je fais mon possible, j’essaie d’être comme vous, mais j’y arrive pas. Pour l’instant, ce qui pour vous et le reste de l’univers est une nouvelle réjouissante et un bonheur quotidien de me voir enfler à vue d’œil, pour moi c’est la promesse d’un avenir que je ne voulais pas. Je sais que je noircis le tableau, mais je sais pas comment te le dire autrement. Vous êtes heureux, moi pour le moment, j’arrive pas à l’être. Ça viendra peut-être un jour, j’en sais rien du tout, je peux hélas rien te promettre, mais je t’assure que j’essaie vraiment.

Tam s’interrompit pour soupirer en regardant le sol une seconde, avant de reprendre, braquant ses yeux dans ceux de son homme.

-Tu me vois aller lui dire ça ? Je ne veux pas lui faire de peine. Ne crois pas que je veuille t’en faire, mais je sais que toi, tu peux encaisser. La vérité, c’est que je suis très différente de la gamine que ma mère a quitté, et j’ai peur qu’elle soit déçue de voir à quelle point je ne suis pas comme elle aurait voulu que je sois.

Evidemment, Haytham défendit son futur enfant en entendant une énième fois Tamara l’appeler « le truc ». Cela semblait le blesser, et Tamara en était désolée, son regard en attestait, mais elle ne parvenait pas à l’appeler autrement. Lorsqu’il rétorqua que c’était elle qui était hostile au bébé et non l’inverse, elle ne put s’empêcher de lui faire de gros yeux sévères, avant de se raviser au bout de deux secondes et poser ses mains sur le visage du fils de Mars.

-Je veux pas qu’on se prenne la tête Hay. Je te demande pardon, mais je… j’y arrive pas, l’appeler autrement ça… ça rend la chose trop concrète, je sais pas c’est… compliqué pour moi. Mais c’est pas méchant tu sais… t’as qu’à te dire que c’est un petit surnom affectueux. Si tu regardes bien, une guimauve c’est pas plus mignon, et pourtant on s’appelle comme ça tout le temps.

Oui bon, l’excuse était vraiment merdique, mais Tam faisait de son mieux pour éviter une dispute. Pas aujourd’hui, elle voulait vraiment tenir cette promesse qu’elle s’était faite, elle voulait se prouver qu’elle était capable de ne pas disjoncter, au moins une journée entière. Elle usa donc de son sourire magique pour tenter d’avoir gain de cause, et Hay lui-même reconnut qu’il ne pouvait y résister. Il consentit donc à cette petite sortie de la maison que sa chérie réclamait. Après les cookies.

-Génial, tu verras, tu le regretteras pas.

Bon, les cookies ne se préparant pas tous seuls, Tamara avait décidé d’être un gentil petit commis et accepta, sous le regard quelque peu moqueur de son chéri, de sortir tout le nécessaire, à commencer par le saladier et le fouet, sur lequel l’Irlandais montra sa culture nouvellement acquise.

-Waow, là tu m’impressionnes, non seulement tu déchires en cuisine, mais en plus tu connais même l’historique des ustensiles… Hay, franchement, tu m’épates !

Elle s’était amusée à lui mettre un petit coup de fouet de cuisine sur le fessier, action qui lui fut rendue, lui arrachant un petit éclat de rire.

-Hum fais gaffe, je pourrais aimer. Oh je vois, tu es plutôt traditionnel. OK, on oublie le fouet d’Indiana.

La petite commis (mais pas d’office) s’employa donc à trouver les ingrédients manquants pour préparer la délicieuse pâte à cookies.

-Eh, ne dis pas ça, je suis très adroite je te signale. C’est pas parce qu’on dirait que j’ai gobé une pastèque que je suis devenue gauche.

Pendant que le petit-ami modèle continuait sa préparation, Tam se décida à tourner les boutons du four pour le faire préchauffer, histoire de se rendre utile, et sortit la plaque de cuisson qu’elle couvrit de papier sulfurisé, lançant à son « Penseur » un regard qui voulait dire « tu pensais pas que j’en serais capable, pas vrai ? ».

-Qui parle d’entourloupe ? Des œufs, des champignons, c’est sain. Tu pourras même mettre des oignons, encore des légumes, tu as vu comme je fais des efforts.

Le retour du sourire angélique, pour asseoir cet argument imparable, et Tam, visiblement atteinte de bougeotte, redescendit du plan de travail sur lequel elle adorait s’asseoir, histoire d’aller tremper son index dans la pâte à cookie à présent prête, et y gouta sans attendre.

-Hummm c’est délicieux ! On pourrait presque la manger crue.

Evidemment, elle savait qu’il ne la laisserait jamais faire. Elle se saisit donc grosse cuiller qu’elle tendit à son chef pâtissier.

-Tu crois que tu peux en faire en forme de cœur ? Ou de flingue tiens, ce serait cool ça. Oooh et si on allait faire du tir ? On pourrait aligner des canettes, des bouteilles vides et puis on dégomme tout. Ça me manque tellement, je sais que tu détestes les armes à feu, mais… Tu pourrais peut-être me laisser entretenir mon œil de lynx dans notre petit coin de jungle ?

Elle lui tendit ensuite la plaque pour qu’il y dispose la pâte qui formerait les futurs cookies, puis enfourna le tout. Tam referma la porte du four et se retourna vers Haytham.

-On a combien de temps devant nous là ? Un bon quart d’heure non ?

Son regard espiègle ainsi que ses mains qui s’affairaient déjà à défaire les attaches du tablier du nouveau maitre de la cuisine en disaient long sur ses intentions. C’était sans compter sur Victoria qui fit son entrée, alors que les mains de Tam étaient déjà sous le T-shirt du demi-dieu.

-Tamara ! Un peu de tenue !
-Oups
, se contenta-t-elle de répondre en lançant un regard amusé à son chéri. On faisait des cookies, essaya-t-elle d’avancer avec un sourire.

Madame Lond lança un regard à son gendre tandis que sa fille récupéra son mug de café, qui lui fut enlevé des mains avant qu’elle n’ait eu le temps de le porter à sa bouche.

-Eh ! Maman ! C’est que ma deuxième tasse !
-Pas plus d’une par jour, ma chérie, tu avais promis.
-J’ai juste dit que j’y réfléchirai.
-Ma chérie, tu n’as que quatre mois et demi à tenir, tu peux bien faire un effort.


La petite brune serra la mâchoire en fermant les yeux quelques secondes, se retenant d’exploser. Son visage commençait d’ailleurs à s’empourprer légèrement, signe qu’elle était en colère mais qu’elle se retenait de dire quoi que ce soit. Les dents serrées, elle susurra quelques mots à l’intention d’Haytham.

-Retiens-moi de faire les valises, quoi que de toute façon j’ai rien à me mettre… Parle-lui du déca… Ou du sommeil des petits animaux… Hay j’ai envie de défoncer un truc là.

Avant que le pauvre « Penseur » n’ait pu dire quoi que ce soir, Victoria s’empressa de réagir.

-Et ne marmonne pas comme ça, Tamara, je n’ai pas élevée comme ça.

-Maman ! Stop ! S’il te plait, ne m’oblige pas à être désagréable, j’en peux plus ! OK ? J’ai l’habitude de boire des tonnes de café, une seule tasse, c’est pas assez, alors faut t’y faire, aujourd’hui j’en bois deux, cet après, on achète du déca, et demain, je m’enfilerai un litre et demi de déca si ça me chante, ça ne me fera pas de mal, et j’ai besoin du gout du café ! Arrête de croire que je fais pas d’efforts, j’en fais, des efforts, j’arrête pas d’en faire ! Rien que de supporter de vous voir tous super heureux sans rien dire, c’est un effort colossal pour moi. Je t’aime, maman, mais quand tu me traites comme si j’avais cinq ans, c’est vraiment insupportable pour moi, alors pitié, je t’en supplie, essaie de ne pas le faire, d’accord ? Je te promets que je suis pas inconsciente au point de faire des trucs dangereux, tu l’auras ton petit enfant, tu pourras gagatiser autant que tu veux avec et lui dicter sa conduite jusqu’à ses soixante ans si tu veux, mais moi, je peux pas supporter ça. Alors le seul effort que je te demande, c’est de ne pas me donner d’ordre. C’est possible tu crois ?


Tam reprit son souffle et tourna les yeux vers Hay.

-Oh merde, j’ai été blessante là non ?





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CAPITAINE BEAU GOSSE
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Dim 29 Jan - 19:12

Something has changed
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Hay ✧ Tam


« La diplomatie ou l'une des clés de la survie face à une femme enceinte. Le monde, votre monde, est aussi hostile que les hormones de votre bien-aimée. Chaque jour qui passe diffère, vous ne savez plus sur quel pied danser, vous marchez sur des œufs, avec, dans votre poche, un petit drapeau blanc que vous serrez prêt à sortir à la première alerte. La nourriture est le sujet sur lequel se crispe toutes les tensions et c'est à ce moment-là qu'il vous faudra user de vos talents de diplomate. Bien sûr, ce n'est pas inné, sauf exception, mais rassurez-vous, on apprend vite. Passé le premier semestre, on comprend notre douleur et c'est à ce moment très précis que l'on commence à jouer les diplomates, pour notre salut et celui de toutes les personnes qui nous entoure. Continuez donc à sourire, mais ne vous crispez pas trop, au risque de passer pour un menteur. Faites-lui quelques compliments, mais utilisez les bons adjectifs, n'abusez pas au risque d'une fois encore de donner raison à ses satanés hormones. Jouez la fine et variez les compliments aussi. Pour le reste, je ne serais que vous conseillez d'être patient, très patient. » Ce passage émanait d'un témoignage qu'Haytham avait lu récemment sur un site dédié à la paternité. Bien sûr, il était facile de déceler un trait d'humour sous cette plume acerbe, néanmoins l'auteur un dénommé « BigDaddy » était dans le vrai, la diplomatie constituait leur salut à tous et ça notre cher Haytham commençait à s'en rendre compte.

Sans plus attendre (et pour éviter le drame) il récupéra les deux œufs qu'elle venait de lui tendre. « - Ai-je dis que tu étais maladroite très chère ?! Je veux juste éviter le drame de sacrifier un œuf. C'est là qu'intervient la nuance amour ! » Puis il s'arrêta et prit le temps de la regarder de la tête aux pieds. « -Moi je dirais plutôt que tu as gobé…deux pastèques à vue d'œil. » Elle lui lança un regard noir comme l'ébène, mais lui continuait de sourire comme un enfant « - Je déconne ! Va pour une petite pastèque alors ! Tu sais à quel point j'aime te voir comme ça et puis ta poitrine wow ! » Il fit mine d'avoir deux obus tandis que Tam tournait les boutons du four pour le faire préchauffer. Puis elle sortit la plaque de cuisson qu'elle couvrit comme il le fallait à la grande surprise de son demi-dieu de petit ami. « -Effectivement tu fais ce qu'il faut pour te rendre utile ! » Le sujet de l'omette, au vu de la présence d'œufs dans la préparation, prima sur tous les autres sujets au grand dam d'Haytham qui était déjà en « mission cookies » et qui cherchait de ce fait, toutes les excuses possibles, pour s'épargner la préparation d'une omelette. « - Hum hum… des œufs, des champignons, des oignons… En fait là, on dépasse le stade la petite omelette ! C'est carrément de l'omette de compétition là ! » Il souffla, désireux de faire durer un peu le suspens, tandis que la demoiselle quitta le plan de travail pour s'approcher du saladier dans lequel se trouvait la pâte à cookies. Elle y trempa un doigt sous le regard inquisiteur du Marsien, avant de le porter à sa bouche pour avoir un petit aperçu.

