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 When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Jeu 2 Mar - 19:12


When two become three
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22/02/12

La naissance d’Eileen n’avait été de tout repos pour personne. Marvin aurait surement proposé de l’appeler Daenerys, en hommage à ce célèbre personnage de Game of Thrones qui naquit lors d’un typhon. Si la mère de la dernière Targaryen était morte en lui donnant la vie, ça avait bien failli être le cas de Tamara qui avait dû subir une césarienne d’urgence, pratiquée par un psychiatre au couteau de cuisine… Autant dire que le commun des mortels n’y aurait pas survécu, surtout sans anesthésie. Mais Tamara Lond était une dure à cuire, c’était le moins que l’on puisse dire. La tempête qui avait retenus captifs tous les membres de la petite famille recomposée (et le plan cul de Maisie) dans l’abri antiatomique avait cessé plus de dix heures après son début, et aussitôt les connexions rétablies, la fille du marsien s’empressa d’appeler une ambulance, tandis que son père avait gardé toute la nuit contre son torse sa fille nouvellement née pour la réchauffer. Tam, quant à elle, était à moitié dans les vapes, épuisée, souffrant le martyr, mais rassurée que sa ville soit en vie et dans les bras d’Haytham.

Malgré les dégâts sur les routes, l’ambulance arriva rapidement pour les emmener, père, mère et enfant, au New Orleans East Hospital, dont les urgences étaient déjà surchargées de monde à cause de la tempête. Durant le trajet, l’ex agent de terrain bénit l’urgentiste qui eut la brillante idée de la mettre sous morphine. La douleur disparaissait, c’était déjà ça, mais elle avait de plus en plus de mal à lutter contre la fatigue. Pourtant, elle ne voulait qu’une chose, qu’on l’assure que sa fille irait bien. Complètement désorientée, elle ne se rendit pas vraiment compte du temps de trajet, ni même du transfert en salle de soins où on l’examina et où ses sutures furent refaites avec du vrai fil de suture. On lui plaça également une perfusion d’antibiotiques et une transfusion sanguine qui lui fit reprendre des couleurs rapidement.

Lorsqu’elle reprit réellement ses esprits, Tam était dans une chambre, un tuyau dans chaque bras, Haytham assis à côté d’elle, lui tenant la main. En quelques secondes, elle se rappela de tout ce qui s’était passé. La morphine faisant encore effet, elle ne sentit rien en se redressant, cherchant du regard son  bébé.

-Où est-elle ? Pourquoi elle n’est pas là ? Hay, dis-moi pourquoi Eileen n’est pas avec toi ?

La bouche encore sèche, elle avait du mal à parler. C’est à ce moment-là qu’une infirmière revint, poussant la couveuse, suivie d’un médecin qui avança vers les nouveaux parents, l’air satisfait.

-Vous êtes une vraie famille de miraculés ! Votre fille est née dans des conditions pour le moins précaires avec six semaines d’avance, et pourtant elle est en parfaite santé. C’est incroyable, je n’ai jamais vu ça, sa température est parfaitement normale, elle respire parfaitement... Elle n’a même pas de jaunisse.

-Super, ça veut dire qu’on peut rentrer ?

-Au vu de ce que vous avez subi, je di…

-Si je signe une décharge,
 le coupa-t-elle, on peut rentrer chez nous ?

-Eh bien, après que la perfusion d’antibiotiques…


Sans le laisser finir, Tam arracha l’aiguille de son bras gauche avant de faire la même chose du côté droit où la transfusion sanguine était déjà passée entièrement.

-Voilà, perfusions finies. Filez-nous les papiers, on vous paye et on s’en va. Merci, au revoir.

Le médecin et l’infirmière échangèrent un regard surpris mais comprirent rapidement qu’il ne fallait pas insister.

-Vous pourrez les signer à l’accueil, je vous y laisse également une ordonnance. Bon retour, déclara le médecin avant de quitter la chambre.

La petite brune ne l’écoutait déjà plus et regardait Eileen qui semblait si paisible dans sa petite couveuse, emmitouflée dans une couverture rose pâle, un petit bonnet assorti sur la tête. Mille pensées traversaient la tête de Tamara, elle avait du mal à réaliser qu’elle était là, cette petite chose que pendant des mois elle avait surnommé « le truc », était à présent bel et bien là, en chair et en os, devant elle. L’ex agent de terrain était comme subjuguée, mais à la fois terrifiée. Maintenant, c’était encore plus « vrai ». Ils étaient parents, Haytham et Tamara étaient parents d’une petite fille. Une vraie famille, comme le fils de Mars l’avait souhaité. Elle était là, cette petite crevette, et malgré tout ce qu’elle avait fait subir à sa maman, cette dernière l’aimait déjà comme il est impossible de le décrire. C’était sans doute ça qui faisait le plus bizarre à Tam. Elle ne savait pas vraiment comment réagir d’ailleurs face à ce petit être innocent. Après presque deux minutes passées silencieusement à contempler sa fille, la jeune maman sortit de sa rêverie et regarda l’homme de sa vie.

-Tu la prends et on y va ?

Sans lui laisser le temps de répondre, elle vira les couvertures pour se mettre debout. C’était sans doute un peu trop présumer de ses forces qui n’étaient pas toutes revenues, et ses jambes étant toujours incapables de la porter correctement, Tam s’écroula dans les bras de l’Irlandais.

-Merde ! ça va, je t’ai pas fait mal ?

Elle s’était raccrochée à son cou et délicatement il l’aida à s’asseoir sur le fauteuil dans lequel il était installé encore quelques secondes auparavant. Le regard de Tamara s’embruma et se posa d’un air suppliant sur le demi-dieu.

-Hay, je t’en prie, je veux pas rester ici, ça m’angoisse, je veux rentrer… s’il te plait…

Il la connaissait mieux que personne, et il savait que s’il était un endroit au monde qu’elle ne supportait pas, c’était bien les hôpitaux. En plus, elle réalisa que sa mère devait être folle d’inquiétude. Sans doute que Mme Lignac et Maisie s’occupaient d’elle pour la rassurer.

-Comment va maman ? Elle n’a pas eu trop peur ?

Si sur le moment, le stress et l'adrénaline l’avaient empêchée de trop réaliser l’horreur de tout ce qui s’était passé, soudain Tamara prit conscience que pour une personne aussi sensible et fragile que Victoria, savoir sa fille se vider de son sang et se faire découper comme une dinde de Noël avait sans doute été traumatisant.

-Il faut que je l’appelle pour lui dire qu’on va tous bien, je veux pas la retrouver comme la dernière fois…

Comme la dernière fois, à savoir vingt-huit ans auparavant, après l’attaque du monstre qui avait laissé sur son psychique des dégâts que les médecins avaient qualifié d’irréversible. Tam n’était pas prête à perdre sa mère une seconde fois, par sa faute en plus. Elle tendit le bras vers le combiné posé sur la table de nuit et composa le numéro de la maison. Ses mains tremblaient un peu, mais elle était déjà en bien meilleure forme qu’avant d’arriver à l’hôpital.

-Allo maman ? Oui, ça va… Non, ne pleure pas, tout va bien… On va rentrer, d’accord ? … Oui, elle va bien,  elle dort, tu pourras la voir tout à l’heure quand on sera là… D’accord, faisons ça. Dis-lui de prendre la voiture d’Haytham. Je t’aime, à tout à l’heure.

Elle raccrocha et souffla longuement. La voix rassurante qu’elle avait essayé d’avoir avec sa mère était loin de refléter ce qu’elle ressentait réellement. Soudain, ses larmes se mirent à couler de manière totalement incontrôlable.







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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Ven 3 Mar - 0:32


When two become three
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22/02/12

Il prit une grande, une très grande inspiration. Le reflet des gyrophares sur le mur blanc, les internes et les titulaires qui couraient dans tous les sens, les cris, l'odeur, l'attente, la peur… Haytham avait tout imprimé dans sa mémoire, tout même les détails les plus insignifiants. Tout devait être gardé, absolument tout, même les larmes versées lorsqu'il croisa son regard pour la toute première fois, le regard de ce petit être qui avait et qui continuerait à bouleverser leur vie. Eileen Lond Cassidy venait donc de voir le jour. Expression au combien inadaptée pour l'occasion puisque le petit trésor s'était pointé en pleine nuit et en pleine tempête s'il vous plaît. L'accouchement fut rude pour tous, mais encore plus pour la maman qui avait souffert le martyre. Haytham impuissant, était resté à ses côtés et n'avait eu de cesse de l'encourager, de lui parler, de lui dire de belles choses balayées par quelques « ta gueule ! » qui n'eurent pas raison de tout l'amour qu'il portait à cette femme. Et puis il pouvait comprendre qu'en de telles circonstances, Tamara soit « un peu » plus susceptible qu'à l'accoutumer et prompte à une voir plusieurs crises. De ce fait, le demi-dieu accepta de prendre les coups et en donna quelques-uns(verbaux, précisons) à, pour ne citer que lui, Lylian qui armait d'un couteau de boucher, c'était occupé de la césarienne en urgence ! « -N'oublie pas que si tu la rates moi je ne te louperai pas… » Epargnez-vous la suite de la réplique, Haytham ayant tendance à ne pas être très poétique dans ses menaces, il est préférable de s'arrêter là dans la citation. Jamais encore, il n'avait été soumis à un tel degré de stress, hormis les fois où un monstre mythologique avait essayé de le tuer et que n'y parvenant pas, il s'était rabattu sur sa mère et sur Madame Lond.

Assit sur une chaise inconfortable, dans une salle d'attente tout aussi inconfortable, il attendait encore et encore. À plusieurs reprises, il se leva pour faire quelques pas, avant de retourner s'asseoir pour recommencer encore et encore. Plus impuissant que jamais, le demi-dieu se sentait presque défaillir. Il revoyait encore le sang, tout ce sang perdu pour expulser un si petit être (pas si petit en fait). Il entendait encore les cris poussaient par une Tam au bord de l'évanouissement. L'odeur du Whisky lui revenait en mémoire, un alcool qu'il affectionnait tant et qui la nuit passée, avait apaisé la future Maman. La tentation d'en boire une gorgée, poussa Hay à se débarrasser très rapidement de la bouteille en la vidant dans la première poubelle à portée de main. Ses mains tremblaient encore en repensant à ce souvenir pas si éloigné que ça dans la chronologie de leur vie. « -Calme-toi Hay, Calme-toi ! » n'avait-il de cesse de murmurer pour se calmer. Mais force est de constater que cela ne marchait pas, il dut se rabattre sur autre chose, en l'occurrence le distributeur de café. Et qu'elle ne fut pas sa surprise en constatent l'impressionnante variété à disposition. « -Je veux juste un café moi ! Un truc noir et amer, je m'en balance qu'il vienne du Brésil ou de l'Inde ! Putain ! » Le poing fermé, il se retint de frapper la machine. Le pauvre, il n'en pouvait plus et perdait patience pour peu de chose, un constat qu'un autre homme à ses côtés remarqua.

« -Elle est au bloc ? » Haytham détourna le visage et posa son regard sur son nouvel interlocuteur avant d'acquiescer. « -On va avoir un bébé ! Elle a accouché avant le terme. Et vous ? »

« -Moi aussi. À l'inverse, le bébé se fait attendre ! C'est votre premier ? »

« -Oui…Enfin non, j'ai déjà une fille, mais elle est plus âgée ! »

« -Ah ok. Famille recomposée ?! »

« -Ouais c'est ça ! Et vous ? »

« -Je ne les compte plus ! » L'homme éclata de rire fier de sa blague, une hilarité qui ne trouva aucun écho auprès d'Haytham trop stressé pour se laissait aller à quelques plaisanteries. Pour se rattraper l'homme repris la parole : « -Nous vous en faites pas ça va aller ! Vous avez vu votre enfant ? »

« -Oui avant d'arriver ici, je l'ai gardé contre moi ! »

« -Je n'étais pas là pour la naissance d'un de mes fils, le boulot me retenait ! Je le regrette un peu. D'ailleurs, je ne devrais pas être là ce soir ! Qu'est-ce que l'on ne ferait pas pour nos enfants hein ? »

« -Oui c'est sûr ! »

« -Tout va bien se passer, calmez-vous ! Elles vont bien ! »

« -Attendez comment vous savez que c'est une fille ? Je n'ai rien dit ! »

« -Monsieur Cassidy ?! » Il détourna le visage pour s'enquérir de l'identité de la personne qui venait de l'appeler, mais avant de se lever pour rejoindre la jeune interne qui l'avait accueilli, il posa un dernier regard sur son étrange interlocuteur qui s'était envolé comme par magie. Le sourcil froncé, le pauvre Marsien resta interdit durant de longues secondes se demandant s'il ne fut pas, l'espace de quelques minutes, emprunt à quelques hallucinations dues à son stress. Convaincu de cela, il secoua la tête et consentit enfin à s'approcher de la jeune femme pour s'enquérir de la situation. « -Comment vont-elles ? Vous avez des nouvelles du bloc ? » La demoiselle lui sourit et posa une main sur son imposante épaule tentant de rassurer le colosse aux pieds d'argile qui lui faisait face. « -Votre femme est toujours au bloc, mais va bien ne vous en fait pas. Ils ont presque terminé. Quant à votre fille, nous avons terminé la batterie de tests et tout va bien, ça va même très bien. Rejoignez la chambre de votre compagne, nous vous apporterons la couveuse pour que vous puissiez à nous faire du peau à peau avec votre fille » Les larmes aux yeux, le demi-dieu remercia la jeune interne et se dirigea vers l'ascenseur pour rejoindre le bon étage. Une fois sur place, il essuya ses larmes et retrouva la chambre attribuée à Tamara. Il prit place sur le siège près du lit vide et attendit impatiemment l'arrivée de la couveuse.

