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 When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)

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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Mar 4 Avr - 15:09


When two become three
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22/02/12

L’aide de la mère de Tamara avait été précieuse. Elle avait su mettre en confiance les deux jeunes parents face à leur petite beauté hurlante et aux joues empourprées. Désormais rassasiée, Eileen s’était calmée, sa grand-mère était repartie se coucher sur les « ordres » de sa fille et son gendre, et ces derniers étaient sur le point de faire pareil. Tam sourit aux déclarations de son demi-dieu de petit ami.

-Oui, tu as raison, c’est notre œuvre d’art. Elle est parfaite. Quoi que, si elle pouvait crier moins fort, je pense qu’on ne s’en porterait que mieux. Surtout toi, tes pauvres oreilles…

Elle compatissait. Avoir les cinq sens surdéveloppés ne devait pas être agréable en de telles circonstances. Le fils de Mars sembla surpris que la mère de sa fille sache qu’il fallait faire faire un rot aux bébés après qu’ils se soient nourris. Elle haussa les épaules alors qu’Eileen était à nouveau dans les bras de son père.

-C’est LE truc que tout le monde sait, j’ai rien inventé. Tu vois ça dans tous les films, je crois même qu’on en avait parlé à l’école en bio. Je crois que c’est parce que les nourrissons peuvent encore respirer et avaler en même temps, chose qu’après on ne peut plus faire. Quand je te disais que les bébés c’est contraignant, ils savent rien faire tout seul, même pas tenir assis, même pas tenir leur propre tête, tu te rends compte ? demanda-t-elle, l’air réellement étonné.

Mais en posant son regard sur sa petite princesse, son avis d’avant sur l’inutilité des bébés commençait à changer… En fait, ils étaient tous inutiles sauf Eileen qui était parfaite… malgré le fait qu’elle venait de régurgiter sur son père. Tam se félicita de ne pas s’être portée volontaire pour le rot. Après tout, c’était convenu comme ça depuis des mois : elle ne ferait que le minimum syndical. A savoir, servir d’incubateur, la mettre au monde, la nourrir… payer ses études ? Et sa première voiture ? Et lui parler des capotes, l’importance indispensable des capotes ! Enfin bref, les tâches ingrates, c’était pour l’Irlandais. Ah si seulement il pouvait l’allaiter aussi… Quel dommage. Enfin bref, elle attrapa le bavoir pour l’aider à détacher son peignoir, et en prit un autre tout propre pour le prochain repas d’Eileen.

-Bien sûr que j’ai de bonnes idées. Allez, on l’emmène avec nous, même pour nous ce sera mieux, on sera rassur… Enfin on sera prêts.

Elle ne voulait évidemment pas montrer que malgré tout ce qu’elle avait pu dire pendant sa grossesse, maintenant, tout avait changé, et qu’elle s’inquiétait beaucoup du bien-être de sa fille. Hay accepta donc de l’emmener avec eux dans leur chambre. Une fois arrivés, Tam ne mit pas longtemps à s’endormir, ne se doutant pas que le papa modèle, lui, avait veillé malgré sa fatigue évidente. La jeune maman était quant à elle épuisée, à tel point qu’elle put trouver le sommeil tout de suite, un sommeil de plomb qui par chance ne put être coupé par des cauchemars. Il fallait dire qu’elle n’aurait pas le loisir de dormir assez longtemps pour ça, puisque seulement trois heures après, leur petite princesse-piranha manifesta son était d’éveil et sa petite fringale. Tam grimaça en entendant pleurer, et la voix de son marsien contribua malgré tout à l’apaiser. Elle ouvrit les yeux difficilement et se redressa, non sans mal. Son ventre lui tirait encore, mais bon, il faudrait s’y faire, ça durerait un moment. L’ex agent de terrain s’adossa à la tête de lit non sans bailler nonchalamment sans même prendre la peine de mettre sa main devant sa bouche, pendant que le bel irlandais approchait avec leur fille dans les bras.

-Bonjour petite princesse piranha, lança Tam d’une voix toute endormie.

Elle se frotta les yeux avant de regarder Haytham, l’air désolée, qui était venu près d’elle avec la petite dans les bras.

-Tu peux… me montrer comment la tenir ? J’ai tellement peur de lui faire mal.

Elle desserra son peignoir avant de tendre les bras pour prendre sa fille, non sans appréhension. Elle lui semblait si petite, si fragile, avec ses tous petits doigts minuscules.

-On va s’arranger pour qu’elle me bousille l’autre sein cette fois, inutile de morfler deux fois d’affiler au même endroit hein ?

Hay lui proposa alors d’aller lui chercher quelque chose à boire ou à manger, alors qu’Eileen, elle, ne s’était pas faite prier. Tam soupira.

-Je ne dirais pas non à un triple sec, mais je crois qu’au vu des circonstances, ce n’est pas recommandé, pas vrai ?

Elle se rendit compte qu’elle avait peut-être commis un impair en parlant d’alcool. Elle se mordit la lèvre en jetant un œil à son petit piranha qui semblait ravie de son petit déjeuner.

-Peut-être un déca alors ? Inutile d’en faire une hyperactive.

Tam regarda Haytham. Elle avait envie de lui prendre la main, mais n’osait pas en détacher d’une d’Eileen de peur de la faire tomber.

-J’avoue je meurs de faim, mais je sais pas si c’est une bonne idée… J’ai l’impression que tous mes organes sont sens dessus-dessous. Qu’est-ce que tu en penses, mon « Penseur » ?

Elle remarqua alors les traits tirés et l’air fatigué qu’il avait, et se demanda s’il avait fermé l’œil depuis leur dernier réveil intempestif.

-Ma Guimauve… dis-moi la vérité, t’as pas dormi… Oh, Hay… il faut prendre soin de toi. Ecoute, je voulais te dire que… vraiment, ce que je t’ai dit hier, quand on était sous la pluie, je le pensais, je suis vraiment désolée de t’avoir fait vivre un enfer pendant des mois. Et aussi de t’avoir mal parlé hier quand elle… essayait de sortir. Vraiment, je regrette, j’avais pas à te dire de la fermer ou… je sais même plus tout ce que j’ai pu dire. Je suis désolée.

En y repensant, une vague d’émotion la gagna. Posant son regard à nouveau sur Eileen, toujours aussi piranha, elle se demandait comment une aussi charmante petite créature avait pu autant la faire souffrir, et même manquer de la faire trépasser en venant au monde. Pourtant, elle l’aimait tellement. Dès la seconde où elle avait posé les yeux sur elle, même à moitié dans les vapes, Tam avait aimé cette petite princesse plus que tout au monde. Tâchant de se reprendre, elle regarda à nouveau le fils de Mars avec un petit sourire en coin.

-Il faut vraiment que ça s’arrête, je peux pas rester une chouineuse jusqu’à la fin de ma vie.

Elle souffla doucement alors que la petite semblait avoir fini.

-Tiens, tu peux la prendre et je te mets le bavoir sur l’épaule pour éviter le coup de la princesse pas glamour de tout à l’heure. Le travail d’équipe, ça nous réussit quand on est ensemble.

Tam laissa donc le papa reprendre sa princesse et elle attrapa le bavoir qui était posé sur la table de nuit, se penchant vers lui pour le placer et éviter toute tache éventuelle.

-Je peux la surveiller pendant que tu descends si tu veux. Attends.

Elle s’installa en tailleur et posa un oreiller sur ses jambes.

-Pose-la là, elle sera calée et je risque pas de la tordre dans tous les sens comme ça.

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CAPITAINE BEAU GOSSE
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CAPITAINE BEAU GOSSE

MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Mar 4 Avr - 22:43


When two become three
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22/02/12


Haytham n'avait jamais été aussi fatigué, mais par fierté et aussi parce qu'il n'était pas le plus à plaindre, il gardait tout pour lui. C'était une habitude depuis le temps. Dans ce cas, bien plus qu'une fierté mal placée, nous pouvons évoquer l'orgueil. Après tout que serait un fils de Mars sans orgueil ? Un orgueil qui avait poussé notre héros à mentir à de nombreuses reprises. Cette fois, il n'était pas question de combat, ni d'alcoolisme, la non-gravité de la chose donna donc plus de légitimer au silence du Marsien mais ses cernes commenceraient sous peu à le trahir. Tant pis ! Il tenait encore debout et pouvait de ce fait continuer à jouer les gros durs qui peuvent aisément se passer de quelques futiles heures de sommeil. Mais s'il n'eut été question que de fierté mal placée, ou d'un orgueil démesuré, les choses auraient été bien plus simples et peut-être aurait-on pu passer à autre chose. Malheureusement rien n'est simple, encore plus lorsqu'il s'agit d'Haytham qui n'aurait pas été contre un bon verre suite à tout ce qu'il venait de vivre ces vingt-quatre dernières heures. Et c'est à cause de ce traumatisme dont il tait l'existence, qu'il n'a de cesse de chasser le sommeil lorsque ce dernier se fait trop pressant. Notre demi-dieu qui avait combattu bien des montres et affrontait des situations périlleuses, refusait toutefois d'être à nouveau confronté au bunker, à cette scène de désolation, à cette effusion de sang, aux cris de Tamara. Il refusait de se confronter à nouveau au regard de Victoria, d'assister à sa totale impuissance face à l'hypothèse de devoir choisir entre la mère et le bébé. Il ne voulait plus ressentir une telle souffrance et serait prêt à ne plus jamais fermé l'œil si cela pouvait suffire à lui épargner cela. Pour l'heure, c'est le rôle de super papa qui prédominait sur tout le reste. En effet, il fallait à présent, aider la petite princesse piranha à faire son rot, une mission qui ne fut pas sans risque pour le demi-dieu récompensé par Eileen, mais à sa façon.

« - Une œuvre d'art certes, mais pas glamour. Maintenant, c'est un fait avéré petit ange ! Tu ne seras pas une vraie princesse ! » ironisait-il en attendant le bavoir propre qu'il avait demandé à Tamara « -Tu dois tenir ça de ta maman ! » Malgré la fatigue, le demi-dieu ne semblait pas dépourvu d'humour et continuait comme lorsqu'ils étaient enfants, à charrier gentiment Tamara. « -Maman pense à plein de choses on dirait. Elle va finir par me subtiliser mon titre de Penseur. » Il sourit en récupérant le bavoir qu'elle venait de lui tendre. La nouvelle maman était à des années-lumières de l'instigatrice de Truc en guise de surnom. De celle qui ne trouvait que des désavantages à cette arrivée imprévue. Celle qui reprochait tous ses malheurs à l'Alien dans son ventre. Oui, cette Tamara-là semblait si loin de celle qui lui faisait face à présent. Même si par fierté, elle trouvait toujours des excuses pour justifier sa présence auprès d'Eileen où l'absence de la petite beauté auprès d'elle. Et puis même si elle redoublait d'efforts pour ne pas paraître trop gaga, cette nouvelle lueur qui magnifiait son regard, ne trompait personne. Tamara était raide dingue de ce petit trésor, presqu'autant que le papa, mais à sa façon.

« -J'approuve ton initiative ! Il est vrai que l'avoir à nos côtés te permettra d'être rassuré ou alors peut-être ai-je fait un lapsus volontaire ! Mais je vais me taire, au risque de me prendre la pente savonneuse dans la tronche ! » C'est sur cette petite note moqueuse que le couple retrouva sa chambre. Tamara ne tergiversa pas davantage et quitta le monde réel pour celui des songes, tandis qu'Haytham s'octroyait quelques minutes supplémentaires auprès d'Eileen qui s'endormit également très vite, loin de toutes les sombres images qui assaillaient déjà l'esprit de son papa qui préférait de ce fait combattre Morphée avec le peu d'armes qu'il avait encore en sa possession. Il fut donc le premier sur le pont lorsque la petite mit un terme à sa petite sieste. Prenant soin de ne pas ébranler la maman qui émergeait peu à peu, le demi-dieu prit soin d'adoucir sa voix tout en gardant Eileen contre lui priant un dieu invisible d'épargner une fois encore ses tympans. Tout en baillant le fils de Mars s'approcha du lit, où il s'assit avec une Eileen déjà affamée dans les bras. « -Elle porte bien son titre n'est-ce pas ? Petite vorace va ! Il n'y a pas à dire, elle tient de sa maman-là, c'est indéniable » Il se rapprocha ensuite de sa bien-aimée, toujours enclin à la bienveillance malgré les petites moqueries d'usages. Il voyait bien qu'elle n'était pas encore totalement sereine lorsqu'elle devait prendre le bébé dans ses bras. De son bras libre, il lui prit une main qu'il plaça sous la tête d'Eileen « -Voilà ! Tu lui maintiens bien la tête. Ne t'inquiète pas, tu t'en sors très bien ma guimauve. Je sais qu'elle paraît si petite, de quoi nourrir tes appréhensions, mais je puis t'assurer qu'elle est solide, ait confiance. Elle tient ça de son papa ! » Il l'accompagna dans le mouvement, toujours le sourire aux lèvres, toujours dans la bienveillance. Haytham s'étonnait lui-même d'avoir une si grande patience. Bien sûres quelques tensions subsistaient encore, mais peinait à exister totalement lorsque le demi-dieu regardait sa fille et celle qui en était à l'origine.

