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 we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)

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MessageSujet: we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)   Ven 17 Fév - 15:21

25 novembre 2016, état de new-york.
Aurèle ferma le coffre de la voiture d'un geste sec. Ses mains tremblaient et il sentait le dos de son tshirt se tremper de sa transpiration. Ce n'était pas difficile : il avait peur. En ce moment, c'était sa paranoïa qui continuait à le maintenir en vie. Il n'était plus rien, plus rien d'autre qu'un fuyard qui ne pouvait s'empêcher de regarder en permanence par-dessus son épaule pour vérifier s'il n'était pas suivi. Il s'inquiétait pour lui mais aussi pour Jean et pour leur fils, Jack-Julian. Le soir quand il s'endormait dans un motel quelconque, sous un faux nom, il ne savait jamais s'il pourrait en ressortir tranquillement le lendemain. Car c'était ça, le DLCEM, c'était un loyauté sans faille ou la certitude d'être traqué ensuite. Ou d'être lobotomisé. Ses agents savaient trop de choses susceptibles de renverser la stabilité de la planète, de jeter aux yeux du monde des trucs qui auraient mieux du rester secrets. L'ex-agent double se glissa dans le petit habitable de la vieille Ford qu'il avait trouvé d'occasion et alluma péniblement le moteur. C'était… Il était loin de l'image qu'on pouvait avant avoir de lui. L'agent impeccable au costume sombre et à la chemise repassée avait laissé la place à des tshirts quelconques et à un type un peu négligé, trop occupé à courir juste au cas où. Il vérifia que son sac se trouvait bien sur le siège passager et quitta la petite route. Aurèle avait rendez-vous avec Jean aujourd'hui, quelque part dans un quartier de banlieue, assez éloigné de New-York City même.

C'était la meilleure chose à faire. Non, c'était même la seule chose à faire. Lorqu'ils s'étaient vus, il y a peu, Aurèle et Jean étaient tombés d'accord : cette vie absurde de fugitifs ne pouvait pas continuer plus longtemps. Ils étaient fatigus, c'était dangereux et J.-J. n'aurait jamais une vie normale ainsi. Avec précaution, Aurèle pénétra dans l'allée qui longeait la maison du jour et gara la voiture dans l'ombre d'une haie. Personne ne les connaissait ici, personne ne ferait trop attention. Et Aurèle avait réellement repris son rôle d'agent double mais il jouait gros et dangereusement cette fois-ci. Il avait passé un coup de fil au bureau la veille depuis un téléphone jetable pour les prévenir qu'il capitulait, qu'il se rendait mais qu'il acceptait… un certain acte. C'était un mensonge, plus ou moins. Par son amitié avec Charles-Alexandre, il avait quelques avantages secrets et… Il frissonna et ouvrit la portière en récupérant son sac de voyage, son sac à dos et un ultime gros sac de sport. Tout ce qui fallait pour son petit projet. Jean était au courant bien sûr, plus ou moins. Elle savait ce qu'il allait faire et était d'accord. De toute façon, leurs vis foutues pour foutues… L'ex-agent sonna à la porte, angoissé.

La porte s'ouvrit et comme chaque fois, il poussa Jean à l'intérieur à peine eut-elle entrebaillé la porte. « C'est moi. » Il referma la porte d'entrée d'un coup de pied. Il avait certes téléphoné au DLCEM la veille mais il n'avait pas donné plus d'indications et il savait que le Département serait ravi de cueillir Jean vivante. La prudence s'imposait. Non, il devait mettre le feu ici, témoiger de la mort de Jean et de son fils et ensuite, une fois que tout serait prêt, contacter de nouveau le Département. « Tu vas bien ? » Il l'embrassa d'un de ces baisers passionnés et désespérés qu'il faisait ces derniers temps, comme si chaque fois était la dernière. Aurèle avisa Jack-Julian assis sur un tapis de jeu dans un coin de la pièce. Il avait grandi… Le jeune père sentit son cœur se serrer. Son fils grandissait comme une petite fleur, très rapidement, et lui ratait toutes les étapes importantes de sa vie. Et ce n'était pas près de s'arranger. Il ne savait même pas ce qui l'attendait… après. En attendant, il cueillit J.-J. sur le sol et lui ébouriffa les cheveux en le couvrant de petits bisous. Ils allaient bien assez vite se mettre au boulot, il pouvait bien encore passer quelques instants avec sa famille, qu'il n'était pas sûr de revoir prochainement. « J-je… J'espère que tu es prête... » Elle avait qui il était désormais, ils en avaient parlé une fois. Aurèle avait eu l'impression de l'avoir trahi ce jour-là et c'était vrai, c'était impardonnable. Tant pour son métier que pour elle. Il avait joué avec deux choses totalement incompatibles et aujourd'hui elle était contrainte de courir, de se cacher. « Je suis tellement désolé, Jean. » Hélas… Il lissa son tshirt et le sweat informe qu'il avait enfilé par-dessus.