Les minutes s'écoulèrent, Hay toujours seul, attendait et recommençait à faire les cent pas pour se vider la tête. Armé de son portable, presque déchargé pour le coup, il parvint néanmoins à envoyer quelques sms à Maisie pour rassurer tout le monde sur l’état de Tam et du bébé. La porte s'ouvrit alors, laissant apparaître le personnel médical avec une Tamara encore soumise à l'anesthésie. Hay, rassuré de la retrouver, s'écarta et laissa les médecins la réinstaller. L'un d'eux s'approcha ensuite du papa pour le rassurer une dernière fois et lui faire savoir que tout se passait bien qu'il n'avait pas à s'en faire et que sa fille n'allait plus tarder. « -Merci doc ! » La voix tremblante, ému comme jamais, le beau brun prit place auprès de la femme de sa vie. « -Mon amour ! » Il serra sa main, la lui embrassa à plusieurs reprises avant de se laisser gagner par le sommeil. Notre champion était tellement épuisé qu'il ne parvint à lutter. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne reprenne conscience et qu'il ne se rende compte qu'il n'était pas le seul à reprendre connaissance ! « - Hey toi ! » Le beau brun se redressa aussitôt, tout sourire, plus amoureux que jamais. À l'inverse Tam perdit bien vite son sourire en se rendant compte de l'absence du bébé. « -Chérie ! Calme-toi ! Tout va bien, Eileen va bien. Les médecins l'ont gardé avec eux pour s'assurer de sa bonne santé. Elle ne va pas tarder à arriver ne t'en fais pas ! Tout va bien mon amour, je te le promets ! Notre petite princesse se fait juste un peu désirer, comme sa maman ! » Haytham s'étonnait lui-même, ses mains ne tremblaient plus, ses yeux brillaient encore sans toutefois laissaient paraître des larmes. Il était calme, totalement apaisé, même son cœur avait retrouvé une vitesse constante. « -Tout va bien ! » dit-il d'une voix douce et chaude. Il déposa un baiser sur son front tentant à sa façon de conjurer le mauvais sort. C'est à ce moment-là qu'une infirmière entra et pas seule à en juger par la couveuse qu'elle poussait délicatement vers les nouveaux parents. Le médecin qui avait pris en charge Mademoselle Lond fit lui aussi son entrée le sourire aux lèvres. S'en suivi un dialogue totalement surréaliste entre lui et Tamara, le genre à graver dans les annales.

D'abord simple spectateur, le nouveau papa comprit très rapidement qu'il devait intervenir pour calmer tout le monde, car de toute évidence, malgré les bonnes nouvelles, une certaine tension s'était instaurée dans la chambre. Tam venait même d'arracher sa perfusion sous le regard du personnel médical totalement éberlué par une telle conduite. « -Je gère ! » lança Haytham en leur faisant signe de ne pas s'approcher. « -On va signer ce qui doit être signé ok ? » Tous acquiescèrent, le médecin informa le couple qu'il pourrait signer les papiers à l'accueil où il y trouverait également une ordonnance. Il quitta ensuite la chambre suivie de près par les infirmières qui lancèrent un dernier regard à la jeune maman. « - Tout va bien ma guimauve ! Regarde qui est là ! » Il rapprocha la couveuse du lit pour que la maman puisse faire connaissance avec son petit trésor. Tam se mura dans un profond silence, sans pour autant quitter Eileen du regard. Lorsqu'elle quitta sa rêverie, la jeune maman prit enfin le temps de regarder son homme qui lui sourit. « -On ne va pas traîner promis. » Elle avait déjà tiré les couvertures pour se défaire de l'étreinte forcée qui l'a cloué encore au lit. Hay sentant le coup venir, se rapprocha aussitôt pour l'empêcher de chuter « - Doucement ! Laisse-toi quelques minutes pour récupérer Tam. Regarde-moi ! Tout va bien se passer, je ne te lâche pas, dans tous les sens du terme ! » Il la souleva avec douceur et la déposa sur le siège qu'il occupait encore quelques secondes auparavant.  Puis il se mit à genoux face à elle et lui prit les deux mains. Une position qu'il ne put se résoudre à faire perdurer lorsque son regard croisa celui de sa belle. « -Hey ! » Il se redressa aussi et la prit dans ses bras « -Calme-toi ! On va s'en aller, je te l'ai promis. » Puis il se détacha d'elle, lui fit face à nouveau et prit son visage dans ses mains. « -Regarde-moi ! Inspire ! Expire ! Recommence ! Calme-toi ! Ta mère va bien, elle est avec Massie et … l'autre. Je lui ai envoyé des sms. Je t'assure qu'elle est consciente ! Et je suis sûr que Madame Lignac est déjà en train de lui préparer un bon plat. Mais si vraiment, tu veux appeler, vas-y ! » Il lui tendit de ce fait le combiné qui se trouvait sur la table de nuit. Voyant ses mains tremblaient, il n'hésita pas à se saisir de l'une d'elle pour la poser sur la couveuse où la petite dormait paisiblement. Puis il embrassa cette même main qui lia à la sienne. Il resta silencieux durant l'échange entre Tam et sa mère, il se contenta de la regarder avec amour, sa main toujours dans la sienne. Victoria avait beaucoup pleuré au vu du son de sa voix, mais elle allait bien, elle n'était pas traumatisée et attendait impatiemment le retour des deux parents et de sa petite-fille.

Tamara Lond, notre Wonderwoman des temps modernes craqua quelques secondes plus tard. Haytham s'approcha à nouveau et passa ses bras puissants autour d'elle avant de commencer à chantonner la berceuse irlandaise que sa mère aimant tant lui chanter pour le calmer lorsqu'il était enfant. Le demi-dieu berça ensuite sa petite amie et l'embrassa sur le sommet du crâne avant de lui murmurer quelques mots à l'oreille. « -On va attendre que Maisie arrive ok ? Elle ne va pas mettre longtemps et après ça, on rentera à la maison où je m'occuperais de mes deux petites femmes. Maintenant, mon amour, il faut que tu te calmes ok ? Tu veux prendre Eileen dans tes bras en attendant ? Il faut bien que vous vous rencontriez toutes les deux ! N'aie pas peur chérie ! Quoiqu'il arrive, je suis là, je ne vais pas vous lâcher ! » Il s'approcha de ce fait de la petite couveuse et récupéra Eileen qui se blottit aussitôt contre son papa « Bonjour ma petite princesse, regarde qui est réveillée et prête à te rencontrer ! »

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L'honneur est semblable à un beau fruit une fois entamé il ne se conserve plus.
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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Ven 3 Mar - 15:03


When two become three
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22/02/12

Loin de se douter du calvaire de l’attente qu’avait subi Haytham, Tamara avait émergé lentement, encore sous le joug de la morphine et de l’anesthésie, certes légère, qu’elle avait reçues. Se souvenant des événements de la veille, à savoir un accouchement digne d’un film catastrophe en pleine tempête dans un bunker, elle grimaça légèrement. Il lui faudrait des siècles pour oublier les douleurs ressenties, entre les contractions, cette impression que le bébé était coincé entre les os de son bassin, la lame qui lui avait ouvert le ventre… Le petit malaise qui lui avait permis de perdre connaissance quelques instants à ce moment-là fut sans doute salutaire, mais après, ça avait été pire. L’agitation, l’angoisse de sa mère, ses larmes, Lyllian qui, malgré ce qu’il prétendait, ne savait surement pas ce qu’il faisait… Tout avait été réuni, la veille au soir, pour que la naissance d’Eileen Lond-Cassidy soit le moment le plus angoissant de toute la vie de Tam.

A présent, elles étaient toutes deux tirées d’affaire. La petite brune avait repris conscience, sa main dans celle de son homme qui, lui aussi épuisé, s’était accordé quelques instants de repos le temps qu’elle revienne à elle. Il s’empressa alors de la rassurer, voyant son angoisse de constater l’absence de leur fille. Elle hochait la tête à ses paroles, mais dans ses yeux, l’inquiétude persistait, tant qu’elle ne l’aurait pas vue de ses propres yeux, elle ne serait pas réellement rassurée. Et lorsqu’Eileen fut ramenée à eux, l’inquiétude changea. Elle allait bien, elle était en pleine santé, c’était parfait. Mais… maintenant, ce petit bout de chou était là, et c’était le leur. Leur petit « truc » rien qu’à eux, en chair et en os. Tamara s’empressa de virer perfusions et personnel soignant pour se retrouver seule avec son « Penseur » et son « truc » qui dormait paisiblement. Hay rapprocha la couveuse, et Tamara sentit son cœur se serrer. Elle était là, si petite, si innocente, si paisible… cette petite crevette qui, vingt-quatre heures auparavant jouait les hélicoptères dans son ventre. La jeune maman avait du mal à réaliser. Elle qui avait été si impatiente de voir « la squatteuse » sortir, à présent, ça lui faisait bizarre. Elle la regarda durant de longues secondes, s’étonnant elle-même de penser que ce petit être était la chose la plus magnifique qui lui ait été donné de voir. Et c’était elle qui l’avait faite, elle et Hay. A présent, il fallait partir, quitter ce maudit endroit pour retrouver leur foyer, leur maison, leur havre de paix qui malgré tout avait connu des événements tragiques.

Le fils de Mars faisait tout pour rassurer sa compagne qui, malgré ce qu’elle essayait de laisser paraitre bien infructueusement, avait vraiment besoin de l’être. La terreur pouvait se lire dans ses yeux, et aux soubresauts de sa voix. Elle n’avait besoin que d’une chose, rentrer chez elle et être avec ceux qu’elle aimait. Hay aida Tam à s’asseoir sur le fauteuil qu’il avait chauffé pendant qu’elle était encore inconsciente, continuant à sa rassurer, promettant leur départ imminent. L’ex agent de terrain éprouva le besoin de parler à sa mère pour la rassurer, et au passage demander qu’on vienne les chercher. Heureusement, Maisie était là, elle savait garder son sang-froid et saurait venir les récupérer rapidement. Le coup de fil fut rapide et demanda à Tam tous ses talents de comédienne et de dissimulation pour masquer son émotion, d’autant qu’entendre sa mère pleurer d’inquiétude n’était pas facile à encaisser, même pour elle. Ce fut d’ailleurs à son tour de fondre en larmes une fois le téléphone raccroché. Heureusement, Haytham savait toujours quoi faire. Il l’avait entouré de ses bras, une étreinte rassurante comme seul lui savait le faire, et il entonna la berceuse que sa mère lui chantait enfant, et qu’elle avait pris l’habitude aussi de chanter à Tamara lorsqu’elle était bébé. Après quelques secondes, la jeune maman cessa de pleurer, son cœur était comme regonflé d’énergie positive. Haytham était incroyable, il méritait réellement cette fameuse médaille du petit-ami parfait, c’était certain. Tam esquissa un petit sourire en sentant le baiser qu’il lui donna sur le sommet du crâne, et hocha la tête en l’écoutant parler. Il savait toujours quoi dire. Maisie serait bientôt là, et ils pourraient rentrer, c’était ça l’information importante à retenir.