« -J'ai une doléances pour la princesse piranha si elle daigne m'écouter. Pitié épargne quand même un peu les seins de ta maman, j'ai envie de continuer à en profiter moi ! » La petite commença dès lors à se nourrir sous le regard attendri des deux parents qui eux-mêmes se laissaient aller à quelques envies. Tam toujours en mode « vache de traite » s'exprima sans filtre sur ce qui lui ferait plaisir ici et maintenant, en l'occurrence un bon verre. Une petite maladresse dont elle se rendit compte trop tard. Mais plutôt que de dramatiser, Hay préféra s'en amuser. « -Je ne te cache pas que moi j'étais très tenté par un double ice-tea avec deux glaçons, mais effectivement au vu des circonstances, ce n'est pas très recommandé. On va rester sobre hein ? Donc deux décas, rien d'autre ? Profite tant que je suis sur le pont ! » Évidemment que la demoiselle avait faim, son estomac devait sûrement crier famine, à l'inverse des autres organes trop sollicités récemment pour être conciliant. « - Au pire, je vais nous faire un petit truc liquide. Genre une purée d'oréos double chocolats ! Non ok, ce n'est pas ma meilleure idée. » Main sur la bouche, il ne put réprimer un second bâillement, qui trahissait son état de fatigue avancée et décupla de ce fait, l'inquiétude de Tamara, qui se laissa ensuite envahir par une vague d'émotion incontrôlable. « -Hey ! Mon cœur ! » Le papa revint aussi dans le lit pour être au plus près des deux femmes de sa vie. « - Ce n'est pas grave ! J'ai déjà tout occulté de ma mémoire. Seul le présent compte maintenant, le reste n'a plus d'importance. Tu ne m'as pas épargné, c'est vrai, mais je n'ai pas été tendre non plus. Allé, mon amour, on regarde de l'avant. Eileen est là, on est tous les trois, c'est tout ce qui compte. » A son tour, il porta son regard sur le petit piranha qui continuait à engloutir avidement le lait de sa mère. Puis il la regarda, elle la femme de sa vie, son emmerdeuse préférée, celle sans qui rien de tout ça n'aurait été possible.

« -Oui, il faut que le colonel Badass revienne de ses vacances prolongées ! Je crois que ça s'atténue peu à peu, les émotions, le côté fleur bleues, et même la poitrine malheureusement. Chérie, il faut juste que tu reprennes tes marques et te connaissant ça ne devrait pas traîner. » La petite, une nouvelle fois reput, cessa de téter et regarda sa maman. « - C'est à moi de jouer non ? » Tam acquiesça et lui rendit la petite pour qu'elle fasse son rot. Cette fois, le bavoir trouva très vite sa place sur l'épaule de super papa « - C'est vrai qu'au niveau du collectif, on gère la crise tous les deux ! Des générateurs de miracles, la preuve est sous nos yeux. » Il passa sa main dans le dos du petit trésor qu'il caressa tout en la berçant un peu, le rot semblait se faire attendre cette fois, à l'inverse d'un second miracle. En effet, Tamara un peu plus en confiance, se sentait prête à surveiller la petite pendant que son Marsien allait leur récupérer quelques petits trucs à manger. « - Tu veux la surveiller ? Toute seule ? Vraiment ? » Et pour mieux convaincre son chéri, la belle s'installa en tailleur et posa l'oreiller d'Haytham, plus épais, sur ses jambes. « - Je pourrais presque trouver ça ingénieux. Ok, je te laisse la princesse sur le trône alors. Je vais voir ce que je peux trouver de mangeable dans les placards. Vous ne faites pas de bêtises hein. Au pire si je ne reviens pas, je vous autorise à faire la sieste. » Il se pencha et embrassa le sommet du crâne d'Eileen puis les lèvres de Tamara. Le sourire aux lèvres et les cernes un peu plus creusée, il quitta la chambre pour se rendre jusque dans la cuisine. Dehors, il faisait jour et Mr Lignac constatait les premiers dégâts accompagnés par les voisins les plus proches. Enfilant une veste et des baskets, le demi-dieu entreprit de les rejoindre. Une fois à leur hauteur, il salua chacun des hommes présents et s'enquit de la situation visiblement préoccupante.

« -Ca se passe comment du côté de chez vous ? »

« -Pas trop mal. Je crois qu'on a été épargné. Vous aussi à ce que je vois ! » Mr Lignac regarda Haytham, le souvenir de la nuit passée semblait le hanter encore, mais il devait aller de l'avant et l'hypothèse de travaux à venir semblait le ravir.

« -J'ai appris pour vous et votre femme. Mes félicitations ! C'est un petit gars ? »

« -Merci ! Non une petite princesse ! Elle est vorace et nous fait cumuler les autres supplémentaires. »

« -On s'y habitue vous verrez ! »

« -J'espère ! Donc il n'y a pas trop casse ? »

« -Juste la toiture par chez vous et déblayer les arbres qui sont tombés dans votre allée. Je crois aussi que l'électricité est touchée, mais c'est pareil pour tout le monde, personne n'a été épargné. Ça risque de prendre du temps »

« -Je peux m'en occuper. Monsieur Lignac et moi, nous allons gérer ça ! » Il lui fit un clin d'œil. Le français acquiesça dès lors à la grande surprise des autres hommes qu'Haytham rassura aussitôt. « -Ne vous en faites pas messieurs, on gère. Retournez chez vous vous occupez de vos familles, c'est plus important. » Avec le concours de Mr Lignac, Haytham parvint à convaincre les sympathiques voisins de rentrer. « -Si besoin est, on vous appellera promis. Et si à l'inverse, vous avez besoin d'aide, nous sommes là à disposition. » Les hommes rassuraient s'en allèrent donc, laissant le mari de Madame Lignac seul avec Haytham. « -Monsieur Haytham avez-vous dormi ? »

« -Ce qu'il faut pour tenir debout ! Bon, je vais m'occuper de « ma femme » et lui ramener un déca et de quoi grignoter ensuite, je suis à vous. À vu d'œil, j'en ai pour moins d'une heure pour déblayer tous les arbres. On s'occupera ensuite de la toiture ça vous va ? »

« -D'accord, mais ménagez-vous un peu quand même ! »

« -Promis. À tout de suite ! » Sans attendre, le demi-dieu regagna l'intérieur de la demeure et se rua sur les placards de sa réserve personnelle qui par chance, était encore blindée. Il attrapa dès lors un paquet d'oréo double chocolat. Il se rua ensuite vers la cuisine, désertée au vu du manque d'électricité. Il devrait dès lors faire une croix sur le déca. Il opta donc pour de l'ice-tea qui n'avait de « ice » que l'appellation. Il se servit un grand verre qu'il avala d'une traître avant de le remplir à nouveau pour Tamara. Il quitta ensuite son havre de paix, un paquet d'oréos dans une main, un verre de thé « plus » glacé dans l'autre et retrouva les escaliers froids du hall qui le menèrent jusqu'à sa chambre. « -C'est moi, de retour ! Alors, mauvaise nouvelle, plus d'électricité donc je t'ai rapporté un verre de thé. Il est moyennement frais, mais pour me faire pardonner, j'ai pioché dans ma réserve personnelle d'oréo. » [/color]



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COLONEL BADASS
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COLONEL BADASS

MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Jeu 6 Avr - 20:08


When two become three
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22/02/12

Malgré l’épuisement général des deux parents, Haytham avait toujours le petit mot pour rire et taquiner sa chérie, qui ne manquait pas de lui lancer un regard faussement outré.

-J’ai toujours eu beaucoup de classe, ne sois pas jaloux comme ça, ça ne te réussit pas, papa ! ajouta-t-elle avec un clin d’œil.

Tam regardait d’un air attendri son homme parler avec douceur à leur petite princesse. C’était sans doute la chose la plus belle qu’elle ait vu et savait d’ores et déjà qu’elle ne se lasserait jamais de le voir.

-Eh oui, il semblerait que notre « Penseur » national se soit fait remplacer. Mais il est devenu un cuisinier hors pair. Tu te souviens du pain d’épices, Eileen ? On l’avait adoré.

La petite requête de ramener le bébé dans la chambre des parents avait été accepté par l’autre parti, et c’est donc en niant la dernière déclaration d’Haytham sur le besoin d’être rassurée que Tamara ouvrit la marche, non sans avoir pris un bavoir de précaution pour le prochain repas de la petite.

Tamara s’endormit rapidement, totalement lessivée par les dernières heures, sans savoir que son cher demi-dieu résistait vaillamment tout en gardant un œil sur sa petite protégée. Mais le repos fut de trop courte durée et il fallait déjà à nouveau nourrir la princesse piranha. Tam sourit à la remarque du fils de Mars.

-OK, je le concède, le côté vorace, c’est surement moi. Mais promis, je vais me calmer avec la bouffe.

Le nouveau papa continua à rassurer sa chérie quant à la manière de tenir la petite. L’ex agent de terrain ne se sentait absolument pas de la tenir dans ses bras, de peur de mal manipuler sa fille et de lui faire mal. Mais Haytham était là et semblait doué d’une certaine pédagogie que sa chérie ne lui connaissait pas. Ainsi, elle put apprendre un peu comment faire, ce qui la rassura.

-Merci Hay. Je sais que c’est ta fille, monsieur muscles, mais elle reste un bébé, un minuscule bébé qui est sorti du four avant la fin de la cuisson, alors je préfère quand même être prudente.

Son sourire se transforma en une petite moue face à la requête de l’Irlandais à la princesse piranha qui semblait ravie de pouvoir boire son lait.

-Même s’il ne fait aucun doute là-dessus, je préfère largement ta bouche à la sienne dessus, je crois que tu vas devoir patienter un peu pour pouvoir « continuer à en profiter ».

A vrai dire, son expérience de l’accouchement avait un peu refroidi Tam qui préférait se couper un bras que de revivre ça. Sans parler de son état général de fatigue et de faiblesse qui ne lui laissait pas entrevoir le moindre indice sur quand elle se sentirait prête pour de nouvelles aventures charnelles avec l’homme de sa vie.

Toujours aussi soucieux de son bien-être, Haytham demanda à sa chérie ce qu’elle voulait boire. Maladroitement, elle répondit immédiatement une bêtise étant donné le passif du demi-dieu. Voyant qu’il ne le prenait pas mal, elle esquissa un petit sourire, soulagée.

-Excuse-moi. Oui c’est très bien deux décas. Quant à ta purée d’oréos… écoute euh… hésita-t-elle en fronçant le nez. Fais comme tu le sens, surprends-moi.

Repensant à la veille, elle avait tenu à s’excuser auprès de cet homme qu’elle aimait tant pour avoir été aussi désagréable avec lui. Elle se sentait soulagée qu’il accepte ses excuses et lui dise qu’il fallait aller de l’avant, regarder l’avenir et non pas le passé. Elle retrouvait son « Penseur », et sourit.

-Oui, tu as raison mon amour. J’arrête de chouiner. Et toi, tu te reposes après. J’ai bien vu que tu as éludé ma question. T’as pas dormi, je te connais.

Elle le regarda d’un air faussement sévère pour appuyer ses propos avant de le laisser récupérer Eileen pour lui faire faire son petit rot, qui semblait réticent à sortir. Instinctivement, Tam posa sa main délicatement sur le dos de la petite et tapota du bout des doigts pour essayer d’aider Haytham.

Puis, après avoir refermé son peignoir, elle se proposa de garder la princesse piranha le temps de l’aller-retour du papa de l’année. Ce dernier sembla surpris par l’initiative de sa compagne qui le regarda en haussa un sourcil.

-Quoi ? Je peux garder un œil sur elle, elle va se rendormir de toute façon. Maman a dit qu’ils ne faisaient que ça quasiment les premiers jours. Je suis apte à observer un petit piranha endormi, je t’assure.

Après avoir déposé l’oreiller sur ses jambes repliées, formant une sorte de nid pour sa princesse, Tam sourit à son homme qui la déposa avec délicatesse.

-Bien sûr que c’est ingénieux puisque c’est mon idée ! lança-t-elle avec un clin d’œil.

Elle le regarda déposer un baiser sur la tête de leur petite puce qui était si mignonne et à présent si calme. Tam tourna ensuite la tête vers son homme pour l’embrasser avant qu’il ne quitte la pièce et reposa son regard sur Eileen qui semblait l’observer.

-A nous deux, petite grenouille.

La grenouille en question se mit à bailler, ce qui lui fit de nouveau penser à Haytham lorsqu’il baillait aussi.

-Tu as vraiment la même bouille que ton père quand tu bailles. J’espère que tu vas me ressembler un peu, avec le mal que je me suis donné pour que tu sortes.

Tam ne pouvait se retenir de sourire chaque fois qu’elle la regardait. Là, c’était encore le cas. La princesse piranha était redevenue « glamour », sa petite bouille faisait fondre sa maman qui, à l’abri des regards qui pourraient ternir sa réputation, pouvait se permettre de gagatiser.

-Qu’est-ce que tu es canon ! Ton père va flipper quand tu vas grandir, tu vas faire des ravages. J’espère que tu ne seras pas aussi associable que tes parents.

Le regard d’Eileen ne quittait plus celui de sa maman qui restait la plus immobile possible pour ne pas la secouer ou la déranger. Voir ces petits yeux qui la regardaient avec curiosité, et sans pleurer, était une drôle de sensation. Tam avait envie de poser doucement sa main sur elle, mais elle avait toujours peur de la toucher directement au risque de lui faire mal. Pourtant, il fallait qu’elle s’y habitue. Elle décida de poser son index sur le petit pied d’Eileen qui était couvert par son pyjama. D’ailleurs, elle se demanda quand Hay avait été l’acheter celui-là. Un petit pyjama blanc avec un mouton en guise de décoration devant. Voyant que la petite n’avait pas l’air de protester, elle remontra doucement du bout des doigts.

-Tu es mignonne comme tout, princesse Eileen. C’est bien, ne pleure pas, continue comme ça. C’est mieux quand tu ne pleures pas tu sais. Comment tu fais pour avoir une voix pareille ?

A mesure qu’elle parlait, sa main avait atteint le petit ventre de la petite qui ne bronchait pas, continuant à regarder Tamara. Cette dernière se laissait attendrir par le regard de sa petite merveille.

-T’es vraiment trop craquante toi. Tu crains les chatouilles ?

Elle commença à agiter doucement ses doigts sur son ventre. Eileen esquissa un sourire.

-Ah oui ? Là ? Comme ton père. Et par là ?

Tam alla chatouiller doucement le dessous de ses pieds, et la petite essaya d’esquiver en sentant les premières chatouilles, ce qui fit rire sa maman.