« -Oui tu pourrais la manger crue, mais tu sais pertinemment que je ne te laisserai pas faire ! » Il attrapa la cuillère qu'elle venait de lui tendre « -Et puis ça n'est pas bon d'en manger trop, tu vas finir par être malade et c'est moi qui vais devoir jouer les infirmières. » Et tel l'enfant qu'elle n'était plus, elle se permit de renchérir à nouveau en demandant à son chéri s'il était possible que les cookies soient en forme de cœur, avant de se raviser pour des flingues. Une proposition qui en amena une autre. « -Dis mon amour, tu comptes m'en faire combien des propositions ? Hum… *fait mine de réfléchir* je vais changer tes piles à l'avenir, comme ça j'arriverai à suivre. Pour ce qui est de la forme des cookies ça peut se négocier, à l'inverse du tir. Et n'essaie pas de m'amadouer, ça ne marchera pas. Quand le bébé sera né, tu pourras entretenir à nouveau ton œil de lynx, mais pas avant. » Ça n'était pas négociable et cette fois Haytham n'avait pas l'attention de se laisser, charmer, voir, même apitoyer. La mise en garde passée, il se saisit de la plaque que Tamara venait de lui tendre. « -Je vais me rattraper avec les cookies » lança-t-il pour désarçonner les tensions à venir. Avec dextérité, il étala la pâte en « l » pour que les cookies en gonflant, aient la forme d'un flingue répondant à la demande de la future maman. Il enfourna enfin sa nouvelle création et s'essuya les mains, satisfait. Tamara referma aussitôt la porte du four et se retourna pour faire face à son homme qui entreprit de se défaire de son tablier, mais c'était sans compter sur l'agent de terrain qui se demandait combien de temps il leur restait avant que les cookies ne soient prêts. « -Oui, un petit quart d'heures à peu près ! Pourquoi ? » À peine eut-il le temps de poser sa question, que la sémillante miss Lond acheva de le défaire de son tablier. « - Ah je vois. Effectivement, ça nous laisse largement le temps pour rayer un lieu de la petite liste » Le sourire joueur, il la laissa passer les mains sous son t-shirt tandis que les siennes prenaient position sur une zone qu'il aimait avoir en main. Mais c'était sans compter sur Victoria qui passant par hasard, surprit les deux tourtereaux presque en pleine action. Légèrement gêné, Haytham remit son t-shirt en place.

« -Oui ! Je montrais quelques astuces à Tamara ! » avoua-t-il en jouant sur les mots. Il reprit ensuite sa place derrière le plan de travail qu'il commença à nettoyer, loin de se douter qu'il assisterait sous peu, à un affrontement au sommet. Tout ça pour une histoire de mug. Les premiers mots fusèrent de la bouche d'une Tamara mécontente d'être privée de sa tasse. Haytham qui s'attaquait à la vaisselle à présent, essayait de rester à l'écart pour n'avoir aucun parti à prendre en cas de sollicitation. Puis sentant la tension atteindre son paroxysme, Hay se décida à revenir auprès de Tam pour tenter de la calmer, mais c'était trop tard et la virulence de ses propos bien que murmurait trahissait cet état de fait. À son tour, le demi-dieu serra la mâchoire, conscient qu'il allait certainement, une fois encore, devoir jouer les arbitres entre les deux femmes au fort tempérament. Mais le pacificateur ne put se résoudre à prendre la parole, car Victoria fut la première sur le coup au grand dam du fils de Mars. « -Mesdames s'il vous plaît. » La réplique à peine achevée, Tam revint sur le pont obligeant son compagnon à intervenir à nouveau. « -Tam, ma guimauve, s'il te plaît ! » Mais il ne pouvait plus rien à ce stade, le volcan venait d'entrer en éruption et tous ceux et celle qui se trouvait sur sa route prenait de gros risques à présent.

Le monologue fut intense et sans interruptions malheureusement. Tamara vida son sac sans ménagement et n'épargna pas sa mère, ni même Haytham, qui luttait à présent pour ne pas lui-même exploser tant il en avait marre de l'entendre s'exprimer aussi méchamment. À la fin de l'échange touchée en plein cœur, Victoria quitta précipitamment la pièce en pleurs mettant en évidence la méchanceté dont sa fille venait de faire preuve, sans même s'en rendre compte. Hay, plus blasé qu'en colère, regarda sa compagne et secoua la tête. « - Ta mère peut être chiante, je te l'accorde, mais tu n'étais vraiment pas obligée de lui parler comme ça. Elle aussi fait des efforts, on en fait tous. Mais à l'avenir, si tu veux pour te faire plaisir, on peut tous tirer la tronche non ?! » Il se dirigea vers le four qu'il éteignit sans rien demander à Tamara, puis il retira définitivement son tablier pour le poser sur le plan de travail. « -Je vais lui parler, c'est préférable. »
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Ne vous demandez pas pourquoi les gens deviennent fous. Demandez-vous pourquoi ils ne le deviennent pas. Devant tout ce qu’on peut perdre en un jour, en un instant... Demandez-vous ce qui fait qu’on tienne le coup
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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Lun 30 Jan - 17:35



Something has changed





15/11/16

Quand on y pense, faire des ateliers cuisine ou pâtisserie est ce que l’on trouve de mieux pour occuper les enfants tout en leur apprenant quelque chose. C’est ludique et ça permet d’occuper le temps efficacement. Tam s’était dit qu’en joignant l’utile à l’agréable, c’est-à-dire en aidant Hay à préparer les cookies qu’elle mourait d’envie de dévorer, ça leur permettrait de ne pas se prendre la tête. Seulement, elle avait tendance à oublier que ces derniers temps, le moindre truc était source de prise de tête. Elle se rendait malheureusement compte que c’était en partie de sa faute puisqu’elle pétait un câble pour pas grand-chose, mais aussi de la faute du « Penseur » qui, croyant bien faire, se sentait comme le droit d’autoriser ou non certaines choses à sa petite amie qui avait un peu de mal avec ce genre d’autorité qu’elle trouvait déplacée.

-Moui… j’aime pas trop ta nuance, Amour. Arrête de me prendre pour une empotée, j’ai vraiment l’impression que tu penses que je suis une autre personne, rétorqua-t-elle en le laissant récupérer les deux œufs.

Elle le laissa ensuite plaisanter à sa guise en le regardant de travers après avoir allumé le four. Quel gamin, ce demi-dieu !

-Tu aimes me voir comment ? Te transperçant du regard ? Quant à ma poitrine, j’avoue, c’est peut-être le seul point positif. Profites-en parce qu’à mon avis elle va pas rester comme ça.

Le « Penseur » devenu « Râleur » semblait protester sur l’idée de l’omelette. Tamara lui lança un sourire taquin.

-Après, je peux toujours essayer de la faire toute seule, mais… je sais pas, tu te souviens pas de ma dernière expérience culinaire incluant des fraises et du chocolat ?

En pleine nuit… Oui, la massacreuse de cuisine avait encore frappé. Clairement, laisser l’ex agent de terrain seule dans une cuisine, si ce n’était pour faire du café, la seule chose qu’elle savait faire sur le bout des doigts, était vraiment une preuve d’inconscience. Tam était vraiment la personne la moins douée du monde pour faire cuire des aliments ou tout simplement faire une préparation. Les pancake, ça avait été un coup de chance. Mais la patience n’étant pas son point fort, du moins en cuisine, il était clair que chacun des atomes la constituant avaient une aversion pour cet endroit.

-Oh arrête, t’es super chou en infirmière. Mais d’accord, j’attendrai qu’ils soient cuits.

Le bel Irlandais accepta donc de créer des formes personnalisées pour les cookies, sous l’œil amusé de sa petite amie.

-Désolée si je vais trop vite pour ton petit cerveau de « Penseur », mon amour. Mais j’essaie de trouver de quoi nous occuper, parce que, vois-tu, je commence à devenir dingue de rester enfermée ici sans rien faire. Heureusement que c’est grand, mais j’ai vraiment besoin de faire quelque chose.

Naturellement, elle avait proposé une séance de tir, son activité préférée, celle pour laquelle elle était la plus douée, contrairement à l’art culinaire. Et comme s’il lisait dans ses pensées en le faisant exprès pour la contrarier, Hay avait refusé. Tamara pinça les lèvres, déçue par ce « non » catégorique.

-T’es pas cool. Il peut rien lui arriver tu sais, je compte pas lui tirer dessus. Il est protégé là où il est. Mais bon…

Elle le laissa enfourner la plaque de cookies, se disant qu’au pire, elle prétexterait d’aller faire un tour en ville pour aller au stand de tir. Ou alors elle irait acheter une carabine à plombs et elle s’exercerait au fin fond de la « jungle » de leur immense jardin. Bref, elle n’insista pas auprès du fils de Mars, gardant en mémoire la promesse qu’elle s’était faite au saut du lit. Pas de prise de tête. Oui, mais ça, c’était sans compter sur une Victoria qui, sous couvert de bonnes intentions, était revenue à la charge, empêchant sa fille et son petit ami de « rayer une ligne de la liste ».
Tam, cette fois, ne parvenait plus à dissimuler la colère que provoquait en elle le fait d’être infantilisée à ce point par sa mère. Même recevoir des ordres l’armée avait semblé moins chiant que d’avoir l’impression d’avoir cinq ans à l’approche de la quarantaine. Jamais Tamara n’aurait pensé que ce qu’elle venait de dire aurait fait de la peine à sa mère au point de la faire pleurer. Elle avait juste l’impression d’avoir dit ce qu’elle avait sur le cœur, avec le ton le moins agressif possible, mais de toute évidence, au vu de la réaction de madame Lond, il n’en était rien. Elle n’avait même pas fait attention aux interventions que le demi-dieu avait essayé de placer pour désamorcer la situation. Victoria avait déserté la pièce en pleurant, sous le regard interloqué de sa fille.

-Maman, attends… pardon… Merde !

Hay ne se priva pas pour lui faire entendre sa façon de penser. Elle lui lança un regard noir.