Il proposa ensuite de lui mettre Eileen dans les bras. Là, les yeux de Tamara s’écarquillèrent et son cœur se serra d’un coup. Elle posa les yeux sur la petite que le jeune papa avait déjà rapprochée en tirant la couveuse à eux. Malgré tout l’amour que la petite brune lui portait déjà, cette sublime œuvre d’art en chair et en os lui foutait une trouille monstrueuse. Elle avait beau l’aimer, sans vraiment comprendre d’où ça venait, elle ne se sentait absolument pas capable de s’en occuper correctement. Hay avait beau la rassurer, lui dire qu’il était là, en voyant cette petite créature aux mains minuscules, la peau tellement claire qu’on pouvait presque distinguer quelques veines, elle semblait si fragile que Tam avait peur de la briser si elle la touchait. Elle le regarda prendre sa fille contre lui, et cette image l’attendrit, apaisant quelques secondes ses appréhensions. Il savait déjà si bien s’y prendre, la petite semblait apprécier être contre son père. C’était une chose que Tam comprenait très bien, elle aussi, son endroit préféré sur Terre était le torse de cet Irlandais qu’elle aimait plus que tout. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Tamara sans qu’elle n’en eut conscience, lorsqu’elle entendit avec quelle douceur et précaution il parlait à Eileen. Cette dernière ouvrit un œil, et Tam sentit son souffle se couper. Le marsien semblait tenir à ce que sa petite amie prenne leur fille dans ses bras, mais la principale concernée ne se sentait pas prête. Ce bébé était un être humain, pas un objet qu’on se passait parce qu’on le trouvait mignon, et elle avait tellement peur de lui faire du mal involontairement que la simple idée de devoir la tenir la stressait.

-Non attends… pas tout de suite. Je préfère qu’elle reste dans tes bras, elle a l’air si bien là, je ne voudrais pas qu’elle se sente mal à cause de moi…

Néanmoins, elle se pencha un peu plus vers Eileen qui avait ouvert son deuxième œil. Cette couleur d’iris si particulière aux nouveau-nés, mélangeant toutes les couleurs, était surprenante. Ils ne sauraient pas tout de suite la couleur définitive que prendraient ses yeux. Tam pencha la tête sur le côté pour mieux l’observer. La mère et la fille ne se quittaient pas du regard. La jeune maman approcha sa main, tachant de maîtriser ses tremblements, et posa avec délicatesse son index sur la petite main blanche de sa fille. Elle était bien là, en chair et en os devant elle, et se constat était bien étrange.

-Bonjour toi, murmura-t-elle. J’en reviens pas, Hay, c’est nous qui avons fait ça… souffla-t-elle, sentant une larme rouler sur sa joue. Tu te rends compte ?

Soudain, Eileen ouvrit la bouche pour bailler. Surprise, Tam retira immédiatement sa main en retenant son souffle, se demandant l’espace d’une microseconde ce qui était en train de se passer. Le bébé sembla se rendormir paisiblement tandis que sa mère l’observait comme s’il s’agissait d’un trésor tout aussi précieux que curieux.

-Elle se rendort, je crois, murmura-t-elle sans la quitter des yeux. Tu devrais la remettre au chaud non ?

Se radossant doucement au dossier du fauteuil, elle essuya sa joue du dos de la main et regarda Haytham.

-Tu crois qu’elle sera bien dans sa chambre, qu’elle aura assez chaud ? Oui, je suis bête, évidemment qu’elle sera bien, tu as construit son lit toi-même, se répondit-elle à elle-même.

Tout un tas de questions qu’elle ne s’était pas posées durant sa grossesse lui vinrent en tête. Mais Hay avait promis qu’il serait là, qu’il s’en occuperait, qu’elle n’aurait pas à s’inquiéter, et s’il y avait une personne au monde, une seule, en qui Tamara avait confiance, c’était Haytham. Il avait l’air de maîtriser la situation, il savait toujours quoi faire. C’était son rêve à lui d’avoir un bébé, il s’était renseigner sur le sujet de ce qui, avant la naissance d’Eileen, s’apparentait pour Tam à une nuisance. A présent, tout son jugement était revu et corrigé. Un bébé, ce n’était pas une nuisance (quoi qu’elle ne l’avait pas encore entendue pleurer pour l’instant, ou peut-être vaguement la veille au soir quand Lyllian l’avait sortie de son ventre, mais elle était tellement dans les choux qu’elle ne s’était pas vraiment aperçue de ce qui se disait), non un bébé en fait c’était une petite boule d’amour, une adorable petite chose fragile qu’on aimait et pour qui on s’inquiétait tout le temps.

Tout s’enchaîna très vite ensuite, Maisie arriva avec un cosy pour transporter Eileen, les infirmières aidèrent Tam, après signature de la décharge de sortie, à s’installer dans un fauteuil roulant pour se rendre jusqu’au Q5 Audi d’Haytham, son cadeau de Noël, et là, la petite famille put enfin rentrer. Maisie conduisait consciencieusement tandis que les deux jeunes parents encadraient la petite qui dormait paisiblement, sans doute bercée par la voiture. Le temps de trajet, certes court, sembla durer à peine cinq secondes. Tam avait le regard rivé sur la petite princesse endormie, s’inquiétant de la voir se réveiller au moindre soubresaut de la voiture. Mais il n’en était rien. Parfois, sa bouche bougeait légèrement, mais ses yeux restaient clos d’un sommeil profond et surement réparateur. Sa venue au monde avait dû l’éprouver aussi. L’allée de chênes traversée, la fille ainée d’Haytham arrêta la voiture au plus près de la porte d’entrée de la maison où Victoria les attendait, le regard ému, encadrée par monsieur et madame Lignac. La nouvelle grand-mère insista pour prendre le cosy, et après que monsieur Lignac ait ouvert la portière à Tamara, celle-ci prit appui sur Hay pour descendre de la voiture et pouvoir enfin gagner la maison.

-Merci beaucoup Maisie.

Sentant que la tête lui tournait, Tam tira un peu sur la manche de son « Penseur » pour lui faire comprendre qu’elle avait besoin de s’asseoir. Ils se rendirent donc au salon, la pièce la plus proche, et la petite brune s’installa avec précaution sur le fauteuil, en soufflant. Les effets de la morphine commençaient à se dissiper et la plaie recousue une seconde fois commençait à tirer. Penchée en avant pour essayer de limiter les tiraillements, Tam enfonçait ses ongles dans le tissu de l’accoudoir, soufflant doucement. Victoria était en train de s’émerveiller d’avoir retrouvé sa petite fille qui lui semblait encore plus mignonne, et madame Lignac était tout aussi gâteuse. Tant mieux, tant que leur attention était focalisée sur le bébé, ils ne remarqueraient pas son état. Quelqu’un avait-il pensé à prendre l’ordonnance et les médicaments prescrits par le médecin ? Tam se mordit la lèvre. Elle était épuisée, et la chambre lui paraissait si loin. Elle jeta un œil en direction de l’escalier qui lui semblait, pour la première fois de sa vie, si haut. Eileen était entre de bonnes mains, et de toute façon, elle serait bien mieux avec sa grand-mère ou son père qu’avec elle. Tamara prit une grande inspiration et se remit sur ses pieds, avant d’avancer lentement vers l’escalier. Jamais encore elle ne s’était sentie aussi faible, et pour une femme de sa trempe, c’était inconcevable de demander de l’aide sans cesse. Lorsque son pied gauche fut posé sur la première marche, sa main droite sur la rampe de l’escalier, ce fut en cet instant l’effort qui lui sembla le plus difficile au monde. Ce constat la fit grincer des dents, quand elle repensait à tout ce qu’elle avait accompli dans sa vie, monter un simple putain d’escalier d’une trentaine de marches, même avec le ventre  et l’utérus recousus, ne devait pas être aussi terrible ! Eh bien il fallait croire que si. Bon, une chose après l’autre, il fallait se fixer des objectifs, comme lors d’une mission. Etablir un plan d’action. Une marche après l’autre, puis la salle de bain, une douche, et enfin le lit. C’était possible, c’était faisable, et elle y arriverait. N’était-elle pas détentrice du très honorable grade de « colonel Badass » ? Rien ne pouvait l’arrêter quand elle avait décidé quelques chose, ça avait toujours été le cas, il n’y avait aucune raison que ça change.

Se hissant à la force de son bras droit, elle parvint à gravir la première marche, puis la seconde… Arrivée à mi-parcours, l’escalier formait un petit palier avec une fenêtre qui donnait sur l’allée de chênes et une partie du jardin. Tam y jeta un œil, puis tourna la tête dans l’autre direction pour regarder en bas, entendant les voix de Victoria et Hay s’extasier, apparemment Eileen avait rouvert les yeux. La petite brune sourit, repensant à cette merveilleuse image qu’elle avait pu voir elle aussi moins d’une heure auparavant. Elle ne put s’empêcher de songer que la pauvre petite crevette avait peut-être envie elle aussi de se reposer. Elle avait beau être magnifique, elle aussi avait peut-être envie qu’on lui fiche la paix. Espérant qu’il l’entendrait,  Tam murmura à l’intention d’Haytham.

-Elle veut peut-être dormir tranquillement elle aussi, non ?

Puis, elle reprit doucement son ascension. Son envie de s’asseoir pour faire une petite pause était très grande, mais sa crainte ne pas parvenir à se lever l’était encore plus. Une fois en haut, elle s’appuya contre le mur pour longer le couloir. Elle passa devant la chambre qui serait celle d’Eileen tout bientôt, et s’arrêta, prétextant intérieurement une petite pause, pour ouvrir la porte et observer tout le travail incroyable qu’avait effectué le fils de Mars. Cet homme était tout simplement exceptionnel, il avait fait une chambre absolument magnifique à sa petite princesse (sans savoir s’il s’agissait d’une princesse ou d’un prince d’ailleurs), dans les tons blancs et beige. Neutre, passe-partout, parfait. Le chauffage avait été mis, sans doute pas Victoria ou Mme Lignac. Tam s’étonna d’ailleurs que la tempête ait épargné les fenêtres. Tout semblait en relativement bon état, hormis la toiture qui, comme d’habitude, avait perdu quelques tuiles. Sourire aux lèvres, Tamara reprit sa route vers sa chambre qui était juste à côté. Enfin, elle touchait au but. Jamais elle n’aurait cru qu’il puisse être aussi difficile et fatiguant de rejoindre une chambre qu’on avait l’habitude d’habiter. Soit, maintenant, l’objectif salle de bain restait à atteindre. Elle n’était pas au bout de ses peines.



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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Dim 5 Mar - 14:54


When two become three
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22/02/12

Si on m'avait dit un jour que j'en serais là, je n'aurais pût me résoudre à y croire. J'ai vécu tellement de vies, si vous saviez, j'ai vu tout ce qu'il avait à voir, j'ai souffert autant que l'on peut souffrir. Et je suis là. J'ai trouvé l'amour et c'est un euphémisme. C'est pour deux que mon cœur fonctionne à plein régime à présent. De ce fait, je suis certainement l'homme le plus comblé que la terre ait porté. Putain, je suis papa, une seconde fois ! Une deuxième chance que j'ai bien l'intention de saisir au vol soyez en certain ! Mes mains tremblent encore en repensant à la scène sordide dans laquelle ce petit trésor dont je suis l'un des créateurs, a fait son entrée. Des ténèbres bien vite balayées par l'arrivée de cette si petite chose qui vient de bouleverser nos vies pour toujours. Un bouleversement, aussi excitant qu'effrayant, j'en conviens. Oui, j'ai peur, mais n'est-ce pas le plus humain des sentiments ? Oui parce qu'accessoirement, je suis à moitié humain et n'y voyez pas là un moyen de me justifier. Oui, j'ai peur devant ce tout petit être, cette partie de moi devant laquelle je me sens totalement désarmé, chose qui ne m'était encore jamais arrivé auparavant. Mais que dire de plus après ça ? Une nouvelle vie s'offre à nous, tâchons de ne pas tout faire foirer cette fois ! Soyons les adultes que nous devons être !

Le cœur d’Haytham débordait d’amour pour deux maintenant. Elle était là enfin, cette petite crevette, ce « truc » tant attendu. Une naissance qui comme la relation d’Haytham et Tamara était loin d’être conventionnelle.  Par chance, car elle subsistait encore malgré la tempête et la perspective d’un avenir funeste (ou de pas d’avenir tout court), tout le monde s’en était tiré, non sans mal hormis Tam charcutée comme une dinde de noël pour qu’Eileen puisse enfin sortir. Un fait de l’histoire que le fils de Mars préférait ne pas évoquer pour le moment. Peut-être qu’ils en rigoleront d’ici quelques années qui sait, la vie nous réserve tellement de surprise. Et la plus belle de toute se trouvait à présent dans ses bras, du moins elle y était avant que les infirmières ne la reprenne pour une batterie de tests. Un éloignement que le demi-dieu ressentait au plus profond de son cœur. Le pauvre, l’on peut dire qu’il avait beaucoup subis ces derniers mois et plus encore ces derniers jours, mais ça en valait le coup. Et si l’occasion de recommencer lui était offerte, il n’hésiterait pas une seconde et ne changerait rien d’un iota.