flashback.
« C'est vrai, je travaille pour ces gens. » Voilà, le mot était lâché. Aramis avait lâché la bombe quelques jours auparavant et maintenant qu'Aurèle s'était plus ou moins remis, il sentait que la conversation ne pourrait plus être repoussé. Assis à la table d'une petite cuisine, dans un motel, Aurèle enfouit son visage dans ses mains dans l'espoir de se soustraire du regard de Jean. Il ne voulait pas y lire de l'accusation, de la fureur, du dégoût ou il ne savait quoi. Il l'avait séduite, il l'avait aimé tout en sachant ce qu'elle et ce qu'il était. Ils étaient incompatibles par nature mais il avait joué avec elle et quand elle lui avait dit être enceinte, il s'était enfui comme un voleur en coupant court à leur relation. « Mon travail est… était de me rapprocher de demi-dieux et de demi-déesses, de m’immiscer dans leur quotidien pour en découvrir le plus possible puis de faire mon rapport. » Et le plus dur… « Tu n'étais qu'une mission… à l'origine. »

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« Et ça se justifie en plus, et ça fait semblant de bien parler… Mais je sais qui vous êtes moi ! Et quand cette pauvre fille sera alcoolique hein ? Et son marmot ! Qu'est-ce qu'il va devenir, hein ? Un gamin des rues ? Comme vous ? Ben oui, parce que c'est le seul exemple masculin qu'il aura eu ! Le dealeur de sa mère ! » — voisine de Jean.
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MessageSujet: Re: we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)   Sam 18 Fév - 17:37





we didn't start the fire
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« J-J reviens mon bébé, reviens ! »

J-J courait (enfin, courait, trottait plutôt) partout dans la maison. Il savait marcher, et pas qu'un peu. Bébé précoce ou pas, Jean l'avait perdu de vue le temps qu'elle se fasse bouillir de l'eau. Il était peut-être incapable de dire papa ou maman, mais courir partout pour lui faire tourner la tête en revanche... La maison dans laquelle elle vivait voilà maintenant plusieurs mois était toute petite. Elle n'avait donc pas à le chercher pendant des heures. Elle le trouva finalement, tentant d'escalader le canapé. Il était surexcité. La faute à qui, Jean avait laissé son café trop à sa portée et... Bref. Sa vie ici était une succession de « J-J fais pas ça ! » et de paranoïa totale. Elle fuyait toujours. Elle ne sortait quasiment plus, elle faisait ses courses sur internet. Elle n'avait lié que très peu de lien avec ses voisins, juste des bonjour par ci et par là. Et enfin, elle n'avait pas pu revoir son père. Père qui lui manquait atrocement mais elle savait qu'elle le mettrait en danger si elle venait à le voir à nouveau. Elle ne pouvait pas non plus prendre le risque de lui confier son fils. Elle avait longuement envisagé toutes les solutions possibles. Et la plus simple elle la connaissait : vivre chez les romains. La Nouvelle-Rome serait le refuge idéal, elle pourrait vivre sa vie tranquillement et éduquer son fils comme elle l'entendait. Le hic était Aurèle, elle devait encore lui en parler. À propos, elle l'attendait. Aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres, non, c'était le jour où J-J et elle était enfin libres. Libres de toutes cette misère qui leur tombait dessus depuis un an environ. Elle avait peur, évidement. Et seul son fils qui agitait un magazine de mode dans tous les sens lui redonnait le sourire. Ding dong. On sonna à la porte. D'abord elle sursauta, vérifia qu'il était bien l'homme qu'elle attendait et ouvrit la porte quelques secondes avant de voir un Aurèle inquiet s'engouffrer chez elle.