-Ce genre de réflexion, tu peux te les garder ! Pour me faire plaisir, que chacun se mêle de ses affaires, tiens, ce serait pas mal ! Je vais pas aller vous dicter votre conduite à chacun, alors foutez-moi la paix avec mon café et mes flingues ! Voilà !

Croisant les bras en soufflant, elle le laissa aller voir Victoria, comme il avait dit qu’il le ferait. En effet, ça valait mieux. De toute évident, Tamara n’arrivait plus à communiquer avec sa mère sans avoir des paroles maladroites. Soufflant à nouveau alors qu’Haytham quittait la pièce à son tour, elle ouvrit un tiroir pour en sortir un carnet à post-its. Se munissant d’un style issu du même tiroir, elle écrivit un petit mot pour s’excuser.
« Maman, je suis vraiment désolée, je ne voulais pas te faire de peine. Je te demande pardon, je t’aime très fort ».

Elle laissa le tout en évidence sur le plan de travail à côté du tablier de l’Irlandais, et décida d’aller s’aérer un peu. Et dire que moins de deux heures auparavant, elle espérait que rien de ce genre n’arrive. Cette pensée la fit soupirer. Comment tout avait-il pu dégénérer de la sorte ? La petite brune laissa ses pas la guider dans le jardin qui avait été le témoin de tellement de jeux encore trois décennies auparavant. Elle finit par tomber sur un petit bras de fleuve où enfants, Hay et Tam s’étaient amusés à de nombreuses reprises à faire des concours de ricochets. Une fois, le fils de Mars avait même tenté de lui faire croire que cet endroit était infesté d’alligators. En réalité, ils n’en savaient rien, ni l’un ni l’autre. Tam s’assit sur un tronc couché et commença à lancer des cailloux dans l’eau, tandis que dans la maison, Victoria séchait ses larmes auprès de son presque gendre.

-Haytham, je voudrais tant qu’elle soit compréhensive comme toi tu sais l’être. J’ai l’impression de tout faire de travers, et que chaque fois que j’ouvre la bouche, ça la met hors d’elle. Pourtant je ne veux que son bien et celui du bébé, elle devrait le savoir. Qu’est-ce que je dois faire, Haytham, dis-le moi, tu as l’air de si bien la comprendre.

Il était facile de comprendre que madame Lond n’était pas de mauvaise volonté, elle adorait sa fille, mais force était de constater que le fait que celle-ci ait grandi sans réellement l’avoir à ses côtés avait forcé une indépendance certaine qu’elle avait du mal à abandonner en présence de sa maman.

De son côté, Tamara commençait sérieusement à se demander si pour le bien de tous, elle ne ferait pas mieux d’aller à l’hôtel en ville. Au moins, elle ne risquerait pas de disjoncter et passer ses nerfs sur une personne qu’elle aimait, et l’ambiance serait sans doute plus détendue à la maison. Oui, elle y réfléchissait sérieusement, mais une petite voix dans sa tête lui disait que jamais Hay ne la laisserait faire. Elle soupira longuement avant de réaliser qu’elle mourait littéralement de faim. Elle se leva donc de son fauteuil improvisé et marcha en direction de la maison. Ce n’est qu’au moment de passer le seuil de la porte qu’elle eut une drôle de sensation dans son ventre. Pas comme un gargouillis qui insiste en disant « c’est l’heure de manger », non, autre chose, quelque chose de différent… quelque chose de relatif au bébé. Enfin au « truc ». Là, les yeux de Tam s’écarquillèrent. Il se passait quelque chose, et la première réflexion qu’elle se fit fut « ça va encore me retomber dessus ». Elle se précipita donc au salon, espérant y trouver sa mère et Haytham. Par chance, ils s’y trouvaient toujours. L’angoisse se lisait dans le regard de la petite brune qui les rejoignit sans attendre, sans même voir s’ils allaient lui dire quelque chose.

-Maman, Hay ! ll se passe quelque chose, mais c’est pas de ma faute, promis j’ai rien fait. C’est tout bizarre, je sais pas pourquoi !

Victoria lui prit les mains et la fit asseoir. Contrairement à sa fille, dans ses yeux, aucune angoisse ne transparaissait.

-Ce n’est rien, ma chérie, c’est le bébé qui bouge. C’est que tout va bien.

Bouche bée, Tamara écoutait les paroles de sa mère et son ton de voix rassurant. Elle regarda Haytham et lui prit la main pour faire sentir le petit coup de pied qu’elle venait encore de recevoir.

-Tu l’as senti ça ?




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mer 1 Fév - 16:26

Something has changed
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Hay ✧ Tam


La préparation des cookies touchait à sa fin et laissait entrevoir quelques minutes de quiétude…enfin presque. Lorsqu'il est question de rayer un des lieux de la liste, il est difficile d'entrevoir ne serait-ce qu'une once de quiétude. Ca c'est bien l'un des avantages de la grossesse de Tam, son goût décuplé pour l'aventure et pas n'importe laquelle. C'est simple, depuis l'annonce de la grossesse, « la liste » assez longue au commencement, rétrécissait à vue d'œil, obligeant les deux amoureux à redoubler d'imagination pour agrémenter cette liste. La cuisine s'apprêtait donc à être rayée, une action entreprise malgré les quelques tensions. Il faut dire que la jolie brune acceptait de moins en moins les remarques de son demi-dieu et que ce dernier peinait à concevoir que sa chère et tendre soit aussi « j'en foustiste » et prenne chaque remarque comme une attaque. Profitant donc de cette accalmie, les deux aventuriers s'apprêtaient donc à retirer leur surplus de vêtements, profitant ainsi de la chaleur du four. Une entreprise avortée par l'arrivée surprise de la maîtresse des lieux, visiblement choquée de voir sa fille et son petit ami, se conduire de la sorte en sa présence. Privé de sexe + les remontrances, il n'en fallait pas plus à Tam pour passer maladroitement ses nerfs sur sa mère tout aussi maladroite dans son désir de bien faire. Les quelques minutes de « guimauverie » s'effacèrent aussitôt au profit de regards sombres et de paroles blessantes. Hay lui-même se prêta à l'exercice et subit à son tour les attaques de Tamara.

« - Tu veux peut-être que je me taise et que je continue à te passer de la pommade ! Pour le reste, laisse-moi te remettre un peu les idées en place. Aux dernières nouvelles, ce « truc » comme tu l'appelle est aussi MON bébé. Donc désolé de me mêler de TES affaires qui pour le coup sont aussi MES affaires. Et puis merde, fais ce que tu veux ! » Emporté par la colère, il préféra s'éloigner de la source de ses tourments pour tenter de rattraper une Victoria en pleurs, tandis que Tamara opta pour une sortie en extérieur pour surement se remettre les idées en place et ainsi éviter de sombrer dans une troisième guerre mondiale. « -Victoria attends ! S'il te plaît ! » lança-t-il en longeant l'imposant couloir qui conduisait au salon. Lassée de temps d'animosité, Madame Lond s'apprêtait à rejoindre le bureau de son mari à l'étage, espérant ainsi y pleurer en silence et se repaître de quelques fragments de bonheur par le biais des quelques photos qui se trouvaient dans le coffre-fort. Mais c'était sans compter sur son pacificateur de « gendre » qui la rattrapa avant qu'elle ne rejoigne le hall, puis l'escalier. « -Haytham, j'ai besoin d'être seule » articula-t-elle la voix étreinte par l'émotion. « -Je t'en prie ! Sèche tes larmes ! » Puis il lui prit la main et l'entraîna dans le salon pour qu'ils puissent discuter un peu. Le demi-dieu espérait encore parvenir à apaiser les tensions, une entreprise plus corsée qu'à l'accoutumer, car lui-même était en tension. Victoria consentit malgré tout à s'asseoir sur l'un des confortables fauteuils du salon, elle fixa Haytham et entreprit de lui faire part de ses troubles. Le fils de Mars resta silencieux, la laissant ainsi s'exprimer sans être coupée. De toute évidence, elle en avait besoin, presque autant que lui.

« -Victoria, ne doutes pas de toi, je t'assure que tu t'en sors bien et que tu n'es pas à blâmer. Tam n'a jamais été patiente ça n'est pas une nouveauté. » Il lui sourit tendrement, espérant ainsi la mettre un peu plus à l'aise et gommer les quelques larmes qui s'écoulaient sur ses joues de porcelaine. « -Ecoute, ce qui se passe c'est que Tamara a grandi sans t'avoir à ses côtés et son père, je suppose qu'il n'était pas très présent. J'imagine qu'elle n'a eut d'autre choix que de devenir très vite indépendante. Il faut que tu comprennes et je sais que c'est dur à admettre, mais Tam n'est plus la petite fille qu'elle était avant que tu…tu t'absentes. Mais on ne peut, on ne doit te blâmer de vouloir rattraper le temps perdu. C'est tout à fait normal de réagir comme ça et puis tu ne penses pas à mal, au contraire. Je pense qu'il faut lui laisser encore un peu de temps et ne pas trop la materner, je vais devoir en faire de même. Mais tu sais, avant elle, avant ma fille, j'étais un égoïste qui se fichait pas mal des autres. J'étais seul, même avec les autres demi-dieux. Euh…je veux dire… »
« -Tu peux en parler tu sais ! »

« -Oui, mais c'est à cause de tout ça que tu as perdu presque trente ans. »

« -Hay, tu es l'homme que ma fille aime, tu es aussi un des membres de cette famille et de ce fait, nous ne devons avoir aucun secret. Ça, j'entends par là les demi-dieux et que sais-je encore, c'est une partie de toi et j'accepte cette partie. Donc tu disais que même avec les autres, tu te sentais seul ? »

« -Mouais ! Je n'ai jamais été très sociable là-bas. Ce n'était pas ma priorité. »

« -Elle t'as changé ? »

« -En fait, elle m'a permis de redevenir ce garçon rêveur, Le Penseur comme elle m'appelait. Depuis son retour dans ma vie, j'ai accompli pas mal de choses positives. Je vois le monde différemment, je me sens pourvu d'une vraie utilité, j'aime cette idée d'altruisme, d'héroïsme même si certain doute encore de moi. Depuis son retour dans ma vie, j'ai accompli pas mal de choses positives. » Les yeux d'Haytham n'avaient de cesse de briller à mesure qu'il s'exprimait. Une observation qui n'échappa à Victoria Lond qui découvrait un peu plus Haytham, lui-même enclin à la confession. « -Mais tu vois, j'ai beau aimé Tamara comme un fou, parfois elle m'énerve, voir même elle me blesse profondément. C'est de pire en pire. Je fais de mon mieux pour être patient, pour ne pas la brusquer, je déploie beaucoup d'effort, mais il se passe toujours quelque chose qui réduit à néant tout ça. J'ai peur de finir par ne plus y arriver, de perdre patience et de lui dire des choses que je pourrais regretter. J'ai peur de moi-même la blesser. Ce n'est pas toujours facile de devoir marcher sur des œufs. »