-C’est bien, tu as de super réflexes, comme ta maman. Je t’apprendrai le coup de pied retourné avant ta première rentrée. C’est important de se faire respecter à l’école. Mais je crois que niveau coup de pied, tu te défends, pas vrai ? Ne nie pas, j’ai eu un aperçu pendant plusieurs très longues semaines, mademoiselle ! lança-t-elle d’un air faussement sévère avant de lui sourire à nouveau. Bon, tu sais quoi ? Je suis prête à oublier tout ce que tu m’as fait subir si tu oublies que je t’ai appelée « le truc » pendant cinq mois. Marché conclu ? Allez, je prends cette frimousse pour un oui. Check !

En guise de high five, Tam posa son index sur le petit poing d’Eileen qui alors déplia sa main et entoura ses doigts autour de celui de sa mère.

-Eh, qu’est-ce que tu fais ? Tu peux pas t’approprier comme ça toutes les parties de mon corps tu sais ?

En guise de réponse, la princesse piranha bailla avant de fermer les yeux.

-On met sa main devant sa bouche quand on est bien élevée, jeune fille. Eh non attends, ne t’endors pas avec mon doigts dans ta main. T’es sérieuse là ? Eileen…

Trop tard, Eileen était de nouveau gagnée par Morphée, serrant fort dans sa main l’index de sa mère, et suçant son pouce de l’autre main.

-Génial, marmonna Tam. Je vais rester comme ça combien de temps maintenant ?

La jeune maman secoua la tête d’un air faussement désappointé, ne pouvant s’empêcher de sourire en regardant son petit ange s’endormir. De sa main libre, l’ex agent de terrain attrapa un autre oreiller qu’elle essaya tant bien que mal de caler dans son dos, les contorsions lui faisant mal.

-Aïe ! Fais ch…

-Tamara !

-Oui maman ?


Victoria venait de passer le seuil de la porte.

-Ne jure pas comme ça devant ta fille.

-Désolée, mais elle a mon index en otage, elle vient de s’endormir…


Madame Lond, amusée, vint aider sa fille avec l’oreiller, puis s’assit au bord du lit.

-Tu ne dors plus maman ? Quelle heure est-il ?

-Il est huit heures et quart. Et on n’a plus d’électricité. Normalement c’était censé revenir dans la nuit, mais apparemment la tempête a endommagé pas mal de choses. Comment tu te sens ma chérie ?

-Ça va, ne t’inquiète pas.


Le regard des deux Lond se posa sur la petite endormie.

-Elle a la même frimousse que toi quand tu es née.

-C’est vrai ? Alors elle me ressemble un peu ?
demanda Tam avec un grand sourire.

-Oui, c’est tout toi.

Cette nouvelle fit plaisir à la jeune femme qui regarda sa mère, les yeux émerveillés.

-Je t’avais dit que tu changerais d’avis quand elle serait là.

Tam perdit alors un peu son sourire.

-Ça ne veut pas dire que je serai à la hauteur. J’ai la délicatesse d’un bulldozer, j’ai trop peur de lui faire mal.

-Il faudra bien que tu apprennes. Tu comptes la prendre dans tes bras toute seule un jour ?

-A ses dix-huit ans ? Non, franchement maman, si je fais une bêtise, que je la laisse tomber, ou que je lui fais mal, je ne vais pas me le pardonner, et je sais qu’Haytham non plus. Je préfère le laisser faire, il a l’air de beaucoup mieux gérer.


Victoria secoua la tête.

-Je mets ces idioties sur le compte de la fatigue. Il faudra que vous lui donniez un bain aussi.

L’inquiétude gagna d’avantage Tamara.

-Oh mais… et comment on va faire sans électricité ? On n’aura pas d’eau chaude. C’est hors de question de la laver à l’eau froide !

-Pas de panique, je vais demander à Mr Lignac de faire bouillir de l’eau sur le feu de cheminée. J’y vais, à plus tard.


Victoria embrassa sa fille, jeta un dernier regard attendri à sa petite fille et quitta la chambre. Dans l’escalier pour descendre, elle croisa Haytham qui remontait les bras chargés, et lui sourit.

-On ne change pas les bonnes habitudes à ce que je vois.

Sans attendre, elle descendit retrouver le français à l’extérieur. Pendant ce temps, toute l’attention de Tam était focalisée sur sa fille qui dormait profondément, quand soudain Hay arriva.

-Mon sauveur ! murmura-t-elle. Viens trouver un moyen de me libérer dans la réveiller, elle retient mon index en otage, elle veut pas le lâcher cette coquine.

De sa main libre, elle attrapa le verre de thé glacé.

-Oh merci amour. Oui, maman m’a dit pour l’électricité, ça craint

Elle but une grande gorgée avant de poser le verre sur la table de nuit.

-Et ce qui craint encore plus, c’est qu’il va falloir lui donner un bain. T’as lu comment faire ? Parce que là je ne saurais pas t’aider. Maman est partie voir pour qu’on ait de l’eau chaude pour elle. On a un peu de temps pour se préparer psychologiquement à essayer de pas la noyer.

Puis elle le regarda en haussant les sourcils, l’air faussement surpris.

-Waow, j’ai bien, entendu ? Ta réserve perso d’oréo ? Celle pour les coups durs ? Celle où t’as planqué les double crème pour pas que je les pique ? D’ailleurs, je suis au regret de te dire que j’ai toujours su où était ta cachette. Derrière la grosse boîte en fer où Mme Lignac met les cookies qu’elle fait en trop. Je le sais parce qu’un jour que tu voulais pas me faire de cookies, en désespoir de cause, j’ai prié pour qu’il y en ait dans cette boîte… et je suis tombée sur ta réserve… et j’ai bouffé un paquet entier. Franchement, on a du bol qu’Eileen ne soit pas bicolore ! Finalement ton idée de prénom « Oréo » aurait pris tout son sens !

Elle voulut tendre le bras pour récupérer le verre qu’elle avait posé mais grimaça.

-Dis, tu crois que si je prends un antidouleur ça craint pour elle ? Je voudrais pas qu’elle se retrouve avec du lait aromatisé aux médicaments…



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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Sam 8 Avr - 20:02


When two become three
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22/02/12


Il n'y a rien de plus beau que le bonheur. On ne se lasse jamais de le contempler, de le savourer, de se dire sans modération que c'est le nôtre, qu'on l'a mérité plus que quiconque, que c'est notre digne récompense et que rien ni personne ne peut venir l'entacher. Le bonheur, l'on pourrait en parler des heures tellement c'est bon, tellement ça nous apporte et on se fout de l'impression que l'on donne, on se fout de paraître totalement gaga, de perde en crédibilité. Contentons-nous juste de savourer, car le bonheur n'en demeure pas moins…éphémère.

« -Ok je peux te le concéder, mais pour ce qui est de savourer un oréo, j'aurai toujours autant de classe que toi et ça, tu ne peux me l'enlever la massacreuse. » Il est vrai que notre chère Tamara, qui se soustrayait volontairement à « la bonne méthode pour déguster un oréo » n'avait dès lors, aux yeux du Penseur, plus aucune classe. Mais passons, chacun ses défauts, acceptons-les et passons outre le massacre d'une centaine d'oréos et ne jalousons pas « l'aura de badasserie » incontestable de miss Lond dans d'autres domaines. Les deux adultes, nouvellement parents, continuaient malgré les responsabilités qui leur incombait à s'envoyer des piques, à se charrier comme deux adolescents, et ce, malgré les trois décennies écoulées. Après tout, c'est peut-être ça aussi le bonheur, se dire qu'on n'a pas grandi malgré les années passées, que l'on a su conserver le meilleur (enfin presque ça dépend pour qui) de nous. Paradoxalement, l'arrivée « surprise » d'Eileen les affublaient également d'une toute autre « aura » qui compensait l'afflux de « gaminerie »

Ce petit trésor adoucissait de son regard, de son sourire, de sa présence, chaque habitant de cette maison, les rendant un peu plus gaga certes, mais leur faisant oublié, l'espace d'un instant, le plus mauvais. Et il en fallait du positif pour emporter toutes ces images, ces cris, cette désolation et toute cette impuissance. Des souvenirs plus vivaces encore lorsque le sommeil happé le demi-dieu qui luttait à présent de toutes ses forces pour ne plus être (re)confronté à tout ça. L'on parle de traumatisme, d'état de choc chez le commun des mortels, pour le Marsien ce n'est rien de plus qu'une « mauvaise période » quelque chose qu'il préfère oublier. Bien sûr, il se voilait la face, le mal était bien plus conséquent et le traumatisme réel, tellement qu'il en est arrivé à lutter contre le sommeil pour ne pas devoir revivre ça et entendre encore et encore cette terrible réplique émanant le Lyllian « Qui je choisis de sauver ? Elle ou le bébé ? » Une question qui dans l'urgence de la situation, semblait existentielle et dont Tam avait la réponse, délestée de la moindre hésitation. Elle voulait que le bébé soit sauvé au profit de sa propre vie. Quant au Marsien, le choix ne fut pas cornélien pour lui qui avait imposé au boucher-médecin, le sauvetage des deux, car il ne pouvait en être autrement. Et fatalement, si la réflexion se prolongeait, le pauvre Hay en arrivé à se demander ce qui se serait passé si Tamara ne s'en était pas sorti, une interrogation à laquelle il ne préférait répondre. Oui, il était heureux, tellement qu'il s'interdisait de penser à ce genre de choses, même si le spectre de la fatalité semblait le hanter pour encore longtemps.

La nuit défilait difficilement pour les nouveaux parents qui devaient s'adapter au rythme de leur petite. Une difficulté plus accrue pour Tamara qui avait réussi à s'octroyer quelques petites heures de sommeil à l'inverse du demi-dieu qui continuait à veiller sur la petite princesse vorace qui réclamait une fois encore le sein de sa maman. Une demande qui précéda celle d'un Haytham faussement sérieux qui priait sa fille d'épargner les seins de Tamara pour qu'à son tour, il en profite un peu. « -Ma bouche sera attendre…enfin je crois ! » À vrai dire, le demi-dieu n'avait pas compris la subtilité, du moins pas dans l'immédiat. Quelques secondes s'espacèrent avant qu'il ne se rende compte que bien plus que de la poitrine de Tam, c'est son corps tout entier qui ne semblait pas disposer à ce qu'un certain Marsien profite de lui. Et en creusant un peu plus la réflexion tout en posant son regard sur la petite vorace qui tétait encore le sein de sa maman, le demi-dieu entrevit le nœud du problème. Tamara craignait de retomber enceinte et avec toutes les péripéties traversées, le beau brun ne pouvait que comprendre. « -Tam ! On prendra le temps ! » Il posa une main bienveillante et chaleureuse sur sa joue. Oui, il serait patient… Mais… La conjonction ne trouva aucune coordination pour la suivre. Et si ça recommençait et si aucune protection ne suffisait et s'ils devaient pour se faire, mettre un terme à leur libido ?! Non ! Non ! Non ! Hay ne pouvait entrevoir une vie sans étreintes passionnées avec Tamara, sans lui faire l'amour, sans la posséder totalement, sans s'offrir à elle… Une décision devait être prise pour éviter de nouvelles souffrances à Tam, mais plus encore pour préserver leur couple, car en plus de l'absence de sexe, il est évident qu'Haytham ne parviendrait à supporter de nouvelles disputes. Mais pour l'heure, il préféra laisser sa réflexion de côté, car nul doute qu'il y reviendrait sous peu. En attendant, il fallait continuer à jouer le super papa et s'occuper du bien-être de la future maman, qui commit à son tour une maladresse en parlant d'alcool, un sujet qui ne semblait plus atteindre le demi-dieu et dont il en fut le premier surpris.

« -Non, ne t'excuse pas ! En fait, ça va, je crois que je ne ressens plus rien. La preuve, j'arrive à faire de l'humour là-dessus. Peut-être que je suis guéri finalement ! Alors, arrêtez de tous vous prendre la tête avec ça, je pense être capable d'entendre parler alcool. Ça ne va pas me faire replonger, tu sais ! Plus de tabous là-dessus ok ? Et ne te prive plus à cause de moi. » Bon, il avait omis de préciser que la veille, l'envie de quelques verres s'était faite ressentit à plusieurs reprises, mais puisqu'il n'avait pas cédé, il était, selon lui, inutile de revenir sur le sujet. « -Aller, va pour de la purée d'oréos et deux décas ! » La commande prise, il quitta les lieux et migra vers l'étage inférieur, pour ensuite se laisser happé par la curiosité et rejoindre l'extérieur où Mr Lignac conversait avec les voisins les plus proches. Au vu des dégâts, il était difficile d'entrevoir un rapide retour à la normale, mais c'était sans compter sur notre demi-dieu prêt à prendre en charge le déblaiement de l'allée, les réparations de la toiture, tout ça à la grande surprise des voisins qui se demandaient bien comment il allait procéder seul. Mais gentiment congédiés, les deux hommes n'eurent pas le loisir d'éluder la question. Haytham promit quant à lui de retrouver l'époux de la cuisinière après s'être occupé de Tamara et de la petite.

Il retrouva donc sa réserve à oréos, la délesta d'un paquet double chocolat et se rua vers la cuisine pour achever son périple d'écureuil. Et alors qu'il cherchait une solution pour compenser l'absence de déca, son ouïe lui permit de capter une conversation à laquelle il n'était pas convié. La voix de Tamara, plus douce que jamais se fit entendre, elle parlait à Eileen de toute évidence. Le demi-dieu ne put s'empêcher de rire en l'entendant évoqué le futur et le fait que la demoiselle fasse quelques ravages tellement elle était « canon » De toute évidence, Tamara Lond avait-elle aussi succombée à l'effet gaga face à Eileen. Un constat qui surprit le demi-dieu qui n'aurait pas imaginé Tam succomber de la sorte. Elle-même en devenait tellement mignonne, mais plus encore, émouvante pour Haytham rassuré de voir la magie opérée entre la maman et sa fille. Tam s'imaginait déjà lui apprendre le coup de pied retourné pour sa première rentrée, une initiative à l'origine d'un petit fou rire du papa qui continuait à écouter le monologue d'une maman complètement gaga, qui venait de conclure son premier marché avec sa petite princesse, un marché qui semblait lui avoir coûté un doigt. Victoria se mit alors entendre alors que Tamara essayait de se défaire de l'étreinte buccale de sa fille. Haytham posa alors les verres qu'il venait de saisir et s'appuya sur le plan de travail pour mieux écouter la conversation entre les femmes du clan Lond.