« J-je... Oui, ça peut aller. »

ce qu'ils allaient faire, tous les deux, elle n'en revenait pas. Mais c'était nécessaire. Pour eux, pour leur famille. Si elle voulait avoir la paix, si Aurèle voulait de nouveau être l'homme qu'il était autrefois. Oh, oui, elle n'avait pas oublié qui il était vraiment. Ce qu'il avait fais. Pour qui il bossait. C'était toujours là, dans un coin de sa tête. Elle répondit à son baiser, le serrant fort dans ses bras. Elle espérait tellement un jour pouvoir vivre sa vie avec lui, normalement.

« Je le suis. Ne t'en fais pas pour moi, j'en ai vécu des choses tu sais. »

Elle tentait de mettre un peu de bonne humeur dans ses retrouvailles. Elle ne pouvait s'empêcher d'avoir ce regard inquiet à son égard. C'était étrange mais, elle avait plus peur pour lui que pour elle.

« Tu me promets quand même qu'on pourra se revoir Aurèle ? Quoi qu'il en coûte, je t'attendrai toujours. »

flashback.

Les mots étaient tombés un à un. Ils étaient assis là, à une petite table ronde, dans leur chambre de motel minable. J-J dormait et ses parents avaient sans doute le discussion la plus compliquée de leur vie. D'abord, elle n'avait rien dit. Elle s'était contenté de chercher son regard, d'essayer de ne pas exploser. Ses joues avait pris une teinte plus chaude, sans doute parce qu'elle était en colère. Une mission. Elle n'était qu’un nom parmi tant d'autres. Une stupide mission. Voilà tout. Juste une pauvre demi-déesse, un peu trop paumée sans doute, qu'il fallait vite analyser. Les questions se bousculaient dans sa tête, les émotions aussi d'ailleurs. Et elle avait fondu en larme. Elle s'était levée, avait filé dans la salle de bain et avait fermé la porte à clef. Les poings serré elle n'essayait même plus de se contrôler, elle hoqueta, pleura toutes les larmes de son corps, recroquevillé contre la porte. Elle était minable. Minable. Elle avait eut une enfance trop heureuse sans doute ? Avec un père trop aimant ? Et ce trop plein d’énergie et de bonne fortune lui retombait dessus maintenant qu'elle était adulte.

« Est-ce que tu m'aimais quand même, rien qu'un peu ? Dis moi que tu n'as pas fais semblant tout du long. Dis moi que tu ne t'es pas attaché à moi par pitié. Que je ne suis pas juste une misérable chose sans valeur. »

Elle le savait, elle le sentait, il devait juste être là, derrière la porte. Sans doute à attendre qu'elle arrête de pleurer et de renifler.
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MessageSujet: Re: we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)   Dim 12 Mar - 22:09

FLASHBACK.
« Tu me demandes trop, Aurèle. » Charles-Alexandre fixait les pavés, sous la table du bar où ils se trouvaient. Il voulait aider son ami, il le voulait du fond du cœur, mais il ne voulait pas tout perdre à nouveau. Il savait ce que c'était de voir son monde s'écrouler, de voir les autres autour se retourner contre soi, lire dans leur regard de l'accusation ou de la moquerie, de révéler au monde qu'on était pas celui que l'on prétendait être. Il ne le savait que trop bien, il en avait déjà fait le frais. « Je voudrais tellement t'aider, je t'assure... » Sa propre lâcheté le dégoûtait. Il aurait aimé trouver à l'époque une main tendue, une main à attraper pour se relever… Il n'y en avait pas eu. Que des gens pour lui tourner le dos ou pour le regarder de haut, lui, le petit génie. Un idiot, voilà ce qu'il avait été. Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse, Charles-Alexandre. La voix de sa mère, issue d'un quelconque souvenir, se glissa dans ses pensées. Elle n'avait pas été capable d'assumer sa propre morale mais ça eut le mérite de mettre une claque mentale au légiste. « Ou alors… Ou alors il te faudra me promettre de ne jamais en toucher un seul mot. Jamais, tu m'entends ? J-je peux faire ce que tu me demandes, mais si ça se sait... » Il ne vaudrait alors pas mieux qu'Aurèle aux yeux du DLCEM. À l'instant où Alec accepta, il devint lui aussi un traître et cette pensée lui retourna l'estomac. Le Département l'avait accueilli quand il n'avait plus rien d'autre que les logs d'illuminés pour avancer. Il lui avait en quelque sorte sauver son avenir mais par amitié, Alec foutait tout ça en l'air d'un revers de la main. « Promet-le. Jure-le. » Charles-Alexandre termina la bière d'un seul coup, cul sec comme on disait chez lui. « Jure-le, c'est tout ce qu'il me reste. »