La main de Victoria se posa sur la joue du demi-dieu. Un geste qu'elle faisait souvent lorsqu'il était enfant et qu'il arborait cette même expression. En général, cette petite caresse suffisait à lui redonner un peu le sourire, sauf qu'il n'était plus un petit garçon et qu'il avait grandi, terriblement grandit tout comme Tamara. Un constat qui peinait une fois encore, la pauvre Victoria, spoliée de presque trois décennies. Par chance (tout est relatif) Tamara refit son apparition et mit un terme à la conversation qui se déroulait dans le salon depuis plusieurs minutes. Le regard des deux protagonistes se rua instantanément sur la nouvelle arrivante plus blême que jamais. Hay, ayant mis de côté sa colère, se leva aussitôt alors que Tam s'approchait. « -Qu'est-ce que tu as ? » lança le demi-dieu, à son tour blême. Victoria étrangement calme, se leva à son tour pour prendre les mains tremblantes de sa fille et la faire asseoir. Elle fit signe au Marsien d'en faire de même, puis elle déposa les mains, toujours tremblantes de Tam, sur son ventre arrondi lui faisant savoir d'une voix douce et posée que tout allait bien, que ce n'était que le bébé qui s'était mis à bouger. « -C'est normal à ce stade de la grossesse ! » renchérit-elle espérant ne pas brusquer à nouveau sa fille qui regarda Haytham avant de lui prendre une main pour ensuite la placer sur son ventre. Le demi-dieu sentit alors du mouvement dans le ventre de sa compagne, un mouvement ressenti au centuple par le biais de son sens surdéveloppé.

« -Bon sang oui, je le sens ! Hey petit monstre, tu m'entends ? » Il s'approcha un peu plus et cola son oreille sur le ventre arrondi de Tamara. « -Salut bonhomme, c'est ton papa qui te parle ! » Le bébé continuait à se mouvoir dans le ventre de sa maman, mais avec moins d'intensité, comme si la voix d'Haytham le calmait. « -Mon petit bonhomme ! Excuse-nous ! » Victoria se leva « -Je vais vous laissez ! » Hay en fit de même « -Non, hors de question, tu restes ! J'ai des cookies à terminer et vous deux, vous devriez vous parlez calmement, ça fait du bien. Et pas de « mais », je refuse toute négociation cette fois. » Le demi-dieu posa une fois encore sa main sur le ventre de Tamara « -Tu joueras les arbitres pour moi ! » Puis il se redressa et retrouva sa cuisine afin de reprendre la fournée de cookies.
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Ven 3 Fév - 12:05



Something has changed





15/11/16

Si Tarama avait été blessante, Hay aussi. Tout en réfléchissant alors qu’elle balançait ses petits cailloux dans l’eau pour se calmer, la jeune femme se demandait comment ils avaient fait pour en arriver à être aussi agressifs l’un envers l’autre, et si d’ordinaire elle n’était pas du genre à se livrer à une introspection et se remettre en question, là, elle se rendait compte qu’elle y était aussi en partie pour quelque chose. C’était vrai, ce bébé, c’était aussi le sien. « Surtout le sien », était-elle tentée de penser. Malheureusement pour elle, la nature était ainsi faite, et c’était elle qui devait le porter jusqu’au bout. Et ça, ce n’était pas de la faute du « Penseur », bien qu’elle ait tendance à lui rejeter tous les torts dessus. Parce que c’était plus facile. Mais là, il fallait que ça s’arrête, que toutes ces disputes s’arrêtent, parce qu’elle n’en pouvait plus. Elle était fatiguée, physiquement et moralement. Elle ne voulait qu’une chose, être bien avec lui, être dans ses bras, qu’il la rassure. Comment le faire si elle ne pouvait supporter la moindre parole qui avait une once de ressemblance avec un conseil ou une recommandation ? Elle repensa à sa résolution d’un peu plus tôt dans la matinée : « aujourd’hui, pas de prise de tête ». Tu parles ! La journée commençait bien, dès le petit déjeuner, un combo d’engueulades, sa mère et son petit-ami. Merveilleux. Poussant soupirs sur soupirs, Tam réalisait enfin combien la situation pouvait être difficile aussi pour son entourage, parce qu’elle n’était pas comme toutes les autres femmes enceintes du monde qui étaient ravie de leur état et attendait avec impatience que leur bébé montre le bout de son nez. Elle, elle était partagée entre « ne débarque jamais, je ne veux pas que ma vie change à cause de toi », et « grouille-toi de sortir de là histoire que je puisse faire ce que je veux de mon corps ». Et heureusement qu’elle n’était pas allée jusqu’à le dire clairement à sa mère où Haytham, ils l’auraient sans doute réprimandée pour oser penser de telles choses. Mais elle n’y pouvait rien, Tam était ainsi, elle n’avait jamais voulu d’enfant, et ça, le fils de Mars l’avait su dès le premier jour de leur vie de couple.

Le temps passait à la fois à une vitesse folle et à une lenteur douloureuse. Le « truc » montrerait le bout de son nez dans approximativement quatre mois et demi ou moins, cela faisait un mois et demi qu’ils savaient qu’ils allaient être parents, et Tamara ne parvenait toujours pas à se faire à cette idée. Elle pensait, tout comme Hay, que le temps l’aiderait, qu’elle serait moins réfractaire, mais rien à faire, elle était toujours aussi révulsée par cet état de fait. Pourtant, nombreux étaient les réveils où, seule dans la salle de bain, elle se regardait dans la glace en disant : « allez, aujourd’hui, on va passer une bonne journée, et j’arriverai à t’accepter ». Mais rien à faire, il y avait toujours quelque chose qui lui rappelait combien sa condition la gonflait au plus haut point,  entre les nausées qui ne voulaient pas passer, les envies de manger tout et n’importe quoi à n’importe quelle heure, le fait qu’elle n’ait droit qu’à une tasse de café par jour, plus le droit de faire du sport autant qu’elle le voudrait. Pour le coup, elle aurait bien eu envie de descendre tout une bouteille de tequila, mais évidemment, ça aussi c’était proscrit. Bref, la seule impression qu’elle avait, c’était d’être prisonnière dans son  propre corps. Comment les gens pouvaient-ils trouver ça positif ?!

Sur le chemin du retour, Tamara cherchait une bonne formulation pour présenter des excuses à sa mère, ainsi qu’à son homme, pour espérer pouvoir tenir sa résolution pour le reste de la journée. Elle était même prête à manger tous les légumes verts que le fils de Mars proposerait, pour se faire pardonner. De toutes façons elle avait tellement faim à présent qu’elle aurait été prête à avaler des brocolis au petit déjeuner. Mais en entrant dans la maison, elle sentit ce qu’elle ignorait être le bébé qui gigotait. Prise de panique à l’idée qu’il se passe quelque chose de mal et qu’on l’accuse de l’avoir fait exprès, elle se précipita au salon où se trouvaient Victoria et Hay. Bien vite, sa mère la rassura en la faisant asseoir tandis que l’Irlandais, qui avait blêmi lui aussi, lui tenait la main. Victoria semblait si calme, si apaisante, pendant une seconde, Tamara se demandait si elle n’avait pas reçu un coup sur la tête et si elle n’hallucinait pas. Madame Lond expliqua alors ce qui se passait, au grand soulagement de sa fille qui alors savait qu’on ne l’engueulerait pas. Le « truc » décida de faire savoir à tout le monde qu’il était là et se mit à remuer de plus belle, ce qui permit à la jolie brune de le faire sentir au futur papa.
L’expression sur le visage d’Haytham la laissa sans voix. Il avait l’air si heureux, et le voir ainsi donna l’impression à Tam que le temps s’était arrêté. Elle se rendait compte que rien ne lui faisait plus plaisir au monde que de le voir aussi heureux, et qu’elle n’aspirait qu’à voir cette expression de bonheur sur son visage, tous les jours. Rien que pour ça, elle était prête à subir cette grossesse non désirée, pour lui, parce que ça le rendait heureux. Il posa alors son oreille contre son ventre, et machinalement, elle posa sa main dans les cheveux de son « Penseur », tandis qu’il parlait au bébé ; Etrangement, la voix de l’Irlandais sembla calmer le « truc » qui bougeait un peu moins désormais. Lorsque Victoria se leva, le futur papa en fit de même. Ils se « bagarraient » pour savoir qui resterait ou non avec elle. A croire que c’était une corvée. En mode « non c’est ton tour, je l’ai déjà supportée tout à l’heure ». Le regard dans le vague, Tam ne dit rien et laissa Hay quitter la pièce tandis que Victoria se rassit à côté de sa fille. Cette dernière sentit les larmes lui monter aux yeux.

-Ma chérie…
-Oh Maman, je me rends compte que je suis vraiment insupportable,
commença-t-elle en fondant en larmes. Je suis tellement désolée, si tu savais comme je m’en veux de te parler aussi méchamment, je t’assure que je le fais pas exprès, je ne suis pas comme ça, enfin, pas avec toi, je t’aime tellement. Je t’en prie, pardonne-moi.

Victoria la serra affectueusement dans ses bras, lui glissant des mots réconfortants à l’oreille pour qu’elle se calme.

-Bien sûr que je te pardonne, ma petite chérie. Je me rends compte que tu as raison aussi, tu es une adulte et j’ai du mal à l’accepter. J’essaierai d’être moins sur ton dos, mais toi, sois raisonnable.
-Oui, maman, c’est promis, je vais essayer. Hay, il va bien ?


Le sourire de Victoria se voulait rassurant bien qu’avec une pointe de tristesse.

-Tu devrais être plus gentille avec lui, il fait vraiment beaucoup d’efforts pour toi et…
-Pour me supporter, oui je sais. Je…. Je vais me reprendre et arrêter de râler. Tu as raison, quatre mois, qu’est-ce que c’est dans une vie ? On a été séparés vingt-sept ans, je peux bien vous écouter pendant quatre mois. Je vais vraiment essayer, c’est promis.


Tamara était alors loin de se douter combien cette résolution serait difficile à tenir. Le sourire sur le visage de sa mère qui semblait satisfaite d’entendre les mots que prononçait sa fille firent chaud au cœur à cette dernière qui avait posé sa tête sur les genoux de la matriarche. A présent, elle attendait patiemment que le demi-dieu qui faisait battre son cœur ne revienne. Elle n’avait qu’une envie, le prendre dans ses bras, lui dire qu’elle l’aimait. Et qu’elle était désolée. Enfin, sans doute l’avait-il entendu, lui qui avait les oreilles qui pouvaient trainer dans toute la maison ou presque. Saleté de don, aucune intimité dans cette maison. Cette pensée la fit sourire tandis que les caresses dans ses cheveux que sa maman lui donnait continuaient de l’apaiser.