La petite refit son entrée, Hay qui observait sa petite-amie, vit dans son regard un soulagement qui ne trompait personne. Néanmoins, n'étant pas aussi naïf que son apparence laissait à penser, le fils de Mars savait qu'il faudrait encore un peu de temps pour que Tam ne s'accapare totalement du rôle de maman et de la confiance allant de paire. Ainsi, il ne s'offusqua pas de la voir décliner sa proposition de prendre Eileen dans ses bras. Un regard suffisait pour qu'il comprenne que ce n'était pas le bon moment et nul doute qu'Eileen le saurait aussi et se mettrait certainement à pleurer n'arrangeant rien à l'état de sa maman. Hay lui sourit et acquiesça tout en gardant le petit trésor contre son cœur. La petite ne disait rien, au contraire, elle semblait presque subjuguait de voir enfin le visage de cette voix qui n'avait eu de cesse de la rassurer durant son séjour passé dans le ventre de sa maman. « - Je sais qu'il te faut un peu de temps ma guimauve » dit-il en parvenant enfin à détacher ses yeux d'Eileen « -Mais tu y arriveras, je n'en doute pas une seule seconde. Je t'aime ! » Tam consentit néanmoins à s'approcher pour voir d'un peu plus prêt cette petite œuvre d'art qui venait d'ouvrir un œil, puis le second qu'elle posa instantanément sur sa maman.  « -Je crois qu'elle t'as reconnu ! Eileen regarde, c'est la plus belle de toutes, c'est ta maman ! » Tam vaillante, approcha sa main encore légèrement tremblante. Bienveillant, le Marsien lui sourit pour l'encourager. Tam posa ensuite son index sur la toute petite mimine de la princesse. Bouleversée et subjuguait à la fois, l'ancien agent de terrain prenait la pleine conscience de ce petit être venu bouleverser leur vie « -Oui, c'est notre fille, notre petite princesse rien qu'à nous. Nous avons fait du beau travail. Je tenais aussi à te remercier pour le prénom ! Tu ne pouvais pas rendre meilleur hommage à ma mère ! En fait, on n'avait pas besoin de cette stupide liste, on avait tout à portée de main. Et comme j'ai eu le temps de cogiter ces dernières heures, je me suis dit qu'il lui faudrait un deuxième prénom. Du coup, j'ai continué à réfléchir et je me disais que... que Victoria ça serait pas mal non ? Comme ça, la boucle est bouclée et ce petit truc tout mignon portera le prénom des deux femmes les plus importantes dans nos vies. Qu'est-ce que tu en penses ? »

Le temps des sourires et de l'accalmie laissa place à celui des larmes et de la peur. Tamara n'était pas dans son élément ici, pire, elle se retrouvait en terre hostile et avec son nouveau rôle de père de famille, Haytham devait tout mettre en œuvre pour rassurer la femme de sa vie, pour l'apaiser et la délester de toutes ses craintes. Maisie fut donc appelée au secours pour venir, les récupérer et sortir sa « future » belle-mère de l'enfer hospitalier. Hay en profita pour récupérer l'ordonnance et les médicaments pendant que Miss Lond signait sa décharge de sortie. L'affaire était pliée. Dehors, la tempête avait cessé, Mère Nature s'offrait dès lors un repos bien mérité laissant aux autres le soin de penser leurs blessures. Nul doute que lors des comptes, les dégâts avoisineront une somme indécente et qu'une fois encore la Nouvelle-Orléans serait pointée du doigt suscitant ainsi la pitié des autres. Ils venaient de quitter l'hôpital, la petite famille rejoignit dont Maisie qui œuvrait au volant du cadeau de Noel de son papa. Ce dernier échangea un long regard avec son aînée avant de lui présenter non sans fierté sa petite sœur qui continuait à ouvrir les yeux de temps en temps. L'on aurait presque pu croire qu'elle souriait lorsque son regard de nouveau-né se posait sur ses deux parents. Avait-elle compris la chance qu'elle avait d'avoir ces deux-là ? Assurément ! Hay s'installa donc à l'arrière avec la petite et avec Tam dont il ne quittait plus la main.

La conduite de Maisie, exemplaire pour le coup, ramena la petite famille jusqu'à la demeure où tous les attendaient impatiemment. Hay prit l'ampleur des dégâts en observant la toiture. Nul doute que Mr Lignac aurait besoin d'un petit coup de main. Le demi-dieu lui sourit d'ailleurs à lui à sa femme et à Victoria qui pleurait de joie. Tous quittèrent la voiture, n'omettant pas de remercie rcomme il se doit Maisie qui avait fait montre d'un calme à toute épreuve en jouant les taxis. Le fils de Mars récupéra sans attendre Eileen qui observait son nouvel environnement. Son bras libre se tendit pour seconder Tamara qui peinait à rester debout. « -On va aller s'asseoir ! » murmura-t-il à son oreille après qu'elle eut remercié Maisie à son tour. Sans attendre, ils regagnèrent le salon pour que Tam puisse s'asseoir sous le regard de son demi-dieu légèrement inquiet. Victoria quant à elle, se ruait déjà sur la nouvelle arrivante toujours confortablement installée dans son siège, intriguée par tous ces nouveaux visages qui lui faisaient face. Même madame Lignac avait enclenché le mode « gaga » provoquant l'étonnement du Marsien qui n'avait pas le souvenir de l'avoir vu ainsi. « -Qu'elle est belle ! On dirait Tam vous ne trouvez pas ! » lança Victoria émerveillé. Tous acquiescèrent sauf Hay qui peinait à se rappeler de bébé Tam. « -J'espère qu'elle aura quelque chose de moi quand même ! Pour en revenir à quelque chose d'un peu plus sérieux. Avec Tam on a décidé de donner un second prénom à Eileen » Son regard se porta aussitôt sur la matriarche des lieux. « -On voulait que notre fille soit affublée des prénoms des deux femmes les plus importantes dans nos vies. Eileen fut donc la première évidence et Victoria la seconde. Alors belle-maman, tu es d'accord ?! Eileen Victoria Lond Cassidy ça sonne plutôt pas mal hein ? »

L'émotion avait envahi l'assemblée, l'attention étant focalisée sur la petite crevette, Tam en profita pour se défaire de leur présence à tous et s'en alla retrouver l'escalier. Hay ne s'en rendit compte que lorsqu'il entendit un murmure venir lui chatouiller les oreilles. « -Excusez-moi, je reviens. Vous gardez un œil sur Eileen ! » Tout confus, il se leva et se précipita vers les escaliers où Tam achevait péniblement son périple et se traînait péniblement dans le couloir pour atteindre non sans mal leur chambre après un détour par celle d'Eileen. « -Mon amour ! » s'exclama le Demi-dieu en arrivant à sa hauteur. « -Je sais que tu n'aimes pas être dépendante, mais là tu aurais dû m'appeler. Colonnel Badass n'est pas encore apte à mener de nouvelles aventures. Tu veux aller prendre une douche ? Tiens, j'ai une idée ! Je vais aller, te faire, couler un bain, avec des bougies, des huiles préférées et pendant ce temps, je vais mettre Eileen au dodo. Ça te va ? » Il n'avait même pas attendu un « oui » ou un « non ». Il souleva délicatement la demoiselle et la déposa avec tout autant de douceur sur le lit. « -Je reviens ! » Il se précipita dans la salle de bains, vida quelques bouteilles, alluma quelques bougies et laissa l'eau chaude couler dans la baignoire. Il revint alors sur ses pas et retrouva sa belle. « -Pas de mais ! » dit-il en l'aidant à se déshabiller « -Ce n'est ni de l'assistanat, ni de la pitié ! Tu auras besoin d'un petit coup de pouce ces prochaines heures et c'est mon job de prendre soin de toi et d'Eileen. Et bonne nouvelle, on n'aura même pas besoin de bouger jusqu'à la pharmacie parce que Papa Haytham a pensé à prendre les médoc juste avant de partir. » Il continua à la déshabiller puis la souleva délicatement pour la mener jusqu'à la salle de bains. « - Je t'ai dis à quel point je t'aimais ? À quel point, je suis heureux ? À quel point, tu me rends heureux ? » Le sourire aux lèvres, il s'approcha et l'embrassa avec douceur. « - Merci pour ce cadeau ! » Puis il la déposa lentement dans la baignoire. « - Je reviens dès que j'ai déposé Eileen dans son lit ! Ok ? »

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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Lun 6 Mar - 12:01


When two become three
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22/02/12

Le regard à la fois angoissé et bienveillant de Tamara était posé sur ce petit être qui, encore vingt-quatre heures auparavant, était niché dans son ventre et lui faisait vivre un enfer. Maintenant, Eileen était là, si paisible, si belle, dans les bras protecteurs de son papa. Tam réalisait non sans mal tout ce qui se passait : ils étaient parents. Autant, se l’être répété pendant des mois aurait dû le lui faire comprendre, autant les faits, une fois venus vous gifler en plein visage, c'était différent, bien palpable, ce n’était plus seulement des mots, c’était la réalité. Malgré toute la peur que cette situation lui conférait, la petite brune éprouvait tout un tas d’autres sentiments contradictoires. Du soulagement, déjà. Eileen allait bien, le médecin l’avait confirmé, elle était en pleine santé, aussi incroyable que cela puisse paraître, et prête à rentrer chez elle. Et un Amour inconditionnel pour cette petite chose qu’elle avait appelé « le truc » des semaines et des mois durant, souvent avec une pointe d’animosité. Jamais elle n’aurait cru qu’elle l’aimerait autant, et pourtant, dès l’instant où elle avait posé ses yeux sur elle la veille au soir, même en étant complètement dans les choux, Tam avait senti que ce premier regard allait, avait, changé toute sa vie. C’était maintenant l’être le plus important au monde, celui qu’il fallait absolument protéger, coûte que coûte. C’était une partie d’elle, une partie d’Haytham, probablement le meilleur d’eux deux réunis, la preuve de leur amour, et Tamara était désormais prête à l’impossible pour cette petite créature. Et comme il fallait la protéger, elle avait préféré décliner l’invitation du fils de Mars à la prendre dans ses bras. Elle n’était pas prête, et ses membres encore engourdis, l’ex agent de terrain ne pouvait pas évaluer exactement la précision de ses gestes. Elle avait trop peur de mal la tenir, de la faire tomber, de la bousculer. Hay savait déjà si bien s’y prendre, il avait réussi à la prendre contre lui sans la réveiller, et puis ne l’avait-il pas gardé contre lui toute la nuit pour la réchauffer ? Il avait été sans aucun doute l’interlocuteur privilégié de sa fille dès sa naissance, alors autant ne pas briser ce lien magique qu’il y avait entre eux. Tam n’était absolument pas jalouse, mais plutôt admirative des compétences de son homme avec la petite. Il ne lui avait d’ailleurs pas tenu rigueur, il connaissait sa chérie et savait que ce n’était pas un manque de bonne volonté de sa part, mais qu’elle avait besoin d’un peu de temps pour prendre un peu plus d’assurance. Il était si compréhensif, si encourageant, avec ses sourires et ses douces paroles, que Tam sourit en gardant les yeux posés sur sa petite princesse. Eileen avait ouvert les yeux et posé son regard sur sa maman qui alors avait eu l’impression de ne jamais s’être sentie aussi vivante.
Le sourire de Tamara s’agrandit encore lorsque son Irlandais la remercia d’avoir choisi le prénom de sa mère pour leur fille. Et à son tour, il proposa en second prénom celui de la mère de Tam. C’était probablement la meilleure idée qu’il n’ait jamais eue, et le sourire de sa compagne ne pouvait qu’en attester.