AUJOURD'HUI.
« Merci beaucoup. Je vous dois... » Devant la somme, Charles-Alexandre se sentit pâlir mais il ne se démonta pas. La somme rondelette versée au chauffeur de taxis, il récupéra ses trente-six valises et se retrouva planté sur le trottoir. Il fallait beaucoup de choses pour faire mourir quelqu'un, mais plus encore pour le faire passer pour mort. À commencer par d'autres cadavres. Et c'est ce qu'Alec avait précisément sur lui ce jour-là. En compagnie de Susie et Luther, deux demi-dieux débarqués par hasard (plus ou moins) dans sa morgue, le légiste traversa la rue avec difficulté et s'écroula à moitié contre la porte, au bord des larmes. Il ne savait même pas pourquoi il était ému, il ne l'était jamais. Encombré, il sonna difficilement et la porte s'ouvrit sur lui. On l'entraîna brutalement à l'intérieur, suivi de ses quarante-six millions de sacs. « J-Aurèle, Jean. Je suis heureux de vous voir en bonne forme. » Absurde, il racontait n'importe quoi. « J'espère que tu es prête à mourir, Jean. » Sortie de son contexte, la phrase n'avait plus aucun sens venue de Charles-Alexandre. Mais il était paranoïaque, il n'excluait pas une surveillance du DLCEM ou une autre bêtise dans ce genre et il voulait pouvoir dire qu'il était venu pour réellement abattre la demi-déesse et son rejeton. Monsieur Wheeler, j'ai réellement essayé de la neutraliser, croyez-moi. En silence, il sortit le corps d'un minuscule demi-dieu, retrouvé gelé sur un parvis d'église. L'idée lui souleva de nouveau l'estomac. Ça aurait pu être Alice. Stop. On active les pensées rationnelles, Charlie. Quand même. Sa fille aurait pu mourir comme ça. Peut-être que c'était bien le cas d'ailleurs, peut-être qu'elle avait fini comme le petit Luther, gelée et bien morte, blanche comme une statue de glace. Les dieux n'étaient que de sombres connards, il en était certain après tout. Quel parent, divin ou non, abandonnerait son enfant aux… Il allait penser aux mains de Dieu, mais c'est ce qu'il avait fait. Il ferma brièvement les yeux et posa le nourrisson mort sur la table de la pièce pour passer à la partie la plus difficile : Susie. Luther (qu'il avait lui-même appelé ainsi, parce que cadavre 336 ne lui plaisait pas vraiment) rentrait aisément dans un petit sac de voyage. Transporter une femme adulte d'un mètre soixante et des brouettes était de suite plus difficile. « Vous n'imaginez pas combien ça a été difficile de la sortir discrètement du laboratoire. » Il parlait d'un ton nonchalant qui contrastait avec le tourbillon de ses pensées. Parfois, il était un peu effrayant dans ses propos, Charles-Alexandre. Il ouvrit la plus grande des valises pour en sortir sa morte. « C'est Susie, fille d'Hermès. J'espère que vous ne la connaissiez pas. » Hashtag Maladresse, allo ici Charles-Alexandre. « Elle s'appelle vraiment Susie elle, pas comme Luther. » Parler lui faisait du bien, il angoissait moins. Susie lui échappa des bras et tomba par terre dans un bruit flasque peu élégant. « Bon, Jean, elle a à peu près ta corpulence. Tu veux mourir où ? » Il parlait brusquement, mais il avait tellement hâte de se débarrasser de ce fardeau qui le faisait cauchemarder depuis des jours. « Le feu est censé être criminel et ne te laisser aucune chance. Dans la logique, tu vas essayer de fuir, donc te précipiter vers une porte ou une fenêtre. Bien sûr, les flammes vont se propager à une vitesse fulgurante en suivant l'essence qui aura imprégné le parquet. » Il réfléchissait tout en parlant. « Et tu porteras le bébé dans tes bras bien sûr. » Il parlait à Jean mais c'était bien de Susie et Luther dont il parlait bien sûr. Il jeta un regard à Aurèle. « Et toi, tu devras lancer un briquet, une allumette ou que sais-je depuis l'extérieur. Sinon tu brûlerais aussi. » Qu'Aurèle veuille réintégrer le DLCEM le laissait perplexe. Il lavait bien proposé Josh pour le faire mourir lui aussi et qu'il aille vivre en paix avec Jean et J.-J. quelque part mais il avait refusé.