Le sourire du demi-dieu s'estompa peu à peu, si l'effet gaga semblait avoir opéré, la confiance de la jeune maman défaillait totalement face à cette petite chose si fragile à ses yeux. Tamara semblait persuader de ne pas être à la hauteur. Comment pouvait-elle encore en douter ? Mâchoire serrée, Hay continua malgré tout à écouter l'échange jusqu'au bout. Puis lorsqu'il entendit Victoria bouger vers la porte, il fit mine de rejoindre les escaliers pour y croiser la mère de Tam ravie de constater que les bonnes vieilles habitudes étaient toujours en vigueur « -Ah bah… Tam a sûrement un petit creux aussi et puisque nous n'avons plus d'électricité et que j'avais un peu la flemme de faire chauffer de l'eau, j'ai opté pour l'ice-tea, le premier truc que j'avais sous la main. » se justifia-t-il. Avec bienveillance, Victoria sourit à celui qui « dans une certaine logique » deviendrait son gendre sous peu, du moins c'est ce qu'elle espérait « presque » secrètement. Haytham lui rendit son sourire, loin de se douter vers quoi convergeaient les pensées de Victoria. Puis il s'approcha lentement de la porte de sa chambre et avant d'entrer, il se permit de laisser traîner une petite oreille, histoire de voir comment se comportait Tamara en son absence.

Puis, il entra l'air de rien, accueillit comme le sauveur. Avec mille et une précautions, le demi-dieu féru d'oréo avança vers le lit. Il déposa ce qu'il avait ramené sur la table de chevet et récupéra la princesse avec une infime précaution. « -Un vrai piranha cette petite ! » Il tourna les talons et rejoignit le berceau pour y déposer la crevette qui dormait encore malgré la séparation. Il posa ensuite une petite couverture pour la couvrir et retourna auprès de Tam qui avait déjà commencé à boire. « -Ce n'est pas joli dehors ! J'ai discuté avec Mr Lignac et les voisins. Il faut déblayer l'allée, plusieurs arbres sont tombés et bloquent la sortie. Ça, je vais m'en occuper ça ne me prendra même pas trente minutes. Après on a quelques soucis avec le toit. Il faut vite régler le problème avant de subir les dégâts d'une infiltration dans les murs. Je vais m'en occuper ça prendra quelques minutes tout au plus. Et pour l'électricité, je pense que nous allons devoir prendre notre mal en patience vu que tout le quartier est touché. » Il revint alors sur ses pas pour récupérer son verre qu'il but d'une traite. Les mains libérées, il en profita pour prendre celles de Tam et s'assit près d'elle. « - Tu m'en veux si tu te dis que j'ai laissé traîner une oreille et que j'ai entendu certaine chose ? » N’attendant pas sa réponse et posant son regard sur le berceau, le demi-dieu enchaîna. « - Pour le bain, je vais m’en occuper, je suis blindé sur le sujet, merci les magazines féminins, mais pour le reste il faut qu’on est une discussion, c’est important. Tam, je t’ai entendu parler à Eileen, tu m’as fait rire, mais tu m’as aussi touché. Moi, je ne doute pas une seule seconde du fait que tu sois à la hauteur. Tu es la femme la plus forte que je connaisse, mais aussi la personne la plus humaine, la plus droite, une magnifique personne dont notre fille pourra, je n’en doute pas, s’inspirer. Et même si vous vous prendrez la tête, parce qu’elle aura nos deux caractères, elle ne pourra t’en vouloir longtemps. Personne ne le peut de toute façon. Donc oui, tu es et tu seras à la hauteur et je t’interdis d’en douter. »

Passé son monologue, il posa une fois encore son regard sur le berceau d'où aucuns cris n'émanaient. Dehors, le soleil commençait à prendre peu à peu ses quartiers. Tam tendit le bras pour attraper à nouveau son verre, mais fut freinée par les douleurs qui elles ne prenaient aucun repos. Le Marsien se fit dès lors le prolongement du bras de sa chérie et récupéra le verre d'ici-tea et le paquet d'oreo. « -Si vraiment tu souffres, prends quelque chose. Je ne pense pas que cela aura une incidence sur le lait. Et puis, je ne veux pas te voir souffrir comme ça mon amour. Bon aller, repose-toi un peu. Moi, je vais aller prêter main forte à Mr Lignac et je reviens après. Je t'aime Tam ! Et tu n'as pas idée à quel point je suis fier de toi ! » Il s'approcha d'elle et l'embrassa avec un infime délicatesse avant d'approfondir progressivement le baiser en prenant grand soin de ne lui faire aucun mal. Mais la passion lui étreignant le bas-ventre, il préféra se défaire doucement « -Bon aller, j'y vais ! Repose-toi un peu d'accords ! » Il déposa un baiser sur son front, lui embrassa la main et quitta le lit « -je vous aimes toutes les deux ! » Le sourire aux lèvres, il quitta les lieux et rejoignit les escaliers qu'il dévala, mais arrivé en bas, il fut pris d'un léger malaise et dû se poser quelques secondes. La fatigue commençait à prendre le dessus, preuve que même un sur-homme ne peut se résoudre à chasser bien longtemps Morphée.



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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Lun 10 Avr - 14:05


When two become three
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22/02/12

Haytham avait toujours le mot pour rire et ne manquait jamais une occasion de rappeler à sa chérie qu’elle n’était qu’une vile massacreuse d’oréo. Mais que voulez-vous, pour elle, il s’agissait d’un biscuit comme un autre, alors elle n’avait jamais compris où se trouvait l’intérêt de dévisser les gâteaux pour manger la crème en premier. Bon, c’était amusant la première fois, surtout en voyant le demi-dieu expliquer tout ça avec une pédagogie qui lui était propre, s’offusquant presque que sa petite amie ait osé ne pas être au fait de cette évidence. En y repensant, un sourire amusé se dessinait sur les lèvres de Tam. Elle le savait, elle n’échapperait pas à ce surnom de « massacreuse », il la suivrait sûrement encore des années durant.

Après seulement une poignée d’heures de sommeil avec la petite dans leur chambre, ce qui était, effectivement, rassurant pour les deux nouveaux parents qu’ils étaient, la princesse vorace avait signalé qu’il était l’heure pour elle d’avoir son deuxième petit déjeuner. En fait, c’était sûrement un hobbit. Tamara se surprit à penser que cette réflexion aurait pu émaner de Marvin. Il serait un parfait parrain. Eileen, quant à elle, tétait tranquillement, toujours aussi vorace et insouciante, tandis que Tam signala à son « Penseur » qu’il devrait patienter un peu… A vrai dire, elle ne savait pas elle-même combien de temps. Ce n’était pas une question de désir, loin de là, mais plutôt une question d’appréhension. Il n’avait pas eu l’air de saisir ce qu’elle voulait dire tout de suite, et la jeune maman ne s’en offusqua pas, portant son attention sur sa fille qui posait ses grand yeux d’une couleur encore indéterminée sur elle. Puis, le fils de Mars percuta, enfin c’est ce qu’elle pensait. Il posa sa main sur sa joue, ce qui la fit fermer les yeux avec un petit sourire triste.

-Je suis désolée… Tu ne m’en voudras pas, hein ?

Bon de toute façon, toute acrobatie était déconseillée avant au moins trois semaines, ce qui lui laissait le temps de trouver une solution. Depuis qu’ils étaient ensemble, ils n’étaient jamais restés aussi longtemps sans faire l’amour. Tam appréhendait déjà la dead line, tout un tas de sentiments contradictoires se bousculaient. Elle se maudissait de n’avoir pas pensé, arrivant l’hôpital, à leur demander de tout lui retirer pendant qu’ils s’affairait à défaire pour refaire les sutures effectuées par Lyllian. Plus d’utérus, plus de grossesse, ça semblait évident. Elle qui avait si peur des hôpitaux et des médecins, aurait-elle le courage d’y retourner un peu plus tard ? Elle souffla pour essayer de penser à autre chose. Ce n’était pas le moment, ils avaient encore un peu de temps.
Malgré tout, l’esprit encore un peu ailleurs, elle n’avait pas fait attention à la réponse qu’elle lui avait apportée et avait évoqué l’idée d’un bon verre d’alcool bien corsé. Réalisant sa bêtise, elle s’était immédiatement excusée, mais Haytham ne s’en était pas offusqué et avait même sorti une petite plaisanterie dont lui seul avait le secret, faisant sourire sa petite amie.

-OK, promis, plus de tabous… Mais je ne vais sûrement pas boire devant toi. Tu sais, ça ne me manque pas tant que ça…

Un petit mensonge pour la bonne cause. Bon, elle n’était pas accro, mais il était vrai qu’un petit cocktail de temps en temps ou un bon verre de blanc n’aurait pas été de refus. Mais elle préférait et de loin siroter un verre de thé glacé avec son cher amour plutôt que de s’envoyer des cocktails toute seule. Elle aurait bien le temps de faire des sorties entre filles avec Maisie un peu plus tard. Là de toute façon, tant qu’elle allaitait sa fille, boire de l’alcool n’était même pas imaginable, même contrainte que pendant la grossesse.
Tel un chevalier-servant, le bel Irlandais se proposa donc très galamment de se charger du petit déjeuner., laissant les deux femmes de sa vie seule à seule.

Là, Tam se livra à une petite conversation avec sa princesse piranha qui la regardait de ses grands yeux pleins de curiosité. La jeune maman était ravie de voir que seule avec elle, sa fille ne pleurait pas. A vrai dire, elle avait appréhendé ce moment, se demandant si elle parviendrait à se faire accepter de cette enfant qu’elle avait tant répété ne pas vouloir. A présent, évidemment, elle regrettait toutes ses anciennes paroles. Elle se sentait si différente depuis qu’Eileen était là, elle avait du mal à le réaliser elle-même. Jamais elle n’aurait cru pouvoir autant déborder d’amour. Et pourtant, son coeur en était gonflé au maximum, entre son homme et sa fille, et sa mère évidemment, Tamara se sentait complètement absorbée par une vague d’amour pour ces personnes qui comptaient tant à ses yeux. Loin de s’imaginer que son cher Haytham écoutait, elle s’amusait à parler à sa fille, qui ne pouvait pas lui répondre mais qui semblait attentive, jusqu’au moment où Morphée s’empara d’elle alors qu’elle venait de saisir l’index de sa mère. Prise d’une petite pointe de panique, l’ancien agent de terrain ne savait comment faire pour se défaire de cette étreinte, les bébés avaient une telle force dans les doigts, et elle avait trop peur de la voir se remettre à hurler si elle forçait. Victoria en profita pour venir voir sa fille et sa petite fille. Puis, après avoir mi-conseillé mi-sermonné la jeune maman, la matriarche Lond descendit, croisant sur son chemin son futur gendre qu’elle salua avec bienveillance, comme toujours.

Lorsqu’Haytham entra dans leur chambre, Tam eut une lueur dans le regard. Lui, il saurait forcément quoi faire pour la libérer. Et c’est ce qu’il fit, il prit avec précaution leur petit trésor pour la remettre dans son berceau. Elle en profita, avant même qu’il n’ait récupéré Eileen d’ailleurs, pour prendre le verre de thé glacé plus trop glacé qu’il lui avait rapporté pour en boire une grande gorgée. Cela ne valait pas un bon café bien chaud, mais c’était mieux que rien, et elle s’était assez plainte jusqu’à présent. Hay revint et en profita pour faire un point d’actualité sur les dégâts extérieurs. A vrai dire, Tamara n’y avait plus pensé, aux ravages de cette tempête. Il faut dire qu’avec tout ce qui s’était enchaîné, la priorité et les esprits avaient été accaparés ailleurs. Ainsi, un chêne était tombé, obstruant partiellement la route. Tam se souvint que l’ambulance qui les avait récupérés avait dû contourner quelque chose.

-Oh merde, j’aimerais tellement pouvoir aider aussi.

Elle se sentait impuissante, elle n’avait le droit de rien faire hormis faire quelques pas, mais tout effort physique était forcément déconseillé pendant au moins deux semaines, et ça l’ennuyait assez de laisser Haytham tout faire tout seul.

-Oh ma Guimauve, économise tes forces, tu es épuisé, je ne veux pas que tu risques de te faire mal. Fais une petite sieste avant d’y aller. Et le toit euh… je suis pas très chaude à l’idée de te laisser y monter. Et si tu tombes ? Tu veux pas plutôt laisser faire ceux qui sont habilités ? Je sais que tu veux te rendre utile, et c’est tout à ton honneur, mais maintenant tu as un bébé, alors prendre des risques comme ça, c’est… pas une bonne idée.

Une fois de retour près d’elle, le demi-dieu confessa qu’il avait un peu laissé traîner ses oreilles. Tam le fusilla du regard.

-Je déteste quand tu fais ça ! On t’a jamais parlé de la notion d’intimité ? Je peux même plus discuter avec ma fille ou ma mère sans que tu n’écoutes ? Merci pour la confiance !

Elle croisa les bras d’un air bougon, le laissant continuer. Il promettait assurer pour le bain, et la petite brune avait hâte de voir ça. Elle le laissa continuer, les bras toujours croisés, partagée entre un sentiment de colère et une certain émotivité. Comme toujours, il savait trouver les mots pour la toucher. Comment pouvait-il avoir autant confiance en elle alors qu’elle-même n’y arrivait pas ? Du moins pour ce qui concernait le fait de s’occuper d’Eileen. Pour le reste, Tamara savait ce qu’elle valait, mais l’idée de devoir prendre soin de sa fille toute seule l’effrayait au plus haut point, ne sachant pas comment s’y prendre.