-Allez Hay, reviens. Je t’aime ma Guimauve, murmura-t-elle.
-Tamara, tu ne crois pas que nous devrions appeler ton père pour le lui dire ?

La petite brune se redressa et planta son regard dans celui de sa mère, sans vraiment savoir que répondre. Avait-elle envie de lui parler ? Pas vraiment. De le voir ? Pas vraiment, de toutes façons, elle savait qu’il ne ferait pas le déplacement pour « si peu ». Il n’avait pas pris la peine de revenir en apprenant que son épouse était revenue à elle, prétextant beaucoup de travail. C’était sûr, la Chine risquait de s’envoler s’il remettait le pied sur le sol américain. Avec son père, Tam allait de déception en déception.

-Je ne sais pas, Maman… On devrait peut-être attendre non ?

Puis, elle eut le bonheur d’entendre des bruits de pas. Hay revenait surement. A la bonne heure !




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Dim 5 Fév - 3:17

Something has changed
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Hay ✧ Tam


Ces derniers mois, voir l'année toute entière, avaient littéralement bouleversé la vie d'Haytham Cassidy. Une vie jusqu'alors ponctuée de solitude, de combats (illégaux), d'alcool et de quelques traumatismes émanant de ses missions en termes hostiles lorsqu'il était encore soldat. Une vie monotone en somme, à la hauteur du personnage. Égoïste, macho, renfermé sur lui-même, quelque peu malhonnête avec ses adversaires qu'il envoyait sur le tapis sans vraiment forcer, cet Haytham n'inspirait pas la sympathie. Mais malgré tout, malgré le sang, malgré l'alcool, malgré les zones d'obscurité nombreuses, le Penseur était encore là, quelque part, attendant que l'on brise une malédiction vieille de presque trente ans. Et c'est elle, la seule l'unique Tamara Lond qui avait levé le fardeau. Elle, sa plus fidèle amie, elle, celle avec qui il avait grandi, celle qui connaissait tout de lui, elle qui malgré les années, bénéficiait encore d'une place spéciale dans ce « petit cœur » dur comme de la pierre. Le Destin, bien décidé à les revoir ensemble, les avaient de ce fait réunis. Les retrouvailles furent à la hauteur des deux protagonistes, explosives. À cela s'ajouta quelques péripéties et autres difficultés du genre insurmontables, du moins en apparence. Osons comparer les douze travaux d'Héraclès à du pipi de chat pour illustrer le propos ? Non, restons cordiaux avec les aînés, mais nous ne sommes pas loin de cet ouvrage pour le cas Haytham-Tamara ! Un ouvrage qui arborait à présent un tout nouveau chapitre sobrement intitulé « Les joies de la grossesse »

Les joies ! Tout est relatif surtout après avoir comptabilisé une dispute supplémentaire. Haytham avait cessé de compter les points ou de les retirer (question de point de vue). La patience n'est pas l'une des vertus premières de notre demi-dieu, du moins ne l'était plus avant les retrouvailles. En fait, il nous faut apporter un peu de nuance au propos. Le Penseur était un être patient et il le fallait pour venir à bout de l'énergie folle de cette petite princesse qu'il se plaisait à appeler Tam-Tam. Là, à cette époque, la vertu était à n'en pas douter, sa principale qualité. Puis le malheur s'est abattu sur la maison et sur leur vie, obligeant le Penseur à fuir, mais aussi à se défaire de cette vie pour en commencer une autre. Dès lors, notre Irlandais, plus renfermé sur lui-même, c'est délester de sa légendaire patience au profil de ses poings, tout aussi légendaire pour ceux qui avaient le malheur de les rencontrer. Il lui faudra attendre des jours, des semaines, des mois, des années, des décennies pour recouvrer la patience perdue sur le champ de bataille de la vie. Et à présent, nous souhaitons bon courage à ceux et celle qui essaie de tester la patience du Marsien ! Omettons de citer Tamara, un cas à part qui au moment où nous écrivons ces quelques mots, a déjà bien entamé la patience de son demi-dieu de compagnon.

Toujours assit dans l'imposant mais non moins confortable fauteuil du salon, Haytham observait et écoutait Victoria Lond avec bienveillance. Sa peine et son sentiment d'impuissance venaient à bout de la carapace de l'Irlandais qui ne comprenait que trop bien ce qu'elle vivait, mais plus encore ce qu'elle ressentait. À son tour, il se laissa donc aller à quelques confessions espérant ainsi se défaire de cet odieux nœud qui n'avait de cesse de lui contracter l'estomac à mesure qu'il repensait à son dernier échange avec Tamara. « - Tu seras un père formidable ! » déclara Victoria en posant une main bienveillante sur la joue du demi-dieu qui lui sourit presque tristement. Il s'apprêtait d'ailleurs à ajouter quelque chose quand Tamara fit son apparition. Haytham se leva aussitôt, le cœur en alerte, oubliant la dernière dispute, il la laissa s'approcher et l'aida à s'asseoir. Il était inquiet, terriblement inquiet et ne pouvait se résoudre à le cacher. « -Mon amour ! » dit-il en lui prenant la main. « -Qu'est-ce que tu as ?! » renchérit-il à nouveau sous le regard de la matriarche qui avait compris, depuis longtemps, ce qui se passait. « -Les enfants ! Tout va bien, c'est normal ! » commença-t-elle avec douceur en posant sa main sur le ventre de sa fille. Haytham surprit la regarda « -Vraiment ? » Elle acquiesça lui faisant savoir que c'était normal à ce stade de la grossesse. L'inquiétude du demi-dieu cessa aussitôt pour faire place au soulagement qui laissa place à une joie sans nom lorsqu'à son tour, il posa la main sur le ventre arrondi de Tamara pour sentir le bébé. Surprit, il retira sa main, pour ensuite réitérer l'expérience. « -Je le sens ! » répétait-il encore et encore le sourire aux lèvres. À cet instant, il n'y avait plus de peine, plus de douleur, plus rien de négatif, juste de l'amour, un amour sans bornes.

« -C'est génial ! Bonhomme ! » renchérit le papa déjà gaga de son bébé. Les mains de Tamara se posèrent sur les cheveux de son bel irlandais qui venait de coller son oreille contre le ventre de la belle brune. Il continua à parler un peu, histoire de faire plus ample connaissance. Apaisée par cette voix familière, la petite chose cessa d'imposer ses coups, laissant un peu de répit à la future maman. Victoria se leva discrètement pour laisser le petit couple, mais c'était sans compter sur le fils de Mars qui avait une fournée de cookies à préparer et qui incita Madame Lond à rester avec sa fille le temps qu'il revienne avec des munitions. C'était aussi un prétexte pour fuir et se remettre de ses émotions à l'abri de toutes. Il rejoignit donc la cuisine, sa petite forteresse de solitude à lui et entreprit de préparer la fameuse omelette de compétition en plus des cookies. Mais avant de se remettre aux fourneaux, il lui fallait quelques secondes pour se reprendre. Le sourire gravé sur son visage, il semblait tellement euphorique puis les paroles échangées entre Victoria et Tam remontèrent jusqu'à ses oreilles bien malgré lui, le ramenant à une réalité qu'il aurait aimé tenir un peu plus à distance. Tam semblait tellement désespérée par cet état et par cette attitude à l'origine de bien des tensions. En de telles circonstances, il lui était difficile de continuer à lui en vouloir d'autant plus qu'elle s'inquiétait pour lui. Comme toujours, Victoria se chargea de trouver les bons mots pour guider sa fille et lui faire prendre le bon chemin. Hay préféra ne pas s'immiscer plus longtemps dans la conversation. Il cassa un œuf et entama la préparation de l'omelette tout en surveillant consciencieusement la cuisson des cookies. Il sortit deux assiettes, l'une pour les cookies, l'autre pour l'omette, auxquelles il ajouta des couverts.

« -Je t'aime aussi ma guimauve ! » lança-t-il après avoir perçu le murmure de sa bienaimée qui se trouvait encore dans le salon. « -J'en ai encore pour une dizaine de minutes » ajouta-il en ajoutant des champignons dans l'omette. Tandis que dans le salon, un autre sujet tabou était évoqué au grand dam de Tamara. Moins de dix minutes plus tard et alors que Tamara demandait un délai à sa mère pour annoncer la nouvelle au père absent, Hay fit son apparition avec une assiette de cookies encore fumants et une omette. « -Voilà ! De quoi faire plaisir à Tam et à ce petit truc qui pousse à l'intérieur. » Le demi-dieu prit un set de table et déposa le tout avant de retrouver sa place au côté de Tam. Il posa d'abord sa main sur son ventre puis se pencha vers elle et l'embrassa « - Ce n'est pas toujours facile de te supporter, j'avoue. Mais tu es l'amour de ma vie, des comme toi, je n'en croiserais pas deux ! Je veux juste qu'on arrête tous de se prendre la tête. Tam, ta mère et moi, on est sûrement très maladroits, mais on t'aime et c'est notre façon de te le montrer. Promis, je vais arrêter de t'emm…de t'enquiquiner avec tout ça. Aller déguste donc l'omelette que je t'ai préparé. Prends ensuite quelques cookies en réserve parce qu'on va bouger. Je me disais qu'on aurait pu aller près de notre lac. Qu'est-ce que tu en penses ? Je peux te l'enlever Victoria n'est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Dim 5 Fév - 18:48



Something has changed





15/11/16

Tam avait été rassurée, elle n’avait rien fait de mal, et de ce fait, ne serait pas responsable d’une énième dispute liée à la grossesse. Non, au contraire, Victoria assura que tout allait bien, que la petite chose remuait ce qui signifiait qu’elle était en bonne santé. Et le sourire et la joie affichées sur le visage du fils de Mars avait de quoi mettre du baume au cœur. Tamara se sentit soulagée comme jamais. Elle remarqua néanmoins que son cher Haytham s’adressait au « truc » comme s’il s’agissait d’un mâle. Or, il se pouvait très bien que la chose soit une fille, qui sait ? Elle se racla la gorge avec un sourire amusé, et visiblement sa mère avait pensé la même chose.

-Tu sais, ce n’est peut-être pas un garçon, alors sois prudent avec les termes que tu utilises, ça pourrait se retourner contre toi un jour, lança Victoria avec un petit sourire.