Quand enfin ce lieu sordide que représentait pour Tamara l’hôpital fut quitté, et leur foyer regagné, voir la joie dans les yeux de sa mère l’avait rassurée. Victoria, nouvellement grand-mère, était si heureuse de retrouver sa petite-fille avec la certitude qu’elle était en pleine santé, et les Lignac furent tout aussi conquis. Rassurée, Tam profita de l’émotion des uns et des autres pour s’éclipser. Elle avait besoin d’une bonne douche et d’enfin se poser dans son lit. Alors qu’après avoir mis un temps infini (du moins en ressenti) à gravir l’escalier qui ne lui avait jamais semblé aussi haut, le « Penseur » rejoignit la mère de sa fille. Cette dernière, accrochée à l’encadrement de la porte de leur chambre, s’était arrêtée en l’entendant arriver. Il avait raison, elle n’aimait pas être dépendante, et il avait raison, elle aurait dû l’appeler. Elle était vraiment à bout de force, et comme toujours, Hay savait lire en elle comme dans un livre. La douche l’appelait, elle ne supportait plus cette odeur de sang mélangée à celle des produits hospitaliers. Sans qu’elle n’ait eu le temps de répondre quoi que ce soit, elle se retrouva dans les bras puissants de son amoureux.

-Merci, Hay. Tu étais pas obligé…

Et le voilà en mode « petit ami modèle » en train de lui préparer un bain aux huiles essentielles, avec même des bougies. Tamara se laissa déposer sur le lit, consciente de la chance qu’elle avait d’avoir cet homme dans sa vie. Malgré la fatigue qui était sans doute la sienne aussi, il se donnait du mal pour l’aider. Sourire aux lèvres, Tam le regarda aller de la chambre à la salle de bain, puis revenir la chercher pour l’aider à se déshabiller. Elle eut soudain un rappel mental de la petite lettre de recommandation du médecin avec tout ce qu’il fallait et ne fallait pas faire après une césarienne, et outre les horreurs du style « pas de sport pendant deux mois », « pas de sexe pendant trois semaines », « rééducation périnéales et abdominale au bout de trois semaines », il y avait aussi un « pas de bains pendant deux à trois semaines ». Mais à vrai dire, voir Hay se donner autant de mal ne lui donnait pas vraiment envie de le décourager dans ses efforts. Après tout, avec la dose de cheval d’antibiotiques qu’elle s’était tapé en perfusion, ce n’était pas un petit bain de rien du tout qui allait faire s’infecter les points, si ? Alors qu’il l’aidait tout en délicatesse à se défaire de ses vêtements –qu’elle mourait d’envie de jeter-, et qu’il lui disait les paroles les plus belles et touchantes du monde, Tam posa une main sur la joue de son « Penseur ».

-Moi aussi je t’aime mon amour. Mais, promis hein, on ne se fait plus ce genre de cadeau, d’accord ? On en a un, il est super, on se le garde et basta…


Toujours plein de douceur, Haytham la reprit dans ses bras pour la déposer dans la baignoire à présent bien remplie d’eau et de mousse à l’odeur délicate.

-Oh dis, avant de la mettre au lit, tu peux me la montrer quelques petites secondes ? Juste pour la regarder un peu…

Puis, après un dernier sourire, elle le laissa s’éloigner et ferma les yeux. Elle était si bien dans l’eau chaude, c’était un tel soulagement. La tête appuyée contre le rebord de la baignoire, Tam s’assoupit quelques instants, sans réellement s’en rendre compte. Elle fut incapable de savoir exactement combien de temps s’était écoulé lorsqu’elle entendit des pas revenir vers elle. Elle ouvrit difficilement les yeux.

-Hay ?

Grimaçant un peu, elle se redressa pour mieux voir ce qui se passait. Il était revenu avec la crevette endormie dans ses bras. Le sourire gagna les lèvres de la petite brune immergée jusqu’au cou.

-Merci ma Guimauve. Allez, va la mettre au chaud. Et au fait, moi je trouve qu’elle te ressemble. Quand elle a baillé tout à l’heure, c’était tout toi.

Malgré son épuisement général, Tam ponctua sa remarque par un petit clin d’œil avant de reposer sa tête sur son bras, lui-même appuyé sur le rebord de la baignoire.

-Tu me rejoins dans le bain après ?

Elle laissa son homme repartir avec leur fille et s’assoupit à nouveau. Il fallait dire qu’elle était particulièrement bien dans ce bain, et se surprit même à penser qu’elle y passerait bien une semaine ou deux si la température de l’eau n’était pas destinée à descendre. Le bel Irlandais qui faisait battre son cœur finit par revenir, mais cette fois, elle resta endormie. Elle se réveilla en sursaut une demi-heure plus tard à cause d’un cauchemar criant de réalité au cours duquel elle revoyait la terrifiante naissance de sa fille. Reprenant ses esprits, elle posa son regard sur l’homme de sa vie. Rien qu’un regard de sa part suffisait à la calmer, la rendre plus sereine. Il était son pilier, sans lui, elle ne se sentait plus capable de rien. L’amour de sa vie, c’était bien la seule certitude qu’elle ait.

-Je t’aime, murmura-t-elle avec un sourire.

Elle se passa une main sur le visage. Elle se sentait encore un peu engourdie, mais il fallait bien sortir de l’eau à un moment donné.

-Si on allait se mettre sous la couette, ma Guimauve ?

Les mains accrochées de part et d’autre de la baignoire, Tamara tenta de se lever, mais c’était sans compter sur les effets de la morphine qui s’étaient progressivement dissipés, lui tirant une grimace et une exclamation.

-Oh putain ! J’avais oublié ! La vache ça réveille !

Elle reprit son souffle, un peu crispée avant de tendre les bras vers Haytham.

-Je suis désolée, je vais devoir te demander un peu d’aide.

Tam avait vraiment hâte de ne plus dépendre de personne. Pour une femme comme elle, c’était une situation inconcevable et il fallait absolument que tout revienne à la normale, et rapidement. La patience n’était pas une vertu dont l’ex agent de terrain était affublée, du moins pas dans ce genre de situation. La patience, elle pouvait en avoir en mission, par exemple, pendant une traque, rester en planque, observer, attendre. Mais quand il s’agissait d’elle-même et de ses forces qui étaient diminuées, c’était une autre affaire. Il fallait que tout file droit, comme elle en avait l’habitude, et constater qu’elle ne pouvait pas compter sur elle-même était vraiment difficile. Heureusement, Haytham était là.



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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Mer 22 Mar - 15:43


When two become three
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[color=white]22/02/12

Tous avaient les yeux rivés sur cet être si petit et déjà auteur de bien des prodiges. Pour commencer, celui de faire sourire Madame Lignac, voir même la soumettre à un état second de « gagatisme » Haytham n'en croyait pas ses yeux, la Française en perdait presque son latin et se délestait de l'aspect un peu trop sérieux qui pouvait parfois la rendre austère. Quant à Victoria n'en parlons pas, les années perdues se comblaient peu à peu avec l'arrivée de ce petit trésor. C'est un peu comme si une seconde chance était offerte à celle que le demi-dieu considérait comme une seconde mère dont il s'autorisait quelques familiarités, à savoir l'emploi de la seconde personne du singulier, depuis peu. Pour dire vrai, depuis le retour à la Nouvelle-Orléans, beaucoup de choses avaient changé, des changements qui prenaient toute leur ampleur avec l'arrivée d'Eileen au foyer. Hay qui continuait à sourire à s'en décrocher la mâchoire en prenait la pleine mesure. Et alors qu'il prenait place dans le salon avec « sa famille » le souvenir de sa mère refit surface donnant une teinte un peu plus nostalgique à son doux sourire. Il la revoyait des années plutôt, s'asseoir sur le fauteuil, le sourire aux lèvres avec tout un tas de nouvelles anecdotes à raconter à Victoria, devenue son amie. Elles riaient beaucoup toutes les deux, tellement que ça en devenait contagieux. Eileen était une femme si douce et si forte à la fois. Empathique comme personne, l'on pouvait lui parler avec aisance. C'est d'ailleurs ces longues conversations avant de s'endormir, qui manquait tant à Haytham qui se demandait à présent comment réagirait sa mère en découvrant sa petite-fille pour la toute première fois. Nul doute qu'elle serait, tout comme Victoria, la plus heureuse des grands-mères. Le demi-dieu chassa ces pensées de son esprit, refusant de laisser les regrets entachaient ce si beau moment. La petite restait curieusement calme malgré la présence plus qu'envahissante de toutes ces personnes qui l'observaient en « gagatisant » chacune de leur parole. Les présentations faites, l'émotion étreignit Victoria qui ne s'attendait pas à voir la petite princesse affublée de deux prénoms dont le sien. Haytham lui prit alors la main, tentant ainsi de retarder la chute des larmes, puis il se détacha presque à regret de tout ce petit monde, pour voler au secours de sa dulcinée qui achevait son pénible périple dans le couloir.

« -Oui je n'étais pas obligé, tout comme tu n'étais pas obligé de jouer les aventurières alors qu'on vient à peine de rentrer. » Il ne lui laissa pas le temps de contre-attaquer, elle en était encore capable malgré son état et c'est bien pour cela que le fils de Mars prit les devants en la soulevant et en s'acquittant à merveille de son rôle de protecteur en prenant toutes les pincettes qu'il fallait prendre pour se prémunir d'une prise de tête inutile. Sans attendre, ils regagnèrent leur chambre où Haytham déposa la demoiselle sur le lit avec une infime douceur. Il était fatigué, mais pas encore assez pour ménager ses efforts. Il se précipita donc jusque dans la salle de bains pour préparer la baignoire pour un bain, omettant involontairement les recommandations du médecin. Il alluma une à une les bougies qui se trouvaient à portée de main et revint vers la jeune femme pour la défaire de ses vêtements avec toujours cette infime douceur en parfaite contradiction avec son gabarit de gros dur que rien ne semble atteindre. Ce nouveau rôle semblait néanmoins le changer, le transcender même. Le sourire aux lèvres, il acheva son œuvre, n'omettant pas au passage de faire savoir à cette femme combien il aimait et combien il lui était reconnaissant pour ce si beau cadeau. Le regard brillant, Miss Lond prit le visage du demi-dieu entre ses mains chaudes, l'obligeant ainsi à plonger son regard dans le sien. Passé la réplique il ne put s'empêcher de rire et se sentait rassurer qu'elle soit encore capable de sortir ce genre de connerie après tout ce qui leur était arrivé. « - Promis, on ne vivra pas deux fois la même galère ! On va bien profiter de ce super cadeau. De toute façon, on ne peut plus le ramener en magasin ! » Preuve que tout allait bien, à son tour, il se permit un trait d'humour, pourri certes, mais compréhensible de Tam pourvue du même sens de l'humour.

Tam quitta à nouveau la terre ferme pour rejoindre la salle de bains dans les bras du Marsien qui lui avait promis de revenir après avoir mis Eileen au lit. Mais avant qu'il ne disparaisse, l'ancienne agent de terrain lui fit une dernière demande qui le toucha en plein cœur et dont il ne pouvait ne pas répondre. « -Bien sûr ! Je n'en n'ai pas pour longtemps ! » Il quitta aussitôt la salle de bains, le cœur léger et c'est le sourire aux lèvres qu'il retrouva la petite assemblée. -Je suis désolé, mais je vais devoir l'enlever. Tam veut la voir un peu avant que je ne la mette au lit. »

« -Haytham mon chéri, tu as pensé au baby phone ? »

« -Oui j'en ai pris deux et j'ai mis des piles. D'ailleurs, je peux en laisser un ici ? Avec mon ouïe, je n'ai pas besoin de ces petits appareils »

« -Oui bien sûr ! Va te détendre ! Tam et toi, vous avez besoin de récupérer un peu. Nous nous occupons de tout, ne t'en fais pas. D'ailleurs, je t'accompagne si tu le veux bien ! »

« -Oui bien sûr, merci ! » Eileen se blottit à nouveau contre son père lorsque ce dernier la récupéra. Décidément, cette petite princesse ne pouvait se résoudre à quitter le nouvel homme de sa vie. Victoria attendris par cette image, consentit ensuite à accompagner le demi-dieu jusqu'à la chambre qu'il avait lui-même aménagé avant l'arrivée du truc. «-Je vais la montrer un peu à Tam et je te la ramène » Victoria toujours le sourire aux lèvres, acquiesça et le laissa quitter les lieux avec le bébé dans les bras. Approchant à pas de loup, le papa poussa délicatement la porte « -On va aller voir maman avant d'aller faire un gros dodo mon chaton. » Il entra dès lors dans la salle de bains et s'approcha d'une Tam assoupie dans la baignoire. « -Dis coucou à ta maman ma petite puce ! » Tam émergea progressivement et se redressa non sans grimacer pour mieux voir la petite endormie. « -Voilà ta maman ! Mince, je crois qu'elle s'est endormie ! » dit-il un peu confus. « -Bon bah je vais la mettre au lit alors ! » Et alors qu'il s'apprêtait à partir Tam lui fit savoir qu'Eileen lui ressemblait aussi, surtout lorsqu'elle baillait. Attendri, Hay sourit et s'éloigna « -J'e n'en ai pas pour longtemps ! ». Il ramena Eileen jusque dans sa chambre où Victoria l'attendait encore assise dans le rocking-chair.