-Arrête. C’est adorable, ce que tu dis, comme toujours, mais c’est tes sentiments qui parlent, pas ton objectivité. Ne sois pas si persuadé que j’assurerai, je suis loin d’être aussi parée que toi. Ce n’est pas en te convainquant toi-même que ça va marcher, tu sais pourquoi ? Parce que si je fais une connerie, tu seras déçu. Et ça, tu vois, je ne pourrai pas le supporter. Je ne veux pas te décevoir, je ne pourrai pas assumer de voir la moindre once de déception dans ton regard. Alors ne t’attends pas à ce que je sache tout faire, attends-toi plutôt à ce que je sois à chier, comme ça, tu ne pourras qu’avoir de bonnes surprises si par miracle j’arrive à quelque chose.

Tam avait toujours eu tendance à être dure avec elle-même, pour atteindre le meilleur niveau de ce qu’elle entreprenait. Mais là, c’était différent, ce n’était pas seulement d’elle dont il était question. Il s’agissait sa fille, sa chair et son sang, une petite vie fragile qu’elle ne voulait pas prendre le risque d’abîmer ou de blesser. Ce n’était pas un jouet, elle ne pouvait pas se permettre de tenter une expérience et de la rater, surtout tant qu’elle était aussi petite. Elle soupira avant de reprendre une grande inspiration et tourna la tête vers Haytham.

-Merci Hay. Je suis désolée. Je vais faire des efforts, je te le promets.

Elle posa sa tête contre son épaule, axant son regard sur le berceau qui était au pied du lit. C’était reposant quand Eileen dormait.

-Hay… Tu vas me promettre dès maintenant que tu vas arrêter d’écouter quand je parle avec d’autres personnes. C’est frustrant, j’ai l’impression d’être trahie, je déteste ça. Tu es la seule personne en qui j’aie une confiance aveugle, je n’ai pas envie de me mettre à douter de toi. Tu peux respecter ça ? Ne m’oblige pas à t’acheter des boules Quiès, OK ?

Elle plaisantait, mais à moitié. Ça avait le don de la mettre en rogne. Peut-être qu’elle avait envie de se confier à sa mère, peut-être qu’elle ne voulait pas tout lui dire, il n’avait pas à empiéter sur ça.
Le fils de Mars semblait dire que prendre des anti-douleurs ne risquait pas de shooter Eileen, mais Tamara avait comme un doute. Elle préféra attendre un peu. Elle avait déjà tant pris de médoc suite à toutes ses anciennes blessures et fractures contractées lors des missions de terrain, que désormais, même les médicaments les plus forts mettaient du temps à agir. Alors un petit doliprane ne serait sûrement pas très efficace, alors autant ne rien prendre.

-Mouais… je vais attendre pour voir si ça passe.

Elle se rallongea délicatement tandis que son petit ami vint l’embrasser. Elle glissa sa main dans ses cheveux, prolongeant un peu ce baiser. Mais il se détacha d’elle un peu rapidement. Il semblait pressé de vouloir aider Mr Lignac, ce qui ne plaisait pas à Tam, étant donné l’état de fatigue du fils de Mars.

-Tu me promets de faire attention, s’il te plaît ? Ne joue pas les héros, d’accord ? Je ne veux pas que tu te blesses. Si tu ne finis pas aujourd’hui, ce n’est pas grave, tu finiras demain. Je veux que tu te reposes.

Evidemment, égal à lui-même, le « Penseur » qui avait décidé qu’il irait, quitta la chambre non sans avoir encore une fois déclaré son amour pour sa chérie et pour sa fille.

-Nous aussi on t’aime, mon amour. Sois prudent, je t’en prie…

Il avait quitté la pièce, et Tam, de nouveau sur le dos, scruta le plafond désormais éclairé par les premiers rayons de l’astre. Elle, n’étant pas pourvu de l’ouïe fine du fils de Mars, ne put savoir qu’une fois en bas des escaliers, il fut victime de sa fatigue. Malgré la sienne, l’ex agent de terrain ne parvint à s’endormir. Les paroles de son petit ami résonnaient dans sa tête. Il était fier d’elle. Pourtant, elle n’avait rien fait. Rien du tout. Il disait qu’elle était forte, qu’elle était à la hauteur. Mais comment pouvait-il en être aussi sûr ? Il était aveuglé par l’amour, l’euphorie d’être père ou quelque chose, mais il était clair qu’il n’était pas objectif. C’était évident pour Tamara. Elle fixa le plafond encore quelques instant, soupirant à plusieurs reprises, avant de finalement se laisser happer par le sommeil.

Pendant ce temps, Victoria qui était en bas, accourut vers Haytham en le voyant quelque peu déséquilibré. Elle se précipita pour venir le soutenir et l’inciter à s’asseoir au salon.

-Haytham, mon petit chéri, est-ce que tout va bien ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

La nouvelle grand-mère posa une main douce et affectueuse sur la joue de son gendre.

-Il faut te reposer, mon grand, tu es épuisée, ça se voit. Pourquoi es-tu encore debout ? Monte dormir un peu, fais-moi plaisir. Je ne peux pas accepter de voir ainsi dépérir. Tu dois prendre soin de toi. Elles ont besoin de toi, toutes les deux.

Son regard bienveillant posé sur lui, Mme Lond espérait lui faire entendre raison.

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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Mer 12 Avr - 12:52


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22/02/12


« Il était une foi [...] et ils vécurent heureux », sont des contes de fées et... les contes de fées ne deviennent pas réalité. La réalité est plus houleuse, plus sombre, plus effrayante. Mais la réalité c’est tellement plus intéressant que de vivre heureux jusqu’à la fin de ces jours.

Haytham posa un regard plein d'amour sur Tamara. Ensemble toujours, même dans l'adversité, dans le malheur, dans les épreuves que le commun des mortels pourraient qualifier d'insurmontables. Leur histoire avait commencé comme un conte de fées, mais la brutale séparation imposée par la mort, mit un terme à ces espoirs. Jusqu'à ce que le Destin, avide de plus de rebondissements dans cette histoire sans fin, permette à ces deux âmes brisées, mais au combien semblables, de se retrouver, offrant une seconde chance à leur « il était une fois » et les rapprochant un peu plus du « ils vécurent heureux » avec l'arrivée surprise de ce petit bonheur vorace. Une arrivée qui aurait pu signer le départ de la maman tant les conditions étaient mauvaises. Mais ne vous y tromper pas, l'arrivée d'Eileen dans leur vie est et demeura pendant longtemps encore l'une des plus belles choses qui leur soient arrivées, mais le fait d'avoir accosté la mort d'aussi près, remettait en question bien des choses. Ça conjugué à la souffrance de Tamara, a tous ces mois de tensions, de disputes inutiles. Il est évident que la demoiselle ne voulait pas revivre tout ça, le demi-dieu aussi.

« -Ne t'excuse pas Tam ! On va attendre, je serais être patient, tu en vaux très largement le coup » Oui, voilà sors tes belles paroles Hay, tente de te rassurer toi-même pour te défaire de l'hypothèse que plus rien ne soit comme avant. Que cette magie, cette passion, ce feu incandescent se soit éteint ! Seriez-vous encore capable d'y arriver avec la crainte de devoir revivre le même enfer avant d'atteindre non sans mal les portes du paradis. Des mesures devaient être prises et au vu de tout ce que Tamara avait eu à supporter, le demi-dieu se devait de prendre les bonnes décisions à venir. Mais comment procéder lorsque le seul moyen de protection, n'est pas viable ? Sommes-nous bien en train de parler de contraception ? Oui, de toute évidence, ce sujet semblait hanter les pensées de notre demi-dieu, qui bien plus que par l'envie de reprendre les acrobaties, songeait avant tout au bien-être de Tamara. « -On trouvera une solution hein ? Comme toujours ! » A son tour, il souffla pour chasser le premise d'une solution, disons-le radicale, mais efficace.

Et celui qui a dit « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » mériterait un bon coup de pied au cul.

Haytham, toujours plein d'attention malgré la grosse fatigue, de plus en plus difficile à amoindrir, quitta la chambre pour rapporter une collation à Tam. Cette entreprise était aussi un prétexte pour que la jeune maman se retrouve un peu seule avec sa fille et voit par elle-même qu'elle pouvait très bien s'en sortir. Oui Haytham avait bon espoir, ou peut-être était-il un peu trop naïf. Plusieurs minutes s'écoulèrent, assez pour récolter de quoi se sustenter et aller à la rencontre de Mr Lignac et des voisins pour mieux appréhender l'ampleur des dégâts. Et l'on peut dire que cette tempête n'avait épargné personne, encore moins les arbres de l'allée empêchant ainsi les véhicules de migrer vers un ailleurs un peu moins hostiles. Bien qu'il soit difficile d'imaginer qu'il subsiste un ailleurs moins hostile dans le coin. Haytham voulant toujours bien faire se proposa tout naturellement pour déblayer le terrain au grand étonnement des voisins qu'il invita à rentrer chez eux pour s'occuper des leurs. Mr Lignac lui, ne doutait pas des talents du jeune protégé de son épouse, de ce fait, il savait que d'ici quelques minutes la voie ne serait plus obstruée par les quelques arbres tombaient la veille. Une chance d'avoir un fils de mars pourvu d'une force herculéenne me diriez-vous. Passait la promesse de revenir, le demi-dieu retrouva, après avoir laissé trainer une oreille indiscrète, sa chambre pour sauver sa belle demoiselle de la bouche vorace de la petite princesse piranha qui retrouva dès lors son berceau sans émettre la moindre objection. Le demi-dieu retrouva ensuite son humaine après lui avoir servi un verre de thé glacé, pas si frais que ça, mais encore buvable malgré tout. D'ailleurs, il s'en servit un également et se l'enfila d'une traite pour étancher une soif de toute évidence pensante. Et puisqu'il devait repartir sous peu, il fit un debrief de la situation loin d'être au beau fixe à l'extérieur.

« -Je sais que tu aimerais te rendre utile, mais en de telles circonstances tu ne peux te prémunir de ton aura de badasserie. Ne t'en fais pas, je vais gérer, ce n'est que quelques arbres à déplacer et un petit tour sur le toit. Rien de méchant ! » disait-il sans se rendre compte que son état de fatigue avancée constituait un véritable danger. « -Je vais bien ne t'en fais pas. J'ai économisé mes forces. Et puis ça peut être fait rapidement, donc profitons en. Après l'on pourra bouger plus facilement, aller en ville, faire quelques courses si possibles. Je vais faire attention, je te le promets, mais je dois aider un peu. Je ne veux pas rester cloué au lit et puis Mr Lignac n'y arrivera jamais seul et encore moins avec les deux voisins, forts sympathiques certes, mais pas très utiles pour le coup. » Passé la revue de l'actualité et des projets en cours, le Marsien s'en alla retrouver sa belle en se rapprochant du lit. Il lui prit ensuite les mains et la regarda droit dans les yeux. Une attitude qu'il arborait en général lorsqu'il avait quelque chose d'important à faire entendre. Et il introduit son propos avec le coup de l'oreille indiscrète, une initiative qui au vu du regard de la tornade brune adepte du massacre d'oréo, semblait déplaire. « -Tam, je suis désolé, ce n'était pas volontaire, je t'assure. Ne le prends pas mal comme ça, s'il te plaît. Et puis ce n'est pas une question de manque de confiance. On ne va pas se disputer pour ça hein ? Promis, je ne le referais plus, si ça peut te faire plaisir. Mais je pense que là, on doit parler. » Poursuivant sur sa lancée et offrant ce qui lui semblait être un beau monologue qui en plus d'être sincère, lui semblait utile pour apaiser les craintes de la nouvelle maman. Mais ça, c'était avant qu'elle ne prenne la parole pour le contrer dans son argumentation. Les bras croisés et l'air bougon de la demoiselle qui se décrispa peu à peu ne laissant malgré tout que peu de place à la sortie de crise immédiate au grand dam de l'intéresser qui cessa de ramer pour entendre ce qu'elle avait à lui dire et ça risque, à coup sûr, de faire un peu mal.

« - Tam s'il te plaît… » commença-t-il en soupirant déjà. « - Pourquoi faut-il que les gens doutent de notre objectivité lorsqu'il est question d'amour ? Donc sous prétexte que j'ai des sentiments pour toi, que je t'aime, je ne peux être objectif dans mes propos ? C'est ça l'idée ?! Tu sais la perfection ça n'existe pas, personne ne peut l'être même si certain, nous font croire le contraire. Je ne suis pas parfait, durant des mois, je me suis contenté de lire des magazines parce que je flippais et que je flippe encore plus maintenant. Et comment peux-tu croire que tu me décevras ? Je ne t'ai pas placé sur un piédestal, je me suis juste contenté de te dire, que je crois en toi, que comme j'ai la prétention de voir ce qui se cache derrière l'agent Lond, je peux dès lors affirmer que cette femme qui joue les gros durs, sera, je n'en doute pas, une super maman. Et tant pis si tu en doute, moi, j'y crois pour deux. Bien sûr, je ne suis pas naïf, contrairement à ce que l'on pourrait croire, je sais qu'on va faire des conneries, qu'il nous faudra du temps pour prétendre être des supers parents, peut-être mêmes qu'on ne le prétendra jamais. Je sais qu'on sera à chier, aussi bien toi que moi, mais j'ai bon espoir parce qu'on est ensemble et que notre duo, il tient le rôle plus que les autres. Alors continue de te dévaloriser si tu veux, moi, je continuerais à nous « mélioratiser » Et une fois le soliloque terminé, il se tue conscient qu'il en avait trop dit et qu'il devait dès lors se taire un peu. Tam en profita alors pour reprendre la parole ce qui calma instantanément les grandes envolées lyriques de son Marsien. « -C'est moi qui suis désolé. Peut-être que j'idéalise trop la chose ! Sûrement même. »

Le regard braqué sur le berceau, les deux parents ne purent que constater à quel point la présence du petit bout de chou était apaisant pour l'un comme pour l'autre. Et alors que le calme revenait dans la pièce, Tamara, dans un murmure, fit promettre à Haytham d'arrêter d'écouter aux portes la suite de la réplique déplue « légèrement » à l'Irlandais qui se redressa « -Mais je ne te trahit pas, où est-ce que tu vas chercher ça. C'est juste, parfois, de la maladresse. Il ne faut pas croire que je contrôle tout, je suis humain avant tout. Enfin bref, j'ai compris la leçon, nul besoin d'épiloguer là-dessus. Je ne te trahirais plus à l'avenir. Contente ? » Ah oui, précisons que notre demi-dieu lorsqu'il est fatigué est disons-le un peu soupe au lait. « -Pardon, je suis désolé, c'est sortit tout seul. Bon aller, on oublie. Je vais aller te chercher de l'aspirine d'accord ? Après j'irai prêter un peu main forte dehors et je reviendrais. » Il tenta un petit sourire, un petit baiser, lui fit savoir qu'il l'aimait et « - Je ferais attention, je te le promets. Ne t'inquiète pas ok ? » Et il s'en alla sans rien ajouter de plus, bien décidé à faire tout ce qu'il avait de faire. Mais trop de certitude mène à l'incertitude. En quittant la chambre et en descendant les escaliers, les jambes du Marsien commencèrent à lui faire entendre une faiblesse de plus en plus difficile à nier. Victoria qui passait par là ne put quant à elle se résoudre à ne rien voir. Elle se précipita dès lors vers son gendre qui ne pouvant plus se résoudre à tenir debout, dû s'asseoir.