L’irlandais décida ensuite de laisser la mère et la fille discuter entre elles tandis qu’il regagnait sa précieuse cuisine, son nouvel antre presque secret qu’il partageait avec Mme Lignac, fière d’avoir un élève tel que le demi-dieu. Tamara était donc restée au salon avec sa chère mère, présentant ainsi ses plus plates excuses pour son comportement. Victoria, aussi douce qu’à l’accoutumée, les accepta évidemment. Au bout de quelques instants, alors qu’elle lui murmurait des mots doux qu’elle savait qu’il écouterait, elle put l’entendre lui répondre depuis la cuisine, ce qui la fit sourire. Un sourire qui s’effaça rapidement lorsque Victoria évoqua le sujet de son père. Richard n’était toujours pas au courant, elle s’en rappela brusquement. Mais elle n’avait guère très envie de lui parler. Elle lui en avait toujours un peu voulu de ne pas s’être occupé de Victoria lorsqu’elle était « malade » durant les vingt-sept dernières années, abandonnant un peu trop vite le combat. Et à présent qu’elle était guérie, Tam n’était même pas sure que son cher paternel soit revenu rendre visite à son épouse. Elle n’avait pas osé poser la question à sa mère, mais cette dernière l’aurait surement informée du miracle si ce cher Richard Lond s’était donné la peine de quitter l’Asie pour s’enquérir de l’état de sa femme, durant les deux semaines où Tam n’avait pas encore regagné la Nouvelle-Orléans. Bref, toujours remontée après lui, la belle brune n’avait pas tellement envie de faire un pas vers son père.
Fort heureusement, ce désagréable sujet de conversation fut balayé par le retour du bel Irlandais qui faisait battre le cœur de l’ex agent de terrain. Et en plus il ne revenait pas les mains vides, ce qui fit sourire d’avantage Tamara lorsqu’elle remarqua qu’il lui avait préparé sa fameuse omelette de compét’.

-Oh merci ma Guimauve ! Tu es le meilleur !

L’odeur lui mettait l’eau à la bouche. Elle laissa son cher et tendre installer les assiettes sur la table et remarqua les cookies aux formes personnalisées, ce qui l’amusa.

-Tu es vraiment super, dit-elle joyeusement en se saisissant des couverts.

Tam fut contente d’avoir droit à un baiser au passage, tandis que Victoria secouait la tête, un peu perplexe en regardant les cookies.

-Il n’y a vraiment que toi pour réclamer des biscuits en forme de pistolet.
-Chacun ses passions
, répondit-elle en haussant les épaules.

Tam ne se fit pas prier pour se saisir des couverts et commencer à attaquer cette omelette qui lui faisait de l’œil. Dès la première bouchée, on pouvait lire sur son visage la satisfaction de déguster quelque chose d’aussi bon, et surtout qui lui avait fait envie depuis un moment.

-C’est absolument délicieux ! Tu t’améliores de jour en jour, c’est incroyable. Le « truc » et moi, nous te remercions de tout cœur.

Après tout, lui aussi l’avait appelé comme ça, alors peut-être qu’il avait enfin intégré l’idée que ça pouvait être une sorte de petit nom affectif. Après avoir avalé deux bouchées d’omelette, elle décida de gouter aux cookies qui lui faisaient de l’œil. Elle se pencha donc pour en attraper un, par la crosse, et mordit au niveau du canon. Force était de constater que ce cher « Penseur » était aussi doué pour les mets salés que sucrés. Enfin, il avait déjà fait ses preuves de nombreuses fois, évidemment, mais Tam n’en revenait toujours pas.

-Hummmm, marmonna-t-elle en mâchouillant  sa bouchée de cookie les yeux fermés.

Puis, la petite brune rouvrit les yeux en écoutant son petit ami lui dire combien il était parfois difficile de la supporter mais qu’il l’aimait et qu’elle était unique, ce qui la fit sourire. La meilleure partie restait quand même le fait qu’il accepte de ne plus l’em… bêter avec tout ça. Elle hocha la tête, le regard plein d’amour pour lui.

-Moi aussi je vous aime, tous les deux vous êtes les personnes que j’aime le plus au monde.

Puis, Hay proposa d’aller faire un tour. Enfin ! Et près de leur petit lac. Précisément là où elle était quelques instants auparavant. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Ils étaient tellement sur la même longueur d’onde parfois. Victoria sourit en hochant la tête.

-Amusez-vous bien les enfants. Ne prenez pas froid.

Elle se leva ensuite pour laisser sa fille et son gendre seuls. Tamara, quant à elle, termina la délicieuse omelette préparée avec amour par son chéri et mit quelques cookies dans une serviette en papier.

-On peut y aller, ma Guimauve. Quand tu veux.

Tam se leva à son tour et glissa sa main dans celle du « Penseur ». Elle l’attira vers elle et se mit en face de lui, se hissant sur la pointe des pieds pour être un peu plus haute.

-Tu sais, notre lac, c’est là que j’étais tout à l’heure. Et je crois que j’ai encore pas eu l’occasion de te montrer combien j’ai progressé en ricochets.

Ponctuant cette affirmation par un clin d’œil, elle l’entraina avec elle, sa main toujours dans la sienne, vers la sortie. La porte d’entrée passée, le bol d’air lui fit le plus grand bien. Plus de tension à présent, juste eux deux, main dans la main, marchant tranquillement au milieu de la végétation qui devenait de plus en plus dense à mesure que les mètres étaient parcourus.

-On a tellement de souvenirs ici… Je crois qu’une fois tu as perdu un de tes distributeurs de Pez par là-bas, et qu’on a passé au moins deux heures à le chercher en plein soleil. On ne l’a jamais retrouvé, cette saloperie, commenta-t-elle avec un sourire amusé.

Après quelques minutes encore, ils arrivèrent enfin à cet endroit qu’ils avaient surnommé « leur lac ». En fait, c’était un petit bout de fleuve qui passait sur la propriété. Mais ça faisait plus mystérieux de dire que c’était un lac, comme pour faire référence au Loch Ness. Evidemment, il y avait encore une aventure, voire même plusieurs, à répertorier dans l’ouvrage consacré aux quatre-cents coups pour les aventuriers en culottes courtes… Tamara lâcha la main d’Haytham pour ramasser un caillou plat.

-Tu es prêt pour la démonstration, Captain Beau Gosse ?

Puis, avec un sourire entendu, elle lança son caillou qui effectua cinq ricochets. La jeune femme se tourna fièrement vers son homme.

-Alors, c’est mieux que les flop auxquels je t’avais habitué, pas vrai ?

Elle retourna auprès de lui pour déposer un délicat baiser sur ses lèvres.

-A toi maintenant. Montre-moi que tu n’as pas perdu la main.Je te regarde en mangeant un cookie. D’ailleurs, il faut que tu goutes ces merveilles. Franchement, je ne pensais pas te dire ça un jour, mais tu es devenu un Maître de la pâtisserie. Et je pèse mes mots. Jamais je n’aurais pensé que tu sois capable de faire tout ça. On pourrait presque ouvrir un restaurant tiens ! lança-t-elle avec un petit rire.




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mar 7 Fév - 2:02

Something has changed
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Hay ✧ Tam
Le premier contact avait de toute évidence balayait toute la colère, tout le ressentiment et toute l'incertitude qui mettaient à mal les bonnes intentions d'Haytham vis-à-vis de Tamara. Un premier contact qui permettait au demi-dieu de sortir de l'abstraction pour faire face à quelque chose de concret. Bien sûr, l'abstraction n'est qu'une image, tout est très concret pour Tam depuis les premières nausées, mais à l'inverse pour le Marsien c'est une grande première, c'est la certitude que ce petit « truc » est bien présent et qu'il se manifeste pour se faire entendre. Il l'avait senti, oui aux travers de ces quelques mouvements, le petit truc démontrait déjà d'une force de caractère preuve qu'il tenait de ses parents eut- même détenteur d'un fort caractère. Le sourire aux lèvres et parce qu'il se sentait presque inébranlable à présent, le fils de Mars acheva la préparation de « son omette de compet » et des cookies en forme de flingues selon les doléances de sa chère et tendre. Puis après une petite déclaration lancée de la cuisine, il retrouva les deux Lond dans le salon. Le sujet en cours tournait autour d'une question, somme toute simple. « Devait-on oui ou non annoncer la grossesse au patriarche, le bien nommé Richard Lond ? » Victoria au vu de ses précédentes paroles, semblait encline à l'hésitation, à l'inverse de Tam qui avait un avis un peu plus tranché sur la question. Hay quant à lui, ne voulait prendre parti, il préférait même ne pas devoir s'exprimer sur le sujet, c'est pourquoi il mit en avant ses cookies et son omette.

« -Bon appétit bien sûr ! » lança-t-il à sa petite amie. Puis, il posa son regard sur Victoria se souvenant de sa réflexion sur le sexe du bébé, avant qu'il ne déserte le salon pour la cuisine. « - Pour en revenir à ta réflexion, j'avoue que j'ai peut-être parlé trop vite en surnommant le truc, « bonhomme »

« -Ah parce que tu l'appelles le truc toi aussi ? »

« -Très sincèrement, quand ta chère et tendre fille a commencé à appeler le bébé, « le truc », ça ne m'a pas plus du tout. Mais avec du recul, je me dis que ça n'est pas méchant, que c'est un peu comme un surnom affectif ! Le problème Victoria, c'est que Tam et moi, on ne veut pas être comme tout le monde. Et de ce fait, j'imagine que l'on va s'éviter le choix de surnoms débiles. Donc bah ouais, j'ai fini par m'y faire et l'appeler le truc. J'espère qu'il ou qu'elle ne le prendra pas mal ! »

« - Vous m'exaspérez autant que vous me faites rire tout les deux ! »

« -On fait ce qu'on peut hein ? » Il posa son regard sur Tam qui elle avait d'autres préoccupations. Couverts en main, elle s'apprêtait à dévorer la fameuse « omette de compet » sous le regard de Victoria qui s'étonna de la forme des cookies. « - J'espère qu'elle n'aura pas d'autre passion au cours des moins à venir ! » lança Hay en adressant un petit clin d'œil à sa future belle-mère. « -Donc alors est-ce que l'omette que vous m'avez demandé vous scie mademoiselle Lond ? » Nul besoin de mot pour éluder cette interrogation, l'expression sur le visage de la future maman se suffisait à elle-même. « -Donc ? » renchérit-il curieux d'entendre ce qu'elle avait à dire après la première bouchée. La critique ne tarda pas à se faire entendre et de toute évidence Tamara et « le truc » semblaient d'accord. Hay ravit, attrapa la fourchette que Tam venait de laisser à sa merci pour un cookie. Puis il coupa un bout d'omelette et le porta jusqu'à ses lèvres. « -Mouais…hum… ca manque juste un peu de sel ! » Le perfectionniste ne pouvait que l'être davantage avec une préceptrice de l'acabit de Madame Lignac et puis avant son sens hyper-développé, Hay avait des papilles capricieuses. Mais il devait reconnaître, sans prétention, qu'hormis le petit problème d'assaisonnement, cette omelette n'était pas si mauvaise.