« -Je sens que je vais aimer cette chaise ! »

« -Elle était faite pour toi ! »

« -Merci mon chéri. Toi et Tam vous venez de m'offrir le plus beau des cadeaux. Jamais je n'aurai pu imaginer un tel dénouement à cette histoire. Je suis si fière de vous et nul doute que ta mère le serait également mon grand. » Victoria, elle-même émus, se leva et posa une main chaleureuse sur la joue de son gendre. « -Merci Victoria ! » Il déposa précautionneusement le petit trésor qu'il tenait encore entre ses bras et sous le regard bienveillant de sa future belle-mère, le Marsien quitta la chambre et retrouva une Tam endormie. Il se déshabilla et prit grand soin de ne pas la réveiller en la rejoignant dans la baignoire. D'un bras, il la souleva pour pouvoir se mettre en dessous et la déposa ensuite sur lui avant de l'entourer de ses bras puissants. Les minutes défilèrent et lui-même se laissa happé par l'appel de Morphée, un appel qu'il lui fallait reporter puisque déjà Tamara venait d'émerger sous l'impulsion d'une vision horrifique qui ébranlait les battements de son cœur. « -Hey mon amour tout va bien, je suis là » lui murmura-t-il à l'oreiller pour l'apaiser. « -Calme-toi c'est fini, ce n'était qu'un cauchemar ! » réitéra-t-il tout en maintenant son étreinte tandis que Tam « guimauvisait » « -C'est agréable ce genre de réveil ! Moi aussi, je t'aime ma guimauve ! Et effectivement, je crois qu'il est temps pour nous de rejoindre la terre ferme ! » Dès lors, l'ancienne agent de terrain tenta de s'extraire de la baignoire, une tentative mise à mal par le demi-dieu irlandais qui prit une fois encore la situation en main. « - Hey, tu n'as pas à t'excuser ! Je te l'ai dit, c'est mon job de m'occuper de toi et d'Eileen. » Sans la moindre difficulté, il la souleva d'un bras et attrapa les peignoirs de l'autre. « -Je sais que tu as hâte de retrouver ton indépendance. Ça viendra, il te faut juste faire preuve d'un tout petit peu de patience. Dis-toi que tu as fait plus de la moitié du boulot. » Il la déposa délicatement sur le sol avant de lui tendre son peignoir et une serviette pour qu'elle puisse essuyer ses cheveux. « - Tu veux qu'on aille la voir juste pour s'assurer que tout va bien ? »

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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Ven 24 Mar - 19:57


When two become three
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22/02/12
Trop fatiguée et dans les choux pour contrer les petites piques d’Haytham qui était bien décidé à jouer les chevaliers servants, Tamara laissa son adorable petit ami prendre les choses en main, à savoir elle, la porter jusqu’à la chambre, aller faire couler le bain, la déshabiller et la plonger dedans avec délicatesse. La petite plaisanterie sur leur « super cadeau » qu’ils ne pouvaient plus ramener la fit sourire. C’était vrai, si au départ, Tam était des plus réticentes à l’idée d’avoir un enfant, depuis la seconde où elle avait posé les yeux sur sa fille, elle l’avait aimée plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle était désormais prête à tout pour la protéger et lui offrir la plus belle vie possible. Cette petite crevette était déjà aimée si fort par tous ceux qui l’entouraient, elle avait une famille soudée autour d’elle.

Le « Penseur » avait accepté de ramener une petite minute Eileen à sa mère qui marinait pour qu’elle puisse la regarder encore un peu. Tam avait du mal à l’admettre, mais elle avait déjà du mal à se passer de la voir. Elle l’avait eu à l’oeil quasiment tout le temps durant le peu d’heures d’existence que la princesse avait au compteur, avec toute l’inquiétude que les circonstances de sa naissances avaient pu engendrer. C’était donc un peu difficile à présent d’accepter de la laisser seule dans sa chambre, même si elle savait qu’il ne pourrait rien lui arriver. La petite brune ignorait que Victoria était déjà toute gaga au point de rester avec elle.

Une fois réveillée (un peu en sursaut), Hay l’aida gentiment à sortir de la baignoire, la parant d’un peignoir , et lui proposa de retourner la voir avant d’aller à leur tour se coucher. Tam qui entoura ses cheveux d’une serviette, hocha la tête avec un sourire.

-Oh oui, je veux bien. Par contre, ne va pas dire que je suis une mère-poule juste parce que je veux voir si elle dort bien dans son lit. C’est juste… parce que j’ai jamais vu sa chambre avec elle dedans. C’est… tu vois, pour me faire à l’idée.


La ceinture de son peignoir nouée et ses cheveux essorés, elle envoya la serviette dans la corbeille à linge avant de glisser son bras dans le dos du demi-dieu.

-Allons-y.

Une fois dans la chambre de la petite, Tamara constata la présence de sa mère dans le rocking-chair que Hay avait choisi. Elle se leva immédiatement pour aller les rejoindre.

-Qu’est-ce que tu fais encore debout ma chérie ? Il faut que tu te reposes. Profites-en pendant qu’elle dort aussi, elle ne sera pas toujours calée sur tes horaires, et d’ici deux ou trois heures elle aura sûrement faim.

-Oui maman, juste une petite minute s’il te plaît, demanda-t-elle sans avoir vraiment écouté.

Tam s’approcha à pas de loup du berceau et le sourire regagna ses lèvres lorsque ses pupilles se posèrent sur son petit trésor endormi. Elle resta ainsi à la contempler cinq bonnes minutes, n’entendant plus ce qui se passait autour. La brunette reprit ensuite ses esprits et se tourna vers son Irlandais.

-OK, nous aussi on va se reposer, murmura-t-elle aussi bas que possible pour éviter de réveiller sa petite Eileen.

L’ex agent de terrain tendit les bras vers le fils de Mars pour qu’il puisse l’attraper.

-On est d’accord, c’est la dernière fois que tu me portes ? Là, je dis rien parce que je suis vraiment morte, mais dès demain, je me débrouille.


Les bras accrochés à son cou, elle le laissa les guider jusqu’à leur chambre. Une fois enfin emmitouflée dans les couverture, allongée sur le dos, Tam se sentit beaucoup mieux. Toujours sous la couette, sa main chercha celle d’Haytham pour y entrelacer ses doigts. Puis, elle ferma les yeux et se laissa happer par un sommeil profond et bien mérité.

Environ trois heures plus tard, ce furent les pleurs d’Eileen qui la réveillèrent. Il lui sembla alors que ce son strident était le pire jamais entendu. Grimaçant, elle essaya de se redresser, non sans mal.

Bordel, mais qu’est-ce qui se passe encore ?


Regardant autour d’elle, elle constata que son petit ami n’était plus là. Inquiète, elle repoussa les couvertures, renfila son peignoir et se rendit aussi vite que possible, c’est-à-dire très lentement, jusqu’à la chambre de la petite d’où provenaient les pleurs. Déjà que c’était désagréable pour ses oreilles, elle n’osait imaginer ce que ça pouvait être pour ce pauvre Haytham à l’ouïe super développée , qui tenait sa petite hurlante dans ses bras. Inquiète, la petite brune s’approcha précautionneusement, laissant une petite distance de quelques dizaines de centimètres entre elle et le père et la fille.

-Qu’est-ce qui se passe ? Elle est malade ? Pourtant le médecin a dit qu’elle allait parfaitement bien. On a fait une bêtise ? Attends, ça fait longtemps qu’elle hurle comme ça ? Regarde-la, elle est toute rouge. Et j’ai rien entendu.

Soudain, elle culpabilisa de n’avoir pas entendu sa propre fille pleurer. Depuis combien de temps Hay était-il là à essayer de la calmer ? Cinq minutes ? Une demi-heure ? Une heure ? Pendant qu’elle dormait à poings fermés ! Soudain, mille et une questions traversèrent son esprit. Elle savait déjà qu’elle n’aurait pas un instinct maternel très développer, mais de là à ne pas entendre son enfant pleurer ! Pour le coup, Tam aussi avait envie d’éclater en sanglots. Pas étonnant qu’Eileen soit dans cet état si elle réalisait déjà qui elle avait pour mère. Pourtant, il y avait de quoi rattraper le coup dans cette famille, elle avait une grand-mère exceptionnelle et le père le plus attentionné qui soit, sans parler d’une grande sœur adorable. Si seule sa mère était un peu « boulet » sur les bords, ça pouvait passer non ?

-Tu crois qu’il faut la ramener à l’hôpital ? Tu crois qu’on aurait dû rester ? Oh c’est de ma faute, j’aurais dû la fermer, on aurait dû rester là-bas… Pardon Eileen…

Tam se mordilla la lèvre, anxieuse à l’idée d’être à l’origine de l’hypothétique problème que pourrait avoir sa fille. Si c’était grave, Hay ne lui pardonnerait sans doute jamais. Sa petite princesse comptait plus que tout à ses yeux, et c’était bien normal, elle ne pouvait l’en blâmer. Victoria arriva derrière elle, bâillant.

-Elle a juste faim, ce n’est rien de bien méchant. Il faut apprendre à reconnaître les pleurs.
-Ah parce qu’il y en a plusieurs en plus ??


S’ils étaient tous aussi désagréables à entendre que ces hurlements, la première année serait un véritable enfer.

-Il faudra t’y faire, c’est le seul moyen de communiquer des nourrissons.

Tam, bouche bée, se sentait déjà larguée, ce qui n’améliorait pas son moral. Sa mère la prit doucement par les épaules.

-Assieds-toi, pour commencer.


La brunette laissa sa mère laissa sa mère la faire asseoir dans le fauteuil en face du rocking-chair.

-Je suis vraiment obligée de faire ça ?

-C’est mieux pour Eileen d’avoir le lait de sa maman. Elle aura moins de chance de tomber malade.


-Ok, si c’est pour son bien… Mais un de vous deux la tient, d’accord ? J’ai… j’ai peur de l’abîmer.

Elle lança un regard à Haytham, son pilier.


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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Mar 28 Mar - 23:35


When two become three
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22/02/12

C'est fou à quel point l'arrivée d'un aussi petit être peut bouleverser vos vies et remettre tout en question d'un simple battement de paupière. Lorsqu'il croisa le regard de sa fille pour la toute première fois, Haytham Cassidy se sentit d'abord osciller tant il fut ébranlé par le flot d'amour qui parcourait son cœur. Elle était là, face à lui si belle, si innocente, le plus beau des trésors, une petite opale, des yeux qui brillent, une peau si pale et l'espoir de belles choses à venir. Un petit être si faible qui vous contamine à cet état l'espace d'une seconde et qui l'instant d'après vous rend plus fort que jamais en remplissant votre cœur d'un amour inconditionnel, sans limite et sans rien en retour. Juste de l'amour, le plus pur de tous, pour combler les zones d'ombre et nous faire oublier ce que le monde a de plus mauvais à nous offrir lorsqu'on ne souscrit pas à la normalité. Les minutes passaient dans le bain avec Tam, lui permirent donc d'étayer ses pensées tandis que la belle se laissait aller à quelques minutes de repos bien mérité. Un repos qui prit fin lorsque les cauchemars prirent le relais et sortir Tamara de sa léthargie. Hay plus paternelle que jamais, prit sa voix la plus douce pour la défaire de ses craintes légitimes au vu de tout ce qu'elle avait enduré ces dernières heures. La visite d'Eileen apparut dès lors comme l'évidence même. À n'en pas douter son petit regard, si elle concentrait à le poser sur ses parents, suffirait à congédier les pensées négatives. Hay se sécha à son tour les cheveux avec la serviette que venait de lui tendre la nouvelle maman en hochant la tête et en souriant suite à la proposition de son compagnon. Mais avant toute chose, une mise au point (façon Tamara Lond) devait être faite.