« -Ca va aller c’est rien, juste un petit moment de faiblesse ! »

« -As-tu dormi depuis le retour ? »

« -Oui, bien sûr ! »

« -Haytham ! »

« -Non, pas vraiment ! »

« -Alors tu remontes maintenant et pas de « mais » Tu comptais faire quoi d’ailleurs ? »

« -Aider Mr Lignac à déblayer l’allée et m’occuper de la toiture »

« -Ca c'est hors de question, encore moins dans ton état. Aller, tu remontes ! » Le demi-dieu qui n’avait d’autre choix que de coopérer, refit le chemin inverse et retrouva sa chambre. Tamara s’était rendormie, la chanceuse. Il se défit de ses chaussures, retira son haut et s’allongea sur le lit où le sommeil l'emporta aussitôt vers de paisibles contrées.



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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Dim 16 Avr - 22:31


When two become three
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22/02/12

« On est une famille, ça y est… comme dans les histoires pour gosses, le papa, la maman et le bébé. Je n’en revenais toujours pas, et pourtant, paradoxalement, c’était un peu comme une évidence, un peu comme si je n’aurais jamais pu vivre autrement, alors que je l’avais fait pendant près de quatre décennies. Haytham n’avait pas tort quand il disait qu’Eileen était un miracle. Un vrai petit miracle d’amour qui me faisait désormais entrevoir la vie différemment… »

Oui, Tamara Lond avait bien changé, elle avait radicalement revu ses positions depuis maintenant vingt-quatre heures. Ce petit être dont elle ne voulait absolument pas entendre parler alors même qu’il grandissait dans son ventre, ce « truc », à présent devenu « la princesse piranha », elle se sentait prête à l’impossible pour que sa vie soit belle.

En parlant de belle vie, Tam ne voulait pas pourrir celle de son amoureux en le privant d’ébats passionnés et torrides, seulement après la naissance chaotique de leur fille, sans parler des mois infernaux qu’elle avait passé malgré la précaution de l’implant, la jeune maman avait terriblement peur que l’histoire ne se répète. Pour le moment, le traumatisme était plus fort que tout. Néanmoins, elle ne voulait en aucun cas frustrer son « Penseur » qu’elle aimait de tout son cœur. Il lui faudrait cogiter pour trouver une solution. Hay la rassura en assurant qu’il saurait être patient, ce à quoi elle répondit par un sourire. Il avait raison, ensemble, ils trouvaient toujours une solution à tout.

Une petite descente dans la cuisine pour le fils de Mars avait permis à l’ex agent de terrain d’avoir une conversation à sens unique avec sa petite merveille qui, même si elle ne répondait pas, semblait très attentive au son de sa voix. Puis, Victoria était venue vérifier que tout allait bien avant de s’éclipser au profit du retour du demi-dieu, avec un petit déjeuner de fortune mais salvateur tout de même. Après avoir parlé des dégâts infligés par la tempête à leur quartier, il tenta de minimiser la masse de travail en prétextant que ce n’était pas grand-chose. Malgré tout, Tamara s’inquiétait. Il était fatigué, elle le voyait, et comme toujours, il voulait jouer les héros. Elle se sentait si impuissante à être clouée au lit, incapable de lui venir en aide, qu’elle en culpabilisait. La jolie brune soupira, forcée de laisser son idée au « Penseur ».

-OK… se contenta-t-elle, visiblement peu convaincue.

Elle était une mère, à présent, et son seuil d’inquiétude avait au moins quadruplé. Inquiétude qui laissa soudain place à un sentiment de colère et de frustration. Il avait recommencé, il avait encore laissé trainer ses foutues oreilles. Bras croisés et mine boudeuse, Tamara fit savoir son mécontentement au marsien qui essaya de se rattraper.

-Tu fais chier ! chuchota-t-elle avant d’ensuite reprendre sur un ton normal. C’est pas la première fois, tu sais que je déteste ça. Mets-toi à ma place, ça te plairait que je fasse pareil ? Ou que je lise dans tes pensées ? Comment tu te sentirais ?

Non, vraiment, ça ne lui plaisait pas du tout. A son tour, elle soupira et souffla, mais l’écouta jusqu’au bout. Il était gentil, comme toujours, il essayait de la rassurer avec ses mots, mais là, c’était trop. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle prit une grande inspiration, tâchant d’étouffer un sanglot.

-Tu te dis pas que parfois, j’ai besoin de me débrouiller toute seule avec mes doutes, d’apprendre toute seule à trouver les solutions ? Tu te dis pas que si j’ai envie que tu saches quelques chose, je suis assez grande pour te le dire ? On ne se dispute pas, ce qui se passe c’est que tu prends mal que je te dise quelque chose qui ne te convient pas, tout comme ça ne me convient pas de savoir que tu continues à laisser trainer tes oreilles. T’arrêtes pas de dire que tu es humain, eh ben première nouvelle : les humains, quand ils veulent qu’on leur fasse confiance, ils n’écoutent pas aux portes.

L’un comme l’autre, ébranlés par la fatigue et les derniers événements, avaient un peu de mal à garder leur calme. A son tour, Tamara réalisa qu’elle s’emportait.

-Pardon, ne te vexe pas, c’était pas méchant… Je t’aime ma Guimauve. Plus que tout.

Après un dernier petit bisou, elle dut se résoudre à le laisser repartir. Quand il avait une idée en tête… Il était si généreux, il voulait s’occuper de tout tout seul, et la petite brune s’inquiétait beaucoup des risques qu’il allait prendre, et c’est bien ce qui l’empêcha, outre la douleur, de s’endormir tout de suite. Mais l’épuisement finit par faire valoir ses droits et finalement, elle sombra. A tel point qu’elle ne le sentit pas regagner le lit moins d’une dizaine de minutes après.
Le début d’un cauchemar obligea Tam à se réveiller. Elle avait surement dormi deux bonnes heures au moins et fut surprise de voir son homme endormi à côté d’elle. Elle se tourna vers lui non sans grimacer à cause des points qui tiraient et lui faisaient mal à chaque mouvement. Il dormait si bien, sans doute qu’il en avait besoin tout autant qu’elle, et la jeune maman ne put réprimer un sourire à le voir si paisible. Enfin il se reposait, ce n’était pas trop tôt ! Il était torse nu, sur le lit, dans cette chambre délestée du moindre chauffage en plein hiver à cause de la panne de courant. Sans attendre et aussi délicatement que possible, elle se retourna dans l’autre sens pour descendre du lit. Elle avait l’impression que cette action lui avait pris un temps incalculable tant elle faisait son possible pour ne pas faire de bruit, ne pas faire bouger le lit, ne pas se faire mal… trop de précautions pour que ça aille vite. Enfin sur ses pieds avec un soupir silencieux de soulagement, elle se pencha pour couvrir avec son côté de couverture le corps du demi-dieu. Hors de question qu’il prenne froid.

Puis, elle tourna la tête vers le berceau et s’approcha lentement, à pas de loup, pour aller voir l’état de son petit trésor. A sa grande surprise, Eileen, emmitouflée dans ses couvertures, ouvrit les yeux alors que sa maman se penchait pour la regarder. Immédiatement, un sourire se dessina sur les lèvres de Tam, et comme si la petite pouvait comprendre, elle lui fit signe de ne pas faire de bruit en mettant son index devant sa bouche. Elle jeta un œil au fils de Mars toujours endormi. Il avait cruellement besoin de repos, et Eileen éveillée, il ne fallait pas qu’elle se mette à hurler, sans quoi le pauvre papa se réveillerait sans pouvoir se reposer. L’esprit de la brunette se mit à tourner à toute vitesse, il fallait trouver une solution pour ne pas réveiller Haytham. Hors de question de porter Eileen, elle avait bien trop peur de lui faire mal, de mal la tenir, et de se faire mal à elle aussi d’ailleurs avec ses sutures. Soudain, elle se rappela avec une joie certaine que le berceau ici présent était pourvu de roulettes. Quelle merveilleuse invention que ce truc-là ! Hay avait été inspiré en le choisissant. Elle déverrouilla le petit loquet et fit rouler le berceau hors de la chambre, aussi vite que sa condition le lui permettait, puis ferma précautionneusement la porte pour faire une barrière supplémentaire au bruit. Ensuite, elle avança dans le couloir, essayant d’aller le plus loin possible. Elle se retrouva tout au bout, face à une fenêtre depuis laquelle elle put voir un aperçu des dégâts à l’extérieur. Elle secoua la tête, dépitée de voir l’état du terrain de ses jeux d’enfants avec son Irlandais d’amour. D’ailleurs, ce dernier avait sans doute renoncé à son plan d’action étant donné qu’un énorme chêne était toujours en travers de l’allée principale. Puis, rajustant son peignoir, elle s’assit doucement sur le petit rebord devant la fenêtre, regardant Eileen.

-Comment je vais faire ?
marmonna-t-elle avant de se mordiller la lèvre inférieure, cherchant une solution à son problème.

Eileen, quant à elle, commençait à se frotter les yeux et à bouger ses petits bras dans des gestes lents et pas très coordonnés.

-Attends, attends, ne t’énerve pas, chuchota la jeune maman en posant avec mille précaution sa main sur le petit corps de sa fille.

La petite commençait à grimacer, signe qu’elle allait bientôt se mettre à pleurer. Le cœur de Tamara commençait à s’emballer. Il ne fallait pas qu’elle pleure, sinon Haytham ne pourrait pas se reposer. Et il était hors de question qu’elle le laisse aller se prêter à des activités dangereuses dans un état de fatigue avancé. Regardant sa princesse piranha, complètement démunie, Tamara retint sa respiration, les mains tremblantes à la simple idée de ce qu’elle allait faire.

J’ai flingué des demi-dieux, des créatures terrifiantes comme des manticores, des gorgones, des empouses… J’ai tenu une bombe dans mes mains… Je suis forcément capable de tenir un bébé, je peux faire attention et ne pas lui faire mal…

Soufflant doucement, elle glissa ses mains sous le petit corps d’Eileen, faisant passer ses doigts sous sa tête et ses pouces devant son corps, sous ses aisselles. En y réfléchissant, c’était bien plus terrifiant pour elle que tout ce qu’elle avait énuméré. Puis, prenant sou courage à deux mains, elle procéda à l’étage qui l’effrayait le plus : la soulever. Aussi délicatement que possible, elle mobilisa la force dans ses bras pour l’amener contre elle. Ses doigts tremblaient, et finalement, elle parvint à poser doucement son petit trésor contre elle. Là, elle reprit son souffle, qu’elle avait retenu jusque là. A présent une main dans le dos de la petite, ses doigts retenant sa petite tête, et l’autre sous ses fesses, Tam se laissa gagné par le soulagement de ne pas l’avoir brisée en deux. Un sourire se dessina à nouveau sur ses lèvres.

-On a réussi, princesse. Ça va ?

Sa petite bouche essayait déjà d’attraper le peignoir de sa maman.

-T’es vraiment la reine des morfales toi ! lança-t-elle avec un petit rire silencieux. Je comprends mieux pourquoi j’ai eu des punitions de la part de ton père, j’avais raison de t’accuser pour le pain d’épice.

Sans attendre, elle s’adossa contre la tranche de mur, de profil par rapport à la vitre, et ouvrit son peignoir pour laisser Eileen téter. C’était toujours aussi bizarre, mais elle commençait à s’y faire. De toute façon, elle n’avait pas le choix, et voir la petite mine si satisfaite de son petit trésor, ça n’avait pas de prix. Tam entendit alors le plancher de l’escalier grincer. C’était Victoria qui remontait. La voyant au bout du couloir, Mme Lond s’étonna et s’approcha.

-Qu’est-ce que tu fais là, ma chérie.
-Je me suis éloignée de la chambre pour ne pas qu’elle réveille Haytham.
-Et tu l’as prise toute seule ?! Félicitations, tu vois, je t’avais dit que tu y arriverais.

Sourire aux lèvres, elle reporta son attention sur sa fille. Une victoire à la fois. Tamara savait que si elle avait réussi une fois, elle réussirait sans doute encore, même si l’idée de prendre des risques sur sa fille lui déplaisait fortement.

-Merci maman. Je ne sais pas ce qu’on aurait fait sans toi. Tu es très certainement la meilleure grand-mère que la terre ait portée.

Victoria, touchée, contourna le berceau et s’assit de l’autre côté de la fenêtre.

-Je suis fière de toi, Tamara.