La jouissance gustative de Tam, ramena le demi-dieu à lui. Il déposa la fourchette pour lui en donnait à nouveau l'accès et l'observa une fois encore. « - C'est marrant, tu n'as même pas besoin de parler, ton visage s'en charge. Donc le hummmmmm laisse quand même présager du bon non ? » Tam, les yeux fermés continua à mâcher, emportait dans un autre monde, dans une autre galaxie peut-être. « -En général quand elle ferme les yeux, c'est bon signe ! » lança Victoria après avoir attrapé un cookie par la cross. Elle le porta ensuite à ses lèvres et se retrouva contaminée par la jouissance gustative. « -hummmm et bah dis donc ! Tu es en train de faire de la concurrence à notre chère Madame Lignac mon « petit » Haytham. Tamara, ma chérie, celui-là, tu ne le laisses pas partir. » Tous éclatèrent de rire, preuve que la bonne humeur faisait son grand retour « -On dit que la musique adoucie les mœurs, je crois que les cookies ont le même effet ! » déclara le Marsien, presque fier de lui avant de proposer une sortie à sa chérie pour achever en douceur cette journée pourtant pas placée sous les meilleurs hospices. Victoria acquiesça, leur demandant malgré tout de faire attention et de ne pas prendre froid, une demande qui fit sourire Haytham qui avait l'impression de se retrouver presque trente ans en arrière. « - Promis mes bras réchaufferont Tam et le truc ! » renchérit-il alors que la matriarche s'éloignait les laissant seul à seule. Tamara se leva à son tour et récupéra quelques cookies qu'elle déposa dans une serviette en papier. Puis lorsqu'elle eut achevé de remplir les munitions, elle posa son doux regard sur le demi-dieu, lui faisant savoir qu'elle était prête.

« -C'est parti alors ! » Il lui tendit la main qu'elle saisit sans la moindre hésitation avant de l'attirer pour qu'il soit face à elle. « -Oui ? » dit-il tout sourire alors que Tamara se mettait sur la pointe des pieds pour essayer de gagner quelques centimètres. Il faut dire qu'avec son mètre quatre-vingt-onze, Haytham n'était pas facile à atteindre surtout pour Tamara qui sans chaussures ne faisait pas plus d'1 m64. Profitant de sa hauteur, le beau brun ténébreux lui caressa le visage « -Donc tu vas devoir m'impressionner si tu prétends avoir progressé en ricochets ! Et tu sais qu'il m'en faut beaucoup pour être impressionné ! » Il l'embrassa sur le bout du nez et la laissa l'entraîner jusqu'à l'extérieure direction la petite étendue d'eau, théâtre de bien des aventures par le passé. Main dans la main, cette fois, ils n'étaient plus des enfants (enfin presque) disons que l'apparence laissait paraître des adultes à l'inverse, l'esprit se permettait quelques retours à l'enfance. Tam fut d'ailleurs la première à y retourner. Le sourire aux lèvres, son Penseur se remémora avec facilité, toutes leurs péripéties fictives.

« - Ah ça oui, tellement de souvenirs qu'on pourrait écrire au moins trois tomes des quatre cents coups pour les aventuriers en culottes courtes. Et puis ce distributeur qui avait la forme d'un clown, il me semble, je l'adorais et ça m'a fait un peu de peine de le perdre. Mais tu sais quoi ? J'en ai retrouvé un qui lui ressemble, il est dans les cartons. Tiens d'ailleurs ça me fais penser qu'il y a des trucs que je devrais peut-être jeter. » Toujours mains dans la main, ils arrivèrent enfin au lac. Bien sûr, il n'était pas question d'un lac, mais d'un petit court d'eau qui passait sur la propriété. Avides de palpitantes aventures, les deux intrépides aventuriers qu'ils étaient à l'époque, avaient préféré opter pour le terme « lac » histoire d'offrir une part de mystère au lieu. Hay regarda tout autour, cela faisait longtemps qu'il n'était pas revenu, à l'inverse de Tam qui avait fait de cet endroit, sa petite forteresse de solitude et accessoirement son terrain d'entraînement pour parfaire son lancé de cailloux.

« -Le Captain Beau Gosse est paré Colonel Badass ! Vas-y impressionne-moi ! » Pendant qu'elle s'échinait à trouver un caillou plat, le dénommé Captain Beau Gosse, croisa les bras attendant patiemment d'être impressionné. « -Tu sais que je t'ai toujours battu ! En même temps, tu ne me rendais pas la tâche insurmontable » Et pendant qu'il parlait lui rappelant ainsi ses cuisants échecs, l'ancien agent de terrain balança son caillou qui frôla l'eau sur cinq rebonds avant de disparaître. Fière d'elle, Colonel Badass se tourna vers son homme qui n'en revenait pas. « -Je rêve ! C'est à l'armée que tu as appris à faire des ricochés de compet ? » Elle revint vers lui et pour la récompenser de son lancé, il lui concéda le baiser de la victoire. « - Je n'ai pas perdu la main, enfin je crois ! » Il se baissa pour attraper un caillou plat et fit mine de faire quelques étirements tandis que la belle brune continuait à le complimenter sur ses cookies et ses talents culinaires en général. Un compliment qui s'acheva sur une possibilité à laquelle Hay songeait depuis quelques jours. « - J'y pense ! » commença-t-il en reprenant son sérieux. Il posa le caillou par terre et s'assit sur le sable « -Viens ! » dit-il en lui prenant les deux mains et en l'aidant à s'asseoir à son tour. Il posa ensuite son menton sur son épaule et ses deux mains sur son petit ventre.

« - Depuis que le truc a débarqué dans nos vies, ça c'est bousculé dans ma tête. Je sais que l'on ne veut pas faire comme tout le monde, mais je me dis qu'il nous faudrait quand même un peu de stabilité. Et puis je me suis découvert une passion pour la cuisine et un don de toute évidence. J'ai surfé sur internet et j'ai trouvé de petites formations rapides dans le milieu de la restauration. Tam, j'ai vraiment envie de me lancer là-dedans. Aussi fou que cela puisse être, j'aimerais ouvrir mon restaurant, notre restaurant avec tout ce que l'on aime. On pourra créer un dessert, une tarte tapin améliorée. Et si c'était ça les quatre cent coups des aventuriers en culotte courte ?! Bon, je sais, ça part loin dans le concept-là, mais franchement, j'en ai envie. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai un projet et c'est légal en plus. Qu'est-ce que tu en dis ? Toi et le truc, vous trouvez que c'est une bonne idée ? Vous validez ? »
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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Mar 7 Fév - 15:09



Something has changed





15/11/16

Tamara écoutait avec une joie non dissimulée son cher amoureux expliquer à sa mère pourquoi lui aussi s’était mis à appeler le bébé « le truc ». Bon, sa joie venait en partie du délicieux met qu’il avait fait pour elle et dont elle se régalait, mais passons. Elle ne put d’ailleurs s’empêcher de commenter, la bouche pleine.

-C’est pas qu’on ne veut pas, c’est qu’on n’est pas comme tout le monde.

Puis elle replongea dans son assiette, ravie d’avoir eu sa fameuse omelette de compèt aux champignons, se disant que si elle avait dû la préparer elle-même, ça aurait été un vrai carnage. En tout cas, Hay avait compris que l’appellation « le truc » pouvait être vue comme un surnom affectif, ce qui sans doute calmerait Victoria qui regardait ça d’un mauvais œil. A son tour, le demi-dieu gouta à son œuvre culinaire tandis que Tam s’attaquait à un cookie, et jugea que ça manquait un peu de sel.

-C’est parfait pour moi, j’aime pas le sel. Je suis sure que Mme Lignac t’aurait décerné une étoile, et si ce n’est pas le cas, moi je le fais.

Il commenta ensuite les expressions de son visage qui trahissait son ressenti sur les petits plats de son cher et tendre.

-Allons, tu l’as déduit toi-même, c’est délicieux ma Guimauve.

Même Victoria, qui avait gouté à son tour aux cookies avait validé. Elle finit d’ailleurs par les laisser tandis qu’ils avaient décidé de regagner l’un de leurs petits lieux secrets au fin fond du domaine. En chemin, les souvenirs remontaient et faisaient sourire Tam qui avait retrouvé sa bonne humeur. La bonne ambiance était revenue et ce n’était pas plus mal. La petite brune avait grand hâte de montrer à son « Penseur » qu’à présent, elle était capable de le battre aux ricochets. Elle lui rappela en chemin que c’était dans ce coin-là qu’il avait égaré son fameux distributeur de Pez en forme de clown.

-Arrête, j’ai jamais compris pourquoi tu l’adorais autant celui-là, les clowns c’est moche et c’est flippant. Il a surement été dévoré par un alligator. Celui avec le cowboy était carrément plus cool !


Elle glissa son bras dans son dos, continuant à marcher.

-Pourquoi tu veux jeter des trucs ? s’étonna-t-elle.

Ils arrivèrent enfin au fameux « lac ». Sans attendre, et sur les quelques petits « coup de pression » du fils de Mars, Tamara s’enquit du caillou parfait pour effectuer son impressionnant ricochet. Cinq rebonds, c’était inespéré pour elle à l’époque de ses huit ans, alors qu’elle peinait déjà à en faire deux, la base du ricochet. Fièrement, elle se tourna vers lui pour obtenir son baiser de la victoire.

-Alors, tu t’avoues déjà vaincu ? Ah non, à l’armée on avait un peu autre chose à branler que de faire des ricochets, je t’assure.

L’ancien agent de terrain s’étonna de voir Hay reposer son caillou et s’asseoir par terre. Elle s’approcha de lui, se demandant d’abord si quelque chose le préoccupait, et céda à son invitation à s’asseoir. Elle s’installa devant lui après avoir sorti de sa poche la serviette contenant les cookies pour ne pas les écraser, et laissa son homme poser son menton sur son épaule et ses mains chaudes sur son ventre. Elle sentit d’ailleurs le « truc » bouger légèrement pour se coller contre les mains de son père, ce qui lui donna une drôle de sensation. Puis, elle écouta Haytham lui faire part du fond de sa pensée concernant leur avenir. Il avait envie d’approfondir ses capacités dans le domaine de la cuisine. Visiblement, c’était devenu bien plus qu’un simple passe-temps. L’idée que son « Penseur » puisse s’épanouir avec cette nouvelle vocation, qui n’était pas illégale et qui n’impliquait pas de « tricher » lui plut. Elle souriait en regardant l’eau devant eux.

-Ma Guimauve, je te soutiendrai toujours, tu le sais. Et même si l’argent n’est pas un problème, si tu ressens l’envie de travailler, je ne pourrai pas t’en blâmer, et je suis la plus heureuse du monde que tu aies envie de faire un boulot légal. Si tu t’éclates avec la cuisine, mon amour, je ne peux que t’encourager. Surtout si j’ai le droit d’y gouter en avant-première. Pardon, c’est mon estomac insatiable de femme enceinte qui parle. Si je suis à fond partante pour t’aider et t’encourager, je suis cependant un peu inquiète sur un petit détail. Le temps.