« - Je rêve où Madame cherche déjà à se justifier d'être en manque de sa fille !? » A son tour, il noua la ceinture de son peignoir et déposa la serviette mouillée dans la corbeille. « -Et je ne t'ai pas encore affublé du statut de mère-poule en plus ! » Il lui sourit attrapa sa main au passage et ils quittèrent la pièce, pour rejoindre le couloir et enfin, la chambre d'Eileen. « -Wow regarde ! Ça y est maintenant, tu peux te faire à l'idée d'Eileen dans son lit ! » fit-il en faisant mine de tourner les talons pour s'en aller. D'ailleurs, les nouveaux parents avaient à peine franchi l'entrée, que Victoria telle la gardienne du sommeil s'offusqua de voir sa fille unique encore debout. « -Elle voulait se faire à l'idée de voir Eileen dans sa chambre. Mais ne va surtout pas lui dire qu'elle nous la joue mère-poule » lança le demi-dieu un brin moqueur. Victoria quitta de ce fait le rocking-chair et s'approcha des deux zigotos pour leur faire la morale un peu plus loin, histoire de ne pas réveiller Eileen.  « -Attends ! Elle ne dort que trois heures ? Mais comment fait-elle ? » Tamara en profita pour s'approcher du berceau afin de mieux voir la petite princesse qui avait déjà fait foudre son cœur, mais qui tâcha, par fierté, de ne pas le faire voir.

« - Oui Haytham ! C'est comme ça au début ! Tu vas devoir t'y faire mon chéri ! »

« -Mais ce n'est pas dangereux qu'elle dorme si peu ? »

« -Ne t'en fais pour ça ! Ça viendra. En attendant, vous devez vous reposer tous les deux ! »

« -Mais… »

« -Non pas de « mais » ! » Tam choisit ce moment pour se soustraire à douce quiétude de l'observation et se tourna vers sa mère et vers Haytham toujours en pleine conversation. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la jeune maman portait, ce soir, la voix de la raison. Vaincu, Hay accepta donc d'aller, à contre cœur, se reposer ne manquant pas de répondre « une dernière fois » à l'appel à l'aide de son aventurière de petite amie qui tendit les bras vers lui, pour qu'il la soulève. « -Bonne nuit Victoria ! » lança-t-il à la mère de Tam en posant un dernier regard sur Eileen. Le demi-dieu souleva donc avec facilité la belle brune et ils quittèrent la chambre de leur fille pour regagner la leur. Hay s'approcha dès lors du lit et y déposa avec mille et une précautions Tam avant de contourner le lit pour la rejoindre sous les couvertures. « -Aller repose toi un peu maintenant ! » Il se pencha, l'embrassa délicatement et laissa sa main glissait dans la sienne avant que Morphée ne les enlèvent l'un à l'autre. Victoria avait quant à elle quitté la chambre de sa petite fille, ne manquant pas de prendre le baby-phone qui lui était attribué. Deux heures trente s'écoulèrent avant que les premières agitations d'Eileen, ne réveillent son père. Elle n'avait pas encore pleuré, mais ça n'allait pas tarder. Le Marsien quitta aussitôt le lit et se précipita jusque dans la chambre du bébé.

« -Eileen ! » La petite réveillée, était assise et commença à pleurer alors que son père se précipitait vers elle pour la prendre dans ses bras. Je vous laisse imaginer la torture pour son ouïe surdéveloppée qui lui permettait d'entendre les pleurs à plus grande intensité. « -Non non chérie ne pleure pas je t'en supplie ! » Il essaya de la coller contre lui, de la bercer en chantonnant quelques mélodies sur le rocking-chair, mais rien n'y faisait, le charme n'opérait plus. « -Mon ange je t'en prie arrête tu vas réveiller tout le monde ! » Les sourires laissèrent place à un sentiment oppressant. Le pauvre ne comprenait pas ce qui se passait, et même ses lectures assidues sur le sujet, se révélaient inutiles lors de la mise en pratique. « -Eileen regarde papa ! Ma chérie ! » Le pauvre commençait à vraiment désespérer de ne parvenir à la calmer et en arrivé presque à se dire qu'il était un mauvais père. « - Eileen Eileen ! Chut chut chut ! Je t'en supplie. » Il l'embrassa sur le front et la berça à nouveau, mais rien n'y faisait le bébé hurlait de plus belle désespérant un peu plus son père qui n'avait même pas entendu la porte s'ouvrir pour laisser apparaître sa compagne qui fit quelques pas vers eux, prenant soin toutefois de garder une distance raisonnable.

« -Ma guimauve ! Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'elle a, j'essaie de la calmer depuis une dizaine de minutes, mais rien n'y fait. Je crois que ma voix ne l'apaise plus ! » Effectivement, la petite princesse était toute rouge d'avoir tant pleuré. « -Mon ange ! Écoute ton papa ! S'il te plaît, je t'en supplie. Je suis même prêt à te promettre toutes les poupées que tu veux en échange de quelques secondes de silence histoire que mes tympans récupèrent un peu. » Haytham lui-même culpabiliser, mais pas pour les mêmes raisons. Comment était-ce possible qu'un père ne soit pas en mesure de calmer son bébé ? Pourquoi les conseils des magazines ne fonctionnaient pas alors qu'Haytham les avaient suivis à la lettre ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? » Désespéré le fils de Mars posa son regard sur sa chérie, qui n'en menait pas large et pour cause, elle luttait pour ne pas éclater en sanglots à son tour. « - Je suis un boulet ! Je n'arrive même pas à la calmer ! » Il reporta son attention sur Eileen puis sur sa mère qui elle aussi se sentait coupable et ne manquait pas de le faire savoir en achevant sa réplique par des excuses pour Eileen. « - Hey non ! Ce n'est pas de ta faute arrête de culpabiliser comme ! Ça va aller, je suis sûr que ça va passer ! Je l'espère parce que je risque de devenir sourd sous peu. » Par chance, les appels à l'aide et les cris d'Eileen furent entendus par la bonne personne. Victoria fit alors son apparition et commença à éclairer la lanterne des deux jeunes parents.

« - Et ça hurle aussi fort quand ça a faim ? Il y a une gamme comme en solfège, c'est ça ? » tenta-t-il en mêlant inquiétude et humour. Par chance, Victoria Lond, malgré l'heure avancée, trouva les bons mots et fit preuve de pédagogie en invitant sa fille à s'asseoir dans le fauteuil en face du rocking-chair. Haytham qui ne savait ni quoi dire, ni quoi faire, resta immobile attendant les ordres de sa belle-mère qui continuait à accorder toute son attention à sa fille plus inquiète que jamais. « -Il va se passer quoi là ? » lança le demi-dieu qui fit un pas en avant. « -Tam, dois donner le sein à la petite. Approche Hay ! » Il fit un deuxième, puis un troisième pas. « -Ca ne va pas lui faire mal ?! » Il posa un doux regard sur Tam et lui prit la main. « -Ne vous en faites pas mes chéris. » Attendrie, la nouvelle grand-mère caressa la joue du demi-dieu et guida sa fille pour la première tétée. Elle se décala ensuite pour que le papa reste à côté, ne manquant pas de les rassurer à chaque seconde. Eileen s'agrippa au sein de sa mère et commença dès lors à se rassasier. « -Ça va ? » demanda Hay qui continuait à rester à ses côtés tandis que Victoria s'en allée vers la porte.

« -A l'avenir il ne faut pas vous en faire pour les pleurs, c'est tout à fait normal mes chéris. Vous vous débrouillez très bien pour le moment ! Aller, je file »

« -Oui vas dormir Victoria, on est sur le pont, je ne quitte pas mes deux femmes du regard. » Et il est vrai qu'il peinait à se détacher de l'une comme de l'autre. À vrai dire, plus rien ne semblait exister à part elles. « -Tu t'en sors très bien mon amour ! » murmurait-il en lui caressant la joue de Tamara « -Je t'aime Tam ! Et je sais que tu seras la meilleure maman du monde même si tu me feras croire le contraire. Je le sens au plus profond de moi, on est fait pour ce job. Certes, on sera maladroits, personne n'est parfait, mais je sais que l'on y arrivera, ensemble comme toujours. C'est fou, jamais je n'aurai cru tout ça possible, jamais je n'aurai cru avoir enfin le droit à autant de bonheur. Merci, merci, merci mon amour ! Merci de faire de moi un homme meilleur, parce que c'est ce que je suis à ton contact, je n'en doute plus maintenant. » Le regard brillant, il reporta son attention sur la petite Eileen qui cessa enfin de téter sa mère à qui elle sourit, ou du moins esquissa du bout des lèvres ce qui ressemblait à un sourire. Nul doute, le petit ange, malgré ses maladresses, était sous le charme de sa maman. « -Ca va mieux ? Je crois que l'on s'est payé une petite frayeur inutile. Maintenant, on la remet au lit non ? On devrait veiller un peu avec elle, jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Au pire si tu es trop fatiguée, je me porte volontaire. Et puis tu as besoin de repos, plus que moi ! Je suis donc prêt à me sacrifier tel le super papa-petit copain que je me dois d'être pour mes deux princesses ! »


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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Jeu 30 Mar - 11:17


When two become three
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22/02/12

Taquin à souhait, Haytham ne se priva pas pour faire des sous-entendus sur le fait qu’Eileen manquait déjà à sa mère. Cette dernière manqua de lui rétorquer un truc du genre « elle a été plusieurs mois dans mon ventre, tu t’attendais à quoi ? ». Mais ça aurait été lui donner raison, et ce n’était pas le genre de Tam. Elle se contenta de se taire, ou de prétexter des arguments un peu fumants, laissant le fils de Mars continuer à se moquer gentiment. Il continua encore devant Victoria qui était présente dans la chambre de la petite, et qui avait manifesté son mécontentement de voir sa fille encore debout. Un fois qu’elle se fut suffisamment « faite à l’idée d’Eileen dormant dans son lit »,  Tam accepta, ou plutôt incita, Hay à les faire regagner leur chambre pour un repos bien mérité.

Face à un manque de sommeil certain et une fatigue intense, aussi bien physique que psychique, être réveillée en sursaut par les hurlements stridents d’un nouveau-né n’était pas la chose la plus agréable du monde, loin de là. Tamara s’était donc levée, rajustant son confortable peignoir qui lui servait de pyjama et avait rejoint aussi vite que possible la chambre de sa fille où le papa modèle faisait de son mieux pour calmer sa princesse. L’angoisse, en plus de la migraine, s’empara de l’ex agent de terrain qui se demandait si la petite n’était pas souffrante. Hay déclara qu’il essayait de la calmer depuis dix bonnes minutes. Dix minutes et elle n’avait rien entendu ! La pire des mères du monde, voilà comment Tam se qualifiait en cet instant, se mordillant la lèvre inférieure, tandis que le demi-dieu tentait une nouvelle fois des paroles apaisantes à l’intention de sa fille. Il s’en voulait de ne pas y parvenir.

-Non, ne dis pas ça, toi au moins tu essaies… Moi je n’ai rien entendu… ajouta-t-elle à mi-voix en baissant les yeux.

Elle n’eut pas le temps d’étayer ses sombres réflexions que leur sauveuse arriva. Victoria, la sainte maman de Tam, arrivait en super grand-mère, dispensant son savoir indispensable, apprenant aux jeunes parents que ce genre de pleurs (puisqu’il y en avait donc plusieurs) signalait l’heure de la pause repas. Tamara commençait à se dire qu’au lieu de se moquer d’Haytham avec ses « magazines de fille », elle aurait peut-être mieux fait d’en feuilleter quelques-uns, histoire de ne pas être aussi larguée. Mais bon, c’était trop tard, il fallait tout apprendre d’un coup maintenant. Tout un tas de questions se bousculaient dans sa tête, et elle et l’Irlandais s’empressèrent de les poser à la matriarche Lond qui semblait se faire un plaisir de leur enseigner ce qu’elle savait. Une grand-mère modèle, à n’en pas douter, qui d’ailleurs s’amusait de l’étonnement des deux parents.

-Eh oui, toujours aussi fort si vous n’êtes pas assez rapides. Et toutes les trois heures. Mais rassurez-vous, normalement ils se rendorment vite une fois rassasiés.

Tam laissa sa mère l’installer dans le fauteuil et lui expliquer qu’allaiter son enfant était la meilleure chose à faire. Victoria avait l’air de dire que ça ne ferait pas mal, mais lorsque la petite attrapa son sein, la jeune maman laissa échapper un « Aïe ! » en regardant sa fille d’un air étonné.

-Eh, espèce de piranha ! Heureusement qu’elle a pas de dents !

Hay lui demanda comment elle allait, et la brunette le regarda à son tour.

-C’est de loin le truc le plus bizarre que j’aie jamais fait. Et franchement, c’est pas agréable du tout.