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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Mar 18 Avr - 21:27


When two become three
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22/02/12

« Je n'aurai pas imaginé ressentir autant d'émotions pour une si petite chose, ni recouvrir la raison pour que les yeux de cette petite opale continuent à briller lorsqu'ils se posent sur moi. Ce n'est pas pour flatter mon égo que j'espère cela. Non, juste pour me dire que je peux encore être un héros aux yeux d'une personne aussi petite soit-elle. Mais j'ai conscience que si je veux voir perdurer ce statut il me faudra faire des efforts, mais plus encore me préserver et arrêter de jouer les têtes-brûlées. Je ne suis plus seul à présent, nous sommes une famille et dès lors, je me dois d'avoir la tête sur les épaules et de ne plus penser que pour moi, mais pour « nous »


Le retour à la chambre ne se fit pas sans quelques étincelles malgré les oréos puisaient dans une réserve personnelle qui n'aura plus lieux d'être d'ici quelques heures. Haytham avait encore laissé traîner une paire d'oreilles indiscrètes et le coup de « je ne contrôle rien » n'était quant à lui plus d'actualité. Il devait l'accepter, ce procédé « intrusif » pourrait à long terme menaçait son couple. Bien sûr, pour lui c'était naturel d'agir de la sorte et cela ne traduisait pas un manque de confiance bien au contraire, mais n'étant pourvue de ce genre de facultés, Tamara percevait les choses différemment. Notre demi-dieu essaya donc, après coup de se rattraper à sa façon, mais le mal avait été fait et il était difficile pour la jolie brune de passer outre cet affront. La fatigue omnisciente ne rendait pas l'échange facile et délestée nos interlocuteurs de la moindre pincette. Ils parlaient sans filtre et c'est Tamara la première qui lança les hostilités suivi de près par le fils de Mars « -Je te fais chier ? » Oui, bien-sûr qu'il faisait chier à laisser sa super ouïe capter la moindre des conversations de cette demeure, il le savait, mais ne se rendait pas compte, du moins pas totalement, du malaise engendré par cette attitude et même si sa fierté mal placée de mâle alpha lui crier de passer outre « ce détail » le chef de famille qu'il était à présent ne pouvait souscrire à une telle immaturité.

« -Pardon ! Excuse-moi encore ! » Vaincu, il consentit à avouer son erreur et délesta la fierté du mâle alpha pour le médiateur bien décidé à prolonger l'accalmie rendue un peu plus périlleuse par les larmes menaçant de se déverser sur les joues de Tamara. Une fois encore, la fatigue vile traîtresse, jouait avec les nerfs de nos protagonistes quelque peu désarmés et à fleur de peau. « -Et toi tu ne te dis pas que parfois, si j'agis de façon aussi déraisonné c'est parce que j'ai peur ! Par toujours je l'avoue, mais très souvent et maintenant c'est pire. J'ai peur qu'il se passe quelque chose à tout moment. Qu'une créature débarque et emporte tout sur son passage. J'ai peur de ne pas être présent si le pire venait à se produire. Peur que ça recommence. Bien-sûr au début c'était inconscient, je laissais traîner une oreille comme ça, puis c'est devenu une habitude dont j'ai du mal à me défaire. Donc crois-moi ! Ce n'est pas par manque de confiance que je fais ça, ni dans le but de te trahir. J'ai juste peur et aux dernières nouvelles c'est humain d'avoir peur et ça l'est encore plus de se sentir blessé lorsque la personne que l'on aime plus que tout pense que je ne lui fais pas confiance. » Haytham venait lui aussi de s'emporter et à son tour il présenta des excuses à cette femme pour laquelle tout était « pardonnable ».

« -Je t'aime aussi mon amour ! Je crois cependant que la fatigue a eu raison de nous ! » Et il avait raison, cette même fatigue se joua de lui, lorsqu'il rejoignit l'étage inférieur décidé à prêter main forte à Mr Lignac. Son corps venait de lancer la première alerte avec ce malaise qu'il ne pouvait ignorer puisque désormais Victoria était sur son dos, prête à lui faire la morale.  Une morale à laquelle Haytham souscrivait désormais. Il était conscient, plus que jamais, du danger et ne pouvait se résoudre à grimper sur le toit dans un tel état. Tam avait besoin de lui, plus que jamais, Eileen aussi, il ne pouvait donc se résoudre à jouer les héros aujourd'hui et opta de ce fait, pour la sagesse en tournant les talons pour retourner dans sa chambre. Ainsi, il se délesta de son haut et reprit sa place dans le lit, non sans un dernier regard sur les deux femmes de sa vie.

Morphée toqua à la porte et emporta donc sans sommation, son nouvel arrivant que la fatigue avait considérablement affaibli. Les premières secondes s'écoulèrent alors que dans la réalité les minutes avaient déjà commencé à défiler. Le corps léger, Hay ouvrit les yeux et se retrouva au milieu d'un vaste champ bercé par les rayons du soleil. Il se redressa prenant le temps d'observer les lieux teintés d'une certaine familiarité. Il commença alors à marcher, laissant le bout de ses doigts caresser l'herbe haute. Des rires se firent à présent entendre et en continuant à avancer dans ce champ, le demi-dieu vit apparaître au loin la demeure des Lond. Intrigué, il continua sa marche pour s'approcher au plus près du porche. Et quelle ne fut pas sa surprise, on y découvrant Victoria et sa mère, buvant le thé glacé et refaisant le monde comme elles savaient si bien le faire. Étreint par l'émotion, il s'approcha un peu plus « -Papa ! » Une jeune demoiselle, brune aux yeux marrons s'approcha timidement de lui tout sourire. « -Eileen ? » Les deux mères posèrent alors leur regard sur le demi-dieu qui fut emporté par le vent et se retrouva à nouveau dans l'abri-antiatomique au cœur de la tempête. Un dernier cri retentit et le visage livide de Maisie se présenta à Haytham faisant savoir à ce dernier que ni la mère ni le bébé n'ont pu être sauvés. Le demi-dieu quitta alors ses songes ruisselant de transpiration, le cœur aux abois. Sa main tremblante se posa sur le côté où devait normalement se trouver Tam. Puis il balaya du regard le berceau vide. Le cœur en émoi, il sauta du lit et se précipita hors de la chambre toujours aux prises avec son cauchemar.

« -TAM ! » Tel un dératé, il chercha du regard l'objet de ses convoitises, il s'apprêtait à dévaler les escaliers avant que Victoria ne lui fasse signe. Elle était avec Tamara et Eileen, au fond du couloir, près de la fenêtre. Tamara tenait encore le petit trésor tout contre elle, une image qui apaisa aussitôt le demi-dieu qui prit une grande inspiration avant de s'approcher lentement. « -Tout va bien ? » demandait-il alors que de toute évidence, c'est à lui qu'il fallait poser la question, chose que Victoria ne manqua pas de souligner en le voyant s'approcher d'un peu plus près. « -Tu es tout penaud mon grand ! Je vais aller te préparer une infusion ! » Et avant qu'il ne se résolve à la contrer, Victoria se leva, offrit un dernier sourire à sa fille et s'en alla pour les laisser seuls à nouveau. « -Je suis désolé, je ne voulais pas gâcher un moment entre vous ! » Il posa alors son regard sur la nouvelle pensionnaire et constata après coup, la prouesse de sa maman qui continuait à la tenir, sans assistance. « - Cette fois tu m'autorises à te féliciter ? Elle n'a pas crié en plus ! » Il baya sans attendre, incapable de résister de toute façon, puis se passa une main sur le visage histoire de bien attester que cette réalité était la bonne. « -J'ai dormi longtemps ?! »



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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Jeu 20 Avr - 16:06


When two become three
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22/02/12

Haytham avait raison, la fatigue, ou plutôt l’épuisement, les avait étreint, si bien qu’ils se bouffaient le nez pour n’importe quoi. Fort heureusement, à son réveil, Tam avait constaté que son demi-dieu avait opté pour la raison et dormait paisiblement. Aussi s’était-elle empressée d’éloigner leur petit trésor qui, bien qu’adorable, savait se montrer telle une nuisance sonore inégalable quand elle décidait de se manifester.

Tamara avait réussi à vaincre, pour le moment, son angoisse de prendre toute seule dans ses bras la petite princesse piranha, mais si elle voulait épargner les oreilles endormies de son homme, elle n’avait pas le choix étant donné que personne n’était présent à l’étage pour l’aider. Alors elle avait pris son courage à deux main, tout comme sa fille d’ailleurs pour la soulever avec toute la délicatesse possible. Même si elle avait eu la trouille de sa vie, à présent, la jeune maman n’était pas peu fière, et quand Victoria l’avait rejointe, n’en croyant pas ses yeux, et la félicitant, cela accentua son sentiment de fierté. Elle n’était pas encore tout à fait à l’aise, mais au moins elle avait réussi et sans lui faire le moindre mal. Eileen semblait se porter comme un charme, contente de pouvoir boire à nouveau. Victoria était assise en face de sa fille et lui parlait d’une voix rassurante. Une fois la petite merveille rassasiée, la grand-mère modèle se chargea du petit rot et la rendit à la jeune maman. Tam la prit contre elle et l’emmitoufla dans son peignoir tout qu’elle soit tout contre elle, avant de déposer un baiser sur le sommet de son crâne.

-J’ai peur qu’elle ait froid. Pourquoi on n’a pas un générateur de secours pour les coupures d’électricité ?

Victoria n’eut pas le temps de répondre qu’Haytham hurla le prénom de sa chérie avant de débouler dans le couloir, provoquant un sursaut aux deux femmes Lond. Les yeux écarquillés, Tamara le regarda approcher.

-Oui, ça va, c’est plutôt à toi qu’il faudrait poser la question. Qu’est-ce qui t’arrive mon amour ?

La jolie brune n’osait pas bouger, ses deux mains tenant contre elle la petite Eileen qui commençait à chouiner. Sûrement avait-elle eu peur en entendant son père crier. Egale à elle-même, Victoria proposa de descendre préparer un petit quelque chose pour détendre son gendre, à qui elle laissa prendre sa place. Tam regarda sa mère s’éloigner avant de reporter son attention sur le fils de Mars.

-Mais non, ne t’excuse pas. Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as fait un cauchemar ? Tu veux m’en parler ma Guimauve ?

Tam avait tellement l’habitude d’en faire qu’elle reconnaissait la réaction au réveil qu’il avait eue. Elle lui sourit lorsqu’il demanda s’il l’autorisait à la féliciter.

-Oui, d’accord, j’accepte. Toi aussi tu as eu peur quand tu l’as prise dans tes bras la première fois ? Tiens prends-la, ta voix la rassure, je pense qu’elle a eu peur elle a l’air toute agitée.

Le pauvre « Penseur » encore un peu déboussolé demanda combien de temps il avait dormi. Alors qu’il récupérait sa fille, laissant à la maman les bras libres, l’ex agent de terrain haussa les épaules.

-Je ne sais pas, ça doit faire une quinzaine de minutes que je suis debout, tu dormais si bien, je ne voulais pas te réveiller. Tu es revenu quand te coucher ?

Soudain, Tamara grimaça en fronçant le nez lorsque la princesse changea de bras.

-Oh quelle horreur, ta princesse a sûrement besoin d’être changée au vu de l’odeur qu’elle dégage !

Et en effet, Eileen manifestait son mécontentement, en s’agitant et ronchonnant. Tam se leva avec précaution en se tenant au mur.

-Viens, on va la changer dans sa chambre, comme ça tu me montres ce que tu as appris dans tes magazines de filles.

Du regard, elle l’invita à la suivre tandis qu’elle faisait rouler le berceau jusqu’à la chambre de leur petite beauté ronchonne. Cette petite chambre que le père de l’année avait d’ailleurs magnifiquement décorée et meublée, avec beaucoup de goût , dans des tonalités de couleurs assez neutres puisqu’ils ignoraient le sexe du bébé avant son arrivée parmi eux.

-J’aime beaucoup ce que tu as fait de cette chambre, Hay, c’est remarquable. Je ne pensais pas que tu avais aussi des talents de décorateur d’intérieur pour enfant. Tu ne cesseras jamais de me surprendre, mon amour.

En effet, partout où ses yeux se posaient, aucune faute de goût, tout semblait à sa place, à la fois joli et utile. Maintenant qu’elle était un peu plus en forme et surtout qu’Eileen était là, la jeune maman pouvait mieux apprécier le travail qui avait été fourni par l’Irlandais et surtout l’utilité de celui-ci. Elle s’approcha de la table à langer et se tourna vers le demi-dieu.

-Bon… tu crois qu’il va nous falloir des masques à gaz ? On aurait peut-être dû y penser dans les courses prioritaires non ? Ironisa-t-elle.

Eileen allongée par son papa sur le petit matelas recouvert d’une serviette, Tam l’observait en faisant une petite moue.

-Ce que tu nous fais pas faire, toi. Tu pourrais aller aux toilettes toute seule comme une grande.

Elle observa ensuite son petit body.

-La vache, il y a combien de boutons pression sur ce machin ? On va en avoir pour des lustres à tout enlever…

Sans attendre, elle aida Haytham à en défaire quelques uns. Eileen observait ses parents, ce qui l’occupait et l’empêchait donc de râler. Histoire de l’occuper d’avantage, Tam laissa faire Haytham et attrapa un petit doudou constitué d’une sorte de torchon pelucheux avec une tête ronde. Elle le mit sous son nez et l’agita un peu.

-Tiens regarde, tu l’aimes bien celui-là ? C’est ton tonton Marvin qui te l’a envoyé. Estime-toi heureuse, ça aurait pu être un petit Chewbacca.

Eileen, soudain très intéressée, l’attrapa fermement par un coin. Tam dût lâcher l’objet.

-Oh, t’as vu ça Hay ? Une vraie ninja !
s’amusa-t-elle. Bon par contre ce truc pue la mort alors grouille-toi de changer sa couche avant qu’on meurt tous asphyxiés.

Elle reporta son attention sur Eileen.

-Quant à toi, je change ton surnom, tu es la princesse piranha puante. Trois P. Comment une petite puce aussi mignonne peut produire autant de puanteur ? C’est totalement invraisemblable, ça me dépasse.

Mi-dégoûtée, mi-amusée, Tamara fronçait machinalement son nez dans l’espoir d’amoindrir l’odeur qui passerait par ses narines.