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MessageSujet: Re: we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)   Dim 12 Mar - 22:51

25 novembre 2016, état de new-york.
Il lui demandait si elle était prête à tout abandonner, à tout laisser derrière elle. Son identité, sa vie, quelle qu'elle soit ces derniers temps, leur couple, tout. Elle allait tout abandonner. À cause de lui. On pouvait bien raconter ce que l'on voulait, il était l'unique fautif dans cette histoire. Aurèle aurait très bien pu faire son travail à cette époque, taire ses passions et son envie d'elle, la laisser vivre sa vie et rendre son rapport. Elle n'était pas dangereuse, le DLCEM n'aurait rien fait et elle aurait poursuivi sa petite vie comme avant. Mais il n'avait pas été assez fort : il la voulait et il l'avait eu. Puis il l'avait abandonnée en ne laissant qu'un fils derrière. Cette relation avait manqué de les tuer tous les trois. Ça, il ne pourrait jamais se le pardonner. Il était faible et il était ambitieux, et pire que tout il se faisait passer d'abord. À s'en foutre des baffes. Il était malheureux, et elle aussi. Et ils s'aimaient, ce qui faisait de tout ça une magnifique tragédie dans laquelle ils allaient tous finir par mourir plus ou moins.

« Je sais que tu as vécu des choses. » Aurèle enfouit son visage dans le cou de sa compagne. « Mais ça ne rend pas tout ça plus facile. Qui sait quand on se reverra ? Si on se reverra ? » Il voulait y croire, mais au fond il restait sceptique. Désormais, il serait un agent du DLCEM et elle serait morte. Il aurait une étroite surveillance, il s'en doutait – s'il avait su… - et elle n'existerait légalement plus. Dans ces conditions, comment pouvaient-ils espérer se revoir sans tout foutre en l'air ensuite ? Et son fils, le verrait-il grandir ? L'entendrait-il enfin l'appeler Papa ? Peut-être pas. « Je ne peux rien te promettre Jean, rien du tout. » Il ne le pouvait pas, mais surtout il ne le voulait pas. Il n'était pas doué pour les tenir, ces fichues promesses. « Mais on se retrouvera un jour, ça je le sais. » Non, il l'espérait.