Tam soutenait Eileen en gardant sa main sous celle d’Haytham qui la tenait. Elle avait trop peur de lui faire mal en la tenant directement, et puis elle venait de naître, sa petite tête ne tiendrait pas toute seule avant plusieurs semaines, c’était beaucoup de pression pour cette jeune maman qui n’avait jamais tenu un bébé dans ses bras de sa vie… Alors avec le sien, elle ne voulait prendre aucun risque. Elle avait l’air si fragile, cette adorable petite princesse à la voix si stridente. Victoria décida de les laisser tous les trois pour retrouver son lit. Elle aussi devait être épuisée, et Tamara s'inquiétait pour sa mère dont elle savait la santé fragile. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait fait appel à la maman d'Haytham pour lui venir en aide lorsqu'elle n'était qu'un bébé.

-Maman, laisse-moi le baby-phone pour la nuit. Ce n’est pas à toi de te lever, repose-toi.

Madame Lond s’éclipsa, laissant les deux jeunes parents à leur adorable progéniture. Quel soulagement que de ne plus l’entendre pleurer. Hay était près d’elles, il l’encourageait  et parlait avec tant de cœur et de sincérité à sa petite amie que celle-ci dut détourner les yeux de lui pour ne pas laisser couler des larmes.

-Oh Haytham… je t’aime tellement moi aussi. Ça me rassure tellement de te voir si confiant, si heureux… Je ne sais pas comment je ferais si tu n’étais pas là. Mon amour, tu m’as sauvé la vie. Pas seulement hier ou l’été dernier, mais en général. Sans toi, ma vie n’était rien, aujourd’hui, ce « nous », c’est tout pour moi.

Après avoir posé un regard bienveillant et amoureux à son « Penseur », elle reporta son attention sur Eileen. Elle avait l’air si paisible à présent. Tamara pouvait sentir qu’elle tirait un peu moins sur les tétées, sans doute qu’elle arrivait à satiété. La jeune maman sentit son cœur se gonfler d’amour en croisant le regard de sa princesse et en apercevant une esquisse de sourire sur sa petite bouche.

-Oh, tu as vu ça ? souffla-t-elle à l’intention d’Haytham. On dirait qu’elle a souri, ou presque. Oh, elle ferme les yeux. Reprends-la contre toi avant qu’elle ne se rendorme, il faut qu’elle fasse son rot sinon elle peut s’étouffer si elle régurgite. C’est pas ce qu’ils disent dans les magazines de filles ?

Sa main toujours dans le dos d’Eileen, elle accompagna le mouvement pour que son papa puisse la récupérer. Puis Tam réajusta son peignoir tout en écoutant le bel irlandais parler. Elle lui lança un regard surpris.

-Qu’est-ce que tu racontes, toi aussi tu as besoin de dormir. Et puis… dans trois heures à peu près elle va de nouveau nous casser les oreilles. Et c’est elle la princesse, pas moi, ajouta-t-elle avec un petit sourire. Dis… on pourrait peut-être la prendre avec nous… Dans un but pratique, évidemment. Ça nous éviterait de nous lever encore et encore. Le berceau au pied du lit et on s’évite tout un tas de voyages cette nuit. Juste pour sa première nuit à la maison, pour pas qu'elle ait peur, tu vois ?

N’allez pas y voir un moyen pour l’avoir plus près… Non, voyons, quelle idée. La petite de nouveau contre son père, droite contre son torse, la brunette lui caressa le dos en tapotant de temps en temps, attendant que le petit rot sorte de sa bouche.

-Berk, c'est dégueu ! Elle t’a craché du lait dessus. Elle est pas très glamour cette princesse, commenta-t-elle avec un sourire amusé.

Elle se pencha vers la table à langer juste derrière elle pour attraper un bavoir et essuyer avec le peignoir d’Haytham.

-On aurait peut-être dû penser à lui mettre un de ces machins. Tu vas pouvoir le mettre à laver. Bouge pas.

Elle s’agrippa à la taille du fils de Mars pour s’aider à se relever. C’était toujours aussi difficile, mais il faudrait bien qu’elle y arrive. Elle s’était déjà sentie handicapée pendant des semaines, il fallait que cela cesse maintenant qu’Eileen avait vu le jour. La jolie brune ouvrit lentement mais surement la marche pour regagner leur chambre à tous les deux avant de s’asseoir puis s’allonger avec toute la délicatesse possible entre ses draps.

-Allez, ma Guimauve, viens dormir.

A peine la tête posée sur l’oreiller, elle se rendormie, complètement lessivée, sans demander son reste.




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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   Dim 2 Avr - 22:00


When two become three
You are here, and I didn't expect to love you so much.



22/02/12

Il n'y a rien de plus effrayant que l'inconnu. Face à lui ou à elle, nous redevenons de simples poupées de chiffon qui ne contrôlent plus rien et sont ainsi soumises au Destin. Oui, c'est la version plus ou moins romanesque d'une petite montée de stress. Nous avons tendance à tout dramatiser, sûrement un truc d'humains. L'inconnu(e) n'en demeure pas moins effrayant(e) parce qu'il ou qu'elle nous ramène à notre condition de mortel et au fait que nous ne pouvons rien contrôler. Impuissant, nous sommes et impuissant, nous demeurons. Difficile à vivre pour le demi-dieu que je suis. Mais, car il y a toujours une conjonction quelque part, si notre ami(e) l'inconnu(e) est effrayant(e) il ou elle peut être à l'origine de belles choses parfois. Non, je vous entends déjà vous offusquer sur le fait que je compare ma fille à une chose. Ma fille n'est certes pas une chose, mais elle n'en demeure pas moins belle, non magnifique, non radieuse…. En fait, il y a tellement d'adjectifs pour la décrire que je ne sais lesquels choisir. Ma fille est ma plus belle inconnue, voilà, c'est dit ! Une belle incertitude venue magnifié notre vie en l'ébranlant de par son arrivée. Je crois que jamais plus je ne trouverais l'inconnue qu'il soit masculin ou féminin, effrayant(e).

Victoria alertée par les supplices de sa petite fille, vola à la rescousse de ses deux autres grands enfants paralysés par ce si tout petit être à l'origine de tant de bruit. Avec toute la bienveillance qui la qualifiait, la matriarche, fit installer sa fille sur le fauteuil et commença à lui transmettre son savoir de maman sous le regard d'un Haytham plus attentif que jamais. La quiétude de Madame Lond semblait produire son petit effet sur les deux adultes à ses côtés. Bien sûr la première tétée fut aussi étrange que désagréable pour Tamara, mais cela semblait apaisé Eileen qui avait cessé de pleurer et se concentrer à présent sur le sein de sa maman, elle-même encouragée par la petite qui ne la quitté pas du regard. Le demi-dieu lui-même resté focalisé sur les deux femmes de sa vie et gardait sa main fermement ancrée dans celle de la jolie brune qu'il regardait plus amoureux que jamais malgré la grande fatigue qui creusait son regard noisette. Les minutes s'écoulèrent tout comme le lait de Tamara, le calme avait repris ses droits. Eileen se redressa à son tour prête à attraper un baby-phone pour continuer à veiller sur le petit trésor de la maison. « - Tam à raison Victoria ! Laisse donc le baby-phone ici. On s'occupe d'elle, grâce à tes précieux conseils on saura se débrouiller. Pense à toi maintenant et retourne dormir ! Aller oust. » dit-il en lui souriant avec douceur. « -Ok, je vous laisse gérer tout les deux ! » Et enfin la grand-mère déserta la chambre de sa petite-fille pour rejoindre la sienne et s'octroyer quelques heures de sommeil bien méritées.  

Haytham profita du départ de la mère de Tam, pour lui offrir la plus belle des déclarations, pour l'encourager d'une part, mais aussi et surtout parce qu'il en avait envie, parce qu'il voulait lui faire savoir, dans des conditions moins désastreuses que les précédentes, à quel point il l'aimait plus que tout et la remercier de ce cadeau qu'elle venait de lui offrir. Attendri, il posa son regard sur la petite Eileen presque repue, tandis que l'ancienne agent de terrain mettait tout en œuvre pour retenir ses larmes face à tant d'amour. « -Je suis confiant et heureux parce qu'on est ensemble. Ça nous aura pris du temps certes, mais on a fini par y arriver, on ne peut que mieux savourer ce qu'on a maintenant. Eileen est tellement belle. » Ils posèrent ensemble un regard bienveillant et emplis d'un amour sur leur fille. « -C'est notre fille, tu te rends compte ? On la fait ça, tous les deux, c'est un peu de toi et un peu de moi. » Tamara plus attendrie que jamais attendit patiemment que la petite princesse cesse de téter pour de nouveau la confier à son papa afin qu'elle fasse son rot. Le demi-dieu surprit par l'initiative de sa petite-amie qui ne semblait pas si ignorante que ça sur le sujet, récupéra avec précaution le petit ange. « - Bah alors, on dirait que madame Lond a fait aussi ses devoirs. Le coup du rot, je ne l'avais lu nulle part, mais ça paraît logique. » Le papa s'exécuta sous le regard de la maman qui suite à son initiative de veille, déposa sur lui un regard intrigué. « -Tam, tu as bien plus besoin de sommeil que moi. Je gère ne t'en fais pas ! » Mais Tamara avait raison, d'ici trois heures, à peine la petite princesse se réveillerait à nouveau pour réclamer son dû. Et alors qu'il se demandait comment ruser pour que Tam retourne se coucher récupérée quelques heures de sommeil, cette dernière proposa quelque chose de pas si bête. « -C'est une très bonne idée ma guimauve ! Oui, on va l'amener avec nous dans la chambre, ça nous évitera de courir partout, tu pourras même rester au lit et je te l'amènerais quand elle aura faim. Ça l'apaisera peut-être d'être avec son papa et sa maman pour sa première nuit ! » Il n'en fallut pas plus pour le convaincre le papa qui se rendit compte bien malgré lui que sa princesse venait de régurgiter un peu de lait.

« -Toutes les princesses ne sont pas glamour apparemment ! Tu peux m'attraper son bavoir derrière la table à langer ? » Tamara, amusée, obtempéra et attrapa le bavoir avec lequel elle commença à essuyer le peignoir de son homme. « - Ouais la prochaine fois, on le lui mettra pour s'éviter de mauvaises surprises. » La demoiselle s'agrippa ensuite à la taille du demi-dieu pour se relever et prendre la direction de leur chambre, tandis qu'Haytham suivait avec Eileen blotti dans ses bras. Arrivé à bon port, il s'approcha du berceau et installa avec mille et une précautions son petit trésor qu'il fixa quelque instant tandis que Tam s'allongeait dans le lit non sans difficulté. Une fois installée, elle appela son homme qui se détacha difficilement du regard plein d'innocence de sa petite princesse. « -Ok j'arrive ! » Il s'assura une dernière fois que tout était en ordre puis retrouva sa moitié déjà endormie. Lui ne trouva pas le sommeil et Eileen non plus de toute évidence. Il quitta donc le lit et se retrouva sa fille qu'il prit dans les bras. « -Bah alors toi, tu ne fais pas dodo ! » Elle gazouilla suite à l'interrogation de son papa avant de lui prendre le doigt rendant compte de la petitesse de sa petite maini. Hay attendri, s'assit sur la chaise où se trouvaient quelques vêtements et commença à bercer la petite qui ne le quitte plus du regard. Bien sûr, il était fatigué et les cernes présents sur son visage le trahissaient, mais le demi-dieu était bien trop préoccupé pour trouver le sommeil et puis il ne voulait pas revivre par le biais de cauchemars, l'épisode sordide du bunker. S'occupait d'Eileen constituait de ce fait, une sorte de thérapie qui lui permettait d'exorciser bien des maux.

Deux heures s'écoulèrent, Haytham avait redéposé la petite dans le berceau et retrouvé le chemin vers son lit. Assis le dos contre la tête de lit, il regardait tour à tour Tam et Eileen. Moins d'une heure plus tard, Eileen se remit à pleurer. Hay se précipita vers le berceau pour la récupérer et tenté de l'apaiser un peu le temps que Tam se déleste de Morphée. « -Désolé je crois que le piranha est avide de chair fraîche ! » lança-t-il à sa chérie l'air désolé. « -Je te l'amène ? » Il ne put s'empêcher de bailler cette fois et s'approcha doucement du lit avec le bébé pirana dans les bras. Tam s'assit et colla son dos à la tête de lit tandis que le demi-dieu prenait place à ses côtés. « -Voilà voilà madame ! Tu veux que j'aille te prendre à boire ou un truc à manger mon amour ? »



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Ad honorem

L'honneur est semblable à un beau fruit une fois entamé il ne se conserve plus.
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MessageSujet: Re: When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]   

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When two become three - Nouvelle-Orléans - 22/02/17 [Hay-Tam]

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