-Allez, courage ma beauté, ton père est un vrai pro, il se débrouille comme un chef alors sois rassurée, tu auras des fesses toutes propres.

La petite princesse semblait très contente de son jouet mais plus encore qu’on lui prête attention, bien qu’elle commençait à fatiguer. Un petit bâillement de sa part fit pousser à Tam un soupir trahissant sa « gagatitude » nouvellement acquise. Comment ne pas en être atteint devant une petite poupée aussi mignonne. Et propre à présent.

-Tu crois qu’on peut la laisser dormir dans sa chambre maintenant ? s’inquiéta la maman.

Victoria revint avec un plateau et deux tisanes fumantes dessus, et sourit aux jeunes parents en posant le tout sur une petite table basse d’enfant dans un coin de la chambre.

-Eh bien, vous devenez grands tous les deux ! Vous m’emplissez de fierté, mes chéris. Est-ce que je peux prendre un peu ma petite fille ?

-Oui, bien sûr maman.

Tam s’éloigna d’un pas pour laisser à sa mère le loisir de prendre Eileen dans ses bras.


-Prenez votre tisane et allez vous détendre. Mr Lignac m’a dit qu’on devrait récupérer l’électricité d’ici quelques heures. Je vous montrerai à ce moment-là comment on donne le bain.

Le bain, cette idée qui angoissait tellement Tamara. Heureusement que Victoria était là ! Obéissant docilement à sa mère, la jeune femme attrapa l’un des deux mug encore fumant et en profita pour se réchauffer les mains sur la tasse tandis que la grand-mère emmitouflait la princesse dans une épaisse couverture.


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MessageSujet: Re: When two become three. (nouvelle-orléans, tamara, terminé)   Dim 30 Avr - 17:59


When two become three
You are here, and I didn't expect to love you so much.



22/02/12

Le cauchemar était encore frais dans sa mémoire et les sensations toutes aussi perturbantes. Son cœur en émoi aurait aisément pu se faire la malle si l'occasion lui en avait été donnée de le faire. Tout semblait détraqué, ses sens les premiers trahissaient un trouble que ses cris ne firent qu'accentuaient davantage. Les mains tremblantes, les oreilles sifflantes et la vision chancelante, il lui fallut bien plusieurs secondes pour reprendre pied après avoir quitté la chambre comme un dératé. Il ne comprenait plus rien et pourtant tout était limpide. Tout ça n'était qu'un cauchemar, la manifestation d'un esprit en crise, bouleversé par de récents événements dont la finalité aurait pu être dramatique. Oui, il aurait pu la perdre, les perdre en un claquement de doigts. Le présage était funeste et la réalité aurait pu l'être tout autant. Le cœur encore aux abois, il fixait à présent Victoria qui tenait compagnie à Tamara et qui soucieuse de l'état du jeune homme, s'en alla lui préparer une infusion. Haytham quitta sa torpeur et retrouva peu à peu la réalité, confus d'avoir peut-être effrayé le petit trésor que tenait encore la jeune maman. « -Je…. » dit-il en avalant sa salive avec difficulté. « -Je crois que ça va… » Et pour détourner l'attention oppressante de Tamara sur lui, Hay la congratula en découvrant Eileen dans ses bras. De toute évidence, la jeune femme avait fait face à ses appréhensions par cette initiative et puisqu'aucun cri, ni pleurs ne se faisaient encore, l'on ne pouvait que constater la totale réussite de cette initiative.

Le mot venait d'être lancé, en une observation, Tamara qui continuait à tenir Eileen dans ses bras, avait saisi quel mal entravait l'esprit de son demi-dieu qui ne pouvait cette fois, se résoudre à se départir de sa fierté mal placée. S'il eut été une cible à ce moment, nul doute que Tamara en aurait atteint le centre. Mais bien plus qu'un sens aiguisé de l'observation, la demoiselle souffrait-elle aussi de ce mal qui écourte injustement vos nuits. Notre Marsien forcé d'être honnête, car percé à jour, s'approcha un peu plus et prit la place que Victoria occupait encore quelques secondes auparavant. Tam qui ventait les effets apaisants de la voix de son homme sur la petite crevette, la lui tendit pour souffler un peu et calmer définitivement le petit ange. Son papa la prit donc entre ses bras puissants et lui offrit le plus des sourires. « - Voilà mon petit ange. Papa ne criera plus promis ! » dit-il presque dans un murmure qui semblait déjà apaiser la petite qui le regardait avec la plus grande des attentions. « -Tu as vu ? C'est marrant la façon dont elle me regarde ! Tu crois que je l'apaise vraiment ? » demandait-il à Tam sans quitter Eileen des yeux. « -Elle est tellement belle. Je n'arrive toujours pas à y croire. C'est notre bébé, notre fille, on est parents tous les deux. C'est tellement agréable comme sensation. Tu sais celle qu'on ressent pour l'être qu'on aime le plus au monde et qui nous le renvoie d'un regard. Elle nous aime, autant qu'on l'aime, c'est sûr ! »

Il éluda la plupart des questions pour ne pas devoir évoquer le fameux cauchemar l'ayant défait des bras de Morphée. Mettre des mots là-dessus ne ferait que rendre ces odieuses images que plus vivaces dans l'esprit du demi-dieu qui n'en demandait pas tant. Par chance, si l'on peut appeler ça une « chance » l'attention de Tamara dévia d'Haytham qui lui-même se trouva fortement ébranlé par une bien étrange odeur émanant du nourrisson qu'il tenait entre ses bras. « - Tu me la refourgue alors qu'elle vient de larguer, ce n'est pas très fair-play ça ! » A son tour Haytham émis ce qui ressemblait à la pire grimace qu'il n'est jamais fait en prenant la petite du bout des bras, l'éloignant le plus possible de son visage. « -Ce n'est pas possible, c'est inhumain une telle odeur ! » Le demi-dieu se redressa aussitôt toujours la bombe humaine en sa possession. Tam en fit de même avec un peu plus de difficulté qu'à l'accoutumer et proposa de retrouver la chambre de la princesse piranha pour se défaire au plus vite de cette odeur. « -Les magazines de « filles » comme tu dis ne m'ont pas enseigné à gérer ce genre de crise. Pfff, on n'est pas sorti de l'auberge, c'est moi qui te le dis ! »

Sans attendre et pour éviter une contamination à grande échelle, les deux parents retrouvèrent la chambre de la petite princesse. Haytham qui s'apprêtait à déposer la petite sur la table à langer, savoura les compliments de Tam sur le travail réalisé dans cette chambre. « - En fait, je n'ai aucun don de décorateur, j'ai juste passé beaucoup de temps sur des sites spécialisés en plus de la lecture de mes magazines pour filles comme tu dis ! J'avoue, en espérant que mes chevilles n'enflent pas ensuite, que j'ai fait du bon boulot. Mais bon, en même temps si tu veux prétendre au titre tant convoité de papa de l'année, il faut, je le pense faire preuve de polyvalence n'est-ce pas ? Et puis si j'arrive encore à te surprendre, c'est la cerise sur le gâteau. » Le sourire aux lèvres, le postulant au titre de « papa de l'année » déposa la petite princesse puante sur la table à langer tandis que sa maman faisait un peu d'humour, preuve qu'elle sentait mieux. « - Nous ? Je pense plutôt qu'il ME faudra un masque. Toi, tu peux gérer chérie, mais pense à mon odorat surdéveloppé ! On mettra ça sur la prochaine liste de courses, bien que je doute qu'on puisse en trouver au supermarché. Peut-être au rayon survivaliste ! Ne rigole pas, je suis sûr qu'ils en ont un ici ! » Haytham installa confortablement la petite et se prépara psychologiquement à mener une nouvelle bataille. « -Il nous faut un plan de bataille, c'est nécessaire pour notre survie. Déjà, le plus important, c'est, je crois, le soin des fesses du bébé, car elles ont tendance à très vite s'irriter. On va déjà commencer par se débarrasser de notre gros problème et je vais pour se faire, accepter de sacrifier l'un de mes sens. » De ce fait, le demi-dieu commença à défaire un à un les boutons pressions de son body « - Je suis sûr que c'est fait exprès pour rendre les parents totalement dingues ! » Par chance, Tam aida son homme à défaire les boutons afin de lui faire gagner du temps. La petite, aux anges, observait ses parents s'occupaient d'elle.

Tam fut la première à lâcher la quête des boutons pressions pour une toute nouvelle activité plus ludique. Le demi-dieu observa dès lors, sa compagne attrapait un doudou et le mettre sous le nez d'Eileen pour attirer toute son attention. Le fils de Mars continuait à défaire, lentement, les boutons tout en observant silencieusement cet échange, le summum de la « guimauverie » entre Tamara et Eileen. Le sourire aux lèvres, le demi-dieu acheva sa besogne. « -J'ai le droit de dire que vous êtes de la guimauverie en barre toutes les deux ensembles. Je précise que je retire la PPP de l'équation, ce n'est pas très glamour qui plus est ! Mais bien trouvé au passage. Tu as don pour ce genre de conneries toi ! Allez, passons colonel Badass ! Dis-toi que pour moi, c'est bien pire. » Il retira le body de la petite avec mille et une précautions avant de défaire la couche de ses scratches sans encore oser la retirer. « -C'est là que le plus dur commence et que je vais avoir besoin de toi. Je vais aller, déposer, la coucher dans la poubelle. » D'une main, il attrapa les serviettes, le coton et les produits pour nettoyer les petites fesses de bébé. Il déposa le tout juste au-dessus de la table. « -Il y a du gel pour les mains. Tu t'en mets. Après, une fois que j'aurai définitivement délesté notre PPP de sa couche, il faudra nettoyer le plus gros avec les lingettes à disposition. Jusque-là, tu me suis ?! Les objectifs te semblent atteignables ? » Il n'attendit pas la réponse de sa chère et tendre et s'exécuta pour le bien de tous. Il enroula donc l'immondice et se précipita jusqu'à la poubelle laissant à Tamara le soin d'essuyer les fesses d'Eileen après s'être nettoyé les mains. « -Tu fais le plus gros là ! C'est super ! » lança-t-il en s'approchant avec précaution pour observer. « -La suite du plan est simple. On nettoie avec ce qu'il y a dans la petite bouteille bleue, c'est du gel nettoyant pour bébé. Je vais en profiter pour moi aussi me laver les mains. Je m'occuperai du séchage. Vas-y continue ! » Il attrapa le gel et s'en badigeonna les mains en frottant avec vigueur avant de s'approcher. Il se mit derrière Tam, passa ses mains autour de sa taille et son menton sur son épaule. « -Tu t'en sors comme une pro. Après on va sécher. Ils disent de ne pas frotter pour éviter l'hésitation. On va juste tamponner. »

Sans bouger, toujours le menton sur son épaule, il continua à la guider, Eileen ne disait pas un mot et observait encore et encore son papa et sa maman qui n'avaient de cesse de lui sourire. Et alors qu'Hay en profitait pour attraper une couche propre, Tam émit une interrogation qui trahit son inquiétude et son envie de garder un peu plus sa PPP auprès d'elle. « -On ne devrait pas attendre au moins le premier mois avant de prendre une telle initiative ?! » se demandait le Marsien tandis que Victoria faisait à nouveau son apparition en portant un plateau sur lequel elle avait disposé deux tisanes fumantes. Haytham voulut même s'approcher pour la défaire du plateau et se ravisa aussitôt lorsque madame Lond le déposa sur l'un des meubles à sa disposition. Elle profita de l'accalmie pour féliciter les deux nouveaux parents qui ne purent qu'accepter sa demande. Victoria s'approcha alors de sa petite fille et acheva le travail en affublant la petite princesse d'une nouvelle couche tout en leur demandant aux parents de prendre leur infusion et d'aller se détendre. Mr Lignac continuait à œuvrer à l'extérieur, laissant espéré un retour de l'électricité d'ici quelques heures. Victoria espérait ainsi enseigner aux deux grands enfants l'art du bain. En totale confiance, le Marsien s'en alla récupérer sa tasse et observa la mère de Tamara emmitouflait le nourrisson dans une épaisse couverture.

« -On te l'as laisse un peu ? »

« -Oui, allez souffler mes chéris ! Je me débrouille, ne vous en faites pas ! »

« -Ok, si besoin, on est à côté ! » Mais Victoria ne les écoutait déjà plus, tellement absorbée par Eileen. Haytham lui sourit une dernière fois et prit Tam par la main afin de regagner leur chambre. « -Quelques minutes de pause ça ne se refuse pas ! » Tout sourire, il retrouva le lit, posa la tasse sur la table de chevet de son côté et attendit que sa compagne prenne place à son tour. Et lorsqu'enfin, ce fut le cas, il arbora un air un peu plus sérieux afin de s'enquérir de son état « -Comment tu te sens ? » Et puisqu'il savait lire en elle mieux que quiconque, il la devança « -J'ai un peu éludé la question tout à l'heure, mais puisqu'on s'est promis d'être sincère et de ne rien se cacher, je te dois des explications sur mon attitude de tout à l'heure. En fait si je ne voulais pas fermer l'œil ce n'était pas pour jouer les gros durs, c'est plus profond. Je me disais naïvement qu'en agissant de la sorte, en occupant le plus possible mon esprit, je cesserai de revire ce qui s'est passé dans l'abri. Mais on ne peut se résoudre à lutter bien longtemps contre le sommeil hein ? Quand je me suis endormi, je me suis à nouveau retrouvé là ! J'ai d'abord vu ma mère, la tienne, puis Maisie dans l'abri. Son regard était vide de sens et ses paroles toutes aussi effrayantes. Le pire, c'est que ça paraissait tellement réel, une réalité dans laquelle toi et Eileen, vous n'avez pas survécu. C'est tellement traumatisant Tam ! Ma vie n'a pas de sens si tu n'y ai pas. Et je ne veux plus fermer les yeux si c'est pour voir de telles choses. C'est idiot, mais je pense qu'on devrait… consulter non ? »



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