Quelqu'un toqua à la porte, Aurèle sortit un pistolet à une vitesse affolante avant de se détendre imperceptiblement presque aussitôt. La tension le poussait à faire des bêtises mais il savait qui se trouvait derrière cette porte. Pistolet en main, il ouvrit brutalement la porte et tira l'individu à l'intérieur. « Tu pars en vacances, Alec ? » Le légiste entraîna avec lui toute une tripotée de sacs et de valises tout en lui lançant un regard de travers en passant. Aurèle rangea son arme, presque penaud. « Pardon, ce n'était pas pour toi. » Mais Charles-Alexandre le savait, il était malin. Les paroles du légiste à l'encontre de Jean ravivèrent bêtement sa méfiance, mais ce n'était que la maladresse habituelle de son ami. Il pouvait raconter ce qu'il voulait à ses cadavres dans sa morgue, il manquait cruellement de tact et de délicatesse quand il parlait avec ses amis. « Belle entrée en matière, Alec. » Aurèle y mit plus d'aigreur qu'il ne l'aurait voulu mais tant pis : il avait le droit d'être en colère ou inquiet. C'était Jean qui allait mourir aux yeux du monde aujourd'hui, et c'était lui qui allait la tuer. Et puis la suite… Du grand Charles-Alexandre quand il se lançait dans ses pensées et qu'il déballait tout tel quel. Le bébé mit un coup à Aurèle, mais la femme l'acheva. « Charles ! Charles-Alexandre, stop. » Aurèle cueillit J.-J. par terre et le serra contre lui et l'éloignant des deux cadavres de la cuisine. Le nourrisson mort le mettait terriblement mal à l'aise. « Merci pour tout ça, Alec, on n'aurait rien pu faire sans toi. » Il eut l'impression que Charles-Alexandre baissait les yeux en cachant un soudain mal-être, mais ce n'était sans doute qu'une impression. Il lui donna une tape amicale du l'épaule, trop brutale. « On devrait peut-être… s'y mettre. » Maintenant qu'ils y étaient, il avait hâte d'en avoir fini, que Jean soit faussement morte et que lui retrouve les siens, ses mortels assassins ou non, ses légistes cinglés, ses concepteurs d'armes, ses stratèges, les cinglés au service du gouvernement. Et advienne que pourra, il ne savait pas réellement ce qui l'attendait. « Jean… Qu'est-ce que tu vas faire ensuite ? » Il s'en voulu aussitôt. « Non, ne me dis pas où tu vas. » Au cas où. Il était peut-être trop prudent, peut-être qu'il était parano, mais il préférait… faire les choses bien, cette fois-ci. Il l'embrassa avec tendresse.

flashback.
Il fixait obstinément le bois de la table, incapable de supporter le regard de Jean. Il l'aimait mais il l'avait trahie. Il était un idiot sans cervelle, doublé d'un ambitieux, d'un abruti. D'un salaud. Il était un salaud et un égoïste, voilà tout. Mais Jean ne lui hurla pas dessus, ne lui mit pas de gifles, n'explosa pas et ne projeta pas d'arc-en-ciels de fureur. Elle fondit en larmes, et c'était pire que tout. La gorge nouée, Aurèle ne releva pas les yeux, soudainement fasciné par une légère fissure de la table. Elle s'éloigna et s'enferma dans la salle de bain. Lentement, il la suivit et resta planté derrière la porte close. Alors c'était ça ? Peut-être que oui, peut-être que c'était la représentation de leur couple depuis le début : deux idiots séparés par quelque chose qui resterait verrouillé à jamais. Peut-être qu'ils ne seraient jamais ensemble simplement parce qu'ils ne le pouvaient pas, parce qu'ils étaient trop différents et qu'il n'y avait rien d'assez fort pour les rapprocher. Il s'assit en tailleur, le dos contre la porte. Il serait là quand elle sortirait. Oui, cette fois il resterait. Il ne fuirait pas comme un lâche. Il ferma les yeux et tenta sans y parvenir de chasser les émotions contradictoires qui vivaient en lui. Une larme parvint à s'échapper, il l'essuya d'un geste rageur. Non, il ne fuirait pas et il ne pleurerait pas non plus. Cette fois, il allait être un homme, celui de Jean, et un père. Et cette double-casquette l'effrayait terriblement. « Si je t'aimais ? » Il mit un temps fou à poursuivre. Trop longtemps. « Oui, je t'aimais. Je t'aime toujours. Sinon je ne serai pas là. Des missions, j'en ai eu. Des tas même, on m'a formé pour ça. C'était ma raison de vivre tu sais, c'était ce qui me poussait à me lever le matin. J'avais l'impression de faire quelque chose de bien comme ça, de faire ce que mon maître m'avait appris. Maintenant, c'est vous deux, ma raison de vivre. Tu n'es pas une chose sans valeur, Jean. » À la pensée d'Hartley, il se couvrit le visage des mains et eut un petit rire un peu triste. « Il aurait tellement honte... »

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« Et ça se justifie en plus, et ça fait semblant de bien parler… Mais je sais qui vous êtes moi ! Et quand cette pauvre fille sera alcoolique hein ? Et son marmot ! Qu'est-ce qu'il va devenir, hein ? Un gamin des rues ? Comme vous ? Ben oui, parce que c'est le seul exemple masculin qu'il aura eu ! Le dealeur de sa mère ! » — voisine de Jean.
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MessageSujet: Re: we didn't start the fire. (aurèle, jean & charles-a.)   Lun 13 Mar - 17:45