Elle se tourna vers lui pour le regarder dans les yeux.

-Tu veux ouvrir un resto, c’est carrément cool, mais ça n’implique pas seulement la cuisine, mais aussi de la gestion, de la compta, du personnel… Et nous dans tout ça ? Comment tu vas trouver du temps pour tout faire ? D’autant que… quand le « truc » sera là, je compte vraiment sur toi, tu sais bien que j’ai l’instinct maternel d’une branche d’épinard, je saurai pas m’en occuper, ça me fout la trouille rien que d’y penser. Si t’es pas là, je ne sais pas comment je vais faire. En plus, moi aussi j’aimerais bien retravailler. Je ne me vois pas, mais alors pas du tout être mère au foyer. Tu l’as dit toi-même en plus, tu veux t’en occuper. Alors je sais, il faut trouver un compromis. Si tu te trouves des gens qualifiés pour te seconder pour que tu puisses être là pour ton petit quatre-quarts, oui, je trouve que c’est une bonne idée.

Elle déposa sa main sur sa joue, espérant ne pas l’avoir découragé dans son projet. Tamara était heureuse que son amoureux ait des perspectives de carrière, mais, comme elle le pensait depuis le début, l’arrivée d’un bébé venait tout chambouler. Voilà pourquoi elle ne voulait pas d’enfant, une des raisons était qu’on ne pouvait plus faire exactement ce que l’on voulait. Et puis, comme elle l’avait souligné, elle ne saurait surement pas s’occuper toute seule d’un bébé, déjà qu’elle trouvait ces créatures inintéressantes au possible, alors en plus devoir en prendre soin…

-Crois-moi, le « truc » et moi, on est carrément partants pour que tu puisses approfondir ta vocation, on valide, comme tu dis, mais on veut vraiment aussi que tu aies du temps pour nous. Tu crois que c’est faisable ?

Elle le regardait, sourire aux lèvres. Elle savait qu’ensemble ils parviendraient à trouver la solution qui contenterait tout le monde. Il n’y avait pas de raison, ils y parvenaient toujours. Il y aurait surement des compromis à faire, mais il y avait forcément un dénouement positif à ces idées.

-D’ailleurs, tu sais où tu voudrais l’ouvrir ce restaurant ? Est-ce qu’on reste ici, est-ce qu’on retourne à New York, ou est-ce qu’on va ailleurs ?

Intérieurement, Tam espérait bien retourner à New York un jour. Peut-être pas tout de suite, peut-être après que leur « truc » ait un peu grandi, mais clairement, son travail lui manquait. Elle avait besoin d’action, de mettre en pratique ses capacités et de se sentir utile. La vie à la Nouvelle-Orléans, aussi paisible soit-elle, l’était un peu trop pour elle. Bien sûr, profiter de sa maman qu’elle n’avait plus eue pendant si longtemps lui faisait plaisir, mais à présent, sa vie d’avant lui manquait. Et ça aussi, ça faisait remonter des interrogations. Est-ce qu’elle pourrait trouver un job équivalent à celui qu’elle avait au DLCEM ? Lui faudrait-il trouver un moyen de réintégrer le Département ? La jolie brune au ventre arrondi se posait tout un tas de questions elle aussi, et l’avenir avec un « truc » braillard lui faisait un peu peur. Soudain, elle ressentit le besoin de se blottir tout contre lui, ce qu’elle fit. Elle se colla contre son buste, posant son nez dans son cou, ses bras enlaçant sa taille.

-Tu me promets qu’on va s’en sortir hein ? On va réussir à gérer ?


Tam sentait qu’un petit vent de panique la gagnait et elle détestait ça. Elle avait affronté des monstres mythologiques incroyablement impressionnants sans sourciller, et la venue d’un humain miniature la faisait flipper comme jamais. Il y avait vraiment des fois où elle-même ne se comprenait pas.

-Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m’arrive.

Elle déposa un baiser dans son cou tout en caressant son dos. Elle ne voulait pas qu’il s’inquiète outre mesure, comme il avait tendance à le faire depuis l’annonce de la grossesse. Elle savait que c’était dans son tempérament d’être protecteur, et si d’autres femmes pouvaient trouver ça mignon, Tam avait un peu de mal à accepter ça.




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MessageSujet: Re: (hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)   Jeu 9 Fév - 14:59

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Seuls, mais pas sur le sable, ni les yeux dans l'eau, le petit couple, main dans la main, avançaient tranquillement en égrainant au passage quelques vieux souvenirs. L'ambiance délétère n'était plus à présent qu'un lointain souvenir et puisqu'il n'y avait plus aucune tempête, il fallait en profiter avant que les nuages ne reviennent assombrir l'horizon. Haytham, songea donc à son distributeur de pez fétiche, qui avait disparu entre ces lieux, lors d'une des nombreuses quêtes des aventuriers en culottes courtes. Une adoration qui semblait échappée à Tam qui se demandait même encore aujourd'hui pourquoi ce distributeur plus qu'un autre. « -Bah si, je l'adorais avec son petit air innocent ! Et puis tu n'es pas très objective sur le sujet. Pour rappel, ça n'est pas moi qui ait fait une nuit blanche après avoir regardé « Ca » et pourtant, je t'avais mis en gardant, mais non-mademoiselle n'en a fait qu'à sa tête. Résultat des courses, j'ai dû te supporter toute une nuit à cause de cette histoire de ballons. Ah, tu ne faisais pas la fière hein ? » Bien sûr, il la charriait comme toujours, il n'y avait rien d'agressif dans ces propos, bien au contraire et puis cette nuit-là n'en demeurait pas moins l'une des meilleures nuits blanches de son enfance. « - Et puis il n'y a pas d'alligator, ici, quoique je doute qu'il y en est eu un jour ! » La demoiselle en profita pour glisser son bras dans le dos de son compagnon, elle-même emprunte de nostalgie. Des souvenirs à perte de sens, mais pourtant éloignés par les trois décennies passées. Des souvenirs qu'Haytham conservait et dans sa tête et dans ses quelques cartons à peine déballés. Des souvenirs, des trucs qu'il voulait cependant jeter. « -Il y a des trucs, trop de trucs dans mes cartons, je ne sais pas si c'est utile de tous les conserver. Une nouvelle vie commence, peut-être serait-il temps de tourner une page sur l'ancienne non ?! » disait-il avec cette même sagesse qui lui avait valu par le passé, le surnom de « Penseur »

Ils arrivèrent enfin au lac, Tamara bien décidée à se défaire de sa réputation passée de mauvaise lanceuse, passa à l'offensive et parvint à faire rebondir à cinq reprises son caillou sur la surface paisible de l'étendue d'eau. Haytham faussement impressionné voulait répliquer, mais sa petite voix intérieure le somma de ne pas agrémenter la rivalité enfantine qui les animaient encore malgré la quarantaine passée ou approchante, tout dépend le point de vue, mais plus encore la personne visée. Mais il faut avouer que plus que la raison, c'est une toute autre chose qui avait retenu le demi-dieu, une chose à la fois concrète et abstraite, le bien nommé futur. Le fils de Mars invita donc sa belle à le rejoindre par terre. Il s'assit le premier pour que la belle brune puisse en faire de même en prenant appui sur lui. Puis il passa ses bras autour de sa taille et déposa ses mains protectrices sur le petit ventre de Tamara. Ce contact en engendra un autre, celui du bébé qui de l'autre côté déposa ses mains contre la paroi protectrice. Le sourire du beau brun n'eut de cesse de s'agrandir. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien, un bien-être prompt à la confession et à l'étalement sans concession, de son nouveau projet, qui engendra une nouvelle réflexion en se confrontant à la réalité. Il y a les bonnes idées, celles qui sont réfléchies, construire et qui de ce fait aboutissent à quelque chose. Puis vous avez les bonnes idées dans la tête, mais qui sur le papier se heurtent à quelques « obstacles » et qui par la force des choses deviennent « peut-être » de mauvaises idées.

Le sourire de Tamara en disait long sur ce qu'elle pensait, une sorte d'accalmie avant que cela ne se corse. La confrontation avec la réalité n'en fut que plus rude lorsque la future maman se lança dans un second soliloque en posant son regard bienveillant sur l'homme de sa vie. « -Le temps ? » fut l'interrogation qui corsa un peu la douce rêverie. Effectivement, c'est une donnée primordiale à laquelle Haytham n'avait cependant accordé aucune attention avant de se lancer dans la confection de son projet. Tamara s'en chargea donc, toujours avec bienveillance et il en fallait pour que la réalité ne soit pas trop brute. Hay retira ses mains et les posa sur son visage qu'il frotta à deux reprises avant de les laisser tomber sur le sable. « -Merde ! C'est vrai, je n'avais pas pensé à tout ça et pourtant, c'est le premier truc auquel j'aurai dû penser avant de cogiter. Quel abruti ! Je suis parti dans mon idée sans me soucier du reste ! Tu as raison, c'est du temps, trop de temps. Dans l'immédiat, c'est donc une mauvaise idée. Je pense qu'il est préférable que je remette ça à plus tard » Légèrement déçu, il fit la moue tandis que Tam, toujours dans la bienveillance, déposa une main sur sa joue « - Je t'ai promis que je m'occuperai du bébé et de toi. Vous êtes et vous devez rester mes seules priorités à l'avenir. Donc pour le moment pas de restaurant, on oublie cette idée, c'était juste une idée comme ça, rien de plus. Je pense quand même qu'il faudra qu'on réfléchisse à l'endroit où l'on veut aller. Je doute que l'on reste ici le reste de notre vie. Et puis, je sais à quel point tu aimes New-York. On pourrait attendre que le bébé grandisse un peu et ensuite entrevoir un retour à New-York. Là, je chercherai un boulot pas chronophage pour pouvoir m'occuper du bébé comme ça, on pourrait travailler tous les deux. »

Il la regarda droit dans les yeux et déposa à nouveau ses mains sur son ventre « -On va s'en sortir, je te le promets ! Et puis tant que l'on est tous les deux rien ne peut arriver. Je sais que la situation est difficile à gérer pour toi, pour moi. L'imprévu, ce n'est pas quelque chose que l'on contrôle et là, on est en plein dedans. Mais on y arrivera, je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais j'en suis sûr. Je t'aime Tam et je t'interdis de t'excuser. On a tous le droit à un petit moment de faiblesse non ?! » Il lui sourit du mieux qu'il pouvait pour la rassurer, voire peut-être pour se rassurer lui-même, car au fond de lui, Haytham Cassidy était complètement perdu, voir même effrayé par l'avenir et ses perspectives trop floues pour entrevoir une projection. La seule qu'il avait, venait de disparaître aussi rapidement qu'elle était apparue, lui faisait regretter l’espace d’un instant, l’existence du bébé…
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(hot) [La Nouvelle-Orléans 03/10/2016] Something has changed (terminé)

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