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Plus Charles-Alexandre parlait, plus elle pâlissait. Son visage étant aussi blanc qu'un linge, elle se détourna de tout ça. Il faisait exprès où ça se passait comment ? D'un côté elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Aurèle et elle le mettait dans une situation terrible, elle en avait parfaitement conscience. Mais elle se devait de mourir, enfin, de disparaître avec son fils. Et Charles-Alexandre mettait tout en œuvre pour que cela se fasse correctement et surtout, le plus important, reste crédible. Cependant à la vue des corps qui allait prendre la place de JJ et elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal. Ils étaient qui avant heu ? Charles-Alexandre répondit brièvement à sa question sans même qu'elle eu le temps de la poser.

« Je suis prête. » Elle avait essayé de dire ça sans qu'on perçoive le tremblement dans sa voix. « Je vais... »

Elle s'arrêta quand Aurèle se reprit rapidement. Il était prudent. Après tout, il savait comment son organisation fonctionnait, il ne voulait pas prendre le risque qu'elle se fasse découvrir et donc, de risquer aussi sa peau une nouvelle fois. Elle irait à la Nouvelle-Rome, voilà où elle avait décodé d'aller. Elle savait que là-bas, elle serait en sécurité. Les Romains ne la refoulerait pas, elle n'avait qu'à cacher la nature du père de JJ, et le tour était joué. Mais pour l'heure, s'y rendre serait le plus compliqué, elle allait devoir être discrète, et ne pas gâcher ses chances. Elle le serra dans ses bras. Quelque part elle savait qu'ils allaient se revoir. Aurèle et Jean, Jean et Aurèle... Leur histoire ne méritait pas une telle fin. Ce n'était que la fin d'un chapitre, et un autre suivrait bientôt !

« Charles-Alexandre, je vais essayer de m'enfuir par la porte de derrière, tu n'auras qu'à mettre... Le corps là. »

Elle lui désigna l'endroit d'un signe du menton, et serra un peu plus fort la main d'Aurèle. Et lui, qu'allait-elle devenir ? Si elle allait pouvoir trouver n semblant de paix à la Nouvelle-Rome, elle n'était sûre de rien le concernant. Elle avait vu de quoi étaient capable ces gens. Et la dernière chose qu'elle souhaitait, c'était qu'il lui fasse du mal.

Flash-back.
Un tas de missions. Formé pour ça. Faire ce que son maître lui avait appris. Alors il était comme ça, hein ? C'était un de ces types qui sortait d'un moule, moule qui en avait produit bien d'autre avant lui. Elle essuya ses larmes en l'écoutant parler. Elle arrivait à distinguer quelque chose de triste dans sa voix. Mais la porte resta fermé. On leur avait appris un tas de truc à la colonie. À ce méfier des inconnus, qui pouvaient se révéler être de terrible créatures des enfers, des monstres en tous genre... Jamais elle n'aurait prévoir qu'elle ouvrirait la porte à une toute autre espèce de monstre. Un monstre aux allures de mortels, mais qui était en réalité bien plus dangereux. Elle était tombée dans le panneau, comme sans doute beaucoup avant elle mais elle, elle avait eu la chance de pouvoir s'en sortir. Pourquoi, parce que le monstre en question l'aimait. Apparemment.

« Et qu'est ce qui me dit que ce n'est pas un autre mensonge, hein ? »

Peut-être qu'il lui disait tout ça pour qu'elle soit à nouveau gentille avec lui ? Peut-être qu'il voulait juste l'utiliser ? Maintenant elle comprenais mieux sa réaction quand elle lui avait appris sa grossesse. Ce n'était pas prévu dans son petit programme, ses plans avaient changés ce jour là. Mission terminée, au revoir et merci. Il ne lui avait pas donné signe de vie pendant des mois, mais il avait fini par revenir, et à s'occuper de leur fils. Alors à quoi jouait-il ? Elle voulait le croire, elle voulait le penser sincère. Mais tout était compliqué maintenant qu'il lui avait vraiment tout dis.  
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